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  • il y a 12 minutes
À Limoges, l'hôtel de ville, inauguré en 1883, a été en partie ravagé par un incendie criminel le 17 octobre, en marge d'une mobilisation nationale. La toiture et le beffroi se sont effondrés après l'intrusion de manifestants radicaux. Deux personnes ont été mises en examen : le principal suspect reste en détention, tandis que l'autre a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Quel est aujourd'hui l'état de la mairie et quelles conséquences pour la ville ? Guillaume Guérin, maire de Limoges est invité d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 05 novembre 2026.

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Transcription
00:02Anne-Sophie Lapix, c'est RTL Soir.
00:07Bonsoir Guillaume Guérin.
00:09Bonsoir.
00:10Vous êtes le maire de Limoges, élu les Républicains et Nouvelle Énergie, le parti de David Lissnard.
00:15Vous avez vivement réagi au lendemain de l'incendie de la mairie de votre ville, un bâtiment du 19e siècle,
00:20détruit le 17 octobre, sans heureusement que le personnel n'ait été blessé.
00:24Ce sinistre est devenu un symbole du chaos du 17 octobre.
00:28D'abord, peut-être un point sur l'enquête.
00:31Un suspect fiché S, membre de l'ultra-gauche, avait été interpellé le 20 octobre.
00:35La justice a décidé ce matin de le maintenir en détention.
00:39Une décision qui vous satisfait ?
00:42Je ne suis pas là pour commenter les décisions de justice.
00:46Je prends acte de cette décision et je l'accueille comme elle se doit en tant que maire de Limoges.
00:53S'il est maintenu en détention, c'est que la justice a sans doute des raisons de le maintenir en
00:58détention.
00:58Je n'ai aucun doute.
00:59Je précise qu'un second mis en cause a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
01:04Il habite Marseille, il n'a pas le droit de venir dans votre ville.
01:07Vous aviez pointé la responsabilité de LFI dans les violences
01:12et demandé à ses élus, aux députés de Haute-Vienne,
01:14de ne pas venir au rassemblement devant la mairie le lendemain.
01:18Ils avaient pourtant dénoncé l'incendie.
01:20Jean-Luc Mélenchon avait même parlé de crime.
01:23N'aviez-vous pas versé dans la récupération politique ?
01:27Écoutez, vous savez, je ne sais pas où est la récupération dans l'histoire.
01:31En tout cas, il est certain qu'une partie des élus de la France insoumise
01:35pleure le mal dont ils chérissent les causes.
01:38Vous savez, quand le maire, M. Bakayoko,
01:42explique que la violence peut être légitime quand elle est pratiquée par la population,
01:45on a un problème.
01:46Quand Mme Pannot refuse de condamner l'incendie de l'hôtel de ville
01:51lors d'une question du Premier ministre à l'Assemblée nationale,
01:53pardonnez-moi de vous dire, on a un problème.
01:55Je ne pense pas faire de la récupération politique, je constate juste des faits.
01:58Et les filles pleurent le mal dont ils chérissent les causes.
02:01Quand on agite en permanence la haine de l'État,
02:05la haine des institutions qu'on appelle la révolution populaire,
02:08ça peut donner des limoges.
02:11On aurait aussi pu dire que, vu les réactions des uns et des autres,
02:14au lendemain d'un événement pareil, vous auriez pu vouloir être rassembleur.
02:18Non mais attendez, assez de leçons de morale de la part de gens qui sont des commentateurs,
02:22déjà premièrement.
02:23Deuxièmement, on a été plus que rassembleur,
02:25puisque la deuxième personne à qui j'ai donné la parole
02:28lors de la conférence de presse que j'ai tenue au siège de la métropole,
02:31c'est la chef de l'opposition socialiste.
02:33Je considère que vous avez des élus aujourd'hui qui sont dans le champ républicain
02:36et d'autres qui en sont sortis depuis très longtemps.
02:39Pardonnez-moi de vous dire que j'ai été élu maire de Limoges en triangulaire,
02:42je n'ai pas fait d'alliance avec le Rassemblement National,
02:45la gauche, elle, a fusionné derrière le candidat de la France Insoumise,
02:47j'ai fait 52% des voix dans une triangulaire,
02:49donc je suis encore maître de dire ce que je veux dans ma ville.
