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  • il y a 23 minutes
En 1972, à Bobigny, le procès d'une adolescente de 16 ans, violée puis jugée pour avoir avorté illégalement, marque un tournant dans le combat pour le droit à l'avortement. Une affaire retentissante, portée à l'écran dans une fiction inspirée de faits réels. Charlotte Gainsbourg y incarne l'avocate Gisèle Halimi, figure majeure de ce combat, tandis que Cécile de France joue la mère de la jeune fille. Charlotte Gainsbourg et Cécile de France sont les invitées d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 28 octobre 2026.

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Transcription
00:02Anne-Sophie Lapix, c'est RTL Soir.
00:07Nos grandes invitées RTL Soir sont deux comédiennes, Charlotte Gainsbourg et Cécile de France.
00:11Bonsoir.
00:12Bonsoir.
00:12Vous jouez dans un film qui retrace un moment important de notre histoire, l'affaire Marie-Claire,
00:18qui reconstitue le procès à Bobigny en 1972 d'une jeune fille de 16 ans qui a avorté.
00:23Cécile de France, vous jouez sa mère qui risque la prison parce qu'elle a aidé sa fille.
00:28Et Charlotte Gainsbourg, vous êtes leur avocate, Gisèle Halimi.
00:32Le procès, c'est celui qui va mener à la loi Veil, à la dépénalisation de l'avortement.
00:36C'est dire, c'était important, s'engager dans un pareil film.
00:40C'est un acte militant, citoyen, féministe.
00:44Vous l'avez vécu comme ça ?
00:45J'aimerais bien dire ça.
00:48Non, ce n'est pas le cas ?
00:49Avant tout, on est actrice.
00:51Oui, moi c'est parti d'un désir d'actrice.
00:53Lire un scénario qui était tellement fort, avec des personnages forts,
00:57et on a envie de se lancer dedans.
00:59Mais d'imaginer la portée d'un film, c'est autre chose.
01:02En voyant le film, je le voyais un petit peu comme ça.
01:04L'histoire est tellement forte et on connaît ses personnages,
01:07on connaît Gisèle Halimi.
01:08C'est un film qui a du sens de le faire aujourd'hui
01:12parce que ce droit est fragilisé, menacé dans le monde entier.
01:16Mais ce qui nous importait, c'est d'amener toute notre énergie,
01:20notre passion de notre métier pour raconter le parcours de ces femmes
01:24qui sont des pionnières et qui ont eu le courage d'assumer les faits,
01:28de ne pas les nier, de ne pas tenter de demander la clémence des juges
01:34parce qu'elles étaient menées, guidées par Gisèle Halimi
01:37qui avait envie de faire voler en éclat cette loi de 1920
01:40qui était répressive et anachronique.
01:42On va rentrer dans le détail.
01:43Mais d'abord, Gisèle Halimi, c'est peut-être un des premiers noms
01:45qu'on prononce quand on demande le nom d'une féministe historique.
01:49On connaît son visage, sa voix.
01:51Est-ce que vous avez cherché à vous rapprocher d'elle, Charlotte ?
01:54Oui, j'ai cherché un maximum de choses sur lesquelles je pouvais m'accrocher.
01:58Il y a énormément d'images et sa voix.
02:01J'étais très accrochée à sa voix, à ses interviews.
02:05Ça m'a accompagnée tout le film.
02:07Comment définir son tempérament ?
02:09Elle est à la fois solaire et assez cassante, dure, déterminée.
02:13Une femme forte.
02:15Ce qui était intéressant, c'était aussi de montrer ses faiblesses.
02:18De voir sa mère au moment du procès
02:21et de voir ce conflit intérieur.
02:25Une femme qui n'a pas aimé sa fille.
02:29Ce manque d'amour.
02:30Elle voit le personnage que joue Cécile
02:34qui est un amour profond pour sa fille.
02:36Le parallèle était beau à montrer.
02:39Cécile de France, vous avez commencé à évoquer ce pari que fait Gisèle Halimi.
02:43Audacieux, celui de ne pas plaider coupable,
02:44mais d'attaquer la loi, enfreinte par ses clientes,
02:47parce que c'est une mauvaise loi.
02:49On écoute un extrait.
02:50Je vais dire au juge que ce n'est pas vous qui avez fauté, mais la loi.
02:54On ne fera pas votre procès, mais le procès de la loi.
02:56Mais on a le droit de faire ça ?
02:58En théorie, non.
