00:00La canicule est donc devenue un sujet politique.
00:02Écoutez Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement,
00:04ministre déléguée à l'énergie, qui a répondu aux critiques visant
00:07le gouvernement à propos de l'action de l'État face à ces chaleurs.
00:10Elle était sur BFM TV ce matin.
00:12Il y a eu une forme de déni, y compris à gauche,
00:15sur la nécessité d'adapter, de lutter, c'est une évidence,
00:19contre le réchauffement climatique, mais aussi d'adapter le pays
00:22au réchauffement climatique.
00:24On n'a pas suffisamment regardé, je crois, cette nécessité-là.
00:27Il y a deux actions à mener en parallèle.
00:30Il faut freiner le réchauffement climatique et en même temps,
00:32il faut lutter contre ces effets parce que c'est un voyage sans retour.
00:35Les investissements ont débuté sur les réseaux.
00:38Il est faux de dire que RTE n'investit pas sur les réseaux.
00:40On a commencé l'adaptation des écoles.
00:426500 projets ont déjà été rénovés ou sont en train d'être rénovés.
00:47Les hôpitaux pour 40% depuis le Ségur,
00:50lorsqu'ils sont là encore construits ou rénovés,
00:52intègrent cette notion du changement climatique.
00:54J'entends que ça n'aille pas assez vite.
00:56Je ne peux pas les saisir que rien n'est fait.
00:58Georges Pennec, pourquoi ce retard dans la manière de gérer la chaleur ?
01:05Pourquoi est-ce qu'on n'a pas su ou voulu peut-être même s'adapter
01:09au changement climatique ?
01:11Oui, écoutez, on aurait dû le faire au moins déjà depuis,
01:14ne serait-ce 1976, c'est un peu plus loin,
01:17mais depuis 2003, depuis la grande canicule de 2003
01:22qui avait, rappelons-le, fait 15 000 morts.
01:25On aurait dû prendre toutes les mesures.
01:27On en a pris quelques-unes, notamment dans les hôpitaux,
01:31ça c'est effectivement les EHPAD,
01:33de manière, je dirais, simplement,
01:37pas symbolique, mais des quelques pièces climatisées,
01:40pas partout, pas toutes les chambres en tout cas.
01:43Mais on est très très loin du compte.
01:45La question de savoir, c'est pourquoi on n'est pas capable de s'organiser
01:47quand on voit, ne serait-ce que l'Italie,
01:50qui s'est mieux organisée que nous.
01:52L'Espagne.
01:52Je crois l'Espagne, bien sûr,
01:54et sans parler évidemment d'autres pays plus importants.
01:57Mais la réponse, elle est dans l'idéologie, purement et simplement.
02:01C'est-à-dire qu'on a aujourd'hui un courant écologique prédominant
02:05qui consiste à dire, nous avons une responsabilité dans ce qui se passe,
02:09donc il va falloir changer vite nos modes de vie.
02:11Oui, mais ce n'est pas uniquement leur faute.
02:13Les Verts n'étaient pas au pouvoir et ils ont alerté quand même
02:15sur le changement climatique.
02:16On peut au moins leur reconnaître ça.
02:18Oui, ils ont alerté, mais ils ont quand même, par exemple,
02:23je dois vous le rappeler aussi,
02:25lutté contre le parc nucléaire français.
02:29Par pure idéologie, contre le nucléaire.
02:32On aurait plus d'électricité aujourd'hui propre,
02:35moins de CO2 si on avait continué.
02:38Maintenant, ça a été repris, heureusement.
02:40Donc, il y a une vision qui consiste,
02:42moi, c'est ce que je comprends,
02:44à vouloir une autre société,
02:46une autre forme de croissance,
02:47certains diront de décroissance.
02:50Donc, voyez, ce qu'on vous avait dit,
02:52c'est en train d'arriver,
02:53il est temps de changer de modèle économique,
02:55de modèle de construction, d'industrie,
02:58et donc, au lieu de s'adapter,
03:00c'est-à-dire sans reculer sur notre croissance,
03:02continuer à progresser,
03:04continuer à innover, etc.,
03:06certes, en tenant compte du réchauffement climatique,
03:09et en s'adaptant à ce réchauffement climatique,
03:11par la pose de climatiseurs,
03:13par les constructions,
03:14les matériaux d'innovation.
03:16Oui, tout ne passe pas par la clim,
03:17on est d'accord.
03:17On est d'accord.
03:19Donc, vous voyez,
03:19c'est ce frein idéologique,
03:22je dirais,
03:23une conception très radicale sur la planète,
03:27il faut arrêter maintenant de vivre
03:28comme on vivait autrefois.
03:29Ben non,
03:30moi, je suis désolé,
03:30mais je voudrais continuer à grandir,
03:33je voudrais continuer,
03:34pour mes enfants,
03:34qu'ils puissent avoir aussi
03:36une progression économique,
03:38plus de bien-être,
03:39et ça, ça passe par l'activité économique,
03:41pas par l'arrêt économique.
