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La ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Aurore Berger.
00:04Bonjour à vous. Bienvenue, ministre chargé de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre
00:08les discriminations.
00:09Nous allons évoquer bien sûr ce 7 octobre ces commémorations du troisième anniversaire du pire pogrom jamais perpétré en Israël.
00:16Mais d'abord l'actualité, c'est ces manifestations.
00:19Hier, près de 266 000 manifestants dans toute la France, avec des fins de cortège rythmées par des affrontements violents
00:25avec la police.
00:25Aujourd'hui, le gouvernement appelle à un retour au cours, mais on a déjà un nouvel appel à manifester demain.
00:31Est-ce que nous sommes en train, Aurore Berger, d'entrer dans une crise politique ?
00:34Alors, il y a ceux qui aimeraient que ce soit une crise politique et ceux qui ont cherché à attiser,
00:38à embraser nos lycées.
00:40Vous pensez à qui ?
00:41Notamment à la France en Suisse, puisqu'ils l'ont dit, ils ont appelé les parents à s'interposer.
00:45Moi, plutôt que d'appeler les parents à s'interposer, j'appelle les parents à jouer leur rôle de parents.
00:49Et le rôle des parents, c'est de ramener leurs enfants à la raison, de les ramener à la maison
00:52aussi quand c'est nécessaire.
00:54Certainement pas les laisser aller dans des affrontements, aller chercher l'affrontement avec les forces de l'ordre.
00:59Parce que c'est ça ce qui se passe.
01:00On a aujourd'hui des revendications qui peuvent être entendables et qui d'ailleurs sont entendues.
01:05Mais on a surtout énormément de violences.
01:07Et les violences, elles, elles sont inacceptables.
01:09Et des violences qu'ils cherchent.
01:10Parce que quand on prend des pavés, quand on prend des pierres, quand on a des tirs de mortier,
01:13on cherche à blesser ou on peut même chercher à tuer.
01:16Et donc c'est ça qu'il faut évidemment bien mesurer.
01:19Et évidemment, appeler immédiatement au retour au calme et au cou.
01:22Alors, j'évoquais une crise politique.
01:25Une allocution est annoncée ce soir depuis l'hôtel de Matignon.
01:28Le Premier ministre Sébastien Lecornu va prendre la parole.
01:31Tout ça en prend la tournure d'une crise politique.
01:33On entre dans la crise politique, Aurore Berger.
01:35Parce que le Premier ministre s'exprime qu'il y a une crise politique.
01:37Je pense que c'est important aussi qu'il s'exprime.
01:38Parce qu'il y a un peu d'urgence peut-être.
01:39Parce que je pense que c'est important aussi qu'il s'exprime sur ce qui s'est produit ces
01:42dernières semaines et ces derniers jours.
01:44Parce qu'on voit des images qui sont absolument insupportables.
01:47On voit ceux qui mentent aussi de manière délibérée.
01:50Notamment sur les intentions des forces de l'ordre.
01:52Moi, je rappelle quand même le courage des forces de l'ordre.
01:54Parce qu'ils sont justement extrêmement mesurés.
01:57Parce que justement, ils veulent éviter tout risque vis-à-vis de personnes qui sont des mineurs.
02:03Mais on est quand même face à des mouvements de foule qui sont extrêmement dangereux.
02:07Donc, rappelez un peu la vérité des faits.
02:10Notamment ce que font nos forces de l'ordre, ce qu'elles ne font pas.
02:12Rappelez par exemple qu'il y a 85 personnels de l'éducation nationale qui ont été blessés.
02:18Qu'on a eu un enseignant qui a été aspergé d'essence à Marseille.
02:22Tout ça, ce sont des faits.
02:23Je pense que c'est bien que le Premier ministre puisse rappeler encore une fois la vérité des faits.
02:27Emmanuel Macron aurait trouvé la réponse policière trop forte et avec trop peu d'empathie.
02:33Est-ce que vous partagez ce sentiment du Président de la République ?
02:35Moi, je n'étais pas dans cette réunion.
02:36Il y avait le Premier ministre, le ministre de l'Education nationale.
02:37Parce que les policiers l'entendent très très mal ce message-là.
02:40Moi, je ne sais pas les on-dit et les oui-dire de ce qui s'est produit dans une
02:43réunion à huit clous entre quatre personnes.
