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  • il y a 14 minutes
Regardez Face à Fogiel du 02 avril 2026.

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Transcription
00:00L'avenir. RTL Matin. Thomas Soto.
00:05Il est 8h18, Donald Trump a le sens de la formule. Cette nuit encore, il a dit qu'il voulait
00:09ramener l'Iran à l'âge de pierre.
00:11Comment décrypter les propos, les tirades de ce président décidément sans filtre ?
00:15On en parle avec votre invité Marc-Olivier Fogiel et c'est donc Corentin Sélin, professeur agrégé d'histoire et
00:20spécialiste des Etats-Unis.
00:21Bonjour Corentin Sélin.
00:23Bonjour.
00:23Dans la tête de Trump, vaste programme. Thomas le disait, donc, les zigzags déjà sur le fond de Donald Trump.
00:30On s'engage contre l'Iran sur le long terme, puis après ça s'arrête.
00:35Maintenant, réduire à l'âge de pierre l'Iran. Est-ce que Trump sait où il va ?
00:40Alors effectivement, c'est la grande question et c'est très difficile d'y répondre puisqu'on est noyé littéralement
00:47par le nombre d'interventions de Donald Trump
00:50puisqu'effectivement, il est intervenu officiellement cette nuit, mais hier, il a fait des interviews fracassantes, par ailleurs, au Daily
00:58Telegraph, à Reuters,
01:00en annonçant qu'il réfléchissait très sérieusement à retirer les Etats-Unis de l'OTAN et c'est ainsi depuis
01:05un mois.
01:05C'est-à-dire que depuis un mois, il noie le monde entier avec des déclarations qui se contredisent d
01:11'heure en heure
01:12et qui ne répondent pas à la question essentielle, c'est qu'allait-il faire, non pas dans cette galère,
01:19mais en Iran et comment en sortir ?
01:22Mais je vais être cash, est-ce qu'il est dingue ?
01:25Ou alors tout ça, au contraire, c'est totalement réfléchi et c'est une stratégie qui nous perd,
01:30mais lui, il n'est pas totalement dingue, il sait exactement ce qu'il fait.
01:34Alors, on laissera de côté l'apticatrie qui n'est pas mon domaine, ensuite, si on vient sur ses idées
01:41à lui.
01:42Alors, ça fait très longtemps, on voit des idées à lui qui sont très fermes, c'est-à-dire que
01:48Trump est un persuadé, un convaincu de la toute-puissance américaine.
01:52Il est fasciné par la toute-puissance militaire américaine.
01:55D'ailleurs, intéressant de noter que depuis le début de la guerre, quand on lui fait un briefing,
01:59on lui passe des vidéos d'une minute, une minute trente, où on voit des bombardements qui réussissent,
02:04il est fasciné par la toute-puissance militaire américaine.
02:08Deuxièmement, il veut que les Etats-Unis soient respectés.
02:11Pour lui, une des grandes clés de l'analyse de Donald Trump sur le monde, depuis son entrée en politique,
02:15c'est que les Etats-Unis n'étaient plus respectés.
02:16Mais c'est assez binaire, donc.
02:17Ah oui, mais en tout cas, il veut que les Etats-Unis soient respectés et que cette toute-puissance militaire
02:22prévale partout.
02:24Donc ça, il n'a pas changé.
02:26Et par ailleurs, on rappellera quand même que dès son premier mandat, il a retiré les Etats-Unis de l
02:32'accord nucléaire avec l'Iran,
02:35parce qu'il trouvait cet accord faible.
02:36Il trouvait qu'Obama avait beaucoup trop donné aux Iraniens.
02:39Donc, il y a des choses qui sont posées, données...
02:43Il y a des constantes.
02:44Il y a des constantes, exactement, dans la pensée de Trump.
02:47C'est ensuite l'application, la mise en musique qui est très étrange.
02:51Mais alors, ceci posé, il faut aussi dire que Trump, il n'est pas seul.
02:55Autour de lui, il a des équipes qui ne sont pas exactement sur la même ligne.
03:00Il n'y a rien de commun entre un vice-président, J.D. Vance,
03:04qui était très circonspect sur une offensive contre l'Iran,
03:07parce qu'il est dépositaire de la promesse « America first »,
03:11on ne s'occupe que des Etats-Unis, des intérêts américains,
03:13et un Marco Rubio, qui, lui, est nettement plus interventionniste.
03:16Mais comment il tranche dans tout ça ?
03:18C'est quand même cette personnalité très forte,
03:20qui fait que je suis le président, je décide quoi qu'on me dise ?
03:23Oui, alors, c'est là tout le problème.
03:26C'est-à-dire que tous ces conseillers, tous ces proches,
03:30ont décidé, depuis 2024 et depuis la campagne 2024,
03:33de laisser Trump être Trump.
03:35C'est-à-dire qu'on le laisse faire ses improvisations,
03:38on le laisse être lui-même.
03:39Vous appelez ça quand même improvisation, ce matin ?
03:41Oui.
03:41C'est improvisé.
