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  • il y a 2 semaines
Regardez Face à Fogiel du 14 octobre 2026.

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Transcription
00:00Même l'avenir, RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:07Et avec Marc-Olivier Fogiel à 8h17, après la polémique autour de son arrivée avortée à France Inter,
00:12le nouveau patron de Valeurs Actuelles doit maintenant convaincre qu'il peut changer l'image de son journal.
00:17Ce matin, Marc-Olivier, vous recevez donc le directeur par intérim de la rédaction de Valeurs Actuelles, c'est Charles
00:22Sapin.
00:22Bonjour Charles Sapin.
00:24Bonjour Marc-Olivier Fogiel.
00:25L'annonce de votre arrivée à France Inter avait provoqué une fronde, une grève.
00:28Vous avez finalement jeté l'éponge.
00:30Non.
00:32Finalement, vous avez refusé ce qu'on vous a proposé.
00:34Ils ont débranché la chronique qu'ils m'avaient proposé.
00:36On va y venir. Vous êtes une des nouvelles figures de Valeurs Actuelles.
00:40Pour commencer, est-ce que vous comprenez qu'un journal qui a été condamné lourdement pour des choses graves
00:47puisse finalement être disqualifié ?
00:49On ne peut pas confier un édito politique à un journal condamné pour un jure raciste.
00:55Écoutez, je vais vous dire, il ne faut pas être dupe.
00:57Et en l'occurrence, moi je pense que ça a été un prétexte.
01:03Quand vous regardez l'histoire des grands et des petits journaux, ils ont tous commis des fautes.
01:07Parfois extrêmement graves.
01:10Moi ce que je remarque, c'est qu'il y a des journaux pour qui il est tout naturel de
01:14passer l'éponge et d'autres non.
01:16Quand on est à plus de 10 ans après les faits, quasiment 10 ans, 7 ans pour être précis,
01:21ce qui compte plus encore que la faute, aussi grave soit-elle, c'est comment le journal a réagi.
01:27Or, après l'affaire Obono, puisqu'on parle de ça...
01:30C'était cette une avec Daniel Obono, en esclave en tout cas.
01:34C'était dans le journal, mais ce n'était pas une une.
01:36Et si vous voulez, non seulement Valeur Actuelle s'est excusée,
01:40mais ensuite, les actionnaires ont changé, le directeur général a changé.
01:44Laissez-moi terminer, le directeur de la rédaction a changé.
01:46Laissez-moi vous poser une question.
01:47Les deux tiers des journalistes ont été renouvelés, même les murs ont changé.
01:51Vous, Daniel Obono, en esclave, ou Rome, l'overdose, vous n'auriez pas fait dans Valeur Actuelle ?
01:57Ah non, mais pas du tout.
01:58Tous ceux qui me connaissent d'ailleurs, et avec qui j'ai pu travailler, le savent.
02:03Comment ça s'est passé ?
02:04Puisqu'il y a eu cette grève à France Inter, vous allez nous raconter comment vous l'avez vécu,
02:08mais on est venu vous chercher en connaissance de cause, vous, le nouveau journaliste de Valeur Actuelle ?
02:13Alors, je vais vous raconter l'histoire.
02:14Alors, si vous voulez, le 7 juillet, la lettre A révèle que je quitte le point pour rejoindre Valeur Actuelle
02:23et devenir directeur adjoint de la rédaction.
02:25Une semaine plus tard, le 15 juillet, j'ai la direction de France Inter au téléphone
02:30et qui m'appelle en disant, qu'est-ce que tu fais ?
02:33Tu es complètement dingue, pourquoi tu vas à Valeur Actuelle ?
02:36Et en fait, j'ai une conversation, et j'explique pourquoi j'y vais, et j'explique le projet.
02:41Mais à l'époque, vous n'avez pas encore de contact avec France Inter, on vous appelle pour ça.
02:45Exactement, c'est la direction de France Inter qui m'appelle, et j'explique que ma venue à Valeur Actuelle
02:51accompagne un large repositionnement du titre.
