- il y a 2 jours
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:06Bonjour à tous, j'espère être à la hauteur du cadeau qu'on vient de me faire et de votre
00:11collectif.
00:13Je suis François Tanché, je suis statisticien de métier.
00:18J'ai pas mal bourlingué à l'INED et dans certains services statistiques publics.
00:23Et je suis depuis un peu plus de deux ans maintenant directeur de l'Institut National d'Études Démographiques, l
00:29'INED.
00:30Et je vais vous faire cette présentation qui s'intitule « Moins de naissance que de décès en France, une
00:36situation nouvelle et appelée à durer ».
00:40Alors, quelques mots d'abord pour dire ce que c'est que l'Institut National d'Études Démographiques.
00:51L'Institut National d'Études Démographiques est un organisme de recherche.
00:55Ce n'est pas un organisme de la statistique publique, ce n'est pas une administration non plus.
01:00C'est un organisme de recherche qui a été créé en 1945.
01:04C'est un organisme, nos PST, dont les statuts ressemblent à ceux du CNRS ou de l'INSERM, mais en
01:09beaucoup plus petit.
01:12Et l'essentiel de notre activité, c'est de la production scientifique.
01:16Et nos chercheurs publient chaque année environ 200 articles scientifiques qui sont présentés, rédigés dans les revues scientifiques nationales et
01:23internationales,
01:24et présentés dans des congrès.
01:28Alors, les thèmes de travail des chercheurs et des chercheuses de l'INED, c'est ce que l'on appelle
01:34les sciences de la population.
01:35C'est-à-dire, c'est évidemment la démographie, au sens des naissances, des décès,
01:40mais c'est tout ce qui va avec, tout ce qui va autour, tout ce qu'il explique et tout
01:44ce qui en découvre.
01:45C'est la raison pour laquelle les travaux des chercheurs et des chercheuses de l'INED sont menés à la
01:51fois par des démographes,
01:52par des économistes, par des sociologues, par des géographes, par des historiens,
01:57car nous travaillons pas seulement sur le XXIe siècle, mais aussi sur le passé.
02:02Et nous travaillons aussi une activité sur l'étranger.
02:06C'est-à-dire que l'INED ne travaille pas que sur la France.
02:09On fait beaucoup, évidemment, de comparaisons internationales et aussi quelques travaux sur les pays étrangers.
02:14Et puis, en dehors de notre mission de production statistique, l'INED a une mission de formation.
02:20Nous accueillons notamment beaucoup d'étudiants en doctorat, de diffusion.
02:24Nous avons un site Internet que vous connaissez sans doute.
02:26Nous publions des revues, notamment la revue Population et la revue Population et Société.
02:31Et puis, nous apporterons notre expertise, certaines missions, au pouvoir public, au Parlement, au Conseil, etc.
02:39Et de ce point de vue, dans une certaine mesure, évidemment, l'INED est assez largement complémentaire
02:44de ce que va faire la statistique publique sociale.
02:48Donc ça, c'est un peu sur qui nous sommes. Merci.
02:51Alors, je pense que la raison pour laquelle vous m'avez sollicité aujourd'hui, elle est liée à l'actualité
02:57et notamment au fait que, pour la première fois en 2025, depuis très longtemps,
03:05le nombre de décès en France a été supérieur au nombre de naissances.
03:10Pour les démographes, ce n'est pas un choc.
03:13C'était attendu, puisque ces deux courbes, la courbe des naissances et la courbe de décès
03:17que vous avez sur la première diapositive, si vous êtes en ligne, que vous l'avez sous les yeux,
03:22on savait depuis plusieurs années qu'elles allaient se croiser.
03:25Donc, de ce point de vue-là, c'est sûrement un choc symbolique, peut-être un choc politique,
03:29peut-être une prise de conscience, mais du point de vue des démographes,
03:33et puis donc là, ce n'est pas une surprise.
03:36On imaginait peut-être que ça ait lieu un petit peu plus tard.
03:38Non, on y reviendra.
03:40Alors, deux courbes qui se croisent, une qui monte, une qui décès.
03:43Je vais commencer par celle qui monte.
03:45C'est la courbe des décès.
03:47Donc, la tendance à la hausse du nombre de décès en France a commencé au début du XXIe siècle, en
03:522004.
03:53A l'époque, on avait atteint un point bas, plus de 510 000 décès uniquement en France.
03:59C'était un minimum historique depuis plusieurs décennies.
04:03Et puis, depuis, ce nombre a cessé d'augmenter pour atteindre 650 000 en 2025.
04:09Et il va continuer à augmenter.
04:11C'est ça qui est important.
04:12Le nombre de décès en France, il augmente depuis 25 ans.
04:15Et il va encore continuer à augmenter pendant au moins 20 ans.
04:19Alors, pourquoi est-ce qu'il augmente ?
04:21Est-ce que c'est parce que notre santé se détériore, que notre condition de vie se détériore, que notre
04:25système de santé se détériore ?
04:27Non.
04:29L'indicateur que les démographes préfèrent suivre, pour suivre cette qualité, justement, de la durée de vie, c'est ce
04:35qu'on appelle l'espérance de vie.
04:37Alors, c'est un drôle de nom, espérance de vie.
