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Cette unité d'élite de gendarmes effectue des interventions délicates comme la libération d'otages. Mi-avril, le GIGN est intervenu pour libérer une mère et son fils, kidnappés dans une affaire de cryptomonnaie. Le GIGN intervient aussi dans l'interception de go-fast, la sécurisation des ambassades... Le commandant du GIGN, le général Benoît Villeminoz, est l'invité de Marc-Olivier Fogiel.
Regardez Face à Fogiel du 11 mai 2026.
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00:00Thomas Soto
00:03Il est 8h17, l'interview de Marc-Olivier Faugier.
00:05Hier, le procureur de Bordeaux, vous le disiez, Marco, a fait part de sa très grande inquiétude
00:09face à la recrudescence des attaques ultra-violentes visant les détenteurs de crypto-monnaies.
00:14Et vous vous souvenez peut-être de cette mère et de son fils enlevés justement dans une affaire de crypto
00:18-monnaies.
00:18C'était mi-avril et c'est le GIGN qu'ils avaient libérés.
00:22Et bien ce matin, vous recevez le patron, le commandant du GIGN, c'est le général Benoît Villeminot.
00:26Bonjour mon général.
00:27Bonjour.
00:27Merci d'être avec nous, vous allez nous emmener dans les coulisses de ces interventions.
00:31On va essayer de comprendre.
00:32Vous êtes à la tête de 1000 hommes et femmes qui composent cette unité d'élite de la gendarmerie,
00:36en métropole comme évidemment en Outre-mer.
00:39Thomas le disait, le GIGN est intervenu le 14 avril pour libérer une mère et son fils d'une douzaine
00:43d'années,
00:44enlevés dans une affaire de crypto-monnaies.
00:46Ils étaient séquestrés dans un hôtel du Val-de-Marne.
00:48Quatre hommes cagoulés les avaient enlevés à la veille à leur domicile dans Lyon.
00:52Là, on parle d'une opération hautement sensible pour vous et vos hommes.
00:56Oui, il s'agit d'une opération extrêmement sensible puisqu'il s'agit d'un enlèvement avec des otages.
01:01Et lorsque la vie humaine est en jeu, notre devise est s'engager pour la vie.
01:05Lorsque la vie humaine est en jeu, on met tous les moyens disponibles dans un temps extrêmement bref pour les
01:10libérer.
01:11Un temps extrêmement bref parce qu'il y a une course contre la monte.
01:13On se souvient dans cette affaire, vous étiez intervenu notamment autour de David Ballant,
01:18donc également à la tête d'une entreprise de crypto-monnaies.
01:22À chaque fois, il y a un risque et là, en l'occurrence, c'était la mutilation.
01:26Tout à fait. Dans les affaires de crypto-rap, il y a énormément de violence.
01:30Il y a parfois des actes de torture, des personnes qui sont particulièrement malmenées.
01:36Et donc, l'enjeu, c'est d'aller extrêmement vite pour qu'elles aient le moins de sévices possibles.
01:41Et il faut les libérer, saine et sauve le plus rapidement possible.
01:43Vous nous racontez comment ça s'est passé, par exemple, ce 14 avril.
01:47Comment on se met en place ? Comment on arrive dans cette chambre d'hôtel ?
01:50Puisque cette mère et ce fils étaient détenus dans une chambre d'hôtel partie de Lyon pour la région parisienne.
01:57Comment on se met en place ? J'imagine que vous n'allez pas raconter les négociations, mais on négocie
02:00avec les ravisseurs ?
02:01Alors, on met en place un maximum de capacités de l'unité qui sont intégrées,
02:05des capacités d'interpellation, des capacités de filature, du renseignement humain, du renseignement technique.
02:11Et on est directement plugés aux enquêteurs et on est capables de vérifier chaque information.
02:18On est capables de faire des levées de doutes et parfois de façon furtive.
02:21Et on va exploiter chaque renseignement, on va utiliser chaque indice pour essayer de remonter progressivement aux ravisseurs.
02:28Et c'est ce qui a été fait dans Lyon en moins de 24 heures.
02:30On a pu réussir à remonter à cet hôtel avec les éléments que nous donnaient les enquêteurs.
02:34On a pu vérifier ces informations, retrouver la trace des auteurs et c'est ainsi qu'on a pu libérer
02:39les otages.
02:39Dans une toute petite chambre d'hôtel ?
02:41Dans une toute petite chambre d'hôtel, tout à fait.
02:43Donc là, vos hommes, comment ils sont entraînés ? Ils rentrent et dans ce studio, vous êtes armés.
02:49Thomas, vous le demandez pendant la publicité.
02:51Votre arme est d'ailleurs chargée.
