- il y a 8 heures
L'Humatch, c'est une question d'actualité, deux invités et un débat de fond, arguments contre arguments. À moins d'un an de la présidentielle et des législatives de 2027, une question cruciale se pose : où la gauche doit-elle ou peut-elle aller chercher les voix qui lui manquent pour gagner ? Si les candidats ne manquent pas à gauche, les stratégies non plus, et elles sont parfois complémentaires, parfois contradictoires…
Pour en débattre : Rémi Lefebvre, chercheur et professeur de science politique à l'université de Lille, spécialiste du vote et de la gauche et auteur de l'ouvrage intitulé "Faut-il désespérer de la gauche". Face à Julien Talpin, sociologue, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la participation des classes populaires et coordinateur de l'ouvrage collectif de l'Institut La Boétie "Nouveau peuple, nouvelle gauche", paru en septembre 2025.
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00:00 – Présentation du débat et des invités
02:25 – Le plafond de verre à 32% : diagnostic de la gauche
13:00 – Deux gauches irréconciliables
17:35 – La stratégie de LFI
21:20 – Le concept de "Nouvelle France" et la note Terranova
35:55 – Peut-on reconquérir les électeurs du RN ?
42:45 – Unifier les classes populaires : discours ou travail militant ?
51:00 – Fractures territoriales : villes, ruralité et déclassement
54:45 – Perspectives pour 2027 et second tour
Pour en débattre : Rémi Lefebvre, chercheur et professeur de science politique à l'université de Lille, spécialiste du vote et de la gauche et auteur de l'ouvrage intitulé "Faut-il désespérer de la gauche". Face à Julien Talpin, sociologue, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la participation des classes populaires et coordinateur de l'ouvrage collectif de l'Institut La Boétie "Nouveau peuple, nouvelle gauche", paru en septembre 2025.
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02:25 – Le plafond de verre à 32% : diagnostic de la gauche
13:00 – Deux gauches irréconciliables
17:35 – La stratégie de LFI
21:20 – Le concept de "Nouvelle France" et la note Terranova
35:55 – Peut-on reconquérir les électeurs du RN ?
42:45 – Unifier les classes populaires : discours ou travail militant ?
51:00 – Fractures territoriales : villes, ruralité et déclassement
54:45 – Perspectives pour 2027 et second tour
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NewsTranscription
00:00:01Bonjour et bienvenue à toutes et tous pour ce nouvel U-Match.
00:00:05Alors d'abord, avant de commencer, un petit rappel du concept.
00:00:08Comme d'habitude, l'U-Match, c'est une question d'actualité,
00:00:11deux invités et un débat de fond, argument contre argument.
00:00:14À mes côtés, pour cette nouvelle émission, qui sera aussi la dernière de cette première saison,
00:00:20c'est Cyprien Cadéo qui est là.
00:00:21Salut Julia.
00:00:22Salut Cyprien.
00:00:23Donc pour rappel, tu es chef adjoint du service politique de l'Humanité.
00:00:26Et alors, à moins d'un an de la présidentielle et des législatives de 2027,
00:00:31une question cruciale va nous occuper aujourd'hui.
00:00:34Où la gauche doit-elle et peut-elle aller chercher des voies,
00:00:38les voies qui lui manquent pour l'emporter à ses échéances ?
00:00:42Et oui, ce n'est pas une petite question, c'est presque une question de survie pour la gauche,
00:00:45puisqu'elle plafonne depuis en gros le quinquennat Hollande à autour de 30-32%,
00:00:49toutes gauches confondues.
00:00:50Et donc face à ça, il y a plusieurs stratégies qui sont avancées.
00:00:53Alors est-ce qu'il faut se lancer à la conquête des quartiers populaires et des abstentionnistes
00:00:56? Est-ce qu'il faut chercher à convaincre les électeurs qui ont été captés par l'ERN ?
00:01:00Ou est-ce qu'il faut compter franchement sur les voies du centre,
00:01:03voire des macronistes, des déçus du macronisme ?
00:01:05Si les candidats ne manquent pas d'options,
00:01:07elles sont parfois contradictoires plutôt que complémentaires.
00:01:10Et c'est de ça dont on va parler dans l'heure et quart à peu près qui vient,
00:01:15avec nos deux invités que je vous présente de ce pas.
00:01:18D'abord, nous accueillons Rémi Lefebvre.
00:01:21Bonjour.
00:01:22Vous êtes chercheur et professeur de sciences politiques à l'université de Lille.
00:01:27Vous êtes spécialiste du vote et de la gauche.
00:01:31Lors de la dernière présidentielle, vous aviez publié un ouvrage intitulé
00:01:34« Faut-il désespérer de la gauche ? »
00:01:36Vous nous direz à quel point vous pensez que cette question est toujours d'actualité
00:01:39ou pas, peut-être, espérons, aujourd'hui, à l'approche de 2027.
00:01:44Et pour débattre avec vous, on accueille face à vous Julien Talpin.
00:01:48Bonjour.
00:01:49Bonjour.
00:01:49Vous venez également de l'université de Lille.
00:01:52Vous êtes également chercheur, sociologue.
00:01:54Vous êtes spécialiste de la participation des classes populaires, notamment.
00:01:58Vous avez coordonné l'ouvrage collectif de l'Institut La Boétie,
00:02:03« Stick Tank » de la France Insoumise, intitulé « Nouveau peuple, nouvelle gauche »,
00:02:07paru en septembre dernier.
00:02:09Et première question, peut-être pour lancer ce débat.
00:02:11Alors, je l'ai dit tout à l'heure, plafond de verre à 32%,
00:02:14toutes gauches confondues, donc du PS jusqu'à l'extrême gauche, NPR et LO.
00:02:18Depuis 2014, qu'est-ce que, vous, en tant que chercheur, ça vous évoque ?
00:02:22Un petit mot, vous, tous les deux, et puis on va commencer par Julien Talpin.
00:02:25Ça évoque qu'on est en train de perdre la bataille culturelle, d'une certaine façon,
00:02:29et que le travail pour regagner, d'une certaine façon, le cœur des électeurs
00:02:33et une partie des catégories populaires, qui doit être, à mon sens,
00:02:36et au sens, je pense, d'une bonne partie de la gauche,
00:02:38le cœur, l'agent historique, d'une certaine façon, et les intérêts premiers à défendre.
00:02:42Il y a du travail, au fond.
00:02:44Et là, on va beaucoup discuter des stratégies à court terme,
00:02:47mais évidemment, c'est fondamental, la présidentielle arrive, etc.
00:02:50Mais malgré tout, je pense qu'il y a un travail aussi, à long terme, à mener
00:02:54pour élargir la base sociale de la gauche, et que des victoires soient possibles aussi demain.
00:02:58Et toute la difficulté, je crois, dans laquelle on est,
00:03:00c'est que, précisément, les logiques court-termistes du champ politique,
00:03:03liées au présidentialisme, etc.,
00:03:06sapent un peu les bases et les possibilités d'un travail de longue haleine,
00:03:09de repolitisation, de remobilisation, notamment des catégories populaires,
00:03:13qu'elles soient urbaines ou rurales, d'ailleurs,
00:03:15qui est absolument indispensable à mener.
00:03:18Et peut-être que, d'ailleurs, je ne pense pas que ce sera le cœur de notre discussion ici,
00:03:21parce qu'il y a quand même des présidentielles devant nous,
00:03:23mais il va falloir se poser des questions, à un moment.
00:03:25C'est-à-dire que, à toujours vouloir se concentrer,
00:03:30les énergies militantes et les énergies politiques,
00:03:32sur, à chaque fois, la prochaine échéance électorale,
00:03:35on ne mène pas ce travail de fonds qui permettrait
00:03:37de passer de 32 à 35 à 40% un socle électoral
00:03:41qui serait plus important pour pouvoir avoir véritablement des victoires.
00:03:45Et ça, ça suppose un travail militant beaucoup plus important,
00:03:48ce qui pourrait supposer, par exemple, pour être très concret,
00:03:51de supposer, de sauter, d'enjamber certaines échéances électorales.
00:03:56Je ne pense pas qu'on enjambera les présidentielles.
00:03:57Oui.
00:03:58Rémi Lefebvre ?
00:03:59Moi, je suis d'accord avec ce que vient de dire Julien.
00:04:01En fait, la gauche est à un niveau historique, historiquement bas,
00:04:04et la gauche est structurellement minoritaire en France.
00:04:08Et du coup, effectivement, votre première question,
00:04:11ça a été, quelles vont être les parts de marché ?
00:04:14Enfin, quelles vont être les...
00:04:15Et ça, je trouve que c'est aussi un raisonnement
00:04:17et qu'il faut interroger dès le départ.
00:04:18C'est-à-dire, en fait, en gros, on a tendance aujourd'hui
00:04:20à raisonner en termes de segments, de segments électoraux.
00:04:24C'est très, très frappant.
00:04:25Les stratégies électorales, c'est des stratégies un peu de marge,
00:04:28c'est des stratégies ciblées, alors que globalement,
00:04:32et là, je suis complètement d'accord avec Julien,
00:04:33il faut repenser globalement la question des quatries populaires,
00:04:37puisque, effectivement, exploser ce plafond de verre,
00:04:42ça passe par élargir la base dans les milieux populaires,
00:04:46et élargir la base dans les milieux populaires,
00:04:48ce n'est pas forcément viser des segments des milieux populaires,
00:04:50j'imagine qu'on va en discuter,
00:04:52mais avoir un discours global sur les quatries populaires,
00:04:55même si, effectivement, aujourd'hui,
00:04:57le constat qu'on peut faire, et c'est un constat sociologique,
00:04:59et il est fait dans le bouquin qu'a dirigé Julien,
00:05:02c'est qu'il y a une hétérogénéisation des quatries populaires.
00:05:05Aujourd'hui, en gros, les quatries populaires,
00:05:07c'est les ouvriers et les employés,
00:05:09c'est à peu près un Français sur deux, un petit peu moins,
00:05:12mais c'est vrai qu'on va avoir tendance à considérer
00:05:16que c'est des catégories hétérogènes dans ce groupe global,
00:05:19d'ailleurs, on ne parle plus de classe ouvrière,
00:05:21on parle de catégories populaires au pluriel,
00:05:23et c'est bien un des enjeux.
00:05:25Donc, il y a un enjeu, je dirais, politique,
00:05:27il y a un enjeu sociologique,
00:05:28mais la gauche, elle doit arriver à agréger,
00:05:31à recréer de l'homogénéité parmi ces groupes,
00:05:34parce que l'hétérogénéité des quatries populaires,
00:05:37ce n'est pas simplement une hétérogénéité statutaire,
00:05:40il y a de ça, évidemment, aujourd'hui, très clairement,
00:05:43il y a des fractions d'ouvriers, des fractions d'employés,
00:05:47mais c'est aussi à la gauche de recréer de l'homogénéité,
00:05:50et ça, ça manque, en fait,
00:05:51ça manque parce que la gauche,
00:05:54elle a du mal à avoir un discours général.
00:05:56Alors, on y reviendra, effectivement,
00:05:59sur cette question très importante
00:06:01des classes ou catégories populaires,
00:06:04vous me direz, d'ailleurs.
00:06:06Mais, du coup, on voulait balayer un petit peu,
00:06:09vous parliez des différents segments,
00:06:11parce qu'ils sont l'objet, effectivement,
00:06:14de stratégies qui sont parfois en confrontation,
00:06:17comme Cyprien le disait à l'instant.
00:06:19Donc, on voit, chaque candidat aussi avance
00:06:21avec sa propre stratégie,
00:06:24et on voulait commencer par vous faire écouter
00:06:25celle de Raphaël Glucksmann.
00:06:28Nous ne portons ni les mêmes principes,
00:06:30ni les mêmes ambitions,
00:06:32c'est des macronistes qui vous rejoignent.
