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  • il y a 17 minutes
Guy Georges, enfant perdu selon les psychiatres, devenu l'un des plus effrayants tueurs en série français. Entre 1991 et 1997, il a violé et égorgé sept jeunes femmes. Il les suivait la nuit, à la manière d'un braconnier. Condamné à la perpétuité, toujours en prison, son parcours criminel demeure pourtant flou. Il est réétudié.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:0114h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:05La cavale du tueur en série de l'Est parisien est terminée.
00:08L'aboutissement pour les policiers d'une enquête de 3 ans.
00:11Guy Georges, un marginal de 35 ans, a été arrêté hier matin près du métro Blanche dans le 18ème arrondissement
00:17de Paris.
00:18Bonjour, Guy Georges, enfant perdu selon les psychiatres, devenu l'un des plus effrayants tueurs en série français.
00:26Entre 1991 et 1997, il a violé, égorgé 7 jeunes femmes.
00:32Il les suivait la nuit à la manière d'un braconnier.
00:36Condamné à la perpétuité, toujours en prison, son parcours criminel demeure pourtant flou.
00:40Il est réétudié et s'il avait tué une autre femme, Guy Georges, la 8ème victime, l'heure du crime.
00:49La seule émission Radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:01Samedi 26 janvier 1991, peu après minuit, 4 policiers de la brigade criminelle de Paris, gantés de latex,
01:10sont à l'œuvre dans un petit studio au 6ème étage du 41 de la rue de Lambre, quartier de
01:16Montparnasse.
01:16Sous leurs yeux, le corps ensanglanté d'une jeune femme blonde, gilla en travers du lit.
01:22En partie dénudée, elle a été violée, sans doute plusieurs fois, puis égorgée.
01:27La victime s'appelle Pascale Escarfaille, 19 ans, étudiante à la Sorbonne.
01:32Ses parents n'avaient plus de nouvelles d'elle depuis deux jours.
01:35La dernière fois que des amis l'ont vue, c'était jeudi.
01:38Elle est rentrée chez elle après 23 heures.
01:41Le meurtrier n'a pas laissé d'empreinte.
01:43Le soutien-gorge a été coupé entre les deux bonnets, la culotte sur les côtés.
01:48Avril 1992, 15 mois après le meurtre de Pascale Escarfaille, boulevard Malzerbe,
01:55une jeune femme se sent suivie.
01:57Arrivée devant chez elle, elle laisse passer devant elle l'individu, compose son code,
02:03mais elle est aussitôt poussée dans le hall, un opinel placé sous la gorge.
02:08Elle hurle, l'homme s'enfuit, rattrapé par la police.
02:11Il s'appelle Guy Georges, 29 ans, sans emploi, désocialisé et déjà un très solide casier judiciaire.
02:18Il vient tout juste de sortir de la prison de Caen.
02:21Il purgeait une peine de 10 ans pour un viol avec violence.
02:25Avant cela, tout juste majeur, il avait déjà violé et poignardé sans la tuer une jeune femme.
02:31Pour cette dernière agression à l'opinel,
02:34Guy Georges est condamné cette fois à 5 ans de prison, dont 3 avec sursis.
02:42Samedi 5 novembre 1993, 2 ans après sa dernière attaque,
02:48Guy Georges, 31 ans, est de nouveau libre.
02:51Deux mois plus tard, Cathy Rocher, 27 ans, assistante en marketing,
02:56est retrouvée morte dans un parking du 12e arrondissement.
02:59Sa gorge compte 10 entailles de couteaux, son soutien-gorge, sa culotte, son pantalon ont été découpés,
03:06de la même façon que pour Pascal Escarfaille.
03:09Novembre 1994, Elsa Benadie, 22 ans, attachée de presse, est découverte sans vie dans sa voiture,
03:16dans le parking de son immeuble, dans le 13e arrondissement.
03:19Violé et gorgé, soutien-gorge sectionné entre les deux bonnets.
03:23Cette fois, la brigade criminelle fait un lien direct entre les trois meurtres.
03:28Les policiers ont même une empreinte digitale détectée sur la lunette arrière de la voiture
03:33et une goutte de sang sur un prospectus.
03:35Un mois plus tard, c'est Agnès Nischkamp, 32 ans, hollandaise, décoratrice d'intérieur,
03:43qui succombe sur le palier de son appartement, quartier de la Bastille.
03:47Un détraqué rôde dans Paris.
03:49La presse évoque un tueur de l'Est parisien.
03:53Six mois passent, quartier de la Bastille.
03:56Elisabeth Ortega, 23 ans, psychomotricienne, est attaquée par un homme en rentrant chez elle.
04:03Il l'emmène dans sa chambre.
04:05L'inconnu fume des cigarettes.
04:07Il dit qu'il est en cavale.
04:08Il lui attache les mains.
04:09Il la baillonne car, explique-t-il, il veut dormir tranquille.
04:12Il se lève pour éteindre la lumière de la mezzanine au-dessus d'eux.
04:16La victime parvient à se libérer.
04:17Elle s'enfuit en sautant du premier étage.
04:20Même lien, même mode opératoire.
04:23Elisabeth Ortega a bien été victime du tueur de l'Est parisien.
04:27Elle peut décrire son visage.
04:29Qui plus est, il a laissé son ADN sur des mégots.
04:36Du 8 juillet 1995 au 15 novembre 1997, le tueur fait trois nouvelles victimes.
04:42Hélène Frinking, Magali Siroti, Estelle Magde.
04:45Au total, il a tué sept fois.
04:48Un cauchemar pour les policiers qui ont des empreintes.
04:51La description détaillée du meurtrier.
04:52Son mode opératoire.
04:54Mais ils ne parviennent pas à l'identifier.
04:56Aucun fichier ADN existe.
04:58Le juge d'instruction Gilbert Thiel, chargé du dossier,
05:02demande que la trace ADN retrouvée sur les mégots chez Elisabeth Ortega
05:06soit comparée aux ADN connus dans d'autres affaires criminelles.
05:10Travail fastidieux, décourageant, mais payant.
05:14Trois mois après le dernier crime, 23 mars 1998, un nom apparaît.
05:19Enfin, Guy Georges, 35 ans, interpellé trois jours plus tard,
05:23à 12h45, à la sortie de la station du métro Blanche.
05:29Et tout le monde se souvient de cette arrestation.
05:31Parce que cet homme se met la terreur depuis de très très longs mois dans Paris.
05:36Guy Georges, c'est grâce aux très expérimentés,
05:39et parfois rugueux, il faut bien le dire, Gilbert Thiel, ce juge,
05:42qu'on a trouvé finalement la trace et qu'on est retombé sur Guy Georges.
05:46Il a fallu beaucoup d'entêtements de la part de la justice et de la police
05:49pour retrouver cet homme.
05:51On va voir ce que vont donner ces très longues vérifications
05:54dans la suite de l'heure du crime,
05:56parce qu'il va falloir comptabiliser les crimes
05:57et surtout arriver à les établir.
06:0091, 97, presque une décennie.
06:03Une décennie, c'est très rare pour un tueur
06:05qui reste toujours d'ailleurs dans le même secteur.
06:07Surtout ça, Guy Georges, il ne voyage pas.
06:09Presque une décennie, sept jeunes femmes violées et gorgées.
06:12Bonjour Thibault Solano.
06:14Bonjour.
06:14Merci beaucoup d'être avec nous dans l'heure du crime,
06:16directeur adjoint de la rédaction de Marianne,
06:19avec ce livre qu'on a déjà cité dans cette émission,
06:22mais que je rappelle, sommes-nous passés à côté de Tueurs en série
06:24aux éditions Robert Laffont.
06:26C'est passionnant parce que les Tueurs en série,
06:28on n'a jamais fini de parler d'eux.
06:29On retrouve toujours des victimes,
06:31on retrouve toujours des indices,
06:33on retrouve toujours des suspicions.
06:34Et ça, c'est tout à fait étonnant et passionnant.
06:36Et puis, vous êtes l'auteur dans Marianne,
06:39aujourd'hui, d'un article sur le meurtre de Christine Fauret.
06:42Alors, Christine Fauret, on va y revenir,
06:44mais elle pourrait être la huitième, huitième victime de Guy Georges.
06:48C'est une révélation, aujourd'hui, que vous nous faites dans cette heure du crime.
06:51Pourquoi c'est si long pour arrêter Guy Georges ?
06:54Alors, il y a plusieurs raisons.
06:55D'abord, on est effectivement dans les années 90.
06:58Il n'y a pas de FNEG.
06:59Il n'y a pas de fichier des empreintes génétiques.
07:03La police scientifique n'est pas aussi avancée qu'elle l'est aujourd'hui.
