00:00TEL Soir, avec Anne-Sophie Lapix.
00:03Bonsoir Emmanuel Grégoire.
00:04Bonsoir.
00:05Vous êtes député de Paris et candidat à la mairie de Paris.
00:08La campagne des municipales est percutée par un drame.
00:11La mort de Quentin Duranque, militant nationaliste,
00:14le week-end dernier a pris un lynchage dans les rues de Lyon.
00:17Onze personnes ont été placées en garde à vue.
00:19Plusieurs militants de la Jeune Garde, le groupuscule Antifa d'Issou,
00:23font partie des interpellés.
00:24Que dire de la Jeune Garde ?
00:26Ce n'est pas surprenant, c'est un mouvement violent
00:28dont on sait depuis toujours qu'il entraîne ses militants à se battre ?
00:32D'abord, moi, la Jeune Garde, ce n'est pas un mouvement que je connaissais
00:34avant que le sujet émerge il y a une année.
00:38J'ignorais l'existence de ce groupe politique.
00:40C'est-à-dire que le public a été dissous, c'est ça que vous voulez dire ?
00:41Exactement.
00:42J'ignorais l'existence de ce groupe politique
00:43dont je comprends qu'il a été créé assez récemment,
00:46puisqu'il date, si j'ai bien compris, de 2018.
00:49Donc, d'abord, rien, rien, rien ne peut justifier la violence,
00:54le caractère extrêmement choquant des images
00:56qui ont été portées à notre connaissance.
00:58Moi, je suis de ceux qui restent prudents
01:00et qui laissent les procureurs s'exprimer sur les affaires judiciaires,
01:03mais il est certain que ceux qui seront mis en cause,
01:07eh bien, ils devront être poursuivis
01:09et évidemment condamnés à la hauteur de la gravité de leur acte.
01:13Et rien ne peut justifier ça.
01:15Et peut-être, c'est vrai qu'il y a un climat
01:17de tension, de violence dans la politique
01:20qui, commençant par les mots,
01:22finit par se traduire dans les actes,
01:24c'est-à-dire dans la confrontation sur le terrain.
01:26Parlons de Jean-Luc Mélenchon dans ce cas-là,
01:28puisqu'il n'a cessé de soutenir la jeune garde.
01:30Est-ce que ça lui confère une responsabilité morale
01:33dans le drame qui est survenu ce week-end ?
01:34Écoutez, il faudra voir, mais à l'évidence,
01:37à l'évidence, la violence des mots...
01:40Encore une fois, je reste prudent.
01:42Il y a beaucoup de gens qui commentent les affaires.
01:43Laissons les procureurs faire les déclarations.
01:46Il se trouve que pour l'instant, il y a des gardes à vue.
01:47Et vraiment, j'invite à la prudence.
01:49Ça évite les jugements à l'emporte-pièce.
01:51Si la jeune garde était évidemment mise en cause.
01:55Ce qui semble être le cas au regard des fuites sur l'instruction.
02:00Évidemment que c'est une proximité avec la France insoumise,
02:03mais plus personnellement avec Jean-Luc Mélenchon,
02:05qui pose question.
02:07C'est-à-dire que la violence verbale,
02:09la confrontation verbale,
02:11peut se traduire malheureusement parfois
02:13par des confrontations qui finissent en drame.
02:15Et donc oui, il y a une responsabilité.
02:17C'est une responsabilité d'abord collective de la classe politique
02:20qui doit apprendre à apaiser.
02:21Mais je retrouve beaucoup de cette violence dans l'extrême droite.
02:24Je la retrouve aussi chez mon adversaire Rachida Dati.
02:27Ça commence sérieusement à m'agacer.
02:29Il faut que chacun soit responsable
02:31et que tous les actes ont des conséquences.
02:33Mais vous comprenez par exemple
02:35que la porte-parole du gouvernement
02:36demande que Raphaël Arnaud,
02:38le député LFI qui a créé la jeune garde
02:39et dont deux assistants parlementaires sont mis en cause,
02:43soit exclu de LFI ou démission.
02:45D'abord, c'est à LFI d'en décider, pas à moi.
02:48Ils ne me demanderont pas mon avis, à l'évidence.
02:50Vous pouvez donner quand même.
02:51En tout cas, il est certain que quand on est parlementaire député
02:54et qu'on a deux assistants parlementaires
02:56qui peuvent être mis en cause dans un cadre d'une telle gravité,
02:58ça appelle évidemment des conséquences.