02:46Ce que je sais, c'est qu'il y a un usage qui est un usage proportionné de la force.
02:48Donc, pour vous, il n'y avait pas de manque d'empathie ?
02:50Il y a un usage proportionné de la force.
02:53C'est-à-dire que face à des jets de pierre, de mortier, face à des tentatives aussi de blocage,
03:00face à des personnels de l'éducation nationale qui ont été menacés, 85 blessés,
03:05des étudiants eux-mêmes, des lycéens eux-mêmes qui sont en danger parce que juste ils veulent assister à leurs
03:10cours
03:10et entrer dans leurs établissements.
03:12Eh bien, on a des policiers qui interviennent d'abord pour du maintien de l'ordre.
03:17D'abord pour du maintien de l'ordre et je pense qu'ils méritent notre soutien.
03:20Et on le rappelle.
03:21Et vous avez toujours été très clair là-dessus.
03:22Mais je l'ai été et je continuerai à l'être.
03:24Et on est dans un état de droit.
03:26Si jamais il y avait usage disproportionné, dans ces cas-là,
03:29il y a systématiquement des inspections qui sont menées et qui sont indépendantes.
03:33Aurore Berger, Jean-Luc Mélenchon a été acclamé hier dans le cortège à Paris.
03:37Il a affirmé que la surenchère policière était hors de contrôle.
03:40Il a comparé le nombre d'interpellations très élevé, plus que pendant mai 68
03:44et au plus haut niveau depuis octobre 61 pendant la guerre d'Algérie.
03:47Ce ne sont pas des comparaisons évidemment dues au hasard.
03:50Qu'est-ce qu'il cherche Jean-Luc Mélenchon ?
03:51Il cherche évidemment à faire monter de plus en plus la violence, la colère, l'embrasement du pays.
03:57Moi je pense que ce qui se passe dans les rues de ce pays,
04:00c'est un tout petit avant-goût de ce que pourrait donner un entre-deux-tours
04:03entre la France insoumise et le Rassemblement national.
04:06C'est-à-dire LFI qui cherche à embraser le pays parce que c'est son intérêt
04:10de monter les Français et de fracturer ce pays
04:13en ayant d'un côté des lycéens qui sont chauffés à blanc
04:17et de l'autre côté des forces de l'ordre,
04:19comme si on avait deux pays qui s'affrontent.
04:22Ce n'est pas ce qui doit se passer.
04:23Est-ce qu'il y a des revendications entendables ?
04:25Encore une fois sur la vétusté des locaux,
04:27sur le non-remplacement des enseignants.
04:28Évidemment.
04:29Est-ce que ça justifie une seule violence ?
04:32Évidemment pas.
04:33Et donc évidemment lui, il cherche à attiser cette colère,
04:36à attiser cette escalade en fait,
04:38là où la responsabilité justement des hommes et des femmes politiques,
04:41quand on voit ça, quand on voit la mise en danger
04:44des lycéens eux-mêmes, c'est d'appeler au calme.
04:46Et pourquoi il y a des drapeaux palestiniens dans ces manifestations ?
04:49Parce qu'il y a LFI qui est dans les manifestations,
04:51il y a rarement une manifestation avec LFI où vous n'avez pas de drapeau palestinien.
04:54Vous voyez, parce que c'est devenu forme de cri de ralliement
04:56d'une partie malheureusement d'une jeunesse
05:00qui, avec un affaiblissement aussi je pense de la connaissance,
05:04du contexte historique, du contexte géopolitique,
05:07où tout est mélangé, où il faut se trouver une cause.
05:09Je peux comprendre qu'on épouse un certain nombre de causes,
05:12si et seulement si on en comprend aussi les ressorts.
05:14Et ce que je vois malheureusement dans un certain nombre de manifestations,
05:17quand je vois certains mots d'ordre,
05:20quand je vois certaines pancartes,
05:21je n'ai pas l'impression que ce soit comparable
05:24en quoi que ce soit ce qui s'est produit en mai 68,
05:26qui était un mouvement de libération,
05:28qui était pour le coup, je crois, très nécessaire.
05:30On va parler dans un instant du 7 octobre,
05:32vous parlez des revendications des lycéens
05:34qui sont entendables, il va y avoir un temps de dialogue,
05:37les cours vont être suspendus, temps de dialogue.