02:55Elle est chargée, tout à fait.
02:56Elle est chargée.
02:58Vos hommes, ils peuvent tirer ?
03:00Oui, ils peuvent tirer.
03:01Mais en l'espèce, la plus-value du GIGN, c'est certainement d'aller extrêmement vite pour exploiter le renseignement,
03:06retrouver les auteurs, retrouver les otages.
03:09On n'a pas eu besoin de faire usage de nos armes parce qu'on a été extrêmement fulgurant, extrêmement
03:14rapide.
03:14Et c'est vraiment toute la plus-value qu'on peut apporter sur ces opérations qui sont assez techniques.
03:19Et notre rapidité d'intervention est vraiment le point clé.
03:22Comment ils sont formés, vos hommes ?
03:24Ils sont formés sur un temps extrêmement long.
03:26Déjà, on les sélectionne sur des sélections extrêmement drastiques.
03:29Et ensuite, on prend un an à les former.
03:31Un an à les former ?
03:32Un an sur toutes les techniques, le tir, le sport de combat.
03:37On prépare mentalement également nos hommes et nos femmes d'ailleurs à s'engager et à se préparer aux pires
03:43situations
03:43pour prendre les bonnes décisions au bon moment.
03:46Ces crypto-monnaies et ces ravisseurs, on l'a dit, il y a une recrudescence.
03:49Aujourd'hui, c'est ce à quoi vous êtes le plus confronté dans votre quotidien ?
03:53Actuellement, c'est une des menaces principales.
03:55Tout à fait.
03:55Les crypto-rapes, c'est vraiment un sujet d'actualité.
03:58Il y a d'ailleurs deux situations.
03:59Il y a la situation de crypto-rapes qui est déjà achevée lorsque nous avons connaissance des faits.
04:05Donc là, on appuie les enquêteurs.
04:06Et puis, il y a la situation qu'on a décrite avec l'affaire de Lyon, effectivement,
04:10où on a des otages en cours.
04:11Et là, il faut aller extrêmement vite.
04:13Ce que vous avez raconté, les profils de ces ravisseurs.
04:16On entendait hier le procureur sur RTL de Bordeaux expliquer qu'en fait,
04:20c'était des jeunes gars qui étaient recrutés aujourd'hui sur Internet.
04:23Pas des pros, d'une certaine manière.
04:25J'imagine que ça complique vos interventions parce que ces jeunes gars,
04:29pas formés, ils sont à peu près à tout, non ?
04:31C'est un petit peu le danger auquel nous sommes confrontés.
04:35C'est qu'il y a des commanditaires qui sont parfois à l'étranger
04:38qui commandient des opérations avec un plan à mener,
04:41avec des recruteurs qui recrutent pour un fait, via les réseaux sociaux,
04:45des personnes qui réalisent ces actions, qui réalisent ce plan.
04:49Donc là, typiquement dans Lyon, les ravisseurs, c'était des jeunes gars recrutés sur Internet ?
04:54C'est ça.
04:55C'est des gens qui sont recrutés sur Internet pour quelques milliers d'euros
04:59pour réaliser un fait, tout à fait.
05:01Et donc, ces personnes ont un plan à accomplir,
05:04on leur demande d'être violents, et ils le sont.
05:07Violents, ça peut aller donc jusqu'à la mutilation, jusqu'à la mort ?
05:09Ça peut aller jusqu'à la mutilation, et la mort est toujours une hypothèse possible
05:14puisque quand vous avez des personnes vulnérables, des personnes âgées
05:16qui ne sont pas forcément nourries, pas forcément hydratées, qui sont mutilées,
05:20on ne sait pas ce qu'ils peuvent advenir.
05:22Ils peuvent avoir des antécédents médicaux,
05:25et donc c'est pour ça que c'est une course contre la montre
05:27qu'il faut les libérer le plus rapidement possible.
05:29La cryptomonnaie, on l'a dit, aujourd'hui c'est finalement l'un des fléaux
05:33auxquels vous êtes le plus confrontés.
05:35On parle beaucoup dans les médias de la DZ mafia, la drogue.
05:39Là aussi, vous êtes en intervention.
05:41Oui, il y a eu ce coup de filet dont on a parlé à Marseille, Octopus.
05:46Donc là, on n'est engagé pas uniquement au moment des interpellations,
05:49on est engagé en amont de l'opération.
05:51On a une composante d'observation-recherche,
05:53on a du renseignement humain, du renseignement technique,
05:56des filatures, des poses de capteurs,
05:58qui nous permettent d'appuyer, d'aider les enquêteurs
06:00à retrouver, à identifier les auteurs,
06:02et pour in fine les interpeller.
06:04Interpeller, ceux-là, ils sont extrêmement dangereux.
