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Professeur émérite de criminologie, Alain Bauer, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Alain Bauer.
00:04Bonjour à vous, bienvenue. Vous êtes professeur de criminologie, auteur de ce livre « Il faut sauver nos enfants »
00:08chez First.
00:09On va en parler dans un instant.
00:10L'actualité, Alain Bauer, c'est cet hommage national qui sera rendu aux victimes de l'attentat raciste de Trappes
00:15qui a fait un mort et sept blessés, dont une petite fille de 12 ans.
00:18Le climat d'hystérie qui a été entretenu immédiatement après, par la gauche, l'extrême gauche sur ce sujet,
00:24est-il en train de confisquer le débat sur ce thème majeur de la lutte contre le racisme, Alain Bauer
00:28?
00:28Alors, le problème, c'est que le racisme comme le terrorisme sont des termes non déterminés de manière structurelle.
00:35La race, l'ethnie, la religion, un groupe ou une partie d'un groupe.
00:38Vous savez, ce débat est permanent parce que c'est chaque fois le système judiciaire qui dit ce qui est
00:42et ce qui n'est pas.
00:44Là, très rapidement, le parquet national antiterroriste a dit que c'était du terrorisme à caractère raciste.
00:49Donc, il y a eu deux déterminations, claires et définitives.
00:52Ensuite, il y a eu un débat. Est-ce islamophobe ?
00:54L'apparition de la principale victime, l'homme qui a été tué comme chrétien, a rebattu les cartes sur xénophobe
01:02et raciste.
01:02Au moins, là, on est clair.
01:04Et après, il y a eu le rapprochement entre c'est la première fois que, l'erreur du président de
01:10la République.
01:10C'est la première fois que, alors qu'immédiatement après, même un certain nombre de mes collègues, y compris de
01:16Trappes, ont dit mais pas du tout.
01:18Il y a eu toute une série de phénomènes avant.
01:20Alors, c'est la première fois qu'on a une virée meurtrière qui ressemble à celle de Mohamed Merah à
01:24Toulouse.
01:25Voilà, on a cette problématique.
01:27Après, l'hystérisation du débat, elle vient de deux problématiques.
01:30D'abord, l'idée que tout acteur psychiatriquement identifié comme étant malade mental soit automatiquement qualifié du point de vue
01:39de ses idées politiques.
01:40Or, d'un point de vue de la psychiatrie, ce sujet est secondaire.
01:44C'est un emballage qui parfois suit la mode.
01:47On peut être militant ultra-gauche, devenir militant ultra-droite dans ses paroles ou ses écrits.
01:55Mais ça n'enlève rien à la rage qui s'est exprimée.
01:58C'est juste un emballage à la mode.
02:00Il suffit de se connecter à cause de la maladie mentale sur une idée à la mode, d'un côté
02:06ou de l'autre.
02:07Et puis, vous avez le troisième sujet qui est que la justice a aussi décidé,
02:10contrairement à l'avis d'une partie importante de mes collègues, que le racisme anti-blanc existait.
02:15C'est le cas de l'affaire de Crépolle.
02:18Pour qu'il y ait eu un nouveau feu qui s'allume sur est-ce que ça pouvait exister ou
02:22pas.
02:23Et là, on est face à un problème qui est la neutralité académique
02:26et de reconnaître que c'est le système judiciaire qui décide l'incrimination
02:30et le tribunal qui décide de la punition en décidant si l'auteur est ou n'est pas responsable
02:37ou irresponsable ou partiellement irresponsable.
02:39Mais ce n'est pas la politique.
02:40La politique a le fait de la politique.
02:42Justement, ma question c'était est-ce que la politique, la gauche et l'extrême-gauche,
02:45en mystérisant, en conflictualisant les débats sur ce thème-là, ne le confisque pas au fond ?
02:50Bruno Retailleau qui était à votre place hier matin dit
02:52« On peut demander une politique plus ferme sur l'immigration et la sécurité ? »
02:55Ce n'est pas appelé à la haine, Alain Bauer.
02:58Alors, je pense qu'on peut avoir un débat naturel sur l'immigration, la sécurité,
03:04le voile, la place des religions dans l'espace national.
03:08Moi, je suis un militant de laïcité qui respecte les religions
03:12et le droit de l'exercer librement dans le respect de la loi commune.