05:39Oserais-je vous rappeler que ça fait 9 ans
05:40que le pouvoir macroniste est aux commandes,
05:43qu'il y a eu 8 ministres de l'Éducation nationale,
05:45que Parcoursup, c'est le fruit d'Emmanuel Macron.
05:48On se réveille aujourd'hui en disant plus rien ne fonctionne ?
05:50Non mais...
05:51À la fin des deux quinquennats ?
05:52On parle beaucoup de la vétusté des locaux.
05:54Moi, je rappelle quand même que les régions,
05:55qui en ont la responsabilité,
05:56elles investissent plus de 2 milliards par an.
05:59Plus de 2 milliards par an.
06:01Vous avez vu le lycée de Nantes,
06:01qui était flambant neuf et qui a flambé.
06:03Là, ça coûte 2 millions d'euros.
06:04Dire que la région, puisque c'est sa responsabilité,
06:07elle va devoir payer 2 millions d'euros
06:09parce qu'on a un lycée qui a été dégradé.
06:11On a 24 lycées qui ont aujourd'hui été absolument saccagés et dégradés.
06:14Parcoursup, c'est un débat qui est intéressant.
06:16C'est le gouvernement d'Edouard Philippe,
06:19donc premier quinquennat d'Emmanuel Macron.
06:21Il y avait quoi avant Parcoursup ?
06:22Il y avait le tirage au sort.
06:24Donc, ceux qui veulent supprimer Parcoursup
06:26proposent de le remplacer par quoi ?
06:28Donc, est-ce qu'il faut améliorer certaines choses ?
06:30Sans doute.
06:31Est-ce qu'il faut revenir au tirage au sort ?
06:33Parce que le tirage au sort, ce serait méritocratique.
06:35Je n'ai pas l'impression que ce soit méritocratique, le tirage au sort.
06:37Ce qui est certain, c'est que je vois bien que Parcoursup
06:39génère de l'angoisse chez les parents,
06:41génère de l'angoisse chez les enfants,
06:43qui a sans doute des choses qui doivent être accompagnées, renforcées.
06:46Mais je n'entends jamais de propositions alternatives.
06:48J'entends juste Abba Parcoursup
06:50sans jamais dire par quoi le système serait remplacé.
06:53Et moi, qui crois à la méritocratie,
06:55je ne suis absolument pas favorable au retour du tirage au sort.
06:58Donc, le problème, ce n'est pas que 80% d'une classe d'âge
07:00plutôt est amenée au bac
07:01et qu'après, on les envoie dans des filières qui sont des impasses.
07:03Ce n'est pas ça le vrai sujet
07:04qui n'a donc pas du tout été traité pendant les deux banquets d'un Macron ?
07:07Il y a ce qu'on a fait quand même sur la question des lycées professionnels.
07:10La revalorisation des lycées professionnels
07:12et des filières techniques était extraordinairement dégradée il y a dix ans.
07:15On l'a vu, par exemple, regarder sur l'alternance et l'apprentissage.
07:18On n'a jamais eu autant de jeunes dans notre pays
07:20qui sont dans l'apprentissage,
07:22qui sont des voies d'excellence.
07:23Ce ne sont pas des voies au rabais.
07:25Ce sont des voies d'excellence.
07:26Ce sont des voies d'insertion professionnelle.
07:28Ce sont des voies d'ailleurs qui sont moins mises en danger
07:30par le Big Bang qui va se passer sur le marché du travail
07:33avec l'intelligence artificielle que dans d'autres métiers.
07:35Ce qui est vrai, c'est qu'il y a sans doute des angoisses nouvelles.
07:38Des angoisses nouvelles parce qu'on a une jeunesse
07:40qui a aussi vu et eu à supporter le Covid, les confinements.
07:45On le voit bien qu'on a un enjeu majeur de santé mentale dans notre pays,
07:49le retour de la guerre.
07:49Donc ça, je veux bien entendre cette angoisse-là réelle.
07:53Mais encore une fois, cette angoisse-là ne peut pas
07:55et ne doit jamais ni générer ni justifier de la violence.
07:59Aurore Berger, on est sur CNews et sur Europe 1.