00:06:33Mais par contre, je vais vous dire une chose,
00:06:35bien sûr, bien sûr que je suis content
00:06:37que des gens qui ont cru en Emmanuel Macron
00:06:40nous rejoignent. Pourquoi ?
00:06:41Pourquoi ? Parce que moi, mon obsession,
00:06:43mon obsession, c'est que la gauche
00:06:44fasse sauter le plafond de verre,
00:06:45et c'est que des gens qui n'étaient plus à gauche
00:06:48redeviennent à gauche, reviennent.
00:06:49Et mon message aux électeurs centristes
00:06:51qui ont voté Emmanuel Macron,
00:06:52eh bien, c'est de revenir,
00:06:53c'est de revenir pour nous,
00:06:54pour voter pour nous.
00:06:57Alors, on voit que pour Raphaël Glucksmann,
00:07:00ça a l'air plutôt clair.
00:07:01Il faut ouvrir sa porte
00:07:03aux macronistes déçus.
00:07:07Est-ce que la gauche peut retrouver
00:07:09un espace majoritaire sans ces voix-là,
00:07:11cependant, Rémi Lefebvre ?
00:07:13Moi, je ne suis pas choqué de l'idée
00:07:14qu'il faille aller chercher des voix au centre,
00:07:17parce que toutes les victoires à gauche
00:07:19au deuxième tour de l'élection présidentielle
00:07:20se sont faites en allant chercher les victoires.
00:07:23Il va y avoir 50% au deuxième tour.
00:07:26Donc, en fait, en gros,
00:07:27qu'il faille aller chercher des électeurs
00:07:30qui ne sont pas, au départ, spécialement de gauche,
00:07:33c'est une nécessité électorale.
00:07:37Globalement, la gauche ne peut pas gagner
00:07:39simplement avec les milieux populaires.
00:07:40D'abord, elle n'aura pas tous les milieux populaires.
00:07:42Je veux dire, ça, c'est du réalisme électoral.
00:07:45Ça me paraît assez légitime.
00:07:48Par contre, effectivement, le problème de Glucksmann,
00:07:50c'est que Glucksmann, il construit son offre
00:07:53prioritairement en fonction de ce groupe-là.
00:07:55Et donc là, évidemment, ça amène
00:07:57à placer le curseur idéologique.
00:07:59Ça a des implications, en fait,
00:08:01sur le discours politique.
00:08:02Donc ça, c'est plus embêtant.
00:08:04Et on voit très, très bien que lui,
00:08:05son curseur Glucksmann,
00:08:07sa problématique, ce n'est pas du tout
00:08:09la reconquête des milieux populaires,
00:08:10c'est effectivement d'aller retrouver
00:08:13ce segment-là.
00:08:14Il faut rappeler que Macron, en 2017,
00:08:17il y a un électeur sur deux de Hollande
00:08:19de 2012 qui vote pour lui.
00:08:20Donc il gagne en 2017 au premier tour,
00:08:24très clairement, avec les voix de gauche.
00:08:26À l'époque, il y a 25% des électeurs de Macron
00:08:29qui ont voté à droite en 2012.
00:08:31Et donc, effectivement, il y a ce fantasme-là,
00:08:34de ce réservoir de voix macroniste.
00:08:37Et donc, fantasme qui...
00:08:40Enfin, fantasme, je dis fantasme,
00:08:41parce que je vais montrer que c'est en partie une fiction,
00:08:43mais qui fait que, du coup,
00:08:44plein de Glucksmann, mais aussi Hollande,
00:08:46mais sans doute Gage,
00:08:47mais sans doute beaucoup de socialistes,
00:08:49pensent, en fait, que c'est de ce côté-là
00:08:52qu'il faut se tourner.
00:08:54Alors, ce qui est intéressant,
00:08:55c'est qu'il y a eu une enquête
00:08:56de la Fondation Jean Jaurès
00:08:58faite par Antoine Bristiel
00:08:59qui, en fait, a regardé ces électorats macronistes.
00:09:02Et ce qui, pour le dire vite,
00:09:03ce qu'il observe,
00:09:04c'est une droitisation de l'électorat macroniste.
00:09:06C'est-à-dire qu'en fait, cet électorat-là,
00:09:08ce n'est pas un électorat qui est resté à gauche,
00:09:10mais qui est parti chez Macron
00:09:11et qui pourrait revenir à gauche.
00:09:12Très clairement, c'est un électorat
00:09:14qui a suivi la droitisation de Macron
00:09:16dans une large mesure,
00:09:17voire même qui s'est extrémisé,
00:09:20parfois qui, très clairement,
00:09:22est plutôt favorable à l'extrême droite
00:09:25face à l'EFI, très clairement.
00:09:26Et donc, non seulement,
00:09:28il n'y a pas grand-chose à aller chercher
00:09:30du point de vue de l'espace politique.
00:09:32C'est-à-dire que je pense que, en fait,
00:09:33il y a très largement,
00:09:34cet électorat-là est perdu pour la gauche.
00:09:37Et puis, deuxièmement,
00:09:39effectivement, ça a des implications
00:09:40en termes de positionnement politique
00:09:42qui sont catastrophiques
00:09:44parce que, du coup,
00:09:45c'est d'emblée s'aliéner
00:09:47une partie des cadres populaires.
00:09:50Voilà, mais vous voyez,
00:09:51l'exercice est quand même difficile
00:09:52parce qu'on raisonne en micro-espace, quoi.
00:09:55Ce qu'on gagne d'un côté,
00:09:56on le perd de l'autre.
00:09:57Et ça, c'est embêtant
00:09:58parce que ça donne quand même une vision.
00:10:00Enfin, voilà, je me permets de redire ça.
00:10:02On est un peu contaminés.
00:10:03Les acteurs politiques sont contaminés
00:10:06par cette espèce de marketing électoral,
00:10:09de raisonnement en termes de marché
00:10:10qui est problématique.
00:10:12parce que, et je le répète,
00:10:14c'est aussi lié à la fragmentation
00:10:17du système partisan
00:10:18et au fait à des stratégies de premier tour
00:10:20parce qu'en fait,
00:10:20l'objectif, c'est d'être suffisamment fort
00:10:22pour être arrivé au deuxième tour
00:10:24et donc d'avoir des stratégies de socle,
00:10:26en fait.
00:10:27Chacun a son socle
00:10:28et Glucksmann, très clairement,
00:10:30il a une stratégie de socle
00:10:31qui n'est pas du tout la même
00:10:31que celle de Mélenchon.
00:10:32Je suis un talpin.
00:10:33C'est une composante bourgeoise
00:10:35aussi du vote de gauche.
00:10:36Est-ce que la gauche
00:10:37n'a pas toujours eu besoin
00:10:38d'une composante bourgeoise
00:10:39et peut-on peut-être plus modérée
00:10:40ou centriste ?
00:10:41On y sera le terme qu'on veut.
00:10:42Et surtout,
00:10:43pour répondre à Rémi Lefebvre,
00:10:44est-ce que convaincre ces gens
00:10:46ce n'est pas s'aliéner,
00:10:46les quartiers populaires certes,
00:10:47mais aussi tous les gens
00:10:48qui ont été vaccinés du hollandisme finalement,
00:10:50y compris d'ailleurs des gens
00:10:51qui sont peut-être plus aisés ?
00:10:52Moi, je pense qu'il est important
00:10:53de distinguer les stratégies de second tour
00:10:55des stratégies du premier tour en fait.
00:10:57Et Rémi a commencé par ça.
00:11:03en fonction de qui sera là,
00:11:04évidemment, au deuxième tour,
00:11:06des voix de centre-gauche.
00:11:07La question, c'est
00:11:08est-ce qu'il y a un espace politique
00:11:09à gauche suffisamment important
00:11:12du centre-gauche
00:11:14pour passer au deuxième tour
00:11:15et atteindre 20%
00:11:16sur cette base idéologique et sociale-là ?
00:11:19Au regard des enquêtes existantes,
00:11:21ce n'est pas certain en fait.
00:11:22C'est le pari que fait Glucksmann.
00:11:26Ce n'est quand même pas délirant.
00:11:27Moi, je pense qu'il y a un espace politique
00:11:28pour le centre-gauche
00:11:29qui va aller jusqu'à
00:11:31certains anciens macronistes.
00:11:33Et tout dépend qui en face
00:11:34se positionnera.
00:11:35Entre Attal et Philippe,
00:11:36ce n'est pas exactement la même chose.
00:11:38Donc, il y a un espace politique.
00:11:39Après, il n'est pas considérable non plus.
00:11:41Et donc, tout l'enjeu,
00:11:42ça va être d'arriver
00:11:44le plus haut possible
00:11:45au premier tour.
00:11:47Bon, et après,
00:11:47pour le deuxième tour,
00:11:48dans quelle mesure
00:11:49ce positionnement-là
00:11:50ne parviendrait pas malgré tout
00:11:51à agréger d'autres voix ?
00:11:53Bon, beaucoup de gens
00:11:54se sont quand même bouchés le nez
00:11:55pour aller voter Macron
00:11:56en 2017, en 2022.
00:11:59Peut-être qu'ils le feraient.
00:12:00Ils le feraient pour d'autres.
00:12:00Mais il me semble
00:12:01que la problématique pour Glucksmann,
00:12:03c'est plutôt d'avoir
00:12:04un socle électoral
00:12:05suffisamment puissant
00:12:06au premier tour.
00:12:07Et à ce stade,
00:12:08au regard des sondages,
00:12:09mais au-delà
00:12:10de ce qu'il représente,
00:12:11de la dynamique
00:12:11qu'il parvient à agréger,
00:12:13moi, je ne vois pas
00:12:13un socle suffisant
00:12:14pour passer.
00:12:16Est-ce que, du coup,
00:12:18si vous parliez
00:12:20de la question de fond
00:12:21du programme
00:12:22qui s'adresse
00:12:24davantage
00:12:25aux déçus
00:12:27du macronisme
00:12:27qui, finalement,
00:12:28se sont radicalisés,
00:12:29dites-vous,
00:12:30est-ce que, du coup,
00:12:31on se retrouve là,
00:12:33face, dans cette élection,
00:12:35à deux gauches
00:12:36qui, finalement,
00:12:36sont sur des champs
00:12:38tellement différents
00:12:38qu'on en revient
00:12:40à la fameuse thèse
00:12:41des deux gauches irréconciliables ?
00:12:45C'est vrai que,
00:12:45globalement,
00:12:46ce n'est pas possible
00:12:46de gagner
00:12:47si on ne va pas chercher
00:12:49la gauche modérée
00:12:50et même au premier tour.
00:12:52C'est-à-dire que,
00:12:52globalement,
00:12:53c'est quand même
00:12:54des stratégies,
00:12:54moi, je suis très très
00:12:55frappé,
00:12:56c'est des stratégies
00:12:56un peu minoritaires.
00:12:57C'est vraiment des stratégies
00:12:59un petit peu
00:13:00de petits socles.
00:13:04Il faut quand même,
00:13:05à un moment donné,
00:13:06avoir...
00:13:07Mais il ne faut pas faire
00:13:08le deuxième tour
00:13:08avant le premier.
00:13:09C'est toujours le problème.
00:13:10Mais, en fait,
00:13:11sauf qu'aujourd'hui,
00:13:12comme le premier tour,
00:13:14d'emblée,
00:13:15la base est assez limitée,
00:13:17on a des discours,
00:13:18du coup,
00:13:18qui sont très très ciblés.
00:13:20Bon, après,
00:13:21est-ce que...
00:13:22Les deux gauches irréconciliables,
00:13:24concrètement,
00:13:24lorsqu'il y a eu
00:13:25le NFP en 2024,
00:13:27c'est un bon exemple,
00:13:28elles ont été réconciliées,
00:13:30ces gauches-là,
00:13:33sociologiquement.
