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Le député UDR de l'Hérault Charles Alloncle et auteur du livre «Je jure de dire toute la vérité» aux éditions Fayard était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Charles Lalongle.
00:04Bonjour à vous, bienvenue sur nos antennes, député UDR, auteur de ce livre.
00:08Je jure de dire toute la vérité aux éditions Fayard.
00:12On va évoquer ce livre qui raconte les coulisses de la tumultueuse commission d'enquête sur l'audiovisuel public
00:17dont vous étiez le rapporteur du 12 novembre 2025 au 27 avril 2026.
00:21Ce que vous racontez est absolument hallucinant et je pense que les gens qui liront ce livre vont apprendre beaucoup
00:26de choses.
00:27Avant cela, si vous le permettez, deux questions d'actualité.
00:29Aujourd'hui, c'est une journée de mobilisation pour les fonctionnaires, le pouvoir d'achat, les revalorisations salariales.
00:35L'union syndicale lycée, elle, appelle aussi à des mouvements dans les lycées.
00:39Hier, il y a eu beaucoup de heurts, 164 interpellations.
00:42Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez, estime que les dirigeants politiques de la France insoumise sont des irresponsables.
00:48Est-ce que vous partagez ce constat de Laurent Nouniez ?
00:50Pour la première fois, j'ai l'impression que Laurent Nouniez dit le réel.
00:53Effectivement, les cadres de la France insoumise, y compris des maires, sont tout bonnement des factieux.
00:59Ils sont fiers de l'être, sont des sédicieux.
01:01Et on a l'impression que c'est un parti qui se nourrit du chaos, de la violence, à tous
01:05les étages de la société.
01:06Ce qui était encore plus préoccupant.
01:08Jean-Luc Macron demande à ses élus de s'interposer, donc pas de créer les troubles.
01:12Ils s'interposent tellement qu'on a pu voir, par exemple, le maire de Saint-Denis jeter une poubelle en
01:17feu, je crois, hier sur les réseaux sociaux.
01:19Il a expliqué qu'il avait tenté d'éteindre l'incendie.
01:21Il avait tenté d'éteindre l'incendie, il a été porté par des lycéens juste après.
01:27Et il faut quand même aussi imaginer des proviseurs, des professeurs, des surveillants,
01:31qui parfois d'ailleurs sont les premières victimes de ces débordements,
01:34qui n'attendent qu'une chose de la part de leur maire,
01:37qui est dépositaire d'une certaine façon de l'autorité publique,
01:40qui est aussi dépositaire d'un certain nombre de mandats, notamment de police judiciaire,
01:44et de voir ce maire aller haranguer la foule, d'aller au milieu de ces manifestants
01:51pour les enjoindre à une forme de radicalité, je trouve que c'est assez terrifiant.
01:56C'est une jeunesse qui parfois perd le sens de l'autorité.
02:00On a vu les images sur les réseaux sociaux, ils jettent de l'huile sur le feu,
02:05parmi aussi une jeunesse qui a besoin de davantage de repères,
02:09qui a besoin aussi de davantage d'autorité, pas forcément non plus de plus d'argent
02:13dans l'éducation nationale, dans ces quartiers qui en ont déjà beaucoup.
02:16Donc je crois que tout ça, le positionnement de la France insoumise,
02:19est profondément irresponsable.
02:21Il joue une carte électorale, il est temps que le ministre de l'Intérieur
02:24rappelle aussi les fondements de l'autorité.
02:26Il parle, Laurent Nouniès, de fermeté.
02:28Est-ce que cette fermeté que revendique le ministre de l'Intérieur
02:31se concrétise dans les faits lorsque les prévenus,
02:34en tout cas les 164 interpellés, se retrouveront ou pas devant la justice ?
02:38En tout cas, on verra les conséquences.
02:39Je pense qu'il faut que l'État soit absolument implacable.
02:42On a derrière des lycéens qui ne demandent qu'une chose, c'est étudier.
02:45On a des professeurs qui veulent aussi que leurs enfants puissent s'émanciper.
02:49On a des citoyens qui attendent autre chose de la part de leurs élus et de leur mère
02:53que ce triste spectacle qui est exposé sur les réseaux sociaux
02:56et qui est là aussi pour faire des clics, faire des vues.
02:59Et je trouve ça passablement désagréable.