08:01Nous commémorons aujourd'hui le sinistre troisième anniversaire
08:04du 7 octobre, jour de l'attaque terroriste du Hamas contre Israël.
08:08Le pire pogrom jamais perpétré sur le sol israélien.
08:11Est-ce que ce massacre est en train d'être oublié ?
08:13Moi, c'est mon inquiétude.
08:15Mon inquiétude, c'est qu'on devienne amnésique
08:16et qu'on oublie notamment le fait que 51 Français ont été assassinés.
08:20Regardez, on a commémoré il y a peu de temps les attentats de Nice.
08:23Et la France entière s'en est émue parce que c'était sur notre sol.
08:26Ce n'est pas parce que ça ne s'est pas produit sur notre sol
08:28que ça ne nous concerne pas.
08:29D'abord parce que les attentats terroristes islamistes,
08:32ils ont concerné les Français.
08:34Notre pays a été attaqué à de très nombreuses reprises.
08:37Et parce qu'en plus, le 7 octobre,
08:39c'est 51 Français qui ont été assassinés le jour même
08:41ou dans les jours qui ont suivi dans les geôles du Hamas.
08:44Et je ne voudrais pas qu'on perde la mémoire.
08:46Je ne voudrais pas qu'on perde l'heure.
08:50On n'est pas à ça pour se concentrer
08:52sur d'autres aspects de ce qui se passe au Moyen-Orient.
08:54On met à distance.
08:55On considère que finalement, ça n'est pas notre histoire.
08:58C'est notre histoire.
08:59C'est notre histoire parce qu'ils sont Français.
09:01Ils sont Français.
09:02Ils ne sont pas moins Français parce qu'ils seraient franco-israéliens.
09:05Parce que se dire ça, ce serait absolument insupportable.
09:07Ils ne sont pas moins Français parce qu'ils seraient juifs.
09:09Parce que dire ça, ce serait absolument insupportable.
09:12Donc oui, je pense qu'il y a un risque d'amnésie
09:15pour m'être rendue sur les traces du Festival Nova,
09:19pour avoir tenu dans mes bras des mères qui ont perdu leurs enfants,
09:22leurs enfants qui les ont appelés.
09:24C'est-à-dire qu'elles ont entendu les derniers souffles de vie de leurs enfants.
09:28Je vous assure que quand vous tenez dans vos bras
09:30des mères qui ont perdu leurs enfants dans ces circonstances-là,
09:33vous ne pouvez jamais l'oublier.
09:35Et on ne devrait jamais les oublier.
09:37Mais ce n'est pas qu'une affaire de ressortissants français ou pas.
09:40C'est une affaire d'humanité.
09:41Bien sûr.
09:41Ce qui s'est passé ce jour-là était une barbarie sans nom.
09:44Et ça, on a tendance à l'oublier, encore une fois,
09:47à vouloir l'effacer de l'histoire.
09:48Vous savez, dès le 8 octobre, on a manqué d'empathie.
09:52Parce qu'on a eu le monde entier qui était au chevet de la France
09:56quand la France a eu à subir des attentats islamistes.
09:59Et on a été extrêmement émus de voir que, justement,
10:02on n'était pas seul face à la barbarie.
10:04Notre pays s'est aussi reconstruit grâce à ça.
10:07À se dire que le monde entier considérait que ce qui s'était produit
10:11en France les concernait aussi.
10:13Pourquoi ça nous concernerait moins ?
10:14Parce que ça concernerait Israël.
10:16On ne peut pas accepter cette idée-là.
10:18En effet, que l'humanité, elle se découpe en fonction de qui est concernée
10:21par un attentat terroriste.
10:23Et dès le 8 octobre, au lieu d'une empathie massive,
10:26on a eu un regain d'antisémitisme dans toutes les démocraties.
10:30Et c'est ça qui doit nous interpeller.
10:31Vous me parliez tout à l'heure des drapeaux palestiniens.
10:34Est-ce qu'on peut légitimement avoir de l'empathie pour le peuple palestinien ?
10:37Oui, et je pense que ni vous ni moi, on découpe notre empathie
10:40en fonction de qui est touché.
10:41Mais je ne veux pas qu'on mélange les sujets.
10:43Je ne veux pas qu'on mélange la question géopolitique,
10:47la question d'une politique menée par un gouvernement
10:49et la question de l'antisémitisme.