06:07Vos hommes risquent leur vie ?
06:08Oui, ils risquent leur vie, ils mettent leur vie dans la balance.
06:11Ça fait partie du contrat initial.
06:12On fait tout pour repousser l'usage de la violence.
06:15On fait tout pour éviter de s'exposer
06:17par la fulgurance, par l'effet de surprise.
06:19Mais à un moment donné, la confrontation est possible
06:21et nous y sommes préparés.
06:23Mais par exemple, au procès d'Aix,
06:24où les têtes de la Z mafia étaient sorties de prison
06:27pour aller comparaître,
06:28c'est vos hommes qui les ont sorties de prison,
06:31l'extraction et qui les a menées tous les jours ?
06:34Alors, nos hommes ont contribué à ces extractions.
06:36On n'a pas été seuls.
06:37Il y a un dispositif de l'administration pénitentiaire,
06:39également de la police nationale.
06:41Donc, c'est un dispositif assez mixte.
06:44Racontez-nous ces extractions.
06:45Alors, vous n'êtes pas les seuls,
06:45mais racontez-nous ces hommes-là
06:46qu'on décrit comme des monstres à sang-froid
06:49qui, depuis la prison,
06:53même revendiquent des interventions extérieures.
06:55Face à vos hommes, ils jouent les gros bras ?
06:58En général, on ne leur laisse pas la possibilité
06:59de jouer les gros bras.
07:00C'est-à-dire qu'on est assez ferme,
07:04c'est-à-dire qu'on est très professionnels,
07:06on est très courtois avec eux,
07:08mais on est très professionnels,
07:09on fait ce qu'il faut pour qu'ils ne s'échappent pas.
07:12Donc, avec un dispositif qui est très étoffé,
07:15de sécurité très étoffé,
07:17s'il faut utiliser des véhicules blindés,
07:20on utilise des véhicules blindés.
07:21S'il faut utiliser des hélicoptères,
07:22on utilise des hélicoptères.
07:24et nos hommes ne leur parlent quasiment pas comme ça.
07:27Donc, c'est très professionnel.
07:30Aujourd'hui, vous êtes à Visage Découvert.
07:31Ici, on vous voit sur RTL.fr.
07:33Vos hommes, ils ont une cagoule ?
07:34Alors, oui, effectivement,
07:35ils sont protégés par l'anonymat.
07:37Est-ce que ça, c'est important ?
07:39En gros, ces hommes...
07:39On a vu, par exemple, Amine Kessassi,
07:41qui, aujourd'hui, est protégé,
07:44est obligé d'avoir un gilet pare-balles
07:45parce que peur des représailles.
07:47Vos hommes, il y a des représailles dans le quotidien ?
07:49Leurs familles ?
07:49Leurs enfants qui vont à l'école ?
07:52Pour l'instant, nous n'avons pas eu
07:53de représailles,
07:55mais justement, nous insistons sur la furtivité,
07:57la discrétion sur nos opérations
07:59pour éviter de...
08:00Ce n'est pas uniquement pour notre protection,
08:02c'est pour aussi se réengager sur d'autres affaires.
08:04Donc, on ne veut pas être divulgués,
08:06on ne veut pas être dévoilés par nos adversaires.
08:08Donc, l'anonymat est requis
08:09pour vos mille hommes et femmes.
08:11En gros, ils ne disent pas qu'ils sont dans le GIGN.
08:14Ils sont relativement discrets.
08:15Donc, leur famille, évidemment,
08:17on n'est pas non plus une unité de renseignement.
08:19Donc, on dit ce que l'on fait,
08:20mais on ne va pas trop dans le détail.
08:22On ne raconte pas trop à ses proches
08:23tous les détails des opérations.
08:25Ce n'est pas forcément nécessaire.
08:26On le comprend, hein ?
08:27On risque sa vie tous les jours.
08:28En tout cas, il y a une intensité.
08:29On gagne combien quand on est au GIGN ?
08:31On gagne très bien sa vie.
08:32On gagne sa vie comme un gendarme.
08:34Tous les gendarmes.
08:35Et puis, on a une prime un peu supplémentaire
08:38puisque nous avons notamment la prime parachutiste.
08:40Donc, c'est un petit supplément de prime.
08:42Mais ça veut dire combien ?
08:43Gagner très bien sa vie quand on est gendarme
08:45et avec cette prime supplémentaire,
08:47c'est de quel ordre ?
08:48C'est à peu près 20% en plus
08:49que l'essentiel des gendarmes.
08:51Donc, ça, c'est public.
08:52Vous pouvez regarder sur les grilles
08:54de la fonction publique.
08:55Mais on ne s'engage pas pour l'argent.