07:05Ça, c'est une première raison.
07:07Une deuxième raison, on a deux groupes d'enquêteurs sur les crimes commis à Paris
07:12au cours de cette décennie.
07:14Deux groupes d'enquêteurs qui ne se parlent pas forcément
07:16et même qui ne s'entendent pas forcément, d'un point de vue relation humaine.
07:20Et puis, il y a d'autres choses.
07:23Il y a un véritable loupé.
07:24En 1995, cette année-là, Guy Georges agresse une jeune femme.
07:30Il s'enfuit parce que le petit ami de la jeune femme est présent.
07:34Il est donc arrêté et auditionné dans l'affaire des meurtres en série de l'Est parisien.
07:40Et en fait, il va être exclu à ce moment-là pour plusieurs raisons.
07:45D'abord parce qu'il y a une victime qui a survécu à une attaque qui ne le reconnaît pas,
07:49qui a plutôt fait le profil d'un homme d'origine maghrébine, ce qui n'est pas le cas.
07:53Ensuite, il y a cette fameuse empreinte de pas, de pied, sur une scène de crime qu'on appelle pied
07:58égyptien.
07:59Le pied égyptien.
08:00Ça va faire beaucoup parler parce qu'évidemment, on va se dire, après tout,
08:03on va comparer le pied de Guy Georges, ça ne marche pas, etc.
08:06Il va y avoir beaucoup de choses comme ça.
08:07Comme quoi, les témoignages humains sont fragiles.
08:09Exactement.
08:10Il faut bien le répéter, Thibaut Solano.
08:11Vous faites beaucoup de faits divers, vous êtes habitués à ça.
08:14C'est fragile comme témoignage.
08:16Bonjour, Maître Florence Rau.
08:17Bonjour.
08:19Avocate de Nathalie David.
08:21Alors, Nathalie David, c'est une rescapée.
08:23Oui.
08:24On va en parler un peu plus tard dans cette heure du crime,
08:26mais c'est très important, son témoignage.
08:28Et puis, vous êtes l'avocate également de deux victimes,
08:31en tout cas des familles de deux victimes,
08:33Catherine Rocher et Hélène Frinkink,
08:35qui font partie des sept femmes tuées par Guy Georges.
08:39Je le dis, Guy Georges, si c'est aussi difficile aussi de le rattraper à ce moment-là,
08:43c'est qu'il est totalement désocialisé.
08:46Oui.
08:47C'est compliqué avec lui, il n'y a pas de témoignage direct.
08:50Il est un peu freelance du crime, j'ai envie de dire, en indépendance totale.
08:54Oui, je ne sais pas si on peut dire ça comme ça,
08:55mais en tout cas, c'est effectivement quelqu'un d'assez marginal,
08:58qui peut vivre dans des squats,
09:02qui peut dormir à droite, à gauche,
09:04il n'a pas vraiment de domicile fixe,
09:06il est un peu insaisissable.
09:08Donc, un jour, il est là, le lendemain, il est ailleurs.
09:09Et puis, c'est quelqu'un qui n'est pas non plus très socialisé
09:13dans la mesure où il n'écoute pas la télé, la radio.
09:17Enfin, il ne fait pas ce que vous faites,
09:18ce que nous faisons tous tous les jours.
09:20C'est un tueur d'habitude, il tue toujours de la même façon.
09:23Il tue toujours de la même façon,
09:24ça se produit toujours de la même façon
09:26et ça se déclenche toujours de la même façon.
09:28Et ça se termine aussi, hélas, toujours de la même façon.
09:31C'est-à-dire, un coup dans la carotide et c'est terminé.
09:34Le jeu est fini.
09:35Il y a une espèce d'acharnement, comme ça.
09:37Voilà, donc, il y a une méthodologie criminelle.
09:41Je ne sais pas si c'est un acharnement,
09:42parce qu'un acharnement, je vois plutôt ça
09:44avec des coups de couteau répétés, des choses comme ça.
09:46Là, c'est vraiment un jeu très froid.
09:49C'est vraiment le jeu du chat et de la souris.
09:51Lui étant le chat, bien sûr,
09:53la souris lui fait croire qu'elle va s'en sortir.
09:56Il peut même discuter avec,
09:58mais il posera tous les actes qu'il a besoin de poser
10:03pour réaliser ce qu'il est venu faire.
10:07Et quand il décide que c'est terminé,
10:09il coupe la carotide et c'est fini.
10:11Et c'est terminé.
10:12Bonjour Coralie Manon.
10:13Bonjour.
10:14Merci beaucoup d'être avec nous également
10:15dans l'heure du crime aujourd'hui.
10:16Vous êtes généalogiste.
10:17Alors, généalogiste, ça existe évidemment.
10:19En criminologie, c'est même une place
10:22de plus en plus importante.
10:23Vous avez beaucoup travaillé avec Thibaut Solano,
10:25notamment sur cette huitième victime,
10:28Christine Forêt.
10:29et on va en parler dans un instant.
10:32Ce que dit Maître Florence Rowe,
10:35c'est important sur cette méthodologie,
10:36parce que ça permet aussi de remonter
10:38sur les actes qui sont toujours les mêmes,
10:40de remonter à certaines personnes
10:41à travers le métier que vous faites.
10:44Oui, tout à fait.
10:45Alors, effectivement, Guy Georges,
10:48lui, on sait que toutes ses victimes,
10:51il les a repérées dans la rue.
10:53Oui.
10:54Il les suit un petit peu,
10:56comme un braconnier, vont dire les psychologues.
10:57Et il leur tombe dessus,
11:00au moment le plus haut portant,
11:01ça peut être à leur domicile,
11:04dans un sous-sol, dans un parking,
11:06voire même sous le porche d'un immeuble.
11:10Oui, et ça permet effectivement
11:11d'avoir une piste, d'avoir un indice,
11:14de suivre peut-être quelqu'un
11:14qui travaille toujours de la même manière.
11:16Des aveux, mais des aveux incertains
11:18dans le désordre.
11:20Guy Georges, la huitième victime,
11:22la première fois que j'ai tué,
11:24bizarrement, à part la panique,
11:25ça ne m'a rien fait du tout.
11:27L'enquête de l'heure du crime,
11:28on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:31Merci d'écouter RTL.
11:40RTL.
11:43Votre radio.
11:49L'heure du crime consacrée à l'un des pires tueurs
11:54en série français, Guy Georges,
11:55cette jeune femme violée, étranglée,
11:57à Paris entre 91 et 97,
12:00enfin arrêtée grâce à l'ADN.
12:02Le chiffre réel des victimes reste incertain.
12:05Les enquêteurs et les psys vont creuser
12:07sa personnalité.
12:11Jeudi 26 mars 1998,
12:14premier interrogatoire de Guy Georges
12:15face au juge d'instruction parisien,
12:17Gilbert Hill.
12:18Il est calme,
12:19persuadé qu'on veut l'entendre
12:21pour une vieille affaire
12:22ou un quelconque larcin.
12:24J'ai déjà payé,
12:25déclare-t-il d'emblée.
12:26Le juge-t-il ?
12:27Lui répond du tac au tac.
12:29Il reste le solde.
12:30Il énumère alors les noms des sept victimes.
12:33Le suspect vacille et s'évanouit.
12:36Revenu à lui,
12:38Guy Georges nie en bloc
12:39même quand on le confronte
12:41à la preuve ADN.
12:42Deux mois plus tard,
12:4328 mai,
12:44il se fait plus conciliant
12:46même si ses déclarations
12:48sont toujours entourées
12:49d'un épais brouillard.
12:50Il avoue qu'il a tué
12:51plus de deux femmes
12:52mais il est incapable
12:54de dire combien.
12:55Chaque fois que le juge-t-il
12:57lui présente les photos
12:58des victimes égorgées,
13:00il détourne le regard.
13:01Les auditions vont se succéder.
13:03Il faudra des mois
13:04pour que Guy Georges admette
13:05qu'il est bien l'auteur des crimes.
13:06Pour la première victime,
13:08Pascal Escarfaille,
13:09il raconte son attaque
13:11sans émotions particulières.
13:12Après l'avoir violée,
13:14il a appuyé le couteau
13:15sur sa gorge.
13:16Elle m'a demandé
13:17« Mais qu'est-ce que tu fais ?
13:19Tu me tues ? »
13:20Je lui ai donné
13:20deux ou trois coups
13:21à la carotide.
13:22J'agissais à l'instinct
13:24en sachant que ça tuait.
13:25Je suis sûr que dès le départ,
13:27j'avais l'intention de la tuer
13:28mais sans trop vraiment savoir
13:30pourquoi,
13:31précise-t-il.
