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  • il y a 6 jours
Priscillia Gonzales, 18 ans, mignonne, gentille, amicale. Une jeune fille presque comme les autres: elle souffre d'un handicap mental. A l'été 2019, on la retrouve sans vie dans le cimetière d'un village paisible des Corbières. Elle a été étouffée. On a tenté de la violer.

Elle avait passé la soirée avec deux copines au bal des pompiers, sur la place du général de Gaulle avant de brutalement disparaître. Le village d'Estagel est sous le choc. Tout le monde connaissait Priscillia Gonzales, "inoffensive et gentille avec tout le monde", élevée dans une famille des plus tranquilles. L'enquête de voisinage livre des témoignages disparates. Qui est l'auteur de ce meurtre révoltant ?
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0012h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:05Le corps de Priscilla, 18 ans, était retrouvé dans le cimetière d'Estagel près de Perpignan,
00:10en partie dénudée et frappée de cinq coups de couteau.
00:12La jeune fille qui souffrait d'un léger retard mental avait disparu après avoir assisté au bal des pompiers.
00:19Bonjour, Priscilla Gonzales, 18 ans, mignonne et gentille.
00:24Jeune fille presque comme les autres, elle souffre d'un retard intellectuel.
00:28À l'été 2019, on la retrouve morte dans le cimetière d'un paisible village des Corbières.
00:34On a tenté de la violer, puis on l'a étouffée.
00:36Qui est l'auteur de ce meurtre révoltant ?
00:39Priscilla Gonzales, la morte dans le cimetière, l'heure du crime.
00:43Votre rendez-vous 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
00:55Dimanche 7 juillet 2019, vers 3h du matin, le centre opérationnel de la gendarmerie des Pyrénées-Orientales
01:03est prévenu de la disparition d'une jeune femme, au village d'Estagel,
01:08un peu plus de 2000 habitants entre les Corbières et la chaîne des Pyrénées.
01:13Priscilla Gonzales, qui vient d'avoir 18 ans, se trouvait la veille avec deux copines au bal des pompiers,
01:19place du général de Gaulle.
01:21Il y avait beaucoup de monde, puis plus personne ne l'a vue.
01:25Alerte est donnée en pleine nuit, tout simplement parce que Priscilla est fragile, vulnérable, handicapée.
01:32Elle a l'âge mental d'une gamine de 13 ans.
01:35Elle n'est pas méfiante, elle parle à tout le monde, et elle a pu suivre n'importe qui,
01:38redoute sa maman, Sophie Gonzales.
01:41La famille a toujours beaucoup entouré Priscilla.
01:45Trois de ses frères aînés et un cousin étaient d'ailleurs présents au bal.
01:49Ils gardaient un œil sur la petite, qui a parfois un peu de mal à marcher.
01:53Elle a disparu autour de 1h du matin.
01:56La famille et des habitants ont commencé à la chercher au petit matin,
02:00mais aucune trace de Priscilla.
02:06Dimanche 7 juillet, 9h55, 7h.
02:10Après le signalement de la disparition,
02:12un habitant d'Estagel venu au cimetière du village pour se recueillir,
02:17découvre un corps derrière une tombe.
02:19C'est celui de Priscilla Gonzales.
02:22Elle repose sur le côté, les cheveux blonds rabattus sur le visage et le cou.
02:27Elle porte son débardeur rose, remonté jusqu'à la poitrine.
02:31Le soutien-gorge est en place.
02:33Le bas du corps est dénudé.
02:35Son pantalon, ses baskets, encore lassées, ont été jetées à une vingtaine de mètres.
02:40Pour les gendarmes, le crime s'est bien produit à cet endroit,
02:44dans le cimetière dont les deux grilles ne sont jamais verrouillées.
02:48L'autopsie de la victime, 1m62 pour 56 kilos,
02:52montre qu'elle a été frappée à six reprises,
02:55avec un couteau.
02:57Quatre plaies sont superficielles, ce sont des estafilades.
03:01Deux autres, aux coups, sont plus profondes,
03:03mais ces coups de couteau n'ont pas provoqué la mort.
03:06Priscilla a été asphyxiée,
03:09décédée par suffocation suite à une forte pression sur la bouche et le nez.
03:15La jeune fille a été déshabillée par son meurtrier,
03:17lequel a tenté de la violer.
03:22Lundi 8 juillet, le village d'Estagel est sous le choc.
03:26Tout le monde connaissait Priscilla Gonzales, inoffensive et gentille,
03:32élevée dans une famille des plus tranquilles.
03:35Le meurtre a été commis à 700 mètres de la place où se tenait le bal.
03:39Les gendarmes pensent à une mauvaise rencontre.
03:42Pas de vidéosurveillance à Estagel.
03:44L'enquête de voisinage livre des témoignages disparates.
03:48Un témoin affirme avoir entendu une dispute entre un homme et une femme.
03:51Plusieurs cigarettes de marque GPS fumées dans le cimetière sont ramassées.
03:56Piste qui ne donne rien.
03:58Un ADN masculin est extrait d'un préservatif usagé,
04:02ADN qui ne figure dans aucun fichier.
04:05Quelques gouttes de sang de la victime tombée sur ses chaussures
04:08sont mélangées à un ADN masculin.
04:11Une recherche en parentèle est lancée.
04:15164 profils approchants sont examinés.
04:21Émotion immense à Estagel,
04:22où on craint bien sûr que ce soit quelqu'un du coin
04:24qui a tué la petite Priscillia, une proie facile, sans défense,
04:29emportée par une main criminelle alors que la fête du village battait son plein.
04:33On va adresser bientôt le profil du possible meurtrier.
04:37Les gendarmes vont le faire et ils vont tomber pile.
04:39C'est très étonnant dans une enquête policière et judiciaire.
04:43Ils vont tomber pile sur un jeune homme qui correspond à ce profil.
04:48Qui est-il et pourquoi ?
04:49Ça, évidemment, on va le savoir dans l'heure du crime.
04:52Bonjour Patrick Tégéraud.
04:54Bonjour Jean-Alphonse, bonjour à tous.
04:56Merci beaucoup d'être avec nous dans cette heure du crime.
04:59Vous êtes journaliste correspondant à RTL à Toulouse et évidemment en direct avec nous.
05:04Tout de suite, vous connaissez bien ce dossier Patrick,
05:07tout de suite, c'est la stupéfaction à Estagel.
05:10Parce que cette petite fille, tout le monde la connaît.
05:13Je dis petite fille, elle a 18 ans.
05:15Mais j'ai envie de dire petite fille parce qu'effectivement,
05:17on lui donnerait 14 ans.
05:18Elle a un âge mental de cet âge-là.
05:20C'est la maman qui le dit.
05:21Oui, oui, même encore moins que cela.
05:24Puisque certains disent qu'elle avait plutôt l'âge mental d'une élève de CE2.
05:28Cette petite fille, tout le monde la connaît.
05:30On sait aussi qu'elle claudique un peu.
05:31Elle a un petit handicap physique également.
05:34Et tout le monde est sur la stupéfaction.
05:37Moi, je suis arrivé le dimanche soir de la découverte du corps.
05:40Et je me souviens très bien que c'était la panique.
05:43Tout le monde redoutait que ce soit quelqu'un du village qui ait fait ça.
05:46Tout le monde se rassurait en se disant que c'était la fête.
05:48Il y a des gens qui sont venus d'un peu partout.
05:50Donc, c'est peut-être quelqu'un d'extérieur.
05:52Un rôdeur.
05:53Voilà, un rôdeur, quelqu'un qu'on ne connaît pas.
05:56Et en fait, c'est vrai, ce sera quelqu'un qu'on ne connaît pas,
05:58mais quelqu'un du village aussi.
06:00Mais oui, mais ça, c'est effectivement cette stupéfaction.
06:02Et vous le dites très bien, on a peur dans ce village.
06:042000 habitants, on a peur qu'effectivement,
06:06ce soit quelqu'un du coin qui ait fait ce très sale coup.
06:09Alors, il faut s'arrêter encore un petit peu sur Priscilia Gonzalès.
06:12Bonjour, Maître Gérald Brive-Gallo.