03:42Mais improvisation dans le sens où, on le connaît depuis dix ans,
03:46il a un sens du public, on le voyait en meeting,
03:50on le voit là, il a un sens de la formule,
03:53il cherche à ne pas faire de la politique comme un homme politique traditionnel.
03:57Donc on le laisse faire.
03:58Ça, on le laisse faire.
04:00Et lui tient beaucoup à être le seul décideur.
04:03Ça, c'est clair.
04:04Il y a des corps de rappel ?
04:05Mais il doit arbitrer.
04:07Il doit arbitrer parce qu'autour de lui,
04:09et ça, c'est très classique,
04:10il y a des factions, je viens d'en rappeler,
04:12on va dire la principale,
04:14c'est-à-dire, d'une part,
04:16ceux qui se sont ralliés à lui, comme Marco Rubio,
04:18mais qui sont restés interventionnistes,
04:20et de l'autre, ceux qui, comme Vance,
04:22lui rappellent la promesse américaine.
04:24Mais vous parlez de ce sens du public.
04:26On l'attendait cette nuit, sur la guerre,
04:28est-ce qu'il prolongeait ?
04:30Est-ce qu'il arrêtait ?
04:31Il fait cette sortie de route sur Macron
04:34et la supposée gifle de Brigitte Macron.
04:36Ça se décrypte comment ?
04:37On va reprendre certaines des dernières sorties,
04:40où il parle de sexe,
04:42il dit que les Iraniens auraient voulu
04:46qu'il soit le guide suprême.
04:48On se dit, mais qu'est-ce qui lui passe par la tête ?
04:50Qu'est-ce qui lui passe par la tête
04:51quand, cette nuit,
04:52il parle d'Emmanuel Macron dans ses termes ?
04:54Alors, sur le président Macron,
04:57je crois qu'il y a deux choses.
04:59Premièrement, c'est une constante, là aussi.
05:01Ça fait des années, y compris en campagne,
05:04que Donald Trump moque Emmanuel Macron.
05:06pour deux raisons.
05:07Premièrement, il y a un sentiment anti-français aux Etats-Unis
05:14qui est très fort.
05:15L'association, en particulier dans le Midwest,
05:17il y a un vieux cliché du français
05:19qui n'est pas très masculin,
05:22qui n'est pas très macho.
05:23Exactement l'inverse de l'image que veut donner Trump.
05:26Trump, il veut affirmer justement la puissance,
05:29la force.
05:29Donc, il le fait à dessein par rapport à son électorat.
05:33Ça flatte son électorat
05:35d'aller accrocher Emmanuel Macron.
05:37Oui, oui, puisqu'il le faisait très souvent en campagne.
05:40Une de ses imitations favorites en campagne en 2024,
05:43c'était d'imiter Emmanuel Macron au téléphone,
05:47soi-disant, selon Donald Trump,
05:49s'écrasant devant lui.
05:51Et donc, il aime jouer sur cette image
05:53parce que ça fait ressortir, selon lui, son image de force.
05:55Mais quand, par exemple, il est sur Fox News cette semaine,
05:58on l'attend sur l'Iran
05:59et il préfère commenter l'allure de l'une des animatrices
06:02avec qui il avait déjeuné des années auparavant.
06:03Vous êtes encore plus belle.
06:06Selon nos codes à nous, on regarde ça,
06:08on le voit sur Fox News,
06:10il va dire quelque chose d'intéressant sur l'Iran,
06:12il part sur l'allure de la présentatrice
06:15et il la drague en direct.
06:17Ça, ça dit quoi de lui ?
06:19Mais, alors, ça dit premièrement
06:21qu'il a toujours considéré que la présidence
06:23n'est qu'un aspect supplémentaire
06:25de son entreprise de spectacle.
06:27C'est quelqu'un qui a toujours été
06:28dans l'entreprise de spectacle.
06:30Surtout depuis une vingtaine d'années
06:32avant la présidence.
06:33Eh bien, il continue à faire
06:35une forme d'entreprise de spectacle.
06:36Alors, évidemment, c'est très déstabilisant
06:38parce qu'on attendrait
06:40quelque chose de beaucoup plus cadré.
06:42Mais en même temps,
06:43par rapport à son électorat, je veux dire...
06:45Oui, mais c'est ça qui est intéressant
06:46parce que c'est...
06:46Est-ce que ça, ça marche sur son électorat ?
06:48Quand vendredi dernier,
06:49il s'est rendu dans un sommet d'investisseurs
06:50en Floride,
06:51il leur a assuré
06:52qu'il pouvait lui poser n'importe quelle question,
06:53même parler de sexe.
06:55On est en plein dans la guerre en Iran
06:58et il dit aux gens...
06:59Je peux répondre à tout,
07:01on peut parler de sexe.
07:02Est-ce que...
07:02Enfin, nous, on essaie de le décrypter ici,
07:05mais est-ce que ça marche chez lui, en fait ?
07:07Alors, ça a marché suffisamment
07:09pour qu'il soit élu
07:10avec une majorité de voix en 2024.