00:13:33Et par ailleurs,
00:13:34quand même,
00:13:34ce qui peut aussi
00:13:35les réconcilier,
00:13:37je dirais,
00:13:37c'est la menace
00:13:38de l'extrême droite,
00:13:38quand même.
00:13:39Ça, c'est quand même
00:13:39un élément...
00:13:41Alors, après,
00:13:42il faut qu'il y ait
00:13:43une configuration
00:13:44de deuxième tour
00:13:45qui permette
00:13:46cette réconciliation.
00:13:47Parce que ce qui était...
00:13:49C'est là où on ne peut pas
00:13:50projeter ce qui s'est passé
00:13:51en 2024
00:13:51sur l'élection présidentielle.
00:13:53C'est qu'en 2024,
00:13:54il y avait
00:13:55577 circonscriptions,
00:13:56il y avait plein
00:13:56de configurations différentes,
00:13:58etc.
00:13:58Bon,
00:13:59et puis,
00:13:59il y avait peut-être
00:14:00en 2024,
00:14:02par rapport à Jean-Luc Mélenchon,
00:14:04il n'y avait pas
00:14:05un seul candidat,
00:14:06il y avait plusieurs candidats.
00:14:07Là,
00:14:07il y a un effet
00:14:08de fixation.
00:14:09Je vous dis ça
00:14:09parce qu'effectivement,
00:14:10il y a aussi
00:14:11la capacité de rassemblement
00:14:13de Jean-Luc Mélenchon
00:14:14qui est en cause
00:14:15dans cette question
00:14:16des gauches irréconciliables.
00:14:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:14:18il y a déjà des calculs
00:14:19sur l'anticipation
00:14:20du deuxième tour.
00:14:22Est-ce que Jean-Luc Mélenchon
00:14:22est un bon candidat
00:14:23de deuxième tour ?
00:14:24Parce que c'est ça aussi
00:14:26qui est terrible.
00:14:27C'est que même si
00:14:27les deux tours sont dissociés,
00:14:29le problème aujourd'hui
00:14:30de Mélenchon
00:14:30dans sa campagne,
00:14:31c'est l'ombre portée
00:14:32du deuxième tour
00:14:33sur le premier,
00:14:34c'est-à-dire qu'en gros,
00:14:36son handicap,
00:14:37c'est ce qu'on anticipait
00:14:39de son deuxième tour
00:14:40et ça va conditionner
00:14:41un peu
00:14:42des votes de premier tour.
00:14:43Donc ça,
00:14:44c'est le vote stratège,
00:14:45etc.
00:14:46On parle déjà
00:14:46de vote utile,
00:14:47c'est quand même hallucinant.
00:14:48Ça fait un an
00:14:49qu'on est en élection présidentielle.
00:14:50Le vote utile,
00:14:51en général,
00:14:51on en parle
00:14:52un ou deux mois
00:14:53avant le premier tour.
00:14:55Glucksmann et Mélenchon,
00:14:56se revendiquent
00:14:57du vote utile.
00:14:58Et là,
00:14:58en fait,
00:14:58un an avant,
00:15:00ça montre
00:15:01à quel point
00:15:01la valeur du vote
00:15:03c'est au titre démonétisé.
00:15:05Justement,
00:15:06sur cette question
00:15:07de confrontation,
00:15:09notamment au premier tour
00:15:11et du vote utile
00:15:12déjà dans la perspective
00:15:13du second,
00:15:14vous évoquiez
00:15:15la question du NFA
00:15:16et donc de ce rassemblement
00:15:18qui a été possible.
00:15:19On voit
00:15:20qu'il s'est aussi
00:15:21à l'automne,
00:15:22au moment du budget,
00:15:24fissuré,
00:15:24notamment,
00:15:26justement,
00:15:26en retrouvant
00:15:27cette opposition
00:15:28entre une gauche
00:15:29qui s'est présentée
00:15:30comme raisonnable
00:15:31de gouvernement
00:15:35qui s'est mobilisée
00:15:37pour éviter
00:15:37la censure
00:15:38en opposition
00:15:39avec une autre,
00:15:41le reste de la gauche
00:15:42globalement,
00:15:43à part le PS,
00:15:44qui, elle,
00:15:45y était prête.
00:15:46Est-ce que
00:15:47cette fracture-là
00:15:48qu'on retrouve
00:15:49entre les partis
00:15:50plus ou moins
00:15:51achermés
00:15:52en tant que telle,
00:15:53on la retrouve aussi
00:15:54chez les électeurs
00:15:56qui, par ailleurs,
00:15:56se retrouvent
00:15:57sur un certain nombre
00:15:58de propositions ?
00:15:59On voit la large majorité
00:16:00pour l'attaque Zuckmann,
00:16:01pour une autre réforme
00:16:03des retraites,
00:16:03etc.
00:16:04Julien Talfin ?
00:16:05C'est précisément
00:16:06le point que j'allais faire.
00:16:07C'est-à-dire que
00:16:07les gauches irréconciliables,
00:16:09c'est principalement
00:16:09une question
00:16:10d'appareil partisan
00:16:11et de leadership.
00:16:12Et qu'à la base,
00:16:13les gauches sont très fluides
00:16:16d'une certaine façon,
00:16:18d'où ces dynamiques,
00:16:19d'ailleurs,
00:16:19de vote utile.
00:16:21Et donc, moi,
00:16:21je crois que
00:16:22dans l'hypothèse
00:16:23où il y aurait
00:16:24un candidat de gauche
00:16:25au second tour
00:16:26de l'élection présidentielle,
00:16:27ce qui demeure encore
00:16:29très putatif.
00:16:30Au fond,
00:16:31les électeurs,
00:16:32au fond,
00:16:32suivraient assez massivement.
00:16:34Mais on revient malgré tout
00:16:35à la question des 32%.
00:16:36Au fond,
00:16:37de que représente
00:16:38aujourd'hui la gauche ?
00:16:39Est-ce que c'est suffisant
00:16:39pour gagner ?
00:16:40Quel que soit,
00:16:40d'une certaine façon,
00:16:41le candidat qui serait présent
00:16:42au deuxième tour,
00:16:43au fond,
00:16:43la base demeure quand même
00:16:44très minoritaire,
00:16:46au fond,
00:16:47encore dans notre pays.
00:16:48Donc ça, moi,
00:16:49je pense qu'il y a
00:16:49un mouvement assez puissant.
00:16:50Et puis, par ailleurs,
00:16:50en fait,
00:16:51il ne faut pas trop
00:16:52accorder d'importance
00:16:53aux consignes de vote
00:16:54qui seront données
00:16:55et aux réticences,
00:16:56ce qui se déteste,
00:16:57en fait,
00:16:57c'est évident,
00:16:58entre Glucksmann
00:16:58et les Insoumis,
00:16:59les Insoumis et le PS,
00:17:01il y a une haine mutuelle
00:17:02qui est extrêmement profonde,
00:17:03mais qu'on ne retrouve pas
00:17:04du tout à la base.
00:17:05Mais moi,
00:17:06je pense qu'il peut y avoir
00:17:07aussi,
00:17:08au printemps prochain,
00:17:09des mouvements,
00:17:10en fait,
00:17:10citoyens,
00:17:11populaires,
00:17:12etc.,
00:17:12d'entraînement
00:17:13à la participation
00:17:14et à la mobilisation
00:17:15pour justement dépasser
00:17:16ces formes d'acrimonie,
00:17:18d'appareils partisans
00:17:20par en haut
00:17:20pour que,
00:17:21d'une certaine façon,
00:17:22la dynamique populaire
00:17:23et unitaire
00:17:24qui existe
00:17:24dans la gauche réelle,
00:17:26elle puisse avoir
00:17:27des incidences électorales.
00:17:28Et donc,
00:17:29moi,
00:17:29je suis assez optimiste
00:17:30de ce point de vue-là,
00:17:30même si 32%,
00:17:32ça ne fait pas 50%
00:17:33plus une voix.
00:17:35Justement,
00:17:35puisqu'on a commencé
00:17:36à parler de Jean-Luc Mélenchon
00:17:37quand on était parti
00:17:38sur Raphaël Glucksmann
00:17:39au départ,
00:17:40allons-y.
00:17:40De leur côté,
00:17:41les Insoumis ont une stratégie
00:17:42plus orientée
00:17:43sur la question
00:17:44des quartiers populaires,
00:17:45notamment,
00:17:45et on va écouter
00:17:46un magnéto
00:17:46de Jean-Luc Mélenchon.
00:17:47Il faut aller chercher
00:17:50qui va dire le contraire,
00:17:52bien sûr.
00:17:52Mais le gros de la troupe
00:17:54qui va nous faire gagner,
00:17:56ce sont les quartiers populaires
00:17:59où on vote pour nous
00:18:00à 80% au premier tour,
00:18:02mais où 30% seulement
00:18:03vont voter.
00:18:04Si nous montons
00:18:05à un niveau égal
00:18:06à celui
00:18:07de la participation
00:18:08du reste de la société,
00:18:10nous avons gagné.
00:18:12C'est pourquoi la priorité,
00:18:13c'est de les convaincre,
00:18:14eux,
00:18:15que ça vaut la peine
00:18:15de faire de la politique.
00:18:16Et pour ça,
00:18:17il faut parler clair,
00:18:18net,
00:18:19drue,
00:18:20et dure
00:18:21pour que tout le monde
00:18:22comprenne.
00:18:22Et ça n'est pas
00:18:23de l'exagération.
00:18:24Donc c'est des propos tenus
00:18:25en 2023,
00:18:26il ne disait pas encore
00:18:27Nouvelle-France,
00:18:28mais ça allait bientôt venir.
00:18:29Julien Talpin,
00:18:30est-ce que cette question
00:18:31des quartiers populaires,
00:18:32est-ce que ça suffit
00:18:32en fait à mobiliser assez
00:18:35pour inverser
00:18:35le rapport de force finalement ?
00:18:37Est-ce que c'est la recette magique ?
00:18:38Ça ne suffit pas,
00:18:38mais c'est important.
00:18:39Et c'est important,
00:18:40et alors je me permets
00:18:41quand même malgré tout
00:18:41de sortir un peu
00:18:42de la course de petits chevaux.
00:18:44Voilà,
00:18:44parce qu'en fait,
00:18:45c'est quand même hallucinant
00:18:50et en fait,
00:18:51il y a quand même
00:18:51un enjeu politique fondamental.
00:18:53C'est-à-dire que la FI,
00:18:55via aussi des calculs stratégiques,
00:18:57évidemment,
00:18:57je vais y revenir,
00:18:58a fait quand même
00:18:59depuis quelques années
00:19:00ce qu'on n'avait pas fait
00:19:01la gauche depuis 40 ans.
00:19:02C'est quand même,
00:19:03et on parle des fractions
00:19:04les plus dominées,
00:19:07marginalisées,
00:19:08discriminées de notre société
00:19:09qui étaient quand même
00:19:10en déficit de représentation politique
00:19:11et ils ont fait ce travail-là
00:19:13que n'avait pas fait
00:19:14la gauche depuis 40 ans.
00:19:15Et c'est important en fait.
00:19:16La mission historique de la gauche,
00:19:17c'est de représenter
00:19:18les intérêts des catégories populaires.
00:19:20Et après,
00:19:20on peut discuter lesquels
00:19:21et comment on gagne,
00:19:22etc.
00:19:22Mais de reprendre ce flambeau-là
00:19:25et de l'assumer
00:19:26alors qu'à l'inverse,
00:19:27Glucksmann assume lui précisément
00:19:29de, voilà,
00:19:30il y a une note qui a fuité,
00:19:31que ce n'était pas sa cible.
00:19:33C'est important.
00:19:34Après,
00:19:34est-ce que c'est suffisant ?
