00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:03La suite à 13h48 d'Europe 1 Info, ça continue jusqu'à 14h avec Clélie Mathias et vos chroniqueurs du
00:09jour.
00:10Jean-Michel Salvatore, chroniqueur politique et communicant, et Jules Torres, journaliste politique au JDD.
00:15Avant de parler de l'intelligence artificielle, et c'est un gros sujet, on continue un peu à se projeter
00:19dans le 8 mois, la présidentielle.
00:22Avec cette main tendue d'Edouard Philippe aux autres parties de droite et du centre, et cet échec monumental.
00:30Personne n'a pris la main et ne l'a saisie, en tout cas.
00:36Écoutez, François Bérou, ce qu'il en a dit, l'ancien Premier ministre, qui a taclé littéralement cette proposition.
00:41Il était sur BFM TV ce matin.
00:43Quand on invite, il faut avoir une légitimité pour inviter.
00:47On ne peut pas dire, c'est moi qui m'instaure en rassembleur, protecteur.
00:52Non. La nécessité, c'est qu'on dise, on a besoin d'un espace, une majorité de mains, un ensemble
01:03qui soit le plus large possible.
01:05Et moi, je ne veux pas limiter cet espace, sauf à une condition.
01:10Appartiennent à cet espace tous ceux qui disent, les extrêmes nous conduisent au drame.
01:14Et nous ne ferons jamais, ni avec les uns, ni avec les autres.
01:20Jean-Michel Salvatore, si on essaye d'aller un peu plus loin, quand même, on se doute bien qu'Édouard
01:23Philippe savait qu'il n'allait pas avoir de succès avec sa proposition.
01:28Donc, qu'est-ce qu'il a fait ?
01:29À défaut de réaliser l'unité, il a voulu se montrer unitaire, comme dit Guillaume Tabard dans le Figaro.
01:34Il a voulu quoi ? C'est un message à ses électeurs ?
01:37Non, mais il voit bien que le temps tourne et qu'il ne prend pas un avantage décisif, si vous
01:41voulez.
01:42Donc là, on a le sentiment que les choses sont en train de se bloquer, petit à petit.
01:46C'est-à-dire qu'il est un petit peu en avance, mais on ne sent pas dans le pays
01:49un élan pour Édouard Philippe.
01:51On ne sent pas un enthousiasme fou.
01:54Donc, il voit bien que son avance est très fragile.
01:57Il voit bien qu'Atal fait une bonne campagne, qu'il n'imprime pas pour l'instant, mais qu'il
02:01pourrait imprimer.
02:02Il voit bien que Retailleau a fait beaucoup de progrès cet été et a des propositions, a une présence médiatique
02:09qui commence à marquer davantage, même si on ne le voit pas dans les sondages.
02:13Donc, il voit bien que tout ça est fragile.
02:14Et donc, il se dit qu'il faut y aller maintenant, sauf que les autres ne lui reconnaissent aucune légitimité
02:22et ne reconnaissent pas son avance comme suffisamment importante et décisive pour se ranger derrière lui.
02:29Et il y a aussi une deuxième raison, si vous voulez, qui explique le geste d'Édouard Philippe,
02:34c'est qu'il ne veut pas de primaire et donc il essaye d'avoir un accord sur tapis vert.
02:39Il n'en veut pas, mais plus des deux tiers des électeurs de droite et du centre, 70% sont
02:44favorables à une primaire
02:44pour désigner un candidat unique à la présidentielle.
02:47Édouard Philippe étant le mieux placé pour l'instant pour l'emporter, c'est un sondage au Doxa Blackbone pour
02:51le Figaro.
02:52Non mais c'est difficile d'avoir une dynamique de campagne quand vous n'êtes même pas capable, dans votre
02:57propre ville, le Havre,
02:58de faire plus de 50% aux dernières élections municipales au deuxième tour.
03:02Donc évidemment que pour Édouard Philippe, pour l'instant, c'est extrêmement compliqué.
03:05Moi, je pense qu'il ne veut pas aller à la primaire parce qu'il pense qu'il peut la
03:08perdre, en réalité.
03:09C'est parce que, Jean-Michel l'a très bien dit, la campagne de Gabriel Attal est intéressante du point
03:14de vue de la dynamique.
03:14Alors pour l'instant, ça n'imprime pas, ça ne monte pas, mais il est sur des thèmes qui sont
03:18centraux à droite.
03:19Il est sur une manière de faire campagne avec sa campagne des mille bistrots que moi, je trouve intéressante,
03:24quoique un petit peu insincère.
03:26Que Bruno Rotaillot arrive à camper sur des thèmes, notamment sur la question de la réforme de la Constitution.
03:31On en parlait la semaine dernière.
03:32Le droit du sol aussi.
03:33Bien sûr, la brogation du droit du sol qui est une mesure réclamée par 75% des Français.
03:37Par la question de la réforme de la Constitution, qui ne paraît pas pour l'instant comme ça un sujet
03:41très sexy,
03:42mais qui est partagé par 8 Français sur 10.
03:44Et au milieu de ça, on a le jupéiste, le haut fonctionnaire jupéiste,
03:49qui certes a de l'avance un petit peu dans les sondages, mais qui n'imprime pas.
03:53Et on sait que les primaires bien souvent favorisent la candidature la plus radicale.
03:59Moi, je pense surtout qu'Édouard Philippe, parmi les trois personnes que je viens de nommer,
04:02est la personne la moins bonne en campagne, et donc la moins bonne dans une campagne de primaire.
04:05– Et en plus, Jules, je pense qu'Édouard Philippe, il a peur que l'histoire se répète.
04:09Souvenez-vous, en 2017, Édouard Philippe était le collaborateur de Juppé,
04:14et Retailleau était le collaborateur de Fillon.
04:17Juppé était premier dans les sondages, et qui a gagné la primaire ?
04:20Fillon !
04:21– Sur la radicalité.
04:22– Sur la radicalité.
04:23Donc là, il se dit, on va me le faire, j'ai pas envie qu'on me le fasse à
04:26l'envers,
04:26et je veux surtout pas avoir une primaire, parce que je risque de la perdre face à Retailleau.
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