04:38L'espérance, c'est un peu...
04:40C'est pas trop...
04:41Alors, en tout cas, c'est comme ça.
04:43On en a hérité.
04:44Alors, comment...
04:45Juste vous dire, comment est calculé ce chiffre ?
04:47Il faut bien savoir que la probabilité de mourir, elle est variable avec l'âge.
04:53En gros, quand vous avez 30 ans, vous avez à peu près 0,2% de chance de mourir pendant
04:59l'année.
05:01Quand vous en avez 50, c'est 0,2.
05:04Quand vous en avez 70, c'est à peu près 1% de chance de mourir dans l'année.
05:09Quand vous atteignez 90 ans, c'est plutôt 10%.
05:12Et quand vous avez la chance d'attendre 100 ans, c'est à peu près une chance sur 3.
05:15Donc, la probabilité de décès chaque année, elle augmente.
05:19Et on peut mesurer chaque année la probabilité de décès année après année.
05:24Et si on fait la moyenne, finalement, de nos probabilités de vivre à chaque âge en tenant compte de ces
05:30probabilités de décès,
05:31on obtient cette fameuse moyenne qu'on appelle l'espérance de vie.
05:35Donc, vous voyez, l'espérance de vie, c'est une belle statistique, comme on aime fabriquer dans le service statistique
05:39du RIT,
05:40qui résume, finalement, en additionnant les probabilités de mourir à chaque âge, ce que serait la durée de vie moyenne.
05:48Pour les hommes, aujourd'hui, c'est 80 ans, en 2021.
05:52Sachez qu'en 2000, c'était seulement 75 ans.
05:55Donc, cette espérance de vie, elle augmente et elle continue d'augmenter.
05:57Pour les femmes, qui ont une espérance de vie depuis longtemps et partout plus élevée, c'est de 86 ans.
06:03Voilà. Alors, cette espérance de vie, certes, elle a été ralentie par certaines crises, notamment par le Covid.
06:12Évidemment, pendant deux ans, l'espérance de vie en France a baissé.
06:15Elle est repartie à la hausse. Elle continue à augmenter.
06:18Donc, ce n'est pas parce que l'espérance de vie diminue que le nombre de décès en France augmente.
06:25Si le nombre de décès en France augmente, c'est parce que le nombre de personnes en âge de décès,
06:28c'est que le nombre de personnes de plus de 70 ans, et puis encore depuis 80 ans, augmente.
06:33Alors, je n'ai pas pu résister à la tentation de tout bon démographe qui se respecte de vous proposer
06:37des pyramides des âges.
06:38Si vous voulez faire les bons élèves, vous regardez les pyramides des âges que je vous propose.
06:43Si vous prenez celle de 1995, la première, vous voyez que des hommes de 80 ans, si vous regardez sur
06:51la gauche,
06:51vous en aviez à peu près 100 000.
06:54Et des femmes, vous en aviez 200 000.
06:57Si vous regardez la même pyramide des âges, la deuxième, la page d'après, en 2025,
07:03vous voyez que vous avez 200 000 hommes de 80 ans et 300 000 femmes de 80 ans.
07:09Comme la probabilité de mourir, elle augmente avec l'âge, vous avez beaucoup plus de personnes âgées,
07:13assez naturellement, le nombre de décès augmente.
07:16C'est assez mathématique, assez prévisible.
07:19Et surtout, si vous voyez la suite de la pyramide des âges aujourd'hui,
07:24vous voyez que le nombre de personnes, la taille des générations qui ont aujourd'hui 70 ans,
07:29mais qui bientôt en auront 80, elle va être de plus en plus importante,
07:33dont le nombre de décès en France va augmenter assez fortement dans les années qui viennent.
07:41D'ici 2050, le nombre de décès devrait augmenter d'encore 200 000.
07:44Vous voyez, on était à 500 000 en 2000, aujourd'hui on est à 660 000, et on va monter
07:50à 850 000.
07:51Donc, ça c'est quelque chose qui est assez inévitable.
07:55Bon, on pourra y revenir dans le détail, mais c'est assez inévitable.
07:58Alors, quelques éléments quand même sur la question de l'augmentation de l'espérance de vie.
08:04L'espérance de vie continue à augmenter.
08:06On pense qu'elle va continuer à augmenter, mais clairement, elle ralentit.
08:10C'est-à-dire que globalement, le nombre de mois de vie que l'on gagne chaque année,
08:16il a tendance à diminuer année après année, en gros depuis le début du 21e siècle.
08:23Alors, pourquoi ?
08:24Parce que les gains, nous avons gagné ces dernières décennies beaucoup d'années de vie
08:29grâce au traitement des maladies cardiovasculaires, des maladies circulatoires.
08:34Donc, on a vraiment beaucoup gagné en espérance de vie grâce à ces gains.
08:37Ces gains commencent un peu à s'estomper.
08:39On voit arriver de nouveaux cancers, assez laitaux.
08:46On voit arriver certaines maladies respiratoires, dont la mortalité augmente.
08:49Le Covid, évidemment, mais il y en a d'autres.
08:51Et puis, les maladies neurodégénératives, qui font beaucoup de décès,
08:56notamment au-delà de 80 et 90 ans, se développent.