03:17Donc, je n'ai pas de difficulté avec ça.
03:19Maintenant, les opérateurs politiques font de la politique.
03:22Et donc, s'ils arrivent à en faire de manière aussi conflictualisée,
03:25c'est parce que l'espace a aussi été largement dégagé de part et d'autre.
03:29Le grand problème de la politique aujourd'hui, c'est que s'il n'existe de manière structurelle
03:34que deux opérateurs cohérents, Mme Le Pen d'un côté et ses amis, M. Mélenchon de l'autre et ses
03:40amis,
03:40ce n'est pas le problème de Mme Le Pen, M. Mélenchon, c'est le problème de où sont passés
03:43les autres.
03:44Donc, c'est pour ça, c'est parce qu'il y a une absence de débat sur ce bloc central,
03:47une absence de conviction, de cohérence, d'expression, de ligne directrice.
03:53Bref, vous les recevez tous ici, je les regarde tous.
03:57Parfois, ils viennent me demander ce que je pense de tel ou tel sujet relevant de ma compétence.
04:02Et moi, je suis un service public, donc je réponds à tout le monde.
04:05Je suis effaré de leur absence, pas de la présence de Mme Le Pen ou de la présence de M.
04:11Mélenchon.
04:11Encore un mot à la boire, le procureur national antiterroriste va tenir une conférence de presse ce matin.
04:17Le suspect a été présenté à un juge.
04:19Les enquêteurs auraient trouvé, sans l'information d'Europe 1, dans un véhicule, un pistolet mitrailleur.
04:24Ça pose la question de la saisie de ce type d'armes qui est exponentielle, qui explose dans notre pays.
04:31Il y a de plus en plus d'armes qui sont saisies, notamment en région parisienne.
04:34La part des pistolets mitrailleurs et des fusils d'assaut a augmenté de 60%.
04:38Ça dit quoi concrètement de l'état de notre société, Alain Bauer ?
04:41Alors d'abord, il s'agit d'une très vieille arme.
04:43C'est une Sten de la Deuxième Guerre mondiale.
04:45Il y a beaucoup de kalachnikov et de copies de kalachnikov d'AK-47, de toute nature, qui sont présentes.
04:51Une partie venant des arsenaux albanais pillés il y a déjà 20 ans.
04:56Et puis qui appartiennent plutôt au narcotrafic.
04:58Donc il faut savoir à quoi sert ce qui est saisi.
05:01En fait, on s'en sert relativement peu, sauf dans des règlements de compte en matière de narcotrafic.
05:05Et justement, ce qui est intéressant dans ce cas précis, c'est que ça n'est pas une kalachnikov, une
05:09AK-47.
05:10Donc elle ne sort pas de l'espace aujourd'hui contrôlé de manière plus en plus importante par le narcotrafic.
05:17Vous avez raison de le souligner, comme l'avait fait le Sénat l'année dernière,
05:20en rappelant que le narcotrafic existait et qu'il fallait commencer à regarder les choses en face.
05:23Ce que nous autres essayons d'expliquer depuis quelques dizaines d'années dans une sorte de grand silence général.
05:28Donc la réalité gagne toujours. Mais vous avez raison, les armes à feu sont plus nombreuses,
05:32mais toujours extrêmement contrôlées.
05:34Et celles dont nous parlons sont celles qui relèvent plutôt de l'Antiquité
05:38ou du vol de pièces anciennes chez des gens qui les protègent peu.
05:42Je précise d'ailleurs qu'il y a eu un hacking sur le site de la Fédération de tir
05:49qui inquiète beaucoup ceux qui ont vu apparaître leur nom, leur adresse et parfois leur possession.
05:56Alain Mauer, à quoi s'attendre samedi ?
05:57Les Français retiennent leur souffle une nouvelle fois.
05:59Manifestation annoncée pour ce samedi 31 octobre avec la soirée d'Halloween.
06:045 novembre aussi, mille mobilisations avec les syndicats.
06:08Est-ce qu'on voit que les autorités ont un peu peur ?
06:11Le renseignement territorial n'exclut pas à nouveau des pillages de commerce pour ce samedi.
06:15Le dispositif policier sera massif à nouveau.
06:18On parle de 70 000 forces de l'ordre sur le terrain.
06:21Combien de temps est-ce que notre pays pourra tenir comme cela ?
