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  • il y a 6 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0113h, 14h, Europe 1 Info.
00:04La suite à 13h30 sur Europe 1, vous écoutez Cléline Mathias et ses chroniqueurs,
00:07Sophie Audigé et Georges Fenech.
00:09Après avoir parlé des sanctions judiciaires,
00:12regardons un peu qui sont ces jeunes qui ont pillé, qui ont cassé,
00:15ces émeutiers qui sont venus en nombre samedi dans les rues de France.
00:19Écoutez Jérôme Fourquet, il est directeur du département opinion et stratégie de l'IFOP,
00:23sur leur profil. Il était sur Europe 1 ce matin.
00:26Ce qui est très marquant c'est de voir qu'on se met en scène,
00:28on se filme devant une devanture fracassée avec son butin,
00:32on saute et on danse autour du feu.
00:34Donc il y a une dimension un peu de grande fête,
00:37tout à fait macabre, une espèce de carnaval.
00:40Et bien évidemment, si toutes les barrières morales et psychiques
00:44ont sauté dans ces groupes d'individus qui se livrent à ça,
00:48c'est sans doute aussi que leur sentiment d'affiliation
00:51ou d'appartenance à la collectivité nationale
00:54est peu développé pour pouvoir se livrer à ce type d'exaction.
00:58Sophie Eudugé, est-ce que vous êtes d'accord avec l'analyse de Jérôme Fourquet ?
01:01Qui avez-vous vu dans ces pilleurs, dans ces casseurs ?
01:06Moi j'ai un petit problème.
01:08Si vous voulez, on est en train d'interroger des profils
01:12et de ne pas interroger les actes.
01:15C'est une dérive de notre époque.
01:17Quand vous volez, vous avez une sanction qui est liée au vol,
01:20vous avez une sanction qui est prévue par la loi.
01:22Peu importe le profil en fait.
01:24Peu importe le profil.
01:26Il peut y avoir un profil qui va consister à représenter
01:31une situation aggravante que la loi a prévue.
01:34Je veux dire, Georges le dira,
01:35c'est-à-dire la récidive peut être sanctionnée plus durement,
01:39évidemment, mais un acte qui est de piller,
01:42de voler, de casser, de s'attaquer aux forces de l'ordre,
01:45on doit retrouver, et encore plus pour les mineurs,
01:48véritablement encore plus pour les mineurs.
01:49La majorité sont majeures.
01:52Ce que disait selon Gérald Darmanin,
01:54sur par exemple les 557 gardes à vue
01:56après les violences et les pillages commis à Paris,
02:00433 sont majeures.
02:0178% des effectifs.
02:03Selon les mots de Gérald Darmanin.
02:04Oui, mais quand vous les voyez aller dans les magasins,
02:06vous voyez qu'il y a des mineurs.
02:07Donc déjà, les mineurs, si vous voulez,
02:09il n'y a aucune raison qu'ils ne fassent pas
02:10au moins une semaine ou deux semaines de prison,
02:12ce que propose depuis très longtemps Maurice Berger.
02:15Il faut qu'on arrête avec l'excuse de minorité.
02:17Il faut mettre face à ces actes-là,
02:19il faut poser une butée immédiate
02:21et prendre conscience des conséquences de ces actes.
02:25Qu'ils soient mineurs, alors même les majeurs,
02:26je veux dire, ils n'ont pas 30 ans, je suis désolée,
02:28mais quand on les voit, ils n'ont pas 30 ans.
02:29Donc on peut jouer sur les mots,
02:31ils ont peut-être 17 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans.
02:33Le fait est qu'ils volent,
02:35qu'ils n'ont aucune conséquence de leurs actes
02:37vis-à-vis de ceux qu'ils volent,
02:38et encore moins quand ils s'attaquent à des policiers
02:40ou à des pompiers.
02:41Et cette analyse sur la violence
02:44et l'absence de conscience des actes
02:45et des conséquences de leurs actes,
02:47c'est quelque chose qui est documenté,
02:50si vous voulez, depuis de très nombreuses années.
02:52On ne peut pas faire comme si on ne savait pas
02:56que ce qui se passe n'est qu'une accélération
02:59un accroissement de ce qui était déjà engagé,
03:02qu'on a déjà vu se réaliser.
03:04Là, ce qui surprend ceux qui ne croyaient pas
03:09à cette évolution qui était déjà expliquée
03:12par des spécialistes de la violence,
03:15et notamment de la violence chez les mineurs
03:16et les jeunes adultes,
03:18si vous voulez, on savait très bien
03:19que ça pouvait dégénérer et aller jusque-là.
03:21Là, maintenant, on le voit,
03:22et tout le monde se dit,
03:22ah bah oui, effectivement, ils avaient raison,
03:24on est face à des jeunes qui sont des barbares,
03:26qui n'ont aucune...
03:27Alors, une partie,
03:28et là, je veux bien aller sur votre question,
03:30sur le profil,
03:31dont une partie n'a aucune conscience politique.
03:33Ah bah, j'allais vous poser la question.
03:34Vous en pensez quoi, vous, Georges Fenech ?
03:35Est-ce qu'ils sont politisés ?