10:51Il n'y a pas un Français juif qui est responsable de la situation à Gaza.
10:55Par contre, il y a malheureusement beaucoup trop de personnes
10:57qui aujourd'hui leur place des cibles dans le dos
10:59et qui les rendent responsables par procuration de ce qui se passe là-bas.
11:03Et vous avez souvent dit, Aurore Berger,
11:04que l'antisémitisme tenait en trois lettres LFI.
11:07Le nouvel antisémitisme, oui.
11:09Parce qu'on voit bien que post-7 octobre,
11:11là où on aurait dû s'attendre justement à cette part d'humanité et d'empathie,
11:15on a eu l'inverse.
11:16Et donc, on a mis des cibles dans le dos de nos compatriotes Français juifs.
11:20Mais regardez même ce qui s'est passé dans le débat de la primaire socialiste.
11:22On a une ancienne candidate à la présidentielle
11:24qui espère le redevenir,
11:26qui demande maintenant aux Français juifs de s'excuser.
11:29Enfin, dans quel monde on vit à l'idée...
11:32De s'excuser pour le gouvernement de Benjamin Netanyahou.
11:35Exactement, est à s'excuser de la politique menée par un gouvernement étranger.
11:40On en est là, on en est là.
11:42Et finalement, on a eu ça de la part de Séguène Royal,
11:45et puis on a eu le débat sur le mot génocide,
11:47c'est-à-dire que vous n'appartenez pas au camp du bien
11:49si vous n'employez pas le terme génocide.
11:51C'est ce qu'Olivier Faure a reproché à Raphaël Glussmann ou Jérôme Gage.
11:54Vous récusez ce terme de génocide ?
11:56Mais en fait, ce n'est pas moi individuellement qui le récuse.
11:59C'est une terminologie très précise.
12:01Et donc, cette terminologie très précise,
12:03c'est en vérité ni à vous ni à moi de dire si on peut l'utiliser.
12:06Et aujourd'hui, non, on ne peut pas l'utiliser.
12:09Est-ce qu'il y a des massacres ?
12:11Est-ce qu'il y a une crise humanitaire ?
12:13Oui, il y a une crise humanitaire.
12:14Et la France, elle prend sa part à la résolution de cette crise.
12:17Est-ce que c'est un génocide ?
12:18La réponse est non.
12:19Et les mots ont un sens,
12:20c'est cette forme d'inversion accusatoire
12:23à l'encontre des Juifs.
12:25Parce que c'est ça qui se passe
12:26en disant qu'ils seraient responsables d'un génocide
12:29et que ceux qui combattent l'antisémitisme
12:31deviennent des génocidaires.
12:32Vous et moi, nous sommes des génocidaires.
12:34Eh bien, je pense que ça, c'est dangereux.
12:35Et que c'est très dangereux vis-à-vis, notamment,
12:37des plus jeunes dans notre pays
12:39qui sont perméables à ces théories-là,
12:41perméables à ce qui se produit sur les réseaux sociaux,
12:43perméables à cet environnement
12:45dans lequel ils sont baignés
12:46depuis le 7 octobre, malheureusement.
12:48Rima Hassan a été mise en cause au Parlement européen.
12:50Elle est accusée d'avoir renversé les drapeaux
12:52et de l'Union européenne et d'Israël
12:55lors d'une exposition qui était liée
12:57aux commémorations du 7 octobre.
12:58Elle dit qu'elle a fait tomber le drapeau israélien
13:01et par hasard le drapeau européen.
13:02Tout ça, c'est une stratégie clairement mise en place pour vous ?
13:06Je crois qu'elle s'en cache à peine.
13:08Donc là, elle n'a pas osé dire
13:09qu'elle avait renversé le drapeau européen.
13:11Donc il est malencontreusement tombé.
13:12Mais elle a délibérément fait tomber le drapeau israélien.
13:15On en est là.
13:15C'est-à-dire qu'on a, au cœur du Parlement européen,
13:18une exposition en commémoration
13:20des attentats terroristes du 7 octobre.
13:22et elle ne trouve rien d'autre à faire
13:25que de renverser les drapeaux européens et israéliens.
13:29C'est une honte.
13:30C'est une honte, mais au-delà d'être une honte,
13:32c'est une stratégie électorale.