06:15Merci d'être avec nous dans cette heure du crime.
06:18Vous êtes avocat de la famille de Priscilia.
06:23Je l'ai dit, une jeune fille, 18 ans, vulnérable, handicapée.
06:28Pas vraiment du genre à chercher des ennuis, Maître.
06:31C'est une jeune fille qui présente un handicap cognitif léger,
06:34un handicap physique assez important.
06:37Mais c'est une jeune fille qui était toute innocente
06:39dans la mesure où elle était dans l'incapacité psychologique
06:42d'envisager qu'on puisse faire du mal à un autre.
06:45Effectivement, elle était particulièrement vulnérable
06:49du fait de son handicap physique et psychique, naturellement,
06:52mais aussi en raison de sa nature même, de sa personnalité même,
06:55qui n'était pas capable d'envisager le mal
06:57et par la même de lui échapper.
06:59Encore une question pour vous, Maître Gérald Brive-Gallo.
07:02Vous êtes l'avocat, je le précise, de la famille de Priscilia.
07:06C'est une enfant qui est très entourée, très aimée par cette famille.
07:10Alors, du fait de ses fragilités,
07:13elle était très entourée par ses frères et par ses sœurs,
07:16et particulièrement par sa mère.
07:18Et ce qu'il y a de terrible dans ce drame,
07:20c'est que pour la première fois de sa vie,
07:23la maman de Priscilia avait accepté
07:25qu'elle puisse profiter un peu de cette soirée d'été,
07:28un peu de l'été, un peu de sa venesse,
07:30et l'autorisa à sortir presque sans protection.
07:33Et le drame est intervenu.
07:34La famille a été autour d'elle,
07:36mais effectivement, tout le monde l'a perdue de vue.
07:39Priscilia, on ne l'a plus vue,
07:40on va la retrouver morte dans ce cimetière.
07:42Bonjour, Maître Pierre Alfort.
07:44Bonjour.
07:45Merci beaucoup d'être avec nous en direct.
07:47D'ailleurs, depuis le bureau RTL de Toulouse,
07:49vous êtes l'avocat de Damien Bessel.
07:52On va parler de ce garçon
07:53dans le prochain chapitre de l'heure du crime.
07:56Tout de suite, sur ce corps,
07:58il y a des plaies au couteau,
08:00il y a un étouffement.
08:01On a le sentiment que cette attaque de la victime
08:04a été très confuse.
08:08Oui, ce sont des faits qui sont absolument terribles.
08:12J'ai beau avoir été l'avocat de Damien Bessel,
08:15il ne m'a pas échappé que cette affaire
08:16était absolument affreuse.
08:19Moi, la question qu'il faut se poser,
08:21la question fondamentale au-delà de la commission des faits,
08:23c'est l'explication.
08:25Concernant, comme vous dites, le déroulement des faits,
08:29c'est vrai qu'on a le sentiment
08:29qu'il n'y a aucune cohérence concernant Damien Bessel.
08:33C'est un jeune homme,
08:34il avait 18 ans et quelques jours
08:36au moment de la commission des faits,
08:37c'est un jeune homme qui a, me semble-t-il,
08:39ce n'est pas une excuse, bien évidemment,
08:41mais qui a perdu pied complètement
08:44et qui avait une histoire familiale
08:47qui permet d'expliquer ce qu'on appelle le passage à l'acte.
08:51On va en parler, maître, de votre client.
08:52Restons un petit peu sur cette scène de crime avec vous.
08:54Encore une question pour vous, maître Pierre Alfort.
08:56Je l'ai dit, il y a des plaies au couteau,
08:58il y a un étouffement,
08:59et c'est bien une attaque de nature sexuelle.
09:01Ça ne fait pas beaucoup de doutes, maître Alfort ?
09:04Alors, il faudrait poser la question des psychiatres,
09:06savoir si l'agression sexuelle
09:09est la cause ou la conséquence,
09:10si l'objectif de Damien Bessel
09:12était l'agression sexuelle ou le viol,
09:15ou tout simplement le souhait de tuer Priscilla.
09:21Je ne suis pas en mesure qu'il est de vous le dire.
09:23Ce qu'il y a de certain,
09:25c'est qu'il a reconnu et assumé
09:27l'intégralité des faits qui lui étaient reprochés.
09:30On lui a même reproché d'en avoir trop dit,
09:34d'avoir été trop précis.
09:35On va revenir, encore une fois,
09:38n'allons pas trop vite,
09:39parce que là, effectivement,
09:40on est au tout début de cette affaire.
09:42Patrick Tégéraud, un mot,
09:45on retrouve Priscilla dans le cimetière.
09:47Le fait est, c'est qu'il faut connaître les lieux
09:49pour venir ici ?
09:50C'est l'endroit isolé le plus proche du lieu de la fête.
09:55Le cimetière d'Estagel, il est dans Estagel.
09:58Il y a des voisins, des gens
09:59qui habitent alentour,
10:00qui entendront d'ailleurs des choses.
10:01Et c'est un endroit vraiment facile d'accès,
10:04à quelques centaines de mètres
10:05de l'endroit où il y a eu le bal des pompiers.
10:08Voilà, c'est le coin où on peut faire des bêtises.
10:11Et pour revenir à ce que vous demandiez tout à l'heure
10:14à Pierre Alfort,
10:16l'attentat sexuel,
10:17l'agression sexuelle est manifeste.
10:19On retrouve le corps à moitié dénutté.
10:22L'autopsie démontrera aussi pas mal de choses,
10:24on en parlera plus tard.
10:26Il y a une intention de violer.
10:28Mais a priori,
10:29l'agresseur n'est pas allé au bout.
10:32Un suspect du même âge que la victime.
10:36Priscillia González,
10:37la morte dans le cimetière.
10:38J'ai vu rouge,
10:39je n'ai pas pu m'arrêter.
10:40Je ne pouvais pas commander mon corps.
10:43L'enquête de l'heure du crime.
10:44On se retrouve dans un instant sur RTL.
10:46Bonne journée sur RTL.
10:57RTL.
10:59Votre radio.
11:0115h, Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:04L'heure du crime.
11:06L'heure du crime consacrée au meurtre de Priscillia González
11:09en 2019 dans un village des Pyrénées-Orientales.
11:12Cette jeune fille, 18 ans,
11:14qui accuse un retard mental
11:16a été poignardée, étouffée
11:18dans le cimetière local.
11:19Les enquêteurs penchent pour un habitant du coin.
11:24Lundi 22 juillet 2019,
11:27deux semaines après le meurtre de Priscillia González,
11:30ses obsèques sont célébrés à Estagel.
11:33400 personnes suivent le cercueil blanc
11:35jusqu'au cimetière,
11:36là où elle a été tuée.
11:38Côté enquête,
11:39les experts en comportement de la gendarmerie
11:42sont sollicités.
11:43Selon eux,
11:44l'auteur connaît bien le village
11:46et son cimetière.
11:47Ils le décrivent comme quelqu'un
11:49un peu marginalisé,
11:50en situation d'instabilité ou d'échec.
11:53Son mobile était avant tout sexuel.
11:56S'il la tuait, disent-ils,
11:58c'était pour éliminer la victime
11:59qui aurait pu le reconnaître.
12:02Une campagne de prélèvement ADN
12:04est organisée
12:04au sein de la population masculine d'Estagel.
12:11Mardi 13 août 2019,
12:1316 personnes qui habitaient Estagel
12:15et dont les profils concordent
12:16avec l'analyse comportementaliste des gendarmes
12:19sont prélevées,
12:21ADN,
12:22et entendues.
12:23Deux frères attirent l'attention.
12:25Ils sont arrivés dans le village
12:26avec leur mère il y a 5 ans.
12:28On les connaît peu.
12:29Ils vivent quasiment reclus,
12:31ils ne travaillent pas
12:31et perçoivent les allocations sociales.
12:33Anthony ne connaît pas Priscillia Gonzales.
12:37Le soir du bal,
12:38il est resté chez lui.
12:39Seuls sa mère et son frère Damien
12:41y sont allés vers 21h.
12:43Interrogé à son tour,
12:45Damien confirme qu'il était présent à la fête.
