- il y a 11 minutes
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00La suite de votre émission, il est temps d'interroger à présent les responsabilités, toutes les responsabilités politiques d'un
00:05tel fiasco, il faut bien dire le nom.
00:07Dans quelques instants, c'est la porte-parole du gouverneur Maude Bréjon qui va nous rejoindre.
00:11Mais d'abord, regardez, écoutez ce vif échange cet après-midi.
00:14Je vous le disais, l'Assemblée a un chaudron bouillant.
00:16C'est un échange entre le ministre de l'Intérieur et Emmanuel Bompard de la France Insoumise.
00:22J'ai comme ministre de l'Intérieur ma part de responsabilité dans la conception des dispositifs de sécurité.
00:27Mais vous avez la vôtre, vous avez la vôtre, dans le soutien que vous apportez à l'ultra-gauche, dans
00:32le soutien que vous apportez à l'extrême-gauche radicalisée,
00:35dont on sait très bien qu'ils mettent de l'huile sur le feu, qu'ils viennent faire dégénérer les
00:39cortèges et qu'ils viennent créer des incidents graves.
00:42Monsieur le ministre, vous avez perdu le contrôle, vous l'avez avoué.
00:46Cessez de vous défausser sur les autres et répondez aux revendications et vous démissionnez.
00:52Voilà pour l'un des échanges cet après-midi à l'Assemblée nationale.
00:56Bonsoir Maude Bréjon.
00:57Bonsoir.
00:57Merci d'être avec nous ce soir, votre porte-parole du gouvernement, dans un moment de gravité,
01:01où l'exécutif que vous représentez est sommé d'apporter des réponses qu'on va vous demander ce soir.
01:06Mais tout d'abord, pour que les choses soient claires, qui est en face de moi ce soir ?
01:10Est-ce que j'ai la porte-parole de l'exécutif qui va défendre l'action du gouvernement ?
01:14Ou est-ce que j'ai la porte-parole déjà d'un candidat, Édouard Philippe, qui a dit que le
01:19bateau France n'était plus piloté ?
01:20Vous avez évidemment la porte-parole du gouvernement, vous m'avez invité hier, c'est pour ça que je suis
01:25là aujourd'hui.
01:26Et l'urgence de la situation, rentrons dans le sujet tout de suite, c'est l'ordre public.
01:30Attendez, pardonnez-moi, on va rentrer.
01:31Mais vous êtes d'accord que vous soutenez un candidat qui a dit dans son poste, on va le voir,
01:35que notre pays a besoin d'être commandé, c'est-à-dire qu'il ne l'est plus ?
01:38Regardez ce qui se passe depuis quelques jours, regardez la gravité de la situation.
01:41Vous ne voulez pas me répondre sur ce sujet ?
01:42Regardez la gravité de la situation, ce n'est Mabrouk.
01:44Justement, on se dit Édouard Philippe, notre pays a besoin d'être commandé, il a raison ou tort ?
01:48Je suis là pour une chose, pour une chose, c'est vous expliquer l'action du gouvernement.
01:52Mais il a raison ou tort ?
01:53Vous expliquez, je termine, vous expliquez pourquoi l'ordre public et le retour à l'ordre public dans les jours
01:58à venir
01:58est notre absolue priorité, et vous témoignez, si tentez que ça puisse vous intéresser,
02:04en quoi les directives données, et par le Président de la République, et par le Premier ministre,
02:09sont des directives de grande fermeté.
02:12C'est important, mais est-ce que vous êtes d'accord avec le candidat pour vous soutenir ?
02:14On aura six mois, six mois, pour discuter de la campagne présidentielle.
02:19Il l'a dit dimanche soir après l'allocution du Président de la République.
02:22Quand je vois, pardonnez-moi, ce qui se passe dans le pays depuis samedi,
02:29quand j'entends ce que nous disent les Français, et ils ont raison de nous le dire,
02:32– Ils vous disent quoi ? – Ils vous disent que vous êtes des amateurs ?