03:37Moi, je pense qu'il ne faut pas,
03:40disons, réduire ce qui s'est passé
03:42de simple volonté de voler.
03:45Ce n'est pas du tout ça.
03:46On a affaire à véritablement
03:48une action collective de type insurrectionnel,
03:52et d'ailleurs, il n'y a pas que des commerces
03:54qui ont été saccagés,
03:56il y a aussi des symboles de la République.
03:58On a incendié la mairie de Limoges,
04:01on a pénétré dans la mairie de Marseille,
04:05on a aussi pénétré au domicile d'une préfète,
04:08donc on s'est aussi attaqué
04:09à des symboles de la République.
04:11D'où ce que dit Jérôme Fourquet,
04:12très juste, c'est-à-dire que ce sont
04:14des assaillants, des voyous,
04:17je ne sais pas comment on pourrait les appeler,
04:18en tout cas des délinquants,
04:19qui sont motivés aussi par l'envie
04:24d'en découdre avec le pays, finalement,
04:28parce qu'ils n'ont pas, a-t-il dit,
04:29un sentiment suffisant d'appartenance
04:31à une nation, voyez-vous ?
04:32Donc c'est évidemment l'échec,
04:34donc très grande partie de notre système,
04:38comment dirais-je, d'intégration
04:39et d'assimilation des populations,
04:41issus d'immigration,
04:42qu'il faut entièrement remettre sur la table
04:44et revoir ?
04:45Et puis, moi, je n'appelle pas ça des vols,
04:48ce n'est pas des vols en réalité,
04:49ce n'est pas comme une mère de famille
04:50qui dit « ah, mais mon fils a pris 14 mois,
04:52il a volé deux pulles au vert »,
04:53ce n'est pas un vol simple,
04:55ce sont des vols en bande organisée,
04:59avec des dégradations très graves,
05:02ça ne peut pas être réduit à un vol simple.
05:04C'est du pillage.
05:05C'est du pillage en bande organisée,
05:07donc les peines prévues sont de 10 ans d'emprisonnement,
05:10et ça se traduit, encore une fois,
05:12malheureusement, par des peines symboliques
05:14qui n'ont pas de sens.
05:16Voilà les vrais profils.
05:18Sans privation de liberté,
05:19ce qui est quand même le principe.
05:19Et qui, évidemment, aussi sont motivés
05:21par des questions idéologiques et politiques,
05:23ce sont les Black Blocs, on les connaît,
05:26et tout cela dans un contexte général
05:30encouragé par des mouvements politiques
05:32comme LFI,
05:33qui considèrent ouvertement maintenant
05:36que la violence peut être légitime.
05:38Avant d'en venir justement au rôle
05:39de la France insoumise,
05:41ou non d'ailleurs, on va en débattre,
05:43le rôle des réseaux sociaux,
05:44parce qu'ils sont pointés du doigt,
05:45comme quoi ils auraient attisé aussi,
05:48et ça jette un peu de l'huile sur le feu,
05:51bien sûr, parce qu'il y a toutes ces vidéos,
05:53tout est enregistré, tout est filmé,
05:55on demande à s'abonner,
05:57on demande des likes,
05:58et que finalement, ça donne une sorte de...
06:01Voilà, on se croit tout permis,
06:02d'euphorie collective.
06:04Oui, non mais je...
06:05Je pense que c'est pas nouveau non plus.
06:06Voilà, je veux bien tout ça,
06:09mais en fait, on ne découvre rien.
06:10La réalité, c'est que si vous aviez
06:12des sanctions et une privation
06:14de liberté immédiate,
06:16quel que soit l'âge,
06:16et même pour les mineurs,
06:18il est évident qu'ils n'auraient pas fait
06:19ce qu'ils avaient fait,
06:20ils ne se seraient pas en plus filmés
06:21en train de le faire.
06:22Donc si vous voulez,
06:22cette espèce de tendance permanente,
06:25quand on a ce genre d'événement,
06:26de dire, ah oui,
06:27mais alors c'est pas de notre faute,
06:28c'est vraiment de la faute des réseaux sociaux,
06:29ou de la faute des parents,
06:30ou de la faute de je ne sais pas qui,
06:33me semble un peu facile.
06:34La réalité, c'est qu'aujourd'hui,
06:35il y a une impunité totale dans ce pays,
06:37quels que soient les âges.
06:37Alors je suis d'accord avec Georges,
06:39sur une partie,
06:41il y a effectivement
06:41deux grandes populations,
06:44une jeunesse,
06:45qui se croient tout permis,
06:47qui pillent,
06:47qui tapent,
06:48sans aucune conséquence,
06:49et celle-ci, de toute façon,
06:50elle va continuer,
06:51parce qu'on ne pose pas de limites
06:52à leurs actes.
06:53Voilà, ils n'ont pas de conscience politique,
06:54ils n'ont pas de conscience
06:55de ce qu'ils vont faire.
06:56Par contre, il y a aussi les autres,
06:58vous disiez Georges,
06:59mais ceux-là,
07:00il y en a une partie qui était fichée.
07:01Sous-titrage Société Radio-Canada

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