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À six mois de la présidentielle, entre le bloc central, le Rassemblement national et les candidatures qui se multiplient à droite, Bruno Retailleau a-t-il encore un espace politique ? Alors qu'il vient de dévoiler un programme de près de 200 milliards d'euros d'économies, il publie "De combats et d'espoir""» (éd. de l'Observatoire). Bruno Retailleau est l'invité de Marc-Olivier Fogiel.
Regardez Face à Fogiel du 15 octobre 2026.
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00:01RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:07Et avec Marc-Olivier Fogiel à 8h17, 200 milliards d'euros d'économie, le retour de l'autorité, la sélection
00:13à l'université,
00:14c'est le programme pour la présidentielle du patron des LR, il se raconte dans un livre qui paraît aujourd
00:19'hui.
00:20Bruno Retailleau est votre invité ce matin, Marc-Olivier.
00:23Bonjour Bruno Retailleau.
00:24Bonjour Marc-Olivier Fogiel.
00:25Merci d'être là à l'occasion de la sortie de Combat et d'Espoir, un livre personnel dans lequel
00:29vous fendez l'armure,
00:31peut-être pour exister un peu plus dans les sondages, on va y venir dans un instant, vous y parlez
00:36de votre grand-père,
00:37que connaissez le grand-père de Céline Landreau, des Gilets jaunes, Emmanuel Macron.
00:42Elle est vendéenne, elle le cache, mais elle est vendéenne.
00:43On ne le cache pas tellement, ne vous inquiétez pas.
00:45Sa famille est sortie, est issue du même petit village que moi, Samalo Dubois.
00:50De Jean-Luc Mélenchon, donc on va y revenir.
00:52Vous parlez également d'école, on va commencer par ça, puisque c'est l'actualité.
00:56Et vous écrivez que l'école doit être le lieu où l'autorité s'impose.
01:01Ça tombe en pleine actualité.
01:02Depuis un mois, les lycéens manifestent, notamment contre Parcoursup et la sélection à l'université.
01:06Jean-Luc Mélenchon promet de supprimer Parcoursup.
01:09Et vous vous dites, au contraire, il faut assumer la sélection à l'université.
01:14Vous voulez mettre de l'huile sur le feu, Bruno Retailleau ?
01:17Non, j'ai écrit ce livre il y a plusieurs mois, en dehors de l'actualité.
01:22Simplement, vous ne pouvez pas avoir de transmission du savoir sans autorité.
01:27Si l'élève refuse l'autorité du maître, alors la chaîne de la transmission est rompue.
01:32Et vous trouvez qu'aujourd'hui, l'élève refuse l'autorité du maître ?
01:35Est-ce que ce n'est pas un peu vite vécu ?
01:38Je pense qu'on vit sur une idéologie très 68-arbre, très post-68-arbre, très gauchisante,
01:44où on a voulu déconstruire tous les repères, la hiérarchie, l'autorité.
01:49On a fait symboliquement descendre le maître de son estrade.
01:53Je me souviens, cette nouvelle éducation, quelqu'un avait dit, qui représentait cette idéologie-là dans les années 70,
01:59« Il faut que le maître cesse d'enseigner pour que l'élève puisse commencer à apprendre. »
02:04Eh bien, leur programme, malheureusement, a réussi, et nos élèves échouent.
02:10Le dernier classement PISA est, de ce point de vue-là, catastrophique.
02:13On avait un système républicain, il est devenu darwinien.
02:17Les enfants de bonnes familles ont les moyens de s'en tirer,
02:19et ceux qui naissent dans des familles plus modestes, c'est beaucoup plus difficile.
02:22Juste une petite parenthèse sur mai 68.
02:24Il n'y a rien de mai 68 qui vous plaît, mai 68,
02:27parce qu'il faut se souvenir de ce qu'étaient les années avant les années 70.
02:30C'était quand même une société assez particulière.
02:33Vous êtes nostalgique de cette société-là ?
02:35C'est aussi un vent de liberté quand même, non ?
02:37Il n'y a aucune nostalgie chez moi.
02:40Simplement, reconnaissons, quand j'entends beaucoup de lycéens dire,
02:43« Il faut 10 milliards », c'est une question de moyens.
02:44C'est faux.
02:46Regardez nos services publics.
02:47C'est cruel, c'est fondre.
02:48La justice, mais l'école, l'hôpital.
02:51Mais on n'a jamais eu autant de dépenses publiques.
02:53Donc on voit bien qu'il n'y a pas de lien entre les moyens
02:56et des systèmes qui fonctionnent mal.
02:58Il faut changer le cœur du système.
03:00Il faut bien sûr la sélection.
03:01Par exemple, regardez l'université.