02:35– Ils nous disent d'abord qu'ils ont peur, pour une partie d'entre eux, qu'ils ont peur,
02:40qu'ils ne comprennent pas, qu'ils attendent des réponses, et c'est légitime, et on va leur en donner.
02:45Et enfin, et je terminerai là-dessus, qu'ils ne veulent plus que ça se reproduise.
02:50Et donc là, on en vient à la question des couvre-feu,
02:52on en vient à la question de ce qui va se passer dans les prochains jours,
02:55et c'est de ça, c'est de ça dont j'aimerais qu'on parle.
02:57– Je voudrais vous poser une question très sincère,
03:00vous n'avez jamais pensé à présenter vos excuses, pas vous-même personnellement,
03:04à ces Français, à ces commerçants, vous ne voulez pas leur dire oui,
03:09l'État a failli, nos institutions ont failli, nous n'avons pas été au rendez-vous ?
03:12– Vous savez, moi je suis très lucide, le Premier ministre est très lucide,
03:17et les ministres concernés le sont tout autant.
03:19Il y a eu des défaillances évidentes, mais évidentes.
03:24Et moi, je ne sais pas dire aux Français, au regard des images qu'ils ont pu voir,
03:28au regard de ce qu'ils ont pu vivre directement pour certains,
03:31que tout a été parfaitement sous contrôle, ce n'est pas vrai.
03:35Pour autant, ce que je peux vous garantir, c'est que ce gouvernement,
03:39plus que peut-être beaucoup d'autres par le passé,
03:41fera la transparence absolue sur les défaillances, sur ce qui a manqué.
03:46– C'est pas à vous de la faire, c'est une commission d'enquête qui fera la transparence,
03:49Madame Maud Brégoire.
03:50– C'est en partie.
03:51– Vous ne pouvez pas être juge et partie.
03:52– Alors, c'est en partie une commission d'enquête à l'Assemblée nationale,
03:56parce que c'est la légitimité, évidemment, pleine et entière de l'Assemblée nationale,
04:00que de contrôler l'action du gouvernement, ça fait partie de ses missions.
04:04Mais, je le redis, nous, nous expliquerons,
04:07et nous ferons toute la transparence sur ce qui s'est passé,
04:09parce que ça ne peut plus se reproduire.
04:11– Mais est-ce que vous savez ce qui s'est passé ?
04:12– Dans un grand pays comme la France.
04:14– Il reste un grand pays, la France.
04:15– Dans un grand pays, bien sûr.
04:16– La France reste un grand pays.
04:17– Bien sûr que la France reste un grand pays.
04:18– Vous n'avez pas un sentiment, vraiment, je vais me faire rire les citoyennes.
04:20– Dans un grand pays comme la France, dans une grande démocratie.
04:24– Vous pensez qu'on est vu comme un grand pays ?
04:25– Les images, les images,
04:27mais moi je crois que la France est encore un grand pays, voyez-vous,
04:30les images qu'on a vues samedi et dimanche,
04:32les violences qu'on a vues samedi et dimanche sont inadmissibles.
04:35Et le fait qu'on puisse se poser la question
04:37de l'organisation d'une manifestation telle qu'on se la pose
04:42pour samedi prochain n'est pas normal.
04:44Et donc, notre rôle, c'est d'y répondre.
04:46Maintenant, et ensuite, je vais vous laisser poser la prochaine question,
04:49mais je voudrais rappeler ce qui me semble être une banalité,
04:53mais ce qui nécessite d'être rappelé.
04:55Les premiers responsables, Sonia Mabrouk,
04:57ce ne sont pas les ministres du gouvernement,
05:00ce ne sont pas les responsables, pardonnez-moi, hiérarchiques, ici ou là.
05:05– Et moi, naïvement, qui pensais que le mot responsable politique
05:07avait responsable dans le mot.
05:08– Pardon, j'ai dit les premiers responsables.
05:11Les premiers responsables, ce sont celles et ceux
05:14qui sont allés casser les commerces, piller les commerces,
05:17s'en prendre aux forces de l'ordre, s'en prendre aux pompiers,
05:19s'en prendre aux gendarmes, qui s'en prennent au personnel
05:21de l'éducation nationale, depuis maintenant plusieurs semaines.