03:01Donc j'espère que l'État, pour une fois, saura faire entendre
03:04ce message de fermeté et d'autorité qu'on n'entend plus depuis malheureusement beaucoup d'années.
03:08Il y a une vraie demande, encore une fois, de ce service public de l'Éducation nationale
03:12d'avoir plus de moyens.
03:14Les moyens sont pourtant alloués, mais vont-ils au bon endroit ?
03:16C'est la question aussi qu'on se posera sur l'audiovisuel public.
03:18Il y a des moyens considérables.
03:19Peut-être ne sont-ils pas déployés au bon endroit ?
03:21Je pense que l'argument de la gauche qui nous explique que tout doit passer par le débat des moyens
03:26est un sujet qui est totalement inopérant.
03:29On voit que l'Éducation nationale, on voit qu'une forme de jeunesse
03:31manque simplement de repères, manque d'autorité, manque de figures tutélaires,
03:35notamment leurs maires, notamment leurs élus, notamment leurs professeurs
03:38qui parfois sont dépossédés.
03:40Et c'est aussi pour ça que le jeu très dangereux auquel s'immisce et joue la France insoumise en
03:44ce moment
03:44est passablement, je crois, sape bien des fondements, bien des promesses de la République.
03:49Donc il est temps que tout le monde reprenne un peu ses esprits
03:52et que les jeunes rentrent dans leur classe pour étudier.
03:55Charles Aloncle, député UDR, on est sur CNews et Europe 1.
03:58Autre fait d'actualité, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella,
04:01s'est vigoureusement défendu hier sur notre antenne
04:04d'avoir écrit des propos antisémites lorsqu'il avait 17 ans,
04:08des faux grossiers, dit-il.
04:09C'est Mediapart qui fait ses pseudo-révélations,
04:12propos antisémites, conspirationnistes qui auraient été écrits dans un cadre privé.
04:16Il annonce porter plainte en diffamation.
04:18Vous-même avez subi des attaques violentes.
04:20Est-ce que vous vous attendiez à ce type d'attaques pendant la campagne 2027 ?
04:26Oui, très honnêtement, je m'y attendais.
04:27Et ça a l'air d'être aussi grotesque d'ailleurs que délirant.
04:31Jordan Bardella s'est parfaitement expliqué.
04:32Il dément l'intégralité de ses propos.
04:34Il a demandé d'ailleurs à son avocat de porter plainte.
04:36Et je pense très sincèrement que l'extrême-gauche et ses officines,
04:40dans des grands moments électoraux,
04:42entendent à chaque fois confisquer la démocratie.
04:44Ce qu'il faut rappeler aussi, c'est que Mediapart a été fondé par une personne,
04:47Edouard Plenail, qui en 1972 avait soutenu, défendu des attentats ignobles
04:52contre des athlètes israéliens.
04:54Donc il faut aussi voir d'où viennent ce type d'accusations.
04:58Donc je crois que ces officines-là n'ont strictement aucune leçon à donner
05:02à un dirigeant politique qui, jusque-là, s'est montré un grand ami d'Israël.
05:08Il y a quelques mois a été reçu par des dirigeants israéliens dans ce pays.
05:14Il y a toujours eu des mots absolument impeccables à l'égard de cette communauté.
05:18Donc vous voyez, je pense qu'à mesure qu'on se rapprochera de cette échéance importante,
05:23à mesure aussi que les sondages porteront Marine Le Pen à l'Élysée
05:27et Jordan Bardella aussi à Matignon,
05:28il faudra s'attendre à ce type de calomnie.
05:31Et je trouve d'ailleurs que Jordan a été très digne hier.
05:34Et il faudra maintenant que les terrains soient en terrain judiciaire
05:37et que toute la lumière soit faite
05:38parce que ce type d'accusation est absolument odieux.
05:41Charles Lalonde, vous avez parlé d'officine, effectivement,
05:43officine médiatique pour certaines.
05:45Vous en avez fait les frais pendant cette fameuse commission d'enquête
05:49dont vous étiez le rapporteur, je l'ai dit, entre 2025 et 2026.
05:52Ce que vous révélez dans ce livre, je jure de dire toute la vérité,
05:55est proprement hallucinant.
05:56Je lis quelques phrases au tout début du livre.
05:58J'ai reçu mes premières menaces de mort,
06:00vécu mes premières cabales médiatiques d'une médiocrité crasse.