09:00Et donc, c'est les raisons pour lesquelles nous considérons que l'espérance de vie,
09:04certes, va continuer à augmenter, mais moins vite.
09:06Ce que l'on constate aussi depuis une quinzaine, une vingtaine d'années,
09:10c'est que les inégalités sociales face au risque de mourir,
09:14et donc les inégalités sociales d'espérance de vie, ont tendance à croître à nouveau.
09:20Alors qu'elles avaient diminué dans la deuxième moitié du XXe siècle,
09:24les inégalités sociales de santé et d'espérance de vie ont tendance à augmenter, à réaugmenter.
09:30Alors, ce que je vous dis là est vrai au niveau régional.
09:34Les chercheurs de Vienne ont publié récemment une étude européenne,
09:38et on constate qu'en Europe, il y a des régions dans lesquelles l'espérance de vie continue à croître
09:44presque aussi vite qu'à la fin du XXe siècle,
09:46et d'autres dans lesquelles elles stagnent, voire elles diminuent.
09:52Donc globalement, et même entre les pays riches,
09:55on constate qu'il n'y a plus de convergence,
09:59il y a plutôt de divergence entre les situations d'espérance de vie.
10:02Et dans des pays comme la France, on constate aussi qu'entre les groupes sociaux,
10:07les espérances de vie tendent de nouveau à s'écarter.
10:11Les moins fortunés, les catégories sociales les moins emplômées, etc.,
10:15ont tendance à vivre moins longtemps.
10:18Ça, c'est pas nouveau qu'il y ait des écarts des espérances de vie.
10:20En revanche, il semble que ces écarts repartent à la hausse.
10:25La conclusion des démographes, c'est que la longévité,
10:29notamment les limites de la vie humaine, on est loin de les avoir atteint,
10:32mais que la longévité aujourd'hui, c'est presque plus une question sociale,
10:37une question de comportement, une question aussi de répartition des ressources,
10:42à la fois économiques, mais aussi des ressources de santé,
10:44qu'une question simplement médicale.
10:46Voilà.
10:47Alors, je voulais passer maintenant à la question des naissances.
10:52J'ai essayé de faire avancer le diaporama.
10:55Voilà.
10:56Hop, ça marche.
10:56Alors, je vous ai dit tout à l'heure, en termes de mortalité,
11:03la mortalité n'augmente pas, c'est le nombre de personnes âgées qui augmentent.
11:06Pour ce qui est de la natalité, c'est totalement différent.
11:10C'est-à-dire que si le...
11:13Alors, d'abord, la courbe elle-même, autour des années 2000 et jusqu'en 2010,
11:19il y avait eu entre 800 000 et même 830 000 naissances par an en France.
11:23En 2010, on a atteint une espèce de pic, 830 000 naissances.
11:27Depuis, il y a une baisse très rapide, année après année.
11:31Et en 2025, on est descendu à 645 000 naissances.
11:36Vous voyez, on est passé, en 15 ans, de 830 à 645 000.
11:42C'est une baisse qui était certes attendue, mais qui est extrêmement forte.
11:46Et on doit le dire, entre nous, même chez les démographes,
11:49même chez les gens qui scrutent ça depuis des décennies,
11:52on ne s'attendait pas à une baisse aussi forte et aussi durable.
11:56Cette baisse n'est pas due à la baisse du nombre de femmes ou d'hommes en âge d'avoir
12:00des enfants.
12:01C'est vraiment une baisse qui est venue à une baisse de la fécondité à âge donné.
12:07Alors là aussi, les démographes ont leurs indicateurs,
12:10ce qu'ils appellent l'indicateur conjoncturel de fécondité,
12:13un peu comme pour la mortalité.
12:16La probabilité d'avoir des enfants, elle est variable selon l'âge.
12:19Aujourd'hui, elle est maximum autour de 31 ans.
12:21Elle commence à être importante à partir de 18-19, et puis ensuite, elle rebaisse.
12:24Si on calcule année après année la probabilité pour chaque tranche d'âge d'avoir un enfant pour chaque femme,
12:31on calcule un indicateur conjoncturel de fécondité.
12:34Donc sur la diapositive numéro 6, vous voyez que sur la grande courbe de la France,
12:39cet indicateur conjoncturel de fécondité, il avait augmenté jusqu'en 2010 pour atteindre 2,1 enfants par femme,
12:46et depuis, il baisse, il baisse, il baisse.
12:49Au début, on a dit, c'est la crise économique, après on a dit, ça va se rattraper, après on
12:55a dit, c'est le Covid,
12:56et ben bref, maintenant c'est tout à fait clair, cette baisse, elle est forte et elle est vraisemblablement durable.
13:05Alors, en théorie, si la descendance, c'est-à-dire si l'indicateur conjoncturel de fécondité, pour être plus clair,
13:13est inférieur à 2 pendant longtemps, pendant une vingtaine d'années, pendant toute une génération de femmes,
13:19et bien, du coup, les générations ne se renouvellent pas.
13:22C'est-à-dire, chaque personne, chaque femme ne donne pas d'essence à deux enfants,
13:26et donc chaque personne ne donne pas d'essence à autant de personnes, et donc la population baisse.
