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Franz-Olivier Giesbert, journaliste et écrivain, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:09Générique
00:138h13, la grande interview, c'est News Europe 1 avec ce matin François-Olivier Gisbert.
00:18Bonjour François-Olivier Gisbert.
00:19Bonjour Romain Desarbres.
00:20Qu'on ne présente pas, journaliste, écrivain, auteur de Voyages dans la France d'avant aux éditions Gallimard
00:25et auteur de La France est-elle un pays communiste aux éditions Plon.
00:30Merci beaucoup d'être avec nous.
00:31On va évidemment balayer toute l'actualité avec vous.
00:34C'est toujours passionnant de vous écouter esprit libre, François-Olivier Gisbert.
00:39On va commencer bien sûr avec l'actualité qui nous intéresse aujourd'hui, le pape Léon XIV qui arrive en
00:44France.
00:44Il va atterrir à Orly à 10h.
00:47Il a décollé il y a quelques instants de l'aéroport de Rome.
00:51Il va être accueilli par Emmanuel Macron.
00:53Pendant quatre jours, la France va suivre et vivre cette visite papale historique.
00:58Vous diriez que la France renoue avec ses racines chrétiennes qu'elle peut avoir tendance parfois à oublier ?
01:03Oui, tout à fait.
01:04D'ailleurs, c'est une allégorie de ce qui se passe en France.
01:08C'est-à-dire que rien n'est jamais écrit.
01:10La messe n'est pas dite, si je peux me permettre.
01:12C'est l'idée que tout est fini.
01:13La France est par terre, c'est fini.
01:15Mais non, c'est jamais fini.
01:16D'ailleurs, le christianisme en France, il n'est pas dans un très bon état.
01:22On parle de déchristianisation.
01:24Le philosophe historien Marcel Gaucher parlait, souvenez-vous, du désenchantement du monde au siècle précédent.
01:30Et c'est vrai qu'on est là-dedans.
01:31Mais il suffit que le pape vienne.
01:34Une petite étincelle, il se passe quelque chose, vent d'espérance, ferveur, etc.
01:38C'est intéressant.
01:39Moi, j'étais dans le métro hier.
01:40C'était bondé, plein dé de gens qui venaient de partout dans le monde pour voir le pape.
01:46On avait l'impression que c'était le métro à 6 heures du soir, les uns sur les autres.
01:51Et c'était pour le pape.
01:52Tout ça, c'était pour le pape.
01:53Il ne parlait que du pape.
01:55Donc, je pense qu'en fait, il faut cesser ce discours qu'on entend régulièrement.
02:04Le déclin.
02:04Oui, le déclin.
02:05Moi, je suis un des premiers à la Vardy avec d'autres, beaucoup d'autres, comme Nicolas Bavray, etc.
02:10Évidemment, il y a un déclin français.
02:11Il suffit de regarder les chiffres.
02:12Mais ce n'est pas pour autant fini.
02:16Je pense que l'histoire de France, elle est faite de sursauts.
02:18Et c'est ce qu'on voit aujourd'hui avec l'Église.
02:21Emmanuel Macron n'assistera pas à la messe sur les Champs-Elysées.
02:24Erreur.
02:25Qu'est-ce que vous en dites, vous ?
02:26Oh non, ce n'est pas une erreur.
02:27Moi, je suis tout à fait pour la laïcité.
02:30Vous savez, la laïcité, il ne faut jamais l'oublier, il faut le dire.
02:32Il aurait pu y assister, comme on le faisait, sans communier.
02:36Bien sûr.
02:36Mais la laïcité, il ne faut jamais oublier qu'elle est d'origine chrétienne.
02:42« Rendez à César ce qui était César et à Dieu ce qui est à Dieu ».
02:46Ça, c'est la phrase de Jésus-Christ.
02:49C'est dans les Évangiles selon saint Matthieu, saint Marc, saint Luc, etc.
02:54C'est une phrase très importante.
02:55Ça veut dire qu'il y a le pouvoir politique d'un côté
02:58et le pouvoir intemporel, le domaine immatériel de l'autre,
03:02et que ce n'est pas la même chose.
03:04C'est très particulier à la religion catholique, ça, au christianisme.
03:08Vous n'avez pas ça dans l'islam, par exemple.
