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Regardez Face à Fogiel du 07 avril 2026.

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Transcription
00:00Thomas Soto
00:03Il est 8h17, ligne d'avoue de Marc-Olivier Fogiel.
00:05Depuis le début de l'année, la ville de Paris a suspendu 78 animateurs,
00:09dont 31 pour suspicion de violences sexuelles.
00:12Nouvelle illustration du scandale insupportable du périscolaire.
00:15Alors que le nouveau maire Emmanuel Grégoire vient de présenter un plan d'action très attendu,
00:18certains parents ne veulent plus se taire.
00:20C'est le cas de Sophie que vous recevez ce matin, Marc-Olivier.
00:23Bonjour Sophie.
00:24Bonjour.
00:24Merci d'être là sur RTL.
00:26On va raconter ce qu'ont subi vos enfants, mais aussi ces dysfonctionnements.
00:29Est-ce que tout ça aurait pu être évité ?
00:31Comment tout ça est pris en charge par le nouveau maire ?
00:33D'abord, leur histoire.
00:34Vos enfants sont arrivés à l'école maternelle publique Saint-Dominique,
00:36la fameuse, j'allais dire, à la rentrée de septembre 2025.
00:39Votre petite fille de 2 ans est entrée en petite section,
00:41votre petit garçon de 3 ans et demi en moyenne section.
00:44Et vous avez mis près de 5 mois à découvrir qu'ils étaient victimes de plusieurs animateurs.
00:49On va raconter la rentrée.
00:50Dès la rentrée, vos enfants sont rentrés perturbés à la maison, Sophie ?
00:54Oui, disons que ça a commencé en octobre et c'est allé de mal en pied.
00:57Oui, donc les crises la nuit, les colères sans raison qui vous laissent à gare,
01:05les neurésies, plein de symptômes qui sont apparus.
01:08Le pipi au lit alors que ça n'existait pas avant.
01:10Puis même la journée, entre le bain du soir et le coucher, il faut changer 3 fois le pyjama.
01:15Votre petit garçon blessé, en allant le chercher à l'école,
01:17vous découvrez qu'il a la bouche qui a triplé de volume.
01:19Vous lui posez des questions.
01:20J'imagine une petite maman qui voit son petit garçon revenir avec des bleus, ça interpelle.
01:27Je suis retournée à l'école au moins une demi-douzaine de fois
01:30pour avoir des conversations avec la directrice de l'établissement et les maîtresses.
01:34Mais vous savez, à cet âge-là, les petits garçons, ça se bagarre.
01:37C'est ce qu'on vous dit.
01:38Et lui, il disait quoi ? Les grands m'ont poussé ?
01:41Maman, cette école, c'est la bagarre.
01:45Et les grands m'ont poussé dans l'escalier.
01:47J'ai été tout seule et ils m'ont encerclée dans la cour.
01:51Et votre petite fille ?
01:53Ma petite fille, plusieurs fois en allant la chercher à l'école,
01:57de façon isolée, une fois sa nono, une fois moi,
02:00elle ne pouvait plus marcher, tellement elle avait mal aux parties intimes.
02:04Vous ne pouvez marcher ?
02:04Non.
02:07Donc, on fait le nécessaire à chaque fois.
02:09C'est-à-dire qu'on l'amène chez le pédiatre ?
02:12On prend du recul, on va aux activités périscolaires autres.
02:16On observe son fils, sa nounou, son mari, soi.
02:22On va à l'école, on pose des questions,
02:24on demande comment se passe la sieste.
02:26Madame votre fille dort très bien,
02:27alors qu'à la maison, c'est des terreurs permanentes,
02:30des hurlements dès qu'elle se réveille,
02:32de n'importe quel sommeil.
02:34En pleine nuit, dix fois, la sieste,
02:37refus d'aller au lit, la peur qui s'installe.
02:40Mais le pédiatre, il disait quoi ?
02:41Puisque j'imagine, la maman que vous êtes était inquiète
02:43en voyant ses enfants dans une forme de dysfonctionnement du quotidien.
02:47En fait, à cet âge-là, on revient toujours à cet âge-là.
02:50C'est ça.
02:52Les enfants peuvent avoir du mal à s'essuyer tout seuls, etc.
02:55Donc, ce sont des pathologies courantes chez les jeunes enfants.
