- il y a 6 jours
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Télématin reçoit le chanteur Philippe Katerine pour la sortie de son nouvel album "Planète bleue", et Thierry Le Roy, guide au cimetière du Père-Lachaise.
Télématin reçoit le chanteur Philippe Katerine pour la sortie de son nouvel album "Planète bleue", et Thierry Le Roy, guide au cimetière du Père-Lachaise.
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00:01On est en direct pour la suite de Télématin, bienvenue, si vous nous rejoignez, on est avec un artiste absolument
00:07unique, prêt à tout donner pour son public, y compris un rein, Philippe Catherine est avec nous, bonjour Philippe, merci
00:15beaucoup d'être là, j'aime bien votre petit bonjour, je l'ai remarqué déjà en coulisses tout à l
00:21'heure, il est très léger votre bonjour, il est très doux, il est une vraie douceur.
00:24Moi je ne veux pas les bonjour lourds, bonjour, pas de ça dans la baraque, vous allez nous présenter ce
00:31nouvel album, Planète Bleu qui vient tout juste de sortir là, vendredi, il est tout chaud cet album, après Zouzou,
00:37votre dernier album, on sent que vous êtes de plus en plus dans la musique électro quand même, électronique, sur
00:43ce disque, oui, j'ai travaillé avec un producteur que vous avez dû entendre dans beaucoup de disques,
00:51de Damso à PNL en passant par Zahoud Zagazan, voilà, ce qui s'appelle NKF, donc j'ai travaillé beaucoup
01:00avec lui sur ses musiques et il oeuvre, c'est vrai, beaucoup avec les machines.
01:05Le résultat est très réussi, on va en écouter quelques extraits tout à l'heure avec Benoît, mais d'abord
01:11Philippe Catherine, alors c'est vrai que vous êtes à la fois chanteur, acteur, même plasticien,
01:15et donc on a voulu voir ce que les français finalement retenaient de vous, qui est pour vous, Philippe Catherine,
01:21voici les réponses des français.
01:23J'aime son univers, j'aime sa musique, je le trouve décalé et super inspirant.
01:29Il est capable d'être déjanté.
01:31Très très drôle et des musiques totalement inattendues.
01:35Manger ma banane, liberté mon cul.
01:38Un petit peu hors sol, des fois on a besoin d'être un peu plus terre à terre.
01:41J'ai bien aimé sa prestation pour les Jeux olympiques.
01:44J'ai beaucoup aimé ce côté un peu décalé, pas trop standardisé.
01:48J'aime bien le voir, j'aime bien le voir.
01:51Globalement vous êtes très aimé, on peut le voir.
01:53Vous avez peut-être fait une sélection.
01:55On a fait une sélection graphique.
01:57Vous avez trié le gringe du vrai.
01:59Évidemment.
02:00Les gens sont bien obligés.
02:02Comme je dis dans une des chansons, les avis c'est comme l'étroduque, on en a tous un.
02:08Effectivement.
02:09On retient cette leçon, effectivement.
02:11Ce sera la vraie leçon du jour.
02:13Quelques chiffres pour présenter notre invité ce matin.
02:15Oui et Philippe, on va commencer par un chiffre qui revient régulièrement dans votre vie.
02:19C'est le chiffre 8.
02:20D'abord, c'est votre jour de naissance, le 8 décembre de l'année 1968.
02:26Mais c'est aussi à 8 ans, il y a un tournant dans votre vie, une opération du cœur, une
02:32malformation cardiaque.
02:33C'est ça, vous avez 8 ans ?
02:34J'avais un trou dans le cœur, comme une pièce de 5 francs, on me disait à l'époque.
02:39Ah bon ?
02:40Oui, un trou.
02:41Je ne sais pas ce qu'il y avait dans ce trou, mais du vide, je ne sais pas.
02:43On l'a rebouché.
02:44C'était comme des troglots.
02:47Et donc ce trou a été rebouché ?
02:49Oui, avec une peau de cochon.
02:51Ah, vous avez un peu de cochon en vous ?
02:52Je suis là grâce à une truie ou un cochon, je n'ai jamais connu son identité.