03:00Et les conséquences, il en tirera compte personnellement.
03:04Mais à l'évidence,
03:06s'il était monde de notre groupe,
03:07nous en demanderions l'exclusion, c'est sûr.
03:09Alors, ce groupe, plus que la jeune garde,
03:11votre concurrente, donc Rachida Dati,
03:12qui vous venez de la citer, vous accuse, vous et toute la gauche,
03:16d'être liée à lui.
03:18On l'écoute ce matin sur RTL au micro d'Olivier Bois.
03:21Toute la gauche est concernée.
03:22Le nouveau Front populaire, je vous invite à regarder
03:24quels étaient leurs soutiens.
03:26Ils ont tous été élus avec le soutien de la jeune garde.
03:29C'est sur leurs affiches et sur leur site.
03:32Est-ce qu'ils ont dénoncé, justement,
03:33l'implication de la jeune garde ?
03:35Ils ne la dénoncent pas parce qu'elle leur sert
03:37à rester et sauver leur siège ou leur mandat.
03:40C'est inacceptable.
03:41Alors, de fait, j'ai regardé les affiches,
03:43effectivement, de la campagne du nouveau Front populaire.
03:46Donc, les affiches du camp que vous représentiez,
03:49également, aux élections, il y a un an et demi.
03:52Vous, effectivement, il y a marqué soutien de la jeune garde.
03:55Pas moi, non.
03:56Enfin, non, moi.
03:57Non, du nouveau Front populaire.
03:59Oui, mais il ne faut pas généraliser.
04:00Moi, il n'y avait pas le logo de la LFI sur mon affiche.
04:02Non, pas sur votre affiche.
04:03Non, mais c'est important parce qu'il y en avait beaucoup qui l'avaient.
04:04Moi, je ne l'avais pas.
04:05Moi, je ne l'avais pas.
04:06Mais vous faisiez bien partie du nouveau Front populaire.
04:07Oui, bien sûr.
04:08Mais je n'avais pas le logo de la LFI sur mon affiche.
04:11Mais la jeune garde soutenait le nouveau Front populaire.
04:15Et voilà.
04:16C'est un peu comme ça que vous avez été vu aussi.
04:18Je l'ai appris aujourd'hui.
04:19Et non, ce n'est pas vrai.
04:20Ce n'est pas vrai.
04:21Ce qu'elle raconte est une déformation électorale.
04:23Le poids électoral de la jeune garde, il n'existe pas.
04:26Il n'existe pas.
04:27Ce n'est pas une formation politique, la jeune garde.
04:29C'est un mouvement, comme il y en avait sans doute 80, qui était associé au nouveau Front populaire.
04:33Il n'a pas de poids, mais il était pourtant sur ses affiches.
04:35Non, il n'était pas sur mon affiche.
04:36Sur les affiches du nouveau Front populaire.
04:37Il n'était pas sur mon affiche et dans les groupuscules et dans les formations politiques
04:41qui appartiennent à toutes les galaxies de la vie politique française.
04:45On ne les connaît pas tous.
04:46On ne connaît pas leur identité.
04:48Il faut mesurer la gravité de la confusion du discours de Mme Dati.
04:52Je ne sais pas si elle s'exprime comme candidate ou comme ministre.
04:55J'ai retenu que dans la même interview, elle n'arrivait pas à qualifier Sarah Knafo d'extrême droite.
04:59S'il y a une ambiguïté, c'est la sienne.
05:01Ce n'est pas la mienne.
05:02Moi, je n'ai aucun problème à dénoncer les violences, l'extrémisme, là où ils sont, là où je les
05:07vois
05:08et là où je prends les conséquences, entre guillemets, de ce qu'on observe.
05:12Et ce n'est pas vrai.
05:13Ce n'est pas vrai.
05:14C'est un mensonge.
05:15C'est une falsification.
05:16De faire croire que la jeune garde était un partenaire du NFP identifié par les candidats en question.
05:22Je pense que 99% des candidats du NFP ignoraient totalement ce qu'était la jeune garde.
05:28Et ce n'est pas sérieux de reprendre de la part de Rachida Dati cet argument qui est honnêtement très
05:34fallacieux.
05:35Vous ne le saviez pas.
05:35Elle vous accuse aussi d'être responsable du recrutement des employés du périscolaire
05:42qui sont accusés aujourd'hui de violences, voire de violences sexuelles.
05:46Il y a eu encore une affaire.