05:24Voilà, les premiers responsables, c'est la racaille
05:26qui est descendue dans la rue samedi,
05:29c'est les mouvements d'ultra-gauche organisés
05:32qui s'en sont pris à des lieux de rassemblement commun,
05:36à des mairies, à des offices du tourisme.
05:38C'est tous ceux qui, directement, ont fait le choix de ces actions-là.
05:43Ce sont eux les premiers responsables.
05:45Et ensuite, il y a des défaillances et l'État doit rendre des comptes.
05:49Et il y a des mouvements politiques qui ont été directement
05:52ou indirectement impliqués.
05:54– On en parlera.
05:54– Mais les premiers responsables, ce sont les factieux
05:57et les racailles qui ont amené ce pays dans cette situation.
06:00– Vous utilisez le mot racaille ?
06:01– Oui, bien évidemment, enfin, on a vu les images,
06:05on sait à qui on a affaire.
06:07Il y a d'un côté ce type de population-là,
06:10il y a des délinquants.
06:12Et puis ensuite, il y a une planification de l'insurrection
06:17portée par des groupuscules d'extrême-gauche.
06:20Et là, je vous renvoie notamment aux premières arrestations
06:24concernant ce qui s'est passé à Limoges.
06:27On a changé de monde dans une forme de violence endémique
06:34qui touche aujourd'hui une partie de notre société.
06:37Vous savez, le président de la République en 2023…
06:39– Ce n'est pas banal ce que vous dites depuis le début.
06:41Vous avez dit… Vous êtes porte-parole du gouvernement.
06:42– Oui.
06:43– Et vous avez dit que l'État doit rendre des comptes.
06:45Je ne l'ai pas entendu chez aucun autre ministre.
06:47– Mais l'État va rendre des comptes.
06:48L'État a commencé à rendre des comptes.
06:50L'État a rendu des comptes devant la représentation nationale.
06:53Aujourd'hui, Gérald Darmanin a lui-même dit
06:56que l'État avait en partie failli.
06:59– Oui, mais rendre des comptes.
07:00– C'est pour ça, parce que c'est notre rôle.
07:02Pour qu'encore une fois, ça ne se reproduise pas.
07:06Il faut, en tout cas, je crois, faire preuve d'une grande lucidité.
07:10Et donc, la priorité, c'est le retour à l'ordre public.
07:14Et d'ailleurs, on voit quand même qu'avec les couvre-feu
07:17décidés et annoncés par le Premier ministre lundi,
07:21la situation s'améliore.
07:23C'est normal.
07:23– Ce que vient de dire le policier sur le plateau.
07:25– Ce sont des outils proportionnés.
07:25Ce sont des outils efficaces.
07:27Et donc, ce sont des outils qu'on maintiendra au temps nécessaire.
07:30– Samedi 24.
07:31Est-ce que ce soir, avec l'expression consacrée les yeux dans les yeux,
07:34vous pourriez dire, avec le dispositif de sécurité renforcé
07:37qui a été annoncé cet après-midi,
07:39que plus jamais, plus jamais, on ne vivra une telle humiliation
07:42qu'on a vécue le samedi 17 octobre ?
07:44– Je peux vous dire que la situation qu'on a connue samedi
07:47ne sera pas la situation que l'on connaîtra samedi prochain.
07:51parce qu'on tire les enseignements de ce qui s'est passé,
07:55parce qu'on tire les enseignements
07:56dont la manière dont cette violence a muté,
07:59dont l'organisation de cette violence a muté
08:01et parce que des moyens bien plus importants
08:04seront déployés pour protéger les biens et les personnes.
08:07C'est encore une fois la priorité absolue du Premier ministre.
08:12Il y aura ensuite d'autres questions sur des revendications
08:15qui peuvent être légitimes.
08:17Mais d'abord, retour à l'ordre.
08:20– Renfort sécuritaire, on a vu BRI, GIGN, Sentinelle,
08:24les renforts évidemment des forces de l'ordre.
