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  • il y a 25 minutes
Pillages, dégradations, violences : le week-end a été marqué par de graves débordements dans plusieurs villes de France. À Paris, les interpellations se sont multipliées et la justice est désormais mobilisée pour identifier et poursuivre les auteurs. Quelle réponse pénale sera apportée à ces violences ? Les enquêtes permettront-elles de retrouver les responsables des pillages ? Et comment la justice peut-elle agir pour éviter que ces scènes se reproduisent ? Laure Beccuau, procureure de la République de Paris est l'invitée d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 20 octobre 2026.

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Transcription
00:03Anne-Sophie Lapix, c'est RTL Soir
00:07Notre grande invitée RTL Soir est la procureure de la République de Paris, Laure Becquot. Bonsoir.
00:12Bonsoir Madame Lapix.
00:13Alors on l'entendait dans le rappel des titres de Vincent Derosier, le couvre-feu dans plusieurs quartiers de Paris
00:18a été reconduit pour cette nuit.
00:20L'année dernière il y avait même un hélicoptère qui éclairait les rues à la recherche de récalcitrants.
00:25Est-ce qu'il y a eu des interpellations ? Est-ce que le couvre-feu a fonctionné ?
00:28Oui, le couvre-feu a fonctionné. La nuit passée a été particulièrement calme sur la plaque parisienne.
00:33On ne peut que s'en féliciter car aujourd'hui les magistrats de Montparquet étaient amenés à traiter les suites
00:39des événements qui ont eu lieu sur la plaque parisienne samedi.
00:43Demain ils traiteront les suites des événements qui ont eu lieu le dimanche.
00:47Et ce sont un niveau de traitement qui est tout à fait inédit et qui correspond je dirais à l
00:54'ampleur des événements que chacun a pu constater.
00:56soit par vos reportages, soit par les images qui ont été diffusées sur différents médias.
01:00Alors justement, on peut donner un bilan chiffré final des gardes à vue du week-end à Paris ?
01:05Alors nous avons sur les gardes à vue du week-end, donc pour être à peu près clair je vous
01:09parlerai à la fois des gardes à vue du samedi et du dimanche.
01:12Nous avons eu 557 gardes à vue dont le parquet de Paris a assuré dans un premier temps le traitement.
01:19Et sur ces gardes à vue, il y en a à peu près, enfin 89%, entre 89% et 90
01:24% qui ont concerné des majeurs.
01:27Le reste était des mineurs, mais une partie de ces mineurs ont aussi été traitées par des juridictions périphériques,
01:34puisque vous le savez, la compétence c'est le lieu de domicile du mineur.
01:37Et parmi tous les gardes à vue, combien ont été relâchés, combien ont été présentés à un juge, déférés ?
01:42Alors en l'état actuel, et encore une fois, puisque les magistrats continuent à traiter des interpellations qui ont eu
01:48lieu le dimanche,
01:50et bien nous en sommes à près de 300 personnes qui ont été présentées, c'est-à-dire présentées,
01:56ça veut dire que sortant de garde à vue, ils se sont retrouvés au dépôt du tribunal et ont comparu
02:00devant un magistrat,
02:01qui soit un magistrat du parquet, puis ont comparu à l'audience.
02:06Et typiquement, hier, il y a eu 70 personnes qui ont comparu en comparution immédiate,
02:12et aujourd'hui, nous en étions à près de, si je sais encore faire des calculs, 200,
02:18donc presque trois fois plus de personnes en comparution immédiate,
02:21ce qui n'a été rendu possible.
02:24Et je veux ici le saluer, que grâce à une mobilisation extraordinaire de mes magistrats du parquet,
02:29auquel je veux rendre hommage, le parquet, à l'heure actuelle, ce sont à peu près une centaine de magistrats,
02:35et bien il y avait une quarantaine de magistrats qui étaient sur les plateaux de permanence
02:39afin d'assurer le suivi des procédures et la régularité de celles-ci.