12:47Il connaissait Priscillia Gonzales de vue
12:49mais il ne lui avait jamais parlé.
12:52Vers 3 ou 4h du matin,
12:54il se souvient l'avoir croisée.
12:56Elle lui a dit
12:57qu'elle ne trouvait plus sa copine.
13:01Il lui a répondu
13:02qu'il ne pouvait pas l'aider.
13:03Selon lui,
13:04Priscillia s'est éloignée.
13:05Lui est resté au bal.
13:07Il a fumé 2 joints.
13:09Puis il est rentré chez lui.
13:11Damien dit bien connaître
13:12le cimetière d'Estagel.
13:13Il y a travaillé lors d'un stage
13:15au service technique de la mairie.
13:18Un mois et demi plus tard,
13:19les résultats ADN tombent.
13:21Celui de Damien Bessel
13:24match avec les traces génétiques
13:27retrouvées au cimetière
13:28sur une chaussure de la victime
13:30et sur le préservatif usagé
13:32retrouvé sur place.
13:34Le suspect,
13:3518 ans,
13:37correspond point par point
13:39au profil psychologique
13:40qui avait été dressé
13:42par les gendarmes.
13:47Mardi 1er octobre 2019,
13:49Damien Bessel,
13:50sa mère et son frère
13:51sont placés en garde à vue.
13:52Damien déclare d'emblée
13:53avoir menti
13:54lors de sa première audition.
13:56Après le bal,
13:57il est bien allé au cimetière
14:00pour y ramasser des mégots,
14:01dit-il.
14:02C'est là
14:02qu'il est tombé
14:03sur le corps de Priscillia,
14:05moitié dénudé,
14:06sans pantalon.
14:07Il a pensé
14:08qu'elle avait trop bu.
14:09Puis,
14:10il a pensé
14:11à un viol.
14:12Il lui a pris
14:13le poux
14:14au poignet,
14:15à la gorge,
14:15aucune pulsation.
14:17Dans la montée
14:18d'adrénaline,
14:18pendant que j'étais en trance,
14:20je n'ai pas pensé
14:20à appeler les secours,
14:21dit-il.
14:22Il a eu peur
14:23d'être soupçonné.
14:24Il dément
14:25que son ADN
14:25ait pu être retrouvé
14:27dans un préservatif
14:28à 18 ans.
14:28Il n'a jamais eu
14:30aucun rapport sexuel.
14:32Quelques heures plus tard,
14:34Damien Bessel
14:34change de version.
14:36Il a croisé
14:37Priscillia Gonzales
14:38vers 2h du matin.
14:39Il a suivi
14:40dans la rue
14:41qui mène au cimetière.
14:42Elle a marmonné
14:43quelque chose.
14:44Il ignore pourquoi,
14:45mais il a explosé
14:46de colère.
14:47J'ai vu rouge.
14:48Je n'ai pas pu m'arrêter.
14:49Je ne pouvais pas
14:50commander mon corps,
14:51dit-il.
14:51Il a attrapé
14:52la fille par les cheveux,
14:53a posé sa main
14:54sur sa bouche
14:55pour l'empêcher
14:55de crier.
14:56Elle semblait inconsciente,
14:58mais elle bougeait encore.
14:59Il lui a ôté
15:00ses chaussures,
15:01son pantalon,
15:02pour la dessaper
15:03au plus vite,
15:04selon lui.
15:04Il a mis
15:05un préservatif
15:06à essayer
15:06d'avoir
15:06une relation sexuelle,
15:08mais sans succès.
15:09Il aurait alors
15:10aperçu un couteau.
15:12Il a appuyé
15:13la lame sur la gorge.
15:14Il dit avoir cogné
15:15plusieurs fois
15:15avec le couteau.
15:17Le Brésilia
15:18crachait du sang,
15:19ses pieds tremblaient.
15:20Il a déposé
15:21le corps par terre.
15:23Voilà donc
15:24pour les aveux
15:25de Damien Bessel.
15:26Pas beaucoup de doutes
15:27sur sa responsabilité.
15:28Il y a ADN,
15:29il y a ses déclarations.
15:30Même si ses propos
15:31restent partiels,
15:32il va falloir creuser,
15:33il va falloir
15:34que l'enquête continue
15:35encore un peu
15:36pour savoir exactement
15:37ce qui a pu se passer
15:38dans ce cimetière.
15:40Il y a l'obsession
15:41du suspect
15:42pour le viol,
15:43pour le sexe extrême
15:44et l'univers du cimetière.
15:45On va voir si tout ça
15:46est vrai
15:46dans la suite
15:48de l'heure du crime.
15:50Maître Pierre Alfort,
15:51on vous retrouve
15:52dans cette heure du crime.
15:53Vous êtes l'avocat
15:54de Damien Bessel.
15:56Il y a
15:56cette arrestation,
15:58cette interpellation
15:58de votre client,
16:00Damien Bessel.
16:01il a 18 ans,
16:03il va hésiter
16:04dans ses déclarations
16:04puis après,
16:05il va raconter,
16:06j'ai envie de dire,
16:07d'un jet
16:07tout ce qui s'est passé.
16:08Il n'y a pas beaucoup
16:09de doutes
16:09sur sa culpabilité.
16:11Non,
16:12Damien Bessel,
16:13après quelques heures
16:15de tergiversation,
16:17va très rapidement
16:18passer à table.
16:19Enfin, je veux dire,
16:19il va reconnaître
16:21les faits
16:21qui lui sont reprochés.
16:23Il n'avait pas vraiment
16:23le choix
16:24puisqu'il y avait
16:25des éléments probants
16:28absolument
16:29sans aucun doute.
16:31Mais moi,
16:33j'ai eu affaire
16:34à quelqu'un,
16:34je vais avoir affaire
16:35à quelqu'un
16:36très rapidement
16:37qui va encore une fois
16:39reconnaître,
16:40assumer,
16:40prendre ses responsabilités
16:41dans un dossier
16:42d'une telle ampleur.
16:43Ça me semblait
16:45et ça me semble
16:45être la moindre des choses.
16:46Il décrit,
16:47Damien Bessel,
16:48il décrit une pulsion
16:49finalement.
16:50C'est un accès
16:50de violence.
16:52Mais il voulait
16:52violer Priscillia Gonzales.
16:54C'était son objectif.
16:57Je ne suis pas dans sa tête
16:59au moment où il va
16:59commettre les faits.
17:00Bien sûr.
17:00Ce qu'il y a de sûr,
17:02on ne peut pas faire l'impasse.
17:03C'est pour ça que
17:03je vous en parlais tout à l'heure.
17:05On ne peut pas faire l'impasse
17:05sur sa personnalité
17:07pour appréhender
17:08les faits
17:08qui lui sont reprochés.
17:09Et on ne peut pas
17:10faire l'impasse non plus
17:11sur sa grande immaturité.
17:13Il avait 18 ans
17:14et quelques mois
17:15et c'est sur son enfance
17:16absolument terrible.
17:18Donc,
17:18si vous voulez
17:20qu'il ait eu
17:21le souhait
17:21qu'il ait eu
17:23un acte volontaire
17:24tant pour l'homicide
17:25que pour les agressions sexuelles,
17:26ça ne fait pas l'ombre
17:26d'un doute.
17:28Il a d'ailleurs
17:28toujours reconnu
17:30et puis c'était difficile
17:32de faire autrement.
17:34Il l'a reconnu
17:35du début jusqu'à la fin.
17:36Je comprends.
17:38Maître Brivé-Gallot,
17:39vous êtes avec nous également
17:40dans cette heure du crime.
17:41Gérald Brivé-Gallot,
17:42avocat de la famille
17:42de Priscillia.
17:44Question pour vous.
17:45C'est vrai que cette victime,
17:47ça choque beaucoup de monde
17:48parce que la victime
17:49elle est fragile,
17:50je l'ai dit,
17:51elle est vulnérable.
17:52Elle n'a pas vraiment
17:53toute sa tête
17:54à tous les moments
17:55de la journée.
17:57C'est une victime facile.
17:59Est-ce que selon vous,
18:01son meurtrier
18:02le savait,
18:03connaissait sa condition
18:04et savait
18:05qui elle était ?