03:10Les deux sont mélangés à travers la charia, etc.
03:12Donc, c'est très intéressant.
03:14Et je trouve, moi, qui décide de ne pas...
03:17Il aurait décidé d'y aller, moi, j'aurais trouvé ça très bien.
03:20Il décide de ne pas y aller, je trouve ça très bien aussi.
03:23Après, il y a peut-être un petit côté vengeance,
03:26puisque lui, il rêvait de la visite d'État,
03:28peut-être même, je ne sais pas quoi, un grand dîner à l'Élysée
03:31pour sa salle des fêtes.
03:33Non, non, je sais, mais on voit bien,
03:34il voulait, vous voyez, ou le balader Notre-Dame
03:37avec les télés, tout ça,
03:39faire un peu comme il avait fait avec Donald Trump.
03:41Et je pense qu'il voulait ça.
03:43Et le pape n'a pas voulu,
03:44parce qu'il voulait faire une visite pontificale.
03:47Mais c'est très bien.
03:48Et puis, je pense que ça efface aussi
03:50ce qui s'est passé avec le pape précédent,
03:53François, qui n'aimait pas la France.
03:54Je ne sais pas pour quelle raison.
03:55Il y avait plein de raisons.
03:56Il nous voyait comme un pays d'enfants gâtés.
03:58Oui, mais enfin, bon,
04:00il n'a pas été très élégant avec nous.
04:03Le thème de la visite du pape,
04:04c'est pour que le monde ait la vie,
04:06pour que le monde ait la vie.
04:07Le message est clair.
04:08Il s'oppose à ce que les députés français ont voté.
04:11Sur insistance d'Emmanuel Macron, d'ailleurs,
04:12à savoir l'euthanasie et le suicide assisté.
04:15Léon XIV va devoir rappeler le message de l'Église.
04:18Un homme ne tue pas son prochain.
04:21Oui, évidemment.
04:22Puis, il est là pour ça.
04:23Il est là pour répéter ça, ce message.
04:25Après, bon, la vie passe, les lois passent.
04:28Moi, je fais partie de ceux qui trouvent cette loi,
04:31je trouve que c'était une mauvaise loi.
04:33Bon, ça n'a pas fait le scandale qu'il s'aurait pu faire.
04:36C'est vrai qu'il y avait la loi Léonetti
04:38qui fonctionnait très bien auparavant.
04:40Je n'ai pas compris pourquoi il fallait qu'il y ait une nouvelle loi
04:43et qui, en fait, facilite un peu, disons, effectivement, l'euthanasie.
04:48Vous avez suivi la visite de Jean-Paul II en 1980.
04:52Oui, oui.
04:53Celle de Benoît XVI en 2008.
04:56Ah oui, alors, j'avais même été l'écouter au Bernardin.
04:58C'était incroyable parce que c'était un discours de prof d'université
05:01absolument génial, d'ailleurs.
05:02J'avais pris des notes.
05:04On avait l'impression qu'on était en cours
05:06parce que c'était un grand intellectuel.
05:07Ce pape-là, d'ailleurs, ses livres étaient excellents, Benoît XVI.
05:10J'ai conseil.
05:11Benoît XVI accueilli par Nicolas Sarkozy en 2008.
05:14Et Jean-Paul II, c'était inouïe, quoi.
05:16C'était, enfin, un truc de fou, quoi.
05:20C'est-à-dire ?
05:21Eh bien, une espèce de ferveur des manches.
05:24J'espère que ce pape arrivera à faire ça,
05:25mais il y avait quelque chose de particulier.
05:27Il y avait un charisme chez Jean-Paul II.
05:30D'ailleurs, Nicolas Sarkozy, qui sera l'invité de Pascal Praud,
05:32à 9h.
05:33Qu'est-ce qui a changé, sur le fond, depuis ?
05:38Depuis, la déchristianisation continue à aller son train en France.
05:42On voit bien les églises et tout.
05:44Mais il y a des petits moments de ferveur.
05:45Ça reprend.
05:46J'étais frappé, par exemple,
05:48ce n'était pas le pacte de cette année,
05:50mais les pactes de l'année précédente.
05:52Je ne sais pas si vous vous souvenez, 2025.
05:54Brusquement, les églises étaient pleines.
05:57Noël aussi.