06:04J'ai croisé les pompes du journaliste
06:05qui souvent m'ont expliqué à voix basse que j'avais raison
06:08et qu'il ne fallait rien lâcher.
06:10J'ai rencontré des détenteurs de secrets inavouables.
06:14On m'a demandé de cesser d'utiliser ma ligne téléphonique classique
06:18et de mettre des messages cryptés.
06:21C'est une mafia que vous décrivez.
06:23C'est le fonctionnement d'une mafia.
06:24Très honnêtement, je ne m'y attendais pas.
06:26Peut-être que j'avais un peu de naïveté au démarrage
06:28de ces six mois de commission d'enquête.
06:29Peut-être que je suis venu avec le regard d'un entrepreneur
06:32qui avait peu d'heures de vol politique à son actif.
06:34D'ailleurs, ce livre n'est pas un livre politique,
06:36c'est simplement le récit de quelqu'un
06:38à qui on a confié une mission importante,
06:40celle d'évaluer les politiques publiques,
06:42celle de faire la transparence sur un montant important,
06:434 milliards d'euros d'argent public
06:45pour financer l'audiovisuel public.
06:48Moi, vous savez, en tant qu'entrepreneur,
06:49chaque facture, j'ai dû la justifier.
06:51Chaque dépense, j'ai dû la vérifier.
06:53Chaque contrôle, j'ai dû l'accepter et m'y soumettre.
06:56Et je n'ai pas imaginé un seul instant
06:58qu'en ouvrant une telle mission,
07:00en faisant preuve de cette exigence aussi
07:03de vérification de où va l'argent,
07:04où vont les impôts des Français,
07:06je n'ai pas imaginé un seul instant
07:07toutes les oppositions auxquelles j'allais faire face.
07:10Vous ne vous êtes pas dit pouvoir, argent, média,
07:12ça, c'est un cocktail explosif ?
07:14Je ne pensais pas que les frais de karaoké
07:17sur l'audiovisuel public,
07:18je ne pensais pas que les nuits d'hôtel
07:20aux majestiques de Delphine Arnott,
07:21je ne pensais pas que le salaire d'Élise Lucey
07:23qui fait cash investigation
07:24et qui fait de l'argent privé une affaire publique,
07:26mais qui refuse de faire de son salaire
07:28payé par l'argent public une affaire publique,
07:31je ne pensais pas très honnêtement
07:32que j'allais faire face à une telle opposition.
07:34C'est ce que j'ai raconte dans ce livre.
07:36Beaucoup d'ailleurs de ces oppositions,
07:38beaucoup de ces obstacles
07:39ont été rendus publics pendant ces six mois,
07:41mais il y en a une très grande partie
07:42que j'ai gardée pour moi
07:44parce que je savais très bien
07:45que j'avais une ligne de crête très délicate,
07:47le rapport a été adopté à une seule voix,
07:50donc je ne pouvais pas tout dire,
07:51il a failli ne pas être adopté
07:53jusqu'à la dernière minute de cette commission.
07:55Tous les travaux, toutes les auditions,
07:57toutes les commissions,
07:58tous les comptes rendus auraient pu disparaître
07:59et donc il y a eu un exercice politique
08:02pendant ces six mois.
08:03Une fois que le travail a été abouti,
08:05une fois que le rapport a été publié,
08:06je savais que cet exercice de vérité
08:09pouvait être réalisé
08:10et c'est tout le sens d'ailleurs du livre que j'ai sorti.
08:12Vous avez dans un chapitre qui s'appelle
08:13« Des paroles et des actes »
08:15dressé un bilan chiffré
08:16de ce que la commission a mis au jour.
08:18Envignon, un milliard d'euros d'argent public
08:20est versé chaque année à des producteurs privés
08:22et vous dites que ce n'est pas le problème du budget,
08:24c'est ce qui en est fait de cet argent.
08:26Est-ce que les choses ont changé depuis ou pas ?
08:28Et ce que je dénonce aussi,
08:29c'est cette hypocrisie de la gauche et des macronistes
08:31qui dénonce à longueur de journée
08:32un risque de privatisation.
08:34Mais ils ne sont pas avec moi
08:36pour dénoncer...
08:37Non, ce que je ne demande pas
08:38et j'aimerais simplement un peu de lucidité.