13:33Ce n'est pas un dérapage.
13:34Elle ne fait pas ça par hasard.
13:35Elle fait ça aussi pour qu'on en parle,
13:36ce qui est toujours la difficulté.
13:37Parce qu'il faut parler d'elle ou pas.
13:38Parce qu'elle cherche aussi, malheureusement,
13:40cette publicité-là.
13:41Mais je pense qu'il faut aussi dénoncer,
13:43malheureusement, à l'EFI, pour ce que c'est,
13:45pour ce qu'ils font.
13:45Et puis, les conséquences que ça a...
13:47Parce qu'encore une fois,
13:48ça arme aussi intellectuellement,
13:51ou ça affaiblit plutôt d'ailleurs intellectuellement,
13:53une partie de la jeunesse française.
13:54Vous avez présenté un projet de loi,
13:56la loi Berger,
13:57contenant 10 articles contre le racisme et l'antisémitisme,
13:59qui prévoit des peines d'inéligibilité
14:02pour les élus condamnés pour infraction antisémite ou raciste.
14:05Est-ce que cette loi va changer concrètement les choses ?
14:09Et est-ce qu'elle ne va pas avoir des effets pervers,
14:11en réalité, sur la liberté d'expression ?
14:14Alors, déjà, moi, je pense qu'il ne faut jamais avoir peur pour agir.
14:18On a une nécessité d'agir sur la lutte contre l'antisémitisme,
14:21parce qu'on voit bien, encore une fois,
14:22qu'il y a eu un regain massif d'antisémitisme post-7 octobre.
14:25On a besoin d'aggravation des peines.
14:27Aujourd'hui, on a des actes du quotidien,
14:29d'une immense lâcheté,
14:30qui ne peuvent pas avoir l'aggravation d'antisémitisme.
14:34Un tag, par exemple, sur un mur,
14:36en fait, il est jugé pour un tag,
14:37mais pas pour ce qui est écrit.
14:39Mais quand c'est un tag à caractère antisémite,
14:41il doit être condamné pour tel,
14:42et l'auteur doit être condamné de cette manière-là.
14:44Donc ça, c'est un des exemples
14:46de ce que va pouvoir faire Malwa,
14:47de la même manière que la lutte contre la haine en ligne.
14:49Parce qu'on le voit bien,
14:50aujourd'hui, c'est un fléau absolu,
14:52et on n'arrive pas,
14:53parce que s'il faut attendre la bonne volonté des plateformes
14:56pour supprimer les contenus antisémites,
14:57on risque d'attendre un peu trop longtemps, à mon goût.
15:00Donc on a besoin d'accélérer sur le sujet,
15:02puis on aura le débat de toute façon
15:04avant la fin de l'année au Sénat,
15:05pour garantir, évidemment,
15:07que le cadre de la liberté d'expression soit garanti.
15:10Mais l'antisémitisme ne relève pas la liberté d'expression.
15:13Non, le racisme non plus.
15:14Et le racisme non plus, évidemment.
15:15Ce sont des délits.
15:16Vous portez aussi une autre loi extrêmement importante,
15:19la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.
15:22Elle est examinée à l'Assemblée nationale
15:24d'après le 1er octobre.
15:25Les débats sont très houleux.
15:26La question des femmes étrangères,
15:28des OQTF,
15:29qui bloquent côté RN,
15:30budget côté LFI.
15:32Qu'est-ce que vous dites à ces oppositions ?
15:34Que cette loi-là,
15:35cette cause-là,
15:36elle doit transcender tous les clivages partisans ?
15:38S'il y a bien une cause
15:39qui devrait transcender les clivages,
15:41c'est la lutte contre les violences faites aux femmes
15:43et la lutte contre les violences faites aux enfants.
15:44Notre pays s'est ému
15:46et a juste raison
15:47après l'assassinat de la petite Liana
15:49et après aussi les violences sexuelles
15:51qu'elle a eues à subir
15:52dans les derniers jours
15:53et les dernières heures de sa vie.
15:54Et on ne serait pas capable,
15:55à l'unanimité,
15:57de voter un texte
15:57qu'on a travaillé depuis plus d'un an
15:59avec l'ensemble des groupes parlementaires,
16:01avec l'ensemble des associations
16:02qui portent ces combats-là.
