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Ce mardi 27 octobre, Adrien Couret, directeur général d'Aéma Groupe, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Je reçois Adrien Courret, directeur général d'AIMA Group.
00:06Bonjour.
00:06Bonjour Sandra Gondoy.
00:07Ravi de vous avoir sur cette émission, la matinale de l'économie.
00:12Plusieurs sujets à évoquer avec vous en tant qu'assureur.
00:15On rappelle qu'AIMA Group c'est Massif, c'est Aesio Mutuel, c'est Abeille Assurance, c'est Ofi Invest.
00:22Restes, les émeutes de ce week-end du 17 et 18 octobre pourraient coûter jusqu'à 1,2 milliard d
00:29'euros aux assureurs.
00:31En tant qu'assureur, comment vous gérez cette situation ?
00:34Et on va y revenir finalement, la multiplication des crises mois après mois.
00:38Parce qu'on s'était vu cet été, il y avait des questions climatiques là, c'est encore autre chose,
00:41mais ça pèse toujours sur vos épaules.
00:44Alors les événements qu'on a connus, ils sont très significatifs pour les assureurs, c'est un signal fort.
00:48Il faut se rappeler que l'estimation pour les émeutes de 2023, c'était 800 millions d'euros.
00:53C'est un vrai signal. Aujourd'hui, on est extrêmement mobilisés auprès de nos assurés.
00:58On a pris des mesures dérogatoires, le rallongement des délais d'expertise, les avances de trésorerie, la suppression des franchises.
01:05La question évidemment qu'on se pose au-delà de l'événement sur lequel on est mobilisés, c'est qu
01:09'il ne faut pas que ça se répète.
01:10Parce que ce sujet-là posera une difficulté à terme, en termes d'assurance.
01:14Les assureurs ne pourront pas éternellement suppléer aux insuffisances de l'État, à la fois en matière de maintien de
01:20l'ordre,
01:20mais aussi en termes de prévention de ce type de crise sociale dont on craint au niveau de l'assurance
01:24qu'elle se renouvelle.
01:26On va revenir évidemment sur la durabilité et sur comment survivre dans ces circonstances pour les assureurs.
01:33Mais avant tout, pour les commerçants qui se sont touchés, est-ce qu'il y a encore aujourd'hui,
01:37quelques jours après ces émeutes et ce deuxième week-end, des démarches à effectuer ?
01:42Évidemment, on ne peut pas faire une généralisation des indemnisations,
01:45mais des démarches à effectuer pour que les dossiers aillent vite ?
01:47Alors, la plupart de nos clients ont déjà commencé à contacter leur assureur.
01:52Nous, on a lancé un certain nombre d'expertises.
01:54On a des premiers dossiers qui commencent à être réglés.
01:56On est vraiment juste dix jours après l'événement.
02:00Et donc, on est pleinement mobilisés sur le sujet.
02:02La plupart de nos clients ont déjà entamé toutes les démarches qu'il faut.
02:04Et donc, relancez votre assureur.
02:06Nous, on vient beaucoup vers eux.
02:07On est présents sur le terrain.
02:09Voilà, ça fait depuis le début de l'année que l'assurance est mobilisée sur beaucoup de crises.
02:13On a eu les incendies cet été.
02:15Il faut savoir qu'aujourd'hui, 95% des dossiers qui sont liés aux incendies
02:18sont des dossiers qui ont été réglés.
02:20Donc, l'assurance, contrairement à ce que parfois on peut entendre, se mobilise.
02:23Elle intervient vite.
02:24Là, on est dans le chaud de la crise et on est pleinement mobilisés sur le sujet.
02:27On parle évidemment de toutes ces crises.
02:30Comment on supporte ces dépenses si cette situation-là est appelée à durer, effectivement,
02:36comme lors des Gilets jaunes il y a 7-8 ans ?
02:40En fait, ce sujet-là va nous poser un terme, s'il se répète trop, d'assurabilité.
02:45Nous, on ne peut rembourser, indemniser qu'à partir des cotisations que l'on perçoit.
02:49On n'était pas préparé à avoir une telle fréquence, une telle répétition des crises.
02:53Ça, c'est la vision d'assureur.
02:54Et puis, il faut savoir aussi que les assureurs se protègent et s'assurent auprès de réassureurs.
03:00Eux-mêmes.
03:01Eux-mêmes, qui sont de plus en plus réticents à intervenir en France.
03:04Je vais simplement donner un exemple.
03:05Les réassureurs mettent les pays, on va dire, évaluent les pays selon différents risques,
03:10selon le risque émeute.
03:11La France, aujourd'hui, est mise dans le même paquet que l'Afrique du Sud ou le Nigeria
03:14sur la question du risque émeute.
03:15Donc, on a aussi de plus en plus de difficultés à trouver des couvertures de réassurance sur ce risque-là.