02:59Mais on va le faire quand même.
03:00C'est un pari extrêmement audacieux qui met en danger Marie-Claire.
03:04Et vous, sa mère, Michèle, elle risque la prison, elle risque de perdre sa famille.
03:09Oui, c'est terrible.
03:10Alors qu'en fait, les quatre femmes qui sont sur le banc des accusés
03:14ont pourtant fait au mieux en leur âme et conscience
03:17pour le bien-être de cette petite, de cette Marie-Claire.
03:20Dans les quatre femmes, il y a aussi celle qui a procédé à l'avortement,
03:23celle qui a recommandé cette femme.
03:24C'est précise pourquoi elles sont quatre.
03:26Tout à fait.
03:26Donc, c'est à la fois un film de procès
03:28où il y a un vrai suspens de savoir
03:30est-ce qu'elles vont finir en prison, ces femmes.
03:33Évidemment, ce serait la catastrophe
03:34puisque, en plus de Marie-Claire, Michèle avait deux autres petites filles.
03:38Alors que c'est quelqu'un qui avouait sa vie entière.
03:41Elle travaillait à la RATP.
03:43Elle était poinçonneuse dans le métro.
03:45Elle travaillait 7 jours sur 7.
03:47Elle avait un jour de repos par mois.
03:49Elle avouait vraiment tout son amour inconditionnel à ses enfants.
03:52Donc, évidemment, c'est la catastrophe.
03:54Mais elle a aussi une conscience politique.
03:58C'était quelqu'un de très cultivé
03:59qui, elle-même, est allée sonner à la porte de Gisèle Halimi
04:03parce qu'elle avait lu le livre qu'elle avait écrit sur Jamila Boupacha.
04:07Donc, c'était aussi quelqu'un qui était curieuse
04:10et qui a fait confiance à Gisèle
04:12qui a très bien compris que ce procès de spectacle
04:16avait un retentissement énorme.
04:19Ça dressait évidemment par-delà la tête des juges
04:22et c'est évidemment pour le bienfait de toute la société.
04:25Elles avaient tout à fait conscience
04:27que c'était pour faire avancer le droit des femmes.
04:30Les réalisateurs ont le souci de coller à l'histoire au plus près.
04:34Ils le revendiquent.
04:35Les mots prononcés au tribunal sont authentiques.
04:38Et d'ailleurs, on voit qu'il n'y a pas la volonté d'en rajouter.
04:41On se dit presque au début du procès
04:43que vous parlez peu, qu'on vous bride un peu.
04:45C'était le cas au début du procès avec Gisèle Halimi ?
04:48C'est-à-dire ?
04:49C'est-à-dire qu'au début, on sent qu'elle bout
04:51et qu'elle ne peut pas s'exprimer comme elle le fait.
04:54On a pris des libertés.
04:55Je me lève alors que normalement,
04:57on ne se levait pas pour plaider.
04:59Mais voilà, on a pris quelques petites libertés.
05:01Lauriane et Ivo ont coupé un peu dans la plaidoirie
05:04qui était trop longue à montrer au cinéma.
05:07Mais sinon, c'est vraiment son texte à elle
05:09qui est tellement beau et tellement fort.
05:12Lauriane, Ivo, qui sont les deux réalisateurs
05:15qui d'ailleurs, Lauriane Escafre et Ivo Muller
05:18qui jouent dans le film d'ailleurs.
05:20D'ailleurs, Lauriane Escafre,
05:21elle joue une femme de tempérables.
05:24Colette !
05:25Sur laquelle je m'acharme.
05:27Oui, mais qui vous résiste.
05:28Et c'est ça que vous aimez d'ailleurs.
05:29C'est toute la complexité de votre personnage.
05:32Cécile, votre déposition à la barre est un plan séquence.
05:35Vous répondez pendant huit minutes
05:37comme si vous étiez vraiment interrogée, jugée.
05:40Ça crée une tension particulière.
05:42Oui, d'autant plus que nous avons tourné
05:44toutes les scènes du procès
05:46dans le véritable lieu,
05:48dans le véritable tribunal,
05:50dans la salle même d'audience
05:51où s'est vraiment déroulé en 72 ce procès.
05:54Nous étions vraiment chargés émotionnellement
05:57et d'une forme de responsabilité presque historique.
06:00On s'est laissé porter aussi par ça.
06:02Et c'était très fort.
