00:00Il est 8h17, blocage, incendie, tentative d'intrusion, routes et trains bloqués.
00:10Quel est le vrai bilan de la journée Bloquons-Tout en France ?
00:13Pour le savoir, Marc-Olivier Fogiel, vous avez invité ce matin le patron de la gendarmerie,
00:17Hubert Bonneau, directeur général de la gendarmerie nationale.
00:20Merci d'être là mon général, merci d'être là.
00:22Surtout que la gendarmerie c'est 90% du territoire français,
00:25donc on va pouvoir faire un bilan concret.
00:27Est-ce que la journée d'hier était plus dure que celle à laquelle vous vous attendiez ?
00:31Bonjour M. Fogiel, d'ailleurs je dirais que c'est 95% du territoire national couvert par la gendarmerie.
00:3695.
00:37En fait, le bilan de la journée hier, d'abord sur les intentions, c'est conforme au renseignement que nous avions,
00:43c'est-à-dire à la fois des actions émettées sur le territoire national
00:47et parfois des cortèges plus importants dans les villes moyennes et dans les grandes agglomérations.
00:53Le bilan, je dirais, est satisfaisant puisque notre consigne c'était quand il y a des actions de blocage,
01:01il y a des blocages immédiatement pour ne pas paralyser le pays.
01:04Et donc au moment où je vous parle, il n'y a aucun blocage sur le territoire national.
01:08Donc un bilan satisfaisant vous dites ce matin ?
01:11Un bilan satisfaisant dans le sens où le mot d'ordre tout bloqué, ça ne s'est pas réalisé.
01:17473 interpellations, 200 000 manifestants, clairement au lendemain, c'est quoi le profil ?
01:23Mouvement citoyen ou alors un mouvement de groupes radicaux ? C'est quoi le profil ?
01:29Je dirais que ce sont les deux.
01:31Alors déjà 200 000 manifestants ou 200 000 participants,
01:35si on doit le comparer à des journées nationales d'action, on est plutôt vers le bas.
01:41Les journées par exemple nationales d'action pour les retraites, c'était plus de 300 000 personnes.
01:47Le début des Gilets jaunes, c'était 300 000, 400 000 personnes.
01:51Vous parlez de flop ?
01:53Ce n'est pas un flop, mais en fait ce qu'on a constaté hier,
01:57c'est qu'il y a eu un émiettement très important, très très important,
02:02des actions sur le terrain.
02:03Parfois quelques dizaines de personnes, sur un point particulier,
02:07jusqu'à 13 000, 14 000 personnes l'après-midi dans un cortège.
02:09Mais le profil ultra-gauche, black bloc, sans manifestants, c'est quoi le profil ?
02:13On a eu à la fois des citoyens qui voulaient juste manifester parfois leur mécontentement,
02:19des citoyens tout à fait normaux, comme vous et moi,
02:22des gens qui étaient plus radicalisés, plus politisés, j'allais dire en quelque sorte,
02:27aussi des profils type Gilets jaunes.
02:29En fait, c'était très disparaître dans la composition de l'adversité.
02:34Alors, vous dites, pas de blocage, finalement, et donc bilan satisfaisant.
02:38En même temps, 80 000 forces de l'ordre sur le terrain, vous n'êtes pas les mains mortes, on va dire.
02:43Alors, c'est vrai qu'on pourrait dire qu'il y a une disproportion.
02:46On pourrait dire qu'il y a une disproportion, en général.
02:47Mais je reviens sur l'analyse, vous voyez, je pense que c'est important.
02:53Nous, une force armée, la gendarmerie, c'est une force armée de couverture des territoires.
02:57On doit surveiller, contrôler 95% du territoire pour la protection des biens et des personnes.
03:04Eh bien, pour être capable de voir ce qui se passe, de déceler, de détecter, empêcher les mouvements,
03:10toute la nuit précédente, une multitude, des centaines, des centaines de patrouilles de gendarmes étaient sur le terrain,
03:18justement, pour détecter et déceler.
03:20Si on ne fait pas ça, on est incapable d'intervenir au plus vite pour empêcher un entretiennement.
03:24Donc, l'enniettement vous oblige, finalement, à ce nombre.
03:28Exactement.
03:29En même temps, vous entendez la critique, notamment hier sur RTL, de Sophie Binet.
03:34Écoutez la secrétaire générale de la CGT.
03:36Moi, ce que je veux dénoncer aujourd'hui, c'est les multiples provocations qui ont eu lieu
03:40à cause des directives du ministère de l'Intérieur.