05:47Neuf animateurs d'une école maternelle ont été suspendus fin janvier soupçonnés de violences physiques.
05:51Elle vous met en cause.
05:53Et dans un tweet, il y a moins d'une demi-heure, elle écrit
05:57Grégoire, responsable du recrutement de pédocriminels dans le périscolaire.
06:02Qu'avez-vous à répondre à ça ?
06:03Elle fait référence notamment à vos responsabilités d'adjoint, de responsable des ressources humaines.
06:08Pas de responsable, mais d'adjoint en ressources humaines.
06:10Madame Dati, peut-être que dans sa tête, les élus recrutent les agents publics.
06:13Mais en droit, c'est interdit.
06:15Les élus n'ont pas, et c'est bien normal, à se mêler des recrutements dans la fonction publique tout
06:19court de l'État ou territoriale.
06:22Vous avez vous-même reconnu une part de responsabilité.
06:24Non, mais c'est une responsabilité morale quand on est en responsabilité et qu'il se passe des choses dans
06:28nos organisations.
06:29Je ne suis pas du genre à mettre des douanés de responsabilité, y compris de n'avoir empêché cela.
06:35Mais il y a une grave accusation de sa part, qui évidemment fera l'objet d'une plainte en diffamation.
06:40C'est la deuxième en deux jours, ça devient une habitude.
06:42C'est un langage trumpiste.
06:45C'est une déformation de la vérité.
06:47Je ne suis nullement responsable, à titre personnel, des recrutements individuels.
06:51Je m'occupais de l'ensemble des ARH et je l'ai fait pendant deux ans.
06:55Pendant deux ans, entre fin 2014, 2015 et 2016.
06:59Cette équipe municipale que vous représentez, quand même, et à laquelle vous aspirez à succéder,
07:05c'est quand même elle qui a la responsabilité du fiasco global du recrutement du périscolaire.
07:10D'abord, ce n'est pas un fiasco...
07:13Je me suis exprimé là-dessus, sur la gravité, sur la reconnaissance des dysfonctionnements.
07:17Et ce n'est pas un fiasco qui est spécifique à Paris.
07:20Encore une fois, je le rappelle, il est valable dans beaucoup d'autres villes.
07:24Il est valable dans le secteur public, dans le secteur privé.
07:26Et Mme Dati a en plus l'outrecuidance de nous en faire l'accusation.
07:30Alors qu'elle est maire d'arrondissement.
07:31Et que les maires d'arrondissement sont responsables du pilotage du périscolaire dans leurs arrondissements.
07:36Mais elle dit le contraire.
07:37Parce qu'elle dit un mensonge.
07:40Elle dit un mensonge.
07:41D'ailleurs, vos confrères de plusieurs journaux ont sorti l'information,
07:45selon laquelle elle-même est empêtrée dans une affaire extrêmement grave
07:49d'une école de son arrondissement,
07:50dont je ne citerai pas par respect des parents et des familles concernées,
07:55qu'il montre que le reproche qui peut être fait,
07:57il peut l'être fait à tout le monde, sans doute, d'avoir manqué de vigilance.
08:00Et c'est à ce titre que j'ai reconnu ma responsabilité.
08:03Parce que moi, je ne m'en des douanes pas.
08:04Et que j'ai pris des engagements précis pour y remédier de façon efficace.
08:08Des aides violentes, cette campagne municipale.
08:10Elle l'est déjà, elle l'est à l'image de la vie politique.
08:13Et malheureusement, c'est aussi l'illustration de la très grande conflictualité qu'il y a.
08:19Moi, je souhaite avoir un débat respectueux, centré sur nos propositions.
08:22Le logement, le pouvoir d'achat, la santé.
08:25C'est une bataille de projets, du conservatisme contre le progrès social.
08:29Et j'entends défendre notre projet et pas surréagir aux provocations de la ministre.
08:34Merci beaucoup Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie sans LFI à la mairie de Paris.
08:38Merci à vous.
08:39Dans un instant, on retrouve Florian Gazan et son info qu'on a failli manquer.
08:42Et bien, c'est qu'il y a un peu de triche au JO.
08:44Et puis, la tentation du soir, c'est la belle histoire de deux petits Frenchies
08:47devenus grands agents de basketteurs aux Etats-Unis.
08:49Un conte de fées porté à l'écran par Jean-Pascal Zaddy et Raphaël Kenard,
08:53qui ne se quitte plus.
08:54A tout de suite.
08:55Anne-Sophie Lapix
08:57RTL Soir
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