00:19:36Pierre,
00:19:36est-ce que,
00:19:37comme tu as travaillé dessus,
00:19:38est-ce que tu peux nous dire
00:19:39quelques mots de cette note
00:19:40juste pour situer à...
00:19:40juste pour que les on l'aie en gros.
00:19:42C'est cette note qui aurait été
00:19:43écrite par le directeur de campagne
00:19:44quand même de Raphaël Glucksmann
00:19:46qui donnait notamment
00:19:47que le cadre publié
00:19:48n'était pas la cible électorale
00:19:49parce que les Insoumis
00:19:50travaillaient précisément
00:19:51ce segment-là.
00:19:52Par contre,
00:19:52il fallait viser en gros
00:19:53des catégories aisées,
00:19:54notamment plus de 3 500 euros
00:19:55par mois
00:19:56et plutôt les seniors.
00:19:58En gros,
00:19:59c'était écrit comme ça.
00:20:00Raphaël Glucksmann a dit
00:20:01que ça n'engageait pas
00:20:02à place publique.
00:20:03Mais bon,
00:20:03c'est son directeur de campagne
00:20:04qui l'a écrit.
00:20:06Oui,
00:20:06je vais rebondir quand même
00:20:07sur...
00:20:07Est-ce que c'est suffisant ?
00:20:09Non.
00:20:09Après,
00:20:10ils parviennent quand même
00:20:11à obtenir
00:20:12et à remobiliser électoralement
00:20:14des territoires
00:20:16qui étaient très largement
00:20:16abstentionnistes.
00:20:17Il y a une légère,
00:20:18on l'a vu au dernier municipal,
00:20:19en fait,
00:20:20augmentation de la participation
00:20:21si on regarde à Saint-Denis
00:20:23par exemple
00:20:23ou dans un certain nombre
00:20:24de communes populaires
00:20:25où les Insoumis
00:20:26ont fait une campagne importante.
00:20:28Mais on parle de quelques points
00:20:29de participation
00:20:30et donc de suffrage en plus
00:20:33qui peuvent être
00:20:34les 400 000 voix
00:20:35qui ont manqué
00:20:36à Jean-Luc Mélenchon
00:20:37en 2022.
00:20:38Voilà,
00:20:39c'est peut-être pas suffisant
00:20:40pour obtenir une victoire
00:20:41au second tour par exemple.
00:20:42Mais malgré tout,
00:20:43je me permets quand même
00:20:44de souligner
00:20:45que si la France Insoumise
00:20:46a mis l'accent fortement
00:20:48sur les quartiers populaires
00:20:49dans son offre politique
00:20:51depuis quelques années,
00:20:52ce n'est pas l'essentiel
00:20:53du bloc électoral
00:20:54qu'elle essaie de le construire.
00:20:55C'est là où on pourra en discuter.
00:20:57Mais le concept de Nouvelle-France
00:20:58est intéressant
00:20:59où il n'y a pas que
00:21:00les quartiers populaires,
00:21:01il y a aussi la jeunesse,
00:21:02il y a aussi les femmes,
00:21:04etc.
00:21:04Et donc,
00:21:05c'est une approche
00:21:07aussi très intersectionnelle
00:21:08d'une certaine façon
00:21:08des groupes sociaux
00:21:09à représenter.
00:21:10Mais il y a quand même l'idée
00:21:12qu'il faut agréger
00:21:13différents segments électoraux
00:21:15pour pouvoir l'emporter.
00:21:16Et je pense que ça,
00:21:16c'est quand même assez clair
00:21:17à l'esprit des Insoumis et de Mélenchon.
00:21:20Est-ce que ce concept
00:21:21de Nouvelle-France
00:21:22développé par LFI
00:21:24dans ce contexte,
00:21:25est-ce que pour vous,
00:21:26il peut être mobilisateur
00:21:27ou est-ce qu'il risque,
00:21:28y compris du fait
00:21:30de la façon dont il est présenté,
00:21:32relayé, etc.,
00:21:33de fracturer
00:21:34plutôt de votre point de vue ?
00:21:36L'avantage de ce concept,
00:21:38c'est qu'il est plastique,
00:21:39en fait.
00:21:40D'ailleurs,
00:21:41c'est pour ça,
00:21:42d'abord,
00:21:42c'est fascinant
00:21:43de voir à quel point
00:21:44Mélenchon arrive
00:21:45à mettre en circulation
00:21:45des notions,
00:21:47des théories
00:21:47et à organiser l'agenda
00:21:48autour des théories
00:21:51qu'il propose.
00:21:52La Nouvelle-France,
00:21:54c'est devenu,
00:21:54tout le monde en parle,
00:21:55Tout le monde en parle,
00:21:56c'est devenu...
00:21:56et tout le monde en fait
00:21:57un petit peu
00:21:58ce qu'il veut aussi.
00:21:59Et même lui-même,
00:22:01il décline ce concept
00:22:02de manière assez différente.
00:22:04La Nouvelle-France,
00:22:04c'est aussi,
00:22:05on l'a vu à Saint-Denis,
00:22:06des drapeaux français,
00:22:08alors qu'il n'y avait plus
00:22:09de drapeaux,
00:22:09il avait même...
00:22:11Donc,
00:22:11il réactive un peu
00:22:13un imaginaire national.
00:22:15D'ailleurs,
00:22:16c'est marrant,
00:22:16l'extrême-gauche,
00:22:16lui en fait le reproche
00:22:17en disant,
00:22:18ah oui,
00:22:18mais c'est nationaliste,
00:22:21la France insoumise.
00:22:22Et puis,
00:22:22effectivement,
00:22:23la Nouvelle-France,
00:22:24alors ça lui permet
00:22:24de pouvoir dire
00:22:25la Nouvelle-France,
00:22:26bon, derrière,
00:22:27les gens vont comprendre
00:22:28plutôt la France métissée,
00:22:31mais si on lui dit
00:22:32que c'est la France métissée,
00:22:33il va dire,
00:22:33bah oui,
00:22:33mais c'est plus large.
00:22:34Donc,
00:22:35c'est très habile en fait.
00:22:37C'est très très habile
00:22:38et ça va lui permettre
00:22:39d'avoir à la fois
00:22:40un récit national,
00:22:41ce qu'on attend
00:22:42d'un candidat
00:22:42à l'élection présidentielle,
00:22:43et en même temps,
00:22:44d'envoyer des signaux
00:22:45parce que c'est devenu
00:22:47aussi un mot de codé,
00:22:48une expression codée
00:22:49pour dire qu'on s'adresse
00:22:50aux quartiers populaires.
00:22:52Mais,
00:22:53bon,
00:22:53pour être un peu
00:22:55dans le débat aussi
00:22:55avec Julien,
00:22:56parce que l'objectif
00:22:56c'est aussi qu'on discute,
00:22:59moi,
00:22:59je suis tout à fait d'accord
00:23:00avec Julien,
00:23:01la France insoumise
00:23:02a fait cet aggiornamento,
00:23:05parce que c'est un aggiornamento,
00:23:06au départ,
00:23:07les quartiers populaires,
00:23:08quand on reprend LFI
00:23:09en 2017,
00:23:10entre 2017 à 2019,
00:23:12c'était pas du tout
00:23:12leur priorité.
00:23:13Enfin, franchement,
00:23:14d'ailleurs,
00:23:14il faut être clair,
00:23:15le discours sur la laïcité,
00:23:17le discours sur l'islam,
00:23:18très clairement,
00:23:19il y a eu une rupture,
00:23:20cette fameuse manifestation,
00:23:22il y avait une manifestation
00:23:23contre l'islamophobie
00:23:24en 2019,
00:23:25LFI à l'époque
00:23:25avait vachement hésité
00:23:27à y aller,
00:23:28il y a eu des débats
00:23:28internes aux groupes parlementaires,
00:23:30et à ce moment-là,
00:23:31il y a une bascule,
00:23:31et je dirais que c'est une bascule
00:23:33à la fois
00:23:35électoraliste,
00:23:36mais pas simplement,
00:23:37idéologique, sociologique,
00:23:38ça correspond aussi
00:23:38à une évolution sociologique,
00:23:40et donc,
00:23:41il y a ça.
00:23:41Moi, je trouve que ça,
00:23:42c'est extrêmement intéressant,
00:23:43après,
00:23:44il faut quand même être clair,
00:23:45il y a aussi
00:23:46un grand cynisme électoral
00:23:47chez Mélenchon,
00:23:49c'est-à-dire qu'en fait,
00:23:49en gros,
00:23:50il dit,
00:23:50il faut cibler ça,
00:23:51mais il faut abandonner
00:23:52aussi certaines fractions,
00:23:54il y a quand même,
00:23:55il a été très très clair,
00:23:56Mélenchon,
00:23:56peut-être pas sur cet extrait
00:23:57qu'on a entendu,
00:23:58mais dire,
00:23:59voilà,
00:23:59on n'en a rien à foutre
00:24:00du rural,
00:24:01on ne met pas les forces militantes
00:24:02là-dedans,
00:24:02ils sont perdus,
00:24:05les fachos,
00:24:06ils sont condamnés,
00:24:07on s'en fout,
00:24:08très clairement,
00:24:10et moi,
00:24:11je n'ai pas sûr qu'ils disent
00:24:11on s'en fout,
00:24:12mais...
00:24:12Wouah,
00:24:13bon,
00:24:14et j'ai des échos
00:24:15de ce qui se passe
00:24:15dans le groupe parlementaire,
00:24:16il y a eu,
00:24:17ça tangue un peu
00:24:18dans le groupe parlementaire,
00:24:19les députés issus
00:24:20des territoires,
00:24:20ils ont l'impression,
00:24:21en fait,
00:24:22que bon,
00:24:22c'est catastrophique pour eux,
00:24:23alors eux aussi,
00:24:24ils pensent à leur circonscription,
00:24:25donc,
00:24:26en fait,
00:24:26ce qui est terrible,
00:24:27ce qui est tragique là,
00:24:28c'est que la gauche
00:24:29est sur des dilemmes,
00:24:30en fait,
00:24:33c'est quand même quelque chose
00:24:34d'assez nouveau,
00:24:35quoi,
00:24:35alors ça remonte,
00:24:36il y avait déjà eu ça
00:24:37avec la note,
00:24:37la fameuse note Terra Nova
00:24:39en 2011,
00:24:40qui avait déjà commencé
00:24:41à faire ce calcul,
00:24:43des calculs stratégiques,
00:24:44mais du coup...
00:24:45Est-ce que vous pouvez
00:24:46juste rappeler,
00:24:47pour encore une fois,
00:24:48ce qui aurait doupé
00:24:50cet épisode ?
00:24:50En fait,
00:24:51quand Hollande avait préparé
00:24:53l'élection présentielle
00:24:54de 2012,
00:24:55il y avait un think tank
00:24:55qui s'appelle Terra Nova,
00:24:57qui était dirigé
00:24:57par Olivier Ferrand,
00:24:58qui était très clairement
00:24:59un think tank
00:25:00social-libéral,
00:25:01c'est-à-dire que
00:25:01c'était pas du tout,
00:25:02c'était pas du tout
00:25:03la ligne LFI,
00:25:04c'était une ligne
00:25:05qui sera pas très loin
00:25:06de la ligne de Macron
00:25:07après.
00:25:08Et en fait,
00:25:09Terra Nova,
00:25:10il donnait des conseils
00:25:11en fait à Hollande
00:25:12en lui disant
00:25:14quelle cible électorale
00:25:16il faut viser.
00:25:17Donc il y avait déjà
00:25:18cette idée de cible
00:25:19et à l'époque,
00:25:20c'est assez étonnant,
00:25:21c'est que c'était pas
00:25:22très très loin
00:25:22de la Nouvelle-France.
00:25:23Les femmes,
00:25:24les jeunes,
00:25:24les jeunes urbains.