02:59Oui, l'animal est certainement décédé, moi je suis vivant, il a été sacrifié pour ma personne.
03:04Et vous avez eu l'impression qu'il y a eu un avant et un après de ces 8 ans,
03:08est-ce que le Philippe d'avant 8 ans et d'après 8 ans a changé ?
03:11Oui, il n'y a qu'après mon opération, qui était quand même risquée à l'époque, on est en
03:161976, c'est presque expérimental.
03:21Après l'opération, j'ai commencé à bêcher le jardin, ce que je n'avais jamais fait de ma vie.
03:26Mon père était là, mais qu'est-ce qui se passe ? Et pourquoi il fait ça ?
03:29Et j'ai retourné tout le jardin en une après-midi.
03:33Donc il y avait quelque chose de, je crois que je devais aller chercher en profondeur, aller retourner la terre.
03:39Donc je pense que ça a été comme une nouvelle naissance, à mon avis.
03:43C'est-à-dire que ce n'est pas un sanglier, en fait ?
03:46C'est un peu de ça.
03:48Ou je cherchais la truffe.
03:49Vous cherchiez la truffe ?
03:50C'est possible.
03:51Alors le deuxième chiffre, je ne sais pas si vous êtes derrière fétichiste des chiffres, Philippe Patrine.
03:57Les chiffres ont un sens pour vous ?
03:59Oui, notamment le 8, effectivement, que vous venez de citer, notamment parce que quand on le renverse, le 8, vous
04:05avez moins l'infini ou plus l'infini, ça en dit long quand même.
04:08C'est vrai.
04:09Donc c'est un chiffre que j'affectionne beaucoup.
04:11De là, être fétichiste, non, je ne couche pas avec les chiffres.
04:16Alors le deuxième chiffre que j'ai trouvé pour vous, c'est 1995, puisque c'est simplement la date de
04:21votre première émission en direct à la télévision.
04:25C'est dans le Cercle de Minuit, présenté par Laura Adler.
04:28Vous venez chanter avec votre guitare votre premier tube, le Jardin Botanique.
04:33Et vous intervenez juste après une interview d'un immense cinéaste américain.
04:37Vous vous souvenez de qui ?
04:40Nous.
04:40Spike Lee.
04:41Ah, Spike Lee.
04:42Spike Lee.
04:42Et franchement, Spike Lee, il ne vous aide pas pour cette première télé.
04:46Regardez.
04:47Vous aimez la musique française, Spike Lee ?
04:53Oh, la question va, Charles.
04:56The food ?
04:58Dans la nourriture, la cuisine, les vêtements.
05:01La musique ?
05:02La musique, c'est différent.
05:06Il y a encore du chemin à faire.
05:09Nous avions rendez-vous au Jardin Botanique.
05:17En pensant à vous, j'attendais encore.
05:23Vous la chantez encore, cette chanson, le Jardin Botanique ?
05:26Oui, ça m'arrive.
05:27Vous vous souvenez ?
05:28Un petit air de bossanova.
05:30Oui, oui.
05:31Très beau.
05:31Oui, au Jardin Botanique.
05:33J'attendais encore, mais je ne savais pas que vous étiez morts.
05:36Voilà la chanson en question.
05:38Vous vous souvenez de cette première prestation en télé, le track peut-être ?
05:42Dans quel état vous êtes, Philippe-Catrine, ce jour-là ?
05:46Alors, le track, ce n'est pas quelque chose que je connais vraiment.
05:48Oui, j'ai l'impression, oui.
05:50Il paraît que ça vient avec le talent.
05:53Selon, qui disait ça ?
05:54J'ouvais, je crois.
05:55Miss Tinguet ?
05:56J'ouvais, moi j'ai entendu.
05:58Oui, je suis patient, ça viendra peut-être.
05:59C'est vrai que vous, vous avez une vraie détente.
06:01Oui, mais ce n'est pas là où je suis tendu.
06:04Pour chanter des chansons, ça me...
06:06Qu'est-ce qui vous stresse dans la vie ?
06:07Ah ben, c'est plein d'autres choses.
06:08Par contre, ah oui, j'ai des angoisses, bien sûr.
06:12Des angoisses plus que du stress, alors ?