13:32à propos de la décoratrice,
13:34Agnès Nischkamp.
13:35« Je ne sais pas
13:36ce qui m'a poussé
13:37à tuer cette femme.
13:38Elle n'a pas crié.
13:39Elle ne m'a pas frappé.
13:41Elle n'a pas essayé
13:41de s'enfuir. »
13:42Guy Georges raconte
13:43qu'il ne portait pas de gants
13:44lors des attaques.
13:45Il prenait soin
13:46de toucher le moins
13:47de choses possibles.
13:48Il emmenait
13:49ce qu'il avait touché,
13:51notamment les habits
13:52des victimes.
13:52Il n'est pas fétichiste.
13:53S'il découpe ainsi
13:55soutien-gorge et culotte,
13:56c'est pour des raisons pratiques.
13:58Il ne connaissait
13:59aucune de ses victimes.
14:00En les voyant passer,
14:02il avait ou non
14:03ou oui le déclic.
14:07Le juge Thiel
14:08fait appel à un collège
14:09d'experts psychiatres réputés.
14:11Les docteurs Michel Dubec,
14:13Henri Grinspan
14:14et Daniel Zaguri.
14:16Leur rapport fait 37 pages.
14:18Les médecins se disent surpris
14:19par Guy Georges
14:20pour la précision factuelle
14:22de ses souvenirs,
14:23de la description quasi clinique
14:25et sans affect
14:26qu'il donne de ses meurtres.
14:27Fils de personne
14:28pour les experts,
14:29Guy Georges
14:30est présenté comme un enfant
14:31abandonné par ses parents
14:33puis prêté au foyer
14:35et à sa famille d'accueil.
14:36À 11 ans,
14:37il vit à la campagne.
14:38Il braconne,
14:39pose des pièges.
14:40Il achève
14:41et dépèse le gibier.
14:43Avec ses jeunes femmes,
14:44selon les psys,
14:45il agirait de la même façon,
14:47à la manière
14:47d'un braconnier citadin.
14:49Il ne peut pas dire
14:50exactement ce qu'il éprouve
14:52à travers ses attaques
14:53si ce n'est le plaisir
14:54de la traque.
14:55Sur les victimes
14:55et les viols,
14:56il déclare
14:57« Elles ne se ressemblent pas.
14:58Leur seul caractère commun,
15:00c'est qu'elles sont mignonnes.
15:01Je croyais que j'allais avoir
15:02du plaisir
15:03et je n'en avais pas. »
15:05Pour les trois experts psys,
15:06Guy Georges présente
15:07d'un état criminologique
15:09dangereux,
15:10extrême,
15:11un prédateur
15:12pour qui les victimes
15:13n'étaient que du gibier,
15:15des choses.
15:17Devant le juge-t-il,
15:18Guy Georges répète
15:19qu'il n'éprouve rien
15:20pour les victimes
15:20car il ne les connaît pas.
15:22Il n'a qu'un seul regret,
15:23c'est le fait attraper.
15:24Au psychiatre,
15:25Daniel Zaguri,
15:26il a confié
15:27que la première fois
15:27qu'il a tué
15:28une de ses filles,
15:30bizarrement,
15:30à part la panique,
15:32ça ne lui a rien fait.
15:33Pour le procès aux assises
15:35qui s'annonce,
15:35il déclare
15:36que ça sera dur
15:37pour les familles.
15:38« Je ne leur parlerai pas,
15:39j'ai tué leurs filles,
15:41on pourra me mettre
15:42la peine qu'ils veulent,
15:43ça ne leur rendra pas
15:44leurs filles,
15:45affirme-t-il. »
15:48Guy Georges,
15:48complexe,
15:49impénétrable,
15:50un cerveau
15:51qui ne semble pourtant
15:52avoir occulté
15:53aucun de ses gestes meurtriers
15:55mais qui ne libère
15:56aucune émotion.
15:58Il va bien évidemment
15:58être jugé aux assises,
16:00procès en grand spectacle.
16:01Ce n'est pas pour autant
16:02que la justice va l'oublier
16:03parce qu'on va voir
16:04qu'il va y avoir des suites
16:05à ce procès.
16:06On croyait que tout était fini
16:07mais ça ne sera pas encore fini
16:08et on en parle encore aujourd'hui
16:10de Guy Georges.
16:12Maître Florence Rau,
16:13vous êtes avec nous
16:13dans cette heure du crime,
16:14avocate de trois victimes,
16:16Catherine Rocher,
16:17Hélène Frinking
16:18qui ont succombé
16:19au coup de Guy Georges
16:20et puis Nathalie David
16:21dont on parlera
16:22dans un petit moment
16:22qui elle est une miraculée.
16:24C'est une survivante.
16:25Elle a failli mourir,
16:26elle a été laissée pour morte
16:27par Guy Georges.
16:28Ce qui étonne devant le juge-t-il
16:29quand on lit ses procès-verbaux
16:31et j'avoue avoir été frappé
16:32parce que vous n'avez pas lu
16:33depuis bien, bien longtemps,
16:35c'est ce luxe de détails.
16:36Tout est très précis.
16:38Il n'a rien oublié,
16:39il n'a pas oublié
16:40une seconde de ses meurtres.
16:42Non, c'est très surprenant
16:43mais effectivement
16:44c'est quelque chose
16:45qu'il, je pense,
16:47quand il le raconte,
16:48il le revit
16:48alors avec pas forcément d'émotion
16:51mais il le revit.
16:52Il est capable de vous donner
16:53séquence après séquence
16:55des détails vraiment pointus quand même.
16:57J'ai été moi-même surprise
16:59quand il m'a...
16:59Enfin, quand il m'a...
17:01J'avais l'impression
17:01d'être en fait seule à seule
17:02avec lui dans la salle d'audience
17:04mais c'était bourré à craquer.
17:05Mais quand on a évoqué
17:06les cas de Cathy Rocher
17:08et de Hélène Frinking,
17:09en effet,
17:10il a été en mesure
17:12de me raconter
17:13du début à la fin
17:14l'agression.
17:15Du moment
17:16où il est dans la rue
17:18où il voit arriver Hélène
17:19qui rentre chez elle
17:20qui a fait un long parcours
17:21puisqu'elle
17:23elle avait...
17:24elle sortait
17:24d'une soirée
17:26avec des amis.
17:26Elle avait marché
17:27pendant presque une heure
17:28avant de rentrer chez elle.
17:29Il est là.
17:31Donc c'est vraiment
17:31être au mauvais endroit
17:33devant la mauvaise personne
17:34parce qu'il n'avait pas suivi
17:36pendant tout son trajet.
17:37Il est juste devant chez elle.
17:39À ce moment-là,
17:40il la voit,
17:40il flashe.
17:41C'est ça.
17:42Il flashe.
17:43Donc il la suit,
17:45oui un peu
17:45mais pas trop quand même.
17:47Il lui demande du feu.
17:48Et ça, c'est lui
17:49qui me le raconte.
17:50Donc il lui demande du feu.
17:51On n'en savait rien
17:52et rien dans le dossier
17:53ne pouvait nous laisser présager
17:54cette scène.
17:55Elle lui répond
17:56qu'elle ne fume pas
17:57et que donc
17:57elle n'a pas de feu.
17:58Ce n'est pas grave
17:58mademoiselle.
17:59Merci, au revoir.
18:00Elle tourne les talons
18:01et elle est
18:03à quelques mètres
18:04de sa porte cochère.
18:06Donc elle ne pense plus
18:07au gars qui est derrière elle
18:09sans doute.
18:09Et elle va faire son code
18:11et à ce moment-là,
18:12elle va sentir
18:13un bras
18:14sous sa gorge.
18:16Et quelque chose,
18:18probablement une arme
18:19parce qu'il avait
18:20déjà son opinel
18:21à ce moment-là.
18:21et il va la faire rentrer
18:23de force.
18:25Elle va être
18:26tellement tétanisée
18:27qu'elle ne crie pas,
18:28qu'elle ne dit rien.
18:29Et ça fait tellement
18:30peu de bruit
18:31et c'est tellement
18:31peu alarmant
18:32que la gardienne
18:34qui est réveillée
18:35par la porte
18:36va regarder
18:37derrière son rideau
18:38et va voir
18:40un homme et une femme
18:41qui marchent tranquillement
18:42et va être alertée
18:43par rien du tout.
18:44Elle nous racontera ça
18:45quand elle sera interrogée.
18:47Donc après,
18:48il est capable
18:49de vous raconter ça
18:50dans le détail
18:50et puis il vous dit
18:51comment il a monté
18:52l'escalier,
18:53comment elle a ouvert
18:54la porte,
18:55comment il a touché
18:56à rien
18:56mais qu'ensuite
18:57il touchera.