06:24Alors d'abord, un mouvement social de ce type dure en moyenne une dizaine de jours.
06:28Là, c'est un peu plus étendu à cause du fait que c'est un mouvement scolaire et lycéen
06:31qui a les vacances au milieu.
06:32Et vous avez une date de début, 17 octobre, une date supposément de fin,
06:36on va dire les dates paroxystiques, le 5 novembre.
06:39On sait à cette occasion que les casseurs ont besoin d'une masse de manœuvre.
06:43Plus la masse est importante, plus les casseurs en profitent
06:46et les pilleurs n'agissent que si le 1 et le 2 leur permettent de venir se faire les magasins.
06:53Le 17 octobre, tout le monde a sous-estimé l'ampleur des manifestations.
06:58Leur renseignement les avait vus mais sous-estimés, du simple au double, même un peu plus.
07:03Du coup, le nombre de casseurs, du simple au double, voire même au triple,
07:06n'avait pas vu les pilleurs.
07:08Le 24 octobre...
07:08C'est une faillite déjà sur ce plan-là.
07:10Alors une faillite, c'est s'ils n'avaient rien vu du tout.
07:12Oui, enfin bon, le résultat est quand même éloquent.
07:16Oui, de ce point de vue-là, et puis tôt le matin,
07:18parce qu'ils ont suranticipé le départ en vacances de gens qui ne partent plus en vacances,
07:22qui se lèvent tôt le matin pour aller à l'école.
07:24Enfin, il y a eu un espèce de...
07:26Voilà, on sent bien que le renseignement intérieur est très en retard
07:28sur la révolution qu'avait réussi à faire le renseignement intérieur, la DGSI,
07:32après les attentats, mais après les attentats de 2016.
07:35Avant, on faisait très peu d'opérations préventives.
07:38Depuis, on en fait dix fois plus.
07:39C'est autant d'attentats qui n'ont pas eu lieu.
07:41Le renseignement territorial n'a pas encore fait sa mue ou sa révolution
07:45anticipation et analytique, c'est certain,
07:47mais je pense qu'elle va le faire désormais,
07:48parce qu'on fait toujours comme ça en France.
07:50Après les crises.
07:51On invente les pompiers après l'incendie.
07:52Mais voilà, ce premier élément a eu lieu.
07:54Le deuxième, c'est que moi, je crois à l'effet, je dirais, montagne russe,
07:59c'est-à-dire qu'il y a des poussées, puis des redescendantes,
08:01des repoussées, puis des redescendantes.
08:02On a vu ça lors des GIs jaunes.
08:04Mais tout le monde a oublié un élément structurant de ce qui se passe actuellement,
08:07c'est la génération Naël, c'est-à-dire les émeutes de 2023,
08:09qui avaient duré dix jours, un milliard d'euros de dégâts,
08:12des milliers de bâtiments pillés ou brûlés,
08:15et surtout 50 000 émeutiers, dit le rapport du Sénat,
08:18qui en avait fait le décompte.
08:19Et qui avait si pris la fin de la récréation à ce moment-là ?
08:22Les narcotrafiquants.
08:23Aussi, mais pas seulement, puisque là aussi, il y avait eu un moment de stupéfaction,
08:29parce que la capitale du 17 octobre, c'est Limoges,
08:32la capitale de juillet 23, c'était Montargis,
08:35et ce n'est pas la ville qui vous vient naturellement à l'esprit.
08:38Donc, ce processus-là, il va nous amener, je crois, les deux jours,
08:44parce qu'il y a Halloween qui va suivre,
08:46donc la longue nuit d'entre les deux,
08:48va probablement nous amener à un niveau dont j'estime qu'il doit être celui du 24,
08:52et je pense que l'effet paroxystique qui pourrait signer la fin de la récréation
08:55est le 5 novembre, et c'est ce qui me semble être le plus important.
09:00Parce qu'il y aura les syndicats qui seront aussi,
09:02donc il y aura une masse.
09:02La masse sera tellement considérable et tellement diversifiée.
09:06Vous savez, vous avez un composé de gilets jaunes
09:09qui n'ont jamais digéré, qu'il n'est pas abouti,
09:12de génération naëlle extrêmement remontée et très anti-flic,
09:16d'un mouvement scolaire et lycéen et étudiants
09:20dont tout le monde nous explique que toutes les revendications sont légitimes
09:22mais qu'on ne peut pas y répondre.
