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  • il y a 2 jours
Le procureur de Meaux (Seine-et-Marne) a annoncé lundi 9 février le classement sans suite de la plainte pour harcèlement scolaire qui avait été déposée par les parents de Camélia, lycéenne de 17 ans qui s'est suicidée le 13 janvier à Mitry-Mory. Écoutez la réaction de Laure Bessaiah, avocate du père de Camélia.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 09 février 2026.

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Transcription
00:00RTL Soir avec Anne-Sophie Lapix
00:04Il y a trois semaines, 2000 personnes défilaient dans le calme à Mitrimori pour rendre hommage à Camélia,
00:11une jeune fille de 17 ans qui avait mis fin à ses jours en se jetant sous un RER.
00:15Ses parents avaient immédiatement évoqué le mal-être de l'adolescente lié au harcèlement de ses camarades
00:20et la passivité des enseignants de son lycée.
00:23Mais aujourd'hui, le procureur de mots a annoncé avoir classé sans suite la plainte des parents.
00:28Notre grand invité dans RTL Soir est l'avocate du père de Camélia, maître Laura Bessaia.
00:34Bonsoir.
00:36Bonsoir.
00:37D'abord, comment les parents de Camélia ont-ils réagi à cette décision du procureur de classer la plainte ?
00:45Pour être honnête, mon client, M. Gemay, le papa de Camélia, a été particulièrement dévasté
00:51par cette décision de classement sans suite qui est vécue pour lui comme un second suicide judiciaire.
00:59Puisqu'en substance, on lui dit « Votre fille a mis fin à ses jours, elle souffrait », mais il n'y a pas de responsable.
01:05Et c'est particulièrement inaudible pour un parent d'entendre cela, sachant d'autant plus que le parquet a lui-même reconnu
01:11finalement la souffrance extrême de Camélia, mais décide de classer l'affaire.
01:16Le procureur a salué d'ailleurs le très grand calme des parents et leur grande écoute.
01:21Mais est-ce qu'ils sont vraiment sereins ce soir ?
01:23Alors, ils sont sereins, ils sont surtout très tristes.
01:28Alors, ce n'est pas de la colère, mais ils ne vont pas en rester là.
01:32Effectivement, aujourd'hui, le parquet a considéré qu'il n'y avait pas suffisamment d'éléments de preuves
01:38pour caractériser l'effet de harcèlement et décider qu'effectivement, ils devaient classer l'affaire.
01:45Sauf qu'en réalité, il n'y a effectivement pas de preuves classiques, de preuves matérielles classiques.
01:52Mais aujourd'hui, ce qui est sûr, c'est que le cri d'alarme de Camélia, on n'a pas voulu l'entendre.
01:58Et aujourd'hui, elle n'est plus présente.
02:01Donc, cette souffrance extrême reconnue par le parquet aujourd'hui mène les parents,
02:06ou à tout le moins, je parle pour mon client, à envisager un recours à cette décision qui est incompréhensible.
02:14Quel recours exactement ?
02:17Le PR, effectivement, envisage une plainte avec constitution de partie civile
02:21qui sera déposée directement auprès du doyen des juges d'instruction de mots.
02:26Alors, c'est un recours qui est envisagé, pourquoi ?
02:29Parce que ça permettrait, effectivement, d'approfondir l'enquête qui a déjà été menée,
02:35mais qui permettrait, effectivement, d'avoir une enquête un peu plus approfondie,
02:39puisqu'effectivement, le juge d'instruction a des pouvoirs d'investigation plus larges
02:43et il disposera également de beaucoup plus de temps dans ce dossier
02:47qui mérite, à mon sens, d'être approfondi.
02:50Donc, il envisage, en fait, nous annoncer qu'il va porter cette plainte ou pas ?
02:56Oui, oui, oui.
02:58Je pense qu'on ne lâchera pas sur le volet pénal.
03:02Alors, parallèlement, effectivement, il y a une enquête administrative,
03:06mais sur le volet pénal, M. Djemaï n'entend pas en rester là.
03:10Alors, le procureur a évoqué les moyens considérables déployés pour cette enquête.
03:15Donc, 12 enquêteurs mobilisés, dont 4 à plein temps pendant 3 semaines.
