00:00Je fais une petite parenthèse, si vous vous permettez.
00:02Merci en tout cas de me faire ces gentils mots,
00:05parce que lorsque j'entends sur RMC, tous les matins, sous des rires éclatants,
00:10se moquer de mon accent, mon accent antillais,
00:15voilà, ça fait rire une fois, mais ça serait par exemple Europe 1
00:19qui se moquerait de l'accent antillais, l'accent noir de notre présentateur,
00:24je pense que ça aurait été sanctionné par l'ARCOM,
00:27donc je dénonce sur RMC tous les matins les moqueries qui sont faites à mon égard
00:32et à propos de mon accent et de ma façon de m'exprimer.
00:35Je suis antillaise, je suis française, je suis noire avec un accent de noir
00:39et je m'aime comme je suis.
00:41Jean, je vous écoute à propos de Quentin Delors.
00:43Il est magnifique cet accent, en tout cas.
00:45Je vous épouse.
00:46J'écoute que l'émission et je trouve qu'il y a en ce moment
00:51une petite musique permanente d'essentialisation, de stigmatisation de toute parole
00:59qui ne serait pas favorable à ce que nous voyons tous à la télé,
01:08c'est-à-dire des mouvements qui sont graves et dont on a envie de parler.
01:13Et donc, dès que l'on parle de ces choses avec nos mots,
01:17eh bien, on est catalogué tout de suite comme fasciste
01:21ou avec une étiquette infamante.
01:23Et malheureusement, on ne peut plus débattre
01:26parce que cette étiquette, une fois collée,
01:28eh bien, ça donne le droit de nous considérer,
01:32la personne qui a ces petits deux propos,
01:34de la considérer comme non-humain
01:35et d'aboutir à ce qui est réglé à Quentin.
01:37Non-humain, ça incite à la haine, ça incite à la violence.
01:39Exactement.