05:58Il y a des moments comme ça,
05:59on a le sentiment que les Français reviennent un peu.
06:02Enfin, bon, on est encore loin du compte.
06:03Oui.
06:04On va parler du...
06:05Mais c'est pour dire, rien n'est jamais fini.
06:07C'est pas...
06:08Ah, mais il y a plus, on a vu d'autres.
06:09Non, non, mais surtout les médias.
06:12Les médias, c'est toujours mieux de prendre le contre-pied.
06:14Pour une entretenue simple,
06:15les médias font toujours comme si le présent allait continuer.
06:19C'est-à-dire que l'avenir, c'est la continuation du présent.
06:22Eh bien non, il y a sans arrêt des ruptures.
06:24Et puis, il y a des sursauts.
06:26Les choses ne sont pas écrites, ne sont jamais écrites.
06:29D'ailleurs, c'est vrai pour l'élection présidentielle aussi.
06:31Oui.
06:31Dans l'actualité également, les prix des carburants.
06:34Emmanuel Macron était hier soir à la télévision.
06:36Il ne veut pas baisser les taxes sur le carburant.
06:38Il préfère jouer sur les prix en sécurisant l'approvisionnement de la France en essence.
06:44C'est la bonne stratégie ?
06:46Oui, a priori.
06:48Mais enfin, il y a quand même quelque chose à revoir globalement sur les taxes par rapport aux autres pays.
06:53C'est une situation totalement anormale.
06:56Enfin, c'est très difficile de faire quelques réformes que ce soit dans la période actuelle.
07:00Ça, c'est clair.
07:01Mais c'est sûr aussi qu'il faudra quand même que quelqu'un s'occupe aussi de l'économie.
07:06Parce que ce qui est très étonnant hier, c'est qu'il a peu parlé d'économie.
07:09La vraie économie, c'est-à-dire...
07:11Moi, je suis désolé, on va dire que je suis obsédé.
07:13La dette.
07:14Je regarde régulièrement l'horloge de la dette publique.
07:16C'est un site tout à fait intéressant.
07:18Vous savez qu'il y a quelques minutes, on a passé les 3600 milliards de dettes.
07:24Les 3600 milliards de dettes.
07:25Alors, on dit...
07:27Il a endetté la France de 1000 milliards.
07:29Non, non, il n'a pas endetté la France de 1000 milliards.
07:31Il a endetté la France de 1200 ou de 1300 milliards.
07:33Il est le président de la République qui a le plus endetté la France.
07:36Bon.
07:37Et tout ça, ce n'est pas lui, évidemment, directement.
07:40On sait très bien.
07:41Les comptes publics sont maquillés.
07:43Il y a une sorte de fraude.
07:45Maintenant, on commence à comprendre.
07:46C'est caché.
07:47C'est des angles morts.
07:48Parce qu'on ne doit pas voir.
07:49On ne doit pas savoir que, par exemple, les retraites,
07:52notamment celles des fonctionnaires, ça coûte cher parce que l'État abonde.
07:55Et tout ça, pour payer ses retraites, il emprunte.
07:57Il emprunte.
07:58Et donc, la dette monte.
08:00Et on va quand même vers un phénomène.
08:02Je trouve qu'il faut le répéter aux Français.
08:04C'est pour ça qu'on ne peut pas continuer cette politique idiote
08:08qui consiste à massacrer tout.
08:10Les entreprises, les prélèvements obligatoires qui ne cessent d'augmenter.
08:13Ça va continuer encore dans ce nouveau budget.
08:15Il faut essayer de créer une espèce de choc de croissance à un moment donné.
08:19Parce que, sachez bien qu'en 2030, il faudra payer 124 milliards.
08:23En principe, 124 milliards par an.
08:25Le plus grand poste budgétaire pour la charge de la dette.
08:30Simplement les intérêts de la dette.
08:32Ce n'est pas la dette qu'on rembourse.
08:33Ce sont les intérêts.
08:34Si on ne fait pas ça, c'est la faillite.
08:36C'est la banqueroute.
08:37On ne peut pas ne pas les payer.
08:39Donc, tout ça, il faut se préparer à ça.
08:41Il y a besoin, justement, d'une autre politique.
08:43Et cette autre politique, si on arrête avec la politique d'Emmanuel Macron depuis le début,
08:49c'est-à-dire des déficits budgétaires déments, là encore 5 %, peut-être encore davantage.