02:43Ça veut dire qu'on a arrêté tout le reste ?
02:45Alors une partie des sections, effectivement, ont dû arrêter tout le reste,
02:48mais on pourrait prendre un exemple pour le suivi des mineurs,
02:51et bien les magistrats de la section des mineurs étaient dans le même temps en train de traiter ces événements,
02:55mais aussi de poursuivre, vous le savez, une autre priorité de politique pénale
02:59qui est celle des poursuites d'enquête sur les agresseurs d'enfants, notamment.
03:05C'était une course contre la montre, bien sûr,
03:07parce que pour la comparution immédiate, il ne faut pas passer un certain délai.
03:11D'ailleurs, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, avait annoncé hier
03:13qu'il avait demandé au parquet de passer en qualification de criminalité organisée
03:17pour augmenter la durée de garde à vue à 72 heures au lieu de 48 heures.
03:22C'est normal, ça ?
03:23Alors, ce n'est pas ce qui a été fait sur les procédures que nous avons traitées
03:28dans le cadre de ce qu'on appelle les procédures de flagrandélis,
03:30c'est-à-dire un fait, un auteur immédiatement interpellé et des gardes à vue qui sont prises.
03:34Mais en revanche, ce qui est mis en place sur la plaque parisienne,
03:40et je veux ici aussi saluer la mobilisation des enquêteurs de police judiciaire,
03:45c'est que moi, je suis très attachée au fait que nos concitoyens
03:49qui ont vu toutes ces images de commerces pillés, d'incendies
03:54qui se sont multipliés sur la plaque parisienne, de commerces
03:56où, encore une fois, les commerçants se demandent comment ils vont finir l'année
04:00au niveau économique, leurs salariés, s'ils vont garder leurs emplois,
04:03je souhaite que les enquêtes se poursuivent.
04:05Et là, c'est ce qu'on appelle l'enquête préliminaire.
04:08Et aujourd'hui, ce que je veux qualifier de « taxe force »
04:11a été mis en place au niveau de la préfecture de police.
04:14Ça veut dire que la police judiciaire,
04:17ça veut dire que l'ensemble des sûretés territoriales,
04:20aussi bien celles de Paris, mais aussi celles de Seine-Sandy
04:25et celles du Val-de-Marne,
04:26vont être mobilisées pour résoudre des faits qui se sont commis à Paris.
04:30Je veux dire que je vais être aux côtés des commerçants,
04:33on va exploiter tous les systèmes de vidéosurveillance,
04:37on va rechercher toutes les traces et indices,
04:39voir ce qu'on peut faire en téléphonie.
04:41Et si vous me le permettez, je voudrais ici lancer un appel.
04:44Un certain nombre de nos mises en cause se sont exhibées sur les réseaux sociaux,
04:48sans doute totalement inconsidérément fiers des actes qu'ils avaient perpétrés.
04:53Mais on sait que nous sommes dans une civilisation de l'image,
04:55et sans doute nos concitoyens, qui n'ont rien impliqué dans ces faits,
05:00ont-ils pris leur téléphone portable pour voir ce qui se passait autour d'eux
05:04et en conserver le souvenir ?
05:05Moi, je les invite à prendre contact avec les enquêteurs de la préfecture de police,
05:09car toutes les images qu'ils pourront nous fournir seront exploitées.
05:12Et je sais combien la mobilisation citoyenne de ceux qui ont été horrifiés
05:18par ce qu'ils sont vus, comme nous tous,
05:19comme tous les magistrats qui luttent contre ces faits, peut être précieuse.
05:22Je vous rappellerai un souvenir, dans l'affaire AMRA,
05:25qui est une affaire de criminalité organisée,
05:27souvenez-vous, on avait eu des pistes,
05:30grâce à un citoyen qui a voulu contribuer à l'œuvre de justice.
05:34Alors, qu'est-ce qu'ils doivent faire, ceux qui ont des images ?