08:40Quand vous avez un peu moins de 3 milliards d'euros
08:42d'argent public et de budget de France Télévisions
08:44chaque année,
08:45que 1 milliard d'euros par an
08:46est attribué à des sociétés de production privées
08:49pour produire des contenus de France Télévisions
08:51alors que France Télévisions est une entreprise
08:53qui dispose de près de 9000 salariés,
08:55la privatisation financière est déjà à l'œuvre.
08:58Donc, vous avez une privatisation économique
09:00qui en plus fait les choux gras
09:01de quelques super producteurs et actionnaires
09:03comme M. Pigasse qui mène une vraie mission politique,
09:07culturelle, idéologique avec l'argent des Français
09:09pour produire des contenus du service public.
09:12Et à côté de ça,
09:13vous avez aussi une privatisation qui est idéologique.
09:16On l'a vu d'ailleurs récemment
09:17avec l'affaire Charles Sapin.
09:18Pendant 6 mois,
09:20le seul fait de poser des questions
09:21sur le respect du pluralisme
09:23m'a valu les pires procès.
09:24J'étais macartiste,
09:25j'étais procureur,
09:27j'étais un agent soi-disant de la privatisation
09:29que je n'ai jamais réclamé.
09:30Mais là, bizarrement,
09:31la façon dont la direction
09:33et les syndicats de Radio France
09:35de respecter le pluralisme,
09:37ça a été dévincer
09:38deux minutes de chronique
09:39sur 160 heures de programmes
09:40qui pouvaient prétendument être de droite.
09:43Ils ont prouvé en un week-end
09:44ce que vous avez mis six mois à prouver,
09:46c'est ça Charles Aloncle ?
09:46Je le déplore malheureusement
09:48parce que ces six mois
09:48de commission d'enquête
09:49ont été faites aussi
09:50pour proposer des recommandations,
09:51pour sauver ces entreprises
09:52qui sont mal en point,
09:53qui sont minées par des gabegies,
09:55des dérives financières,
09:56des conflits d'intérêt,
09:57une absence aussi
09:58de respect total du pluralisme.
10:00Ce qui est le moindre respect
10:02vis-à-vis de l'ensemble des Français
10:03qui financent ce service public.
10:05Donc, vous savez,
10:06je ne me réjouirai jamais
10:07de voir des dirigeants
10:08et des syndicalistes
10:09miner une entreprise publique
10:11comme Radio France.
10:12Je crois qu'il y a 70 recommandations
10:15dans le rapport.
10:15Je crois que les dirigeants
10:17peuvent maintenant un peu
10:18faire preuve d'un sursaut
10:19qui serait quand même salutaire.
10:21Et j'espère que dans un an,
10:22la privatisation sera un mirage.
10:24Mais les signaux aujourd'hui
10:26que nous témoigne
10:26la direction de Radio France,
10:28malheureusement,
10:28nous contraint
10:30à ce type de débat.
10:31Les Français sont néanmoins
10:33attachés
10:33à leur audiovisuel public.
10:3669% ont plutôt
10:37une bonne image.
10:39Après, c'est vrai
10:40qu'un sondage Ipsos-BVA
10:41a saisi,
10:41ils sont un peu circonspects
10:43sur l'information indépendante
10:44et fiable.
10:45Ils sont seulement 52%
10:47à penser
10:47qu'on leur donne
10:49sur ces antennes
10:49une information indépendante
10:50et fiable.
10:50Est-ce qu'il y a un moyen
10:51de sauver l'audiovisuel public ?
10:53Sur la partie du pluralisme,
10:55il y avait une recommandation
10:56que je formulais,
10:57c'était d'en finir
10:58avec des éditorialistes
10:59made in service public,
11:00d'avoir par exemple
11:00un Patrick Cohen
11:01qui matin, midi et soir,
11:02le matin sur France Inter,
11:03le soir sur France 5,
11:05réalise des éditos.
11:06Je pense qu'au contraire,
11:07l'audiovisuel public
11:08dans un paysage
11:09d'archipélisation
11:10où on voit
11:11que les Français
11:11de plus en plus
11:12consomment des contenus
11:13qui les confortent
11:14dans leurs convictions,
11:15qu'il y a la puissance
11:16des algorithmes
11:17sur les réseaux sociaux
11:18qui les enferment
11:19aussi dans une bulle.
11:19Au contraire,
11:20l'audiovisuel public
11:21doit être un espace
11:22où on peut entendre
11:23et confronter
11:24des opinions divergentes.