02:53On discute, et là, on tombe d'accord sur un constat, à mon avis, qui est beaucoup partagé dans le
02:59pays.
02:59C'est que nous sommes dans une séquence de polarisation extrême, à la veille d'une présidentielle capitale
03:05où le pays est totalement fracturé.
03:08Et ça, on le regrette.
03:10Et on se dit que le meilleur antidote possible à cette fracturation du pays,
03:14c'est du débat.
03:15Et c'est ainsi que, bon an, mal an, cette conversation aboutit sur cette proposition.
03:20C'était quoi la proposition ?
03:21C'était une proposition de faire une chronique, le week-end, le matin,
03:27donc c'était à 7h43 de mémoire, donc c'était, voilà, 150 secondes hebdomadaires.
03:31Donc, proposition de France Inter, et là, c'est l'explosion, puisque, donc, menace de grève,
03:38grève, parce que, finalement, le journaliste de Valeur Actuelle, les gens disent,
03:42c'est pas vous le problème, c'est le journal que vous représentez,
03:45un journal, donc, qui a été condamné, c'est inacceptable.
03:49Finalement, la porte de sortie a été de vous proposer un débat,
03:53puisque il y a eu cette grève, débat que vous avez refusé.
03:56Exactement.
03:57Dans le pluralisme que vous décrivez, pourquoi refuser un débat, en fait ?
04:00En fait, c'est très simple.
04:01Moi, le débat, je l'ai chevillé au corps.
04:04J'adore débattre.
04:05J'adore débattre sur RTL, quand vous me faites l'honneur de m'inviter
04:09pour, voilà, débattre avec Thomas Legrand,
04:11ou sur France Info, Canal 16, face à Rocaille et Diallo.
04:15Le problème, c'est qu'à partir du moment où la direction de France Inter,
04:18et Dieu sait que ça fait beaucoup de monde,
04:21valide une proposition de chronique qu'ils n'arrivent pas à imposer à leurs équipes,
04:26ça veut dire qu'ils n'ont pas la main sur leur rédaction.
04:28Je vais pas dire, ok, on change de format,
04:29parce que le prochain format, pareil, ça va bloquer.
04:32Et si vous voulez, moi, je peux pas m'engager avec une rédaction
04:36qui ne tient pas parole et qui n'a pas la main sur ses troupes.
04:39Ici, on essaye de comprendre, on parle de pluralisme,
04:41on parle de diversité, ce qu'on essaye de faire ici avec le Vivre Ensemble.
04:43Ça dit quoi de l'audiovisuel public, selon vous ?
04:46Bah écoutez, c'est une très bonne question.
04:50Moi, déjà, je voudrais, au risque de vous étonner,
04:52je vais vous dire, pendant cette séquence,
04:53j'ai reçu énormément de messages de soutien de journalistes de Radio France,
04:57y compris de France Inter.
04:58Ce qui me fait dire que les journalistes étaient loin d'être majoritaires
05:02dans cette minorité radicalisée
05:05qui ont fait de ces 150 secondes de chronique
05:07tous les dimanches à 7h40 du matin à Casus Belli.
05:11Et ça dit quelque chose.
05:12Et ça dit quoi ?
05:13Bah, si vous voulez, ça dit que vous avez une minorité radicalisée,
05:18des syndicalistes professionnels, des grognons
05:21qui bloquent une antenne et qui bloquent le beau projet
05:24qui était celui de Radio France,
05:25de faire en sorte que dans un pays complètement fracturé,
05:27vous avez un moment dans la semaine
05:28où tous les morceaux du puzzle sont en même temps,
05:30au même endroit.
05:31Et donc, il y a eu une rémission d'enquête sur l'audiovisuel public
05:33avec un rapporteur, Charles Lalonde,
05:35qui pointait donc finalement un audiovisuel radicalisé.
05:38Vous arrivez aux mêmes conclusions ?
05:41Non, pas du tout.