08:27Bon, il y a une question tellement évidente
08:29que vous avez dû vous la poser.
08:31Pourquoi cela n'a pas été fait avant, samedi dernier ?
08:34– Ça fera partie des réponses, de toutes les réponses.
08:36– Mais vous-même en tant que citoyenne, vous posez la question ?
08:38– Bien sûr, ça fera partie de toutes les réponses
08:41qui devront être apportées.
08:42Il y a de toute évidence un problème de renseignement,
08:44donc d'anticipation.
08:46– De renseignement, pas de nos renseignements ?
08:48– De renseignement et d'anticipation sur le nombre de manifestants attendus,
08:55sur la violence au sein de ces manifestants, d'une part minoritaires évidemment.
09:00– Vous n'êtes pas en train de vous défausser sur les renseignements français ?
09:02– Pas du tout, ça fait partie des services de l'État,
09:05il ne s'agit de se défausser sur personne.
09:08D'ailleurs, vous savez, si le ministre de l'Intérieur
09:12avait voulu se défausser sur qui que ce soit,
09:14il n'aurait pas lui-même présenté sa démission au président de la République.
09:17– Qui a été refusé, parfois ça peut être un peu orchestré, non ?
09:20– C'est un acte courageux, c'est un acte courageux,
09:24qui précisément consiste à prendre la responsabilité des choses.
09:28Maintenant, je crois qu'il faut regarder de l'avant,
09:29il faut aller de l'avant.
09:31Donc la question, c'est comment est-ce qu'on rétablit l'ordre ?
09:33C'est comment est-ce qu'on accompagne, on en parlera peut-être,
09:35mais les commerçants qui ont été durement impactés.
09:38– Alors, Maud Bréjon, donc samedi, un dispositif de sécurité renforcée.
09:42Est-ce que clairement, le gouvernement dit, d'ailleurs aux policiers,
09:45il faut utiliser la force légitime pour ne pas avoir le même chaos ?
09:49Est-ce que cette fois, les ordres, les consignes sont claires ?
09:52– Les policiers, pardonnez-moi, ont évidemment la responsabilité de la force légitime.
10:01– Vous avez l'impression qu'ils l'ont utilisé samedi ?
10:03– Ça fait partie de leur mission.
10:04Je pense que les policiers, samedi, ont fait de leur mieux.
10:07On fait de leur mieux face à des bandes organisées extrêmement violentes,
10:14avec des moyens en nombre de policiers déployés,
10:19qui, de toute évidence, étaient insuffisants.
10:23Mais les policiers ont fait, évidemment, de leur mieux.
10:26Et je les salue parce qu'ils font un travail remarquable
10:28dans des conditions extrêmement difficiles.
10:31Extrêmement difficiles, et pas depuis le week-end dernier.
10:34– Et le président de la République, est-ce qu'il a eu un mot ?
10:36– Depuis quelques semaines, en réalité.
10:38– Est-ce qu'il a eu un mot pour ces policiers,
10:40mis à part sa prise de parole dimanche ?
10:42Vous nous aviez ici contesté les feux qu'il aurait dit
10:44que les policiers seraient en manque d'empathie.
10:47– Je vous avais dit que jamais je ne l'avais entendu.
10:51– Donc il a pu le dire, mais vous, vous ne l'avez pas entendu le dire.
10:53Et je l'ai, en revanche, parfaitement entendu dimanche soir,
10:57apporté son soutien plein et entier aux forces de l'ordre,
11:00comme je crois une large majorité de Français.
11:02– Est-ce qu'il faut se poser la question aussi, Maude Bréjean,
11:04de l'interdiction de certains rassemblements, clairement, samedi ?
11:07Est-ce que si des rassemblements, comme l'a dit d'ailleurs
11:09Laurent Nunez dans une adresse au préfet,
11:12des rassemblements qui ne sont pas déclarés,
11:13des rassemblements qui seraient à l'origine,
11:15enfin, comment dire, dont des personnes douteuses,
11:18c'est ce qu'a dit le ministre de l'Intérieur,
11:20seraient à l'origine, il faut leur dire, impossible ?
