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  • il y a 7 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Écoutez, on va commencer évidemment cette partie de débat par cette information Europe 1.
00:05Je vous le disais en début de journal, en novembre 2023, dans la Drôme à Crépole,
00:10il y a un garçon, un adolescent de 16 ans, Thomas, qui a été poignardé lors d'un bal de
00:14village.
00:14La juge d'instruction en charge de ce dossier a requalifié les mises en examen des suspects.
00:19Le racisme anti-blanc et anti-français a été retenu par la magistrate.
00:2214 personnes, dont 11 mineurs, ont été mises en examen.
00:27Alors, question peut-être pour commencer avec vous, Jonathan Sicsou.
00:32Vous êtes donc rédacteur en chef au magazine Causeur.
00:36Qu'est-ce que ça dit de l'état de notre pays, de la France, de voir ce drame, de
00:41voir ces mineurs qui sont impliqués ?
00:42Quelle est votre réaction ?
00:43Je vois deux choses à travers l'information d'aujourd'hui.
00:47D'abord, le fait que la justice est capable de voir le réel.
00:52J'avais envie de dire bienvenue dans le réel, madame le juge,
00:54parce qu'on se souvient des débats, si on peut parler de débats,
00:58c'était plus que houleux, aussi bien à l'Assemblée nationale que par presse interposée.
01:03Ça a été terrible depuis trois ans, ce qu'on a pu entendre face aux personnes
01:07qui disaient que Thomas et certains de ses camarades ont été attaqués
01:11parce qu'ils étaient blancs et parce qu'il y avait eu,
01:13vraisemblablement, selon énormément de témoins,
01:16des cris, des slogans, entre guillemets, anti-blancs et anti-français.
01:21Et on voit que la justice, heureusement, aujourd'hui, arrive à le voir.
01:25Le deuxième point, c'est l'extrême jeunesse dans ce drame-là,
01:28comme dans d'autres, effectivement, que nous amènent à voir l'actualité, malheureusement.
01:33Des jeunes qui sont de plus en plus jeunes et qui n'ont aucun filtre,
01:38qui n'ont aucune notion de ce qui, a priori, constitue le socle de notre vie en société.
01:45Évidemment qu'il y a toujours eu des agresseurs, des truands, des criminels.
01:49Mais là, on voit qu'il y a une sorte de généralisation par la jeune génération.
01:53Il y a une quantité d'interdits qui n'existent plus.
01:57Et on se demande, à titre personnel, c'est ce que je me demande à chaque fois,
02:00où sont les parents de ces jeunes ?
02:03Une dernière réflexion, dans la motivation du juge aujourd'hui,
02:08ce qui est donc un cas aggravant,
02:11c'est l'appartenance de Thomas à la nation française.
02:17Les termes sont quand même très forts,
02:18parce que si les mots veulent dire quelque chose...
02:22Est-ce qu'on s'attaque à la France ?
02:23Ça veut dire que ça exclut de la nation française
02:26les jeunes qui sont poursuivis aujourd'hui.
02:29Et je trouve que pour moi, c'est un cas très très fort.
02:33Alors Sébastien Ligny, est-ce que c'est justement un cas
02:35qui révèle l'état de notre pays,
02:37de son délitement d'une certaine façon ?
02:40Parce que c'est vrai que c'est une affaire très forte
02:43qui a touché les Français, un jeune de 16 ans,
02:46qui est décédé lors d'un bal.
02:48Moi, je pense qu'on peut assister à un point de bascule
02:50dans la compréhension et dans la reconnaissance du racisme anti-blanc.
02:54Rien que ce terme-là soit employé par une magistrate,
02:59c'est déjà une révolution en soi,
03:01parce qu'il faut quand même se rappeler
03:03que ce terme de racisme anti-blanc
03:05a longtemps été honni.
03:07Il était interdit de parler de ce terme de racisme anti-blanc.
03:10Ça n'existait pas, aussi bien dans les sphères judiciaires,
03:14mais aussi évidemment dans les sphères médiatiques.
03:15On ne va pas refaire toute l'histoire
03:17de la réécriture de l'affaire de Crépole
03:20par une partie des médias,
03:21notamment du service public
03:22et notamment de M. Patrick Cohen,
03:24pour ne citer que lui.
03:25Et on voit quand même que si même la justice,
03:28qu'on ne peut pas accuser de droitisation,
03:31en tout cas je ne crois pas,
03:32est capable de reconnaître, d'aller sur le terrain
03:35du racisme anti-blanc,
03:36alors en effet on peut assister à un début de révolution.
03:39Ensuite, il y a un deuxième point,
03:40c'est que c'est juste un retour,
03:43un juste retour des choses
03:44et de certaine manière une justice.
03:46Parce qu'il faut quand même se rappeler
03:47que quelques jours seulement après le drame
03:49de Crépole en novembre 2023,
03:50il y avait eu un procès verbal
03:53et des dizaines d'auditions
03:54qui avaient fait preuve
03:55de ces insultes,
03:58de ce racisme anti-blanc.
03:59Il faut qu'on aille poignarder des blancs.
04:01Il y avait ce terme « guère »
04:03qui est un terme péjoratif
04:04qui vise les personnes blanches.
04:06C'est un terme issu des mots
04:08on va dire « maghrébins »
04:10qui est très employé par les Français
04:11issus de l'immigration
04:12pour désigner les blancs
04:14de manière péjorative.