05:42Moi, je pense qu'il ne faut pas dire
05:43que l'audiovisuel public est radicalisé.
05:46Vous voyez, moi, j'ai beaucoup de plaisir
05:47à débattre sur France Info, Canal 16.
05:49Je dis juste qu'il y a un moment,
05:50il y a une partie dans le pays,
05:51mais ce n'est pas que dans le service public.
05:53C'est que vous avez une partie de la gauche
05:55qui, en fait, a lâché la rampe,
05:57qui, en fait, prend en otage la démocratie,
06:00qui n'est plus un moyen de débattre
06:01entre personnes qui ne sont plus d'accord,
06:03qui est, en fait, une façon d'exclure
06:05des gens qui ne sont plus d'accord.
06:07On nazifie des gens avec qui on n'est pas d'accord,
06:09on leur coupe le micro
06:09et tout le monde trouve ça très normal.
06:10Et cette direction qui vous avez contactée,
06:12vous dites à tous les niveaux,
06:13au plus haut niveau de Radio France,
06:14qui avait donc validé votre arrivée.
06:16Il y a plus de gens à la direction de Radio France
06:18que de journalistes à valeur actuelle.
06:20Mais finalement, elle a abdiqué.
06:23Oui, clairement.
06:24Vous dites quoi ?
06:25Je leur dis...
06:26Vous savez, moi, je suis un garçon poli.
06:28On m'invite, j'y vais.
06:29On m'invite plus, j'y vais plus.
06:31J'ai beaucoup de boulot dans mon journal.
06:32J'ai beaucoup de plaisir à venir sur d'autres antennes,
06:34y compris la vôtre.
06:35Je n'ai rien à leur dire.
06:36Je trouve ça juste...
06:38Vous trouvez quoi ?
06:39Vous trouvez que c'est lâche ?
06:41Vous trouvez que ce n'est pas courageux ?
06:42Vous trouvez que c'est quoi ?
06:43Qu'ils auraient dû persister ?
06:45Je trouve ça effrayant.
06:46Je pense que s'il y a un combat à mener,
06:48c'est celui-là.
06:48C'est-à-dire qu'évidemment qu'il faut qu'il y ait des gens
06:51qui ne pensent pas pareil et qui discutent ensemble.
06:53Parce que dans le climat dans lequel nous sommes,
06:56le débat, la confrontation d'idées
06:57est le meilleur antidote.
06:59Et si vous laissez un esprit de sectarisme s'installer,
07:02en fait, c'est fini.
07:04Là, vous parlez d'esprit de sectarisme.
07:07La façon dont ça a été raconté par Jean-Luc Mélenchon,
07:09votre arrivée, par exemple, à France Inter,
07:10c'est qu'il dénonçait une colonisation par les fachos.
07:14Oui, mais alors, génial.
07:15Vous savez que, oui, j'ai vu que Jean-Luc Mélenchon
07:18m'avait fait l'honneur de plusieurs tweets.
07:20Il avait cité Valeurs Actuelles.
07:22Moi, vous voyez, j'aime tellement le débat
07:24que je lui ai envoyé un texto, un SMS,
07:26en disant, cher Jean-Luc Mélenchon,
07:28transformons ces tweets en conversation.
07:31Je vous invite pour une grande interview dans mon journal.
07:34J'attends toujours la réponse, en fait.
07:36Journal qui change demain, c'est bien qu'il fallait changer,
07:38puisque c'est une nouvelle formule que vous venez présenter
07:41et dont vous avez la charge.
07:42L'ancien journal ne vous convenait pas, donc ?
07:45Moi, je n'appartenais pas à ce journal à l'époque.
07:48Donc, je veux dire, je ne vais pas...
07:49Oui, mais là, vous en proposez une nouvelle formule.
07:51Moi, je ne pilote pas dans le rétro, quoi.
07:53Je veux dire, moi, je suis venu pour faire un nouveau journal.
07:57Vous étiez au Figaro avant, au point.