18:57Et c'est sur Hélène
18:58qu'on va trouver
18:59le fameux pas égyptien
19:01et la raison
19:02est très précise.
19:03On le découvrira
19:04qu'après,
19:05après avoir cherché
19:05très longtemps
19:06des suspects
19:07qui auraient le pied
19:08égyptien
19:09qui en fait
19:09n'existent pas.
19:11Ah bon d'accord,
19:11on s'était planté
19:13si vous voulez.
19:14Alors en réalité
19:14c'est très simple.
19:15En fait,
19:16on s'est rendu compte
19:16en étudiant
19:17cette trace de sang
19:19plus exactement
19:21que c'est à un moment
19:23d'extension du pied
19:24donc que le tueur
19:26a dû faire un pas,
19:28il a lancé sa jambe
19:30en avant
19:30et c'est l'extension
19:31de ses doigts de pied
19:32qui fait qu'il y en a
19:33un doigt de pied
19:34qui est plus long
19:34que l'autre
19:35et du coup
19:36c'est pas du tout
19:36le pied égyptien à plat,
19:38c'est juste parce
19:39qu'il avait relevé
19:40le talon
19:41et qu'il s'était appuyé
19:42sur ses orteils
19:43et qu'il y en a un
19:44qui a été un peu plus appuyé
19:45et qui a fait une marque
19:46plus précise
19:47dans l'histoire du piège.
19:49Comme quoi un petit détail
19:50peut parfois bouleverser
19:51toute une enquête.
19:53Guy Georges,
19:54Thibault Solanon
19:54vous êtes avec nous
19:56directeur adjoint
19:56de la rédaction à Marianne
19:58et puis auteur d'un article
19:59sur la huitième victime
20:00de Guy Georges
20:01dans Marianne
20:02ce sont des révélations
20:03il est sûr
20:04qu'il ne se fera jamais
20:05attraper Guy Georges
20:07il y a cette certitude
20:07chez lui
20:08parce que quand il voit
20:10le juge-t-il
20:11il est mal à l'aise
20:12parce qu'il ne comprend pas
20:13comment les policiers
20:14ont pu arriver jusqu'à lui.
20:15Oui bien sûr
20:15mais c'est ce que pointent aussi
20:17les experts psy
20:17en fait
20:18il y a ce premier meurtre
20:21connu en tout cas
20:21en 1991
20:22de Pascal Escarfaille
20:24et comme il
20:25d'une part
20:26réussit à la tuer
20:27et en plus
20:28il ne se fait pas attraper
20:29il se dit
20:29je suis le boss
20:31un peu certes je suis fort
20:32et il a un sentiment
20:34de toute puissance
20:35et c'est un peu
20:36ce sentiment-là
20:37qu'il va vouloir
20:39renouveler
20:40pour les meurtres d'après
20:41il dit
20:41je peux continuer
20:42et puis il y a effectivement
20:43ce loupé dont on a parlé
20:44en 1995
20:46alors certes là
20:46il va faire de la prison
20:47puisqu'il a commis une agression
20:48mais finalement
20:49il échappe encore
20:50aux enquêteurs
20:51donc le sentiment
20:52de toute puissance
20:53et le sentiment
20:54de pouvoir échapper
20:54tout le temps à la police
20:55continue
20:56les familles
20:57ne peuvent être que désarçonnées
20:59par ce comportement
21:00d'un homme
21:02qui est complètement
21:03je ne sais pas
21:05hors sujet
21:05oui totalement
21:06et puis en plus
21:07il y a un jeu
21:08du chat et de la souris
21:09puisque
21:10effectivement
21:10il va faire ses aveux
21:12en 1988
21:13quand il est interpellé
21:15et puis après
21:15il va se rétracter
21:17et puis il va refaire
21:18des aveux
21:19en plein procès
21:19de façon un peu
21:21spectaculaire
21:21je ne sais pas si
21:22les auditeurs ont vu
21:23l'affaire SK1
21:24qui retrace ça
21:25avec précision
21:25très bon film
21:26vous voyez
21:27il y a ce jeu là
21:28de j'avoue
21:29j'avoue pas
21:29j'avoue
21:30et puis surtout
21:31évidemment
21:32c'est sa personnalité
21:33qui reste assez mystérieuse
21:35et qui reste encore
21:35aujourd'hui insaisissable
21:37ce qui est compliqué
21:38Maître Rau
21:38je pense que vous ne me démentirez pas
21:40c'est de parvenir
21:41à savoir
21:42quand est-ce qu'il a tué
21:43pour la première fois
21:43parce que même à ce moment là
21:45même le juge Thiel
21:46ne le sait pas
21:46il a cette phrase
21:48il va dire la première fois
21:49ça ne m'a rien fait du tout
21:50mais enfin à part ça
21:51on ne sait rien
21:52non c'est assez difficile
21:53à déterminer
21:54parce qu'effectivement
21:55on a des points de repère
21:56comme ça
21:57dans son parcours
21:58par exemple
21:59quand il est plus jeune
22:00dans sa famille d'accueil
22:01il a quand même
22:02juste essayé
22:02de crever les yeux
22:04de sa demi-sœur
22:06avec un stylo
22:07et puis bon
22:09il n'arrive pas
22:09il a trucidé
22:11les poissons rouges
22:12enfin il a fait
22:12des trucs
22:13un peu étranges
22:14ensuite peut-être
22:15que la toute première
22:16ça pourrait être
22:18Nathalie David
22:18qui laisse pour morte
22:20au deuxième sous-sol
22:21d'un immeuble
22:22dans les caves
22:23là il l'a quand même
22:24massacré
22:25il s'est un peu
22:26acharné sur elle
22:27elle baigne dans son sang
22:28elle va ramper
22:30jusqu'à l'ascenseur
22:31elle va réussir
22:32à aller jusqu'à
22:34l'étage où elle devait
22:35se rendre
22:35puisqu'elle était enceinte
22:36et qu'elle allait
22:37voir son gynécologue
22:39pour un rendez-vous
22:41de grossesse
22:41et c'est lui
22:42qui va la sauver
22:43mais là il croit
22:44qu'il l'a tué
22:44après il y a
22:46toutes les autres
22:46pour lesquelles
22:47on est certain
22:48mais quel est le premier
22:49l'acte fondateur
22:51en fait on ne sait pas
22:52et Nathalie David
22:52c'était en 1981
22:55un procès
22:55des aveux
22:56mais des doutes
22:57persistants
22:58Guy Georges
22:59la huitième victime
23:00depuis le début du procès
23:02il me fait peur
23:03les autres victimes
23:04n'ont pas eu ma chance
23:05l'enquête de l'heure du crime
23:06le tueur de l'Est parisien
23:08jugé
23:08affaire terminée
23:10pourquoi des années après
23:11la justice
23:11va tout faire
23:12pour en savoir plus
23:13à suivre dans un court instant
23:14sur RTL
23:16tous les épisodes
23:17de l'heure du crime
23:18c'est quand vous voulez
23:19en podcast
23:20sur l'appli RTL
23:23l'heure du crime
23:24la seule émission radio
23:26100% fait d'hiver
23:27avec Jean-Alphonse Richard
23:29lors des 14 entretiens
23:30qu'il a accordés
23:31à des psychiatres
23:32Guy Georges
23:33évoque son fétiche
23:34le tigre
23:35depuis l'âge de 11 ans
23:37il se forme
23:38à l'exercice
23:39de la cruauté
23:40liée à la recherche
23:42de l'excitation
23:43écrivent les experts
23:45au programme
23:46de l'heure du crime
23:47la trajectoire criminelle
23:48de Guy Georges
23:49en 1998
23:50il a reconnu
23:51avoir tué
23:517 jeunes femmes
23:52à Paris
23:53entre 91 et 97
23:55traquées au hasard
23:56de ses envies
23:57toutes violées
23:58et égorgées
23:58trois ans plus tard
23:59il est jugé
24:03lundi 19 mars 2001
24:05Guy Georges
24:0639 ans
24:07comparé
24:07devant la cour d'assises
24:08de Paris
24:09sweatshirt de sport
24:10calme
24:11affable
24:12il donne le change
24:13mais avec lui
24:14les premières journées
24:15d'audience
24:16sont pourtant âpres
24:17il est cadenassé
24:19dans le déni
24:20et les silences
24:21plus question d'aveu
24:23il n'est pour rien
24:24dans cette histoire
24:25il se dit victime
24:25d'une manipulation
24:26l'ADN serait truqué
24:28les familles
24:29des sept victimes
24:30sont décontenancées
24:31les avocats
24:33de l'accusé
24:33Frédéric Ponce
24:34Alex Ursulé
24:35redoutent la tournure
24:37que prend le procès
24:38au septième jour
24:39Elisabeth Ortega
24:40la rescapée
24:42qui avait sauté
24:42par une fenêtre
24:43déclare
24:44depuis le début
24:45du procès
24:45il me fait peur
24:46les autres victimes
24:48ont elles aussi
24:49toutes résisté
24:50mais elles n'ont pas