03:43Sophie Audugé,
03:44vous partagez l'analyse de Georges Fenech ?
03:47Oui, je vais tout à fait,
03:48après je voudrais réagir
03:50à ce que disait la porte-parole,
03:51c'est-à-dire que c'est quand même
03:52un peu gonflé à chaque fois,
03:54c'est pareil,
03:54c'est-à-dire qu'ils n'ont de stratégie
03:55pour rien.
03:57Donc, ils s'agitent là,
03:59donc là, les températures montent,
04:00donc il y a un problème ponctuel,
04:02et donc ils réagissent à ces problèmes-là.
04:03C'est pas ça de gouverner,
04:04mais gouverner, c'est d'avoir une vraie stratégie.
04:06Ça veut dire une stratégie énergétique,
04:08ça veut dire aussi
04:08des entreprises françaises
04:09qui, éventuellement industrielles,
04:11produisent ce type d'écoupement,
04:12ça veut dire une facilitation
04:13à l'installation,
04:14tout ça, ça n'a pas été fait,
04:15donc non, il n'y a pas eu de stratégie.
04:17Quand elle dit que l'État
04:19veut freiner le changement climatique,
04:21je veux dire, c'est ridicule,
04:22franchement, tout le monde sait très bien
04:23que la part de la France
04:24dans le changement climatique aujourd'hui
04:26est infime,
04:26donc c'est pas le sujet,
04:27je veux dire,
04:28on est déjà plus dix ans que tout le monde,
04:30et ça coûte énormément
04:31dans la compétitivité de nos entreprises,
04:32donc il faut arrêter de raconter
04:33n'importe quoi.
04:35Il y avait des choses simples
04:35qui auraient pu être faites,
04:37évidemment, avoir une stratégie énergétique
04:38un peu moins bête,
04:40parce qu'on ne peut même pas,
04:41je veux dire,
04:41c'est bien ça dont il s'agit,
04:42s'agissant des écoles,
04:44le parc des écoles,
04:45il est vétuste,
04:45mais depuis des années,
04:46je veux dire,
04:47on a des toilettes qui sont dégoûtantes,
04:49des petites filles qui se retiennent
04:51et qui ont des cystites, etc.
04:53Je veux dire,
04:53c'est pas nouveau,
04:54on a un parc d'écoles
04:56qui est vétuste,
04:57il n'y a pas de volets,
04:58il n'y a pas d'arbre,
04:59si vous voulez,
04:59le minimum n'est pas fait,
05:01ça a été construit très vite,
05:02dans de mauvaises conditions,
05:03avec une isolation qui est catastrophique,
05:05si vous voulez,
05:05il ne s'agit pas de mettre
05:06trois ventilateurs
05:07et deux climatisateurs,
05:08et deux clim,
05:08ça ne va pas changer le truc,
05:10il s'agit d'avoir une vraie stratégie,
05:12on prend l'exemple de l'Espagne,
05:13l'Italie,
05:13on sait tous,
05:14quand on va dans ces pays-là,
05:15que la plupart,
05:16même des domiciles,
05:18sont climatisés,
05:19je veux dire,
05:19c'est désormais la norme,
05:22nous on n'en est pas là
05:22pour plein de raisons,
05:23mais surtout qu'il n'y a jamais
05:24une stratégie d'État là-dessus,
05:25et qu'au niveau industriel,
05:26on n'a pas non plus
05:27un parc industriel
05:28qui permet de produire
05:29et d'avoir des investissements
05:31dans ce domaine-là.
05:32D'autant que,
05:33qui souffre le plus de la chaleur,
05:35ce sont évidemment
05:36les plus fragiles,
05:36ce sont effectivement
05:37aussi les plus pauvres,
05:39qui ne peuvent pas
05:40se payer le luxe
05:41d'aller dans un point de fraîcheur,
05:43ou de prendre un bloc clim en plus.
05:46Oui, Georges Fenech ?
05:47Non, non,
05:48je souscris exactement
05:49à ce qui vient d'être dit,
05:51il va falloir aujourd'hui
05:52changer totalement de politique,
05:54tenir compte enfin
05:56qu'il y a un réchauffement climatique,
05:58alors certains pensent
05:59que l'homme y est pour quelque chose,
06:01d'autres sont plus sceptiques là-dessus,
06:02mais le constat objectif
06:04et consensuel,
06:05c'est qu'il y a
06:05un réchauffement climatique
06:06qui nous réserve encore
06:08d'autres épisodes caniculaires,
06:11il ne faut pas se le cacher,
06:12et donc il serait temps maintenant
06:13de sortir de la gestion de crise
06:15pour rentrer dans une gestion pérenne.
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