00:25:24c'est-à-dire qu'il y avait
00:25:25très clairement
00:25:27les diplômés urbains,
00:25:29les jeunes
00:25:31et en fait
00:25:32les quartiers,
00:25:34les quartiers populaires,
00:25:35en fait en gros
00:25:35avec l'idée
00:25:36que les fachos,
00:25:38ils étaient irrécupérables
00:25:40et que les milieux populaires
00:25:41étaient trop conservateurs
00:25:43et trop racistes
00:25:44pour essayer
00:25:44de les récupérer.
00:25:45Ce qui est quand même
00:25:46assez fascinant,
00:25:47c'est que plus de dix ans
00:25:49après,
00:25:50avec un discours
00:25:50idéologique
00:25:51totalement différent,
00:25:52il faut être très clair.
00:25:54Mélenchon arrive
00:25:55à peu près
00:25:55aux mêmes cibles
00:25:56en fait.
00:25:58C'est-à-dire que
00:25:58globalement,
00:25:59parce que la Nouvelle-France
00:26:00c'est un peu
00:26:00ces trois composantes-là.
00:26:01Donc ça interroge quand même.
00:26:04Ça interroge
00:26:05et effectivement,
00:26:07mais ça pose aussi
00:26:08le problème
00:26:08qu'a pointé Julien
00:26:09tout à l'heure,
00:26:10c'est que si effectivement
00:26:12la gauche doit faire
00:26:13un travail organisationnel
00:26:14pour retrouver
00:26:14les milieux populaires,
00:26:16c'est plus facile
00:26:17de le mener
00:26:18dans les quartiers
00:26:20des grandes métropoles urbaines
00:26:22que dans les quartiers ruraux.
00:26:23C'est clair.
00:26:24Aujourd'hui,
00:26:25le problème
00:26:25dans les quartiers ruraux,
00:26:27dans les territoires ruraux,
00:26:28c'est qu'il n'y a pas
00:26:30de militants,
00:26:31il n'y a pas de présence
00:26:32et donc finalement,
00:26:34effectivement,
00:26:35c'est plus facile
00:26:36d'aller chercher
00:26:37de ce côté-là.
00:26:38Julien Tapein,
00:26:39justement sur cette question
00:26:40des segments abandonnés
00:26:41peut-être par la Nouvelle-France
00:26:42et puis est-ce qu'on est
00:26:43en train de refaire
00:26:44Terra Nova
00:26:44sur des bases
00:26:45antilibérales finalement ?
00:26:46Sur Terra Nova,
00:26:48Rémi a pour partie réseau,
00:26:49la différence quand même
00:26:50majeure,
00:26:50c'est que chez LFI,
00:26:51et moi je le vois
00:26:52dans les échanges
00:26:52que je peux avoir
00:26:53avec la Boétie
00:26:53et dans le livre
00:26:54qu'on a publié
00:26:55il y a quelques mois,
00:26:56c'est qu'il y a une approche
00:26:57au fond marxiste,
00:26:58matérialiste
00:26:58où on pense la dimension
00:27:00de classe au fond,
00:27:01fondamentalement
00:27:02de ces groupes sociaux-là
00:27:03et un des éléments
00:27:04et dans le travail idéologique
00:27:05qui est mené
00:27:05qui est important,
00:27:06c'est de dire en fait
00:27:07les quartiers populaires,
00:27:08ce sont les classes populaires
00:27:09en fait
00:27:09et à rebours du discours
00:27:11qu'on entend en permanence,
00:27:12l'idée selon laquelle
00:27:13et c'est aussi pour ça
00:27:13qu'on a voulu faire ce livre
00:27:15selon laquelle
00:27:15les classes populaires
00:27:16ce ne seraient que
00:27:17les ouvriers blancs
00:27:18qui habitent
00:27:19dans le périurbain
00:27:20ou à la campagne,
00:27:22les classes populaires
00:27:23ce sont aussi
00:27:25les salariés
00:27:26de première ligne
00:27:28qui travaillent
00:27:29en Seine-Saint-Denis
00:27:29ou qui ont fait tourner
00:27:30la France pendant le Covid
00:27:31et ça en fait
00:27:32de montrer
00:27:33qu'il y a des liens
00:27:34et qu'on doit avoir
00:27:35une appréhension
00:27:37au fond
00:27:37à la fois de classe
00:27:39mais aussi genrée,
00:27:41raciale,
00:27:41des rapports de domination,
00:27:42je pense que c'est
00:27:43quand même important
00:27:43ce que ne faisait pas
00:27:44du tout
00:27:45Terranora
00:27:46et donc bon
00:27:46je me permets
00:27:47d'apporter cette nuance-là
00:27:49même si effectivement
00:27:50en termes de groupes sociaux
00:27:51à mobiliser
00:27:52puis deuxième point
00:27:53et pour aller dans le sens
00:27:53de ce que disait Rémi
00:27:54à l'instant
00:27:55le pari c'est de dire
00:27:56que la théorie du quatrième bloc
00:27:58c'est on va aller chercher
00:27:59d'abord les abstentionnistes
00:28:00des abstentionnistes
00:28:01il y en a dans beaucoup d'endroits
00:28:02même si c'est notamment
00:28:03dans les quartiers
00:28:04qui sont
00:28:04par ailleurs
00:28:05en fait dans les quartiers
00:28:06il y a quand même
00:28:07une orientation
00:28:08qui est progressiste
00:28:10quand bien même
00:28:10et moi je l'ai beaucoup capté
00:28:12dans mes enquêtes
00:28:13de terrain
00:28:13c'est une forme
00:28:14de politisation ordinaire
00:28:16qui ne se traduisait pas
00:28:17nécessairement
00:28:17électoralement
00:28:18quand tu dis progressiste
00:28:18il peut y aussi avoir
00:28:19un conservatisme culturel
00:28:20dans les quartiers aussi
00:28:21bon oui mais pas tant que ça
00:28:22en réalité
00:28:23c'est très largement
00:28:24fantasmé en fait
00:28:25par tout un ensemble
00:28:26d'intellectuels néo-réactionnaires
00:28:28et par CNews
00:28:29mais le conservatisme moral
00:28:30on peut le retrouver
00:28:31un peu sur les questions
00:28:32de genre en fait
00:28:33mais en réalité
00:28:34sur les questions économiques
00:28:35sociales
00:28:35de redistribution
00:28:36sur les questions environnementales
00:28:38sur le rapport
00:28:38au service public
00:28:39sur le rapport à l'égalité
00:28:40sur la très grande majorité
00:28:42il y a les questions de genre
00:28:43où effectivement
00:28:43en fait
00:28:44et je pense que tu pointes
00:28:46précisément
00:28:46les personnes de confession musulmane
00:28:48c'est aussi vrai
00:28:49chez les catholiques
00:28:49il y a des formes
00:28:50de conservatisme moral
00:28:52chez les personnes religieuses
00:28:53sur les questions de genre
00:28:54mais sur tout le reste
00:28:55au fond
00:28:55il y a une adéquation
00:28:56avec le logiciel
00:28:57de la gauche
00:28:58pour le dire comme ça
00:28:59de défense de la justice sociale
00:29:00et de l'égalité
00:29:01et donc
00:29:01tout le travail
00:29:02pour la gauche
00:29:03de ce point de vue là
00:29:03c'est de transformer
00:29:04la politisation ordinaire
00:29:05en participation
00:29:06notamment électorale
00:29:07et c'est ce qu'essayent
00:29:08de faire
00:29:09et les filles dans les quartiers
00:29:10ce qui marche plutôt pas mal
00:29:11quand même
00:29:11ces dernières années
00:29:13en revanche
00:29:13en milieu rural
00:29:14et ça fera peut-être
00:29:14la transition pour la suite
00:29:15mais c'est beaucoup plus compliqué
00:29:16parce qu'on part de plus loin
00:29:18en termes de valeurs
00:29:19pour le dire comme ça
00:29:20et du coup
00:29:20c'est le segment abandonné
00:29:21pour vous finalement
00:29:22vous partagez cette idée là
00:29:23moi je pense que
00:29:24à court terme
00:29:25les forces ne sont pas mises là
00:29:26parce qu'on ne peut pas
00:29:27mettre de force partout
00:29:28de toute façon
00:29:28la France Insoumise
00:29:29est aujourd'hui
00:29:30le seul parti politique
00:29:32de masse
00:29:32qui existe à gauche
00:29:33en termes de forces militantes
00:29:35et je pense que ça va être considérable
00:29:37pendant la campagne
00:29:38il y a un niveau
00:29:40ils sont chauds en fait
00:29:41les militants etc
00:29:42et voilà
00:29:42et la question c'est
00:29:43où est-ce qu'ils vont allouer
00:29:44leurs forces militantes
00:29:45et de fait
00:29:47au regard du calendrier
00:29:48qui est mine de rien
00:29:49assez resserré
00:29:50je pense qu'ils se disent
00:29:51qu'il vaut mieux aller
00:29:53activer des gens
00:29:54qui sont activables
00:29:55plutôt que de mener
00:29:56un travail de plus longue haleine
00:29:57auprès des lecteurs
00:29:57plus éloignés
00:29:58je voulais répondre
00:29:59mais est-ce qu'il n'y a pas aussi
00:30:00peut-être pour relancer aussi
00:30:01il n'y a pas un fantasme aussi
00:30:03sur les classes populaires
00:30:04ou sur les espaces ruraux
00:30:06qui seraient plus conservateurs
00:30:07par nature
00:30:08est-ce qu'il n'y a pas
00:30:08là aussi
00:30:09il y a des clichés
00:30:10il y a des clichés
00:30:10sur les classes populaires
00:30:11mais est-ce qu'il n'y a pas
00:30:11des clichés aussi
00:30:12sur les compagnies
00:30:12oui bien sûr
00:30:13et bien surtout moi
00:30:14ce que je voulais dire
00:30:14c'est que
00:30:15parce que tu dis en gros
00:30:16il faut prioriser
00:30:17mais il ne faut pas non plus
00:30:18abandonner l'idée
00:30:21et bon je ne vais pas faire
00:30:22mon ruffin
00:30:23mais l'idée
00:30:24de les tours et les bourgs
00:30:25c'est quand même une idée
00:30:26je trouve intéressante
00:30:27c'est-à-dire
00:30:27il n'y a pas de raison
00:30:28non plus
00:30:28je pense que
00:30:31il y a un chapitre
00:30:32dans le bouquin
00:30:33de Clara Denis
00:30:34Clara Deville
00:30:35et Pierre Dupère
00:30:36et en fait
00:30:37je pense que
00:30:37très clairement
00:30:38on peut le penser
00:30:38autrement que ruffin
00:30:39voilà
00:30:40mais en fait
00:30:41ce que je veux dire
00:30:42par là
00:30:42je reprends sa formule
00:30:43parce qu'elle est
00:30:44parlante
00:30:45c'est que je pense
00:30:46que si on parle
00:30:46service public
00:30:47si on parle éducation
00:30:48si on parle logement
00:30:49si on parle transport
00:30:51on peut tout à fait
00:30:52quand même
00:30:53embarquer
00:30:54embarquer
00:30:56les jeunes
00:30:57les jeunes
00:30:58de Roubaix
00:30:59et le Loiret
00:31:00le Gard
00:31:01etc
00:31:02je veux dire concrètement
00:31:02parce que si la gauche
00:31:04d'emblée renonce
00:31:05et fait un choix
00:31:07bon c'est des stratégies
00:31:09minoritaires
00:31:09et en plus
00:31:11je me permets aussi
00:31:12de dire ça
00:31:13parce que
00:31:14non seulement
00:31:16alors là peut-être
00:31:17qu'on ne sera pas d'accord
00:31:17avec Julien
00:31:18mais non seulement
00:31:20si on s'adresse trop
00:31:21aussi au quartier
00:31:22très clairement
00:31:23alors je ne vais pas
00:31:24employer identitarisé
00:31:25parce que je n'aime pas
00:31:26cette expression-là
00:31:26elle est piégée
00:31:27mais est-ce qu'on a
00:31:28intérêt aussi
00:31:29à mettre dans l'agenda
00:31:30quelle est la hiérarchie
00:31:32des questions
00:31:32qu'on a intérêt à mettre
00:31:33si les discriminations
00:31:36c'est absolument essentiel
00:31:37et la France insoumise
00:31:39a mis cette question-là
00:31:40dans le débat
00:31:41les violences policières
00:31:42etc
00:31:42mais voilà
00:31:43et la question du dosage
00:31:45aussi