13:30C'est-à-dire que si l'indicateur de fécondité est durablement à 1,8, et non plus à 2,
13:35et bien la population diminue de 20% en 50 ans, s'il n'y a pas de migration.
13:40Si ce taux descend jusqu'à 1,5, la population est diminuée de 40% en 50 ans.
13:46Donc, potentiellement, avec des indicateurs de fécondité bas, évidemment, la fécondité baisse.
13:52Alors, vous me direz, certains d'entre vous, qui ont connu un peu l'analyse démographique de ces dernières décennies,
13:58on a connu, en France, attendez, je me trompe de diapositive,
14:02c'est-à-dire trop vite,
14:05on a connu, dans les années en particulier 90,
14:09on a connu des périodes dans lesquelles,
14:12ça c'est ce que vous voyez dans la diapo,
14:14alors je n'ai plus les numéros, la diapo numéro 7, je crois,
14:19dans la 7, on a connu des périodes dans lesquelles l'indicateur de conjoncturel de fécondité,
14:23en France, il était inférieur à 2.
14:25C'est les années, notamment les années 80,
14:31jusqu'au gros, jusqu'aux années 95.
14:34Mais, pour autant, les femmes qui ont vécu dans ces années-là ont eu plus de 2 enfants en moyenne.
14:39Pourquoi ? Parce qu'elles les ont eus plus tard.
14:41C'est-à-dire qu'on a eu un phénomène de décalage du calendrier,
14:44et donc, en gros, les enfants qui ne sont pas nés dans les années 90,
14:48quand leur mère potentielle avait 30 ans,
14:51et bien, ils sont nés au début des années 2000, quand elles avaient 40 ans.
14:53C'est-à-dire qu'on a vu le nombre de naissances remonter.
14:56Et donc, pendant un certain temps, les démographes ont cru qu'on était un peu dans un phénomène du même
15:01type,
15:01et que la fécondité allait un petit peu, comme c'était le cas, aller remonter.
15:07On n'y croit plus. Je vous dirai pourquoi, tout à l'heure.
15:09Alors, quelques éléments sur la question de ce décalage.
15:14En 1977, l'âge moyen des femmes à la naissance des enfants était de 26 ans.
15:22C'était le plus bas historique.
15:25En 2000, il est passé à 29 ans.
15:27Aujourd'hui, il est à 31 ans.
15:30Et c'est la même chose pour les hommes, à peu près, avec un léger décalage.
15:35Et aujourd'hui, l'âge moyen des hommes à la naissance des enfants, c'est 34 ans.
15:39Attention, ce que je vous dis là, c'est l'âge moyen des femmes à la naissance des enfants,
15:44quelle que soit leur rang de naissance.
15:45Si on prend uniquement le premier enfant, c'est pas le même chiffre.
15:49L'âge moyen des mères au premier enfant, c'est aujourd'hui plutôt 29 ans.
15:54C'est aujourd'hui 29 ans, mais c'était 24 ans dans les années 70.
15:59Vous voyez que l'âge au premier enfant, c'est beaucoup décalé.
16:04Donc, cette tendance au décalage du calendrier, elle existe.
16:09Elle existe dans tous les pays d'Europe, même dans tous les pays du monde.
16:12Pour autant, ce n'est pas ça.
16:14Ce qui explique la baisse de la natalité depuis maintenant une quinzaine d'années.
16:19Et nous avons toutes les raisons de penser que la baisse de la natalité que nous connaissons
16:24ne va peut-être pas continuer.
16:26Mais en tout cas, on ne pense pas que ça va remonter.
16:29Aujourd'hui, on est à 1,6% par femme ces dernières années.
16:35Notre pronostic, c'est que peut-être que ça va un peu remonter.
16:37Mais les derniers chiffres, je ne le sais absolument pas penser.
16:40Mais en tout cas, nous ne croyons pas du tout que la France va retrouver,
16:43dans 5 ou 10 ans, une fécondité de l'ordre de 2 enfants par femme.
16:48Alors, pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'on n'y croit pas ?
16:52Pourquoi est-ce qu'on est pessimiste de ce point de vue-là ?
16:56Alors, d'abord, c'est que la baisse que l'on constate aujourd'hui, elle a lieu à tous les
17:01âges.
17:01C'est-à-dire que même chez les femmes de plus de 40 ans, la fécondité baisse,
17:06ce qui n'était pas le cas dans les années 90 au début des années 2000.
17:11Elle a lieu dans tous les types de villes, les petites villes, les grandes villes, la campagne, c'est général.
17:17Elle a lieu dans toutes les catégories sociales, pour tous les niveaux de revenus et pour toutes les origines,
17:23y compris pour les populations migrantes et leurs descendants, etc.
17:27Cette baisse, on la voit vraiment partout, sur tout le territoire et dans tous les segments de la société.
17:33Deuxième élément qui nous fait penser que la fécondité ne remontera pas, en tout cas ne remontera pas forcément,
17:38c'est les résultats d'une enquête, car l'INED réalise aussi des enquêtes.
17:43L'enquête Relations familiales et intergénérationnelles, qui a été réalisée en 2024.