03:20Les solutions, il n'y en a pas 50 000 sur le sujet, et notamment sur le risque émeute.
03:24C'est la prévention.
03:25Il y a la question du maintien de l'ordre.
03:27Alors, elle a été largement commentée, je n'y reviens pas, et notamment sur le 17 octobre,
03:31le gouvernement a reconnu des insuffisances.
03:33Et puis, il y a la question de la prévention de la crise en tant que telle.
03:36Comment prendre la crise à la racine pour éviter d'avoir des manifestations
03:39qui, elles-mêmes, occasionnent à la marge les pillages ou la casse que l'on a pu voir ?
03:45Nous, c'est ça la question qu'on pose au pouvoir public aujourd'hui.
03:47Vous êtes les garants de l'ordre public, et les assureurs derrière
03:50n'auront pas suffisamment d'argent, de ressources financières,
03:54pour éternellement venir indemniser, indemniser, indemniser.
03:58Notre message, il est très clair là-dessus.
03:59C'est vrai sur les émeutes, c'est vrai sur les autres grands risques, comme le climat.
04:03Le budget 2026 parlait d'un nouveau régime émeute,
04:06d'une taxe émeute dispositif pour soutenir les assureurs.
04:10Le texte est encore en discussion aujourd'hui,
04:12mais d'après votre point de vue, que doit-il absolument contenir ?
04:17Alors, il faut se souvenir que cette règle, cette nouvelle taxe,
04:21elle avait été posée à l'époque où la Nouvelle-Calédonie était en grande difficulté.
04:28Alors, cette taxe additionnelle, elle doit venir aider à indemniser
04:31le type d'événement qu'on vient connaître.
04:33Nous, elle nous avait posé problème à l'époque,
04:35on avait argumenté sur le sujet, on n'avait pas eu rien de cause,
04:38parce qu'on trouvait que cette taxe avait trop la figure d'une taxe casseur,
04:41finalement, qu'elle venait presque garantir le fait qu'il y avait de la casse.
04:46Et un peu comme on l'a entendu le 17 octobre,
04:48ce n'est pas grave, puisque les assurances interviennent.
04:50Non, les assurances ne pourront pas intervenir éternellement.
04:53Mettre des taxes, d'ailleurs les Français en ont un peu marre sur le sujet,
04:56ça ne compense pas le vrai travail à faire,
04:58qui est un travail de prévention des risques,
05:00de travailler les choses en amont.
05:02Et sur la question des risques sociaux,
05:03les assureurs n'ont pas de prise pour faire de la prévention.
05:06Là, c'est directement la puissance publique, l'État, la capacité de négociation,
05:11la capacité du politique à intervenir pour apaiser un pays
05:14qui est dans une situation aujourd'hui quand même très fébrile.
05:17Vous n'avez pas de prise sur ces événements politiques, sécuritaires, effectivement.
05:22Sur quoi vous avez prise ?
05:23Parce que vous nous dites, la France, ça commence à devenir une zone particulièrement difficile.
05:26Vous avez prise sur quoi ? Sur la santé ?
05:28Sur le climat ? Sur ce genre d'événements-là ?
05:30Parce que ça va faire beaucoup de dossiers.
05:32Alors très clairement, sur le climat et la santé, oui,
05:34on a des prises, on a des propositions sur le climat en matière de prévention.
05:38Il y a une stratégie nationale d'adaptation au changement climatique
05:41qui a été posée il y a trois ans.
05:43Les assureurs y ont contribué.
05:44Et il y a des leviers financiers pour cela,
05:46comme le fonds Barnier qui est doté chaque année
05:48et qui n'est pas pleinement utilisé.
05:49Donc faisons-le, utilisons-le sur la santé.
05:53Nous, ce pourquoi nous plaidons, c'est qu'il y a un travail conjoint
05:56entre la sécurité sociale et les assureurs
05:58pour aller vers plus de prévention.
06:00Par exemple, en ce moment, c'est la saison de la vaccination.
06:02Eh bien, nous devrions travailler plus ensemble sur le sujet
06:04plutôt que d'avoir à échanger de transferts de charges
06:07qui ne changent rien à l'équation financière finalement pour les Français
06:11puisque c'est eux qui vont se retrouver à en assumer le coup.
06:13Donc il y a des vraies possibilités de faire.
06:15Nous, on a des vrais leviers d'action,
06:17mais devant des risques systémiques,
06:19ça passe par un travail conjoint,
06:21un travail de partenariat avec la puissance publique.
06:22Nous sommes dans une situation budgétaire catastrophique.
06:26Les discussions sur le budget continuent jusqu'à la fin de l'année.
06:31Et il y a ce sujet, une surtaxe de 2,05% sur les mutuelles prévues dans le budget
06:37qui a été rejetée par les députés vendredi.
06:41La ministre de la Santé invoque la nécessité d'efforts collectifs
06:44dans l'objectif de rester sur la trajectoire d'un déficit à 5% du PIB en 2025.
