00:00Bonjour Brigitte. Bonjour. Une jeune femme est décédée à Villeurbanne suite à une injection d'acide hyaluronique.
00:07Ce matin, vous nous parlez de ce terrible phénomène des fake injectors sur les réseaux qui ne cessent de s
00:15'amplifier.
00:15Ça mérite explication. D'ailleurs, on devrait dire plutôt les fausses injectrices.
00:19Ce sont généralement des jeunes femmes qui sévissent sur les réseaux sociaux.
00:24Ce phénomène s'amplifie. On va voir en quelques vidéos. Elle vous propose évidemment des prix imbattables, des résultats formidables,
00:35des rendez-vous rapides.
00:37Quand on sait qu'un rendez-vous chez le Dermato, c'est six mois minimum. Donc là, c'est évidemment
00:43très attractif.
00:44Mais stop ! Quand on voit les dégâts, les conséquences, là, on a une femme de 40 ans qui est
00:53décédée pour une injection d'acide hyaluronique.
00:57L'an dernier, on a eu des femmes en réanimation atteintes de botulisme. Alors, quelles sont les principales raisons ?
01:04La principale, déjà, elles ne sont pas médecins.
01:07C'est un acte médical qui doit être réalisé par un médecin.
01:10Mais évidemment ! Elles ne sont pas médecins, elles ne savent pas où se trouvent... Elles ne connaissent pas l
01:15'anatomie, elles ne savent pas où se trouvent les nerfs, où se trouvent les vaisseaux.
01:18Elles ne savent pas à quelle profondeur ils vont injecter.
01:21Mais comment on peut se dire qu'on peut aller chez ce type de...
01:26Je viens de vous le dire. Pas cher. Rendez-vous rapide. On vous promet mon zémerveille. Des résultats absolument... Il
01:32faut quand même comprendre qu'on n'a pas le droit de faire de publicité.
01:36Donc déjà, dès que vous voyez de la publicité, il ne faut pas y aller.
01:39Mais vous savez bien que les gens sont très naïfs et voilà.
01:43Mais oui, mais justement, l'intérêt d'en parler, c'est de dire stop à tout ça.
01:48Ne résistez pas aux sirènes des bas prix, des résultats mérveilleux.
01:53Il faut résister aux sirènes.
01:54Ne cédez pas aux sirènes.
01:55Ne cédez pas, oui. Ne résistez pas.
01:58On oublie tout ce que je veux dire.
02:00C'est enregistré.
02:01Non, non, non. Résistez totalement.
02:04Ça va finir en pub.
02:08Non, vous résistez vraiment.
02:10C'est trop dangereux.
02:11Mais voilà.
02:12C'est un sujet sérieux.
02:14Par exemple, elles ne savent même pas qu'il ne faut pas injecter au niveau du cou.
02:17Enfin, je veux dire, elles ne savent rien.
02:18Et elles y vont, mais sans aucun problème.
02:20Première raison.
02:21Deuxième raison, des produits achetés n'importe où, n'importe comment,
02:25qui ne sont pas normalement...
02:26La toxine s'est diluée, c'est des quantités infinitésimales et tout, là.
02:30Et vas-y, on y va.
02:31Il y a eu quand même des botulismes avec ça.
02:34Des produits mal conservés, en plus, conservés n'importe où, n'importe comment.
02:38En plus, tout ça, ça se passe où ?
02:39Dans les appartements, chez elles.
02:41Là, la jeune femme, c'était des hommes qui avaient loué un Airbnb
02:44pour le faire dans cet appartement.
02:47Donc, s'il y a une complication,
02:48personne ne sait évidemment ce qu'on peut faire
02:50pour lutter contre la complication.
02:52Ce sont des trucs de dingue.
02:54Alors, évidemment, là, je vous ai mis quelques complications.
02:58On peut avoir...
03:00Ça peut aller à quelques douleurs, quelques rougeurs,
03:03mais ça peut aller jusqu'à certaines paralysies de nerfs,
03:07ça peut aller jusqu'à la cécité.
03:08Vous pouvez perdre la vue,
03:10vous pouvez vous retrouver en réanimation
03:12et vous pouvez avoir des nécroses.