24:51eu ma chance
24:52pour ce face à face
24:53Guy Georges
24:54cette fois habillé
24:55en blanc
24:56tête rasée
24:57dans l'oreille
24:58maître Ursulé
24:59s'approche
24:59et lui demande doucement
25:00avez-vous agressé
25:02Elisabeth Ortega
25:03oui
25:03répond l'accusé
25:04avez-vous tué
25:05Pascal Escarfaille
25:06oui
25:07répète Guy Georges
25:08il pleure
25:09il va répondre
25:10oui
25:11pour chacune des victimes
25:12je sais que je vais être condamné
25:14j'ai foutu ma vie en l'air
25:15je demande pardon aux familles
25:17pardon
25:18pardon
25:18pardon
25:19à ma famille
25:20et à Dieu
25:21s'il y en a un
25:22déclare-t-il
25:23Guy Georges
25:24est condamné à la perpétuité
25:26avec 22 ans de sûreté
25:31jeudi 5 mars 2026
25:3225 ans
25:33après la condamnation
25:34de Guy Georges
25:35et alors qu'il est
25:35virtuellement libérable
25:37le parquet du pôle
25:39des Colquais de Nanterre
25:40confirme que son parcours criminel
25:42va être réétudié
25:43sa trajectoire
25:44comme celle d'autres tueurs
25:47n'a jamais pu être établie
25:49avec précision
25:50le but
25:50est de savoir
25:51si le tueur de l'Est parisien
25:53pourrait être
25:54derrière d'autres meurtres
25:55de jeunes femmes
25:56jamais élucidées
26:00et je viens tout de suite
26:02vers vous
26:02Maître Florence Raux
26:03avocate
26:04de
26:05des victimes
26:06qui sont citées
26:07à ce procès
26:07Catherine Rocher
26:08et Hélène Frinking
26:09et puis aussi
26:10Nathalie David
26:11Nathalie David
26:12c'est la rescapée
26:13c'est la miraculée
26:14on va tout de suite
26:15en dire un mot
26:15déjà un petit mot
26:16Florence Raux
26:17sur cet homme
26:18que vous découvrez
26:19à cette audience
26:21qui est-il
26:22parce qu'on a l'impression
26:23que
26:24c'est pas qu'il parle de lui
26:25à la troisième personne
26:26c'est souvent le cas
26:27avec des tueurs
26:27et notamment
26:28les tueurs en série
26:29on a l'impression
26:30qu'il est un peu ailleurs
26:31sur sa propre personne
26:33sur Guy Georges
26:33c'est quelqu'un
26:34d'insaisissable
26:35c'est quelqu'un
26:36dont vous n'arrivez jamais
26:37à choper le regard
26:40il est de marbre
26:42il ne réagit pas
26:44à grand chose
26:45il y aura certains moments
26:46où il va esquisser
26:48une réaction
26:49mais ce sera vraiment
26:51au bout de plusieurs jours
26:52d'audience
26:52et c'est vraiment quelqu'un
26:53dont on ne peut pas
26:54dire grand chose
26:55si ce n'est qu'il n'a pas
26:56l'air à l'aise
26:57et qu'il est tendu
26:59Nathalie David
27:00alors ça c'est très important
27:02Nathalie David
27:02le grand public
27:03on ne la connait pas
27:03Nathalie David
27:05elle a été agressée
27:06en 1981
27:08elle avait été laissée
27:09pour morte
27:09par son agresseur
27:10et puis des années après
27:12quand Guy Georges
27:13a été identifié
27:15racontez-nous
27:15parce qu'elle regarde
27:16la télé
27:16elle est chez elle
27:18elle ne regarde même pas
27:18la télé
27:19elle est en train
27:19de faire la cuisine
27:20il y a les infos
27:21à l'heure du déjeuner
27:22vers midi et demi
27:2313h
27:24c'est le JT
27:25son mari est dans le salon
27:26devant sa télé justement
27:27c'est assez fort
27:29donc de la cuisine
27:30elle entend
27:30et puis elle entend
27:31qu'il y a un tueur en série
27:33elle se rapproche
27:35elle a son plat à la main
27:36je ne me rappelle plus
27:37ce que c'était
27:38mais elle a le plat à la main
27:39elle arrive
27:40à ce moment précis
27:42apparaît à l'écran
27:43la photo de Guy Georges
27:45et là
27:45elle pousse un cri
27:46le mari entend
27:48le plat se fracasser au sol
27:49et elle dit
27:50c'est lui
27:51évidemment
27:52il ne comprend rien
27:54alors ça
27:54c'est très étonnant
27:55et encore
27:56un petit mot
27:57ça voudrait dire
27:58que cette femme
27:59qui a été agressée
28:00je le répète
28:00elle était enceinte
28:01je crois
28:01lorsqu'elle a été agressée
28:02elle a été laissée
28:04pour morte
28:04elle a été massacrée
28:05à coup de couteau
28:06elle reconnaît Guy Georges
28:07ça voudrait dire
28:07que ça pouvait être
28:08elle finalement
28:09la première victime
28:10c'est possible
28:10qu'il aurait tué
28:11il aurait en tout cas
28:12essayé de tuer
28:13avant Escarfaille
28:14avant Pascal Escarfaille
28:15on peut se dire ça
28:16effectivement
28:17il était en tout cas
28:18persuadé
28:18de l'avoir laissée morte
28:20quand il est parti
28:21et l'état dans lequel
28:22elle était
28:23effectivement
28:23il pouvait légitimement
28:25penser qu'il l'avait tuée
28:26elle va vraiment
28:27être sauvée
28:28in extremis
28:29c'est une sorte de miracle
28:30son bébé
28:33également
28:33qui maintenant
28:34est une belle jeune femme
28:35que j'ai connue
28:36par la suite
28:38mais elle ne doit
28:39son salut
28:40en fait
28:40qu'à cette espèce
28:41d'instinct de survie
28:43incroyable
28:43qu'elle a développé
28:44à ce moment là
28:45et à son médecin
28:46qui était là
28:46on ne sait pas
28:47par quel
28:48par quel miracle
28:49elle a réussi
28:50à ramper
28:51dans son sang
28:52jusqu'à l'ascenseur
28:53et à appuyer
28:54sur le bouton
28:55de l'étage
28:56où était son médecin
28:57où elle devait se rendre
28:58et là tout s'arrête
28:59et le médecin
29:00lui donne
29:01les premiers soins
29:02la secrétaire
29:03appelle immédiatement
29:04le SAMU
29:04et elle est partie
29:05à l'hôpital
29:06et malheureusement
29:06il n'y aura
29:07aucune enquête
29:08de fait
29:08ce qui m'a donné
29:09l'occasion
29:09de faire condamner
29:10l'état
29:11pour dysfonctionnement
29:12déjà
29:12aucune enquête
29:13c'est important
29:14parce qu'effectivement
29:15on trouve la trace
29:15de Guy Georges
29:16bien avant
29:17l'est parisien
29:18bien avant
29:19les faits commis
29:20à Paris
29:22Thibaut Solano
29:22directeur adjoint
29:23de la rédaction
29:24à Marianne
29:25c'est un peu miraculeux
29:26ce procès
29:27parce qu'il est totalement
29:28verrouillé
29:28Guy Georges
29:29et puis en fait
29:29il va ouvrir
29:31un petit peu son armure
29:32mais on n'en sait pas
29:33beaucoup plus
29:33sur ses crimes
29:34finalement
29:34il les reconnaît
29:35il n'en dit pas plus
29:36non oui bien sûr
29:37et puis surtout
29:38quand vous vous penchez
29:39sur chaque crime
29:40individuellement
29:41il y a un crime
29:42notamment
29:42où il dit
29:43je ne sais pas
29:43pourquoi je l'ai tué
29:45donc ça reste
29:46assez mystérieux
29:46il dit
29:47c'est l'une des victimes
29:48il dit
29:48elle ne résistait pas
29:50et pourtant
29:51je l'ai quand même tué
29:51donc en fait
29:52il donne peu de clés
29:54sur son mode
29:55de fonctionnement
29:56et c'est justement
29:57pour ça
29:58qu'on peut penser
29:59qu'il y a eu
29:59des crimes oubliés
30:00parce qu'en fait
30:01il n'a avoué
30:02que mis au pied du mur
30:03comme d'ailleurs
30:03beaucoup de turs en série
30:04mais bien sûr
30:05c'est le propre
30:05des turs en série
30:06on avoue uniquement
30:07quand on leur amène
30:08la preuve
30:08c'est fourniré
30:09on vient lui apporter
30:10la preuve sous le nez
30:11enfin il dit
30:11ah oui c'est peut-être
30:13moi
30:13mais jusque là
30:13bien sûr
30:15tout le monde se tait
30:15c'est le silence
30:16absolu
30:17Coralie Manon
30:18vous êtes généalogiste
30:19et vous avez travaillé
30:20avec Thibaut Solano
30:21sur cette histoire
30:22de Guy Georges
30:22qu'est-ce qu'il raconte
30:24la généalogie de Guy Georges
30:25vous avez trouvé
30:26plein de choses là-dessus ?