03:18Ils n'ont rien trouvé, une soixantaine de personnes ont été auditionnées.
03:22Pour vous, les choses n'ont pas été faites sérieusement ?
03:24Alors, si ça a été fait, je pense, à mon sens, sérieusement.
03:28Je pense néanmoins qu'il y a peut-être d'autres éléments qu'il convient d'approfondir.
03:36Le fait qu'il y ait un juge d'instruction permettra peut-être d'auditionner,
03:40en tout cas de libérer la parole de certains élèves.
03:43Parce que, comme on le sait, effectivement,
03:45certains élèves, peut-être sous couvert de représailles,
03:49n'entendent pas, effectivement, dire toute la vérité
03:53ou à tout le moins, voilà, se préserver.
03:56Donc, on espère, effectivement, que dans le cadre de cette plainte
04:00avec constitution de partie civile,
04:02toute la lumière pourra être faite, effectivement,
04:04sur le décès de Camélia,
04:06puisque cette souffrance extrême a été reconnue par le parquet.
04:09Les téléphones de Camélia et des protagonistes,
04:12qui étaient mis en cause, ont été passés au crible.
04:15Et on n'a pas trouvé ce qui, selon les parents de Camélia,
04:17constituait ce harcèlement numérique.
04:20Le procureur a, en revanche, évoqué une fausse conversation
04:22entre trois élèves au sujet de Camélia
04:25pour tester ses camarades, selon elle,
04:29pour tester leur amitié.
04:31Et c'est cette fausse conversation créée par Camélia
04:34qui aurait suscité des tensions.
04:36Vous connaissiez l'existence de cette fausse conversation ?
04:39Alors, non, on l'a découvert, effectivement,
04:41dans le cadre de notre entretien avec monsieur le procureur.
04:46Et non, effectivement, on n'était pas au courant
04:48de ces échanges-là.
04:50Alors, dans tous les cas, il me semble que,
04:55quand bien même, effectivement,
04:56cette fausse conversation serait à l'initiative de Camélia,
05:00il n'en demeure pas moins qu'à mon sens,
05:02c'est tout de même une preuve d'un appel au secours au clim.
05:05Quand on vient inventer une menace
05:07pour enfin être entendu par des adultes,
05:10c'est que la menace, à mon sens, est réelle,
05:12certes invisible, mais réelle,
05:14et devenue surtout insupportable,
05:15et qui a conduit à ce geste terrible.
05:17L'autre aspect de l'enquête, c'est la réaction du corps enseignant.
05:21La mère de Camélia avait écrit au professeur à deux reprises.
05:24Et la seconde fois, elle avait joint aussi un courrier au proviseur
05:28pour dénoncer le harcèlement dont sa fille faisait l'objet, selon elle,
05:31et qui la rendait malade en décembre dernier.
05:34Et le proviseur a convoqué tout le monde.
05:36Il y a bien eu une confrontation.
05:38Il a joué son rôle, selon vous ?
05:41Alors, je ne pourrais pas vous dire
05:44si effectivement il a joué son rôle ou pas,
05:47tout simplement parce qu'il y a effectivement
05:49une enquête administrative en cours.
05:52Ce qui est sûr, c'est qu'au vu des éléments que pour l'instant on a,
05:55il semblerait que le dispositif phare
05:58qui existe effectivement pour prévenir du harcèlement
06:03n'a manifestement pas été mis en place
06:06puisqu'il est obligatoire effectivement depuis 2023.
06:09Il n'a manifestement pas été mis en place.
06:11Vous pouvez rappeler en quoi consiste ce dispositif phare ?
06:14C'est tout simplement effectivement
06:16lorsqu'il y a une situation de harcèlement
06:18qui est mise en avant par un élève.
06:22C'est la mise en place de tout un dispositif d'alerte,
06:26de mise en sécurité de l'élève,
06:29de confrontation, d'enquête effectivement
06:33pour déterminer si oui ou non
06:35il y a effectivement un harcèlement
06:37parce qu'effectivement il faut faire la distinction
06:38entre du harcèlement et un simple conflit
06:42qui peut exister entre camarades de classe.
06:45Et dans ce dossier, effectivement, à mon sens,
06:47ça ne se limite pas à un simple conflit
06:48mais à un réel harcèlement.