08:55Tout ça, il faut en finir.
08:58Il faut gérer la France sérieusement, comme elle a été gérée au temps du général de Gaulle,
09:04quand on avait des croissances à 5, 6 et même 8 % en 1962.
09:09Croissance de 8 %, on le peut, simplement.
09:11Pour ça, il ne faut pas de déficit budgétaire ou réduire le maximum le déficit budgétaire.
09:16De prendre aux entreprises pour nourrir l'orgue de l'État ?
09:19Bien sûr, bien sûr, 57 % de dépenses publiques.
09:22Et alors, attendez, là, il se fout du monde.
09:24Je suis désolé, enfin, toute révérence gardée.
09:27Il se fout du monde, le président de la République, quand il nous explique que c'est le quoi qu
09:29'il en coûte,
09:30il était pour le quoi qu'il en coûte.
09:31Mais évidemment, tout le monde est pour le quoi qu'il en coûte.
09:33L'État, il est là pour aider les Français quand ils sont dans la difficulté,
09:36notamment au moment du Covid, c'était très bien.
09:37Mais le quoi qu'il en coûte, si vous regardez, vous l'avez eu aussi en Allemagne.
09:41Vous l'avez eu dans plein de pays.
09:42Et qu'est-ce qui se passait l'année suivante ?
09:43Eh bien, redescendez.
09:45C'est-à-dire que les dépenses publiques en Allemagne, elles ont rebaissé l'année suivante.
09:49Nous, non, ça a continué, ça continue toujours.
09:51C'est-à-dire que ça ne s'arrête jamais.
09:52François-Olivier Gisbert, les Français sont prêts à entendre ça ?
09:56On ne va plus pouvoir appliquer la politique du chéquier,
09:59on ne va plus pouvoir aider à tout va dès qu'il y a une crise.
10:02On va changer totalement de logiciel et de façon d'aborder.
10:04Les Français, ce n'est pas le problème de savoir s'ils sont prêts ou pas.
10:07De toute façon, ça se passera comme ça.
10:09C'est-à-dire, à un moment donné, si les Français ne veulent pas,
10:12ça se passera comme ça s'est passé en Grèce.
10:14C'est le FMI et puis la Banque Centrale Européenne qui sifflent la fin de la récréation.
10:18Mais malheur à celui qui va dire ça.
10:21Malheur à celui, mais il y en a qui sont un peu plus sérieux que les autres.
10:24Moi, j'ai trouvé que, par exemple, ce qu'a dit Bruno Retailleau à propos des retraites,
10:28c'est courageux, c'est bien.
10:29Enfin, vous commencez à avancer.
10:31Âge de départ minimum à 63 ans et taux plein à 65.
10:33Voilà, mais je pense qu'il faut commencer à travailler là-dessus.
10:38Vous savez, la campagne présidentielle n'a pas commencé.
10:40Pour l'instant, les lièvres se sont lancées.
10:41On attend maintenant les tortues.
10:43Souvent, c'est les tortues qui gagnent.
10:45Sébastien Lecornu.
10:46Donc, le Premier ministre fait tout pour éviter la censure avec le budget.
10:49Parce qu'il va falloir un budget.
10:50Le Premier ministre qui invite ses soutiens à travailler avec ceux
10:53qui ne partagent pas toutes leurs convictions pour bâtir un compromis sur le budget.
10:57On a l'impression qu'on a entendu ça plusieurs fois.
10:59C'est un jeu d'équilibré précaire.
11:01Il va y arriver, selon vous, ou pas ?
11:02On va avoir un budget ?
11:04Écoutez, c'est...
11:10A priori, oui.
11:11Parce que je pense que personne n'a...
11:12Vous alliez dire quoi ? On s'en fiche ?
11:14Non, parce que ça va être un budget aussi minable que le budget de l'année dernière.
11:19C'est un budget honteux.
11:21Ce n'est pas comme ça qu'on va s'en sortir.
11:23Ce n'est pas comme ça qu'on pourra payer les 124 milliards de charges de la dette en 2013.
11:28Ça va permettre de tenir jusqu'à la présidentielle.
11:30Oui, mais on ne peut pas continuer comme ça très longtemps.
