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  • il y a 7 semaines
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Les négociations se poursuivent entre l'Iran et les Etats-Unis.
00:03Marco Rubio, le secrétaire d'Etat américain, est attendu jusqu'à jeudi aux Émirats Arabes Unis,
00:09au Koweït, à Bahreïn, qui sont les alliés des Etats-Unis.
00:12Le président iranien, lui, doit effectuer une visite au Pakistan.
00:17Et l'équipe de négociateurs iraniens s'est rendue à Oman aussi,
00:21pour parler notamment de la gestion du stratégique des Trois-Dormous,
00:25dont on va parler également.
00:27Parce qu'il reste des divergences, qui sont évidentes sur plusieurs sujets,
00:32Hormuz bien sûr, mais également sur le programme nucléaire iranien.
00:36Écoutez le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien,
00:39qui a affirmé ce matin que l'Iran ne prévoyait pas de laisser l'AIEA inspecter les sites bombardés.
00:44Nous n'avons eu aucune rencontre avec le directeur général de l'AIEA,
00:48et nous n'avons pas non plus de programme prévoyant une inspection
00:51par l'agence des installations nucléaires iraniennes,
00:54endommagée à la suite de l'agression militaire des Etats-Unis et du régime sioniste.
00:58En réalité, il n'existe aucune procédure établie dans ce domaine.
01:05Sébastien Ligné, ça commence bien ?
01:07C'est-à-dire que quand vous avez des divergences sur les deux points centraux d'un accord de paix,
01:13c'est quand même forcément compliqué.
01:15Parce qu'on comprend bien, et d'ailleurs on en avait parlé la semaine dernière à ce micro avec Zénia,
01:20c'est que cet accord, il était loin d'être parfait,
01:22et surtout c'était loin d'être un accord de paix.
01:25C'était plus une trêve pour tenter de résoudre le conflit,
01:29et surtout faire gagner un peu de temps,
01:31notamment à Donald Trump, qui devait absolument trouver une porte de sortie.
01:34Le problème c'est qu'on voit que cette porte de sortie est en train de se refermer.
01:37Pourquoi ? Parce que les positions sont tellement divergentes.
01:41On comprend bien que l'Iran n'a aucune intention de rendre le détroit d'Hormuz
01:46qu'il soit neutre ou sous gestion avec co-gestion,
01:52ou encore moins gestion américaine.
01:54Ça c'est un énorme sujet,
01:55parce que de fait la politique de Donald Trump et cette intervention
01:58a radicalisé la position du régime iranien sur le détroit d'Hormuz.
02:02Donc on se demande comment on va être géré le détroit d'Hormuz
02:05après un éventuel accord de paix.
02:07On comprend fondamentalement que ce ne sera plus jamais comme avant.
02:10C'est quand même un énorme sujet.
02:12Et puis sur le nucléaire,
02:13qui était quand même censé être le point fondamental,
02:16la raison première derrière l'intervention américaine en Iran,
02:20on comprend bien que le régime iranien nous fait du poker menteur
02:23comme ils le font sur cette question-là depuis plus de 30 ans,
02:26c'est-à-dire qu'ils font des promesses,
02:27ils signent des accords,
02:28souvenez-vous des accords sous l'administration Obama en 2013 et 2015,
02:32que Donald Trump qualifiait de pires accords jamais signés par les Etats-Unis.
02:36Il était déjà question de promesses d'arrêter l'enrichissement d'uranium,
02:40que l'AIEA puisse contrôler les infrastructures.
02:43On a vu le résultat.
02:45Ça n'a pas empêché le régime iranien de continuer sa politique nucléaire.
02:48Mais il y avait eu des inspections quand même.
02:50Oui, mais c'est ça qui est terrible,
02:51c'est que malgré les inspections,
02:53le régime iranien a continué sa politique.
02:55Et on voit bien qu'ils ne sont pas aujourd'hui dans une position de fléchissement
03:00ou de revenir sur cette politique-là.
03:02Donc on a du mal à comprendre où seront les points communs,
03:05les points d'accord qui pourraient se dessiner.
03:08Ils sont tellement en divergence.
03:09Et on ne parle même pas encore de la question israélienne
03:12et de la politique israélienne là-dedans
03:14qui rajoute un caillou supplémentaire.
03:15Ne vous inquiétez pas Sébastien, c'est prévu aussi dans nos discussions,
03:19bien sûr, mais juste à l'instant,
03:20parce que finalement on aurait du mal à savoir qui dit vrai,
03:23puisque Donald Trump vient de dire que,
03:26ah ben non, l'Iran a accepté les inspecteurs de l'AIEA sur les sites.
03:32Je regardais aujourd'hui le mystère des affaires étrangères iranien
03:36qui parlait sur ces sujets,
03:38et en fait ce n'est pas si évident qu'ils refusent.
03:41En fait je pense que ce qui se passe aujourd'hui,
03:42ce qu'ils disent, on a cet mémorandum,
03:46pour parler des questions nucléaires,
03:49il faut déjà que toutes les conditions des mémorandums
03:52soient respectées.
03:54Il y a certains qui sont déjà respectés,
03:56il y a certains qui ne sont pas encore respectés.