18:07Alors ça,
18:08on ne le saura
18:09vraiment jamais.
18:10Je sais,
18:11c'est un petit village,
18:12tout le monde se connaît,
18:13donc naturellement,
18:14Damien connaissait
18:15au moins de vue
18:16Priscillia.
18:17Il avait dû être informé
18:19effectivement
18:19de sa situation
18:20de fragilité physique
18:21et cognitive.
18:23Naturellement,
18:24il a dû se sentir
18:25non pas en sécurité,
18:27mais en tout cas,
18:27tout le moins,
18:28il ne s'est pas senti
18:28en danger avec Priscillia.
18:30Donc cela,
18:31hélas,
18:31a facilité
18:33l'œuvre mortifère
18:34de Damien.
18:36Maître Pierre Alfort,
18:37un petit mot.
18:38Il dit qu'il n'avait pas
18:39de couteau sur lui,
18:40a priori,
18:41Damien Bessel,
18:42il dit qu'il était
18:42dans le cimetière
18:43et il a vu un couteau,
18:45l'éclat d'un couteau,
18:46un peu comme
18:47dans un rêve éveillé.
18:49Oui,
18:50si vous voulez,
18:52en fait.
18:52Ce qu'il y a de sûr,
18:53c'est qu'à un moment,
18:54il perd pied,
18:55il sait très bien
18:55que s'il ne va pas au bout,
18:57pardon pour l'expression,
18:59il prend le risque
19:01d'être interpellé
19:03et donc,
19:03il va se servir
19:06de ce couteau
19:06pour tuer Priscilla.
19:10Il l'a encore une fois
19:12reconnu.
19:13Je ne suis pas en train
19:14de le trahir
19:15ou d'inventer
19:15quoi que ce soit.
19:16C'est quelqu'un
19:17qui va aller au bout.
19:19Moi,
19:19il y a quelque chose
19:20qui est loin d'être neutre
19:21dans le cas de cette affaire,
19:21malgré tout.
19:23C'est qu'il tue Priscilla
19:25au cimetière.
19:28C'est pas rien
19:29dans le cas de cette affaire.
19:31Ça s'explique.
19:32Il y a sûrement
19:33des éléments d'explication.
19:36C'est quelqu'un
19:37qui était attiré
19:37par la nécrophilie.
19:39Et s'il amène Priscilla
19:41au cimetière,
19:42j'ai tendance à penser,
19:43je l'ai toujours pensé,
19:44que ce n'était pas
19:47complètement un hasard.
19:48Oui,
19:49effectivement,
19:49on va en reparler,
19:50de cette nécrophilie,
19:52de ses obsessions
19:53pour les cimetières,
19:54etc.
19:54Mais vous avez raison,
19:55c'est un point intéressant
19:57à développer,
19:57notamment chez les psychiatres
19:58et les psychologues.
20:00Patrick Tégéraud,
20:00journaliste,
20:01notre correspondant RTL
20:02à Toulouse.
20:03Incroyable,
20:03ce rapport
20:04des comportementalistes
20:05de la gendarmerie.
20:07Ils ont fait avant l'heure
20:09le portrait
20:09de Damien Bessel.
20:10C'est très étonnant
20:11dans une enquête
20:12de ce type.
20:13Oui,
20:13mais vous savez,
20:14il y a des spécialistes
20:15à l'IRCGN
20:15qui font ça très bien.
20:17La preuve,
20:17parfois,
20:17ils se trompent aussi.
20:18Mais là,
20:19ils l'ont fait parfaitement bien.
20:20Ils avaient plein d'éléments.
20:21Ils avaient,
20:21bien entendu,
20:23les traces sur la victime,
20:25son profil,
20:27beaucoup d'éléments aussi
20:28sur la localisation,
20:29sur les lieux,
20:30sur l'enchaînement des faits,
20:31l'autopsie,
20:32tout ça.
20:32Et tout ça,
20:33ça leur a permis,
20:33en effet,
20:33de bâtir le portrait
20:35de celui qui sera désigné
20:37quasiment comme l'assassin.
20:38Mais il fallait encore
20:38le trouver tout de même.
20:39Ce n'est pas parce qu'on avait
20:40un portrait robot,
20:41entre guillemets,
20:42de l'assassin
20:43qu'on avait son nom
20:44et qu'on savait
20:45où il habitait.
20:48Une reconstitution
20:49et des confessions.
20:51Priscillia Gonzales
20:52la morte dans le cimetière.
20:54Je suis venu ici
20:55car c'était un endroit
20:56tranquille,
20:56à l'abri des regards.
20:58L'enquête de l'heure du crime,
20:59quel sombre fantasme
21:01pornographique
21:02éprouverait le jeune homme.
21:03Pourquoi ses recherches
21:04sur la nécrophilie ?
21:05C'est à suivre
21:06dans un court instant
21:06sur RTL.
21:08Tous les épisodes
21:09de l'heure du crime,
21:10c'est quand vous voulez
21:11en podcast
21:11sur l'appli RTL.
21:15L'heure du crime,
21:16la seule émission radio
21:17100% fait d'hiver
21:18avec Jean-Alphonse Richard.
21:21Ma fille a dû
21:22énormément souffrir.
21:24J'ai cinq coups de couteau
21:25plus un viol.
21:28Dans ma tête,
21:29j'ai minimisé.
21:30Alors qu'en fait,
21:32c'était une horreur.
21:33Retour dans l'heure du crime
21:35sur le meurtre
21:35de Priscillia Gonzales,
21:3618 ans,
21:37dans le cimetière
21:38d'un village des Corbières.
21:39En juillet 2019,
21:40un jeune homme du même âge
21:42dans une situation
21:42familiale précaire
21:44a reconnu les faits.
21:45La victime handicapée
21:46mentale était fragile.
21:50Jeudi 8 octobre 2020,
21:52un an après ses aveux,
21:54Damien Bessel participe
21:55à la reconstitution
21:56menée par la juge
21:58d'instruction de Perpignan,
21:59Emmanuel Deby.
22:01Il montre comment
22:02il a traîné Priscillia Gonzales
22:04sur 50 mètres
22:05jusque dans le cimetière
22:06d'Estagel.
22:07Il se souvenait
22:08qu'il y avait ici
22:09des couteaux.
22:10J'en ai vu un.
22:11J'ai interprété cela
22:12comme un signe,
22:13comme si je devais
22:14faire quelque chose avec.
22:15Il a donc frappé Priscillia.
22:17En revanche,
22:18le suspect dit
22:19n'avoir plus aucun souvenir
22:20de la tentative de viol.
22:22Lors de l'instruction,
22:23il avait reconnu
22:24avoir fait des recherches
22:25de pornographie nécrophile
22:27sur son ordinateur.
22:28J'étais curieux
22:29de voir ce dont il s'agissait,
22:31mais ce n'était pas
22:32mon genre de fantasme,
22:33assure-t-il.
22:34Le psychologue
22:35évoque un jeune homme
22:36particulièrement instable
22:37à la vie sexuelle perturbée.
22:39Devant le psychiatre,
22:40Damien Bessel
22:41avait nié tout intérêt
22:43pour la pornographie
22:44avant de reconnaître
22:45qu'il visionnait
22:46beaucoup de vidéos
22:48de ce genre,
22:49jusqu'à huit téléchargées
22:51par semaine.
22:55Sophie González,
22:56la maman,
22:56attend le procès
22:57du meurtrier
22:58de sa fille.
22:58On me dit
22:59que cet homme
23:00est pénalement responsable,
23:01qu'il n'a pas de troubles.
23:02Je ne veux pas partir
23:04de ce tribunal
23:05sans qu'il y ait
23:05une condamnation
23:06à la réclusion
23:07à perpétuité,
23:08assortie d'une peine
23:09de sûreté
23:09de 22 ans,
23:10déclare-t-elle
23:11dans le journal
23:11L'Indépendant.
23:13Sophie González ajoute
23:14« Je ne parle pas
23:15qu'au nom de Priscillia
23:16mais de toutes
23:17ces jeunes filles
23:18Lola,
23:19Justine
23:20qui subissent
23:21des atrocités.