06:13Oui, des angoisses.
06:14Oui, des angoisses.
06:15Encore un petit chiffre ?
06:16Oui, le chiffre 11, parce que vous êtes fan de foot.
06:19D'ailleurs, dans l'album, il y a une chanson Planète Bleu
06:21où vous citez des footballeurs.
06:23Mbappé, Roi Pelé, Platini, Zinedine ou encore Dominique Rocheteau.
06:26Bref, le foot, c'est un sport que vous suivez depuis longtemps.
06:29Et d'ailleurs, en 2018, vous avez signé un hymne, un hymne pour l'équipe des Herbiers en Vendée.
06:34On regarde une archive.
06:40Pour ce clip vidéo, Philippe Catherine a invité plusieurs rappeurs locaux
06:45et bien sûr les joueurs de l'équipe des Herbiers.
06:47Une manière de les encourager et de leur porter chance.
06:53C'est une nouveauté, déjà, je pense, pour tout le monde.
06:55Mais c'est sympa, ça met en lumière encore une fois de plus le club et la ville.
06:59Donc c'est très bien.
06:59C'est la suite d'un pari avec des copains.
07:03Puis dans la nuit, j'ai eu l'idée, c'était il y a une semaine.
07:05Je l'ai fait il y a une semaine.
07:07On s'est dit, allez, on va tourner un clip.
07:09Et j'ai fait cette chanson pour que les Herbiers gagnent.
07:13Voilà.
07:14Le petit pousset contre l'ogre, on est pour qui ?
07:17Pour le petit pousset, bien sûr.
07:19Et l'autre, c'était le PSG.
07:21Mais les Herbiers, malheureusement, ils ont perdu.
07:24Échec.
07:24Ils sont bien débrouillés, quand même.
07:26En finale de la Coupe de France.
07:28Écrire un hymne, c'était une première à cette occasion-là ?
07:32Ah oui, un hymne.
07:33Moi, j'ai réécrit quand même des Marseillaises plusieurs fois
07:36qui ont été refusées par les gouvernements successifs.
07:40Parce que cette Marseillaise...
07:42Vous n'aimez pas la Marseillaise ?
07:42Je n'aime pas beaucoup, cette Marseillaise.
07:44Vous voulez changer les paroles ?
07:45Le sang dans les sillons.
07:46Vous avez donné quoi, votre Marseillaise ?
07:48Il y en a eu plusieurs versions qui étaient, disons, peut-être plus fantaisistes.
07:54Oui.
07:55Pourquoi il le refusait ?
07:55Il n'appelait pas peut-être au drapeau.
07:57On ira écouter ça, Philippe, Catherine.
07:59D'abord, vous allez faire une belle rencontre ce matin.
08:02Vous avez un point commun avec notre invité qui arrive.
08:05Vous aimez parler l'un et l'autre de la mort, mais de façon joyeuse.
08:09Mais lui, il en a carrément fait de cette passion un métier.
08:12On accueille Thierry Leroy.
08:15Bonjour à vous.
08:17Musique de circonstance.
08:19La famille Adams, Thierry Leroy, guide au célèbre cimetière du Père Lachaise.
08:25Je vous présente Philippe Catherine.
08:27Bonjour.
08:28Est-ce que vous êtes venu avec vos gris-gris, là ?
08:30Qu'est-ce que c'est sur votre poche ?
08:32C'est juste pour appeler à tout le monde notre destinée.
08:36Ah oui, à notre avenir.
08:38On y passera tous.
08:39On y passera tous.
08:40Mais vous, ça ne vous angoisse pas ?
08:42Ah non, non, non.
08:43Moi, j'ai peur de la mort comme tout le monde.
08:46Mais moi, j'essaye de la désacraliser.
08:48Et quand je fais mes visites, on n'y pense pas.
08:50Au contraire.
08:50J'essaye de faire revivre tous ces personnages qui sont six pieds sous terre.
08:55J'imagine, Philippe, que vous êtes déjà allé au cimetière du Père Lachaise.
08:58Oui, bien sûr.
08:59Au lieu du tourisme, parce que c'est visité, j'ai vu, par 3,5 millions de personnes.
