00:02Anne-Sophie Lapix, c'est RTL Soir.
00:07Bonsoir Guillaume Guérin.
00:09Bonsoir.
00:10Vous êtes le maire de Limoges, élu les Républicains et Nouvelle Énergie, le parti de David Lissnard.
00:15Vous avez vivement réagi au lendemain de l'incendie de la mairie de votre ville, un bâtiment du 19e siècle,
00:20détruit le 17 octobre, sans heureusement que le personnel n'ait été blessé.
00:24Ce sinistre est devenu un symbole du chaos du 17 octobre.
00:28D'abord, peut-être un point sur l'enquête.
00:31Un suspect fiché S, membre de l'ultra-gauche, avait été interpellé le 20 octobre.
00:35La justice a décidé ce matin de le maintenir en détention.
00:39Une décision qui vous satisfait ?
00:42Je ne suis pas là pour commenter les décisions de justice.
00:46Je prends acte de cette décision et je l'accueille comme elle se doit en tant que maire de Limoges.
00:53S'il est maintenu en détention, c'est que la justice a sans doute des raisons de le maintenir en
00:58détention.
00:58Je n'ai aucun doute.
00:59Je précise qu'un second mis en cause a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
01:04Il habite Marseille, il n'a pas le droit de venir dans votre ville.
01:07Vous aviez pointé la responsabilité de LFI dans les violences
01:12et demandé à ses élus, aux députés de Haute-Vienne,
01:14de ne pas venir au rassemblement devant la mairie le lendemain.
01:18Ils avaient pourtant dénoncé l'incendie.
01:20Jean-Luc Mélenchon avait même parlé de crime.
01:23N'aviez-vous pas versé dans la récupération politique ?
01:27Écoutez, vous savez, je ne sais pas où est la récupération dans l'histoire.
01:31En tout cas, il est certain qu'une partie des élus de la France insoumise
01:35pleure le mal dont ils chérissent les causes.
01:38Vous savez, quand le maire, M. Bakayoko,
01:42explique que la violence peut être légitime quand elle est pratiquée par la population,
01:45on a un problème.
01:46Quand Mme Pannot refuse de condamner l'incendie de l'hôtel de ville
01:51lors d'une question du Premier ministre à l'Assemblée nationale,
01:53pardonnez-moi de vous dire, on a un problème.
01:55Je ne pense pas faire de la récupération politique, je constate juste des faits.
01:58Et les filles pleurent le mal dont ils chérissent les causes.
02:01Quand on agite en permanence la haine de l'État,
02:05la haine des institutions qu'on appelle la révolution populaire,
02:08ça peut donner des limoges.
02:11On aurait aussi pu dire que, vu les réactions des uns et des autres,
02:14au lendemain d'un événement pareil, vous auriez pu vouloir être rassembleur.
02:18Non mais attendez, assez de leçons de morale de la part de gens qui sont des commentateurs,
02:22déjà premièrement.
02:23Deuxièmement, on a été plus que rassembleur,
02:25puisque la deuxième personne à qui j'ai donné la parole
02:28lors de la conférence de presse que j'ai tenue au siège de la métropole,
02:31c'est la chef de l'opposition socialiste.
02:33Je considère que vous avez des élus aujourd'hui qui sont dans le champ républicain
02:36et d'autres qui en sont sortis depuis très longtemps.
02:39Pardonnez-moi de vous dire que j'ai été élu maire de Limoges en triangulaire,
02:42je n'ai pas fait d'alliance avec le Rassemblement National,
02:45la gauche, elle, a fusionné derrière le candidat de la France Insoumise,
02:47j'ai fait 52% des voix dans une triangulaire,
02:49donc je suis encore maître de dire ce que je veux dans ma ville.
02:52Oui, bien sûr, pas de récupération.
02:54Non mais je le dis avec beaucoup de tranquillité,
02:56mais une certaine forme de force,
02:57parce que l'inversion des valeurs me pose un vrai problème moral et psychologique.
03:03C'est bientôt nous qui avons mis le folle incendie de l'hôtel de ville,
03:07si on continue à écouter le délire auquel on assiste depuis 48 heures.
