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  • il y a 2 jours
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Télématin reçoit Thierry Lhermitte pour son seul-en-scène "La rencontre" au Studio des Champs-Élysée, et Ousmane, employé d'une résidence sénior partageant son quotidien avec les résidents sur les réseaux sociaux.

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Transcription
00:00...
00:01Vous accueille avec une petite danse Thierry Lherbitte.
00:04Et avec Alain Souchon.
00:06Oui, mon ami.
00:07C'est pour ça. On sait recevoir dans Télématin.
00:10Je sais que vous adorez Alain Souchon.
00:12Oui, c'est vrai. C'est un grand chanteur, un grand poète,
00:15avec des textes sublimes et des mélodies.
00:20Votre vie, oui.
00:21Thierry Lherbitte, vous avez une grosse actualité,
00:23notamment à partir du 5 novembre, vous allez reprendre la rencontre.
00:26C'est un seul en scène qui mêle philosophie, confidence personnelle
00:31autour des rencontres qui ont marqué votre vie.
00:34Pourquoi est-ce qu'une simple rencontre peut parfois changer toute une vie ?
00:37Vous dites, d'ailleurs, j'avais l'impression que je n'existais pas
00:40avant de faire mes grandes rencontres de vie.
00:43Oui, c'est vrai.
00:44Ça arrive à beaucoup de gens, tout d'un coup,
00:47de découvrir que la vie est intéressante
00:49parce qu'ils ont rencontré un homme, une femme, un métier, un animal.
00:55Je n'en sais rien.
00:57Et tout d'un coup, la vie devient intéressante.
00:59C'était le cas, franchement.
01:00J'avais 15 ans, rien ne m'intéressait.
01:02Et je rencontre Christian Gérard, Michel au lycée Pasteur.
01:05Et la vie devient passionnante.
01:07Ce qui est fou, c'est que ces rencontres nous élèvent
01:09au sens propre et au sens figuré.
01:11L'éducation continue à la faire avec nos amis, en fait.
01:15Ben oui.
01:16Voir qu'on la démarre avec ces rencontres.
01:18Quelquefois, c'est juste sur un sujet,
01:20mais c'est plus que ça, en fait.
01:21Parce que quand on ne s'intéresse à rien, comme beaucoup de jeunes,
01:25et c'est normal, à vrai dire.
01:27Et puis, on ne peut pas accuser qu'il n'y a pas que des mauvais profs, tout d'un
01:30coup.
01:31Donc, il y en a forcément.
01:32Mais c'est juste qu'on est dans un état psychologique
01:34où le monde ne nous accroche pas.
01:38On n'a pas envie de...
01:38Et tout d'un coup, on rencontre des gens différents qui nous ouvrent,
01:42qui élargissent notre champ de vision.
01:45Et puis, ça, c'est chouette.
01:46Et ça, c'est chouette.
01:46Et il aime ce sport.
01:48Et il aime ce cinéma.
01:49Et il aime ce...
01:50Je ne sais pas, c'est cette bouffe.
01:51Et elle, tout d'un coup, tout devient intéressant.
01:54C'est une chance d'avoir ça dans sa vie.
01:56Et ça arrive heureusement à beaucoup de gens, quand même.
01:58Et d'ailleurs, il vous dit qu'il faut avoir le courage
02:00de faire des nouvelles rencontres.
02:01Parce que, parfois, on reste un peu dans sa zone de confort.
02:04Oui, si on ne prend pas le risque de rencontrer des gens,
02:09on reste ce qu'on est tout le temps.
02:10Alors, en même temps, il ne faut pas être non plus un papillon, forcément.
02:13C'est-à-dire de changer d'avis et qu'on tourne la tête sur autre chose.
02:18Mais, en tout cas, d'être OK pour découvrir d'autres choses, c'est chouette.
02:24Bon, Thierry Lhermitte, c'est dingue, parce que tout le monde vous aime.
02:26Je ne sais pas, vous avez tellement...
02:27Oui, c'est vrai.
02:29Oui, c'est plaisant.
02:29C'est vrai.
02:30Alors, franchement, je connais personne qui n'aime pas Thierry Lhermitte.
02:33C'est quelque chose de dingue.
02:34D'ailleurs, on a demandé aux Français ce qu'ils pensent de vous.
02:36Ils confirment.
