00:00Le docteur Brigitte Millot nous a rejoint. Bonjour Brigitte.
00:02Bonjour.
00:03C'est aujourd'hui le bras des journées de sensibilisation à la reconstruction mammaire.
00:08B-R-A-D.
00:11Breast Reconstruction Awareness Day.
00:13Après un cancer du sein, on reconstruit le sein, on peut l'enlever, le reconstruire.
00:18Expliquez-nous de quoi il s'agit, c'est évidemment souvent douloureux psychologiquement pour la femme.
00:24Le bras, il y a aussi un petit jeu de mots, c'est que bras ça veut dire soutien-gorge
00:27en anglais.
00:28Oui c'est ça.
00:28Voilà, il y a les deux significations.
00:31Oui c'est une journée de sensibilisation et d'information.
00:35Mais pas de contrainte, pas de prise de décision, c'est simplement pour expliquer aux femmes qu'elles ont le
00:41choix.
00:42Autant quand on est atteint d'un cancer du sein sur le traitement, on n'a aucun pouvoir, on n
00:46'a aucun choix.
00:47Évidemment le principal est de traiter le cancer.
00:51Mais après, il faut aussi savoir, pour décider, pour choisir une option, il faut connaître cette option.
01:00On ne peut pas prendre de décision sans connaître les options.
01:03Donc l'idée de cette journée, c'est d'expliquer aux femmes toutes les propositions qu'on peut leur faire,
01:08si elles désirent ou pas reconstruire un sein.
01:10Ne pas reconstruire, c'est aussi un choix.
01:12Et vraiment, c'est encore une fois, article 22, chacun fait ce qu'il veut.
01:17On va rappeler qu'il y a 60 000 cancers du sein chaque année.
01:21Sur ces 60 000 cancers du sein, il y a 20 000 mastectomies, c'est-à-dire amputations, il faut
01:28poser les mots, d'un sein.
01:30Ce qui veut dire, sur mon côté positif, mais qu'il y a quand même 40 000 femmes qui gardent
01:36leur sein.
01:36Ce qui n'existait pas avant.
01:38Avant, vous aviez un cancer du sein, on ne réfléchissait pas, on l'enlevait.
01:42Donc là, ça veut dire que 40 000 femmes gardent leur sein.
01:45Et sur ces 20 000 amputations du sein, 6 000 femmes vont choisir une reconstruction.
01:51Donc 6 000 femmes ont été informées, éclairées et ont fait ce choix.
01:57Après, je le répète, cette journée n'est pas là pour imposer, elle est là pour sensibiliser, pour éclairer et
02:03pour informer.
02:05Il ne faut pas oublier que quand on vous enlève un sein, bon déjà, il y a évidemment la sidération
02:09d'apprendre la maladie.
02:11Mais ensuite, ce n'est pas simplement une épreuve médicale.
02:14C'est aussi arriver à apprivoiser un corps transformé.
02:18C'est aussi ce sentiment d'une perte d'identité, d'une perte de son schéma corporel, d'une perte
02:25de sa féminité.
02:26D'une perte de sa sexualité.
02:28Donc tout ça, ça entre en jeu.
02:30Et c'est important de dire aux femmes, voilà, vous avez plusieurs possibilités qui s'offrent à vous.
02:36Vous pouvez très bien décider de garder l'amputation telle qu'il est.
02:42Vous pouvez aussi décider de reconstruire dans un premier temps, c'est-à-dire en même temps qu'on enlève
02:48le sein.
02:48J'en profite aussi pour dire que la mastectomie n'est pas synonyme de gravité.
02:54Parfois, on décide de l'enlever, ça ne veut pas dire forcément qu'il y a gravité.
02:58D'ailleurs, certaines mastectomies se font en prévention.
03:01Vous savez, quand on a des gènes BRCA1, BRCA2, on en avait beaucoup parlé à l'époque d'Angélina Jolie,
03:07qui s'était fait enlever les seins, en prévention, parce que statistiquement, elles ont des risques d'avoir un cancer
03:12du sein.
03:13Donc, soit on décide de ne pas reconstruire, soit on décide de reconstruire en même temps que l'intervention sur
03:21le cancer du sein,
03:22soit on décide de reconstruire après, on peut même décider des années après.
03:27On n'est pas obligé de se décider tout de suite, mais il faut encore savoir.
03:31Je vous ai mis là quelques exemples du docteur Isabelle Sarfati, qui est à l'Institut du sein Récitude,
03:39et qui est très sensibilisée, qui a lancé le bradet en France.
03:43Là, c'est une femme, vous voyez, c'était son sein gauche à elle, qui avait été amputée.
03:48Et elle voulait garder ses seins lourds, ses seins naturels.
03:53Elle ne voulait pas, parce qu'on a plusieurs techniques, on a trois techniques,
03:56soit on met des prothèses, soit on prend la graisse de la femme et on fait ce qu'on appelle
04:00un lipophiline,
04:01c'est-à-dire qu'on va redonner du volume au sein avec la graisse de la patiente,
04:05soit on fait ce qu'on appelle un lambeau, on prend un peu de peau, de graisse et de muscles
04:10dans le dos en général,
04:11et on reconstruit par l'ambeau.
04:12Et on ne peut pas nacher ces trois techniques, on peut faire un peu de graisse, un peu de prothèse,
04:17un peu de lambeau,
04:18on peut tout à fait les panacher.
04:19Donc je vous montre une deuxième, ça c'est la première, donc elle voulait garder son naturel,
04:24et là c'est fait avec un lambeau.
04:26Là c'est fait, c'est vraiment un chef-d'oeuvre, c'est-à-dire que là c'était son
04:30sein droit,
04:31qui était totalement amputé, et là c'est avec la graisse de la patiente qu'on a redonné ce volume
04:36au sein.
04:38Là, dans ce sein, il y a la graisse de la patiente, avec une reconstruction du mamelon,
04:42et tout ça, ça aussi, ça a bouleversé la vie des femmes.
04:45C'est-à-dire qu'en fait, on arrive à faire des tatouages en 3D, où on vous refait le
04:48mamelon,
04:49je vais vous montrer sur cette image-là, la dernière.
04:52Vous voyez, le sein, un sein, quand il n'y a pas de mamelon, ça ressemble à une colline,
04:57mais ça ne ressemble pas à un sein.
04:58C'est un petit peu comme un ventre sans nombril, on ne le reconnaît pas, on a besoin de ce
05:02mamelon.
05:03– Et là, après l'intervention ?
05:04– Et donc, là, c'est une prothèse qu'on a mise au sein gauche de la femme,
05:09prothèse, et après, regardez avec la reconstruction, le tatouage en 3D.
05:14Donc voilà, ce qui est important, c'est d'en parler, d'être informé, d'être sensibilisé.
05:19Il n'est pas question, encore une fois, d'imposer, mais voilà à quoi sert cette journée du bradet.
05:24– Voilà, et on salue le docteur Sarfati, qui est formidable.
05:27– Formidable.
05:28– Vous l'avez reçu dans votre émission.
05:29– Oui, on en reparlera samedi.
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