06:04Mais c'est vrai que c'était aussi assez simple finalement
06:07de laisser cette émotion venir
06:11parce que leur témoignage,
06:13comme disait Charlotte pour Gisèle,
06:15on est très proche de ce qui est dit.
06:18Mais pour les nôtres aussi,
06:19pareil, on a aussi pris quelques libertés.
06:22J'ai proposé certaines choses aussi.
06:24Mais oui, leur parole, leur témoignage
06:26d'une profondeur, d'une sincérité
06:29et à la fois d'une simplicité terrible
06:31et qui permet, nous spectateurs,
06:33d'être en solidarité avec elles
06:36parce qu'elles racontent vraiment leurs tragédies,
06:38leurs colères les plus intimes.
06:39Et puis c'est difficile à l'époque
06:40de parler d'utérus, d'intimité féminine.
06:43C'était vraiment pas facile.
06:45Les témoignages étaient très émouvants aussi
06:47juste en tant que spectatrice, actrice
06:50au moment où toutes ces femmes allaient témoigner.
06:55C'était hyper émouvant.
06:56Voilà, on était les premières spectatrices.
06:58Et il y a des hommes aussi
06:59qui ont joué un rôle d'ailleurs dans ce film
07:01et qui sont importants dans le procès,
07:03notamment un médecin catholique
07:04totalement opposé à l'avortement
07:07que Gisèle Halimi va aller chercher
07:09et arriver à faire témoigner
07:12plutôt dans son sens.
07:13Et ça aussi, c'est un moment très fort.
07:15Les hommes ont joué un rôle.
07:16Les hommes sont maris aussi, Claude Faux.
07:19C'est un personnage que joue Grégory Gadebois.
07:21C'est très important d'avoir ce rôle masculin
07:24qui est une vraie épaule pour Gisèle Halimi
07:27de réconfort et de douceur masculine.
07:29C'était important d'avoir ce côté-là aussi.
07:32Ce combat, ce n'est pas un combat qu'on a mené.
07:35C'est la génération de vos mères, de nos mères.
07:37Est-ce que vous en avez parlé, vous, avec vos mères,
07:39de ce combat-là
07:41où c'était quand même quelque chose d'assez secret,
07:42d'assez discret ?
07:44On en parlait, oui, hier.
07:46Mais c'est vrai que, finalement, pour nous,
07:48enfants de cette génération,
07:49pour nous, c'est un droit qui est complètement acquis.
07:52C'est surprenant, finalement,
07:53qu'aujourd'hui, il soit remis en question.
07:56Et donc, c'est vrai que, finalement,
07:58on n'en parlait pas trop.
07:59Je savais que ma mère avait milité
08:00pour la loi Veil.
08:02Mais j'ai appris pendant le tournage,
08:03et j'ai vu une photo de ma mère
08:05au moment du procès Bobigny.
08:07Elle était déjà mobilisée, présente,
08:10alors qu'elle débarquait d'Angleterre.
08:11Mais très, très concernée.
08:13Et vous en parlez à vos filles ?
08:14Oui, et puis même les jeunes...
08:16Ce n'est pas un combat totalement gagné ?
08:18Non, non, non.
08:19Les jeunes sont très intéressés
08:20d'essayer de comprendre
08:21ce qui s'est passé, vraiment,
08:23il y a 50 ans.
08:24Donc, c'est leur intelligence
08:25et leur désir d'être au contact
08:27avec leur réalité, aussi,
08:29parce qu'il y a beaucoup de barrières,
08:31encore, aujourd'hui,
08:31pour avoir accès à ce soin.
08:33Et du recul, aussi,
08:35quand on voit les Etats-Unis,
08:36un recul quand même fou.
08:39Oui, il est bien difficile, effectivement,
08:40d'avorter et d'être libre
08:43dans son corps.
08:45Merci beaucoup.
08:46L'affaire Marie-Claire sort le 4 novembre.
08:49C'est un film intéressant,
08:52bouleversant, aussi.
08:53Et merci à vous d'être venus
08:55dans RTL Soir.
08:58Dans un instant,
08:59Pierre Coplot est l'info
09:00qu'on a failli manquer.
09:01C'est une grand-mère japonaise
09:02qui tend des pièges aux escrocs.
09:04Le petit phénomène d'Emma Guessel,
09:06c'est ce qu'on adore tous.
09:07Les petits chocolats, enfin,
09:08Tanguy Pastureau,
09:10défait l'info sur RTL.
09:11A tout de suite.
09:11Bonne soirée sur RTL.
09:21RTL, votre radio.

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