03:43Il y a eu des centaines de manifestantes et de manifestants pacifiques
03:46qui ont été gazés, nassés, violentés.
03:49C'est très grave que le ministère de l'Intérieur ait ce type de stratégie.
03:53Stratégie, finalement, de la confrontation.
03:55Vous avez ces consignes ?
03:58Pas du tout.
03:59Et moi, j'ai vu le contraire.
04:01J'ai vu le contraire, c'est-à-dire que quand je vois...
04:04Et ça, ce n'est pas sur la zone gendarmerie,
04:06mais regardez ce qui se passe en ville, notamment sur le filtrage autour des lycées.
04:09Vous voyez des gens qui viennent à proximité des forces de l'ordre,
04:12des policiers, qui jettent des poubelles, qui jettent des mortiers.
04:16À Rennes, sur la rocade de Rennes, les gendarmes,
04:19les escarons de gendarmerie mobile sont à proximité, on va dire, des manifestants.
04:23Ils se font harceler avec des jets de pierre, des mortiers,
04:29les mêmes manifestants qui vont mettre le feu à un bus de la métropole renaise.
04:32Mais quand Mélenchon, par exemple, dit, Jean-Luc Mélenchon,
04:34« Soyez prudents et vigilants », Retailleau cherche l'incident et multiplie les provocations.
04:37« Attention, il aime la répression et veut des images de violence pour les journaux télévisés. »
04:42Les chiffres parlent.
04:43C'est-à-dire, quand vous regardez hier le nombre de blessés d'un côté et de l'autre,
04:48on a une petite dizaine de blessés sur les forces de l'ordre.
04:51Et à ma connaissance, il n'y a aucun blessé grave, sérieux, du côté des manifestants.
04:57Au contraire, je pense qu'il faut saluer hier la responsabilité des gendarmes et des policiers
05:03dans leur action pour être très, j'allais dire, très conscients de ce qui se passe.
05:09Il n'y a pas de dérapage ? Hier, il y avait une vidéo, par exemple, qu'on a vue à Cherbourg
05:11où on voit notamment un homme s'agrippant à la rambarde du pont
05:15et un membre des forces de l'ordre en train de tenter de le maîtriser
05:17avant de lui asséner un coup de poing au visage.
05:18Non, je ne sais plus dans quelle agglomération, mais voyez hier, par exemple, un CRS
05:23près d'une rivière, je ne sais plus dans quelle ville,
05:26une dame tombe à l'eau, le CRS saute et va sauver cette dame.
05:31Donc, on n'est pas du tout dans l'approche la police-tue.
05:35Moi, je dirais que plutôt les forces de l'ordre sauvent.
05:37Donc, vous dénoncez la récupération politique ce matin sur RTL ?
05:39Moi, je ne suis pas politique.
05:40Non, mais est-ce que vous la dénoncez, la récupération ?
05:42Je vous dis juste ce que j'ai vu hier.
05:45Et j'ai vu plutôt des gendarmes et des policiers
05:48très en retenue.
05:50Et quand les gens manifestent de façon pacifique,
05:53il ne s'est rien passé.
05:53Je donne juste un exemple.
05:55Regardez ce qui s'est passé sur la 10.
05:57À un moment donné, on a eu un blocage.
05:59Ceux qui ont débloqué ce bouchon, cette manifestation,
06:02ce ne sont pas des gendarmes mobiles,
06:03ce sont des gendarmes départementaux.
06:05Et en face, on a des gens responsables qui ont évacué les lieux.
06:08Vous craignez qu'il y ait une montée de la tension jusqu'au 18 septembre ?
06:12Alors, je crois qu'on aura le 18 septembre
06:14un type de manifestation radicalement différent.
06:17C'est-à-dire ?
06:17On aura des cortèges encadrés par l'inter-sadical.
06:20Donc, je pense que ce seront essentiellement des actions
06:23dans les agglomérations, dans les villes.
06:25Moins d'émiettements et donc moins d'hommes sur le terrain.
06:27Il y aura beaucoup moins d'émiettements,
06:29mais il y aura la nécessité d'encadrer dans les grandes villes.
06:32Mais il n'y aura donc pas 80 000 forces de l'hommes sur le terrain.
06:34Alors, je crois qu'il faut laisser faire les services de renseignement,
06:36notamment le renseignement territorial,
06:38parce que dans ces grandes manifestations,
06:41malheureusement, ce qu'on a vu ces dernières années,
06:44c'est souvent une récupération par des groupes extrémistes.