11:32On s'enfonce avec ce type de politique.
11:34Vous savez ce qui est très intéressant ?
11:35Quand on regarde, on comprend un peu d'autre.
11:37La France, en 2017, quand Emmanuel Macron arrive au pouvoir, elle est en première division sur le plan économique.
11:44C'est-à-dire, elle peut tutoyer, même s'il est légèrement en dessous, du point de vue des résultats
11:50économiques.
11:51Elle peut tutoyer, évidemment, l'Allemagne, les Pays-Bas, etc., qui sont un peu les champions.
11:56Enfin, les Pays-Bas, c'est tout petit, mais c'est comme ça.
12:01Et en quelques années, nous sommes passés en deuxième division.
12:06On est dessous, il n'y a pas de problème, on a été relégués.
12:09Deuxième division aujourd'hui, c'est-à-dire les autres sont en haut, l'Allemagne encore, même si l'Allemagne
12:13a énormément de problèmes.
12:14Merci, madame Merkel.
12:16C'est clair que nous, on est dessous, très en dessous avec les pays du Sud, c'est-à-dire
12:23l'Italie, l'Italie qui remonte, la pente, elle revient de loin, l'Espagne, etc., le Portugal.
12:30Je constate qu'aujourd'hui, nous sommes en bas de la deuxième division, c'est-à-dire on va être
12:35relayés, on va passer en troisième division.
12:36Si vous avez, regardez hier, par exemple, les taux sur 10 ans, c'est intéressant les taux pour la dette,
12:42sur 10 ans.
12:43C'est très intéressant parce que vous voyez que la France, elle arrive en numéro un, c'est-à-dire
12:47que les investisseurs ont moins confiance dans la dette.
12:52On est à 4-6-9, vers hier soir, c'est-à-dire on est les premiers devant l'Italie,
12:58la Grèce, l'Espagne, etc.
13:00Les premiers dans quelque chose, enfin, c'est pas bien d'être les premiers dans la liste des pays qui
13:04n'inspirent pas confiance.
13:06Voilà, ça c'est un énorme problème.
13:10Et c'est pour ça qu'il faut faire aussi, comme je parlais tout à l'heure, choc de croissance,
13:14il faut faire aussi un choc de compétences, de sérieux, d'arrêter de tricher même sur les comptes, les comptes
13:21publics.
13:21Enfin, qui sont complètement... C'est une liste de mensonges.
13:24On fait tout pour que les Français ne s'y retrouvent pas, que même...
13:27Enfin, à un moment donné, il faut faire aussi un choc de vérité.
13:32François-Olivier Gisbert, François Fillon a dit qu'Emmanuel Macron avait beaucoup abîmé la France.
13:36Vous diriez la même chose ?
13:37Oui, tout à fait. Moi, j'ai déjà écrit, c'est clair.
13:39Il a abîmé parce qu'en fait, il a des qualités.
13:43Quand on l'entend hier, moi, j'ai eu par exemple son discours sur la Russie, il a raison.
13:48Je veux dire, je ne suis pas un anti-macroniste trénétique.
13:51Mais je pense qu'il a pas...
13:55C'est très étrange, d'ailleurs, de la part de quelqu'un qu'on présentait comme le Mozart de la
13:58finance,
13:59mais il a sous-estimé l'économie.
14:02Il ne s'est pas intéressé à l'économie.
14:04Et l'économie s'est vengée.
14:06Je veux dire, aujourd'hui, l'économie se venge sur la France.
14:10Et évidemment, la France est abîmée.
14:12Parce que quand vous...
14:13La politique, c'est toujours un édifice.
14:15Vous voyez, il y a plein de choses qui vont ensemble.
14:18Et on voit très bien, tout s'affaisse en même temps.
14:21Les finances publiques, l'éducation nationale, l'autorité.
14:26La France est championne du monde des refus d'obtempérer.
14:30Non, mais c'est des trucs de malades mentaux.
14:31C'est-à-dire, à quoi sert la police ?
14:32Si elle ne peut pas arrêter les gens, s'ils sifflent, personne ne s'arrête.
14:36Il y a quelque chose qui cloche complètement dans le pays.
14:38Et en fait, c'est ça qui est extraordinaire, c'est qu'ils s'en fous.
14:41Et c'est ça.