09:04Oui, alors il n'y a pas de tourniquet à l'entrée du cimetière, mais c'est une évaluation.
09:08Une évaluation.
09:093,5 millions de visiteurs par an.
09:12Mais ça en fait l'un des cimetières les plus visités au monde.
09:15Avant d'être guide, qu'est-ce que vous faisiez dans la vie ?
09:18Écoutez, c'était un long processus.
09:20J'ai débarqué à Paris dans les années 80.
09:23J'ai habité à côté du cimetière et j'ai eu un choc.
09:28Un choc ?
09:28Voilà, mais un choc, il n'a pas pu me lancer dans l'affaire tout de suite.
09:33Donc j'ai fait un métier qui, à l'époque, rapportait beaucoup d'argent.
09:36Qui était quoi ?
09:37La restauration.
09:38La restauration, d'accord.
09:39J'ai travaillé dans les wagons-lis, etc.
09:41Et oui, quand est-ce qu'est venu le déclic ?
09:43Quand je suis allé en Égypte.
09:44J'ai fait un voyage en Égypte.
09:46Et l'Égypte, c'est compliqué.
09:48C'est beau, mais c'est compliqué.
09:49Et souvent, les guides nous abreuvent d'informations.
09:53Mais nous, on est là en touriste, on n'est pas des égyptologues.
09:56Et un jour, Youssef, je m'en souviendrai toujours, il nous racontait des histoires.
10:01C'est-à-dire qu'il avait compris qu'en face de lui, il y avait des touristes, mais pas
10:05des égyptologues.
10:06Et donc, il racontait des histoires.
10:07Peut-être qu'il fabulait un petit peu, peu importe.
10:09Et là, j'ai eu le déclic.
10:11Je me suis dit, tiens, je vais faire la même chose, mais on perd la chaise.
10:15Philippe Catherine, il en a fait une chanson d'un voyage en Égypte.
10:18Louxor, j'adore.
10:18Oui, c'est vrai.
10:19Bien sûr.
10:20Et alors, qu'est-ce que vous répondez à ceux qui se disent que c'est une passion un peu
10:25morbide, voire un peu glauque ?
10:27Non, il n'y a rien de glauque.
10:29Les cimetières sont beaux.
10:31Ce sont des véritables musées.
10:33Je considère un cimetière comme un musée.
10:36J'invite les gens, quand ils voyagent, à aller visiter un cimetière comme ils vont voir le musée de la
10:42ville en question.
10:43Donc, il n'y a rien de glauque là-dedans.
10:45Il ne faut pas penser à la mort.
10:46Il faut juste le côté visuel, la nature, les monuments, la sculpture.
10:51Et les personnalités aussi, évidemment, qui y sont.
10:54Vous comprenez, vous, cette passion de tirer le roi ?
10:56Alors, bien sûr.
10:58Je suis allé souvent au cimetière.
10:59Le cimetière dit beaucoup sur les mœurs et coutumes de la population.
11:05Oui, mais ça montre l'évolution d'une époque aussi.
11:07Aussi, puisqu'il y a le phénoménal aussi.
11:09Dans la mort, en général, c'est que c'est un sujet dont on parle, où on pense tous les
11:14jours, mais dont on ne connaît rien.
11:17Donc, c'est ça qui est absolu.
11:18C'est un peu effrayant, c'est que c'est un trou noir.
11:22On n'y connaît rien.
11:23Alors, c'est pour ça que, moi, personnellement, je préfère prendre les devants, essayer de construire mon petit monument funéraire.
11:30J'ai fait des dessins, tout ça, pour ne pas virer dans l'angoisse du trou noir.
11:38À quoi ça ressemblera, votre monument funéraire ?
11:40C'est-à-dire que c'est en marbre rose, en forme de pied.
11:44En forme de pied ?
11:46Oui, de pied.
11:48Il fait mini-golf aussi en même temps.
11:51Pourquoi un pied mini-golf ?
11:53Parce que le pied, c'est ce qui nous relie à la terre.
11:56Oui, effectivement.
11:56Donc, il y a un lien, bien sûr.
11:59Et puis, j'aime bien l'idée aussi du jeu.
12:01Moi, je suis un joueur.