03:03Vous n'avez pas répondu à ma question sur mai 68 quand même.
03:06Est-ce que mai 68 a amené quelque chose à la société ?
03:09De ce point de vue-là, non.
03:11De ce point de vue notamment de la transmission, non.
03:14Ça a été, je pense, un début.
03:16Je ne dis pas qu'avant c'était forcément mieux
03:18et je ne suis pas du tout dans la nostalgie.
03:20D'accord.
03:20Mais je pointe, là encore, des dérives
03:23qui ont déconstruit l'autorité.
03:25C'est Bourdieu.
03:26Voilà, les Bourdieuens nous ont fichus.
03:29Donc vous êtes en l'air.
03:31L'autorité.
03:32Dans l'actualité également de la semaine.
03:33Non, je suis pour la transmission.
03:34J'ai bien compris.
03:35Mais aussi la transmission,
03:37c'est comme l'égalitarisme.
03:38Regardez, l'égalitarisme.
03:39Ils ont voulu faire rentrer l'égalitarisme à l'école.
03:42Au total, on a l'école la plus inégalitaire de l'Europe.
03:46C'est-à-dire l'école où les enfants de parents modestes
03:50ont le moins de chances de réussite.
03:51Au milieu de cette actualité,
03:53il y a eu ce drame en début de semaine à Aubagne.
03:55Un collégien de 14 ans qui a ouvert le feu
03:57sur son principal et une enseignante.
03:59Vous, Bruno Retailleux, avec votre prisme,
04:01immédiatement, vous avez mis en cause LFI.
04:03En fait, on l'a vu,
04:04les enquêteurs s'intéressent aujourd'hui
04:06au lien entre ce gamin et cette mouvance
04:08qui glorifie les tueurs de masse.
04:10Chez vous, la violence,
04:11c'est toujours l'extrême gauche
04:13ou l'immigration, en fait ?
04:14Non mais, j'étais ministre de l'Intérieur.
04:17Je sais bien, mais là, en l'occurrence,
04:18ça n'a rien à voir.
04:18C'est plutôt quelque chose de masculiniste.
04:20Laissez-moi répondre.
04:21Laissez-moi vous poser une question aussi.
04:22On a aujourd'hui des violences
04:24qui viennent des ultras.
04:26Ces ultras peuvent être de droite,
04:27ces ultras peuvent être de gauche.
04:29Ce que j'observe dans la société
04:30et dans la vie politique française,
04:32c'est qu'il y a un seul parti politique
04:35qui a pignon sur rue,
04:37qui justifie la violence
04:38à un point que vous n'imaginez pas.
04:41Lorsque j'ai dissous,
04:42le Conseil d'État m'a donné raison.
04:44La jeune garde,
04:45c'est quand même un député insoumis
04:47qui l'a fondé.
04:48Et quand je l'ai dissous,
04:49M. Mélenchon a s'est adressé à ces jeunes
04:52en disant, bravo, continuez.
04:53Vous vous rendez compte ?
04:54Excusez-moi, ce n'était pas ma question, M. Retailleau.
04:55Si, mais c'est ma réponse.
04:56Non mais d'accord, mais ce drame,
04:58immédiatement,
04:58on fait le lien avec LFI,
05:00il n'a rien à voir avec LFI.
05:01Bien sûr.
05:02Écoutez,
05:03c'est quand même un petit problème, non ?
05:05Dont acte.
05:06D'accord.
05:06J'entendais encore,
05:08M. Mélenchon, ce week-end.
05:09On a quasiment
05:10mille policiers gendarmes
05:12de blessés.
05:12Et vous savez ce qu'il a dit ?
05:14Ils ont dû se blesser
05:15avec un trombone.
05:16Il est allé voir le policier...
05:18C'est un autre sujet
05:18que ce gamin à Aubagne.
05:21Non, non, mais là,
05:21vous me prenez un cas particulier.
05:22Bien sûr,
05:23je vous en donne acte.
05:25Simplement,
05:25les hommes et les femmes politiques
05:26doivent lire dans l'actualité
05:28les grandes tendances.
05:30Et c'est ce que je suis en train
05:31de vous expliquer.
05:32C'est ce que les Français comprennent
05:33parfaitement.
05:34Je ferai tout.
05:34Mais alors tout
05:35pour qu'on fasse barrage
05:37à M. Mélenchon.
05:39Pour faire barrage
05:40à Mélenchon,
05:42vous êtes dans la piste
05:43à la présidentielle.
05:44Vous êtes en piste
05:45pour la présidentielle
05:46et avec des difficultés
05:47dans les sondages.
05:48Depuis hier,
05:49pour la première fois,
05:50David Lysnard,
05:51de votre camp,
05:52même s'il n'est plus vraiment
05:52au LR,
05:53vous dépasse dans un sondage.