05:37Eh bien, ils prennent un attache au commissariat le plus proche de leur domicile,
05:42disent dans quelles circonstances ils ont pris ces images,
05:44et nous aurons des services référents, des policiers référents,
05:48des magistrats référents, pour recueillir ces images et les exploiter.
05:51Et vraiment, on prendra le temps qu'il faudra,
05:54mais nous ne lâcherons rien.
05:56Je ne veux plus désormais que les délinquants qui quittent le territoire parisien
06:00en ayant perpétré les pires des forfaits,
06:03se disent pas vu, pas pris, je peux m'en vanter, je serai impuni.
06:07Eh bien, ça ne sera, je l'espère, plus le cas.
06:09Vous avez déjà arrêté des casseurs,
06:13enfin, pas sur les faits, mais justement grâce à ces enquêtes,
06:15vous êtes allé les traquer, les chercher ?
06:17Je pourrais vous donner un exemple tout à fait récent.
06:20Souvenez-vous, sur la première partie de ce qu'il y a été ce mouvement lycéen,
06:23souvenez-vous de cette fonctionnaire de police stagiaire
06:27qui avait été agressée par trois individus
06:29qui n'avaient pas été interpellés immédiatement.
06:31C'est grâce à l'exploitation des images de vidéosurveillance
06:34que nous avons désormais pu faire déférer
06:37le 3 des 4 mises en cause et l'enquête se poursuit.
06:40Est-ce que vous coopérez également avec les plateformes en ligne
06:42pour identifier ceux qui essaient de vendre les articles volés ?
06:44Oui, parce que là aussi, nous pouvons tout à fait compter
06:47sur la spécialisation d'un certain nombre d'enquêteurs
06:49de la préfecture de police
06:50et nous allons effectivement tracer ces personnages
06:54qui estiment devoir se faire du profit sur la détresse d'autrui.
06:59Vous commencez à avoir une idée claire, j'imagine, du profil des casseurs.
07:02Vous avez déjà donné une idée de l'âge.
07:04Quelle est la proportion des militants d'ultra-gauche,
07:07des délinquants opportunistes venus des banlieues ou des lycéens ?
07:10Une enquête s'attache en élément constitutif d'une infraction
07:14à en établir la matérialité et l'intention.
07:20Quelconque motivation politique ou autre,
07:22c'est ce qu'on appelle un mobile,
07:24ce qui ne me permet pas de caractériser l'infraction.
07:26Donc moi, en l'état des dossiers,
07:28je m'attache à savoir matérialité et intentionnalité.
07:32Les mobiles, c'est les gens qui souhaitent s'exprimer là-dessus
07:35et en l'état des dossiers, moi, que j'ai,
07:38personne n'a, au regard des éléments poursuivis,
07:41revendiquer un mobile de quelque nature politique qu'il soit.
07:46Le gouvernement a expliqué qu'il y avait une consigne de fermeté.
07:50Et pourtant, dans ce studio,
07:53Raphaël Glucksmann disait hier qu'on n'appliquait pas la loi,
07:56par exemple, pour un incendie,
07:57qu'on n'appliquait pas la loi, que les peines étaient légères.
08:00Quel est le tarif pour l'incendie d'un bâtiment public,
08:02la destruction d'un commerce ?
08:04Les faits d'incendie sont punis d'une peine de dix années d'emprisonnement.
08:08C'est la peine la plus haute qu'on peut retenir pour ce qu'on appelle un délit
08:12avant de passer au-dessus, ce qui serait un crime.
08:16Il va y avoir des casseurs condamnés à dix ans de prison ?
08:20Alors, je pense que le maximum de la peine est rarement appliqué par une juridiction,
08:24il faut le reconnaître.
08:25Après, il y a quelquefois, en comparution immédiate,
08:28des peines qui sont prononcées,
08:31qui sont, lorsque vraiment les profils sont d'une telle dangerosité
08:35que celle, le fait de prononcer cette peine maximale,
08:39conduit le tribunal à le faire, ça arrive.