14:42Moi, je vois ça.
14:44Il ne répond pas, d'ailleurs, aux questions ou aux problèmes.
14:47Là, il vient parler de la Russie.
14:50Il a raison, c'est très bien.
14:52Moi, je n'ai rien à redire là-dessus.
14:53Et puis, il parle de sujets sur lesquels...
14:56Qui sont parfois intéressants, pas toujours.
14:58Mais il ne parle pas des vrais sujets.
14:59Les vrais sujets, c'est qu'est-ce qu'on fait ?
15:02Vous voyez ?
15:02Il ne fait pas de pédagogie aussi.
15:04Un président de la République, c'est fait pour faire de la pédagogie.
15:07Même Mitterrand, qui ne touchait pas sa bille en économie,
15:09de temps en temps, quand ça allait très mal,
15:12qu'il avait mis l'économie par terre avec son projet économique.
15:16Non, non, mais attendez.
15:17Qui a parlé de la retraite à 60 ans.
15:20En disant, oui, oui, ce n'est pas financé,
15:22mais ça sera financé par mes...
15:24Oui, enfin, on va voir.
15:25Oui, enfin, là-dessus, il était prudent.
15:26Mais quand même, par moment, il disait, voilà ce qu'il faut faire.
15:30Voilà.
15:31Par exemple, je vous souviens, sur la rigueur, par exemple,
15:34à un moment donné, quand il y a le tournant de la rigueur en 1983,
15:37il parle, il dit des choses que je n'ai jamais entendues
15:39dans la bouche de Macron.
15:40Même s'il ne prononce pas le mot rigueur, il y a des choses...
15:42Et je ne dis pas qu'il faut de la rigueur, d'ailleurs, c'est très...
15:44Vous voyez, si on fait juste de la rigueur ou de l'austérité,
15:48comme diront tous les imbéciles, quand on réduira les dépenses publiques,
15:52ce n'est pas ça le sujet.
15:54Le sujet, c'est qu'il faut, comment dire, expliquer aux Français où on va.
15:59Et c'est clair que ce n'est pas en serrant indéfiniment la ceinture
16:02qu'on s'en sortira.
16:03Il faut, au contraire, faire ce que j'appelais tout à l'heure
16:06l'espèce de choc de croissance à un moment donné.
16:09Et vous savez comment on le fait ?
16:11En baissant les prélèvements obligatoires.
16:12Et pour baisser les prélèvements obligatoires,
16:14il faut baisser les dépenses publiques.
16:15Il faut avoir le courage.
16:16À un moment donné, quelqu'un qui dit...
16:17Ils prennent la tronçonneuse ou autre chose
16:19et qui dit, voilà, on va baisser les dépenses publiques.
16:22Oui, mais ce n'est pas seulement ça.
16:23Vous savez très bien, c'est toutes les aides dans tous les sens,
16:26les maquis.
16:27Regardez, enfin, le truc de baisser les salaires des ministres,
16:31moi, je vois bien.
16:32Mais il faudrait aussi peut-être supprimer tous ces comités bidules,
16:36ridicules, qui ne servent à rien, toutes ces agences.
16:39Enfin, c'est monstrueux, cette espèce de maquis d'agences
16:44qui ne servent absolument à rien.
16:45François-Olivier Gisbert avec nous ce matin sur CNews et sur Europe 1.
16:50Je ne serai peut-être plus maire dans quelques jours,
16:53car j'ai pris une décision de bon sens.
16:55C'est ce qu'a déclaré hier matin Robert Ménard,
16:58qui était assis à votre place, interrogé par Laurence Ferrari.
17:01Pourquoi ? Parce que le maire de Béziers va être jugé
17:03pour avoir refusé en juillet 2023 de marier une Française
17:07avec un Algérien sous au QTF.
17:09Quel message vous lui adressez ce matin, François-Olivier Gisbert ?
17:13Robert Ménard.
17:14Tiens bon, parce que c'est toi qui as la vérité,
17:17tous les Français sont avec toi, c'est évident.
17:21Cet système est totalement absurde,
17:23c'est-à-dire qu'on incite les maires à ne pas respecter la loi.
17:27Toi, au moins, tu es courageux, tu respectes la loi.
17:30Je suis avec toi comme, je pense, une immense majorité française.