16:04Donc, est-ce qu'il y a des questions budgétaires ?
16:05Oui.
16:06Et j'ai dit qu'on y répondrait
16:07point par point
16:08pour garantir l'augmentation des moyens.
16:10Mais on le fait.
16:11Dans un contexte budgétaire que l'on connaît ?
16:12Oui, parce que c'est une priorité.
16:14Parce qu'on ne peut pas...
16:15Avec une France au bord du gouffre ?
16:17On a un pays
16:18qui ne peut pas accepter
16:19qu'on ait encore 160 000 enfants
16:21qui, chaque année,
16:22subissent des violences sexuelles.
16:23Ce qui suppose
16:23de changer aussi une culture profonde
16:25de notre société
16:25qui considère
16:27et qui a considéré
16:27pendant trop longtemps
16:28qu'on ne devait pas se mettre
16:29à hauteur de nos enfants,
16:31qu'on ne devait pas écouter
16:32et respecter la parole
16:33d'un enfant qui ose dire,
16:35qui ose révéler
16:36ce qu'il a subi.
16:36Vous savez, les enfants,
16:37ils ont toujours parlé.
16:38Les femmes ont toujours parlé.
16:39Ce qui a souvent manqué,
16:40c'est l'écoute de la société.
16:41Je crois qu'aujourd'hui,
16:42la société, elle est prête
16:42à écouter.
16:43Et donc, j'espère que les parlementaires
16:45seront prêts à accompagner,
16:46à soutenir ce texte
16:47parce qu'on en a besoin
16:48pour renforcer la lutte
16:49contre les violences sexuelles
16:50faites aux femmes
16:50et aux enfants.
16:51C'est une des dernières
16:52grandes lois
16:52que vous espérez pouvoir
16:53faire passer dans un contexte,
16:54je le rappelais,
16:55qui est extrêmement chaotique
16:57où les nuages noirs,
16:58notamment sur le plan économique,
16:59s'amoncèlent sur notre pays
17:00où la crise sociale,
17:01la crise politique
17:02est à nos portes.
17:04Est-ce que vous avez l'impression
17:05d'être sur le Titanic,
17:06Aurore Berger ?
17:07Non.
17:07Non, parce que moi,
17:08je crois à mon pays.
17:09Je crois à la capacité
17:10de mon pays à se relever
17:11et qu'on l'a démontré.
17:12On l'a démontré
17:13dans des moments
17:13où on avait l'impression
17:14qu'on n'y arriverait pas
17:15et où les Français
17:16sont capables
17:16de très grandes choses
17:17et parfois,
17:17ils s'en sont étonnés eux-mêmes.
17:19Ils s'en sont étonnés
17:20au moment des Jeux Olympiques
17:20de se dire
17:21on est donc ce pays-là
17:22capable de ça.
17:23On s'en est presque étonné
17:24au moment de la reconstruction
17:25de Notre-Dame.
17:25Donc, on est capable
17:26de très grandes choses
17:27dans ce pays.
17:28On est aussi capable
17:28de rassemblement.
17:30C'est plus facile
17:31d'accentuer les fractures.
17:32C'est en effet moins,
17:33peut-être,
17:35immédiatement valorisable
17:36d'essayer de rassembler
17:37mais je crois que les Français,
17:38ils attendent plus
17:38du rassemblement
17:39que de la fracture.
17:40Mais ils voient aussi
17:40ce qui se passe,
17:41ce qui se passe ces jours-ci.
17:42Est-ce que ce désordre,
17:44ce chaos organisé
17:45n'est pas le prélude ?
17:46Peut-être ce qui va perler
17:47toute la campagne présidentielle
17:49jusqu'à mai 2027.
17:50Mais pas seulement
17:51mai 2027,
17:52jusqu'à mai 2027.
17:53C'est ce risque d'un entre-deux-tours
17:54RN et les filles.
17:55Parce que je pense
17:55que ce qui se passe
17:56dans les rues de notre pays
17:57avec ces mouvements
17:59qui sont accentués,
18:02embrasés,
18:03aggravés
18:03par justement
18:04des volontés politiques
18:05pourrait se produire
18:07de manière bien plus importante.
18:07Vous mettez le RN
18:08dans le cas
18:09de ces personnes
18:10qui attisent...