03:58Et donc il a confirmé que cette meeting
04:01entre J.D. Wens et les Ariens,
04:03ils ne sont pas vraiment touchés les questions nucléaires,
04:07ils ne sont pas touchés les questions de sanctions.
04:10même si on voit aujourd'hui qu'il y a certaines sanctions
04:13qui sont déjà élevées sur l'exportation de pétrole iranien,
04:17il y a quand même les sanctions qui restent.
04:19Donc je pense que le message,
04:20on peut parler d'agences nucléaires pour surveillance,
04:24mais avant, il faut avoir tous ces points
04:27qui sont prévus par les mémorandums.
04:30Et je pense qu'un point central reste toujours Liban
04:32et Israël, comme Sébastien Lénier a dit.
04:35Donc je pense que c'est une façon aussi de négocier,
04:39de façon des Iraniens,
04:40de dire oui, on peut y arriver à discuter ça,
04:43mais aujourd'hui on n'est pas encore là.
04:45Je pense qu'ils seront obligés d'accepter la surveillance
04:48par l'agence internationale nucléaire,
04:50ou l'ONU, ou les deux,
04:51ou même peut-être une partie tiers,
04:54parce que ça fait partie de ces accords.
04:56Et je ne pense pas qu'ils sont contre.
04:58Comme Sébastien Lénier a dit,
04:59ils ont déjà accepté à l'époque cette situation.
05:01Mais cet mémorandum est très fragile,
05:05exactement parce qu'il y a eu des moments
05:07dans les négociations avant,
05:09où après certaines conditions étaient respectées,
05:13les États-Unis sont quand même frappés Iran.
05:16Et donc je pense qu'ils ont toujours
05:17les mêmes réflexes aujourd'hui.
05:18On ne peut pas faire confiance aux Américains,
05:21donc il faut être très dur, très prudente.
05:23Il faut monter les enchères, comme on dit.
05:25Exactement.
05:25L'Iran qui estime qu'Israël,
05:27pour reprendre ce que vous disiez,
05:28se montrait farouchement opposé, je cite,
05:30à ce processus de négociation
05:32qu'il voit comme une menace à sa propre existence
05:34et cherche à le saboter.
05:36Effectivement, la question d'Israël et du Liban
05:39est centrale dans ce conflit également.
05:41Sébastien Lénier.
05:41C'est sûr, mais encore une fois,
05:42quand on se place du point de vue israélien,
05:44les Israéliens, eux, disent
05:46on ne peut pas vivre à côté du régime des Mola,
05:50qui est un régime islamiste,
05:51qui cherche à nous détruire depuis des décennies,
05:53et qui se sert de son proxy au sud Liban,
05:56qui s'appelle le Hezbollah,
05:57pour tenter de nous envahir et de nous détruire.
05:59Donc, dans la position israélienne,
06:01on peut comprendre leur refus d'un accord
06:04qui, de fait, si on reprend les grandes lignes
06:07du premier accord qui a été signé, non signé,
06:09on ne sait pas, il y a quelques jours,
06:11c'était un accord qui légitimait davantage
06:13le régime des Mola,
06:14et qui garantissait presque le fait
06:16que le régime des Mola allait survivre dans le temps.
06:18Ça, je peux comprendre que d'un point de vue israélien,
06:20ce soit un no-go,
06:22que ce soit une ligne rouge extrêmement importante.
06:24Maintenant, d'un point de vue américain,
06:26c'est là où on en parle souvent aussi,
06:27le fait qu'on peut être allié et avoir des intérêts
06:30totalement divergents.
06:31D'un point de vue américain,
06:33il faut absolument sortir de ce conflit.
06:35Et donc, aujourd'hui, on voit bien qu'il y a
06:36une fracture nette entre la politique israélienne,
06:38les objectifs israéliens,
06:40et les objectifs américains.
06:41Mais d'ailleurs, c'est presque comme ça
06:43depuis le début de l'intervention.
06:45La presse américaine l'avait très bien expliqué.
06:47N'oublions pas que c'est la politique israélienne,
06:49et notamment Benjamin Netanyahou,
06:51qui a, selon la presse américaine,
06:53personnellement convaincu Donald Trump
06:54d'intervenir en Iran il y a un peu plus de deux mois.
06:57Alors même qu'autour de Donald Trump,
06:59ses principaux conseillers,
07:00que ce soit Marco Rubio ou Judy Vance,
07:02étaient contre cette intervention.
07:03Donc on voit bien que dès le départ,
07:05il y avait une fracture,
07:05et que les objectifs de guerre n'étaient pas les mêmes.
07:08Donc quand vous partez dans un conflit
07:09avec des objectifs différents,
07:11ce n'est pas étonnant qu'au moment de conclure cette guerre,
07:13les objectifs soient aussi différents.
07:15Allez, on écoute Mohamed Galibaf,
07:18qui est le négociateur en chef iranien,
07:19qui s'est félicité hier des résultats positifs obtenus.
07:24À mon sens, ce voyage a donné lieu à des résultats positifs,
07:27notamment en ce qui concerne les discussions sur le Détroit,
07:30celles sur le Liban.