11:25Donc la recommandation
11:26de je formulais...
11:27C'était il y a 30 ou 40 ans ?
11:28Absolument.
11:28Et la recommandation
11:29de je formulais,
11:30c'était simplement
11:30d'avoir une pluralité
11:32d'éditorialistes
11:33issus de médias
11:34de la presse écrite
11:34qui, par exemple,
11:35le lundi matin,
11:36on pourrait avoir
11:37le Figaro,
11:38le lundi soir,
11:38les Echos,
11:39le mardi matin,
11:40Libération,
11:40le mardi soir,
11:41l'Express.
11:41Je ne vais pas tous
11:42vous les faire,
11:42mais ce serait l'honneur
11:44du service public
11:44de faire entendre
11:45aux Français
11:46des opinions et des idées
11:47qu'ils n'entendent pas
11:48et qu'ils ne lisent pas
11:48parce qu'il y a aussi
11:50ce phénomène
11:50d'archipélisation.
11:51Bon, visiblement,
11:52la direction de Radio France
11:53et les syndicalistes
11:54ont pris un chemin
11:55bien différent
11:55qui, en plus de ça,
11:56est en rupture de la loi.
11:58Le pluralisme
11:58est un objectif
12:00à valeur constitutionnelle,
12:01c'est un fondement
12:02du consentement à l'impôt.
12:03Ils le bafouent allègrement
12:04et ils en sont fiers.
12:05Donc je crois que...
12:06Cette direction a failli ?
12:07Cette direction a failli
12:09et la ministre de la Culture,
12:10on ne l'entend pas.
12:11L'Arcom,
12:11on ne les entend pas.
12:12C'est ce que je révèle d'ailleurs,
12:13c'est ce que je raconte
12:14dans beaucoup de pages
12:16dans ce livre.
12:17Il y a un phénomène
12:18d'irresponsabilité
12:20institutionnalisée.
12:20Enfin, je viens du privé.
12:22On est soumis
12:23en tant qu'entrepreneur
12:24à beaucoup de contrôles
12:25et on s'est soumis
12:26évidemment volontiers.
12:27L'audiovisuel public
12:28n'a jamais eu
12:29de commission d'enquête
12:29sur le sujet.
12:30La Cour des comptes
12:31a attendu 10 ans
12:32pour réaliser un rapport.
12:34Il n'y a pas de règle
12:35de passation de contrats
12:36avec des sociétés
12:37de production,
12:37de marché public
12:38parce que toutes les émissions
12:39sont considérées
12:40comme des œuvres culturelles.
12:42Vous n'avez aucune
12:44comptabilité analytique
12:45qui permet d'analyser
12:46les coûts
12:47de chacun des programmes.
12:49Enfin, tout ça souffre
12:50d'une irresponsabilité totale
12:52et derrière,
12:52vous avez des gabegis.
12:54Derrière, vous avez du copinage,
12:55vous avez du favoritisme
12:56et derrière, en fait,
12:57vous avez des Français
12:58qui doutent de plus en plus
12:59de l'utilisation de leur argent
13:01et des services publics
13:02qu'on leur délivre.
13:03Donc, dans ce climat
13:04de défiance,
13:05il est temps
13:06de faire preuve
13:07de transparence.
13:07Il est temps aussi
13:08de retrouver de l'efficacité
13:09dans la dépense publique.
13:10Vous dites aussi
13:11« J'ai vu un système
13:12se radicaliser,
13:13se défendre,
13:14attaquer et protéger
13:16avec une remarquable énergie
13:17ces avantages
13:18qu'il savait,
13:20qu'il consacrait
13:20beaucoup d'énergie
13:22à tout cela. »
13:23C'est quelque chose
13:23qui est assez évident
13:24que nous vivons aussi
13:26ici sur CNews
13:27et sur Europe 1.
13:27Et ce que j'ai pu explorer,
13:29effectivement,
13:30c'est une forme de...
13:31La réaction de ce...
13:32C'est ce qu'on appelle
13:32un système.
13:33C'est en fait
13:33une société de connivence
13:35où des personnalités
13:36qui n'ont pas forcément
13:37grand rapport
13:38pour le grand public
13:38se liguent du jour au lendemain
13:41pour essayer de contre-attaquer.
13:42Donc, j'ai eu par exemple
13:43le showbiz
13:43qui a commis une tribune
13:45contre moi
13:46expliquant dans les premières semaines
13:47qu'il fallait à tout prix
13:47arrêter cette commission d'enquête.