23:22Il n'y a pas
23:23un seul matin,
23:24pas un seul soir
23:25où je ne pense
23:26pas à ma fille. »
23:29Et dans cette heure du crime,
23:30on retrouve l'un
23:31des avocats
23:32qui nous accompagnent
23:32aujourd'hui
23:33dans cette heure du crime,
23:33c'est Maître Gérald
23:34Brivey-Gallot,
23:35avocat de la famille
23:36de Priscillia.
23:38Vous êtes évidemment
23:39à cette reconstitution
23:40ou bien quelqu'un
23:41de votre cabinet
23:41y est en tout cas.
23:42Comment se passe
23:43justement
23:44cette reconstitution
23:45au cimetière ?
23:47Alors c'est ma consoeur
23:48Thibaut de Montauzon
23:49qui a assisté
23:50à cette reconstitution.
23:52On en a parlé
23:52par la suite
23:53et elle garde
23:54le souvenir
23:55d'un moment
23:55très oppressant.
23:57La nuit tombée,
23:58donc vous imaginez
23:59l'ambiance anxiogène
24:00qu'il pouvait y avoir
24:01et Damien était
24:03très à distance
24:05comme si finalement
24:05tout cela
24:06ne le préoccupait
24:07que peu
24:07et qu'il n'était
24:08pas très intéressé
24:09par ce qui se passait.
24:12Patrick Tégéraud,
24:13vous êtes avec nous
24:14dans cette heure
24:15du crime ?
24:16Alors il y a
24:16cette histoire
24:17effectivement
24:17de visionnage
24:19de vidéos porno,
24:20de nécrophilie,
24:21ça on va en parler
24:22beaucoup
24:23parce que ça rentre
24:23dans le profil
24:24de cet homme.
24:25On a retrouvé
24:25ces éléments
24:26chez lui.
24:27Oui, c'est quelqu'un
24:28qui vit la nuit,
24:29il dort la journée
24:30de 8h à 17h,
24:32en gros c'est ce qu'on va
24:33découvrir au cours
24:34de l'enquête
24:34et il passe séduit
24:35sur ses écrans
24:36et entre autres choses
24:36à regarder,
24:37de la pornographie,
24:38des choses assez gores,
24:39assez horribles.
24:40C'est un tout jeune homme
24:42qui en fait
24:43est en rupture de bande
24:44depuis très longtemps,
24:45qui a été désocialisé
24:47par sa vie familiale
24:48terrifiante
24:49et également
24:50par une absence,
24:52comment dirais-je,
24:53une intelligence
24:54très très très très moyenne
24:56et il le dit lui-même,
24:57s'il ne sort pas,
24:58s'il ne va pas voir les gens,
24:59s'il préfère rester
25:00devant des écrans,
25:01c'est parce qu'il a peur
25:02d'être violent
25:03avec les autres,
25:04il a peur de s'en prendre,
25:06il a des pulsions de mort,
25:07il le confiera
25:07au cours de l'enquête également.
25:10Maître Brive-Egalo,
25:11je rebondis
25:11sur ce que dit
25:13Patrick Tégéraud,
25:14la nécrophilie,
25:14l'attirance pour les actes
25:15sexuels sur des cadavres,
25:17c'est comme ça
25:17que l'on définit
25:19cette déviance,
25:21cette nécrophilie,
25:22elle est soulignée,
25:23les experts, c'est bien ça ?
25:24Ah oui, oui,
25:25c'est acté par les experts,
25:27donc on sait que
25:29Damien régulièrement
25:30ou visionnait
25:31ou téléchargé
25:32des images
25:32de cet ordre,
25:34on a eu la liste
25:35des titres
25:35qui ont été visionnés
25:36si je puis dire
25:37et qui a mis tout le monde
25:38dans un état assez particulier
25:39quand même,
25:40c'était très surprenant
25:41d'apprendre cela
25:42et cela rejoint aussi
25:43la localisation
25:45du passage à l'acte,
25:46le cimetière,
25:48le sang,
25:48le couteau,
25:49il y a toute une atmosphère
25:50très inquiétante
25:51qui relève
25:52d'une personnalité
25:53extrêmement dangereuse.
25:55Maître Pierre Alfort,
25:56vous le défendez,
25:57cet homme,
25:57et ce n'est pas facile
25:58pour vous évidemment
25:59de défendre ce garçon,
26:01Damien Bessel,
26:01je le rappelle son âge,
26:0218 ans,
26:03désocialisé,
26:04dans une famille compliquée,
26:06il avait en tête,
26:07c'est ce que nous disait aussi
26:08Patrick Tégéraud,
26:09il avait en tête
26:09ses envies de violence
26:10en permanence,
26:11sa remontée chez lui,
26:12il vous l'a confié,
26:13je pense.
26:16Il ne faut pas s'étonner,
26:17vous savez,
26:18des envies de violence,
26:20une violence importante
26:22chez lui,
26:23il ne faut pas aller chercher
26:24bien loin,
26:25il faut juste se pencher
26:27sur son enfance
26:29dont je vous parlerai
26:30tout à l'heure.
26:30Allez-y,
26:31dis-t'en plus,
26:32allez-y.
26:34Non mais sa vie
26:35n'a été faite
26:36que de violences,
26:37des violences psychologiques
26:38et des violences physiques.
26:43physique et sexuelle.
26:44Si vous voulez,
26:46il y a une grande responsable,
26:47alors il est responsable
26:48de ses actes,
26:49il n'y a pas de doute.
26:50Bien sûr.
26:50Il y a quand même
26:51une personne
26:52qui est à l'origine
26:53de la construction,
26:54plus exactement
26:54de la déconstruction
26:56de Damien Bessel,
26:57c'est sa mère,
27:00sa génitrice.
27:01À ce stade,
27:02on n'est pas une mère,
27:03une mère,
27:04une maman,
27:04c'est là pour aimer,
27:05c'est là pour élever.
27:06Une génitrice,
27:08c'est fait pour mettre au monde,
27:09c'est ce qu'a fait
27:09Mme Bessel,
27:11mettre au monde de Damien,
27:13lui faire subir des violences,
27:14le mettre au monde
27:15pour toucher
27:15des allocations familiales,
27:17faire passer,
27:18c'est un exemple
27:19qui vaut ce qu'il vaut,
27:20mais qui me semble
27:20être révélateur,
27:21faire passer les chats
27:22et les chiens
27:22avant son fils,
27:24il mangeait mieux
27:25que son fils,
27:27permettre à son fils
27:28de visionner
27:30des vidéos,
27:32des mangas pornographiques
27:33avec sa sœur,
27:37tout ça avec l'aval
27:38de la mère,
27:40accepter,
27:40me semble-t-il,
27:42ça c'est Damien Bessel
27:43qui l'a dénoncé,
27:44pourquoi ne pas le croire,
27:45accepter qu'un de ses compagnons
27:48fasse subir des agressions sexuelles
27:51voire des viols à son fils,
27:52donc c'est une vie de violence,
27:55donc en fait,
27:56à ce moment-là,
27:56il ne faut pas s'étonner
27:57qu'il y ait une violence
27:58extrême en lui,
27:59qui se manifeste
28:01le jour des faits,
28:02encore une fois,
28:03ce n'est pas une excuse.
28:03Moi, je voudrais juste revenir
28:04sur la reconstitution,
28:07c'est vrai,
28:08comme le disait mon confrère
28:08à juste titre,
28:09c'était un moment très oppressant,
28:10moi j'y étais,
28:10j'étais présent,
28:12c'était d'autant plus oppressant,
28:14et ça fait froid dans le dos,
28:15pardon de vous le dire,
28:18que Priscilia est enterrée
28:19à trois mètres de l'endroit
28:20où a eu lieu la reconstitution,
28:22à trois mètres de l'endroit
28:22où elle a été tuée,
28:23alors je ne sais pas
28:24qui est responsable
28:25de cet état de fait,
28:25mais j'ai tendance à penser
28:27que c'est quand même
28:28quelque chose
28:28qui est extrêmement particulier,
28:30qui est assez dérangeant.