30:28alors c'est un parcours
30:29très intéressant
30:30parce que Guy Georges
30:31lui
30:32il naît en 62
30:36et il est abandonné
30:37par sa mère
30:37mais il n'est pas
30:38complètement abandonné
30:39par sa mère
30:40c'est-à-dire qu'elle
30:41elle ne l'abandonne pas
30:42complètement
30:43et ça ne permet pas
30:44qu'il soit adopté
30:46en fait au moment
30:46de son abandon
30:48c'est pour ça qu'on dit
30:48un enfant prêté
30:49c'est le terme
30:50les psychiatres disent ça
30:51un enfant prêté
30:52et donc pendant 6 ans
30:54il va être placé en foyer
30:56en famille d'accueil
30:57et c'est seulement
30:59à l'âge de 6 ans
31:00qu'elle l'abandonnera
31:01définitivement
31:02et que là
31:02il va changer de nom
31:03il va prendre
31:03comme nom de famille
31:04son deuxième prénom
31:05qui est aussi le prénom
31:06de son père biologique
31:07et il change de nom
31:08à un âge
31:10où ça relève
31:11de l'identité profonde
31:13on lui modifie
31:14son identité profonde
31:15et est-ce que
31:16ce n'est pas un facteur
31:18qui a créé
31:19un bouleversement
31:19une bascule
31:20chez Guy Georges
31:21qui a contribué à ça
31:22en fait
31:22certainement
31:23il va devenir Guy Georges
31:24et il va endosser
31:25l'abandonner à nouveau
31:26puisque je poursuis
31:28un peu plus dans le temps
31:29la mère qui l'aura
31:30prise dans son foyer
31:32va le rendre
31:33parce qu'elle ne sait plus
31:34quoi en faire
31:35l'ombre
31:36d'une huitième victime
31:39Guy Georges
31:40la huitième victime
31:41une jeune femme
31:43jolie
31:44cheveux noirs
31:45de petite taille
31:46l'enquête de l'heure du crime
31:47on se retrouve dans un instant
31:48sur RTL
32:06retour dans l'heure du crime
32:07sur la trajectoire du tueur
32:09en série Guy Georges
32:09condamné en 2001
32:11à la perpétuité
32:12pour avoir violé
32:13égorgé 7 jeunes femmes
32:14à Paris
32:14entre 91 et 97
32:16depuis mars 2026
32:18le pôle des colquettes
32:19réexamine son parcours criminel
32:21aurait-il fait une
32:22huitième victime
32:26lundi 15 juin 2026
32:28le magazine Marianne
32:29s'interroge
32:30sur la possibilité
32:31d'une victime oubliée
32:32de Guy Georges
32:32Christine Forêt
32:3426 ans
32:35célibataire
32:36secrétaire à l'université
32:37Paris Descartes
32:38le 6 février 82
32:40alors que ses parents
32:41n'ont plus de nouvelles
32:42son corps est découvert
32:43au premier sous-sol
32:45de son immeuble
32:46square du Nouveau-Belleville
32:47dans le 20ème arrondissement
32:49les premiers enquêteurs
32:50pensent à un crime sadique
32:51Christine Forêt
32:52était tendue
32:53au pied d'un escalier
32:54en béton
32:54en partie déshabillée
32:56ses vêtements
32:57remontaient jusqu'à la poitrine
32:58elle a été violée
32:59égorgée
33:00à coups de couteau
33:004 plaies au sein gauche
33:025 au ventre
33:04la dernière à la carotide
33:05son sac à main
33:07a disparu
33:07les vêtements
33:08ont été lacérés
33:10des découpes verticales
33:12les légistes
33:13décrivent un acharnement
33:14le décès
33:15pourrait remonter
33:16au 31 janvier
33:17le journal
33:18Le Parisien Libéré
33:19décrit Christine Forêt
33:20comme une jeune femme
33:22jolie
33:22cheveux noirs
33:24petite taille
33:24l'enquête va s'essouffler
33:26aucun indice
33:27aucun témoin
33:30selon le magazine Marianne
33:32une vingtaine de correspondances
33:33laissent penser
33:34à une implication
33:35de Guy Georges
33:35dans la mort
33:36de Christine Forêt
33:37à l'époque
33:38il avait 20 ans
33:40il vivait à Paris
33:40il n'était pas en prison
33:41Christine Forêt
33:42a été attaquée
33:43dans le hall de son immeuble
33:44lorsqu'elle allait prendre
33:45l'ascenseur
33:46un morceau de papier
33:48avec l'adresse
33:48d'un service social
33:50que fréquentait Guy Georges
33:51a été retrouvé
33:52près du corps
33:52deux jours après le meurtre
33:54le futur tueur en série
33:56était arrêté
33:57pour vol
33:58et incarcéré
33:59si l'implication
34:00de Guy Georges
34:01venait à être confirmée
34:03Christine Forêt
34:05serait alors
34:05la première femme
34:07qu'il aurait pu tuer
34:08soit
34:099 ans
34:10avant
34:10Pascal
34:12Escarfaille
34:149 ans
34:15avant
34:15Pascal
34:16Escarfaille
34:17autant vous dire
34:17qu'en 9 ans
34:18il peut s'en passer
34:19des choses
34:19qu'effectivement
34:20il y a
34:21peut-être
34:21la malheureuse
34:22Christine Forêt
34:23qui a été
34:24tuée peut-être
34:25par Guy Georges
34:26on n'en sait rien
34:27mais ensuite
34:279 ans
34:289 ans de silence
34:29il a pu encore une fois
34:30s'en passer des choses
34:31Thibaut Solano
34:32directeur adjoint
34:33à la rédaction
34:34de Marianne
34:34c'est vous qui faites
34:35ces révélations
34:35sur ce meurtre
34:37un peu oublié
34:38de Christine Forêt
34:39les rapprochements
34:40ils sont faits
34:41avec le mode opératoire
34:42essentiellement
34:42de Guy Georges
34:43et le fait qu'il n'était pas
34:44en prison
34:44c'est vrai
34:45oui
34:45d'abord effectivement
34:46il était libre
34:47ce qui est quand même
34:47un point assez important
34:50effectivement
34:50il y a une vingtaine
34:51de points communs
34:52c'est avec Coralie Manant
34:53qu'on a pu aboutir
34:54à ce résultat là
34:56il y a des points communs
34:57assez évidents
34:57vous allez me dire
34:58c'est assez
34:59presque tristement banal
35:01dans le cas
35:01des meurtres de femmes
35:02il y a l'attaque la nuit
35:03au couteau
35:05il y a effectivement
35:06le vol de sac à main
35:07il y a un point
35:08que Maître Eurot rappelait
35:09c'est la carotide
35:12sectionnée
35:12mais
35:14le point le plus troublant
35:15je pense
35:16il y en a deux
35:16il y a deux points troublants
35:17il y a effectivement
35:17cette adresse d'un centre social
35:19qu'on retrouve sur un papier
35:20à côté du corps
35:20c'est très étonnant ça
35:21voilà
35:22Guy Georges a fréquenté
35:23le restaurant de ce centre social
35:24dans les années 90
35:25attention
35:26mais peut-être
35:27le fréquentait-il déjà
35:28puisqu'il était déjà
35:29squatteur
35:30il vivait dans le 9ème arrondissement
35:31à ce moment-là
35:32mais je crois que le point
35:33où vraiment
35:34quand on regarde le dossier
35:35on se dit
35:35là il y a quelque chose
35:36c'est le fait
35:37que le soutien-gorge
35:38de la victime
35:39ait été coupé
35:41à l'avant
35:42là ça nous rappelle
35:43entre les bonnets
35:44exactement
35:44ça nous rappelle exactement
35:45le mode opératoire
35:46de Guy Georges
35:48Coralie Manant
35:49vous avez travaillé
35:49ce dossier
35:50avec Thibaut Solano
35:51qu'est-ce que vous avez trouvé
35:52d'important
35:53qui puisse ramener
35:54effectivement Guy Georges
35:55vers ce crime oublié
35:57ce premier crime
35:58alors effectivement
35:59il y a tous ces points
36:00que Thibaut a énuméré
36:03il y a aussi
36:04la description physique
36:05en fait il y a deux voisins
36:06qui promènent leur chien
36:07qui viennent de regarder