03:10Donc la justice a fait son travail,
03:12l'enquête est en cours,
03:13il y aura probablement d'autres interpellations.
03:15Moi j'ai confiance dans les enquêteurs,
03:17j'ai confiance dans le travail que fournit le parquet,
03:20avec des moyens qui sont très insuffisants,
03:22et j'ai l'occasion de le dire au gouvernement et aux ministres concernés.
03:26L'hôtel de ville sera reconstruit avec des financements publics
03:30qui viendront de l'État.
03:31Alors justement, où on en est du projet de reconstruction et de son financement ?
03:37Le projet de reconstruction sera opérant sur la base de la jurisprudence Notre-Dame de Paris,
03:42c'est-à-dire que l'État va assumer la maîtrise d'ouvrage de la reconstruction
03:46via un de ses bras armés qui s'appelle l'OPIC.
03:48L'État financera 80% de la reconstruction de l'hôtel de ville
03:52une fois que le monument aura été classé monument historique.
03:56C'est une délibération du conseil municipal qui va être prise prochainement.
03:59Les 20% restants seront réunis via la fondation du patrimoine
04:03et je tiens à remercier l'ensemble des donateurs,
04:07petits ou importants, qui se mobilisent pour protéger notre patrimoine
04:10et permettre la reconstruction à l'identique de cet hôtel de ville.
04:13Je suis très touché par cela.
04:14On a une idée du coût de la reconstruction ?
04:17Non, non, non, c'est beaucoup trop tôt.
04:18Aujourd'hui, on est dans les mesures de sauvegarde.
04:20L'idée est de faire en sorte que le bâtiment ne se dégrade pas plus vite qu'il ne l
04:24'est aujourd'hui.
04:25Donc, on va faire en sorte de le protéger, notamment des intempéries hivernaux.
04:28C'est ce qui est en train de s'opérer actuellement.
04:30Après, la reconstruction se fera sur la base des expertises.
04:33Mais on parle de plusieurs dizaines de millions d'euros.
04:35Mais encore une fois, l'État assumera 80% de ce coût, quel que soit le coût.
04:38Il y a une cagnotte aussi.
04:40Et je tiens surtout à remercier les agents publics
04:42qui permettent la continuité du service dans des conditions de travail extrêmement dégradées.
04:46Vous savez ce qui s'est passé ce 17 octobre ?
04:48Et à la fois une honte politique, une honte morale.
04:52Puisque ce n'est pas n'importe quoi qui a été détruit.
04:55C'est certes un symbole républicain, mais c'est surtout la maison des petits gens.
04:59Vous savez, ceux qui ont besoin d'une mairie dans un territoire comme le nôtre,
05:01qui est un territoire qui n'est pas riche.
05:04Ce sont des gens qui sont souvent des gens modestes.
05:05Comment vous faites aujourd'hui ?
05:07Où travaillent les 300 membres du personnel ?
05:11Cet incendie...
05:12Cet incendie...
05:12Vous ne voulez pas...
05:13Je dois quand même vous poser quelques questions
05:15et ne pas vous laisser parler sans...
05:17Cet incendie a impacté le quotidien des gens modestes.
05:18Et j'ai beaucoup de problèmes moraux avec tout cela.
05:21Voilà.
05:22Vous m'appelez donc...
05:23Mais bien sûr, mais vous savez, c'est pour vous poser des questions aussi.
05:26Ce n'est pas uniquement pour...
05:27Vous travaillez les gens...
05:28Parlez 10 minutes.
05:29Vous travaillez les gens.
05:29On en a déjà longuement parlé un peu partout.
05:32On travaille dans des bâtiments publics qui appartiennent à la ville de Limoges.
05:35On a fait en sorte d'assurer la continuité de service le plus rapidement possible.
05:40Il n'y a pas eu de rupture, notamment sur les appels téléphoniques.
05:43On a assuré le maintien du service d'état civil, le maintien du service funéraire.
05:48Parce qu'on a un service funéraire en régie qui permet aux gens qui n'ont pas les moyens de
05:52se faire inhumer
05:53par des tombes funèbres privées de le faire en régie municipale.