17:33À sa place, vous auriez fait la même chose.
17:35Oui, c'est-à-dire que...
17:36Attendez, on voit le gros problème de la France aujourd'hui.
17:42Il n'y a plus de valeur.
17:44Ça ne rime plus à rien.
17:46Vous voyez ce que je veux dire ?
17:46C'est une sorte de juridisme qui tourne à vide
17:49parce que le vrai sujet, c'est quoi ?
17:51C'est que ça ne peut pas continuer comme ça.
17:53C'est-à-dire, il y a une loi.
17:57Les maires doivent appliquer la loi
17:58et pas faire ce qu'il faut pour faire plaisir,
18:01je ne sais pas quoi,
18:05à la haute cour de justice de l'Europe
18:06ou au Conseil constitutionnel, etc.
18:09Ce n'est pas ça le sujet.
18:10Il y a des lois.
18:12On respecte les lois.
18:14France-Olivier Gisbert,
18:15je voulais vous entendre également sur France Inter.
18:17Oui.
18:18Éviction de Charles Sapin.
18:20Après cela, c'est au tour de Pascal Praud
18:21d'être ciblé par France Inter.
18:23Patrick Cohen, dans son éditorial sur France Inter,
18:25mercredi matin,
18:26a demandé la fermeture de CNews.
18:29Qu'est-ce que vous en pensez ?
18:30Est-ce que ça vous choque ?
18:31Est-ce que la direction de Radio France
18:33est complice de Patrick Cohen ?
18:35Comment vous voyez les choses ?
18:36Écoutez, moi,
18:39ça montre le climat dans lequel nous entrons,
18:41qui est un climat absurde, de haine.
18:44C'est des choses qu'on n'entendait pas
18:45il y a 30, 40, 50 ans.
18:48Aujourd'hui, il y a des gens,
18:49un peu partout, dans tous les sens,
18:51qui disent qu'il faut interdire ceci,
18:52il faut interdire cela, etc.
18:54L'ARCOM qui parfois s'en mêle.
18:55Enfin, vous voyez très bien,
18:57on est rentré dans une période d'intolérance.
18:59Et ce sont des journalistes
19:00qui croient que cette radio leur appartient ?
19:04Oui, mais je dirais plus grave que ça.
19:07Ils ne veulent pas d'autres.
19:09Ils ne veulent pas d'autres sons de cloche.
19:11Or, je ne sais pas,
19:11moi, j'ai vécu toute ma vie
19:12avec des sons de cloche différents,
19:14en écoutant un peu.
19:15C'est notre métier,
19:16les uns, les autres,
19:18en lisant un peu toute la presse,
19:19de droite, de gauche.
19:20Enfin, voilà, c'était ça.
19:22Et aujourd'hui, c'est plus au niveau
19:24peut-être des médias,
19:25des grands médias,
19:26que ça se répartit.
19:28Oui, la gauche et la droite,
19:30mais bon, c'est normal.
19:31Et moi, je vais vous dire,
19:33tout a été dit par Hippolyte Thène,
19:36grand philosophe historien,
19:39n'ayez d'intolérance
19:40que vis-à-vis de l'intolérance.
19:42On n'en peut plus de cette intolérance.
19:45Et je veux dire, c'est de la folie.
19:47Ces gens sont fous.
19:49C'est-à-dire qu'on a envie
19:50d'entendre des paroles différentes.
19:53Les Français, je crois qu'il faut se mettre
19:54à la place des Français.
19:56C'est-à-dire qu'on va régler les problèmes
19:57en fermant des radios.
19:59Non, mais il faut être taré
20:00pour croire ça.
20:02Surtout quand on est journaliste.
20:03Alors là, je veux dire,
20:04il y a un problème.
20:05N'ayez de l'intolérance
20:06que vis-à-vis de l'intolérance.
20:07On va garder ça en tête.
20:08Merci beaucoup,
20:09François-Livier Gisbert.
20:10Le voyage dans la France d'avant
20:13aux éditions Gallimard
20:14et la France est-elle un pays communiste
20:16aux éditions Plon.
20:17Merci.
20:17Voilà vos livres.
20:18Merci beaucoup, François-Livier.
20:20Merci, Romain.
20:21Sous-titrage Société Radio-Canada
20:22Sous-titrage Société Radio-Canada