02:37Il y a un merde qui connaît.
02:38Authentique.
02:39Pétillant.
02:39Ma jeunesse.
02:40Beau.
02:40Beau.
02:41Sa chevelure dans les bronzés.
02:43Quand je pense à Thierry Lhermitte, je pense aux zèbres.
02:46Le Père Noël est une ordure.
02:47Je l'ai découvert comme ça.
02:49C'est cela, oui.
02:50Le dîner de con.
02:51Un tout petit rôle qu'il avait dans Papy fait de la résistance.
02:54Dominique de Villepin.
02:56Dans Quai d'Orsay.
02:57Il a marqué toute mon adolescence, âge adulte et maintenant ma période de retraite aussi.
03:04Oh, le con.
03:05Il nous capte parce qu'il est vrai dans son jeu.
03:08Thierry Lhermitte, c'est le goat.
03:09Je pense qu'il doit être très drôle dans la vie.
03:11Voilà, le goat.
03:12Vous savez ce que ça veut dire, goat ?
03:14Parce que moi, j'ai appris récemment.
03:15Ah bah voilà, c'est grâce à mon fils ado.
03:16Oui, c'est quoi le goat ?
03:17Qu'est-ce qu'il y a, Emma ?
03:18Regardez, vous avez vu la perfidie des gens avec tout ça.
03:20C'est incroyable.
03:21Le goat, ça veut dire...
03:22Allez-y, Emma.
03:23Je ne sais pas.
03:24Non, c'est une blague.
03:25The greatest of all times, c'est ça ?
03:27The greatest of all times.
03:29D'accord, j'ai fait le voir avec les chèvres.
03:30Voilà, donc tous les jeunes disent ça.
03:32Non mais attends, c'est le goat.
03:33Thierry Lhermitte, c'est le goat.
03:35Est-ce que vous avez conscience quand même de la place énorme que vous occupez dans le cœur des gens
03:39?
03:39Parce que j'imagine qu'ils vous le disent dans la rue tous les jours.
03:41Les gens me le disent et c'est très plaisant.
03:43Je pense qu'ils sont gentils avec moi.
03:45Bon, j'en profite.
03:47Vous avez bien raison.
03:48Et vous le méritez.
03:50Alors ce matin, on va parler de votre actualité, bien sûr, des rencontres qui ont changé votre destin.
03:55Mais Benoît a préparé quelques chiffres pour vous.
03:57Oui.
03:58Et je commence par le chiffre 68.
04:00Thierry, pour quelles raisons, selon vous ?
04:02Alors c'est en lien avec la jeunesse.
04:03Oui.
04:04On est en 68.
04:06Vous avez 16 ans.
04:07Et vous participez à une émission de l'ORTF.
04:10Vous êtes déjà un passeur de sciences.
04:12Ah ben oui, mais je suis déjà...
04:14On regarde l'image.
04:15Ça ne m'a pas déclenché.
04:17Parce que là, je suis très mal à l'aise.
04:18Non, non, cette émission.
04:20Au sujet scientifique, le professeur Françon, qui est là, va nous commenter les images du laser.
04:27Mais d'abord, nous passons à un reportage en duplex de Marc Ouzis, qui est le siège des laboratoires de
04:34la CGE.
04:36C'est bon, je suis très bon.
04:39Une carrière qui se dessine.
04:40Alors c'est dingue, parce qu'il y a déjà le goût pour la science.
04:43C'était quoi cette émission ?
04:44Écoutez, je pense que c'était un truc où ils voulaient mettre en avant les jeunes.
04:48Je ne me rappelle plus trop pour tout vous dire.
04:50Je ne sais pas pourquoi j'ai été pris, parce que vraiment, je suis lamentable.
04:52Je ne ferais pas deux émissions dans une émission d'info en direct.
04:59On a vu bien pire quand même.
05:00Oh non, là je suis très très mauvais.
05:03En tout cas, il y a déjà la passion qui est en train de naître.
05:05Oui, c'est le hasard.
05:08À 16 ans, vous étiez quel lycéen ?
05:11Vous disiez tout à l'heure que vous…
05:13Moi, j'étais très moyen, rien ne m'intéressait.
05:15La seule discipline dans laquelle j'avais des notes à peu près correctes, c'était en maths,
05:19parce que ça ne me demandait pas de travail.