09:24De l'ultra-ultra-droite à l'ultra-ultra-gauche,
09:26personne n'est compte les revendications des lycéens,
09:28des profs, des salles, des toilettes,
09:31enfin, bref, rien que de très normal.
09:33C'est même très conservateur, de ce point de vue-là.
09:35Une repolitisation du mouvement très impressionnante,
09:38à droite comme à gauche, la jeune fille de l'Uni,
09:42Louise Montangon, qui est sur la une de votre journal,
09:46est très impressionnante.
09:48Ceux de l'aile gauche le sont tout autant.
09:50Je parle en termes de...
09:51Voilà, ce n'est pas une génération tiktokisée de ce point de vue-là.
09:53Ce n'est pas le jeune Noah qui était sur votre antenne ce matin.
09:57Il y a un sujet aujourd'hui de repolitisation
09:59qui est plutôt une bonne nouvelle.
10:00Il y a un sujet de surviolence qui est plutôt une mauvaise nouvelle.
10:03On ne sort pas de la violence d'un mouvement social
10:06par une réponse seulement autoritaire.
10:08Il faut aussi une réponse sociale et politique.
10:10Et de ce point de vue-là,
10:12vous n'avez toujours que deux réponses.
10:14Une de Mme Le Pen, le parti de l'ordre,
10:16et une de M. Mélenchon, la conflictualisation.
10:19Mais au moins, elles sont clairement exprimées.
10:21Ce ne sont pas des manœuvres dans l'ombre.
10:23Où sont les autres ?
10:24Alors, Alain Bauer, vous parlez aussi d'une rageosphère
10:26qui se construit sur les réseaux sociaux
10:28et qui aurait fédéré évidemment tous les ressentiments de cette crise-là.
10:31Les réseaux sociaux, est-ce que c'est le grand ennemi ?
10:33Est-ce qu'il faut s'en méfier ?
10:35Est-ce que s'en servir, comme le dit le président Macron,
10:38en même temps, tout en les détestant ?
10:40C'est un peu le problème des injonctions contradictoires de l'État.
10:44Oui, alors là, c'est plutôt entre deux,
10:45mais c'est un avis très personnel.
10:47La question centrale, elle est qu'avant les réseaux sociaux,
10:50on a eu mille ans de jacquerie dans ce pays.
10:51On n'a pas attendu les réseaux sociaux pour s'énerver,
10:54s'agiter, se mettre en colère, casser, faire la révolution.
10:57Notre histoire est ainsi faite.
10:59Je dis Donald Trump, vous n'allez pas en France,
11:00sauf si vous aimez la révolution.
11:01C'est ça.
11:02L'État, en France, ne s'est pas négocié sans rapport de force.
11:05Et pour qu'il y ait rapport de force, il faut qu'il y ait de la casse.
11:07Autrement, il ne donne rien.
11:08Donc 13 milliards pour les gilets jaunes.
11:09Là, on est à 5 milliards pour les collégiens et les lycéens.
11:13Je pense qu'il y aura un petit...
11:14Mais il a réussi à énerver tout le monde.
11:15Les pompiers, les infirmières, les instituteurs,
11:18les transporteurs routiers, les agriculteurs, les pêcheurs,
11:22qui n'est pas énervé et qui ne constate pas l'effondrement
11:25de l'inségralité des services publics,
11:26à l'exception de l'impôt,
11:27qui se collecte toujours bien, peut-être même un peu trop.
11:30Donc c'est ce problème-là que le gouvernement doit affronter
11:33avec une histoire qui est la sienne,
11:35qui est les injonctions contradictoires,
11:37une capacité à promettre sans tenir,
11:40et un ressentiment général.
11:41Et de ce point de vue-là, les réseaux sociaux,
11:43ils ont surtout une mémoire collective qui vous ressort
11:46les promesses d'avant,
11:48dont le bêtisier du Covid restera un moment,
11:51ne mettez surtout pas de masque, ça ne sert à rien,
11:52mettez-en un, autrement vous allez tous mourir.
11:54Ce qui fait que personne ne croit plus personne
11:57dans l'expression publique.