00:31:45la question du dosage
00:31:46c'est vrai par exemple
00:31:47je remarque
00:31:48qu'il y a beaucoup de remarques
00:31:49qui ont été faites
00:31:50sur le discours de Mélenchon
00:31:51à Saint-Denis
00:31:52il n'a pas beaucoup
00:31:53parlé salaire
00:31:53il n'a pas
00:31:54il est parfois
00:31:56lui-même
00:31:56il met un petit peu
00:31:57de côté
00:31:58les questions
00:31:59je dirais
00:32:00socio-économiques
00:32:01assez classiques
00:32:02donc voilà
00:32:03il faut trouver
00:32:03il faut réussir à trouver
00:32:04aussi
00:32:05une offre politique
00:32:07et qui puisse faire
00:32:08cohabiter
00:32:09des questions
00:32:10comme les discriminations
00:32:11les violences policières
00:32:12les quartiers
00:32:12mais que
00:32:13bon
00:32:14ces questions-là
00:32:14elles ne peuvent pas
00:32:15non plus occuper
00:32:16elles doivent occuper
00:32:17une place
00:32:18mais pas forcément
00:32:18la place centrale
00:32:20parce que
00:32:21parce que aussi
00:32:21par ailleurs
00:32:22on sait très bien
00:32:23les usages
00:32:23que l'extrême droite
00:32:24peuvent faire aussi
00:32:25de ces questions-là
00:32:26c'est pas pour ça
00:32:27qu'il ne faut pas en parler
00:32:27et sur la défensive
00:32:28mais il faut faire attention
00:32:29tu disais toi-même
00:32:30qu'il faut être un peu stratège
00:32:32sur l'ensemble de la campagne
00:32:36une petite réponse
00:32:37je pense que cette représentation-là
00:32:39est quand même
00:32:39un peu caricaturale
00:32:41moi je suis frappé
00:32:42par exemple
00:32:42on commence à avoir
00:32:43les premières affiches
00:32:44par exemple
00:32:45pour la campagne présidentielle
00:32:46quels sont les messages
00:32:47au fond
00:32:47qui sont affichés
00:32:48par la France insoumise
00:32:49pour la présidentielle
00:32:50pour parler un peu de fond
00:32:51c'est planification écologique
00:32:526ème république
00:32:54service public
00:32:55et donc c'est pas vrai
00:32:56qu'il ne parle pas
00:32:56de transport
00:32:57de logement
00:32:58de service public
00:32:59etc
00:32:59voilà
00:33:00en revanche
00:33:01la façon dont
00:33:02il est reçu
00:33:03ce qui est gardé
00:33:04le travail de cadrage
00:33:06en fait
00:33:06il est aussi fait
00:33:07par les médias
00:33:08qui contribuent
00:33:08à déformer
00:33:09cette offre politique
00:33:10qui aussi
00:33:11est assez généraliste
00:33:12en réalité
00:33:12qui s'est mobilisé
00:33:13sur la taxe du CMAN
00:33:14à l'Assemblée nationale
00:33:15dire que les insoumis
00:33:16ne l'ont pas fait
00:33:17me semblerait
00:33:18en fait
00:33:18tout à fait caricatural
00:33:19et dire qu'ils auraient
00:33:19abandonné
00:33:20les questions économiques
00:33:21et sociales
00:33:21et dernier mot
00:33:22quand même
00:33:23sur la question
00:33:23de la reconquête
00:33:25des classes populaires rurales
00:33:27etc
00:33:27toute la difficulté
00:33:29c'est
00:33:29il ne faut pas avoir
00:33:31une lecture
00:33:31trop intellectualisante
00:33:33ou discursive
00:33:34de la mobilisation
00:33:35de l'électorat
00:33:36et a fortiori
00:33:37des catégories populaires
00:33:38il ne suffit pas
00:33:39d'avoir le bon discours
00:33:40la bonne offre politique
00:33:41pour que magiquement
00:33:42les gens reviennent
00:33:43aux urnes
00:33:43ce que montrent
00:33:44tous les travaux
00:33:45de sciences politiques
00:33:46sur les quartiers populaires
00:33:47comme sur les milieux ruraux
00:33:48d'ailleurs
00:33:49c'est qu'au delà
00:33:50de la bonne offre politique
00:33:51c'est le travail de terrain
00:33:53de mobilisation
00:33:53de l'implantation local
00:33:54c'est la sociologie
00:33:55des candidats aussi
00:33:57est-ce que la présidentielle
00:33:59a un effet particulier
00:34:00de ce point de vue là
00:34:01parce qu'on sait
00:34:01que dans la 5ème république
00:34:03elle est faite
00:34:04reine des élections
00:34:05qu'il y a une mobilisation
00:34:06particulière
00:34:07est-ce que du coup
00:34:08il y a un effet spécifique
00:34:09y compris dans les quartiers populaires
00:34:11au delà de ce que vous disiez
00:34:12sur le long terme
00:34:13il y aura une mobilisation
00:34:14qui sera plus importante
00:34:15on sait qu'en termes
00:34:15de participation électorale
00:34:17voilà
00:34:17et d'ailleurs
00:34:18le travail qui est mené
00:34:19maintenant depuis plusieurs années
00:34:20qui a porté marginalement
00:34:22ses fruits au municipal
00:34:23moi je pense qu'on va le voir
00:34:24de façon plus massive
00:34:26aux élections présidentielles
00:34:27où là ça va aller
00:34:28ça va aller voter
00:34:29et les écarts de participation historique
00:34:31entre les quartiers
00:34:32et les communes populaires
00:34:33et la moyenne de la population
00:34:34va se réduire
00:34:35et c'est aussi
00:34:36d'un point de vue démocratique
00:34:37d'une certaine façon
00:34:37une bonne nouvelle
00:34:38quand on parvient à réaffilier
00:34:40voilà
00:34:40en revanche
00:34:41toute la difficulté
00:34:42par rapport à ce que je disais
00:34:43c'est que
00:34:43si on veut reconquérir
00:34:45les fâchés pas fâchaux
00:34:46y compris des électeurs
00:34:48qui peuvent être progressistes
00:34:50sur certaines questions
00:34:51dans des territoires
00:34:52périurbains
00:34:52ou ruraux
00:34:53ce qu'il faut c'est des militants
00:34:54en fait
00:34:55et toute la difficulté
00:34:56c'est qu'aujourd'hui
00:34:57alors il y a peut-être encore
00:34:58des forces syndicales
00:34:59où un travail est mené
00:35:01voilà
00:35:02mais c'est faiblard en fait
00:35:03à gauche
00:35:03et donc c'est pour ça
00:35:04que moi je parle de long terme
00:35:05évidemment qu'il faut mener
00:35:07ce travail d'unification
00:35:08des catégories populaires
00:35:09qui est la mission aussi
00:35:10historique de la gauche
00:35:11pour dépasser cette logique
00:35:12de segment
00:35:13la réalité
00:35:13c'est qu'en un an
00:35:14on n'y arrivera pas
00:35:15je vous arrête
00:35:16puisqu'on va justement
00:35:16y venir à ce sujet là
00:35:17juste un petit point
00:35:18puisqu'on parlait du meeting
00:35:19de Mélenchon
00:35:19où j'y étais pour couvrir
00:35:20le meeting
00:35:21effectivement
00:35:21c'était pas le coeur
00:35:22de son discours
00:35:23mais il a quand même parlé
00:35:24abrogation de la réforme
00:35:25des retraites
00:35:25le SMIC
00:35:26la bichurcation écologique
00:35:27simplement je pense
00:35:28qu'il y a aussi
00:35:28une obsession médiatique
00:35:29sur la question
00:35:30de la nouvelle France
00:35:30qui fait qu'on retient
00:35:31une obsession médiatique
00:35:32une obsession de Mélenchon aussi
00:35:34c'est aussi l'épine d'orcelle
00:35:35c'est pas qu'un effet de cadran
00:35:36c'est lui aussi
00:35:37qui met beaucoup
00:35:38beaucoup en avance
00:35:39absent totalement
00:35:40de son discours
00:35:40par ailleurs
00:35:42on va venir
00:35:42parce qu'on parle aussi
00:35:43d'aller récupérer
00:35:44les électeurs
00:35:45qui sont allés
00:35:46à l'extrême droite
00:35:46et cette obsession
00:35:47à gauche
00:35:47de dire qu'une partie
00:35:48des électeurs de gauche
00:35:49sont partis
00:35:49dans les bras du RN
00:35:51on va parler de ça
00:35:52on va peut-être écouter
00:35:53un magnéto
00:35:53de ceux qui veulent
00:35:54encore convaincre
00:35:55les gens qui voudraient
00:35:56voter RN
00:35:56on va écouter
00:35:57Fabien Roussel
00:35:58faisons des milliers
00:36:00de réunions publiques
00:36:01pour aller convaincre
00:36:02ceux qui doutent
00:36:02ou ceux qui pensent
00:36:03que l'extrême droite
00:36:04c'est la solution
00:36:04invitons-les à discuter
00:36:06pas les militants
00:36:07pas les élus
00:36:08du RN
00:36:10non moi je pense à ceux
00:36:12les ouvriers
00:36:13de l'agroalimentaire
00:36:17des gens qui pensent
00:36:18que si quoi
00:36:19garder l'oeil est bien
00:36:20on parle bien
00:36:21on va parler programme
00:36:23programme contre programme
00:36:25alors programme contre programme
00:36:27dit Fabien Roussel
00:36:28qui est le secrétaire national
00:36:30du PCF
00:36:30est-ce que la gauche
00:36:32on commençait à l'évoquer
00:36:33peut encore rattraper
00:36:35sur le fond
00:36:35les électeurs
00:36:36qui ont aujourd'hui décidé
00:36:38de se tourner vers le RN
00:36:40je pense qu'il ne faut pas
00:36:41renoncer aux macronistes
00:36:42il ne faut pas renoncer aux ruraux
00:36:44il ne faut pas renoncer
00:36:46aux électeurs du RN
00:36:47donc il faut aussi tenir
00:36:48ce bout là
00:36:48de la chaîne
00:36:49après il faut être très clair
00:36:51c'est très très compliqué
00:36:52parce qu'aujourd'hui
00:36:53l'électorat RN
00:36:54qui est à un niveau
00:36:56très élevé
00:36:57il est hyper consolidé
00:36:59en fait
00:36:59c'est la caractéristique
00:37:01de cet électorat là
00:37:01ça n'a pas du tout
00:37:02toujours été le cas
00:37:03c'est que c'est un électorat
00:37:04qui est en béton armé
00:37:05et il est très très peu
00:37:10il n'est pas volatile en fait
00:37:11il est devenu
00:37:12et ce qui est fascinant
00:37:13au moins de vue
00:37:14de la science politique
00:37:15c'est alors même
00:37:16qu'il est très hétérogène
00:37:17c'est-à-dire qu'en fait
00:37:17alors même qu'il est traversé
00:37:19de contradictions sociologiques
00:37:21parce qu'il y a des électeurs
00:37:22en fait du sud-est
00:37:23ce ne sont pas les électeurs
00:37:25du bassin minier
00:37:26du Pas-de-Calais
00:37:27qui ne sont pas les électeurs
00:37:27du Loiret
00:37:28ils arrivent en fait
00:37:29parce qu'ils n'ont pas été
00:37:30au pouvoir en fait
00:37:31c'est ça en fait
00:37:32qui les tient
00:37:33parce que les contradictions
00:37:34du pouvoir
00:37:34n'ont pas fait éclater
00:37:36ces contradictions
00:37:37internes de l'électorat
00:37:38c'est un électorat
00:37:39très consolidé
00:37:39c'est à tel point
00:37:41un électorat consolidé
00:37:42moi je suis très très frappé
00:37:43de ça
00:37:43que le RN
00:37:44prend un énorme risque
00:37:45en étant de plus en plus
00:37:46à droite
00:37:47sur les questions
00:37:48socio-économiques
00:37:48ça c'est quand même
00:37:49très très frappant
00:37:50il y avait encore
00:37:51une petite ambiguïté
00:37:52quand même
00:37:52il y a quelques années
00:37:53sur les retraites
00:37:55sur l'inflation
00:37:55etc
00:37:56même sur l'assistanat
00:37:57là en fait
00:37:58on a une espèce
00:37:59d'alignement
00:37:59ils ont un discours
00:38:01mais ouvertement libéral
00:38:03ça crée une ouverture
00:38:04à gauche ça pour vous ?