07:59Exactement.
07:59Ce nouveau journal, c'est un journal de droite ?
08:01C'est un journal de droite, en effet.
08:03C'est un journal de conviction, si vous voulez.
08:05C'est un journal...
08:06Valeur actuelle garde la ligne originelle,
08:08qui était celle que Raymond Bourgine,
08:11le fondateur du journal, il y a 60 ans, a choisie.
08:13C'est une ligne libérale conservatrice.
08:16Assumée.
08:17Assumée.
08:17Et si vous voulez...
08:19Pas d'opinion.
08:20Alors, il y a de l'opinion, il y a des chroniqueurs.
08:22Mais si vous voulez, nous, ce qu'on veut faire,
08:24c'est un journal de droite,
08:27assumé, ancré,
08:28qui croit profondément en des idées,
08:30mais jamais, jamais en ceux qui les portent,
08:32qui fait sienne la devise des hussards.
08:34Vous savez, c'est l'amour du style
08:37et l'impertinence en étendard.
08:39Mais quelle est la différence avec les journaux
08:40de Vincent Bolloré, en fait, aujourd'hui ?
08:42Quelle est la différence entre votre valeur actuelle de demain
08:44et JD News ?
08:45Ben, ça ne vous a pas échappé que, en fait,
08:47le groupe Bolloré, c'est un groupe.
08:49On n'est pas dedans.
08:49Oui, d'accord, mais ça ne me dit pas la différence éditoriale.
08:53C'est quoi la différence ?
08:53Eh ben, vous allez lire, vous allez voir la différence.
08:55Moi, je ne me positionne pas par rapport aux autres titres.
08:57Nous, ce qu'on veut faire, c'est un journal,
08:59si vous voulez, extrêmement...
09:01Il y aura une règle, si vous voulez,
09:02c'est le respect d'une orthodoxie journalistique.
09:05C'est-à-dire, les faits d'abord,
09:08des faits qui sont vérifiés,
09:10qui sont sourcés avec un contradictoire systématique.
09:13Avec du pluralisme,
09:14puisque le pluralisme que vous dénoncez
09:15que France Inter n'a pas eu,
09:17est-ce que là, il y aura du pluralisme
09:18dans votre journal de droit de conservateur ?
09:20Ben, exactement.
09:21Ça passera par deux biais, s'il vous plaît.
09:23Déjà, on aura des chroniqueurs
09:24qui ne pensent pas que nous.
09:25Qui par exemple ?
09:27Chaque semaine, on a une case, en fait,
09:29qui s'appelle le quartier libre.
09:30Vous avez des gens qui ne sont pas
09:31dans la ligne de valeur actuelle et qui parlent.
09:33Marlène Chappas,
09:34vous allez avoir François Rugy,
09:36vous allez avoir Noël Lenoir,
09:37vous allez avoir Stéphane Ravier.
09:39Et puis aussi, il y aura des interviews
09:41avec des gens qui sont vraiment orthogonaux
09:43avec notre ligne éditoriale.
09:44On va, nous, pas nier ce que nous sommes,
09:47parce qu'on aura des questions un peu péchues.
09:49Mais on va leur laisser énormément de place.
09:51Parce que le débat, c'est important.
09:52Plus de dérapage.
09:54Ah non, plus de dérapage.
09:55Et d'ailleurs, le fait d'aller me chercher, moi,
09:57pour diriger ce titre,
09:58c'est bien la preuve qu'il n'y aura plus
09:59jamais d'affaires au bono.
10:01Si France Inter vous rappelle, vous y retournez ?
10:03Bien sûr, tout sera pardonné.
10:05Mais bon, le problème, c'est qu'il faut d'abord
10:07qu'ils mettent de l'ordre chez eux.
10:09Merci Charles Sapin d'être venu ce matin sur RTL.
10:11Le nouveau valeur actuelle demain matin dans les kiosques.
10:14Merci à vous.
10:14Merci beaucoup.
10:15Merci Marc-Olivier.

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