36:08le film du dimanche soir
36:10sur TF1
36:11et qui promènent leur chien
36:13une mère et son fils
36:14et qui voient en fait
36:15une jeune femme
36:16qui est précédée
36:17d'un jeune homme
36:19un petit peu
36:20qui a l'air
36:20un petit peu d'un SDF
36:21on savait que Guy Georges
36:23à l'époque
36:23était SDF à Paris
36:25sans domicile fixe
36:26et qui la précède
36:28un petit peu
36:28et qui n'arrête pas
36:29de se retourner vers
36:30la description physique
36:31de ce jeune homme
36:32c'est un homme
36:33entre 20 et 30 ans
36:34qui est de petite taille
36:36et qui a la peau noire
36:39les cheveux brisés
36:39ça correspond très exactement
36:41à la description
36:42de Guy Georges
36:42à l'époque
36:42alors évidemment
36:43c'est pas
36:45la seule personne
36:46qui vivait à Paris
36:47et qui correspond
36:48à cette description
36:49à l'époque
36:49mais il y a d'autres
36:50il y a encore
36:51d'autres éléments troublants
36:52mais pour moi
36:52il y a vraiment
36:53un élément extrêmement troublant
36:56c'est que ce dossier
36:57en fait
36:57le dossier de l'homicide
36:58qu'on a pu consulter
36:59avec Thibaut aux archives
37:01ce dossier
37:02d'enquête de police
37:03à l'époque
37:04a été consulté
37:06au moment
37:07de la clôture
37:08de l'instruction
37:09de Guy Georges
37:10en 2000
37:11et en fait
37:12nous on se demande
37:12quelle suite a été donnée
37:14à cette consultation
37:15pourquoi il a été consulté
37:16pile à ce moment là
37:17c'est-à-dire qu'on n'est pas
37:18les premiers
37:18à faire ce rapprochement
37:21on tourne autour
37:21de ce cas
37:22on tourne autour
37:22de ce dossier
37:23c'est ce que vous voulez dire
37:24évidemment
37:24la question se pose
37:25parce que en fait
37:26le juge Thiel
37:27qu'on a pu contacter
37:28n'a jamais entendu
37:29parler de ce dossier
37:30ça fait partie
37:31des mystères judiciaires
37:32aussi
37:33il y a parfois des gens
37:33qui vont regarder
37:34des dossiers
37:34on ne sait pas trop
37:36comment ça se passe
37:37maître Florence Rau
37:38avocate
37:39de deux victimes
37:41de Guy Georges
37:42confirmée évidemment
37:42elles sont décédées
37:43ces deux femmes
37:44Catherine Rocher
37:44et Hélène Frinking
37:45et aussi de Nathalie David
37:46alors Nathalie David
37:47un mot là-dessus
37:48maître Florence Rau
37:49parce que
37:51effectivement
37:51la mort de cette
37:53de cette femme
37:54Christine Forêt
37:55c'est juste
37:56un an après
37:57l'agression
37:58de votre cliente
37:59de Nathalie David
38:00oui et puis ça
38:01c'est quand même
38:02elle a été attaquée
38:02de la même manière
38:04c'est à dire que là
38:04on retrouve l'ascenseur
38:06on retrouve le sous-sol
38:07on retrouve le sang
38:08on retrouve évidemment
38:10les sous-vêtements
38:11qui sont déchirés
38:13par arme blanche
38:14enfin il y a quand même
38:14beaucoup de similitudes
38:15c'est très troublant
38:17alors c'est vrai
38:17qu'on n'en a pas parlé
38:18dans le dossier
38:19si le juge Thiel
38:20n'en a pas eu vent
38:20moi non plus d'ailleurs
38:22donc merci de vos découvertes
38:24et de vos travaux
38:25parce que c'est toujours
38:26très utile
38:27j'espère que tout cela
38:28va rejoindre le parcours criminel
38:30et qu'on va pouvoir
38:31l'utiliser
38:32mais si les enquêteurs
38:33y avaient pensé
38:33c'est qu'ils avaient
38:35peut-être une petite idée
38:36derrière la tête
38:37moi je suis tout à fait
38:38convaincue
38:38qu'on n'a pas
38:40toute l'ampleur
38:41des agissements
38:43de Guy Georges
38:43on ne connaît pas
38:44tout son parcours criminel
38:46et je pense
38:48qu'il doit y avoir
38:48d'autres dossiers
38:51pour lesquels
38:51pour des raisons
38:52diverses et variées
38:53il n'y a pas eu
38:55de signes
38:56il n'y a pas eu
38:56de traces
38:56on ne les a pas eu
38:57au moment de l'instruction
38:59au moment du procès
39:00mais je ne serais
39:01vraiment pas surprise
39:02loin de là
39:03qu'on retrouve
39:04d'autres dossiers
39:05et pourquoi pas celui-là
39:06parce que
39:07c'est vrai qu'il interpelle
39:08quand même
39:08moi il m'interpelle
39:09moi qui ai vécu
39:10ce dossier
39:10pendant plusieurs années
39:12puisque j'ai vécu
39:13le procès
39:13mais j'ai vécu
39:14aussi l'instruction
39:15il ne faut pas l'oublier
39:16Guy Georges
39:18un détenu
39:19et ses secrets
39:19Guy Georges
39:21la huitième victime
39:22un détenu modèle
39:23qui n'a fait
39:24aucune demande
39:25de libération conditionnelle
39:27en quête de l'heure
39:27du crime
39:28je vous retrouve
39:29dans un instant
39:30sur RTL
39:31bonne journée
39:32sur RTL
39:50dans l'heure du crime
39:52la trajectoire criminelle
39:53du tueur en série
39:54Guy Georges
39:55condamné en 2001
39:56à la perpétuité
39:57pour avoir violé
39:58et tué
39:587 jeunes femmes
39:59entre 91
40:01et 97
40:02la justice
40:03vérifie
40:04s'il n'aurait pas tué
40:05d'autres femmes
40:06virtuellement libérables
40:07depuis 2022
40:08il est toujours incarcéré
40:13Guy Georges
40:14âgé de 63 ans
40:16est détenu
40:17depuis plusieurs années
40:18à la centrale
40:18d'un Cisseim
40:19en Alsace
40:20réservée aux Longues Peines
40:22Francis Holm
40:23Jonathan Daval
40:24et Dominique Pellicot
40:26y sont également incarcérés
40:27Guy Georges
40:28n'a jamais formulé
40:30de demande de libération
40:31en détention
40:32il apparaît comme
40:33un détenu modèle
40:34qui a passé le plus clair
40:36de son temps
40:36sur le terrain
40:37de pétanque
40:38de la prison
40:38son état de santé
40:40serait aujourd'hui
40:41détérioré
40:43comment a-t-il évolué ?
40:45Est-ce qu'il est
40:46exactement le même ?
40:48Quels sont les risques
40:49aujourd'hui ?
40:50Il est possible
40:51que les experts
40:52constatent
40:53que son évolution
40:54est plutôt très favorable
40:55mais jamais
40:57ils ne rendront
40:58un rapport
40:59qui dira
41:00il ne récidira pas
41:02ça
41:03ça n'est pas possible
41:05Ça n'est pas possible
41:06de savoir
41:06si cet homme
41:07pourra récidiver
41:08la voix du docteur
41:09Daniel Zaguri
41:10c'est l'un des trois
41:11experts psychiatres
41:12qui a longuement écouté
41:14entendu
41:14dialoguer
41:15avec Guy Georges
41:17c'est un document
41:17des archives
41:18de l'heure du crime
41:19c'était en 2020
41:20Maître Florence Roy
41:22vous êtes avec nous
41:22depuis le début
41:23de cette émission
41:24avocate de plusieurs
41:25victimes de Guy Georges
41:26Catherine Rocher
41:27et Dan Frinking
41:27elles sont mortes
41:29égorgées
41:29avocate aussi
41:30de Nathalie David
41:31qui est une miraculée
41:33elle a simplement
41:34été poignardée
41:35alors qu'elle était
41:36enceinte
41:36on était en 1980
41:3781 je crois
41:39elle a été poignardée
41:40et elle a failli
41:41mourir
41:42est-ce qu'il faut
41:43aujourd'hui
41:43Maître Roy
41:44c'est important
41:45est-ce qu'il faut
41:47réinterroger
41:47Guy Georges
41:48aujourd'hui
41:48c'est nécessaire
41:49ou pas ?