11:22– Il faut respecter ce qu'est l'État du droit,
11:25et l'État du droit permet à l'État, au préfet notamment,
11:29d'interdire des rassemblements, des manifestations,
11:32lorsqu'ils constituent un risque de trouble à l'ordre public.
11:35Sur ce, les organisateurs ont évidemment le droit de faire appel
11:39devant le tribunal administratif de la décision.
11:41Tout ça est légitime, ça participe de l'État de droit.
11:45Mais encore une fois, notre responsabilité,
11:47dans une grande démocratie comme la France,
11:49c'est de permettre aux manifestants,
11:52parce qu'il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac,
11:54de permettre aux manifestants qui veulent le faire pacifiquement,
11:56parce qu'ils ont des choses à dire,
11:58qu'on soit d'accord ou qu'on ne soit pas d'accord,
11:59de le faire dans un cadre sécurisé.
12:03Et pendant ce temps, Emmanuel Macron est en tournée,
12:05notamment à Bahreïn, pour faire pression,
12:09en tout cas agir sur les carburants.
12:11On va en parler, vous êtes ministre en charge de l'énergie.
12:15Mais il se déplace sur la scène internationale
12:17parce qu'il ne peut plus se déployer en France ?
12:19Il se déplace sur la scène internationale
12:21parce que ce qu'il fait à l'international dans le Golfe
12:24impacte la vie des Français jusqu'au prix à la pompe.
12:27On parle, et c'est tout à fait légitime,
12:29beaucoup sur vos antennes, quasi exclusivement,
12:32des violences qu'on connaît depuis plusieurs jours.
12:35Mais le prix du diesel, le prix du sans-plomb 95,
12:39dans l'ensemble des 10 000 stations-services de France,
12:41est toujours extrêmement haut.
12:43Il y a des priorités, madame la porte-parole.
12:44Extrêmement haut.
12:45Comment un président peut-il quitter son pays
12:47après de telles scènes ?
12:49Est-ce qu'un président ne devrait pas être au chevet de la France
12:51et au chevet même des policiers blessés en nombre ?
12:53Je crois que le président de la République,
12:54d'abord, s'est exprimé clairement dimanche soir.
12:57On n'a pas été le cas de celui que vous soutenez, clairement.
12:59C'est ensuite de la responsabilité du Premier ministre,
13:02du ministre de l'Intérieur, du ministre de la Justice.
13:04On parlerait peut-être aussi de judiciarisation de ce qui s'est passé après.
13:08Maude Bréjohn, je vais être un peu caricaturale, à peine.
13:10Je vais rappeler les faits.
13:11Si pour vous, Sonia Mabrouk,
13:12Avant le samedi, le concert de Céline Dion,
13:15après la locution, on se déplace hors de France.
13:18Si pour vous, Sonia Mabrouk,
13:20il est tout à fait normal de payer le litre de gasoil 2,30 euros ou 2,40 euros
13:25et que vous estimez qu'au fond, tout ça est secondaire,
13:28j'entends.
13:29C'est ironique de dire cela pour un gouvernement
13:32qui pendant une semaine a laissé faire avant d'apporter une première réponse.
13:35Ce que je vous dis, c'est que pour beaucoup de Français,
13:38le prix à la pompe, des pleins d'essence qui sont très chers,
13:42la difficulté de faire même le plein
13:44pour aller emmener les enfants à l'école,
13:46pour aller au travail, ça reste une priorité.
13:48C'est illégitime comme question de dire
13:50qu'un président aurait pu être au chevet des policiers blessés
13:54ou aller à Limoges voir le beffroi effondré
13:57ou aller à Marseille, je ne sais pas.
13:59Ce n'est pas illégitime.
14:00Mais c'était un déplacement qui était prévu.
14:02Et c'est un déplacement qui doit permettre de sécuriser
14:04des volumes de carburant de telle sorte que les Français
14:06paient moins cher leur plein d'essence.
14:09Alors, c'est peut-être moins l'actu chaude.
14:12Je l'entends complètement.