07:12Mais alors maintenant,
07:13le problème, c'est que justement,
07:14on voit bien que ça marche
07:15moins bien en guerre
07:17parce que, premièrement,
07:19cette guerre en Iran,
07:20c'est une trahison
07:22de son engagement fondateur
07:23qui était de dire
07:24pas de guerre au Moyen-Orient,
07:26pas de guerre longue.
07:27Et c'est pour ça que cette nuit,
07:28il n'arrête pas de dire
07:29mais elle n'est pas si longue que ça,
07:30ma guerre en Iran, etc.
07:31par rapport au précédent historique.
07:33Et deuxièmement,
07:34c'est aussi par rapport...
07:36C'est aussi une trahison
07:37parce qu'il avait promis
07:39de s'occuper des problèmes
07:40quotidiens des Américains
07:41et beaucoup, y compris dans son camp,
07:43comment ça va dire,
07:44mais il ne s'en occupe pas du tout.
07:45Est-ce que ça veut dire
07:45qu'il fait de la forme un peu outrancière
07:47parce que ça,
07:48c'est ce que son public aime
07:51pour masquer le fond
07:52qui lui est reproché ?
07:53C'est-à-dire qu'effectivement,
07:55de la même manière que
07:56pourquoi revient-il sans arrêt
07:58dans les saillies que vous relevez,
08:00il revient sans arrêt
08:01sur Joe Biden ?
08:02Le pauvre Joe Biden,
08:03ça fait deux ans quasiment
08:03qu'il n'est plus au pouvoir,
08:04bon, il combat la maladie.
08:06Pourquoi il va chercher Joe Biden ?
08:07Mais parce que ça plaît à son public
08:08et que ça fait oublier,
08:09effectivement,
08:10les reniements sur le fond.
08:11Donc c'est ça, en fait.
08:12C'est ça, une des clés.
08:14Dans ses outrances,
08:15il n'y a pas des conséquences ?
08:16Quand il parle,
08:17on en parlait tout à l'heure
08:18de Mohamed,
08:18hier, pardon,
08:19de Mohamed Ben Salman,
08:20il dit,
08:21donc le prince héritier
08:22d'Arabie Saoudite,
08:22il ne pensait pas
08:23qu'il devrait me lécher le cul.
08:24Est-ce que ça,
08:25il n'y a pas des conséquences
08:28géopolitiques
08:28à ses outrances ?
08:29Alors,
08:30c'est justement
08:31ce que lui recherche aussi.
08:32C'est-à-dire que
08:32c'est une affirmation
08:34par Trump.
08:35Il se sait tellement
08:36en situation de force
08:37par rapport à Ben Salman,
08:39il sait qu'en disant ça,
08:40l'autre ne pourra rien lui dire.
08:42Et ça,
08:42il y a un côté un peu,
08:45il y a une forme
08:46de monarchisation
08:47du pouvoir
08:48du pouvoir sous Trump.
08:50Et,
08:51en quelque sorte,
08:52il peut dire
08:52tout ce qu'il veut,
08:54tout ce qui passe par la tête.
08:55Et il sait très bien
08:55que les autres lui sont
08:56tellement redevables,
08:58tellement dépendants de lui
08:59qu'ils ne pourront rien lui dire.
09:01Et c'est ça qui se passe,
09:02par exemple, là.
09:02Pour conclure,
09:03puisque là,
09:04c'est Trump,
09:05le prochain,
09:05c'est potentiellement
09:06G.D. Vence,
09:07son vice-président.
09:09Est-ce qu'il est pire ?
09:09Alors,
09:10sans dire pire
09:12ou mieux,
09:13en tout cas,
09:13ce qu'on peut dire,
09:14c'est que Vence,
09:15il est beaucoup plus proche
09:16de la promesse originelle
09:17« America first ».
09:18Il est beaucoup plus,
09:19il est encore plus nationaliste,
09:20encore plus loin de l'Europe.
09:22Et,
09:23surtout,
09:24il,
09:25comment dire,
09:25il est sans doute
09:27sur l'échelon MAGA,
09:28il est encore plus à droite
09:30que Trump
09:30et,
09:32accessoirement,
09:32j'ai dit sur l'Europe,
09:33encore plus proche
09:34de la Russie de Poutine.
09:35En 20 secondes,
09:36les mid-terms,
09:37donc mi-mandat,
09:38c'est en novembre,
09:39vous voyez ça comment pour Trump ?
09:40Une déculottée ?
09:40Ah ben,
09:41pour l'instant,
09:41si la guerre en Iran continue,
09:43pour l'instant,
09:44c'est une déculottée qui s'annonce
09:45et c'est pour ça qu'il doit absolument sortir
09:46de cette guerre en Iran
09:47au plus vite.
09:48Merci Corentin Selin
09:49de ce décryptage
09:49sur RTL.
09:50Merci à vous.
09:51Merci Marc-Olivier.
09:52On vous retrouvera évidemment demain
09:53à 8h15
09:53face à Fogiel
09:54que vous retrouvez quand vous le souhaitez.
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