07:31La question de la dérogation pétrolière
07:33est celle du déblocage des fonds gelés,
07:35qui constitue l'une des mesures
07:37que nous mettons actuellement en œuvre.
07:38Bien sûr, nous estimons que nous n'en sommes encore
07:41qu'au début de ce travail,
07:42et que nous devons poursuivre nos efforts.
07:47Alors les efforts qui se poursuivent,
07:49mais il y a quand même toujours ce Détroit d'Hormuz
07:51qui est au milieu, au centre en tout cas,
07:53de l'attention du monde entier,
07:55parce qu'on le sait qu'il est hautement stratégique.
07:57Et ce même négociateur en chef de l'Iran
08:00que vous venez d'entendre a affirmé
08:01que les conditions dans le Détroit d'Hormuz
08:03ne retourneraient pas à celles d'avant-guerre,
08:05et que la voie serait, je cite,
08:08administrée par son pays.
08:09Mais ça veut dire quoi, administrer ?
08:11Je pense que c'est clair que le paradoxe
08:16que les États-Unis et Israël voulaient affaiblir l'Iran,
08:19mais l'Iran est retourné aujourd'hui
08:21dans l'étape de négociation
08:22avec une levée hyper importante,
08:24c'est le Détroit d'Hormuz.
08:27Et le message que les Éraignans envoient,
08:29c'est qu'ils ne vont pas laisser facilement
08:31ces cartes passer en main des Américains.
08:34Parce qu'on a attendu Donald Trump
08:35qui dit qu'ils vont gérer le Détroit d'Hormuz.
08:40Il a des idées, comme on peut gérer,
08:42mais l'Iran ne va pas laisser faire ça.
08:45Parce que sans cette levée majeure,
08:48dans le futur, l'Iran ne peut plus
08:50jouer un rôle si fort.
08:53Parce qu'on peut parler de défaite militaire,
08:56par exemple, d'Iran,
08:57mais la défaite stratégique, pas du tout.
09:00Et donc, les Éraignans sont en train
09:02de proclamer une victoire,
09:03comme les Américains,
09:04ce qu'on a dit, ils vont faire ça.
09:06Mais je mal crois que les Éraignans vont laisser
09:09des Trois d'Hormuz gérés par Américains
09:11ou n'est pas aussi gérés par les Américains,
09:14qu'ils soient comme avant,
09:15avec une libre circulation.
09:17Je ne suis pas sûre que ça sera si facile
09:20à accepter pour les Éraignans.
09:21Parce que c'était comme avant,
09:23avant c'était ouvert,
09:25mais les Américains et les Israéliens
09:26sont pris en décision de frapper Iran.
09:28Donc je pense que la réponse d'Iran sera
09:31maintenant, c'est votre leçon,
09:34en fait, maintenant c'est plus comme avant.
09:36Vous ne pouvez pas juste venir frapper
09:38notre pays et après considérer
09:40comme rien n'est passé.
09:41Je pense que c'est ça.
09:42Sébastien Ligné.
09:43Oui, je suis totalement d'accord.
09:44D'une certaine manière,
09:45on a presque l'impression,
09:46alors j'imagine que le régime iranien
09:48a toujours su que le détroit d'Hormuz
09:49était une force extraordinaire.
09:51Mais d'une certaine manière,
09:52on a l'impression que ce conflit
09:54a fait comprendre au régime iranien
09:56la puissance de ce détroit d'Hormuz
09:59et de son blocage.
10:01Et du fait, comme on en a beaucoup parlé
10:02dans la presse depuis quelques mois,
10:04du fait qu'ils avaient découvert
10:06une deuxième arme atomique
10:07avec ce détroit d'Hormuz
10:08qui était presque aussi puissante
10:10en termes de dissuasion
10:11que l'arme nucléaire classique.
10:13Et je pense que c'est vrai
10:14que d'une certaine manière,
10:15maintenant qu'ils ont découvert
10:17cette as, cette carte joker extraordinaire,
10:20je ne vois pas comment
10:21ils vont accepter de la lâcher.
10:24Surtout qu'il y a une question
10:25presque d'orgueil
10:26et de bras de fer à respecter.
10:28Si l'Iran lâche le détroit d'Hormuz,
10:31ils passeront forcément
10:32pour le camp de la défaite.
10:34Et ce serait donner une arme extraordinaire
10:36à Donald Trump
10:37pour vendre notamment à son peuple.
10:39Parce que là, on parle de communication.
10:40Si Donald Trump revient aux Etats-Unis
10:42sans rien,
10:43ça va être très compliqué.
10:44Il faut qu'en termes de communication
10:45tropienne, il y ait une victoire.
10:46Il y ait quelque chose dans le deal
10:47qui lui permette de revendiquer une victoire.
10:49Et la même chose pour le régime iranien.
10:51Auprès de son propre peuple
10:53ils ont besoin de victoire.
10:54Et s'ils laissent tout,
10:55ça sera en défaite.
10:57Ça ne va pas aider le régime de Tiniens.
10:59Donc oui, je pense que c'est tout à fait les cas.
11:01C'est tout à fait.
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