11:58Et la reconstitution de la confiance,
12:00elle passe non seulement par la présence aussi
12:02sur les réseaux sociaux,
12:03par la surveillance de ce qui s'y raconte,
12:05mais également par la reconstitution
12:07d'une sorte de doctrine de confiance,
12:08c'est-à-dire parler aux gens.
12:10On dit beaucoup de mal des populistes,
12:11mais au moins, eux, ils parlent au peuple.
12:13Absolument.
12:14Et est-ce que, justement, Bruno Retailleau,
12:15qui était à votre place,
12:16parlait de ce climat conflictualisé,
12:19qui, selon lui, peut durer jusqu'à l'élection présidentielle,
12:21il demande même d'avancer la date de l'élection présidentielle.
12:26Il redoute ce 1er mai,
12:27qui serait la veille du second tour,
12:29et il dit, mais enfin,
12:30on ne peut pas voter sereinement dans ces conditions-là.
12:33Alain Bauer.
12:33Il n'a pas tort.
12:34Le choix de la date ne relève pas de l'intelligence la plus pure,
12:38ni de la sagesse la plus...
12:39De la tactique, alors, peut-être ?
12:40Non, c'est quelqu'un qui vous a dit
12:42qu'il serait président de la République
12:43à la dernière minute de la dernière seconde de son mandat,
12:45donc il a pris la date la plus éloignée possible,
12:48permettant qu'il le termine,
12:50en intégrant, évidemment,
12:51ce problématique du 1er mai,
12:53parce que ce n'est pas une découverte.
12:55Alors, je crois que le décret n'est pas paru
12:57de complication de l'élection présidentielle.
12:58On peut encore réfléchir à décaler
13:01moins d'une semaine,
13:03ou de 15 jours, je crois que c'est le maximum.
13:05Mais autrement, le débat fondamental,
13:08il est répondre à la question sociale
13:10par une réponse sociale.
13:11Elle n'est toujours pas là.
13:12Non, ce n'est pas la loi anti-casseurs qui répond,
13:14ce n'est pas les propositions de l'éducation nationale
13:16qui répondent.
13:17C'est quoi, les propositions en matière de sécurité,
13:19d'autorité ?
13:20on fait un groenelle des États généraux.
13:22Les gouvernements les plus à droite de ce pays...
13:24Oui, non seulement noyer le poisson,
13:26mais aussi, après 68,
13:27les augmentations de salaires avaient été considérables,
13:29ou la baisse des taxes, ou...
13:31Oui, mais là, on n'a plus d'argent en caisse, Alain Bauer.
13:33C'est ça la grande différence.
13:34C'est ce qu'on dit, mais on a trouvé 5 milliards.
13:35Les 13 milliards étaient là, les 5 milliards aussi.
13:38Je veux dire, cette réponse ne tient plus du tout
13:40pour des tas de raisons diverses.
13:41Non, c'est mettre de la cohérence,
13:43au lieu d'avoir une foultitude de réponses sectorisées
13:46auxquelles plus personne ne croit,
13:47c'est peut-être enfin de parler à tout le monde.
13:50Et on voit d'ailleurs que,
13:51dès qu'on commence à reparler aux lycéens et aux collégiens,
13:54le dialogue a des vertus,
13:56et ce pays nécessite vraiment
13:58de se reparler à tout le monde,
14:00à tout le monde, sans exclusive,
14:02et puis de le faire en disant,
14:04écoutez, voilà l'état des choses,
14:05est-ce que vous avez des propositions ?
14:06Dans le temps, j'allais voir
14:08les brigades anticriminalités, de nuit,
14:11pour essayer de comprendre
14:11pourquoi c'était aussi conflictuel avec les jeunes.
14:14Donc, au début, la relation était un peu hard,
14:16et puis à la fin, ils m'ont expliqué
14:17comment mieux faire leur métier,
14:19y compris dans la relation avec les jeunes.
14:21Personne ne leur avait jamais demandé leur avis.
14:23Le terrain a beaucoup de bonnes réponses.
14:24Alain Beauvoir, vous publiez ce livre
14:25« Il faut sauver nos enfants »,
14:27le livre noir de la pédocriminalité en France,
14:29aux éditions First.
14:30Cette nuit, le Sénat a voté
14:33le fait de rendre imprescriptibles
14:34les crimes sexuels contre les enfants.
14:36C'est une avancée majeure
14:37qui était réservée jusque-là
14:38aux crimes contre l'humanité.