03:14Parce qu'en fait, quand vous mettez, par exemple, de l'acide hyaluronique,
03:16si ça passe dans les vaisseaux,
03:18ça va aller boucher le vaisseau, ça va faire des ischémies.
03:20On va voir quelques images là.
03:22En fait, quand on parle d'acide hyaluronique,
03:24c'est le Botox ?
03:25Non, non.
03:26L'acide hyaluronique, c'est pour remplir.
03:27Le Botox, c'est pour empêcher les contractions musculaires.
03:30D'accord, oui, ce n'est pas exactement la même chose.
03:32Vous voyez cette jeune femme-là ?
03:34Vous voyez sa lèvre en haut ?
03:35Elle est en train de mourir.
03:37Elle est écrosée.
03:38Je vais vous montrer d'autres images.
03:40Donc, tout ça, parce que c'est mal injecté.
03:42Là, quand vous commencez,
03:43quand il y a eu un vaisseau touché,
03:45où l'acide hyaluronique,
03:46c'est un espèce de truc qui est réticulé,
03:48quand il a été dans le vaisseau,
03:50ça peut boucher le vaisseau,
03:51ça va commencer à être blanc, à faire mal,
03:54puis après, ça va devenir violé,
03:55puis après, ça va carrément mourir, nécroser.
03:58On va vous montrer une autre image.
04:00Là, vous voyez, juste pour une rite du lion,
04:02là, regardez ce qui vous arrive,
04:03le fond qui est en train de nécroser.
04:05On va aller passer rapidement la dernière.
04:08Je vous la montre juste.
04:09Et encore, je n'ai pas montré les pires.
04:10Là, on arrête, voilà.
04:13C'est juste pour vous montrer
04:14jusqu'où ça peut aller.
04:16Et encore une fois,
04:17la jeune femme, elle,
04:18elle est décidée de ce qu'on appelle une embolie.
04:20une embolie, c'est quand ça fait un petit caillot
04:23qui peut aller boucher une artère.
04:25Ça peut être l'artère pulmonaire,
04:26mais ça peut être aussi dans le cerveau un AVC.
04:29Ça peut être aussi dans le cœur un infarctus.
04:31Vous voyez, ça peut être gravissime.
04:34Et ce qui est un petit peu fou,
04:35c'est qu'on le sait,
04:37on sait que ça augmente,
04:38et pourtant, on a l'impression
04:40qu'il ne se passe rien.
04:41Alors que, vous savez, en France,
04:44je ne sais pas si vous le savez,
04:45mais en France,
04:46la médecine esthétique,
04:48il y a la chirurgie esthétique,
04:49mais la médecine esthétique
04:50n'est pas reconnue comme une spécialité.
04:52Et imaginez-vous
04:53que les médecins esthétiques,
04:55normalement,
04:56ne peuvent pas faire du Botox,
04:59par exemple.
05:01On marche sur la tête.
05:03C'est-à-dire qu'en fait,
05:03c'est en fait laisser la porte ouverte,
05:05justement,
05:06à ces fausses injections.
05:07Alors que réglementer là-dessus,
05:10amener les gens,
05:11justement,
05:11il y a le cercle des bonnes pratiques médicales
05:14qui est en train de créer un label,
05:16justement,
05:17pour qu'on ait des médecins
05:19en toute sécurité
05:20qui sont formés,
05:21qui ne font pas de publicité,
05:23qui ont toutes les capacités pour,
05:25qui savent quoi faire
05:26en cas de complications.
05:27Donc, il faudrait tout de même
05:29en arriver à avoir ces médecins
05:32qui, eux, sont compétents
05:33et qui, eux,
05:35alors que pour l'instant,
05:36ils ne peuvent pas pratiquer
05:37d'injection de Botox.
05:40C'est un peu fou, quand même.
05:42Donc, on va faire quoi ?
05:43On va attendre qu'il y ait une famille
05:44qui porte plainte
05:45contre le Conseil de l'Ordre
05:46ou contre les autorités sanitaires
05:48pour faire quelque chose ?
05:49On a eu un décès d'une femme
05:51d'une quarantaine d'années.
05:53Stop !
05:54Et surtout,
05:55résister aux sirènes
05:57des bas prix,
05:58des résultats merveilleux
05:59et des rendez-vous rapides.
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