12:03J'aime jouer et proposer aux gens de jouer sur ma tombe.
12:08D'accord.
12:09Donc, petit mini-golf.
12:10Et joli pied de nez, du coup.
12:11Oh, joli.
12:12Joli.
12:13Très fort.
12:13Appréciable.
12:14Et donc, une petite dimension ludique, finalement.
12:17Toujours.
12:17Parce qu'on a le droit de faire ce qu'on veut sur une tombe ?
12:21Oui.
12:21Et je suis content de m'être venu.
12:24Ça va être des visites.
12:26Partez dans très longtemps.
12:29Mais je serai super content de parler de votre tombe.
12:33Mais ce ne sera peut-être pas au cimetière du Père Lachaise.
12:36Vous avez trouvé le lieu déjà.
12:38En Vendée.
12:38En Vendée.
12:39En Vendée.
12:40En Vendée.
12:40En Vendée.
12:40En Vendée.
12:41En Vendée.
12:41Je ferai un effort.
12:43Et alors, vous, à partir de 1999, vous vous êtes lancé dans ces visites du cimetière du Père Lachaise.
12:50Mais vous essayez, justement, de rendre ça dynamique, ludique.
12:54Comment vous y prenez ?
12:54À quoi ça ressemble des visites avec vous ?
12:56En fait, j'essaie de transformer chaque tombe en petite cénette.
13:00C'est-à-dire, chaque tombe, pour moi, c'est un tableau, c'est un personnage, c'est un décor.
13:04Et moi, j'essaie de faire revivre le personnage en question, mais à travers son monument funéraire.
13:11Alors, bien sûr, il y a des personnages qui, malheureusement, ne bénéficient pas de monuments funéraires extraordinaires.
13:17Et je pense à Edith Piaf ou à Jim Morrison ou à Gilles Berbeco.
13:22Là, donc, il faut que je raconte l'histoire.
13:24Par contre, les personnages qui ont des beaux monuments, donc, là, maintenant, je me concentre sur le monument.
13:30Et je fais revivre le monument.
13:33Et les gens ont l'impression que le monument commence à bouger et que le personnage, il est là.
13:39Et donc, il y a un peu de légende, quand même, dans ce que vous racontez, ou tout est vrai
13:41?
13:42Alors, les légendes, j'essaie de...
13:44Est-ce que vous brodez un peu ?
13:47Bon, au tout début, c'est vrai que j'ai un peu abusé.
13:50C'est honnête, c'est honnête.
13:52J'ai un peu abusé.
13:53Et après, quand j'ai vu que le public venait, je me suis dit, oh là, Thierry, bon, il faudrait
13:58peut-être éviter de commencer à être un peu plus sérieux.
14:01Oui, il va falloir bosser.
14:02Et maintenant, c'est vrai que les légendes, j'en parle.
14:05Quand il y a un fond de vérité, j'y vais.
14:09Mais par contre, quand ça va trop loin, là, j'y vais plus.
14:12Et vous avez des chouchous au Père Lachaise ?
14:14Des chouchous ?
14:14Oui.
14:15Ah oui, en termes de monument.
14:17Oui.
14:17Oui, bien sûr.
14:18J'ai des coups de cœur, oui.
14:20Qui, par exemple ?
14:21Pour moi, le monument le plus émouvant, c'est cette maman qui est allongée dans un lit avec son bébé.
14:28Ah oui.
14:29Et donc, je l'ai baptisé la maternité.
14:32Et quand on est face à ce monument, on n'a pas la notion de la mort.
14:36Parce qu'elle est en train d'allaiter l'enfant.
14:38Et pourtant, c'est une histoire dramatique, puisqu'elle est morte à 21 ans.
14:42Mais voilà, on n'a pas cette notion.
14:43Et c'est ce genre de tombe que j'aime beaucoup, qu'on appelle en funéraire le portrait.
14:48C'est-à-dire qu'on veut laisser quelque chose de vivant, malgré l'histoire dramatique.
14:53Alors, Philippe Catherine, vous nous avez dit que vous alliez déjà visiter le cimetière du Père Lachaise.
14:57Vous n'avez peut-être pas eu les commentaires de Thierry.