17:48Alors là, si vous avez un peu de temps, prenez la diapo 8, et on va essayer de comprendre entre
17:54nous ce qui se passe.
17:57Alors, la courbe en bleu pointillé, ce sont les intentions de fécondité en 2005.
18:05En 2005, on a demandé à un grand échantillon de femmes et d'hommes,
18:09combien, alors d'une part combien vous avez d'enfants et combien vous avez l'intention d'en avoir encore.
18:14Et avec ça, on a fait un indicateur qu'on appelle les intentions de fécondité.
18:18Et à l'époque, les jeunes qui avaient entre 18 et 30 ans, disons,
18:24les jeunes, ils voulaient à peu près 2,5 enfants.
18:28C'est ce qu'ils disaient.
18:29Au final, ils en ont eu un peu plus de 2.
18:32Quand on pose la même question en 2024, eh bien, ce chiffre est beaucoup, beaucoup plus bas.
18:38C'est le trait bleu en dur, là, le trait bleu continu.
18:42On voit que les intentions de fécondité des 18 et 30 ans, ils sont plutôt de 1,9.
18:49Voilà.
18:49Donc, on a vraiment une forte baisse entre ces deux générations.
18:53Alors, est-ce que, maintenant, la question qu'on va se poser, c'est est-ce qu'eux vont avoir
18:57exactement le même nombre d'enfants qu'ils ont voulaient ?
18:59Auquel cas, on va peut-être remonter à 1,9.
19:02Mais, ou est-ce que, comme toutes les générations précédentes, ils en auront un peu moins ?
19:06Dans quel cas, on en aura un peu moins.
19:08Un autre élément qui nous fait penser qu'on ne va pas, la fécondité ne va pas remonter fortement en
19:13France,
19:14c'est les courbes en rouge.
19:15C'est ce qu'on appelle le nombre idéal d'enfants.
19:17On pose à un grand échantillon de la population, pour vous, quel est le nombre idéal d'enfants ?
19:21En général, pas que pour vous, mais en 1998, à peu près toutes les tronches d'âge disaient que le
19:30nombre idéal, c'est 2,7.
19:33Et aujourd'hui, ce même nombre idéal, il est de 2,3.
19:37Et avec, là aussi, un grand accord entre les âges, un grand accord entre les gens.
19:43Les hommes n'en volent pas plus que les femmes, etc.
19:45Donc, ces deux paramètres nous rendent quand même assez pessimistes sur la possibilité que la fécondité remonte.
19:57Alors, ces évolutions sur les souhaits et sur l'idéal, elles sont portées par une baisse des perspectives de grandes
20:03familles.
20:03C'est-à-dire qu'en gros, la proportion de personnes qui disent vouloir ou souhaiter ou imaginer des familles
20:09de 3 enfants est plus diminue fortement.
20:12Alors, le modèle à deux familles, à deux enfants, lui, il augmente.
20:15De plus en plus de personnes disent « moi j'en veux deux » ou « je pense que deux
20:18c'est très bien ».
20:19Mais augmente aussi la proportion de ceux qui disent « moi j'en veux pas du tout » ou «
20:24j'en veux un ».
20:25En gros, il y a un décalage des perspectives.
20:30Alors, cette évolution que l'on voit là, ce n'est que la traduction en France, décalée dans le temps,
20:37de ce qu'on constate à peu près partout dans le monde.
20:40C'est ce qu'on appelle la deuxième transition démographique.
20:42Quand vous étiez au lycée ou au collège, vous avez tous appris comme moi que la transition démographique, c'était
20:47d'abord la mortalité qui baisse beaucoup
20:49et puis ensuite la natalité qui s'adapte et qui passe de 7, 6, 5 à 2 et on nous
20:54disait que ça descend à 2 et on avait des beaux schémas
20:57où tout le monde s'égalisait à 2, et bien ce n'est plus vrai.
21:01C'est-à-dire qu'aujourd'hui, globalement, un peu partout dans le monde, la fécondité s'établit en dessous
21:05de ce niveau de 2.
21:07Alors, je vous ai proposé une carte qui est issue d'une autre excellente publication de Polinède, une carte du
21:14monde,
21:16ce n'est pas simplement une carte de France, c'est une carte du monde, dans laquelle vous voyez, ce
21:21ne sont pas vraiment des pays, ce sont des grandes régions,
21:23et bien vous voyez en gris tous les pays, toutes les régions du monde dans lesquelles les femmes ont en
21:29moyenne moins de 2 enfants.
21:30Alors, vous voyez que le monde entier, quasiment, sauf l'Afrique subsaharienne et une petite partie du Moyen-Orient,
21:39aujourd'hui a une fécondité inférieure à 2, c'est extrêmement fort dans l'Asie de l'Est, dans l
21:46'Asie du Sud-Est,
21:46mais aussi en Chine, en Inde, quasiment partout en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, et
21:53même aujourd'hui au Maghreb.
21:56Donc, la fécondité partout dans le monde a beaucoup baissé, la baisse de la fécondité dans le monde, elle a
22:03commencé il y a une cinquantaine d'années,
22:06le nombre de naissances dans le monde baisse depuis 2020, le nombre de naissances annuelles dans le monde depuis 2020,
22:13il baisse,
22:13et le croisement des courbes naissances et des décès au niveau mondial aura lieu, alors, est-ce que ça sera
22:20en 2060, en 2070, en 2080 ?