14:13Et chacun est libre d'émettre les critiques qu'il veut.
14:16Mais c'est le quotidien des gens.
14:18Et il n'empêche qu'en France,
14:21on a un président qui gère les sujets internationaux.
14:24Et c'est le cas ici.
14:25Et un gouvernement, un Premier ministre,
14:27un ministre de l'Intérieur, un ministre de la Justice,
14:30une porte-parole du gouvernement
14:30que vous avez eu la gentillesse d'inviter ce soir,
14:33qui ont en charge, encore une fois,
14:37le gouvernement de ce pays.
14:39En tout cas, il a posé une question
14:40qui peut être légitime, le président, dimanche.
14:43Il a dit, comment expliquer que des Français
14:44s'en prennent à la France ?
14:46Mais est-ce que poser une telle question
14:48pose d'autres questions ?
14:50Est-ce que vous estimez, Maude Bréjon,
14:51que ce qui s'est passé samedi,
14:53au-delà de la crise du maintien de l'ordre,
14:55ce sont des décennies, au-delà de vous,
14:57au-delà d'Emmanuel Macron,
14:58de faillites sur un plan autoritaire,
15:01sur l'ordre, de manière générale ?
15:05Oui, mais...
15:06D'abord, moi, je ne suis jamais de ceux
15:07qui tombent dans l'excuse sociale ou sociétale.
15:11Je pense encore une fois...
15:12Je crois en la responsabilité individuelle.
15:14Je crois en la responsabilité individuelle,
15:17de toutes celles et ceux
15:18qu'on a vus dans la rue depuis samedi.
15:20Et donc, je refuse d'essayer
15:23de trouver des excuses, ici ou là,
15:26qui pourraient donner le sentiment
15:30qu'au fond, la faute est un peu ailleurs.
15:33Ah non, moi, c'était la faute,
15:34c'est la faute des politiques
15:36qui ont été menées depuis des décennies,
15:37en réalité.
15:38Certains, ici, droite et RN,
15:40pointent, par exemple,
15:40la faillite de la politique migratoire.
15:42C'est le cas ?
15:43Écoutez, d'abord, moi,
15:44je me considère comme une femme de droite
15:47et je considère qu'il y a évidemment
15:52des causes qui, encore une fois,
15:53n'excusent rien,
15:55qui touchent à la question
15:56de la responsabilité individuelle,
15:58qui touchent à la question de l'éducation,
15:59à la question de la responsabilité parentale.
16:01Quand bien même,
16:02ce n'était pas uniquement des mineurs,
16:04mais enfin, à 18, 19 ou 20 ans,
16:07on peut considérer qu'il y a encore
16:08une responsabilité parentale
16:09qui doit s'exercer ici ou là.
16:11Et ensuite, il y a probablement
16:13une question d'intégration,
16:14que je ne nie absolument pas.
16:16Absolument pas.
16:17Mais je vous pose la question différemment.
16:18Est-ce que la France, selon vous,
16:19c'est oui ou non,
16:20a souffert pendant des décennies
16:21des meutes en partie liées
16:22à des politiques migratoires laxistes ?
16:26En tout cas, il y a un enjeu d'intégration
16:29qui, de toute évidence,
16:31n'est pas rempli aujourd'hui.
16:32De toute évidence.
16:34Et ça ne résout pas,
16:35et ça ne répond pas
16:37à l'ensemble de la situation.
16:38Encore une fois,
16:39les jours à venir,
16:40on rétablit l'ordre.
16:42Et ensuite,
16:43toutes ces questions-là,
16:44toutes ces questions-là
16:45devront voir des réponses
16:46être apportées.
16:47C'est une évidence.
16:48Mais la priorité du gouvernement,
16:50c'est de rétablir l'ordre.
16:51Parce que c'est ce que
16:52les Français attendent.
16:53Dans quelques instants,
16:54Mme Aude Préjean,
16:54nous aurons sur ce plateau
16:56une pharmacienne
16:57dont on a vu la souffrance
16:59beaucoup sur notre antenne,
17:01sur les réseaux sociaux.