15:00Donc, on va voir si vous vous y connaissez bien dans ce cimetière.
15:04Thierry nous donnera les réponses.
15:05Première question.
15:08Pourquoi, selon vous, les tombes de Molière et de Jean de La Fontaine se situent l'une en face de
15:13l'autre dans la 25e division ?
15:15Je peux vous faire des petites propositions.
15:17Ah oui, il y a un QCM.
15:20A, pour faire un coup de com' au cimetière.
15:23B, parce qu'ils avaient un lien familial caché.
15:26Ou est-ce que c'est parce que Jean de La Fontaine voulait rire des paroles de Molière même après
15:30son décès ?
15:32J'aimerais bien la troisième.
15:34Elle est belle, mais je crois que ce n'est pas la bonne réponse.
15:36Mais ce n'est pas ça.
15:38Non, malheureusement, ils sont là.
15:40Je vais lâcher le mot qui est compliqué.
15:43Pure opération marketing.
15:45De la part du cimetière ?
15:47Oui, c'est-à-dire que le cimetière ne fonctionne pas.
15:50Le cimetière est en dehors de Paris.
15:52Alors que les Parisiens avaient l'habitude d'enterrer leur mort à côté de chez eux.
15:55C'est-à-dire, à l'époque, c'était en dehors de Paris ?
15:57Ah oui, complètement.
15:58C'est loin.
15:58Très loin, très loin.
16:00Et le Parisien, il enterrait à côté de chez lui.
16:02On a compté 200 cimetières dans Paris.
16:05Donc, voilà, on prenait le mort, l'église, cimetière.
16:10Tandis que là, il fallait faire des kilomètres.
16:12Et ça ne fonctionnait pas.
16:13Donc, 1804 ouvertures, 10 ans après, 2000 concessions, qu'est-ce qu'on fait ?
16:20Un fiasco.
16:21Il faut attirer le client, si j'ose dire.
16:27Et donc, il faut faire un choix.
16:31Et pourquoi Molière-La Fontaine ?
16:32Parce que très populaire.
16:34Il y en a que depuis le paysan jusqu'à haute sphère de la société.
16:39Tout le monde connaît.
16:41Et donc là, tout le monde est venu et tout le monde a voulu sa concession au père de la
16:44chasse.
16:44Après, c'était « the place to be ».
16:46Autre question, Philippe, à votre avis.
16:48Et pourquoi des jeunes femmes sont parfois à Califourchon, sur la tombe de Victor Noir, un journaliste français du 19e
16:56siècle ?
16:57Eh bien, c'est pour la fertilité, me semble-t-il.
17:02La fertilité.
17:03C'est une légende, je crois, quand même.
17:04Parce que, est-ce que les résultats sont probants ?
17:07Est-ce que ça marche vraiment ?
17:08Oui, je pense que les dames et les demoiselles sont suffisamment intelligentes pour ne pas supposer qu'un simple intouchement
17:17va combler leur désir.
17:19Et qu'à mon sens, il faudra d'autres contributions.
17:21Mais oui, c'est une légende qui est contemporaine.
17:24Parce que le journaliste, il est mort au 19e siècle.
17:28Et donc, la légende date uniquement du 20e siècle.
17:32Et on le voit, il y a une vraie usure.
17:34Oui.
17:34Ah oui, oui.
17:36C'est clair et net, tout le monde.
17:37Et moi, j'ai vu des scènes hallucinantes.
17:40Ah bon ?
17:41Ah oui, j'ai vu des scènes des demoiselles à Califourchon.
17:45Mais en plein après-midi, pas de problème.
17:4815 heures sur les tapons devant tout le monde.
17:51Incroyable.
17:52Je préviens la régie, on va aller sur la dernière question maintenant.
17:56André Chabot, un photographe, a déjà prévu sa tombe au Père Lachaise.
18:01Qu'a-t-il imaginé pour honorer sa passion ?
18:04Une idée très originale aussi, comme la vôtre, Philippe Catherine.
18:08Est-ce qu'il a prévu un appareil photo d'une tonne et un QR code pour découvrir ses photographies
18:13à lui ?