05:20Tout le reste, rien, mais rien, rien de rien.
05:22C'est bon quand même de ne pas avoir besoin de travailler les maths, parce que ce n'est pas
05:26le plus bien.
05:27Oui, parce qu'il n'y a pas besoin de bachoter en maths.
05:29On avance de logique en logique.
05:30Vous n'alliez pas envie d'apprendre, en fait, c'était ça ?
05:33Rien, c'est terrible.
05:35Pourtant, je lisais énormément, mais alors ça glissait.
05:39Un autre chiffre, c'est 430, qui vous renvoie à l'année 1987, une grande traversée.
05:45Ce chiffre est lié à un voilier.
05:46Ah oui, oui, 430.
05:48430, Océanis ?
05:49Océanis, 430, oui, absolument.
05:51C'est un bateau que m'avait prêté gentiment le chantier Beneteau,
05:56avec lequel je suis parti pendant 14 mois avec ma famille,
06:00à travers Méditerranée, travers Atlantique, et puis les Caraïbes jusqu'au Bermude.
06:06Et à cette époque-là, en 1987, forcément, ça intéresse l'émission Thalassa.
06:11Regardez.
06:12Thierry Lhermitte, sur un Océanis 430 de 12,60 mètres chez Beneteau.
06:16Car espacieux, bois clair, on est loin des intérieurs cloisonnés,
06:20où l'on cherchait à installer un maximum de couchettes.
06:23En 1987, on pense beaucoup mieux la vie à bord, le confort avant tout,
06:27mais peut-être au détriment de la performance sportive.
06:30On court quand même avec un bateau de croisière,
06:33avec un pont en tec, avec un main en rouleur,
06:35avec une énorme hélisse tripale, avec 600 litres d'eau, 200 litres de gasoil.
06:41Bon, voilà.
06:43Avec ces composantes-là, on essaie de faire marcher le bateau le plus vite possible,
06:45mais on n'est pas un bateau pour gagner.
06:49On a gagné quand même.
06:51Vous avez gagné ?
06:52Oui.
06:52Dans notre catégorie, on a gagné quand même, oui.
06:55Comment vous vous retrouvez dans ce genre d'aventure ?
06:57Vous aimiez la voile ? Vous aviez une culture de la voile ?
07:00Oui, oui, j'avais fait de la voile depuis que j'étais gamin.
07:02Et puis, il y a un moment, j'ai eu envie d'apprendre à naviguer,
07:07à naviguer, quoi, pas juste faire marcher le bateau.
07:10Et c'était mon rêve de partir en famille longtemps,
07:14parce que chaque fois que je partais en bateau,
07:15c'était une semaine, deux semaines, au maximum trois.
07:19Et donc, l'idée de pouvoir être longtemps en bateau,
07:22comme les grandes vacances quand on est petit.
07:25Et donc, je suis parti du mois de juin au septembre suivant,
07:29c'est-à-dire que la fin de l'école, je crois que c'était…
07:33Mon fils a fait le CP et le CE1 dans le voilier,
07:37avec les cours à distance, le CNED.
07:40Vous faites toujours de la voile ?
07:42Non, j'en ai fait jusqu'à…
07:43Après ce voyage long en bateau,
07:46j'ai continué un petit peu, puis j'ai arrêté.
07:49J'avais vécu mon rêve, d'une part,
07:51et puis ma dernière fille était malade dans tous les moyens de transport.
07:53Aïe, aïe, aïe.
07:54Donc, ce n'était pas la peine d'infliger ça à un enfant.
07:58Alors, un autre chiffre, c'est le chiffre 10 pour 10%,
08:01le pourcentage que les artistes donnent à leur…
08:05une part de leur cachet à leur agent.
08:07Est-il vrai que pendant longtemps, vous n'aviez pas d'agent ?
08:10Oui, pendant la plupart de ma carrière, je n'ai pas eu d'avancée.
08:12Je suis très radin.
08:15Mais quand vous dites pendant longtemps, c'est-à-dire pendant très longtemps ?
08:20Pendant au moins 40 ans, oui, oui, 30 ans, 40 ans.
08:24Vous deviez être indépendant.
08:25Non, parce que honnêtement, j'étais devenu producteur.
08:27Je le décontrage, je savais ce que c'était, je le faisais tout le temps.