04:15Et donc ce PV avait été
04:17un petit peu enterré
04:18et il avait disparu,
04:19il était remonté seulement à la surface,
04:20quelques mois plus tard,
04:21et on s'était demandé
04:22pourquoi ce PV
04:23qui attestait d'insultes caractéristiques
04:25du racisme anti-blanc
04:26avait disparu.
04:26Donc c'est un juste retour des choses
04:28et peut-être le début
04:29d'une reconnaissance officielle,
04:32j'ai envie de dire,
04:32du racisme anti-blanc.
04:34Alors, on parle justement
04:35de ces qualifications pénales
04:38que la magistrate a retenues
04:41dans son rapport.
04:44Le racisme anti-blanc
04:46est anti-français.
04:48est-ce que pour vous,
04:50Sébastien Ligné,
04:51c'est quelque chose de rare ?
04:52Est-ce qu'elle a fait preuve de courage
04:54pour une magistrate
04:55de retenir ses qualifications ?
04:58Sébastien ?
04:59Vas-y, Jonathan.
05:00Sébastien, Jonathan.
05:01Jonathan, c'est tout.
05:03Dans le climat,
05:04et comme Sébastien l'a dit,
05:05effectivement,
05:06la justice française
05:06nous démontre quasiment
05:08à longueur de journée
05:09qu'elle ne se place pas vraiment
05:11à la droite même centriste
05:14de l'échiquier politique.
05:16Donc dans ce climat,
05:16effectivement,
05:17dans ce climat idéologique,
05:19on pourrait dire
05:20qu'elle a fait preuve de courage.
05:22Ce n'est pas le terme
05:23qui me vient en premier lieu
05:24à l'esprit.
05:25Pourquoi ?
05:26Parce que je pense
05:27qu'elle a eu entre les mains
05:29des témoignages,
05:30des procès-verbaux,
05:31des documents suffisamment forts.
05:34Je pense qu'elle a fait preuve
05:35non pas de courage
05:36mais peut-être de lucidité.
05:38Le courage,
05:38c'est parce qu'elle affronte
05:40un climat
05:40au sein de la justice française.
05:43Mais je pense qu'elle a fait preuve
05:45de lucidité.
05:46La lucidité,
05:46c'est aussi a priori
05:48un trait d'intelligence
05:50et avec des documents
05:51qu'elle a acceptés de voir
05:54et parce qu'il y a aussi
05:55un déni du réel
05:55qui motive bien des magistrats,
05:58elle a eu l'intelligence,
06:00la lucidité,
06:01je me répète,
06:01mais de voir le réel
06:02et de voir des documents
06:03vraisemblablement
06:04suffisamment probants
06:05pour pouvoir requalifier
06:07l'assassinat de Thomas.
06:10Alors vous êtes sur
06:10Europe 1,
06:1113h23,
06:12on parle de ce drame
06:13à Crépaule
06:13avec Thomas Poignardé
06:15il y a trois ans
06:17dans un bal de village
06:18et avec vous Sébastien Ligné,
06:20journaliste et chroniqueur politique,
06:22on parle de cette qualification,
06:25de cette circonstance
06:26aggravante retenue
06:27par la magistrate,
06:29racisme anti-blanc,
06:31racisme anti-français,
06:32ça veut dire quoi ?
06:34C'est très intéressant en fait
06:35et je trouve,
06:36je suis d'accord avec Jonathan,
06:37le fait qu'on ajoute
06:38au racisme anti-blanc
06:39la notion d'appartenance
06:40à la nation française.
06:42Ça,
06:42ça peut être une vraie révolution
06:44et si il y a condamnation au bout,
06:47on peut assister à une vraie
06:48création d'une vraie jurisprudence.
06:50C'est-à-dire qu'on considère
06:51que venir dans un bal de village
06:54à l'écart,
06:56dans un bal qui fête
06:58le patrimoine français,
06:59la tradition française,
07:01que venir déranger ce bal
07:04avec des intentions évidentes
07:06de les perturber,
07:07non,
07:07pas simplement parce qu'il y a
07:09une envie de perturber,
07:10mais aussi parce qu'on a envie
07:12de perturber l'existence même
07:13de ce bal,
07:14de ce village
07:15et de ce qu'il dit
07:16de la nation française
07:18et du patrimoine français,
07:19ça en effet c'est majeur
07:21parce que évidemment
07:22ça crée une jurisprudence.
07:24Je trouve que c'est peut-être même
07:26le passage et le terme
07:27le plus important.
07:29Que le racisme anti-blanc
07:30soit reconnu,
07:31c'est déjà un pas en avant
07:32immense,
07:33mais qu'on ajoute
07:34à cette qualification
07:35la question d'appartenance
07:36à la nation française,
07:37là ça ouvre des portes
07:38qui sont quasi infinies.
07:40C'est-à-dire qu'en effet,
07:41on peut désormais considérer
07:43par exemple
07:44que quand on fait,
07:46je prends un exemple
07:46parmi tant d'autres,
07:47un refus au tempéré
07:47sur un policier
07:48et que ce policier meurt,
07:50il y a aussi une volonté
07:52de s'attaquer
07:53à l'appartenance
07:54de la nation française
07:55et que donc
07:55quelqu'un qui attaque
07:56et qui tue un policier
07:57se met en dehors
07:58de cette appartenance-là
07:59à la nation française.
08:00Vous voyez ce que je veux dire ?
08:00C'est que potentiellement,
08:02on peut évidemment
08:03élargir cette qualification.
08:04Merci.
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