22:23On ne le sait pas trop, mais il arrivera en tout cas clairement avant la fin du siècle.
22:30Alors, les causes de cette baisse de cette natalité, vous voyez bien qu'il ne faut pas aller les rechercher
22:35dans une crise économique
22:37ou une mesure de politique familiale, comme on a pu en connaître en France ou ailleurs.
22:43Les causes, elles sont mondiales, elles sont, j'ai envie de dire, sociétales.
22:48Vraisemblablement, très vraisemblablement, elles sont dues à la montée d'un certain individualisme.
22:54C'est-à-dire qu'on ne fait pas des enfants parce qu'il faut en faire ou parce que
22:56c'est la tradition, on fait des enfants parce qu'on en veut.
22:59On n'en fait plus par devoir ni par tradition. On n'en fait plus non plus plus rassurés ces
23:04vieux jours, comme on le faisait autrefois,
23:06parce que, assez généralement, maintenant, un peu partout, il y a des systèmes socialisés de retraite qui font que...
23:12Ce n'est pas parce qu'on a 2, 3, 4 enfants qu'on vivra mieux dans ces vieux jours.
23:19Le coût de l'éducation, globalement, il augmente.
23:22On exige des parents de plus en plus d'investissements, à la fois en temps, en énergie, j'ai envie
23:29de dire en souci,
23:29et puis aussi en argent pour avoir des enfants.
23:32Et en face, les difficultés économiques, ou en tout cas la sécurité économique des jeunes ménages n'est plus telle
23:38qu'ils osent se lancer dans des projets multiples.
23:43Les contraintes de l'éducation pour la vie personnelle, en particulier pour les femmes, sont extrêmement fortes,
23:50puisque vous savez sans doute que la maternité a un coût extrêmement important en termes de carrière et en termes
23:58de vie économique pour les femmes,
23:59pas simplement en France et ailleurs, alors même que dans certains cas, pour les hommes, elle a un effet bénéfique.
24:07Certains économètres ont prouvé qu'avoir des enfants, ça a augmenté le salaire des pères, alors que clairement, ça diminue
24:13celui des mères.
24:15Alors, des contraintes sur la vie personnelle, mais aussi des contraintes sur des questions d'égalité de genre, de moins
24:23en moins bien supportées,
24:23c'est-à-dire le fait que le fardeau de la maternité, on dit bien de la maternité, pèse beaucoup
24:28plus sur les femmes que sur les hommes,
24:30à la fois sur leur carrière, mais aussi sur leur vie quotidienne, puisque c'est elles qui ont passé beaucoup
24:34plus de temps à l'éducation et à la vie du foyer que les hommes.
24:38Donc, eh bien, ça, c'est des choses qui sont de moins en moins supportées par les femmes aujourd'hui
24:42dans le monde entier.
24:43Et puis, ce que l'on commence à voir aussi, et ça, c'est nouveau dans les enquêtes en France,
24:47c'est une peur pour l'avenir,
24:49une peur économique, mais surtout une peur démocratique, une peur écologique, une peur pour les générations futures,
24:54eh bien, qui diminue les intentions de fécondité.
24:58C'est la première fois qu'on voit ça en France. Jusqu'à présent, en France, parce que les enquêtes
25:04que je vous commente aujourd'hui,
25:06c'est des enquêtes qui sont européennes, assez largement, et jusqu'à présent, cette peur de l'avenir ne jouait
25:13pas sur les intentions de fécondité en France.
25:15Aujourd'hui, c'est le cas. Voilà.
25:18Donc, du coup, nous ne pensons pas que la natalité va remonter significativement dans les années qui viennent.
25:26Ce que nous savons aussi, c'est que les politiques natalistes sont absolument incapables de faire remonter la natalité.
25:35Ça, c'est des expériences, maintenant, qui sont assez générales.
25:38On a l'attenté des politiques natalistes à peu près dans tous les pays du monde, dans tout type de
25:42régimes, libéraux, illibéraux.
25:44On a essayé de faire remonter la natalité. Le meilleur exemple, c'est la Chine, qui a essayé de faire
25:48baisser la natalité pendant 20 ans sans grand succès,
25:52et qui, maintenant, essaie de la faire remonter sans plus de succès, puisque la politique de l'enfant unique n
25:58'a jamais fonctionné.
25:59Mais aujourd'hui, la politique pour quitter l'enfant unique, qui est aujourd'hui la norme en Gine, ne marche
26:03pas du tout.
26:05Voilà. Donc, ça, c'est vraiment quelque chose qui est assez clair aujourd'hui. Les politiques natalistes ne fonctionnent pas.
26:11Alors, dans ces conditions, que peut-on prévoir pour la population de la France dans les années à venir ?
26:18Il est clair que les décès continueront à accéder les naissances, et cet écart va probablement se creuser.
26:23C'est ce qu'on voit dans la diapositive suivante. Est-ce que j'y arrive ?
26:28Non, décidément. Voilà.