13:50Il y a eu des acteurs,
13:51François Berléans,
13:51il y a eu des producteurs
13:52qui profitent d'argent public,
13:53il y a eu des hauts fonctionnaires,
13:55il y a eu des politiques
13:55comme Madame Taubira,
13:57il y a eu Julie Gaillet,
13:58les parents de Julie Gaillet.
13:59Après, vous avez eu des juristes,
14:00des juristes,
14:01des éminents juristes
14:02qui nous expliquaient
14:02que les commissions d'enquête
14:03n'étaient peut-être pas
14:05constitutionnelles.
14:06Ils oubliaient simplement
14:06de dire que depuis 2008,
14:09les commissions d'enquête
14:09étaient inscrites
14:10dans la Constitution.
14:12Vous avez eu
14:12des institutionnels,
14:14Madame Brunpivet
14:15qui m'a rappelé à l'ordre
14:16sur l'antenne de France Inter
14:17le matin de l'audition
14:18de la présidente de Radio France.
14:20Vous avez des institutions,
14:22des hautes juridictions
14:23qui sont censées être indépendantes
14:24comme la Cour des comptes
14:25qui a refusé
14:26de nous transmettre
14:27des documents
14:27dans le cadre
14:28de la commission d'enquête
14:29alors que la loi
14:30les y oblige.
14:31Vous avez tout un ensemble
14:32de personnes,
14:33je ne parle même pas
14:33du milieu associatif
14:35lourdement subventionné
14:36à lui aussi
14:36qui a commis
14:37un certain nombre
14:38de procédures contre moi
14:39y compris des plaintes
14:40pour essayer d'entraver
14:41les travaux.
14:42Donc, ce que j'ai vécu
14:43à ma modeste échelle
14:44pendant ces six mois
14:45résume d'une certaine façon
14:47ce qu'on appelle
14:47le système,
14:48cette société de connivence
14:49qui à tout prix
14:50défendra des intérêts,
14:52défendra des amitiés,
14:54défendra des marges
14:55et une corporation
14:56et ne voudra pas
14:57respecter ce fondement essentiel
14:59éclairer les Français
15:00sur l'utilisation
15:01de leur argent.
15:01Charles Alloncle,
15:02on est sur CNews
15:02et sur Europe 1,
15:03votre livre c'est
15:04« Je jure de dire
15:04toute la vérité ».
15:05Vous avez eu le sentiment
15:06de vivre une chasse
15:07à l'homme,
15:08il y a eu des attaques
15:08personnelles contre vous,
15:10contre votre famille,
15:11des manipulations grossières
15:13à votre encontre,
15:14c'est ce que vous ressentez ?
15:15Il y a eu,
15:15et j'ai probablement
15:16beaucoup de naïveté
15:17en entrant dans ces travaux,
15:18mais il y a eu des menaces
15:19de mort qui d'abord
15:20étaient formulées
15:20sur les réseaux sociaux,
15:21ensuite par mail,
15:22qui ensuite ont été envoyées
15:23par courrier
15:24de façon manuscrite.
15:26Il y a eu un député,
15:27macroniste,
15:28en pleine commission d'enquête
15:29qui m'a menacé
15:30en expliquant
15:30« t'inquiète,
15:31toi on va te régler ».
15:33C'est vraiment dans ce climat.
15:34On va te régler,
15:34c'est très clair.
15:34On va te régler,
15:35c'est vraiment dans ce climat.
15:37Je pense notamment aussi
15:38à l'animateur Nagui
15:39qui sur le plateau quotidien
15:45a sali d'ailleurs
15:46mon nom de famille
15:47de façon totalement mensongère
15:48en expliquant
15:49qu'il pouvait être raciste
15:50et que s'il était
15:51à cette commission d'enquête,
15:53c'est parce que
15:53j'avais un problème
15:54avec les Égyptiens
15:55et les personnes
15:55qui étaient véganes.
15:57Enfin, il y a eu
15:58une sorte de délire
16:00et il y a eu
16:01une sorte de contre-attaque
16:02extrêmement offensive
16:03que j'ai difficilement supportée.