02:58Et on a des doutes sur l'entourage ?
03:00Vous parlez de la nounou, éventuellement, même sur son couple,
03:02sur l'école, on commence à avoir des doutes ?
03:05Au fond de soi, oui.
03:06Sur quoi ?
03:09Sur une problématique de l'ordre sexuel.
03:11Ah oui.
03:12Et donc, on est ultra vigilante.
03:16En fait, c'est la lourde tâche d'être parent.
03:20C'est assorti de beaucoup de culpabilité.
03:22De base.
03:24Il y a quelque chose qu'on fait mal.
03:25Il y a quelque chose qu'on fait mal, on ne voit pas, on se pose des questions.
03:28Donc, en janvier, on accompagne notre petite fille,
03:31on prend rendez-vous pour le sommeil, notamment.
03:34Chez un expert, psychiatre pour enfants, dans le non-privé,
03:40il dit que notre petite fille a un développement cognitif tout à fait normal,
03:45mais qu'effectivement, il y a quelque chose qui ne va pas,
03:47mais que ça ne touche pas au sommeil.
03:49Et donc, d'aller chercher ailleurs.
03:51Et à quelques jours plus tard,
03:53le reportage qu'a sa investigation nous permet de mettre des mots.
03:56Puisque c'est là que tout devient clair,
03:59c'est le 29 janvier, votre vie bascule.
04:01Ce jour-là, une maman de l'école envoie sur le groupe WhatsApp des parents
04:04le lien de la fameuse émission Cache Investigation sur les dérives du périscolaire.
04:07Et vous reconnaissez tout de suite l'école Saint-Dominique,
04:09une journaliste qui s'est faite embaucher en tant qu'animatrice,
04:12filme des violences verbales, des hurlements, des baisers forcés sur la bouche
04:15entre une animatrice et des enfants.
04:17Quand vous avez visionné l'extrait,
04:19vous avez immédiatement fait le lien entre le comportement de vos enfants et ce reportage ?
04:23C'est comme si tout le puzzle s'était mis en place.
04:26D'un coup ?
04:26D'un coup.
04:28Parce que tous nos enfants, et notamment depuis la rentrée de janvier,
04:32tous les soirs, tous les matins, au réveil,
04:34c'est-à-dire encore dans le lit,
04:36et puis ensuite au petit déjeuner, en arrivant à l'école,
04:38maman, est-ce qu'il y a cantine aujourd'hui ?
04:39Est-ce qu'on va à la cantine ? On ne va pas aller à la cantine, etc.
04:42Parce qu'il faut savoir que nos enfants ont tant périscolaire
04:45exclusivement à la cantine et à la sieste.
04:47Parce que c'est ça, le périscolaire à l'école Saint-Dominique
04:48est là où vos enfants ont subi coups et violences sexuelles,
04:53c'est à la cantine, et derrière, pendant le temps de sieste,
04:57c'était ça le périscolaire ?
04:58Pour nos enfants, oui.
04:59Pour vos enfants, oui.
05:00Là, ils ont mis des mots, après le 29 janvier,
05:02quand tout est devenu plus clair,
05:03quand les pièces du Pulse se sont assemblées.
05:05Mais ils sont...
05:05On a attendu qu'ils rentrent de l'école.
05:07Certains parents sont tout de suite allés dans l'établissement,
05:10ont récupéré leurs enfants,
05:11ça a été un peu la cacophonie.
05:13Nous, on a attendu qu'ils rentrent de l'école.
05:15On s'est tous assis sur le canapé, à la maison,
05:18et j'ai posé une simple question.
05:20Qu'est-ce qui se passe à la cantine ?
05:23Et mon fils s'est beaucoup agité,
05:26a parlé des cris,
05:27a commencé à parler de violences,
05:29et c'est la première fois,
05:30parce qu'ils avaient des jeux à la maison,
05:32depuis quelques mois,
05:32de police, de prison, et de loups.
05:35Et c'est la première fois, en fait,
05:36qu'on a compris ce qui était mis en perspective
05:39par rapport à ces jeux, ce qu'ils cherchaient derrière.
05:40Et là, ma petite-fille, pour le coup, elle,
05:44ne se rendant absolument pas compte,
05:45puisque c'est la première fois qu'elle nous en parlait,
05:47a pris la parole,
05:50et a tout raconté.