08:30Donc, aller donner 10% pour un truc qui me prenait 5 minutes à faire,
08:35ça me paraissait absurde.
08:37Et puis, c'est aussi un mélange, pour tout vous dire,
08:39un mélange d'orgueil et d'économie, on va dire, plutôt que de pingrerie.
08:46Et finalement, j'ai un agent depuis 20 ans
08:48et je suis très content que quelqu'un s'occupe de…
08:51que j'ai pu m'occuper de ça.
08:52Et une femme merveilleuse, par ailleurs.
08:55Voilà, il est bien entouré, Thierry Lhermitte.
08:57Je vous propose de faire une rencontre,
08:59puisqu'on parle beaucoup de rencontres avec vous.
09:00Ce matin, c'est un rayon de soleil, Thierry Lhermitte.
09:03Il s'appelle Ousmane, il a 24 ans,
09:05il travaille dans une résidence senior en Ile-de-France.
09:08Et depuis 6 ans, il illumine le quotidien des personnes âgées.
09:12Et son énergie, sa bonne humeur, son communicatif,
09:15on l'accueille tout de suite.
09:16Ousmane, c'est avec nous.
09:18Bonjour.
09:19C'est sa première télé.
09:21C'est ma première télé.
09:22Bonjour.
09:22Bonjour.
09:24Ousmane, est-ce que vous connaissez Thierry Lhermitte ?
09:26Pas du tout.
09:27Non, c'est vrai ?
09:28Non.
09:29Non, mais attendez, vous ne le connaissez pas personnellement ?
09:31Vous ne savez pas qui est Thierry Lhermitte ?
09:33Il ne me dit rien.
09:34On a trouvé le seul, dis donc.
09:35Non, mais ça, c'est fantastique.
09:39Pourquoi ? Il est connu, connu, connu ?
09:40Oui, parce que c'est au-delà.
09:42C'est au-delà.
09:58C'est au-delà, qu'elle soit belle.
10:00Je n'avais pas promis ça.
10:01Bientôt, vous pourrez venir chez nous.
10:02Il n'y a pas de m'appel.
10:05Mais Ousmane, ça ne va pas.
10:07On s'occupe bien des gens.
10:08C'est la raison.
10:10Vous aurez le droit à des petits bisous de ma part.
10:14Parce qu'il fait beaucoup de bisous.
10:15Ça a l'air, ça va plaire à Thierry Lhermitte.
10:17C'est plus les dames d'habitude.
10:18Mais bon, ça n'est pas grave.
10:19Je ferai une exception pour vous.
10:21Vous savez quel est votre destin, Thierry,
10:23grâce à cette émission.
10:24En tout cas, c'est devenu la coqueluche
10:26des habitants de la résidence Seigneur.
10:29La raison, c'est ça.
10:29Regardez.
10:31Bonjour.
10:33C'est bon ?
10:35Bonjour.
10:36Bonjour.
10:36Elle est moua.
10:38Elle est contente.
10:40Elle ne va pas me lâcher.
10:42Allez, à vous aussi.
10:44Madame Costa.
10:45Bonjour.
10:49Vous vous intéressez à leur vie.
10:52Vous les câlinez.
10:52Et quand vous annoncez votre départ,
10:55par exemple en vacances,
10:56parce que vous prenez parfois quelques vacances,
10:57Ousmane, ça leur fait très mal.
11:01On s'entend.
11:02Mais je reviens.
11:04Petit Nord, c'est le petit...
11:06Allez.
11:08Bonnes vacances.
11:09Je vais dire à Magadis
11:10qu'on passe des bonnes vacances, d'accord ?
11:12Oui.
11:13D'accord ?
11:13Et vous, vous continuez à marcher avec Thomas ?
11:16Oui, oui.
11:16Vous faites les balades,
11:18vous mangez bien avec le sourire et tout ce qui va.
11:20D'accord ?
11:21Vous pleurez ?
11:22Hein ?
11:24Mais pourquoi vous pleurez ?
11:25Je pars juste en vacances.
11:26Bonjour, je reviens.
11:28Je vous aime aussi.
11:29Vous vous accortez pas ?
11:30Je reviens.
11:31On s'entend.
11:32Hein ?
11:33On s'entend.
11:33Oui, mais je reviens.