16:06Je pense qu'il y a
16:06beaucoup de députés
16:07qui ont des menaces de mort,
16:08mais quand, par exemple,
16:09la porte de votre immeuble
16:10est exposée
16:11dans un média,
16:14quand votre vie privée
16:15est fouillée
16:16pour le simple tort
16:18d'avoir réalisé
16:18une mission d'évaluation
16:19de politique publique,
16:20pour le simple tort
16:21d'avoir vérifié
16:22où va l'argent
16:23de l'audience du public,
16:24pour le simple tort
16:25d'avoir demandé un salaire
16:27à des personnes
16:27qui sont payées
16:28par les Français,
16:29je vous avoue
16:29que ça m'a vraiment étonné
16:31sur les connivences
16:32et sur l'effet de résistance
16:33de personnes
16:34pour un tel sujet.
16:35Vous racontez,
16:36Charles Alon,
16:36dans votre livre
16:37« Je jure de dire toute la vérité »
16:38chez Fayard
16:39que certaines personnalités
16:40vous ont soutenu,
16:42reçu,
16:42vous parlez notamment
16:43de l'ancien président
16:44de la République,
16:44Nicolas Sarkozy,
16:45vous ne révélez pas
16:45ce qu'il vous a dit,
16:47mais vous dites
16:47« Lorsque je ressortis
16:48rue de Méroménil,
16:49Paris était griffron
16:50indifférent,
16:50peu m'importait désormais,
16:51j'avais retrouvé l'élan ».
16:53Il vous a conforté
16:55dans le fait
16:55que plus on vous attaque,
16:56plus il faut tenir bon ?
16:57Effectivement,
16:58il a eu notamment
16:59une maxime
16:59que je lui reconnais volontiers,
17:02il m'expliquait
17:02que les personnes
17:04qui vous aiment
17:04et les personnes
17:05qui vous détestent
17:05vous enjoindront
17:06à une chose,
17:07c'est celle
17:07de lever le pied.
17:08Et il m'a donné
17:08notamment cette maxime,
17:10une cible en mouvement
17:11est bien moins vulnérable
17:12qu'une cible à l'arrêt
17:13et il m'a notamment
17:15enjoint
17:15à faire preuve
17:16de transparence,
17:17à accomplir ma mission
17:18qui est une mission
17:19de parlementaire
17:19qui n'est pas simplement
17:20de voter à la loi
17:21mais aussi d'évaluer
17:22les politiques publiques.
17:23Il m'a expliqué
17:24et conforté
17:25dans mon bon droit
17:25de mener cette mission.
17:27Je l'en suis très reconnaissant.
17:28Moi, je viens de l'UMP,
17:29je viens de l'LR,
17:30j'ai été un peu élevé
17:31à l'école Sarkozy
17:32à l'époque
17:32donc j'ai encore
17:32beaucoup d'affection
17:33pour lui
17:34et je crois
17:35que ces piliers-là,
17:36certaines personnes
17:37qui m'ont aidé,
17:38qui m'ont soutenu,
17:39moi en tout cas,
17:39je m'en souviendrai
17:40parce que quand j'ai lu
17:4180% des articles
17:43qui étaient commis
17:44à ce moment-là,
17:44si je m'en étais tenu à ça,
17:46j'aurais abandonné
17:46depuis longtemps.
17:47Qu'est-ce qu'il faut faire
17:48pour l'audiovisuel public
17:49parce qu'encore une fois,
17:50on sait que les Français
17:51sont attachés.
17:52Certains candidats
17:53comme le Rassemblement National
17:54prônent une privatisation totale,
17:57reconquêtent également.
17:58Est-ce que c'est la solution
17:58la privatisation
17:59ou pas pour vous ?
18:00En tout cas,
18:00le cœur de ma mission
18:02n'était pas de me prononcer
18:03sur un arbitrage politique,
18:04c'était de formuler
18:04des recommandations
18:05pour sauver ces entreprises
18:06qui sont dans un marasme
18:08financier complet.
18:10France Télévisions,
18:10par exemple,
18:11a cumulé 80 millions
18:12de déficits
18:12en quelques années.
18:14Leur trésorerie est négative.
18:15L'entreprise est menacée
18:16de dissolution financière.
18:18Donc tout l'objet
18:19de cette commission,
18:20c'était au contraire
18:20de formuler des propositions
18:22pour redresser ces entreprises.