06:50Ce n'est pas la première fois
06:51qu'une enquête ne parvient à caractériser le harcèlement
06:55alors qu'il y a bien eu, hélas,
06:57ce dramatique suicide d'une adolescente.
07:00Est-ce que vous avez le sentiment
07:01qu'on reste désarmé face à ce phénomène ?
07:05Je pense, oui.
07:06Je pense.
07:07Et malgré effectivement les dispositifs
07:09qui peuvent être mis en place,
07:11manifestement ils ne sont pas déclenchés au bon moment
07:13ou ils ne sont pas déclenchés du tout.
07:15Et je pense qu'effectivement,
07:17c'est terrible,
07:18mais ce genre de situation
07:20doit alerter l'ensemble,
07:24aussi bien la justice que l'éducation nationale,
07:27y compris les parents,
07:28alerter effectivement sur cette situation
07:31qui est une violence sociale
07:34qui existe aujourd'hui
07:35et qui malheureusement n'est pas,
07:37à mon sens,
07:39reconnue comme elle se devrait
07:42ou à tout le moins au niveau judiciaire,
07:44on a du mal effectivement
07:45à démontrer ce harcèlement.
07:47Puisque dans le dossier,
07:49voilà, malgré effectivement l'enquête
07:52qui a été menée juridiquement,
07:55les faits de harcèlement
07:57ne sont pas caractérisés.
07:58Mais ce n'est pas pour autant
07:59que le harcèlement n'existe pas.
08:02Mais qu'est-ce qu'il faudrait ?
08:03Une cellule d'écoute dans les établissements ?
08:06Qu'est-ce qu'on peut faire ?
08:08Alors, à minima, déjà,
08:09utiliser les dispositifs
08:11qui existent d'ores et déjà.
08:12Donc, le dispositif phare
08:13aurait dû, à mon sens,
08:14être mis en place et déclenché.
08:17Et après, effectivement,
08:18si ce dispositif n'est pas suffisant
08:20pour prévenir,
08:22dans ce cas-là, effectivement,
08:24voir, mais dans ce cas-là,
08:25ce sont les institutions au-dessus
08:26qui devront, effectivement,
08:28envisager la création
08:30ou la mise en place
08:30d'autres dispositifs.
08:32Il faut, effectivement,
08:33que cette réalité,
08:35il faut que ça cesse.
08:36Camélia, c'est arrivé à Camélia,
08:40mais c'est arrivé également
08:41à d'autres jeunes.
08:44Voilà, récemment,
08:45nous avons eu aussi,
08:47sur la commune de Pessac,
08:49la situation de la jeune TIA
08:52qui, a priori,
08:54suite à du harcèlement scolaire également,
08:57aurait conduit à son suicide.
08:58Donc, il faut, effectivement,
08:59que tout ça cesse
09:00et que tout le monde
09:00prenne ses responsabilités
09:02et mette en œuvre
09:03tous les dispositifs,
09:04à minima,
09:05qui existent pour l'instant,
09:06aujourd'hui.
09:06Merci beaucoup,
09:08Maître Bessaia,
09:09avocate du père de Camélia,
09:11la jeune fille de 17 ans
09:12qui s'est suicidée
09:13le 13 janvier dernier
09:14à Mitrimori.
09:16Et je rappelle
09:16que vous annoncez
09:17une plainte
09:18avec constitution de parti,
09:20avec constitution de parti civil,
09:22alors que le procureur,
09:23le procureur de mots
09:23a annoncé le classement sans suite
09:25de la plainte pour harcèlement.
09:26Merci à vous.
09:27Dans un instant,
09:29Florian Gazan
09:29a repêché l'info
09:30qu'on a failli oublier.
09:32Une patineuse
09:33qui a frôlé la mort
09:34il y a quelques semaines
09:35et qui est au JO
09:36de Milan Cortina.
09:37Et puis,
09:37la tentation du soir,
09:38c'est un documentaire
09:39signé Karine Lemarchand
09:40sur l'immigration
09:41et diffusé à partir de ce soir
09:42sur M6.
09:43A tout de suite.
09:43RTL Soir
09:45Avec Anne-Sophie Lapix
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