17:02Elle a vu sa pharmacie
17:03dans le 10e arrondissement
17:04totalement vandalisée.
17:05Elle fait partie
17:06de toutes ces personnes,
17:07commerçants et autres,
17:08qui vraiment ont vu
17:10en quelques minutes
17:10tout le fruit de leur travail
17:12disparaître comme ça.
17:14Au-delà d'ailleurs
17:15d'une aide,
17:17et je ne sais même pas
17:18le fond où nous préciserait
17:19des choses,
17:20qu'est-ce qu'on peut leur dire ?
17:21On sent véritablement
17:22qu'ils se sentent dépossédés,
17:25qu'ils ont été abandonnés.
17:26Oui.
17:27Je crois que ce qui compte,
17:28c'est moins ce qu'on leur dit
17:29que ce qu'on leur doit.
17:30ce qu'on leur doit,
17:31c'est le retour de la sécurité,
17:33c'est de permettre
17:34à cette dame,
17:35que je n'ai pas entendue
17:36sur vos plateaux,
17:37mais à cette dame
17:39de retourner travailler,
17:40de réouvrir sa boutique,
17:42sa pharmacie,
17:43en l'occurrence,
17:44dans les meilleures conditions
17:46de sécurité possibles.
17:48La première mission,
17:50c'est la protection
17:50des biens et des personnes.
17:52Et ensuite, bien sûr,
17:53il faut un accompagnement
17:54et un accompagnement financier,
17:56d'où les étalements
17:57de charges sociales et fiscales,
17:59d'où le fonds de soutien,
18:00bien sûr,
18:01qui viendra aider
18:03à la remise en ordre
18:04du magasin,
18:05de la pharmacie,
18:06en l'occurrence,
18:07à la reconstitution de stocks,
18:08si nécessaire.
18:09Vous savez,
18:09avec beaucoup de commerces,
18:11avec des stocks constitués
18:12pour Noël,
18:12c'est des moments importants
18:13pour nos commerçants
18:14et donc, bien sûr,
18:15on les aidera
18:16et on sera à leur côté.
18:16Bien.
18:17Pour conclure,
18:19est-ce que vous avez encore
18:19le pouvoir ?
18:20Est-ce que le pouvoir
18:20a encore le pouvoir ?
18:21Est-ce que vous estimez
18:22que vous allez pouvoir tenir
18:236 à 7 mois
18:24dans un tel contexte ?
18:25J'en ai la conviction.
18:26Oui, j'en ai la conviction
18:29parce que c'est notre devoir
18:30et ensuite,
18:31il y aura des élections présidentielles.
18:32On avait commencé l'interview
18:33par ça.
18:34Vous n'avez pas répondu d'ailleurs.
18:35Il y aura une campagne.
18:36Édouard Philippe a raison
18:36de dire que le pays
18:37n'est pas commandé.
18:38Il y aura une campagne présidentielle.
18:40Vous ne voulez pas répondre,
18:41Madame Pouach.
18:41Il y aura des débats
18:42et c'est sain,
18:43Sonia Mavou.
18:43Mais vous soutenez toujours
18:44Édouard Philippe.
18:45Et je soutiens évidemment
18:48Édouard Philippe.
18:49Mais je considère
18:50que la priorité,
18:52c'est d'abord
18:52de rétablir l'ordre.
18:53Merci en tous les cas
18:54d'avoir répondu présente ce soir.
18:56Merci Maude Bréjouin.
18:57Justement,
18:58on va écouter
18:59cette pharmacienne.
19:01Je vous le disais,
19:02elle a tout perdu
19:02en quelques minutes.
19:03C'est la pharmacienne
19:04Odélia Sidbon.
19:05Elle a ému tout le monde.
19:09Je fais que pleurer
19:11depuis trois jours.
19:14Voir d'avoir bossé
19:16depuis presque six ans,
19:18presque 60,
19:1970 heures semaine
19:20pour ça,
19:22détruire en trois minutes,
19:23c'est...
19:23Je le souhaite à...
19:24Je le souhaite à personne.
Commentaires