28:32Ensuite, pour répondre
28:33à mon confrère,
28:35Damien Bessel,
28:35lors de la reconstitution,
28:36n'était pas à distance
28:37de la reconstitution.
28:40D'ailleurs,
28:41sa consoeur
28:42qui a assisté
28:43à la reconstitution
28:44a dit exactement l'inverse,
28:46je l'ai entendu
28:46il y a quelques jours
28:47lors d'un reportage
28:51sur un autre média
28:52en indiquant que justement
28:53Damien Bessel
28:54en avait trop fait
28:54et en avait trop dit.
28:55Damien Bessel,
28:56lors de cette reconstitution,
28:58il a été tel qu'il est,
29:00il s'est approché
29:01au plus de la vérité
29:04et de la réalité,
29:05il a tenté
29:06d'apporter son soutien
29:10à la justice.
29:11Et là, encore une fois,
29:12ça me semblait
29:12être la moindre des choses.
29:13Voilà ce que je peux vous dire.
29:15Mais c'est bien exprimé,
29:16Maître,
29:16vous avez bien décrit
29:17effectivement ce personnage,
29:19Damien Bessel,
29:20qui va être jugé.
29:23Priscillia Gonzales,
29:24la morte dans le cimetière.
29:26Il n'y a pas un jour
29:27où je ne me sens pas coupable
29:29de ne pas avoir su la protéger.
29:31Elle ne méritait pas ça,
29:32l'enquête de l'heure du crime.
29:33On se retrouve dans un instant
29:34sur RTL.
29:37Toute la journée,
29:38RTL vous accompagne.
29:42RTL, votre radio.
29:49Au programme de l'heure du crime,
29:50le meurtre de Priscillia Gonzales,
29:5218 ans,
29:53dans un village des Corbières,
29:54en 2019.
29:55Son corps avait été retrouvé
29:56dans le cimetière.
29:57La victime était vulnérable
29:59à atteinte d'un handicap mental.
30:01Son meurtre est présumé,
30:0218 ans à l'époque,
30:03et jugé 3 ans après les faits.
30:09Lundi 31 octobre 2022,
30:11Damien Bessel,
30:1221 ans,
30:13est dans le box des accusés
30:14de la cour d'assises
30:15des Pyrénées-Orientales,
30:16à Perpignan.
30:17Fines lunettes rectangulaires,
30:19pull foncées,
30:20teint pâle,
30:21cheveux coupés courts.
30:22Je ne voulais pas la tuer.
30:24C'était de la peur,
30:25du stress.
30:25Je n'ai pas réfléchi,
30:26affirme-t-il.
30:27A l'époque des faits,
30:28il venait de fêter ses 18 ans.
30:30Il raconte une enfance
30:31et une adolescence catastrophiques.
30:34Une mère néfaste,
30:35selon lui.
30:36Elle lui jetait dessus
30:37des fourchettes et des couteaux.
30:39A 6 ans,
30:39il fumait des cigarettes.
30:40A l'école,
30:41il était la tête de Turc
30:42de ses camarades.
30:43Il a cette phrase.
30:44Ma mère me disait
30:45de répondre,
30:47de frapper.
30:48Damien Bessel reconnaît
30:49avoir peur
30:50de sa propre violence
30:52qu'il n'arrive pas
30:53à contrôler.
30:57Mercredi 2 novembre,
30:59Damien Bessel est longuement interrogé
31:00sur la mort de Priscillia González.
31:03La violence s'est emparée de moi,
31:04mais je ne me rappelle pas
31:06ce que j'ai fait avec elle,
31:07dit-il.
31:08Il a aperçu la lame
31:09d'un couteau.
31:10Dans ma tête,
31:11c'était maintenant
31:12tu n'as plus le choix.
31:13Si elle parlait,
31:14tout le monde saurait
31:15ce qui s'est passé.
31:16Il ajoute,
31:17je n'ai pas eu envie
31:18de voir à quoi elle ressemblait.
31:20J'ai détourné le regard.
31:21C'était trop horrible pour moi.
31:23Priscillia me hante.
31:25Sophie González,
31:26la maman témoigne.
31:28Aujourd'hui,
31:28nous ne sommes que tristesse.
31:30Il n'y a pas un jour
31:31où je ne me sens pas coupable
31:32de ne pas avoir su la protéger.
31:34La maman s'adresse à l'accusé.
31:36On ne peut pas accepter
31:38des gens comme toi
31:38dans la société.
31:39Tu fais peur.
31:41Damien Bessel répond simplement.
31:42Je suis totalement d'accord.
31:45L'avocate générale
31:46réclame la perpétuité.
31:49Et on va voir évidemment
31:50ce que va donner ce verdict
31:51dans le chapitre suivant
31:53de l'heure du crime.
31:54Maître Pierre Alfort,
31:55vous êtes avec nous
31:55depuis le début de cette émission.
31:57Avocat de Damien Bessel.
32:00Il dit quelque chose
32:01de très fort,
32:03Damien Bessel.
32:04Avec ses mots,
32:04d'ailleurs,
32:05c'est parfois un peu compliqué.
32:06Pour lui,
32:06il ne se souvient pas de tout,
32:07mais il va dire
32:09Priscillia me hante.
32:10Il vous l'avait déjà dit,
32:11ça, sans arrêt ?
32:14Priscillia le hante.
32:15J'ai tendance à considérer
32:16que Damien Bessel
32:19hante la maman de Priscillia.
32:20Il faut quand même
32:23resituer les choses
32:24dans le bon ordre.
32:27Non, mais il vit
32:29avec des faits terribles.
32:32Il va devoir vivre
32:32avec des faits terribles
32:33au-delà de la peine
32:34qui lui a été infligée.
32:36Moi, j'ai le souvenir,
32:38puisque vous parlez du procès,
32:39d'une famille exemplaire,
32:42la famille de Priscillia,
32:43d'une mère,
32:45d'une attitude exceptionnelle
32:47qui a même dit
32:48à un moment,
32:49après que le CV
32:51ou l'avis de Damien Bessel
32:53a été énoncé,
32:54elle a même dit
32:55il pourrait presque
32:56me faire de la peine.
32:57Donc, c'est quelqu'un
32:58qui a été d'une très grande dignité,
33:01d'une très grande humanité.
33:02Je ne sais pas
33:02si j'en serais capable.
33:03Ce qu'il y a de sûr,
33:04c'est que ce procès
33:05s'est bien déroulé
33:05parce que nous avions
33:07une famille très digne,
33:09des avocats très dignes aussi,
33:10en partie civile,
33:11en défense,
33:12je n'en sais rien.
33:13Et une avocate générale
33:15qui a fait son travail,
33:17qui a sûrement,
33:17pour moi,
33:18été excessive
33:18en demandant
33:19la réclusion criminelle
33:20à perpétuité,
33:21mais sinon,
33:22l'audience s'est déroulée
33:23dans une atmosphère
33:26en ne pas plus sereine.
33:28C'était malgré tout important.
33:30Bien sûr,
33:30et vous avez raison
33:31de le souligner,
33:31et c'est très bien
33:32que vous,
33:32avocat de la défense,
33:34vous soulignez ce fait
33:34et la dignité de cette famille.
33:36Maître Alfort,
33:37juste encore une petite question.
33:38Qu'est-ce qu'il y a de...
33:40Vous êtes avocat,
33:40vous connaissez bien
33:41la chose pénale,
33:42les assises, etc.
33:43Ça n'a pas de secret pour vous.
33:44Qu'est-ce qu'il y avait
33:45de difficile
33:46à défendre cet homme,
33:48Damien Bessel ?
33:48Est-ce que vous avez
33:50senti un mur chez lui ?
33:51Qu'est-ce qu'il y avait
33:51de compliqué ?
33:52Au-delà de Damien Bessel,
33:55ce qu'il y a de difficile,
33:56monsieur,
33:57c'est de défendre
33:58des meurtriers d'enfants.
34:00On passe dans une autre dimension.
34:03Alors, je ne dis pas
34:04que la vie de personnes adultes,
34:07les vies valent moins
34:08que celles des enfants,
34:09mais défendre un criminel d'enfants
34:11est extrêmement difficile
34:12pour l'avocat que je suis
34:13et pour l'homme que je suis.