11:35Mais je vais juste en vacances.
11:37Ça me touche beaucoup.
11:38Je sais, mais je vais juste.
11:41Et vraiment, très émouvant, on sent à quel point le lien que vous entretenez...
11:45Eh bien, vous êtes émouvant.
11:46Oui.
11:49Je l'ai vécu, le moment.
11:50Ça veut dire, les émotions, elles reviennent.
11:53C'est vraiment...
11:56C'est émouvant, en fait, à quel point on s'attache.
12:00À quel point ils nous aiment.
12:02C'est des époques différentes.
12:05On n'a pas, comment ça s'appelle, le même âge.
12:08Mais en fait, l'affinité, elle est aussi forte que quand j'ai un conflit avec mes amis ou avec
12:16ma famille.
12:16Vous êtes placés au même niveau.
12:17Oui, c'est vraiment...
12:18Ils ont pris une grande place dans mon cœur et ça m'émeut.
12:24Eh bien, quand vous partez, on a vu, c'est un peu le drame pour certaines.
12:27Mais alors, quand vous revenez, c'est la fête.
12:29Ah, ça, c'est sûr.
12:31Avec beaucoup de plaisir.
12:33Bonjour, comment ça va ?
12:35Comment, qui va ?
12:36Ça va ?
12:37Ça va ?
12:38Ça va, la forme ?
12:39Ça se passe ?
12:40Non, non, je ne veux pas la forme en ce moment.
12:41Pourquoi ?
12:42C'est la vieillerie.
12:42Non, mais ça commence.
12:43C'est la vieillerie.
12:44Mais c'est vrai, mais c'est vrai.
12:46Mais c'est encore bien, regardez-là.
12:48Vous êtes bien.
12:48Mais oui, oui, mais...
12:50J'adore quand elle dit que c'est la vieillerie qui commence.
12:53Il faut dire qu'elle a 104 ans.
12:54Et là, elle a eu 105.
12:56Elle a eu 105.
12:57Et c'est maintenant que la vieillerie commence ?
13:00Franchement, elle est en forme.
13:01Elle est incroyable.
13:02Ce qui est marrant, c'est que quand elle vous voit,
13:04elle n'a plus besoin de sa canne.
13:05Tout à coup, elle court vers vous.
13:07Trop rigolo.
13:08Au sein de la résidence, elle n'a jamais.
13:09C'est juste quand elle sort dehors,
13:11en fait, elle fait ses courses tout seul, cette dame.
13:13Comment elle s'appelle, cette dame ?
13:14Elle s'appelle Mireille.
13:15Mireille.
13:15Mireille.
13:16On l'embrasse, Mireille.
13:18Beaucoup de bisous.
13:20Depuis plusieurs mois, vous partagez sur vos réseaux sociaux
13:23ce quotidien, ces échanges avec ces personnes âgées de la résidence.
13:27Pourtant, il y a six ans, franchement, ce n'était pas gagné que vous fassiez ça
13:30parce que vous avez fait des études de serrurier métallier.
13:33Après, vous avez travaillé à la plonge dans un restaurant.
13:35Et c'est votre belle-sœur qui vous parle de ce poste.
13:38Sur le moment, vous vous dites quoi ?
13:40Sur le moment, je me dis, mais, en fait, j'avais peur.
13:45Parce qu'en fait, on a des a priori sur tout.
13:48Et je me suis dit, est-ce que je suis quelqu'un d'assez doux ?
13:52Est-ce que je pourrais m'occuper d'eux ?
13:54Est-ce que, en fait, j'avais ce côté-là, je vais changer des couches ?
13:58On a tous…
13:59Vous avez des a priori sur les personnes âgées.
14:01Ce n'est pas forcément des bons a priori.
14:06Et le fait de vivre, là, si ça a à refaire, je le referais mille fois.
14:12Là, c'est vraiment…
14:13Ce n'est même plus une question d'argent.
14:15C'est vraiment…
14:16Je le fais parce que je me sens bien.
14:18Tous les jours, je me réveille.
14:19Je suis content d'aller au travail.
14:20Je vois des gens que j'aime, des gens avec qui je prends du plaisir, on rigole.
14:24Ils sont plus marrants que les jeunes.
14:26Ils sont plus marrants que les jeunes.