18:11Non, mais je vois bien
18:13encore une fois
18:13le risque d'affrontement.
18:15Est-ce qu'on veut
18:16un pays qui s'affronte ?
18:17Est-ce qu'on veut
18:17deux frontes
18:18qui se confrontent
18:19au moment de l'élection présidentielle
18:21ou au contraire,
18:21est-ce qu'on veut du rassemblement ?
18:22Et ça,
18:23ça nous incombe à nous,
18:24à nous au sein du Bloc central.
18:26Est-ce qu'on sera capable
18:27dans les semaines qui viennent
18:28d'assumer d'avoir
18:29un projet extrêmement clair,
18:30y compris sur le rétablissement
18:31de l'ordre
18:32et de l'autorité ?
18:33Parce que je pense
18:33que ce sera un point de bascule
18:35dans cette campagne présidentielle
18:36parce que les Français
18:37c'est attendre cela de nous
18:38et ils ont raison
18:39d'attendre cela de nous
18:40et ils attendent du coup
18:41de l'ordre aussi chez nous.
18:42C'est-à-dire la capacité
18:43qu'on ait à avoir
18:44une candidature unique
18:45parce que si on n'est pas
18:46capable de ça,
18:47on sera non seulement
18:47pas crédible
18:48mais on ne sera pas au second.
18:49Laquelle candidature unique ?
18:50Moi déjà,
18:51je parle à tous,
18:52j'essaie de faire mon travail
18:53jusqu'au bout,
18:54regardez les sujets
18:54dont on a parlé,
18:55donc moi j'essaie
18:56d'être au rendez-vous
18:56et de faire mon travail
18:57jusqu'au bout
18:58sur mes sujets
18:59lutte contre violence
19:00faite aux femmes et aux enfants,
19:01lutte contre l'antisémitisme,
19:02valeur de la République.
19:03Vous choisirez au dernier moment ?
19:04Je choisirais...
19:05Selon les sondages ?
19:05Non, je ne choisirais pas
19:06au dernier moment
19:06parce que choisir au dernier moment
19:07ça veut dire qu'on part du principe
19:08qu'ils seront incapables
19:09de s'entendre
19:10et qu'on n'aura pas
19:11de candidature unique.
19:12Moi je crois quand même
19:13encore un peu
19:14à la responsabilité
19:15individuelle et collective
19:16et qu'en tout cas
19:17si on n'est pas capable
19:18de se mettre d'accord
19:19alors on sera responsable.
19:21On sera responsable
19:22d'un entre-deux-tours
19:22entre la France insoumise
19:24et le Rassemblement européen.
19:24Vous mettez un signe égal
19:25entre RN et LFI ?
19:26Aurore Berger ou pas ?
19:27En termes de risque pour le pays
19:28en termes de risque
19:28de confrontation pour le pays, oui.
19:30Après, est-ce que c'est
19:31les mêmes histoires ?
19:32Est-ce que c'est
19:33les mêmes projets politiques ?
19:34La réponse est évidemment non.
19:35Vous ne choisissez pas
19:35s'il y a un second tour
19:36à RN et LFI ?
19:37Mais moi je ferai tout
19:37pour qu'il n'y ait pas
19:38un second tour à RN et LFI.
19:39Donc je ne répondrai jamais
19:40à cette question-là
19:41parce que j'anticiperai...
19:43Donc vous mettez un signe égal.
19:44Mais parce que si vous répondez
19:45à cette question
19:46vous le savez bien
19:46vous êtes journaliste
19:47ça veut dire qu'on anticipe
19:48et qu'on accrédite l'idée
19:49que ce serait la seule issue.
19:50Je ne crois pas
19:51que ce soit la seule issue
19:52et je m'opposerai
19:53de toutes mes forces
19:54à cette issue-là
19:54parce que je pense
19:55qu'elle est délétère
19:56pour notre pays
19:56et que notre pays
19:57pourrait ne pas se remettre
19:59d'un second tour à RN et LFI
20:00et des conséquences que ça aurait
20:02notamment d'embrasement du pays.
20:03Merci beaucoup Aurore
20:04d'être venue ce matin
20:05sur nos antennes
20:06sur CNews et Europe 1.
20:07Bonne journée à vous.