34:15Ça, c'est la première chose.
34:16Et concernant Damien Bessel,
34:17il a fait ce qu'il pouvait
34:18avec les moyens qui étaient les siens.
34:19C'est quelqu'un qui a reconnu,
34:21c'est quelqu'un qui a été...
34:23On ne peut plus clair et loyal
34:25avec ses juges.
34:26Il a même dit...
34:27Enfin, ce n'est pas rien.
34:28Ça lui a été reproché,
34:29mais ce n'est pas rien.
34:29Il a même dit...
34:30Heureusement qu'on m'a arrêté
34:31parce que j'aurais pu commettre
34:33d'autres crimes.
34:35Moi, je crois qu'au-delà
34:36de l'arrestation de Damien Bessel,
34:38ce qui sauve actuellement
34:40Damien Bessel,
34:42quelle que soit la peine
34:42qui lui a été infligée,
34:43c'est que pour une fois dans sa vie,
34:45en étant incarcéré,
34:46il a un cadre.
34:47Il a un cadre.
34:48Je comprends.
34:49Il a ce qui lui a toujours manqué,
34:50c'est-à-dire un mur
34:52qui peut l'arrêter.
34:53Et donc, j'espère
34:55qu'il mettra à profit
34:56ces longues années de prison
34:59pour essayer de comprendre
35:00et pour essayer de progresser.
35:01Voilà ce que je peux vous dire.
35:03Maître Brevet et Gallo,
35:04vous défendez, vous,
35:05la famille de Priscillia.
35:06Maître Alfort,
35:07votre confrère,
35:08vient de le dire.
35:09Cette famille,
35:09elle s'est comportée
35:10de manière exemplaire
35:11à ce procès.
35:12D'ailleurs,
35:12pendant toute l'instruction,
35:13les paroles de Sophie Gonzales,
35:15la maman,
35:15elle résonne très fort
35:16dans cette cour d'assises.
35:18Mme Gonzales a eu ce courage,
35:21cette volonté incroyable
35:23d'aller au-delà de son chagrin
35:25pour se poser
35:25dans une attitude
35:27de compréhension.
35:29Pourquoi ce jeune homme,
35:30qu'elle a dû croiser au village,
35:32pourquoi ce jeune homme,
35:33un soir,
35:33a décidé de lui enlever sa fille ?
35:35Mme Gonzales n'était pas
35:36dans une attitude
35:37d'invective,
35:39mais au contraire,
35:40elle est restée
35:41dans une attitude
35:41extrêmement digne
35:42et cherche fort à comprendre.
35:44Dans sa personnalité,
35:45comprendre lui permettait
35:47peut-être d'avancer
35:48dans ce chemin terrible
35:49qui a commencé
35:51après le décès de sa fille.
35:52Patrick Tégéraud,
35:53un mot là-dessus
35:54sur la famille Gonzales
35:55dans ce village
35:57des Corbières,
35:58une famille qui était connue,
36:00qui est connue,
36:00estimée,
36:01très digne,
36:02et pendant toutes les investigations ?
36:05Oui, tout à fait.
36:06Je me souviens très bien
36:07de la maman de Priscillia
36:08que j'avais rencontrée
36:09lors d'une espèce
36:10de mini-conférence de presse
36:11organisée,
36:12parce que c'est vrai
36:13qu'à l'époque,
36:14les chiens étaient lâchés
36:15et on voulait tous
36:16faire l'interview
36:17de la maman de Priscillia.
36:18Et par l'intermédiaire
36:19d'une association
36:20menée par deux femmes
36:22absolument admirables
36:22qui s'appelle
36:23l'association Fripouille,
36:24c'est une friprie sociale,
36:26on avait organisé
36:27une espèce de pseudo
36:28point presse
36:29où les quelques reporteurs
36:30que nous étions
36:31ont enfin pu
36:32discuter avec cette femme
36:33qui était absolument
36:35gigantesque.
36:36Sa douleur,
36:37elle nous l'exprimait,
36:38elle nous l'exprimait
36:38simplement,
36:39calmement,
36:39et elle nous a même parlé,
36:41beaucoup d'ailleurs,
36:42de la douleur
36:43que pouvait ressentir
36:44la mère de Damien.
36:45Ah oui.
36:45Et ça, c'était
36:46d'une générosité
36:46absolument extraordinaire.
36:48Quatre jours de procès
36:50puis le verdict.
36:51Priscillia Gonzales,
36:52la morte dans le cimetière.
36:54Un acte commis
36:55dans la froideur
36:56et l'indifférence
36:56par un homme
36:57sans pathologie
36:58et sans aucune empathie.
37:00l'enquête de l'heure du crime.
37:01Je vous retrouve tout de suite
37:02sur RTL.
37:03J'ai trop tensé sur la piste,
37:06pleuré sur la piste.
37:07Merci.
37:08Pichot sur la piste.
37:10D'écouter RTL.
37:11Dis-moi, c'est quoi le prix ?
37:18Dans l'heure du crime,
37:21le meurtre de Priscillia Gonzales,
37:23cette handicapée mentale,
37:2518 ans,
37:25avait été retrouvée morte
37:27à l'été 2019
37:27dans le cimetière
37:28d'un village des Corbières.
37:30Un jeune habitant
37:31du village avait avoué.
37:33Jugé trois ans
37:33après les faits,
37:34le verdict va tomber.
37:39Jeudi 3 novembre 2022,
37:41Damien Bessel
37:42est condamné
37:42à 30 ans de prison,
37:44assorti d'une peine
37:45de sûreté de 20 ans
37:46pour la tentative
37:47de viol,
37:47l'agression sexuelle
37:49et le meurtre
37:50de Priscillia Gonzales.
37:51L'avocate générale,
37:52Céline Staub,
37:53avait décrit
37:54un crime marqué
37:55par la froideur
37:56et l'indifférence
37:57commis par un homme
37:58sans pathologie
37:59et sans aucune empathie.
38:05Lors des débats,
38:06maître Gérald Brivé-Gallot,
38:07avocat de la partie civile,
38:08avait décrit Priscillia
38:09comme une jeune femme
38:11sans colère.
38:12Car elle était sans malice,
38:13elle n'avait peur de personne.
38:15Pour moi,
38:16il avait fait du mal
38:16à mon bébé
38:17et je lui ai dit
38:18que ce qu'il avait fait
38:21était horrible,
38:22qu'il m'avait arraché
38:23une partie des entrailles.
38:24Priscillia,
38:24c'était le petit noyau.
38:25La famille,
38:26c'était celle
38:27qu'on protégeait,
38:28celle que...
38:29Voilà.
38:32La voix a brisé
38:33de Sophie Gonzales,
38:34la maman de Priscillia.
38:35C'était dans l'émission
38:36chronique criminelle.
38:39Maître Pierre Alfort,
38:40un mot sur ce verdict.
38:41Évidemment,
38:41vous vous attendiez
38:42à une peine
38:43qui est lourde.
38:44L'avocat général
38:45avait demandé
38:45la perpétuité.
38:4730 ans de prison.
38:49On est dans la logique
38:50de ce qui a pu se dérouler
38:52lors de cette enquête
38:53et lors des débats
38:54devant la cour d'assises ?
38:56Oui.
38:57Nous ne sommes pas loin
38:58d'une peine adaptée.
39:00D'ailleurs,
39:00Damien Bessel
39:01n'a pas relevé
39:02appel de cette décision.
39:05La réclusion criminelle
39:06à perpétuité
39:07me semblait excessive.
39:08Cette peine éliminatoire
39:10doit être réservée
39:11à des profils différents.
39:15Il me semblait
39:15que compte tenu
39:16du jeune âge
39:17de Damien Bessel
39:19et de l'histoire
39:20qui était absolument terrible,
39:21qui était la sienne,
39:22une peine de 30 ans
39:24était adaptée
39:26et absolument pas
39:27à la réclusion criminelle
39:27à perpétuité.
39:28Alors,
39:28il y a des mots,
39:29j'ai relevé
39:30dans les comptes rendus
39:32d'audience,
39:32des mots qui ont porté,
39:33c'est vous qui vous les avez prononcés,
39:35maître Pierre Alfort.