05:54On l'entendait
05:55dans le journal de 8 heures.
05:56Il y a une Lysnard mania
05:58qui commence à monter.
05:59Comment vous le vivez ?
06:01Mais très bien.
06:02Très bien pour deux raisons.
06:03Le fait qu'il vous dépasse
06:04très bien.
06:05Des sondages vont paraître
06:07aujourd'hui,
06:08qui vont être contradictoires.
06:10C'est le yo-yo.
06:12C'est à partir du mois
06:13de janvier, février
06:14que commencera
06:14la vraie campagne présidentielle.
06:16Mais il y a autre chose,
06:17beaucoup plus profond
06:18chez moi,
06:19qui est un ressort.
06:20Le ressort de mon action,
06:22de mon engagement
06:22pour la présidentielle,
06:23c'est que les sondages
06:24n'ont aucun impact
06:25sur ma détermination.
06:27J'estime que nous vivons
06:28une période historique.
06:29On risque de voir,
06:30c'est la grande dégringolade,
06:31le grand déclassement,
06:32le déclin pour la France.
06:34J'ai un projet de rupture
06:35que je veux porter
06:35jusqu'au bout.
06:36Et dans mon projet de rupture,
06:37c'est vrai,
06:38je demande des efforts
06:39aux Français.
06:40C'est peut-être pas populaire.
06:41Personne ne m'empêchera
06:43de dire la vérité
06:44avec courage.
06:45Je ne mentirai pas
06:46aux Français.
06:46Mais vous dites,
06:47vous êtes,
06:48Jean-Luc Mélenchon,
06:49seul adversaire.
06:50Vous l'écrivez.
06:51Les sondages,
06:52malgré tout,
06:52c'est un rapport de force.
06:54Vous dites,
06:54j'irai jusqu'au bout.
06:55Ça veut dire quitte
06:56à ce qu'il soit
06:57au deuxième tour, en fait.
06:58Mais vous souvenez,
07:00c'est François Baroin
07:01qui me rappelait
07:01il y a quelques semaines,
07:03Jacques Chirac
07:03invite les parlementaires
07:05en janvier.
07:06Ils sont 500 à l'époque,
07:07je crois, quasiment.
07:08Et il y en a moins de 20
07:09qui arrivent.
07:09Et on lui dit,
07:10mais Jacques, arrête.
07:11C'était, je crois,
07:12le 18 ou le 20 janvier 1995.
07:16Donc vous n'êtes pas du tout
07:17miné par ce trou d'air du moment.
07:19Mais non,
07:20parce que j'ai un égo
07:22comme tout le monde.
07:23Mais les ressorts
07:24les plus profonds,
07:26c'est un autre ordre,
07:27vous voyez.
07:27Ce n'est pas les sondages.
07:28Ça, c'est l'écume des jours.
07:30Les boss, les yo-yos,
07:31il y en aura d'autres.
07:32Je vous rassure,
07:33il y en aura d'autres.
07:34Les Français sont,
07:34aujourd'hui,
07:35les Français sont tétanisés
07:36par une angoisse,
07:37une inquiétude,
07:38à juste raison.
07:38La dette va nous exploser.
07:41Ça a commencé,
07:41la crise a commencé.
07:42Je veux que les Françaises,
07:43les Français l'écoutent,
07:44ce que je dis.
07:45Et si la crise explose
07:47avant 2027,
07:48ce sera une chute
07:49de pouvoir d'achat.
07:50Les retraités perdant
07:514 à 500 euros,
07:52ce sera terrible
07:53comme en Grèce.
07:53Ce que vous dites,
07:54ce n'est pas loin
07:55de ce que dit David Lissner.
07:56Pourquoi vous ne vous mettez pas ensemble ?
07:57Exactement, absolument.
07:58Mais David est un ami.
07:59Et vous derrière lui ?
08:02Je pense,
08:03et vous verrez,
08:03je pense que j'ai un projet
08:05de rupture très complet.
08:06Je suis libéral en économie,
08:08mais je pense que
08:09j'ai envie aussi
08:10d'avoir une dimension sociale.
08:12La droite,
08:13c'est aussi,
08:13on a un cœur.
08:14On a beaucoup de misère
08:15en France.
08:16Vous savez,
08:16on est quoi ?
08:17On est le 15 octobre.
08:19Le 17 octobre,
08:20vous allez avoir
08:203 Français sur 10
08:21dont les comptes
08:22seront dans le rouge,
08:23y compris ceux qui travaillent.
08:24Il y a un grand appauvrissement
08:26et je pense qu'on doit pouvoir
08:28être rigoureux sur la dette,
08:29mais il faut avoir du cœur
08:30et les services publics,
08:31pour moi,
08:31ça compte.