18:24Après,
18:24quand vous voyez
18:25l'affaire Charles Sapin,
18:26quand il y a un an,
18:27vous voyez l'affaire
18:28Patrick Cohen et Thomas Le Grand,
18:29quand vous voyez
18:30cette succession
18:31d'entorses au pluralisme
18:32qui, en plus de ça,
18:34sont assumées
18:35aux plus hautes sphères
18:36de ces entreprises-là,
18:38vous dites avec regret
18:39que le signal
18:40qui est envoyé,
18:40c'est que ces entreprises
18:41probablement sont irréformables.
18:43Donc moi,
18:43j'espère que
18:44dans les sept mois
18:45qui nous séparent
18:46de la présidentielle,
18:47la direction de Radio France,
18:48la direction de France Télévisions
18:49prendront les mesures nécessaires.
18:50Il y en a quelques-unes
18:51qui ont été prises.
18:52Qu'il y aura moins de gabegies,
18:53qu'il y aura plus de transparence,
18:54qu'il y aura moins
18:55de conflits d'intérêts,
18:56que le pluralisme
18:57sera respecté.
18:58Et j'espère que
18:58dans sept mois,
18:59on parlera moins
19:00de la privatisation.
19:01Mais aujourd'hui,
19:02quand on écoute
19:03les syndicats
19:04et la direction de Radio France,
19:05on se dit que,
19:06malheureusement,
19:06ces entreprises
19:07peut-être sont irréformables
19:08et que
19:10cette opportunité
19:10de privatisation
19:11pour simplement respecter
19:12l'impôt et l'argent
19:13des Français
19:14sera probablement inéluctable
19:15si aujourd'hui,
19:17ces dirigeants ne font rien.
19:18Charles Aloncle,
19:19votre livre,
19:19c'est Je Jure de dire
19:20toute la vérité.
19:21Il y a des petits QR codes
19:21à la fin de certains chapitres
19:23qui renvoient aux auditions
19:24que vous avez menées
19:25à l'Assemblée nationale.
19:26Vous avez en amour
19:26le sentiment
19:27que toutes les personnalités
19:28de la télé
19:29qui sont venues,
19:30qui ont participé
19:31et ont été convoquées par vous
19:32ont été sincères ?
19:34Alors,
19:35c'est pourquoi j'ai choisi
19:36Je Jure de dire la vérité
19:37parce que c'est sincèrement
19:37qui est solennel,
19:38qui est émis au début
19:39de chacune des auditions
19:40où les personnes
19:41lèvent la main droite
19:42en disant Je Jure de dire la vérité,
19:43rien que la vérité,
19:44toute la vérité.
19:45Et malheureusement,
19:46j'ai constaté
19:46que beaucoup avaient trahi
19:47ce serment,
19:48beaucoup avaient fait obstruction
19:49à nos missions,
19:51beaucoup avaient menti.
19:52Beaucoup, par exemple,
19:53je prends le cas d'Élise Lucet
19:54qui est à la tête
19:55de l'entreprise,
19:56de l'émission
19:57Cache Investigation
19:58qui a même refusé
19:59de révéler le montant
20:00pour lequel elle était payée
20:01par les Français.
20:02Alors que c'est le principe
20:03de sa profession.
20:05Je raconte aussi
20:05comment Delphine Arnot
20:07a menti
20:07à plusieurs reprises
20:09sur des sujets fondamentaux
20:10comme le montant
20:11que les Français attribuent
20:13à France Télévisions
20:13chaque année.
20:14Je raconte comment
20:15la Cour des Comptes
20:16a protégé les dirigeants
20:18de l'audiovisuel public
20:18en refusant d'envoyer
20:19un certain nombre
20:20d'informations
20:21et de documents.
20:22Donc tout ça
20:23me fait ressortir
20:24avec une fin de naïveté
20:25six mois après
20:26cette commission.
20:27Et je me dis
20:28que la démocratie représentative
20:29aujourd'hui
20:29est bien abîmée
20:30et que probablement
20:31qu'en 2027,
20:32le premier mandat
20:34qu'il faudra en tout cas
20:35poursuivre,
20:35c'est celui de redonner
20:36les clés,
20:37redonner un peu de souveraineté
20:38à ces Français
20:38qui payent beaucoup
20:39et à qui on demande aussi
20:41de la beurre chapeau.
20:42Sarah Lalong,
20:43merci à été notre invitée.
20:44Je veux surtout dire
20:44toute la vérité
20:45aux éditions Fire.
20:46Bonne journée à vous.