14:28Franchement, je n'ai rien d'autre…
14:31Vous avez été embauché, en fait, dès le premier entretien.
14:34Il paraît quand même que vos collègues disaient,
14:36il ne va pas rester longtemps.
14:37Ils faisaient même des paris.
14:38Ah oui, quand je suis arrivé au départ, ils ont fait des paris.
14:42Il fallait ça.
14:44Quand je suis arrivé, j'étais un beau paquet quand même.
14:46Je suis arrivé, je faisais 115 kilos.
14:48J'étais assez costaud.
14:49L'hygiène de vie, ce n'est pas méchant.
14:51Elle n'était pas très…
14:52Je suis venu avec un gros manteau vert, avec un jogging, un entretien.
14:56C'était vraiment plus…
14:58Ils avaient besoin et ils m'ont pris.
14:59Je pense que c'était vraiment ça.
15:01Et du coup, il y en a apparemment au bout de 2-3 ans.
15:04Ils m'ont dit…
15:05Au début, quand je suis arrivé, j'avais parié.
15:07Je me suis dit que tu n'allais pas rester.
15:08Je me suis dit non, c'est trop cardio pour toi.
15:12Tu ne pourras pas.
15:14Et du coup, j'aime bien donner ton rose aux gens.
15:16Et là, la preuve, ça fait 6 ans maintenant.
15:19Et au final, c'est eux qui ne sont plus là.
15:21C'est ça.
15:23Ça donne presque envie d'y aller.
15:25Vous avez vu ?
15:26Je vous ai dit.
15:28Beaucoup d'admiration.
15:30Moi, j'ai été voir un copain dans une unité fermée hier, avant-hier.
15:36Et l'admiration pour les gens qui font ça.
15:39Et puis, la réflexion, c'est de se dire…
15:41On dit les vieux, les handicapés.
15:45Mais c'est nous.
15:46Oui, c'est ça.
15:46C'est nous.
15:47C'est qu'on les individualise.
15:49Surtout, c'est qu'on sera comme ça, à moins de mourir plus tôt.
15:52Mais sinon, on sera comme ça.
15:55Et quand t'as handicapé, à n'importe quel moment,
15:57pour avoir une petite veine dans le cerveau,
15:59c'est la vie.
16:01Donc, de dire « les », c'est…
16:03Heureusement, on a changé en situation de handicap,
16:06parce que ça peut être temporaire.
16:08Mais voir ce qu'on va devenir,
16:10c'est ça qui fait l'empathie aussi.
16:13C'est ça.
16:14Aller vers l'autre, aller vers ces personnes
16:16qui, comme le dit Thierry, sont des personnes à part entière.
16:20Vous pensez qu'ils sont en train de vous regarder à la télé, là ?
16:21Oui, je pense.
16:22Alors, on va essayer d'avoir un petit message, peut-être.
16:24C'est le moment ou jamais de leur dire un petit mot.
16:27Bonjour à tous.
16:28Désolé, je suis en vacances encore.
16:30Bientôt mon retour.
16:31Bon, dans deux semaines.
16:33J'espère que vous me voyez bientôt.
16:34J'espère que vous serez tous présents.
16:36C'est par là, la caméra est là aussi.
16:38Ah, excusez-moi.
16:39On recommence.
16:40OK.
16:41Action.
16:43Bonjour à tous.
16:44J'espère que ça vous fait plaisir.
16:46Je passe sur France 2.
16:47C'est bien ça ?
16:48Oui, oui.
16:49Il ne connaît pas la chaîne non plus, Thierry.
16:50Rassurez-vous, il n'y a pas de problème.
16:53Et du coup, j'espère qu'un jour, on fera un plateau télé tous ensemble.
16:57Et bientôt mon retour.
16:58Je vous fais plein de bisous.
16:59Et soyez fiers de nous.
17:02On leur fait des gros coucous et des gros bisous.
17:04Mais c'est vrai que ce que vous, grâce à vos réseaux,
17:07ce que vous soulevez comme sujet,
17:08c'est que dans notre culture, en fait,
17:11les personnes âgées ne sont pas valorisées.
17:13Contrairement, par exemple, au Japon, même l'Italie et l'Espagne,
17:16je pense qu'en Europe, les grands-parents sont beaucoup plus impliqués
17:19dans la vie de la famille.
17:20Il y a des traditions intergénérationnelles qui sont beaucoup plus fortes.