02:52Oui, bien sûr, pas de récupération.
02:54Non mais je le dis avec beaucoup de tranquillité,
02:56mais une certaine forme de force,
02:57parce que l'inversion des valeurs me pose un vrai problème moral et psychologique.
03:03C'est bientôt nous qui avons mis le folle incendie de l'hôtel de ville,
03:07si on continue à écouter le délire auquel on assiste depuis 48 heures.
03:10Donc la justice a fait son travail,
03:12l'enquête est en cours,
03:13il y aura probablement d'autres interpellations.
03:15Moi j'ai confiance dans les enquêteurs,
03:17j'ai confiance dans le travail que fournit le parquet,
03:20avec des moyens qui sont très insuffisants,
03:22et j'ai l'occasion de le dire au gouvernement et aux ministres concernés.
03:26L'hôtel de ville sera reconstruit avec des financements publics
03:30qui viendront de l'État.
03:31Alors justement, où on en est du projet de reconstruction et de son financement ?
03:37Le projet de reconstruction sera opérant sur la base de la jurisprudence Notre-Dame de Paris,
03:42c'est-à-dire que l'État va assumer la maîtrise d'ouvrage de la reconstruction
03:46via un de ses bras armés qui s'appelle l'OPIC.
03:48L'État financera 80% de la reconstruction de l'hôtel de ville
03:52une fois que le monument aura été classé monument historique.
03:56C'est une délibération du conseil municipal qui va être prise prochainement.
03:59Les 20% restants seront réunis via la fondation du patrimoine
04:03et je tiens à remercier l'ensemble des donateurs,
04:07petits ou importants, qui se mobilisent pour protéger notre patrimoine
04:10et permettre la reconstruction à l'identique de cet hôtel de ville.
04:13Je suis très touché par cela.
04:14On a une idée du coût de la reconstruction ?
04:17Non, non, non, c'est beaucoup trop tôt.
04:18Aujourd'hui, on est dans les mesures de sauvegarde.
04:20L'idée est de faire en sorte que le bâtiment ne se dégrade pas plus vite qu'il ne l
04:24'est aujourd'hui.
04:25Donc, on va faire en sorte de le protéger, notamment des intempéries hivernaux.
04:28C'est ce qui est en train de s'opérer actuellement.
04:30Après, la reconstruction se fera sur la base des expertises.
04:33Mais on parle de plusieurs dizaines de millions d'euros.
04:35Mais encore une fois, l'État assumera 80% de ce coût, quel que soit le coût.
04:38Il y a une cagnotte aussi.
04:40Et je tiens surtout à remercier les agents publics
04:42qui permettent la continuité du service dans des conditions de travail extrêmement dégradées.
04:46Vous savez ce qui s'est passé ce 17 octobre ?
04:48Et à la fois une honte politique, une honte morale.
04:52Puisque ce n'est pas n'importe quoi qui a été détruit.
04:55C'est certes un symbole républicain, mais c'est surtout la maison des petits gens.
04:59Vous savez, ceux qui ont besoin d'une mairie dans un territoire comme le nôtre,
05:01qui est un territoire qui n'est pas riche.
05:04Ce sont des gens qui sont souvent des gens modestes.
05:05Comment vous faites aujourd'hui ?
05:07Où travaillent les 300 membres du personnel ?
05:11Cet incendie...
05:12Cet incendie...
05:12Vous ne voulez pas...
05:13Je dois quand même vous poser quelques questions
05:15et ne pas vous laisser parler sans...
05:17Cet incendie a impacté le quotidien des gens modestes.
05:18Et j'ai beaucoup de problèmes moraux avec tout cela.
05:21Voilà.
05:22Vous m'appelez donc...
05:23Mais bien sûr, mais vous savez, c'est pour vous poser des questions aussi.
05:26Ce n'est pas uniquement pour...
05:27Vous travaillez les gens...
05:28Parlez 10 minutes.
05:29Vous travaillez les gens.
05:29On en a déjà longuement parlé un peu partout.
05:32On travaille dans des bâtiments publics qui appartiennent à la ville de Limoges.
05:35On a fait en sorte d'assurer la continuité de service le plus rapidement possible.
05:40Il n'y a pas eu de rupture, notamment sur les appels téléphoniques.