26:30Quels que soient les scénarios, l'INSEE est en train de refaire ces scénarios de projection,
26:35mais dans tous les cas, il est clair que dans les décès d'avenir, le nombre de décès va excéder
26:40le nombre de naissances.
26:42Alors, jusqu'au moins pendant quelque temps, vraisemblablement, que ce qu'on appelle ce solde naturel négatif
26:51va être compensé par ce qu'on appelle toujours un solde migratoire positif,
26:55puisque, au cours des dernières années, le nombre d'entrées d'immigrants en France,
27:02qui augmente depuis le début du XXIe siècle, a été de l'ordre de 250 000 à 350 000 par
27:08an,
27:08auxquels il faut rajouter des entrées sur le territoire de natifs qui reviennent,
27:13qui ne sont pas des immigrants, auxquels il faut retrancher des départs du territoire,
27:17qui sont aussi, selon les années, entre 100 000 et 150 000 personnes.
27:21Donc, au total, vraisemblablement, que dans les années qui viennent,
27:25le solde migratoire va compenser le solde naturel, mais ce n'est pas sûr du tout,
27:29parce que là, autant, c'est déjà difficile d'imaginer qu'elle va être l'évolution des naissances ou des
27:34décès dans les années années,
27:35mais l'évolution des migrations, c'est quelque chose de très, très difficile à projeter,
27:41donc il y a de grosses incertitudes sur ces estimations.
27:43Voilà. Alors, cette citation d'un solde naturel négatif, c'est ce que connaissent la plupart de nos pays voisins
27:51depuis très longtemps.
27:53C'est ce que connaît l'Allemagne depuis plusieurs dizaines d'années.
27:57Pour l'ensemble de l'Europe, depuis 2012, l'ensemble de l'Europe connaît plus de décès que de naissances.
28:02Donc, depuis déjà plus de dix ans, mais le compense par un apport migratoire.
28:11Pour tout vous dire, en Europe, sur 450 millions d'habitants,
28:17on a un déficit naturel d'un peu plus d'un million, un million trois d'habitants,
28:23mais la hausse se poursuit grâce aux migrations.
28:27Sur 27 pays d'Europe, on en a 20 qui ont un solde naturel négatif aujourd'hui.
28:31Voilà. Donc, ce n'est pas isolé.
28:34Et pour certains d'entre eux, la population baisse.
28:38C'est le cas, par exemple, de la Pologne ou de l'Italie.
28:41Ce n'est pas que des petits pays dans lesquels la population baisse.
28:45Alors, est-ce que c'est grave ? Est-ce que c'est dangereux ?
28:48On pourra en parler si on dit dans la suite.
28:51Alors, ce qui est certain, c'est que ça va impacter notre économie,
28:56mais ce qui va le plus impacter notre économie dans les vingt années qui viennent,
28:59ce n'est pas tellement la baisse de la mentalité,
29:02parce que la baisse de la mentalité, dans une certaine mesure,
29:04ça va, du coup, faire baisser un peu la pression sur le système éducatif.
29:09Ça va aussi faire baisser la pression sur le marché de l'emploi,
29:12puisque quand même, des dizaines de milliers de jeunes sur le marché de l'emploi en moins,
29:17potentiellement, ça fait quand même du chômage en moins.
29:19Évidemment, dans 20 ans, on se posera ensuite la question de la force productive.
29:23Ça, c'est un autre sujet.
29:27Je voudrais insister sur une question que les démographes mettent en avant
29:31et qui a du mal à percer dans le débat public,
29:33c'est la question du vieillissement de la population,
29:36qui, elle, est absolument certaine,
29:38et qui, là, va beaucoup plus impacter notre économie dans les vingt ans qui viennent
29:42que la baisse de la natalité.
29:46L'année prochaine, en France,
29:48le nombre de personnes de plus de 65 ans excédera celui des moins de vingt ans.
29:53Alors qu'en 2006, vous aviez 16% de 65 ans et plus 22% d'au moins de vingt
30:01ans.
30:01L'année prochaine, les courbes, là aussi, vont se croiser
30:04et vont faire, vous avez bien compris, qu'ensuite, se décaler.
30:08Donc, je ne rentre pas dans l'équilibre des régimes de retraite.
30:12Je prendrais un autre indicateur, plutôt que 60 ou 64 ou 65 ans,
30:17c'est l'âge de 80 ans.
30:19Pourquoi 80 ans ?
30:20Parce que ce n'est plus tellement la question de la retraite qui se pose,
30:23c'est la question de la dépendance.
30:24C'est-à-dire que c'est, pour une partie importante de la population,
30:27le fait que les gestes de la vie quotidienne deviennent difficiles à assumer
30:31et qu'une aide est importante.
30:34Donc, le nombre de personnes âgées de 80 ans et plus
30:37va passer de 4,3 millions aujourd'hui à 6,8 millions dans les 15 prochaines années.
30:42Vous voyez, c'est une augmentation de plus de 50% de cette population.
30:47Alors, toute cette population, elle n'est pas indépendante,
30:50mais une part importante l'est et le sera.
30:53Alors, évidemment, vous avez bien compris que tout ça, c'est l'effet retard du baby-boom
30:58et qu'il n'y a pas de retour en arrière possible.