05:57Donc on a garanti la continuité de service en dispatchant ces différents services à la personne
06:02dans différentes antennes de la mairie de Limoges.
06:04Et là, on concentre maintenant les personnels administratifs
06:07qui ont été impactés par la destruction de l'hôtel de ville
06:09sur un site qui s'appelle Beaublanc, où on a plusieurs bâtiments et tertiaires.
06:13On va pouvoir regrouper tous nos personnels au même endroit.
06:15Il y avait une nouvelle mobilisation aujourd'hui.
06:17J'imagine que vous appréhendez chaque nouvelle journée de manifestation.
06:21Il y avait un dispositif de sécurité très renforcé par rapport à ce que vous avez connu le 17 octobre
06:26?
06:27Oui, comme le 31, comme le week-end qui a suivi, le week-end du 24 qui a suivi.
06:32Les moyens ont été mis par l'État pour protéger la population.
06:37La police républicaine était en masse avec une compagnie républicaine de sécurité qui était présente,
06:42avec la CORAC de la gendarmerie qui a été déployée également.
06:45Mais vous savez, aujourd'hui, globalement, ça s'est bien passé chez nous,
06:47puisque la manifestation sociale était encadrée par des gens qui savent l'encadrer,
06:51c'est-à-dire les syndicats, les corps constitués.
06:53Moi, je ne crains pas les manifestations organisées par les syndicats.
06:55Et d'ailleurs, je tiens à vous dire qu'une partie des revendications
06:58qui se font jour depuis quelques semaines sont des revendications légitimes.
07:02Vous voulez dire les hausses des salaires, la hausse du SMIC ?
07:05La question du coût de la vie, en général,
07:07notamment le coût des énergies, le coût des matières premières,
07:10le coût du gasoil pour travailler,
07:13parce que beaucoup des agents publics et des gens qui travaillent dans la ville,
07:16qui est Limoges, habitent en troisième couronne,
07:18c'est-à-dire à 30 ou 40 kilomètres,
07:19parce qu'ils n'ont pas forcément les moyens de se loger dans la ville-centre,
07:22ni en première couronne de l'agglomération.
07:23On a la même chose à Bordeaux,
07:24et dans beaucoup de grandes villes et de villes moyennes.
07:29Et donc, le coût de la vie, pour beaucoup de nos compatriotes,
07:31est devenu de plus en plus difficile à supporter.
07:34Et les revendications sociales qui sont légitimes.
07:36Et celles des lycéens ?
07:38Je n'ai aucun problème avec le fait que les manifestations se passent
07:41comme elles se sont passées aujourd'hui,
07:43avec beaucoup de sérieux encadrés par les syndicats,
07:45qui sont des gens qui savent faire et qui ont leur propre service d'ordre.
07:48Vous savez, moi, je ne crains ni la CGT, ni la Force Ouvrière, ni la CMT.
07:51Et les revendications des lycéens,
07:53vous estimez que le gouvernement y a répondu ?
07:57J'estime que le gouvernement a fait un bouger significatif.
08:01Aura-t-il des moyens de tenir les engagements qu'il a pris ?
08:03C'est peut-être un autre débat.
08:04Mais je ne suis pas sûr que ça suffise à contenir la colère de la jeunesse,
08:10qui est agitée par d'autres préoccupations du moment.
08:13C'est un autre débat, effectivement, qui se fait en ce moment à l'Assemblée,
08:16celui du budget.
08:18Merci beaucoup, Guillaume Guérin, maire de Limoges,
08:20d'avoir été invité d'RTL ce soir.
08:23Dans un instant, Florian Gazan et l'info qu'on a failli manquer,
08:26c'est la pub inattendue que font les casseurs à des vitres chinoises.
08:29Le petit phénomène d'Emma Guessel,
08:31c'est qu'on ose dire à ses amis qu'on n'a plus les moyens de leur faire des
08:34cadeaux.
08:35Enfin, Tanguy Pastureau, défait l'info sur RTL.
08:37A tout de suite.
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