00:38:05ça crée peut-être
00:38:07une prise
00:38:08c'est à dire qu'effectivement
00:38:09quand on a
00:38:09un discours
00:38:10sur les retraites
00:38:11de Bardella
00:38:12qui devient un discours
00:38:13complètement de droite
00:38:14un discours
00:38:15sur la taxe
00:38:17Zuckman
00:38:17sur la fiscalité
00:38:18il y a peut-être
00:38:19des choses
00:38:19à aller rogner
00:38:20là-dessus
00:38:20effectivement
00:38:21c'est à dire
00:38:22aller faire un travail
00:38:23en disant
00:38:24mais attendez
00:38:24est-ce que
00:38:25parce qu'on sait
00:38:26très très bien
00:38:26dans les perceptions
00:38:27il y a deux tiers
00:38:28des électeurs
00:38:30deux tiers des électeurs
00:38:31du RN
00:38:31qui considèrent
00:38:32que le RN
00:38:33est un parti social
00:38:34qui défend la solidarité
00:38:36ça c'est une perception
00:38:37des électeurs
00:38:37Est-ce que ça reste encore
00:38:38la principale motivation
00:38:40de ces électeurs-là ?
00:38:41Non
00:38:41la motivation
00:38:42elle est multiple
00:38:43c'est renverser le système
00:38:44c'est la xénophobie
00:38:46alors souvent d'ailleurs
00:38:46les deux
00:38:47tout étant lié
00:38:48je viens de le parler
00:38:49sur la xénophobie
00:38:50parce que les enquêtes
00:38:51le montrent
00:38:52c'est la xénophorie
00:38:52mais bien sûr
00:38:55après effectivement
00:38:55la xénophobie
00:38:57c'est pas forcément
00:38:58la motivation principale
00:39:00du RN
00:39:00dans le bassin maigné
00:39:01du Pas-de-Calais
00:39:01ils ont gagné
00:39:0214 communes
00:39:03ça l'est
00:39:04oui ça l'est
00:39:05mais c'est articulé
00:39:06avec la question sociale
00:39:07on peut pas
00:39:07bon voilà
00:39:08donc là-dessus
00:39:09effectivement
00:39:10il y a peut-être
00:39:11des contradictions
00:39:12à faire jouer
00:39:12mais j'avoue
00:39:13que je suis un peu sceptique
00:39:14parce que ces contradictions
00:39:16elles existent depuis longtemps
00:39:17ça fait longtemps qu'on en parle
00:39:18et en fait on a l'impression
00:39:20si vous voulez
00:39:20que là
00:39:21beaucoup d'électeurs du RN
00:39:22ils attendent le vote
00:39:23ils attendent de faire péter le système
00:39:24et finalement
00:39:25quoi qu'il arrive
00:39:26même si Bardella
00:39:27par exemple
00:39:27loupe ses débats
00:39:29parce qu'il y a aussi
00:39:29il y a aussi cet argument
00:39:31qui est de dire
00:39:31le RN peut baisser
00:39:33parce que Bardella
00:39:34est incompétent
00:39:35mais cet argument-là
00:39:36il faut faire très attention
00:39:37parce que
00:39:37pointer l'incompétence
00:39:39de Bardella
00:39:39c'est aussi
00:39:41renforcer
00:39:42cette identification
00:39:43de victimaire
00:39:45qui font que les électeurs
00:39:46du RN
00:39:47ont un problème
00:39:48avec l'école
00:39:49sont pas diplômés
00:39:50donc le petit côté
00:39:51donneur de leçon
00:39:52qu'on pourrait avoir
00:39:53vis-à-vis de Bardella
00:39:54peut être très contre-productif
00:39:55si on veut requérir
00:39:56les milieux populaires
00:39:58notamment
00:39:58Julien Talepin
00:39:59sur cette question
00:40:00il y a aussi
00:40:00on entend souvent
00:40:01qu'il y a un discours
00:40:03qui est tenu à gauche
00:40:03que quand on parle
00:40:04de violences policières
00:40:05qu'on parle d'islamophobie
00:40:07ça nous fait gagner
00:40:08en Seine-Saint-Denis
00:40:08ça fait gagner à la gauche
00:40:09en Seine-Saint-Denis
00:40:09mais ça fait perdre
00:40:10en Pas-de-Calais
00:40:10c'est un truc
00:40:12qu'on a déjà entendu
00:40:12est-ce que ça vous
00:40:14peut le partager aussi
00:40:15évidemment il y a un choix
00:40:16à faire
00:40:17si on postule ça
00:40:19je pense que c'est compliqué
00:40:20de parler des deux
00:40:20après on peut avoir
00:40:21une offre programmatique
00:40:22et moi je trouve pas ça honteux
00:40:23d'une certaine façon
00:40:24de mettre en avant
00:40:25des thématiques
00:40:26qui parlent plus
00:40:26aux personnes que vous avez
00:40:27en face de vous
00:40:28en porte-à-porte
00:40:29à un moment
00:40:29et on peut avoir
00:40:30dans un même programme
00:40:31soyons fous
00:40:32la lutte contre l'islamophobie
00:40:34et en même temps
00:40:35le soutien
00:40:35aux services publics
00:40:37etc.
00:40:37je pense que c'est possible
00:40:38et je pense que d'ailleurs
00:40:39ça existe en fait
00:40:40sur l'offre électorale à gauche
00:40:42et que de fait
00:40:42quand vous allez rencontrer
00:40:43des électeurs
00:40:44vous allez mettre en avant
00:40:45les questions qui vont
00:40:46résonner avec eux
00:40:46et ça ça a fait scandale
00:40:48quand Ruffin avait fait
00:40:49ses sorties etc.
00:40:50mais tous les candidats
00:40:51font ça au fond
00:40:52quand on fait du porte-à-porte
00:40:53on va mettre en avant
00:40:54les enjeux
00:40:56qui vont parler
00:40:56aux personnes que vous avez
00:40:57en face de vous
00:40:57et donc il y a des orientations
00:40:59stratégiques
00:41:00et donc ça voilà
00:41:01après dans les médias
00:41:02évidemment il faut le sous-peser
00:41:05alors je me permets quand même
00:41:05de réagir à ce que disait
00:41:06Fabien Roussel
00:41:07dans l'extrait
00:41:08qui est intéressant
00:41:09moi je pense qu'il a raison
00:41:10en fait
00:41:10je pense qu'il faut le faire
00:41:12je pense que malheureusement
00:41:13il n'y a pas grand monde
00:41:14qui est en capacité
00:41:15de le faire aujourd'hui
00:41:17à gauche
00:41:17de faire des milliers
00:41:18de réunions publiques
00:41:19et d'avoir ces forces militantes là
00:41:21pour mener ce travail
00:41:22moi je travaille beaucoup
00:41:23sur le monde associatif
00:41:25en fait
00:41:25et il y a des choses
00:41:26qui se préparent
00:41:26de ce point de vue là
00:41:27il y a une initiative
00:41:27qui s'appelle
00:41:281000 et 1 territoire
00:41:28la fédération des centres sociaux
00:41:30les MJC
00:41:31les foyers ruraux
00:41:32qui vont mener ce travail
00:41:33d'éducation populaire
00:41:34à la base
00:41:35qui là peut peut-être
00:41:36porter ses fruits
00:41:37à certains égards
00:41:37parce que au fond
00:41:38ces structures là
00:41:39d'éducation populaire
00:41:40elles ont encore
00:41:40une implantation
00:41:41auprès de gens
00:41:42qui sont des gens
00:41:42qui votent RN
00:41:44pour partir
00:41:45qui font un travail
00:41:46de longue haleine
00:41:47et le monde associatif
00:41:47c'est 21 millions
00:41:48de bénévoles
00:41:49et d'usagers
00:41:49en fait
00:41:50les effectifs
00:41:51des partis politiques
00:41:51à gauche
00:41:52aujourd'hui
00:41:52c'est quelques centaines
00:41:53de milliers de personnes
00:41:54et donc la capacité
00:41:55d'entraînement
00:41:55peut-être
00:41:55elle se trouvera
00:41:57là
00:41:58malgré tout
00:41:58moi je pense
00:41:58que c'est tard
00:41:59je le redis
00:42:00c'est avant
00:42:01les présidentielles
00:42:02Rémi le disait
00:42:04la consolidation
00:42:05de l'électorat
00:42:06Rassemblement National
00:42:07est telle
00:42:09que ça va être difficile
00:42:10de les faire bouger
00:42:12et donc il n'est pas certain
00:42:13qu'on y arrive
00:42:14ça ne veut pas dire
00:42:15qu'il ne faut pas mener
00:42:15ce travail à long terme
00:42:16On parlait du coup
00:42:18de la contradiction
00:42:19entre différentes fractions
00:42:21d'électorats
00:42:22potentiels
00:42:24à gauche
00:42:26entre ceux qui sont
00:42:27tentés par l'ERN
00:42:28ceux qui vivent
00:42:30dans les quartiers
00:42:30dans les quartiers
00:42:31populaires
00:42:32et qui sont plus souvent
00:42:33victimes de discriminations
00:42:35racisées etc
00:42:36est-ce qu'il peut
00:42:37y avoir
00:42:38ce trait d'union
00:42:40par la question sociale
00:42:42les intérêts
00:42:42de classe commun
00:42:43ou est-ce que finalement
00:42:44c'est un petit peu
00:42:45illusoire selon vous ?