31:00Il ne faut pas s'attendre à ce que ça revienne dans une autre situation.
31:04Donc, cette hausse va nécessiter des efforts extrêmement importants en termes de soins
31:10et de soutien à l'autonomie face à la dépendance.
31:14Donc, ce n'est pas tellement une question, ça n'a pas tellement été une question de santé pure.
31:18Ça va vraiment être une question de dépendance.
31:23Alors, je vous parlais tout à l'heure de l'espérance de vie à la naissance,
31:27c'est-à-dire qu'on vous naissait combien d'années vous avez pensé que vous allez pouvoir vivre.
31:30On calcule aussi, ça c'est les calculs qu'on fait maintenant, notamment avec l'adresse,
31:35« L'espérance de vie sans incapacité ».
31:39Le nombre d'années que vous avez de penser, vous ne pourrez pas vivre de façon indépendante.
31:46Aujourd'hui, pour les femmes, c'est...
31:48Alors, l'espérance de vie pour les femmes, c'est 86 ans,
31:50et c'est 77 ans de façon de dépendance, ce qu'on appelle sans incapacité forte.
31:56Ça veut dire que, potentiellement, les dernières années de la vie,
31:59elles, elles pourraient être en incapacité.
32:01Pour les hommes, l'espérance de vie, c'est 80 ans,
32:04l'espérance de vie sans incapacité forte, c'est 74 ans.
32:09Vous avez du coup un delta de 6 ans,
32:11qui sont potentiellement des années où vous aurez besoin de quelqu'un.
32:15Alors, si vous avez la chance de vivre en couple et que l'autre va bien,
32:18si vous avez de la famille pas trop loin, ça peut compenser.
32:21Et ensuite, oui, ça pose des questions tout à fait importantes.
32:27Donc, et l'espérance de vie, alors, on pourrait revenir par la question,
32:31mais les écarts d'espérance de vie sont moins importantes,
32:35l'espérance de vie, plutôt, sans incapacité, sont moins importantes
32:38entre les femmes et les hommes que les écarts d'espérance de vie.
32:42Pourquoi ? Parce que les femmes, pour synthétiser,
32:46ne sont pas atteintes des mêmes maladies, en tout cas, ne décèdent pas des mêmes maladies que les hommes.
32:51Et pour être très caricaturaux, les hommes vont décéder de maladies
32:56qui vont les mettre en situation de dépendance moins longtemps que les femmes.
33:01Voilà, c'est un peu ça.
33:03En dehors du fait que les femmes vont vivre plus âgées,
33:06et sont plus souvent veuves, et donc plus souvent seules.
33:08Donc, les deux phénomènes se compensent.
33:12Ce sont des sujets qui ont été beaucoup travaillés par les chercheuses et les chercheurs de l'INED,
33:18et qui vont continuer à l'être, parce que c'est des sujets, évidemment, extrêmement importants.
33:22Alors, actuellement, les années gagnées, comme un élément important,
33:26sont des années en bonne santé.
33:27C'est-à-dire que l'espérance de vie augmente,
33:30et l'espérance de vie en bonne santé continue à augmenter aussi.
33:32Ça, c'est quand même encourageant.
33:34Pour autant, comme il y a beaucoup plus d'années âgées,
33:37le nombre d'années passées en situation de dépendance va augmenter.
33:42On considère que le nombre de personnes ayant besoin d'une aide
33:44va passer de 2 millions aujourd'hui à 2,8 millions en 2050.
33:49Donc là aussi, une augmentation d'à peu près 50%.
33:53Sachant que ces personnes sont aujourd'hui pour environ 3 quarts à domicile.
33:58Alors, évidemment, avec une aide, du coup, soit familiale, soit professionnelle,
34:01et pour un quart dans un établissement d'accueil, dans un EHPAD.
34:08Alors là, la question, justement, de l'évolution, de la réparcution entre les domiciles et l'EHPAD,
34:12c'est partie des sujets sur lesquels beaucoup de travaux de recherche ont lieu,
34:15et auront lieu, et qui sont des sujets extrêmement importants,
34:20parce qu'ils sont à la limite, comme je vous le disais tout à l'heure,
34:23la démographie chez nous, c'est aussi de l'économie, bien sûr,
34:27parce que beaucoup de choses vont dépendre du niveau de la retraite,
34:30du capital accumulé pendant le travail.
34:34Et ça va dépendre aussi de questions sociologiques et démographiques.
34:38Est-ce qu'on est seul ? Est-ce qu'on n'est pas seul ?
34:40Est-ce qu'on a encore un conjoint ? Est-ce qu'on a des enfants pas loin ?
34:44Donc tous ces éléments vont se combiner pour jouer à la fois sur la dépendance,
34:48mais aussi sur la façon dont elle peut être vécue.
34:51Ce qui est certain, c'est que notre économie va devoir générer
34:56environ entre 150 000 et 200 emplois supplémentaires
34:58pour gérer cette dépendance.
35:02Donc voilà un peu ce que j'avais envie de vous dire un peu en introduction
35:06sur la situation démographique de la France.
35:09mais je suis prêt à essayer de répondre à vos questions.
35:14Merci.
Commentaires