39:37Vous avez dit,
39:38cet homme,
39:38on l'a fabriqué.
39:39Il n'est pas né meurtrier,
39:41on l'a fabriqué.
39:42Là,
39:42vous pensez évidemment
39:42à son entourage familial
39:43et notamment à sa mère
39:44qui avait été violente avec lui.
39:47On ne l'a pas fabriqué,
39:49on l'a détruit.
39:50Sa génétrice,
39:52la détruit,
39:53vous savez,
39:54Damien Bessel,
39:54ce n'est pas un dégénéré,
39:56c'est un mal généré.
39:58C'est une évidence.
40:01Cette génétrice
40:02est à l'origine
40:03de beaucoup de choses.
40:05Ce gosse
40:06n'a jamais été aimé,
40:08n'a jamais été soutenu,
40:09n'a pas été élevé
40:10et donc,
40:11à tous les sens du terme d'ailleurs,
40:13et il a été élevé
40:15dans la violence
40:15et ça ne peut...
40:16Alors,
40:17ce n'est pas toujours le cas,
40:17bien évidemment,
40:18et heureusement,
40:19mais il avait le profil type
40:21de la personne
40:21qui était susceptible
40:22de passer à l'acte,
40:24ce qui n'a malheureusement
40:25pas manqué d'arriver.
40:27Maître Brivée-Galot,
40:28vous êtes avec nous,
40:29vous êtes l'avocat
40:30de la famille de Priscillia.
40:32Votre cliente,
40:33Sophie Gonzales,
40:34elle espérait,
40:34elle, une peine
40:35à la perpétuité,
40:36elle ne voulait plus
40:37le voir sortir,
40:38cet homme,
40:38c'est bien ça ?
40:39Alors,
40:40elle était dans une attitude
40:41qui n'était pas
40:42une attitude
40:43de haine
40:44ou de vengeance,
40:45elle voulait simplement
40:46que la justice soit faite
40:47et je n'ai jamais noté
40:48chez ma cliente
40:50et les membres
40:51de sa famille
40:51une volonté
40:52de vengeance
40:53et de haine,
40:53mais simplement
40:54que cet individu
40:56soit puni
40:56pour ce qu'il a fait
40:58et aussi
40:59qu'il puisse être empêché
41:01de commettre
41:01d'autres crimes
41:02par la suite.
41:03Est-ce que la famille
41:04de Priscillia
41:04est sortie,
41:05alors c'est un bien grand mot
41:07parce que c'est même
41:08un mot qui est incorrect,
41:09mais est-ce qu'elle est sortie
41:11apaisée
41:11de ce procès ?
41:13La famille
41:14de Priscillia
41:15est sortie
41:16de ce procès
41:17pas apaisée,
41:18mais en tout cas
41:20restaurée
41:22et satisfaite
41:23que la justice
41:24se soit prononcée
41:25aussi sévèrement.
41:28Maître Pierre Alfort,
41:30Damien Bessel,
41:31évidemment,
41:31il est toujours
41:32incarcéré aujourd'hui.
41:33Est-ce que vous savez
41:34s'il a un traitement ?
41:35Est-ce qu'il est suivi
41:36par des psychiatres ?
41:37Est-ce qu'il est entouré ?
41:38Est-ce que vous avez
41:38des nouvelles ?
41:40Alors,
41:40pour être tout à fait
41:41honnête avec vous,
41:42à l'issue du procès,
41:44j'ai salué
41:45Damien Bessel,
41:46il m'a remercié
41:47et je n'ai plus
41:48de nouvelles
41:49de sa part
41:50et je n'en attends
41:50pas forcément d'ailleurs.
41:51donc je ne peux pas
41:53vous en dire beaucoup plus.
41:54Vous avez coupé
41:54les ponts, évidemment.
41:55Oui, j'espère juste
41:58que, je vous le disais
41:59tout à l'heure,
41:59qu'il mettra à profit
42:00ces longues années
42:01de prison
42:02pour tenter,
42:03parce que ce n'est pas simple
42:04en détention,
42:05tenter de faire
42:07un travail sur lui-même
42:09qui lui permettra peut-être
42:11d'évoluer positivement.
42:14Ce n'est pas gagné
42:15compte tenu de la difficulté
42:16qu'on est détenu
42:17pour être soigné
42:18et ce n'est sûrement
42:19pas gagné non plus
42:20parce que Damien Bessel
42:21est encore jeune
42:21et qu'il va falloir
42:23qu'il prenne sur lui
42:24pour essayer de comprendre
42:25et pour essayer
42:26de mieux se connaître
42:27et surtout mieux connaître
42:29l'histoire qui a été la sienne.
42:31L'assumer d'ailleurs.
42:32L'assumer pour pouvoir
42:34passer à autre chose.
42:35Il avait émis des regrets
42:37qui, selon vous,
42:38sont sincères
42:38quand il disait...
42:40Vous savez,
42:41j'ai passé l'âge,
42:43les regrets,
42:44les remords aux assises,
42:45c'est...
42:47Vous regrettez,
42:48vous émettez des remords,
42:49on considère que c'est
42:50un peu tard
42:51et si vous ne regrettez pas,
42:52on vous le reproche.
42:53Donc là aussi,
42:54ça ne va jamais.
42:55Je ne sais pas
42:55s'il a regretté.
42:56Le plus important pour moi,
42:58c'est qu'il est...
42:58Et c'était la moindre des choses,
43:00c'est qu'il est tenté
43:02de se rapprocher au plus
43:03de la vérité,
43:04de la réalité,
43:05de cette terrible affaire.
43:06De tenter de s'expliquer.
43:08En tout cas,
43:08Patrick Tegéraud,
43:09encore un mot,
43:10dans ce village
43:10où s'est passé le drame,
43:12dans ce cimetière
43:13où s'est passé le drame,
43:15ça a beaucoup marqué encore,
43:17cette histoire,
43:17on en parle encore beaucoup.
43:20Estagel,
43:20c'est le village de Priscillia.
43:21C'est un village
43:22qui a été partagé,
43:23bien entendu.
43:24Imaginez-vous que quand
43:25Damien Bessel
43:26est mis en accusation,
43:29qu'il est placé
43:29en garde à vue,
43:30les gendarmes
43:31exfiltrent
43:33son frère,
43:34sa mère,
43:35pour que justement,
43:36il n'y ait pas de tentative
43:37de représailles
43:38parce qu'on en était là.
43:39Il y avait des camps
43:40qui s'étaient constitués.
43:41C'était une ambiance
43:43absolument terrible
43:44dans Estagel à cette époque-là.
43:46Maître Gérald Brive-Egalo,
43:47dernière question avec vous.
43:48Est-ce qu'il reste quand même
43:49des zones d'ombre
43:50dans cette affaire
43:51où presque tout a été dit ?
43:53On ne saura jamais
43:53comme beaucoup d'autres choses
43:54dans ce dossier.
43:55On sait la surface.
43:56La surface,
43:57on la connaît.
43:57Il n'y a presque aucune
43:58difficulté là-dessus
43:59sur comment elle a suivi
44:01la cigarette,
44:02le ciletière,
44:03le couteau,
44:04ce corps qui lui dit
44:05de commettre ses faits.
44:06Mais est-ce que ce lieu
44:08a été choisi volontairement ?
44:10Est-ce qu'il y a eu
44:12des agressions
44:13de nature sexuelle
44:14commises après le décès ?
44:15Toutes ces questions
44:16restent en suspens.
44:17Il n'y a que Damien Bessel
44:18qui les connaît
44:19et qui ne nous a pas répondu.
44:21Merci beaucoup
44:22Maître Gérald Brive-Egalo,
44:24Maître Pierre Alfort
44:24et Patrick Tégéraud
44:25d'avoir été les invités
44:26de l'heure du crime.
44:27Merci à l'équipe de l'émission,
44:28rédactrice en chef
44:29Justine Vigneault,
44:30préparation Marie Bossard-Lili,
44:32l'abbaye,
44:32réalisation en direct.
44:33Nicolas Godet.

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