18:14Est-ce qu'il a prévu une pellicule à taille humaine dans laquelle on entre pour voir ses clichés exposés
18:19?
18:19Ou est-ce qu'il a prévu carrément un déclencheur automatique qui prend une photo de chaque visiteur ?
18:26C'est assez pervers.
18:28Je dirais la troisième peut-être.
18:31J'ai bien peur que ce soit encore un échec.
18:34Ouais, désolé.
18:37En fait, il y en a deux, il y a deux bonnes réponses.
18:39Ah, dites-nous alors ?
18:40Il y a à la fois l'appareil photo qui fait une tonne et il y a le QR code.
18:45Et le QR code, voilà.
18:47Pour découvrir ses photographies, c'est pratique comme tout.
18:51Il n'est pas mort encore ?
18:52Non, alors lui, il a fait les choses à l'envers.
18:54C'est-à-dire qu'il a fait son monument avant de mourir.
18:57C'est une très bonne idée, ça.
18:58Oui, bien sûr.
18:59Alors, vous êtes en Vendée, c'est bon.
19:01Parce qu'à Paris, on ne peut plus acheter son vivant.
19:04Ah oui.
19:05Je ne peux pas montrer ma tombe.
19:07Ah.
19:09Parce que vous avez prévu quelque chose d'original, vous-même ?
19:12Oui.
19:13Oui ?
19:13Oui, tout est prévu.
19:14Ah bon ?
19:15Oui, tout est prévu.
19:16À quoi ça va ressembler ? On peut le dire ?
19:17Bon, je ne suis pas trop mégalo.
19:18Ça sera une stèle arrondie avec une dalle.
19:21D'accord.
19:22Sur la stèle, bien sûr, le curriculum vitae.
19:25J'aimerais qu'on mette passeur de mémoire.
19:28Et alors, je ne sais pas si vous avez déjà vous baladé dans le cimetière,
19:30mais les gens sont dans leur plan.
19:32Oui.
19:33C'est-à-dire qu'ils passent trois heures dans leur plan.
19:35Check, check, vu, vu.
19:37Alors, je me suis dit, tiens, on va faire le plan du cimetière sur la dalle.
19:41Avec un point, vous êtes ici.
19:44Ah oui.
19:44C'est drôle.
19:45Et vous avez un épitaphe ?
19:46Une épitaphe ?
19:47Un épitaphe aussi.
19:48Elle est prévue.
19:49Ça, c'est important, les épitaphes.
19:50Oui.
19:50C'est vrai.
19:51Il faut essayer d'être original.
19:52Il ne faut pas prendre des textes bibliques ou des extraits de chansons.
19:56Mais bon, ça se fait beaucoup.
19:58Normalement, ça sera à tout de suite.
19:59À tout de suite.
20:01Très bien, c'est joli.
20:02Vous aussi, vous avez une idée, Philippe Catherine ?
20:04Oui, c'est lié au jeu aussi.
20:06Ce serait, c'était perdu d'avance.
20:11Ça vous plaît ?
20:12C'est très bien.
20:13Et c'est donc bien une épitaphe, qu'il faut dire.
20:16Une épitaphe.
20:16C'est une, oui.
20:17Une épitaphe.
20:18Et alors, bien sûr, Thierry Leroy, vous passez vos vacances aussi, dans votre élément,
20:22à visiter les plus grands cimetières du monde.
20:25C'est une passion vraiment internationale chez vous.
20:29Vous allez aller au Mexique, je crois, prochainement ?
20:31Oui.
20:31Alors, je vais réaliser mon rêve.
20:33Je vais partir au Mexique.
20:36Et le Mexique, la fête des morts, c'est le 1er novembre.
20:40Donc, c'est ma première trousseur de ma carrière que je ne vais pas faire.
20:43Vous n'aviez jamais fait ?
20:44Oui.
20:45Non.
20:46Mais non, mais parce que…
20:47Et à la base, en plus, c'est très vivant, c'est exceptionnel.
20:49Mais on va continuer à en parler dans un instant, Thierry.
20:51Vous restez avec nous.
20:53Aussi, Philippe Catherine, on va parler de ce nouvel album, Planète Bleue.
20:57On revient.