06:49Pourtant, elle devait être exceptionnelle, cette taxe-là.
06:52Est-ce qu'on va avoir cette discussion tous les ans ?
06:54Quelle est votre position là-dessus sur le fait de taxer encore davantage,
06:58faire participer tous les acteurs ?
07:00Je vous réponds d'abord par un chiffre.
07:01C'est 42 milliards d'euros.
07:0342 milliards d'euros, c'est l'ensemble des taxes que les Français payent
07:06au travers de leur assurance.
07:08Donc il y a déjà une contribution qui est forte.
07:12Taxer plus, ça ne suffira pas éternellement non plus.
07:14Quel est le problème, en fait ?
07:15C'est l'augmentation de la dépense de santé.
07:17Donc il faut travailler sur la racine du risque,
07:19qui est cette dépense de santé.
07:20Et on revient au sujet de prévention.
07:22Aujourd'hui, la France est un pays où on se vaccine peu.
07:25La France est un pays où il y a beaucoup de redondances dans les soins.
07:28Il y a des préconisations de la Haute Autorité de Santé
07:31sur la façon dont les médicaments sont administrés,
07:33qui ne sont pas suivis.
07:34Donc il y a un vrai travail de fond à faire,
07:36à l'origine, en mettant autour de la table
07:38la puissance publique, les assureurs, les professionnels de santé,
07:41les usagers, les industriels de santé.
07:42Ce travail de co-construction, qui est naturel,
07:46qui se fait dans plein de pays,
07:47il ne se fait pas en France,
07:48parce que ce n'est pas notre culture politique.
07:49Aujourd'hui, c'est lui qui nous coûte cher.
07:51C'est lui qui nous empêche de travailler
07:52à la racine de la dépense de santé.
07:54C'est lui qui nous empêche de travailler
07:56à la racine aussi du changement climatique.
07:59J'en viens du coup au gel des tarifs,
08:01des mutuelles propositions
08:04censurées par le Conseil constitutionnel.
08:06Ça, pour vous, c'est plutôt un signe positif ?
08:08C'est une excellente nouvelle.
08:09Il faut que vos auditeurs comprennent que cette année,
08:12on est sur le point de nous appliquer 4 milliards d'euros
08:16de transfert de charges,
08:18et qu'on était en même temps en train de nous dire
08:19que vous n'allez pas pouvoir le répercuter sur vos tarifs,
08:22ce qui n'est pas possible.
08:23Il faut bien que vous ayez en tête
08:24que notre marge technique en santé,
08:26elle est de 1 %, elle est infinitésimale.
08:28Donc, cette censure du Conseil constitutionnel,
08:30c'est une bonne nouvelle.
08:32Elle est fondée sur quelque chose
08:34que tous les entrepreneurs qui nous écoutent
08:36peuvent comprendre,
08:36qui est la liberté d'entreprendre,
08:38la liberté de fixer les termes
08:39dans lesquels on propose des contrats,
08:42des produits et la façon dont on les tarifie.
08:44C'était l'argument, effectivement,
08:45du Conseil constitutionnel.
08:47Au vu de tout ce qu'on vient de se dire,
08:49les risques d'un côté,
08:51la situation budgétaire de l'autre,
08:52votre tarif à vous pour 2027,
08:54ils vont évoluer dans quel ordre ?
08:57Alors, les ordres de grandeur ne sont pas fixés,
08:59mais il est incontestable que nos tarifs
09:00en auto, en habitation, en santé, vont augmenter.
09:02Mais pourquoi vont-ils augmenter ?
09:04Parce que nos remboursements augmentent.
09:06On n'a jamais autant redistribué
09:08par l'assurance en France.
09:10On a évoqué le climatique,
09:11on redistribue de plus en plus sur le climatique,
09:13on a évoqué la question de la santé,
09:15on redistribue de plus en plus en santé,
09:16et puis on redistribue aussi beaucoup
09:19par l'assurance-vie,
09:20qui est un autre vecteur
09:21par lequel les Français
09:22peuvent avoir un bénéfice,
09:24en fait, de l'assurance.
09:25Donc les tarifs vont augmenter
09:27autour de l'inflation,
09:29sans doute pas beaucoup au-delà
09:30dans la mesure où l'assurance
09:32est concurrentielle,
09:33donc il y a un jeu concurrentiel
09:34qui joue, qui limite les choses.
09:36Mais cette année encore,
09:37les tarifs de l'assurance
09:38augmenteront pour de bonnes raisons.
09:39Ils ne se feront pas
09:40pour augmenter nos marges,
09:41ils se feront pour augmenter
09:42les remboursements.
09:44Merci beaucoup, Adrien Courret,
09:45d'être venu ce matin.
09:46directeur général d'Aima Group
09:47dans la matinale de l'économie.
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