08:40C'est peu fréquent.
08:42Souvent, je dirais que la peine maximale intervient
08:45lorsque l'on est dans des profils de réitération.
08:48Or, en l'occurrence, vous me questionniez sur les profils,
08:51la plus grande part des personnes que nous déférons à l'heure actuelle
08:55sont des personnes qui n'ont jamais été condamnées.
08:58Mais, encore une fois, ça n'est pas exclu.
09:01Et, au regard de la gravité de ces peines,
09:03c'est aussi la mobilisation des magistrats du parquet,
09:06dont je veux souligner.
09:07C'est-à-dire que nous allons retenir l'ensemble des circonstances aggravantes possibles.
09:11Et ces circonstances aggravantes,
09:13elles peuvent être aussi lorsqu'on pille un commerce.
09:15Eh bien, on pille un commerce, c'est un entrepôt,
09:17on est en réunion et on l'a prémédité, c'est aussi dix ans.
09:21Je pose la question parce que tout le monde,
09:23on entend les témoignages, y compris des commerçants,
09:25tout le monde se dit, ils ne paieront jamais.
09:27Les casseurs ne sont pas les payeurs,
09:28ils seront condamnés à des petites peines,
09:30et même s'ils ont des grosses peines, ils ne les paieront pas.
09:34Alors, une fois que les peines sont prononcées,
09:35là aussi, au niveau de mon parquet,
09:38j'ai mis en ordre de marche ce qu'on appelle
09:40le service de l'exécution des peines,
09:42qui, à la sortie de chaque audience,
09:44s'assure de l'exécution efficiente de la peine.
09:47C'est-à-dire qu'il n'y aura pas de délai
09:48entre une peine prononcée, s'il n'y a pas d'appel,
09:51évidemment, ça fait partie de la procédure,
09:52et son exécution.
09:54Après, sur l'indemnisation des victimes,
09:56ce à quoi il faut songer, c'est que là,
09:57c'est ce qu'on appelle les dommages intérêts.
09:59Est-ce qu'il faut savoir que ces dommages intérêts,
10:01eh bien, effectivement, nous essayons de...
10:04Ça n'est pas le rôle du parquet d'en assurer l'exécution,
10:06mais nous ferons tout pour,
10:08grâce à l'association, par exemple,
10:09de Paris Aide aux Victimes,
10:10pour accompagner les victimes
10:12pour ces démarches-là aussi.
10:15De la même façon que, si vous voulez,
10:17dès le dimanche,
10:18un de mes magistrats du parquet
10:20prenait attache avec la Chambre de Commerce
10:22et de l'Industrie de Paris
10:22pour dire,
10:24nous avons un magistrat référent
10:25pour les commerçants
10:26qui souhaitent avoir recours à nous.
10:28De la même façon
10:29qu'il y a eu des salariés
10:30à l'intérieur des commerces
10:31qui étaient derrière des portes
10:33où il y avait des attaques de ces portes,
10:35eh bien là, nous allons les accompagner
10:36sur le préjudice peut-être psychologique
10:38qu'ils ont subi.
10:39Donc, nous essayons vraiment
10:40d'être aux côtés des victimes
10:41et je le redis,
10:42à la mesure des moyens extraordinaires
10:44qui seront déployés,
10:45nous ne lâcherons rien.
10:47Merci beaucoup,
10:48Laure Becquot,
10:49procureure de la République de Paris,
10:50d'être venu dans RTL Soir.
10:52Dans un instant,
10:53l'info qu'on a failli manquer
10:54de Florian Gazan,
10:55c'est un influenceur
10:56qui aime tellement sa Tesla
10:57qu'il vit dedans depuis deux ans.
10:59Le petit phénomène des maguesselles,
11:01ce sont les viennoiseries XXL.
11:02On va se régaler.
11:03Et puis Tanguy Pastureau
11:04défait l'info sur RTL.
11:05A tout de suite.
11:06Bonne soirée sur RTL.
11:14RTL
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