05:52Dans un viol.
05:55Qu'est-ce qui se passe après ?
05:56Vous avez très bien décrit avec vos mots,
05:58merci de le faire sur RTL, Sophie,
06:00ce que vous avez,
06:00et vos enfants ont subi pendant cinq mois,
06:02on sent encore la culpabilité dans vos mots.
06:05Qu'est-ce qui se passe après ?
06:06L'école,
06:08on pointe des dysfonctionnements,
06:10vous vous rendez compte que tout ça aurait pu être évité,
06:12en fait, parce qu'il y a une forme d'omerta ?
06:15Comme le dit si bien le nouveau maire de Paris.
06:18Emmanuel Grégoire ?
06:19Tout à fait.
06:20Mais je suis ravie qu'ils reconnaissent l'omerta,
06:23ça veut dire qu'elle existe bel et bien,
06:25et que manifestement elle était connue.
06:27Donc sans aucun, a priori, politique, quel qu'il soit,
06:31et avec deux mois et demi de recul,
06:33et de façon assez factuelle,
06:35on se rend compte de dysfonctionnements et de la violence,
06:38qui ne se limite absolument pas à ce que nos enfants ont vécu,
06:41mais qui est bien systémique,
06:43et institutionnel,
06:44et à tous les niveaux.
06:45Je vais prendre des exemples pour être très clair.
06:47Vous découvrez avec votre Paris qu'il y a eu des signalements depuis 2024,
06:50donc avant que vos enfants aillent à l'école,
06:52qu'une première plainte remonte à février 2025,
06:54avant que vos enfants aillent à l'école,
06:56qu'en mai 2025,
06:57une plainte a été déposée pour violences sexuelles contre des animateurs,
06:59avant que vos enfants aillent à cette école.
07:01Vous découvrez aussi que le cache investigation a été filmé en mai 2025,
07:04avant que vos enfants aillent à l'école.
07:06Tout ça, personne ne vous disait rien,
07:07mais pourquoi ?
07:08On se demande.
07:09Pourquoi ?
07:10On se demande, mais vous avez posé la question.
07:12Bien sûr.
07:13Donc, on a été mis au courant de ces faits,
07:16parce que des parents lanceurs d'alerte ont enfin pu prendre la parole,
07:20et qu'on a mis des mots,
07:22non pas sur comportement inapproprié avec les enfants,
07:25mais bien pour viol, pour agression sexuelle,
07:28et on se rend compte que le fait de mettre des mots dérange.
07:30Et là, on se retrouve,
07:31donc le lendemain du cache investigation d'abord,
07:34face aux différentes institutions,
07:35donc éducation nationale,
07:37mairie d'arrondissement,
07:38sous la responsabilité de Rachida Dati,
07:40la mairie de Paris,
07:42avec les services...
07:43Là, tout le monde est là autour de la table.
07:44Tout le monde est là autour de la table,
07:44habillé en noir.
07:46C'était l'enterrement.
07:48Et tout le monde se renvoie la balle.
07:50Et donc, on comprend...
07:51C'est de la faute de personne.
07:51C'est de la faute de personne.
07:52Personne n'assume surtout la responsabilité,
07:54personne ne prend la responsabilité.
07:55Tous ces gens-là étaient au courant des différentes plaintes, etc.
07:57Tous ces gens-là étaient au courant.
07:58Mais par exemple,
08:00est-ce qu'il n'y a pas aussi que les institutions ?
08:01Elles étaient au courant, l'association de parents d'élèves ?
08:03L'association de parents d'élèves était informée.
08:04Et manifestement,
08:06avait été sommée par la mairie d'arrondissement
08:09de ne pas informer les autres parents d'école.
08:11Parce que nous, on a suivi ici,
08:13avec Thomas, évidemment,
08:14puisque c'était la campagne pour les municipales.
08:17Tout le monde se renvoyait là-bas.
08:18Et Rachida Dati, elle pointait beaucoup
08:19le maire de Paris et les dysfonctionnements
08:20à l'échelle d'Anne Hidalgo.
08:22Mais la mairie d'arrondissement du 7e arrondissement
08:24était au courant ?
08:24Tout le monde a sa part de responsabilité.
08:26Et la problématique, c'est que c'est écrit noir sur blanc
08:29dans des mails.