17:24On vous voit souvent prendre les résidents dans vos bras, sur les vidéos,
17:28vous mettre à leur hauteur pour leur parler.
17:30Est-ce que vous connaissez le concept de l'humanitude ?
17:33Oui, c'est d'être, je pense, connaître eux, c'est d'être humain.
17:37C'est de passer beaucoup de temps, leur donner cette affection-là,
17:42leur faire comprendre qu'on n'est pas la queue pour...
17:45Ben, on travaille.
17:47Mais en fait, on est des humains, avant tout.
17:51On a ce côté-là.
17:52Je sais que dans les entreprises, ils disent qu'il ne faut pas trop s'attacher,
17:55mais en fait, on ne peut pas ne pas s'attacher.
17:56On a ce côté humain.
17:59Il faut s'attacher presque dans votre métier.
18:01C'est l'inverse ?
18:02En fait, c'est un besoin essentiel.
18:05Il faut avoir ce petit sourire, ce petit moment d'écoute
18:10et véhiculer beaucoup d'émotions.
18:13Ils en ont besoin, en fait.
18:14Il faut se dire qu'on peut dire qu'ils sont plus proches de la fin,
18:19donc essayer de leur faire passer des bons moments le plus possible.
18:22Moi, comme on dit chez nous les jeunes, ma DA, c'est ça.
18:25C'est de faire en sorte que ce soit les jeunes ou les personnes âgées.
18:29Quand je croise quelqu'un, qu'on passe un bon moment.
18:31Juste ça.
18:32Oui, c'est vraiment ça.
18:33Mais l'humanitude, c'est ça.
18:35C'est une philosophie qui met au centre, en fait, le regard, la parole,
18:40et qui fait en sorte, en fait, que même les personnes qui, parfois,
18:43souffrent de maladies neurodégénératives ou qui sont physiquement diminuées,
18:49soit gardent leur intégrité, en fait, et soient considérées comme des personnes à part entière.
18:54Voilà. Alors, vous travaillez dans la salle de restauration,
18:57mais on vous voit aussi quand même sortir de la résidence souvent,
19:00parce que vous accompagnez les résidents à faire leurs courses, on va voir.
19:03Donc, vous les aidez aussi en dehors, parce que tous, il y en a beaucoup qui sont encore indépendants,
19:09en fait, qui sont autonomes.
19:11En fait, ils sont tous autonomes. Il y a une catégorie.
19:14Ça va acheter, quoi ?
19:14En fait, c'est pour ça que je tiens à préciser, c'est une différence très importante.
19:19Les gens, ils ne font pas la différence entre l'EHPAD et une maison de retraite, une maison de repos.
19:23L'EHPAD, c'est médicalisé. Nous, nous ne sommes pas dans le médical.
19:26C'est deux choses très distinctes et c'est différent.
19:30C'est des gens autonomes qui ont des voitures, qui font du vélo.
19:33Donc, vous les emmenez au restaurant, comme on va le voir là.
19:37Ça vous plaît vraiment de dîner avec eux ?
19:40Ah oui ! Ils sont trop marrants. Il faut le vivre pour comprendre.
19:43Franchement, à refaire tous les jours.
19:45Si je pouvais, j'avais suffisamment d'argent tous les jours, je les invite.
19:49Et vous les mêlez avec vos propres amis ?
19:52Là, on est sortis, on est partis manger.
19:56On a tellement rigolé.
19:58Parce que ce jour-là, ils avaient pris des apéros, du vin.
20:03Et ce jour-là, ils n'étaient plus dans tous leurs états.
20:08Et c'était vraiment marrant.
20:11Elle lui dit, mais demain, tu as rendez-vous.
20:13Elle dit, qu'est-ce que je m'en fous du médecin.
20:15Ils appellent ça le...
20:18Comment on appelle ça le médecin ?
20:20Le Toubib.
20:21Le Toubib.
20:22Exactement.
20:23Elle me dit, je m'en fous du Toubib.
20:25Elle continue à boire son verre.
20:27Ah oui, après, j'ai dû les raccompagner.
20:30Heureusement, la résidence, elle était à côté.
20:32Bon, en tout cas, vous êtes un rayon de soleil, Ousmane.
20:35Et vous illuminez ce plateau ce matin.

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