41:50alors en fonction
41:51de ce qu'on va trouver
41:52oui probablement
41:53que ce serait nécessaire
41:54cela dit
41:55je ne sais pas
41:56ce qu'il serait
41:57en mesure
41:57de livrer
41:58il faut aussi savoir
41:59qu'il a
42:01un mental
42:02très particulier
42:03et que vous ne
42:04vous adressez pas
42:05à lui
42:05vous n'obtenez pas
42:06des confidences
42:07de sa part
42:07comme si je vous parlais
42:09à vous
42:09donc c'est très compliqué
42:11c'est à dire
42:11c'est à dire
42:12que c'est quelqu'un
42:13qui
42:14il y a deux personnes
42:15chez lui
42:16dans la même enveloppe
42:16corporelle
42:17vous avez deux individus
42:18très distincts
42:19qui ne se connaissent pas
42:20les experts ont parlé
42:21de clivage
42:22c'est un vrai
42:24vrai vrai clivage
42:25qui est étanche
42:27je dis étanche
42:28c'est peut-être pas
42:29psychiatrique comme terme
42:30mais j'ai pu l'observer
42:32quand il a bien voulu
42:34me raconter
42:35à l'audience
42:36les deux crimes
42:37pour lesquels
42:37j'étais présente
42:39j'ai senti
42:41que ça n'était pas
42:42la même personne
42:43dans son enveloppe
42:44corporelle
42:45qui me parlait
42:45j'ai vraiment senti
42:47c'était Guy Rampillon
42:48il y a Guy Rampillon
42:50et il y a Guy Georges
42:51il y a les deux
42:52chez lui
42:52qui cohabitent
42:53qui ne se connaissent pas
42:54qui ne se parlent pas
42:55et c'est pour ça aussi
42:57ça explique
42:57qu'il ne se soit
42:58jamais recoupé
42:59qu'il ait jamais parlé
43:00de ses crimes
43:01à quiconque
43:01vous savez
43:01chez les criminels
43:03il y a souvent
43:03des mots qui échappent
43:04des confidences
43:05qui peuvent affleurer
43:06là c'est impossible
43:08chez lui
43:08compte tenu
43:09de sa structure mentale
43:10c'est impossible
43:10et c'est quelqu'un
43:11qui en prison
43:12est hyper adapté
43:13et les experts
43:14en avaient déjà parlé
43:15quand il est en prison
43:16il est bien
43:17il ne peut rien arriver
43:18parce qu'il est cadré
43:19parce qu'il n'a pas besoin
43:21de se préoccuper
43:22et il a donné une clé
43:23au procès
43:24vous parliez de clé
43:25tout à l'heure
43:25et je voudrais quand même
43:27préciser que la clé
43:28il l'a donnée lui-même
43:29c'est même pas la peine
43:30de se poser la question
43:31de la récidive
43:32dans un sens
43:32ou dans un autre
43:33il a dit
43:34il m'a dit
43:35devant toute la cour d'assises
43:37devant tous les gens
43:37qui étaient présents
43:38ne me relâchez jamais
43:40parce que je recommencerai
43:41il l'a dit
43:42il l'a dit
43:44je n'ai jamais oublié
43:45ces paroles
43:46ben oui
43:46on ne peut pas les oublier
43:47effectivement
43:48voilà
43:49Coralie Manon
43:50vous êtes avec nous
43:51également dans
43:51l'heure du crime
43:52généalogiste
43:52vous avez travaillé
43:53sur le dossier Guy Georges
43:54avec Thibaut Solano
43:55de Marianne
43:56notamment à la recherche
43:58de cette huitième victime
44:01qui cache beaucoup de secrets
44:03cet homme
44:04vous avez pu le constater
44:04vous en étudiant ce cas
44:06très précisément
44:07Guy Georges
44:08oui
44:08moi en fait
44:11ce qu'on peut voir
44:13alors Guy Georges
44:13il a été libre
44:14finalement dans sa vie
44:16très peu de temps
44:16on sait que
44:17la grosse période
44:18où il a été libre
44:18dans les années 90
44:19il a tué
44:20cette femme
44:22avant ça
44:22il a été
44:23constamment
44:24emprisonné
44:25avec quelques brefs
44:26périodes de liberté
44:27on sait que
44:28à un moment
44:28il a une permission
44:29de sortir
44:29en 84
44:30le jour même
44:31il tue une femme
44:33il tue
44:34pardon
44:34il agresse
44:35une femme
44:36très violemment
44:37et il repart en prison
44:38immédiatement
44:39et en fait
44:40c'est une très brève
44:41période de liberté
44:42il a toujours commis des faits
44:43et donc là
44:44on sait
44:44qu'il était à Paris
44:45au tout début
44:46des années 80
44:47de février 81
44:49à février 82
44:51il est libre
44:52il arrive à Paris
44:52sûrement
44:53en août
44:5581
44:56et donc
44:58moi je suis convaincue
44:59qu'il n'est pas resté
45:01sans commettre des faits
45:03pendant toute cette période
45:03je suis assez d'accord
45:04avec ça
45:05parce que c'est rare
45:06on parlait
45:07les psychiatres
45:08et même les policiers
45:09parlaient souvent
45:09à propos des tueurs
45:10en série
45:10de périodes blanches
45:11ces espèces de parenthèses
45:13aujourd'hui
45:14plus personne n'y croit
45:15évidemment
45:15on avait parlé
45:16pour ça
45:16de fournirer
45:17on s'aperçoit
45:18que ça ne tient pas
45:19tellement la route
45:20Thibaut Solano
45:21encore une fois
45:22directeur adjoint
45:23de la rédaction
45:25de Marianne
45:26c'est vous
45:28qui faites des révélations
45:29sur cette
45:298ème victime potentielle
45:31Christine Forêt
45:33évidemment
45:33il y a Christine Forêt
45:34mais on s'aperçoit
45:36qu'il y a peut-être
45:36beaucoup de choses
45:37il y a une dizaine d'années
45:38on ne sait pas
45:39ce qui s'est passé
45:40dans ce parcours criminel
45:41de Guy Georges
45:42oui bien sûr
45:42on a quand même l'impression
45:43que ce qui a été fouillé
45:45avant le procès
45:45c'est plus la décennie 90
45:47que la décennie des années 80
45:49sans doute que les techniques
45:50d'enquête là non plus
45:51étaient encore différentes
45:52dans les années 80
45:53que par rapport aux années 90
45:54oui puis on était dans l'urgence
45:55il fallait résoudre ce cas
45:56de l'asparis
45:57absolument
45:58là on a un exemple
45:59quand même
45:59qu'on est passé
46:00à côté de dossiers
46:01on va dire
46:01extrêmement troublants
46:03et ce qui est important
46:04ce qui est important
46:05dans le travail
46:06du Paul Colquais
46:06de Nanterre
46:07qui est le seul
46:07service judiciaire
46:08aujourd'hui
46:08à pouvoir
46:10ouvrir des enquêtes
46:11uniquement
46:11pour retracer
46:12le parcours criminel
46:13de toi en série
46:14avéré
46:15ou potentiel
46:16voyez Francis Holm
46:18par exemple
46:18Francis Holm
46:19il est encore envoyé
46:21devant une cour d'assises
46:22pour un meurtre
46:23des années 80
46:23on en trouve encore aujourd'hui
46:25une information
46:26que je vous donne également
46:27le parcours de Guy Georges
46:29a été ouvert
46:29en mars dernier
46:30depuis un autre parcours criminel
46:32a été ouvert
46:33celui d'Émile Louis
46:33vous voyez on est toujours
46:35en train
46:35de chercher
46:38la réalité
46:39du bilan criminel
46:40de cette heure en série
46:41et effectivement
46:41on peut penser que Guy Georges
46:44n'a pas tué
46:46qu'à partir de 1991
46:47d'une part
46:48et qu'il a peut-être
46:48fait d'autres victimes
46:49que ce soit d'ailleurs
46:50des meurtres
46:50ou des viols
46:51dans les années 80
46:52merci beaucoup
46:53Thibaut Solano
46:54merci
46:55maître Florence Raux
46:56et Coralie Manant
46:57d'avoir été les invités
46:59de l'heure du crime
46:59merci à l'équipe de l'émission
47:00rédactrice en chef
47:01Justine Vigneault
47:02préparation Romain
47:04Diverès
47:04Valentine Bardet
47:05réalisation en direct
47:06Nicolas Godet
47:07merci à l'émission
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