05:43On a assuré le maintien du service d'état civil, le maintien du service funéraire.
05:48Parce qu'on a un service funéraire en régie qui permet aux gens qui n'ont pas les moyens de
05:52se faire inhumer
05:53par des tombes funèbres privées de le faire en régie municipale.
05:57Donc on a garanti la continuité de service en dispatchant ces différents services à la personne
06:02dans différentes antennes de la mairie de Limoges.
06:04Et là, on concentre maintenant les personnels administratifs
06:07qui ont été impactés par la destruction de l'hôtel de ville
06:09sur un site qui s'appelle Beaublanc, où on a plusieurs bâtiments et tertiaires.
06:13On va pouvoir regrouper tous nos personnels au même endroit.
06:15Il y avait une nouvelle mobilisation aujourd'hui.
06:17J'imagine que vous appréhendez chaque nouvelle journée de manifestation.
06:21Il y avait un dispositif de sécurité très renforcé par rapport à ce que vous avez connu le 17 octobre
06:26?
06:27Oui, comme le 31, comme le week-end qui a suivi, le week-end du 24 qui a suivi.
06:32Les moyens ont été mis par l'État pour protéger la population.
06:37La police républicaine était en masse avec une compagnie républicaine de sécurité qui était présente,
06:42avec la CORAC de la gendarmerie qui a été déployée également.
06:45Mais vous savez, aujourd'hui, globalement, ça s'est bien passé chez nous,
06:47puisque la manifestation sociale était encadrée par des gens qui savent l'encadrer,
06:51c'est-à-dire les syndicats, les corps constitués.
06:53Moi, je ne crains pas les manifestations organisées par les syndicats.
06:55Et d'ailleurs, je tiens à vous dire qu'une partie des revendications
06:58qui se font jour depuis quelques semaines sont des revendications légitimes.
07:02Vous voulez dire les hausses des salaires, la hausse du SMIC ?
07:05La question du coût de la vie, en général,
07:07notamment le coût des énergies, le coût des matières premières,
07:10le coût du gasoil pour travailler,
07:13parce que beaucoup des agents publics et des gens qui travaillent dans la ville,
07:16qui est Limoges, habitent en troisième couronne,
07:18c'est-à-dire à 30 ou 40 kilomètres,
07:19parce qu'ils n'ont pas forcément les moyens de se loger dans la ville-centre,
07:22ni en première couronne de l'agglomération.
07:23On a la même chose à Bordeaux,
07:24et dans beaucoup de grandes villes et de villes moyennes.
07:29Et donc, le coût de la vie, pour beaucoup de nos compatriotes,
07:31est devenu de plus en plus difficile à supporter.
07:34Et les revendications sociales qui sont légitimes.
07:36Et celles des lycéens ?
07:38Je n'ai aucun problème avec le fait que les manifestations se passent
07:41comme elles se sont passées aujourd'hui,
07:43avec beaucoup de sérieux encadrés par les syndicats,
07:45qui sont des gens qui savent faire et qui ont leur propre service d'ordre.
07:48Vous savez, moi, je ne crains ni la CGT, ni la Force Ouvrière, ni la CMT.
07:51Et les revendications des lycéens,
07:53vous estimez que le gouvernement y a répondu ?
07:57J'estime que le gouvernement a fait un bouger significatif.
08:01Aura-t-il des moyens de tenir les engagements qu'il a pris ?
08:03C'est peut-être un autre débat.
08:04Mais je ne suis pas sûr que ça suffise à contenir la colère de la jeunesse,
08:10qui est agitée par d'autres préoccupations du moment.
08:13C'est un autre débat, effectivement, qui se fait en ce moment à l'Assemblée,
08:16celui du budget.
08:18Merci beaucoup, Guillaume Guérin, maire de Limoges,
08:20d'avoir été invité d'RTL ce soir.
08:23Dans un instant, Florian Gazan et l'info qu'on a failli manquer,
08:26c'est la pub inattendue que font les casseurs à des vitres chinoises.
08:29Le petit phénomène d'Emma Guessel,
08:31c'est qu'on ose dire à ses amis qu'on n'a plus les moyens de leur faire des
08:34cadeaux.
08:35Enfin, Tanguy Pastureau, défait l'info sur RTL.
08:37A tout de suite.
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