08:30Et que, pour la mairie du 7e,
08:33on a accusé les premières familles
08:36qui ont porté plainte de cas sociaux.
08:39Aujourd'hui, vous l'avez rencontré, Emmanuel Grégoire ?
08:42Il a rencontré des familles ?
08:43Vous l'avez fait ?
08:44Non.
08:44Vous souhaitez le faire ?
08:45Non.
08:46Pourquoi non ?
08:47Puisqu'il a l'air de prendre les choses,
08:48peut-être un peu tardivement,
08:50mais à bras-le-corps,
08:51puisqu'aujourd'hui, il s'engage
08:51à ce que les conclusions des enquêtes administratives
08:53suite au signalement soient restituées aux familles ?
08:55Une cellule de signalement,
08:56d'écoute mise en place ?
08:58Une convention citoyenne
08:59pour débattre sur le temps de l'enfant à l'école ?
09:01Tout ça va être mis en place ?
09:02J'imagine que vous dites « enfin »,
09:03vous ne voulez pas aller le rencontrer ?
09:07Premièrement, c'est un copier-coller
09:08de son plan de 2015.
09:10On a noté l'efficacité.
09:12Il n'y a pas beaucoup de travail
09:15et de réflexion sur ce qui doit être
09:16vraiment changé concrètement.
09:18Et deux, dans n'importe quelle structure,
09:20y compris privée dans une entreprise,
09:23il est fait d'État
09:24d'une responsabilité collective,
09:26mais il ne s'agit pas
09:26d'une responsabilité collective,
09:28il s'agit de la responsabilité
09:28d'un collectif
09:31formé d'individus
09:32très spécifiques
09:33avec des noms, des prénoms,
09:34des responsabilités,
09:35des périmètres de responsabilité.
09:36Il n'est fait d'État
09:37d'aucune enquête,
09:38d'aucune mise en accusation
09:42ou même de traitement.
09:43C'est ce que vous souhaitez aujourd'hui ?
09:44D'abord, pour construire
09:46sur des bases saines,
09:46là on a l'impression
09:47qu'on va re-recruter
09:48l'ensemble des animateurs
09:49du paire scolaire parisien.
09:50Ce n'est pas le cas.
09:51On fonctionne sur des bases existantes.
09:53Et donc, dans quelle mesure
09:54est-ce qu'on prend en compte
09:57les responsabilités
09:57des gens qui ont fauté ?
09:59Et quand il dit,
10:00là dans son plan,
10:01nous allons maintenant
10:02regarder les casiers,
10:03etc., judiciaires,
10:04nous allons recruter
10:05sur ces bases
10:06et si ce n'est pas fait,
10:07c'est considéré comme une faute.
10:08Mais ça veut dire
10:08qu'avant, ce n'était pas fait.
10:09Ce n'était pas considéré
10:11comme une faute
10:11de recruter quelqu'un
10:12qui avait un casier judiciaire.
10:14C'est grave.
10:17Donc, je ne souhaite pas
10:18le rencontrer, pardon.
10:20parce que je n'ai pas envie
10:21d'avoir un discours aujourd'hui
10:23encore basé sur le mensonge.
10:24Ça ne m'intéresse pas.
10:25Votre petit garçon
10:25et votre petite fille,
10:26pour conclure,
10:27vous les avez fait quitter
10:28l'école Saint-Dominique ?
10:29Ils ont quitté,
10:30ils étaient incapables
10:31de retourner dans l'établissement.
10:33Donc, dès le lendemain
10:34du reportage,
10:35ils ont été scolarisés.
10:38Ça a pris un peu de temps,
10:39mais maintenant,
10:39ils sont scolarisés ailleurs, oui.
10:41Et vous arrivez
10:42à les mettre à l'école
10:43tous les jours
10:43ou vous imaginez
10:44changer de vie ?
10:46On change de vie.
10:48On change de vie.
10:49C'est-à-dire que vous partez ?
10:51Vous quittez Paris ?
10:53Tout à fait.
10:54Merci, Sophie,
10:55de votre témoignage ce matin
10:56très clair sur RTL.
10:57Merci à vous.
10:58Bon courage.
10:59Merci.
11:00Merci beaucoup.
11:00Je suis abasourdi
11:01parce qu'on vient d'entendre vraiment.
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