14:39Un, est-ce que c'est une bonne chose ?
14:41Et deux, est-ce que ce sera
14:41une efficacité concrète pour les victimes ?
14:44Alors, symboliquement, c'est une excellente chose
14:45parce que ça marque le fait
14:46que nous entrons dans une catégorie de crimes
14:49inacceptables, insupportables
14:50et que la mémoire ne peut effacer.
14:52Pourquoi ?
14:52Parce que 5,5 millions des Français vivants
14:55aujourd'hui ont été victimes
14:57d'un acte pédocriminel dans leur enfance
14:59et qu'ils le portent en eux.
15:01Soit ils le portent en eux, ils le somatisent.
15:03Soit ils le portent en eux, ils s'effondrent.
15:04Soit ils le portent en eux, ils sont sous médoc
15:06ou chez le psy.
15:08Soit ils reproduisent ce qu'ils ont subi
15:10et nous sommes toujours en retard d'un épisode.
15:13Et sur l'aide aux pédophiles
15:15qui ne veulent pas devenir des pédocriminels,
15:17le support aux victimes
15:19parce que la parole a eu beaucoup de mal à se libérer.
15:22L'acceptation de la parole des enfants,
15:24c'est hier, a été publié
15:25l'étude du ministère de l'Education nationale,
15:28le questionnaire du ministère de l'Education nationale
15:29sur les aides de CE2.
15:3240% disent qu'ils ont été victimes
15:34d'une agression sexuelle.
15:3640%.
15:36Il y a 160 000 enfants au moins
15:38qui sont victimes tous les ans.
15:40Quand le projet de loi intégral
15:41est arrivé à l'Assemblée nationale,
15:42le premier amendement a supprimé
15:46l'entretien entre les enfants
15:48et un éducateur spécialisé
15:50ou une assistante sociale
15:52ou quelqu'un de formé
15:53pour savoir si eux-mêmes sont victimes.
15:55Pourquoi ?
15:56Pas de moyens.
15:57Pas de moyens.
15:58Après une révolte des associations légitimes,
16:01on a dit
16:01« Ah oui, on va le faire,
16:02mais sous forme de questionnaire. »
16:03Vous voyez ?
16:04Six ans.
16:04Bonjour.
16:06Oui, non, on ne sait pas.
16:07On est dans le QCM.
16:09QCM 2024-2025,
16:10on n'est pas encore tout à fait à jour.
16:12L'idée générale,
16:13c'est qu'enfin,
16:14ce sujet crée une mobilisation.
16:16Vous savez, j'ai écrit des livres.
16:17Ça, c'est mon livre.
16:18Ce n'est pas la même chose que d'habitude.
16:19C'est un livre militant,
16:20ce n'est pas un livre neutre.
16:21Je le dis très clairement.
16:22Ce livre, il vise à une sorte de révolution
16:24pour que ce sujet soit enfin abordé
16:27par tout le monde.
16:27Et de ce point de vue-là,
16:29le silence politique sur cette question
16:30a une exception près.
16:31Une exception près.
16:32Une seule.
16:33Qui ?
16:33Et Mme Le Pen.
16:35Ce n'est pas ma famille,
16:36ce n'est pas ma tradition.
16:37Je suis un bon social-démocrate,
16:38rocardien,
16:39je suis dans une petite réserve protégée désormais.
16:41Mais je m'étonne.
16:42Où sont les autres ?
16:44Où sont les autres sur ce sujet
16:45qui couvre 5,5 millions de victimes existantes,
16:49160 000 victimes de victimes potentielles ?
16:51Après la révolte,
16:52il a été dit que l'entretien aurait lieu d'ici 2032.
16:55Alors vous savez, c'est facile.
16:56On compte 160 000 par an.
16:5727, 28, 29, 30, 31, 32,
16:59un million de plus.
17:00Qui peut admettre...
17:01Qu'on va laisser un million d'enfants être abusés ?
17:03Oui. Et bien, pour l'instant, c'est le cas.
17:06Donc je souhaite que le Sénat,
17:07j'étais avec Mme Evren avant-hier,
17:08qui a rapporté sur le périscolaire,
17:10que l'Assemblée nationale se reprenne
17:12et que suite aux revendications des lycéens
17:14et des collégiens,
17:15on puisse dire,
17:16eh bien oui,
17:16on va mettre des infirmières scolaires,
17:17on va mettre des éducateurs spécialisés,
17:18on va mettre des médecins.