08:57Non, je comprends bien.
08:57Mais c'est pour comprendre.
08:58Au contraire, moi, j'allais vous dire,
08:59ça doit être peu payé par rapport au risque qu'on prend.
09:01C'est combien ?
09:02Quelques milliers d'euros ?
09:03Combien ?
09:03C'est quelques milliers d'euros, tout à fait.
09:05Quelques milliers d'euros tous les mois
09:06que mes gendarmes ont.
09:08Mais ils s'engagent pour complètement autre chose.
09:10Ils s'engagent pour l'intérêt de la mission
09:12et puis pour des valeurs.
09:15Des valeurs qui...
09:17Rien ne motive plus mes gendarmes
09:18que de libérer des otages
09:19comme ça a été le cas dans Lyon le mois dernier.
09:21Les nouvelles technologies utilisées par les malfrats,
09:23par exemple, les drones,
09:24l'intelligence artificielle,
09:26vous êtes formés à ça ?
09:27C'est quelque chose, aujourd'hui,
09:28avec lesquels vous devez composer ?
09:31Oui, il faut composer
09:32puisque les délinquants face à nous s'adaptent
09:34et nous devons nous adapter.
09:36Nous devons toujours avoir un temps d'avance
09:37sur la délinquance de demain
09:39en s'intéressant déjà à ce qui se fasse aujourd'hui.
09:41Aujourd'hui, la menace, c'est quoi ?
09:43C'est effectivement...
09:44Vous avez parlé de l'intelligence artificielle
09:46qui est une révolution majeure.
09:47Il faut prendre ce virage de l'intelligence artificielle.
09:49Mais comment, par exemple,
09:50le GIGN intègre l'intelligence artificielle ?
09:52Et les drones,
09:54aujourd'hui, ça peut être un outil d'aide à la décision
09:56pour comprendre une situation.
09:57Je vous ai parlé de la guerre du temps.
09:59Il fallait aller extrêmement vite.
10:00Et l'intelligence artificielle,
10:01vous êtes là-dedans ?
10:02Elle pourra nous aider,
10:03elle peut nous aider,
10:04elle pourra nous aider davantage
10:05pour aller encore plus vite,
10:06pour comprendre une situation,
10:07nous aider à prendre les bonnes décisions
10:08le plus rapidement possible.
10:10Les drones, c'est par exemple pour les gofas ?
10:11Puisque vous intervenez aussi pour les gofas ?
10:13Vous les stoppez, ces gofas ?
10:14Les drones, ça vous aide là-dedans, par exemple ?
10:16Ça peut nous aider à obtenir
10:18du renseignement supplémentaire.
10:19On peut les déployer.
10:20Mais le drone, on le regarde,
10:22c'est un appui pour nous,
10:23mais ça peut être également une menace face à nous.
10:26Je pense notamment à l'étranger.
10:27Lorsque l'on a des menaces de drones,
10:30on l'a vu en Ukraine,
10:31on le voit au Proche et Moyen-Orient,
10:32quand on protège des sites sensibles à l'étranger,
10:36la problématique des drones
10:37fait partie de notre analyse de la menace.
10:40Puisque vous protégez notamment
10:40des ambassades à l'étranger ?
10:41On protège des ambassades.
10:43Aujourd'hui, on protège 10 dispositifs
10:44de protection d'autorité à l'étranger.
10:46J'ai 50 gendarmes qui sont projetés en permanence.
10:48Au Moyen-Orient, là, avec le conflit actuel,
10:50vous êtes déployés ?
10:51On est déployés en Irak.
10:52Tout à fait, on a plusieurs dispositifs
10:54de protection en Irak.
10:55Merci, mon général, c'était passionnant.
10:56Merci d'être venu ce matin sur RTL.
10:58Une petite question.
10:59Il faut combien de temps pour vous déployer ?
11:00Parce que c'est toujours très impressionnant.
11:01Quand il se passe quelque chose,
11:02hop, le GIGN arrive.
11:03Comment vous faites ?
11:03On a une alerte H24.
11:06À moins de 30 minutes,
11:07tout moyen réunion doit être capable
11:12où vous grillagez le territoire, en fait.
11:14On a nos antennes qui, effectivement,
11:16on a un dispositif qui est en région parisienne,
11:19assez étoffé.
11:19Et on a nos antennes qui sont nos têtes de pont,
11:21qui sont nos yeux avancés,
11:22nos éléments avancés.
11:23Et on peut engager ces antennes.
11:25Et en complément, on engagera
11:26le reste de nos forces depuis Versailles.
11:29C'est peut-être pour ça que vous êtes tellement rassurant.
11:30Merci beaucoup.
11:31Merci, Marc-Olivier.
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