08:32Vous dites,
08:32on a du cœur à droite,
08:34j'ai du cœur dans le livre.
08:36Est-ce que vous trouvez
08:37que je n'ai pas du cœur
08:37dans mon livre ?
08:38Absolument,
08:38et dans le podcast
08:39qu'on a fait ensemble,
08:40on va y venir.
08:41Mais vous dites dans ce livre,
08:43lettres,
08:44je ne suis pas un réac en fait,
08:45parce que vous avez du cœur,
08:46mais ce n'est pas l'image
08:46que vous avez,
08:47vous avez l'image plutôt
08:48d'un réac.
08:49C'est de ma faute.
08:50Je ne sais pas si c'est votre faute,
08:51mais en tout cas,
08:51vous prenez soin
08:52de faire une lettre
08:53pour dire,
08:53je ne suis pas un réac,
08:54c'est bien que c'est votre problème
08:55en tout cas.
08:56Quand on lit,
08:56dans mon style d'ailleurs,
08:57j'ai voulu un livre
08:59avec des lettres,
09:00parce que c'est plus facile à lire,
09:01parce qu'une lettre,
09:02on y trouve un style,
09:03le style c'est l'homme,
09:04et je trouve que ça permet
09:06au lecteur
09:06d'apprendre un peu plus
09:07de ce que je suis.
09:08Peut-être que je me suis enfermé
09:10dans une image communiste
09:10de l'intérieur,
09:11de quelqu'un de raide,
09:13sur certains points,
09:14je suis conservateur,
09:15sur d'autres,
09:15je suis très réformiste.
09:16Moi, je veux conserver
09:17ce qui marche,
09:18et je veux réformer
09:19ce qui ne marche pas,
09:20vous voyez.
09:21Mais vous dites,
09:21je ne suis pas celui
09:23que vous croyez,
09:23en fait, un peu.
09:24Je le pense.
09:25Ah, j'en suis persuadé.
09:26Mes amis,
09:27tous ceux qui me connaissent,
09:28me disent souvent,
09:29mais quelle différence
09:30il y a entre ton image,
09:31c'est de ma faute,
09:32parce que ton image,
09:33c'est un petit peu
09:34de la vôtre aussi,
09:34les médias,
09:35parce qu'on simplifie
09:37énormément,
09:37on schématise.
09:39Ce livre,
09:39c'est aussi une tentative
09:40de montrer tel que je suis,
09:42parce qu'un candidat
09:43à l'élection présidentielle,
09:45un homme d'État,
09:45c'est d'abord un homme,
09:46ou une femme d'État,
09:47c'est d'abord une femme.
09:48Et je pense que
09:49cette incarnation,
09:50ça compte,
09:50et peut-être qu'à travers
09:51les lignes,
09:52mes émotions,
09:52parce que j'en parle aussi,
09:54à travers ma façon
09:54de voir les choses,
09:55ma vision du monde,
09:56ma vision de la vie quotidienne,
09:58les gens apprendront
09:59beaucoup plus,
10:00peut-être que depuis
10:01quelques minutes
10:02où je leur parle
10:02avec vous,
10:03Marc-Olivier Fougiel.
10:04J'espère qu'ils auront
10:04quand même appris quelque chose.
10:05Merci Bruno Retailleau,
10:07de combat et d'espoir,
10:09lettres français
10:09à l'Observatoire.
10:10Merci Marc-Olivier
10:12pour en apprendre plus
10:13sur Bruno Retailleau.
10:14On signale la sortie
10:15de votre podcast vidéo
10:16Les Aspirants.
10:18Deuxième épisode
10:19avec Bruno Retailleau,
10:21podcast d'RTL
10:22pour la présidentielle.
10:23Ça a été un long exercice.
10:24Et c'était très bien,
10:25en vidéo.
10:26C'est du sport
10:26avec Marc-Olivier Fougiel.
10:28Bruno Retailleau
10:29a pleuré d'ailleurs,
10:31notamment quand...
10:32A cause de vous ?
10:32Non, à cause de Philippe de Villiers.
10:33Non, pas pour l'instant.
10:35Pour l'instant.
10:35A cause de Philippe de Villiers.
10:37Avec qui vous avez travaillé
10:38notamment au Puy du Fou,
10:39on s'en rappelle.
10:40Exactement.
10:41Podcast à retrouver
10:42sur l'appli RTL
10:43et sur YouTube
10:43ainsi que sur toutes les plateformes.
10:45L'épisode précédent
10:45avec Gabriel Attal
10:46est aussi toujours en ligne.
10:48Et puis nous,
10:48Marc-Olivier,
10:48on se retrouve.
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