17:19Et eux aussi vont pouvoir faire l'entretien
17:21parce qu'ils auront été formés pour ce faire.
17:24Et ceci, c'est une mobilisation.
17:25Aujourd'hui, la mobilisation,
17:26c'est des associations,
17:27des petits groupes,
17:28des parents qui ont peur,
17:31qui sont en phase d'institutions,
17:33qui mettent tout sous le tapis,
17:34quelles qu'elles soient,
17:35publiques, privées, religieuses ou pas,
17:38personne n'assume
17:39de le faire sortir au grand jour.
17:41Ça, c'est un investissement sur l'avenir.
17:43Ce n'est pas un coup.
17:44Pourquoi est-ce que les partis politiques
17:45ont si peur de ce sujet-là ?
17:46Pourquoi est-ce qu'il est encore tabou ?
17:48Pourquoi est-ce qu'on n'en parle pas
17:48dans toutes les familles à l'imbouart ?
17:49D'abord, parce qu'une grosse partie de ce sujet,
17:51c'est l'inceste.
17:51Et l'inceste, c'est un sujet familial.
17:53Et c'est l'omerta.
17:54Et je le comprends,
17:55mais on peut aller chercher les choses,
17:57les enfants battus.
17:58On a aujourd'hui une obligation,
17:59moi, comme enseignant,
18:01c'est des grands enfants,
18:02mais quand même,
18:03on avait des obligations de dénonciation.
18:04L'article 40 du Code
18:05implique ça pour les fonctionnaires publics.
18:07On n'a toujours pas de fichier centralisé
18:08des signalements.
18:09On n'a pas de fichier centralisé
18:11d'interdiction d'emploi
18:12auprès de mineurs ou de jeunes,
18:14on peut le voir assez large,
18:15de ceux qui ont déjà été condamnés.
18:17On se refile le mistigri,
18:18on passe d'une école à l'autre,
18:20d'une paroisse à l'autre.
18:21Depuis le scandale du périscolaire,
18:22on n'a toujours pas ça.
18:23On n'a toujours pas ces fichiers.
18:24On est encore en train
18:25de se poser la question.
18:26D'ailleurs, la loi est un peu là pour ça,
18:27heureusement.
18:28Des parlementaires s'en sont saisis.
18:30D'ailleurs, cette loi
18:30est une proposition de loi parlementaire.
18:33Ça a été récupéré par le gouvernement
18:35après le scandale d'Ianna Rosa.
18:37Je rends d'ailleurs hommage
18:38au ministre de la Justice,
18:39ça ne m'arrive pas tous les jours
18:39de rendre hommage
18:40à un membre du gouvernement
18:41pour avoir eu le courage
18:42de sortir tout ce qu'il y avait
18:43sous le tapis.
18:44Moi, je pensais qu'il y avait
18:45quelques milliers de dossiers,
18:46il y en avait 88 000 au moins.
18:48Et donc, je fais partie
18:49de ceux qui n'ont pas vu
18:50beaucoup mieux que les autres.
18:51Je me mets dans le lot
18:53de ceux qui n'ont pas bien regardé
18:54ce sujet avant qu'ils me sautent
18:56à la figure
18:56au moment de l'affaire Liana Rosa.
18:58Mais maintenant qu'il est là,
18:59je suis pour que nous nous mobilisions
19:00pour en faire quelque chose.
19:02Ce livre, c'est à la fois
19:03un outil un peu de colère,
19:05mais c'est aussi un mode d'emploi
19:06de comment on fait
19:07pour se mobiliser,
19:09pour éviter toutes les victimes
19:10à venir et aider
19:11celles qui l'ont malheureusement
19:13déjà été.
19:13Merci beaucoup pour ce coup de gueule
19:15ce matin sur notre antenne.
19:16Alain Bauer sur CNews
19:17et sur Europe 1,
19:18Il faut sauver nos enfants.
19:19C'est le livre noir
19:19de la pédocriminalité en France.
19:21Merci d'être venu.
19:22Bonne journée à vous
19:22sur CNews Europe 1.
19:24Sous-titrage Société Radio-Canada
19:25Sous-titrage Société Radio-Canada