06:47Là, oui.
06:47Les black blocs qui viennent pour tout casser,
06:50et alors que la manifestation est déclarée,
06:54l'affaire dégénérée.
06:55C'est autre chose.
06:55Donc, pour l'instant, on ne sait pas encore
06:56quel sera le dispositif, évidemment, sur le terrain ?
06:58Non, c'est à l'étude.
06:59Il y aura des réunions au sein du ministère de l'Intérieur,
07:01présidées par M. Retailleau,
07:02pour mettre en place un dispositif.
07:05Comment va le gendarme blessé ?
07:07Il va bien.
07:08Je dis les blessurières des forces de l'ordre,
07:11et je pense souvent à eux,
07:12parce qu'ils sont en première ligne.
07:14C'était un trauma sonore pour le gendarme.
07:16Il a été évacué, mais il va bien aujourd'hui.
07:18En deux mots, les zones hier où c'était le plus mobilisé,
07:20c'était où ?
07:21Alors, les zones qui ont été hier le plus impactées,
07:23ça a été comme le Grand Ouest.
07:25Bretagne, Pays de la Loire,
07:27et la région Occitanie.
07:28C'est là où on a le plus d'émiettement.
07:30Et dans l'après-midi,
07:32ce qui est assez quand même frappant,
07:34c'est la mobilisation de plusieurs milliers de personnes
07:37dans des agglomérations comme Rennes, Nantes, Toulouse, etc.
07:40Pour terminer, rien à voir,
07:42mais plusieurs têtes de cochons ont été découvertes
07:43devant au moins neuf mosquées en Ile-de-France.
07:46On a bien compris que c'était l'ingérence étrangère
07:49qui était visée.
07:51Ça vous inquiète, cette ingérence étrangère ?
07:52Elle est très présente ?
07:53Elle est déjà présente.
07:54Rappelez-vous de ce qui s'était passé
07:56pour les Jeux Olympiques,
07:57avec les cercueils sous la Tour Eiffel.
08:00On a un groupe aujourd'hui
08:01qui s'appelle le groupe de Bakou,
08:03qui est un groupe,
08:06on l'appelle les proxys,
08:07qui sont là pour désinformer,
08:13pardonnez-moi cette expression un peu triviale,
08:14mettre le bazar,
08:15faire comprendre à tout le monde
08:17que la France va mal.
08:18que la France est homophobe,
08:20la France est antisémite,
08:21la France est raciste.
08:22Et donc nous aurons,
08:23nous avons,
08:24nous aurons ce genre de proxy en permanence.
08:27Je pense notamment aux grands rendez-vous électoraux,
08:29où vous aurez des tweets par des comptes à l'étranger,
08:33notamment russes,
08:34disons-le,
08:35et qui toute la journée...
08:37Donc ça c'est très intéressant.
08:39Vous avez un service à la gendarmerie qui gère ça ?
08:40Au niveau national,
08:41c'est la problématique d'abord
08:42des services de renseignement,
08:43de détecter,
08:44et au quotidien,
08:46pratiquement au quotidien,
08:47vous avez des attaques informatiques,
08:48y compris cyber,
08:49sur nos sites névralgiques,
08:51vulnérabilités,
08:53et donc c'est quelque chose
08:53qu'il faut prendre très au sérieux.
08:55Et sur cette histoire de tête de cochon,
08:57c'est grâce à la gendarmerie,
08:58finalement,
08:58qu'on est remonté à cette ingérence,
09:00puisque c'est un gendarme
09:01qui a reçu un appel...
09:03C'est surtout grâce,
09:05M. Fogel,
09:06à un citoyen
09:07qui a dit ce qui s'était passé,
09:10l'achat, etc.
09:10L'achat de tête de cochon
09:12à un citoyen
09:14qui a appelé la gendarmerie du coin.
09:15Qui a appelé la gendarmerie
09:16et la gendarmerie a réagi
09:18vers les services spécialisés
09:20pour mener l'enquête.
09:22Oui, effectivement.
09:24Merci beaucoup,
09:24mon général,
09:24d'être venu ce matin sur RTL.
09:26Merci beaucoup.
09:27Donc après,
09:27on va dire,
09:28une journée satisfaisante pour vous.
09:32Satisfaisante au bilan.
09:33Il n'y a pas eu blocage en France.
09:34Merci beaucoup,
09:35mon général,
09:35d'être venu ce matin sur RTL.
09:36Merci à vous.
09:37Merci, Marc-Olivier.
09:37On retrouvera évidemment...
09:38...
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