00:42:46Bah non
00:42:48ça ne peut pas être illusoire
00:42:48je veux dire
00:42:49concrètement
00:42:49ça doit être un objectif
00:42:50et je pense que c'est possible
00:42:52c'est-à-dire qu'effectivement
00:42:53on l'a redit tout à l'heure
00:42:54mais aujourd'hui par exemple
00:42:55prenons des questions
00:42:57comme
00:42:57alors déjà le pouvoir d'achat
00:42:59concrètement
00:43:00il ne faut pas oublier
00:43:01que c'est la première
00:43:02préoccupation des français
00:43:03c'est-à-dire l'augmentation
00:43:04du pouvoir d'achat
00:43:05voilà
00:43:06et c'est quand même
00:43:07ça c'est aussi un marqueur
00:43:08de gauche
00:43:08la gauche
00:43:09ça doit être l'amélioration
00:43:11des conditions matérielles
00:43:12de vie
00:43:12donc le pouvoir d'achat
00:43:14ça concerne
00:43:16je veux dire
00:43:16la femme de ménage
00:43:18qui vient de
00:43:19je ne sais pas
00:43:20d'Ile-de-France
00:43:22enfin qui est en Ile-de-France
00:43:23qui prend le RER
00:43:24ça concerne
00:43:25la caissière
00:43:27rurale
00:43:27ça concerne l'ouvrier
00:43:28enfin voilà
00:43:29donc si on met en avant
00:43:31enfin ça
00:43:32c'est quand même fédérateur
00:43:33quoi
00:43:33le logement
00:43:34le logement
00:43:35les services publics
00:43:37voilà
00:43:37moi je ne suis pas du tout
00:43:40on ne doit pas renoncer
00:43:42à gauche
00:43:43à l'idée
00:43:44de rassembler
00:43:45autour de mots d'ordre
00:43:47socio-économique
00:43:48généraux
00:43:49l'égalité
00:43:50l'égalité
00:43:51les discriminations
00:43:52c'est une question
00:43:53d'égalité
00:43:55et donc l'égalité
00:43:57je suis désolé
00:43:58c'est pas très original
00:43:58de dire ça
00:43:59mais parler d'égalité
00:44:01au sens
00:44:01sous toute cette forme
00:44:02c'est quand même
00:44:03un discours
00:44:04qui est à même
00:44:04à mon avis
00:44:05de fédérer
00:44:06de fédérer large
00:44:07voilà
00:44:08c'est intéressant
00:44:08que le parti socialiste
00:44:09ait plutôt mis le modeur
00:44:10de liberté en fait
00:44:11dans son dernier programme
00:44:12qui est sorti
00:44:13il y a quelques semaines
00:44:14oui
00:44:14en termes justement
00:44:15de modeur
00:44:16mais après
00:44:17pour te porter un peu
00:44:18la conviction
00:44:18Clémence Guettet
00:44:19elle était étonnée
00:44:20elle a trouvé
00:44:20qu'il y avait
00:44:20beaucoup d'idées
00:44:21qui piquaient
00:44:21à la France insoumise
00:44:22au PS
00:44:23je pense qu'il faut
00:44:24défendre la liberté
00:44:25c'est pas la question
00:44:27concrètement
00:44:27par exemple
00:44:28il faut être clair
00:44:29par rapport à cette question
00:44:30des gauches et réconciliables
00:44:31quand on regarde
00:44:32les programmes
00:44:33au moins
00:44:34alors peut-être pas
00:44:35et même Glucksmann
00:44:36quand on regarde son programme
00:44:37il n'est pas à droite
00:44:39son programme
00:44:39il y a des convergences
00:44:41quand même très très fortes
00:44:42autour des questions
00:44:43socio-économiques
00:44:44dans l'ensemble des programmes
00:44:45le programme de Tondelier
00:44:46des Verts
00:44:47de LFI
00:44:48du PS
00:44:49quand on regarde le projet
00:44:49de Chloé Rydel
00:44:50il est très clairement
00:44:51ancré à gauche
00:44:52donc ça veut dire quoi ?
00:44:53ça veut dire que
00:44:54il y a des haines
00:44:56tu évoquais tout à l'heure
00:44:57très très fortes
00:44:57mais il y a quand même
00:44:58beaucoup beaucoup
00:44:59de convergences
00:44:59il y a vraiment
00:45:01on peut regarder ça aussi
00:45:04donc bon bah ça
00:45:05ça peut créer une dynamique
00:45:07de rassemblement
00:45:08au moins sur des mots d'ordre
00:45:10qui puissent unifier
00:45:11les catégories populaires
00:45:12là où je suis sceptique
00:45:14au fond c'est de penser
00:45:15que le rassemblement
00:45:16ou l'unification
00:45:17des classes populaires
00:45:17puisse advenir
00:45:18simplement par des discours
00:45:19et par des mots
00:45:20et par des programmes
00:45:21au fond
00:45:21dans l'histoire
00:45:22le travail d'unification
00:45:23des classes populaires
00:45:24il s'est fait comment ?
00:45:24il s'est fait dans les luttes
00:45:25c'est pour ça que je parlais
00:45:26de syndicalisme
00:45:27je parle de monde associatif
00:45:28et c'est pour ça que
00:45:29la disparition des effectifs
00:45:30des partis politiques
00:45:30est un drame
00:45:31d'une certaine façon
00:45:32parce que c'est ce travail
00:45:33militant et organisationnel
00:45:34qui permettrait d'eux
00:45:35et en fait juste penser
00:45:36en fait il y a un truc
00:45:37et moi je suis frappé
00:45:39quand même
00:45:39quand on discute
00:45:40avec des élus
00:45:41les élites partisanes
00:45:43aujourd'hui à gauche
00:45:44ont une appréhension
00:45:45très intellectualisante
00:45:46discursive
00:45:47et sondagière
00:45:48presque au fond
00:45:48des conditions de la victoire
00:45:49ce qui est très mal connaître
00:45:51en réalité
00:45:51la sociologie réelle
00:45:53de l'électorat
00:45:53et de ce qui les fait bouger
00:45:55et donc ça amène
00:45:56à des choix stratégiques
00:45:57moi je reviens toujours
00:45:58à mes marottes
00:45:59mais si on ne reconstruit pas
00:46:00une infrastructure
00:46:02organisationnelle puissante
00:46:03à gauche
00:46:03c'est mort
00:46:04et même j'irai plus loin
00:46:05si jamais par miracle
00:46:06quelqu'un de gauche
00:46:07gagner les élections présidentielles
00:46:08ça ne servira à rien
00:46:09si on n'a pas
00:46:10une infrastructure
00:46:11organisationnelle puissante
00:46:12qui permette
00:46:13de faire de la victoire
00:46:14quelque chose
00:46:14et le quinquennat d'Hollande
00:46:16c'est aussi ça
00:46:17s'il y avait eu des syndicats puissants
00:46:18qui avaient fait des grèves générales
00:46:20quand Hollande était au pouvoir
00:46:21l'histoire aurait été différente
00:46:22et donc c'est ça
00:46:23ce travail qui est à mener
00:46:24on peut discuter
00:46:25mais de ce point de vue là
00:46:26il y a une électoralisation
00:46:27des partis de gauche
00:46:28mais même de la France insoumise
00:46:30la France insoumise
00:46:31la France insoumise
00:46:32ne construit
00:46:32le gazeux
00:46:33le mouvement gazeux
00:46:34que crée la France insoumise
00:46:35même si c'est renforcé
00:46:36ces dernières années
00:46:37n'est pas propre
00:46:38à politiser les milieux populaires
00:46:39globalement
00:46:39donc en fait c'est aussi
00:46:40parce que
00:46:41les partis de gauche
00:46:42sont obsédés
00:46:43par les échéances électorales
00:46:45de court terme
00:46:45plus les partis sont faibles
00:46:47plus ils sont électoralistes
00:46:48c'est ça
00:46:48du coup le problème
00:46:50effectivement
00:46:50moi je suis totalement d'accord
00:46:51il faut mener un travail de fond
00:46:52alors après
00:46:54Julien soyons honnêtes
00:46:55aujourd'hui
00:46:57il y a beaucoup de gens
00:46:58qui nous écoutent
00:46:58qui doivent dire
00:46:59ouais mais alors bon
00:46:59s'il faut retrouver beaucoup
00:47:00parce que là
00:47:01on était tellement
00:47:02dans l'affaiblissement
00:47:03des partis politiques
00:47:04il y a beaucoup de gens
00:47:04aussi qui pensent
00:47:05que c'est mort
00:47:05les partis politiques
00:47:06bon je pense
00:47:07qu'ils font une énorme erreur
00:47:08et qu'en fait en gros
00:47:09ce qui compte
00:47:10c'est les réseaux sociaux
00:47:10parce qu'il y a beaucoup ça aussi
00:47:12et ça c'est aussi très très fort
00:47:14à la France insoumise
00:47:14c'est non négligeable
00:47:16aussi en termes de politisation
00:47:17peut-être que nous
00:47:18on est un peu old school
00:47:19dans nos démarches
00:47:21on essaie d'être
00:47:21un peu autocritique
00:47:22parce que effectivement
00:47:23peut-être que la politisation
00:47:25passe aussi
00:47:26par les réseaux sociaux
00:47:27par ce type d'émissions
00:47:28que vous réalisez
00:47:29en essayant d'avoir
00:47:30des formats un peu différents
00:47:31parce que
00:47:32bon voilà
00:47:33les jeunes
00:47:34les jeunes se politisent
00:47:35aujourd'hui
00:47:36mais l'un n'empêche pas l'autre
00:47:37on regarde l'expérience
00:47:37de Mamdani par exemple
00:47:38Mamdani en fait
00:47:39on ne peut pas parler
00:47:40on ne peut pas dire
00:47:40que le parti démocrate
00:47:41c'est un parti de masse
00:47:42en fait à New York
00:47:43donc le nouveau maire de New York
00:47:44mais il y a une infrastructure
00:47:46organisationnelle
00:47:46qui est issue
00:47:47de mouvements associatifs
00:47:48de luttes syndicales
00:47:49etc
00:47:49qui à un moment
00:47:50ont joué un rôle
00:47:51dans la campagne électorale
00:47:53et Mamdani
00:47:53c'est intéressant
00:47:54parce qu'il a à la fois
00:47:55une offre politique
00:47:56qui est très centrée
00:47:57sur les services publics
00:47:58le pouvoir d'achat etc
00:47:59mais en même temps
00:48:00il est très investi
00:48:01sur la question palestinienne
00:48:02les enjeux antiracistes etc
00:48:04alors vous me direz
00:48:05c'est New York
00:48:06ce n'est pas la France
00:48:08mais New York
00:48:08est aussi très hétérogène
00:48:09en fait socialement
00:48:10il y a des classes populaires blanches
00:48:11qui ont très largement voté Trump
00:48:12en fait
00:48:13en 2024 etc
00:48:14et donc bon
00:48:15moi je pense qu'il y a des choses
00:48:16qui peuvent nous inspirer
00:48:17y compris
00:48:17moi je ne suis pas en train de dire
00:48:18il faut reconstruire
00:48:19les partis politiques du 20ème siècle
00:48:21mais qu'on a besoin
00:48:23d'organisations puissantes
00:48:24sinon de toute façon
00:48:25c'est mort à long terme
00:48:26et le projet de la gauche
00:48:27c'est quand même d'abord
00:48:28le changement
00:48:29et l'émancipation
00:48:29de la classe ouvrière à long terme
00:48:30j'ai une question
00:48:31pour prolonger un peu
00:48:32cette discussion
00:48:32parce que vous disiez
00:48:33on a une approche trop discursive
00:48:34de la question
00:48:35c'est à dire
00:48:35on se pose la question
00:48:36de comment avoir un discours
00:48:37qui parle à tout le monde
00:48:38ou pas d'ailleurs
00:48:40moi ce qui me frappe
00:48:40c'est que quand on postule
00:48:41les bourgs et les tours
00:48:42ou appelons ça comme on veut
00:48:42les zones rurales
00:48:43et les zones des quartiers populaires
00:48:45on postule que cette zone là
00:48:47ne dialogue pas entre elles
00:48:48en fait
00:48:48il y a une espèce de fracture
00:48:50sociale et territoriale
00:48:51une étanchéité
00:48:53entre ces deux espaces
00:48:54est-ce que le travail de la gauche
00:48:55c'est pas aussi de faire
00:48:55péter ces frontières
00:48:57invisibles en vaillant
00:48:58d'accord
00:48:58après il ne faut quand même
00:48:59pas non plus
00:49:00les négliger aujourd'hui
00:49:02c'est aujourd'hui aussi
00:49:03c'est vrai
00:49:04qu'il y a aujourd'hui
00:49:05plusieurs Frances
00:49:06on a insisté
00:49:07sur ce qui peut les unifier
00:49:09mais c'est vrai qu'aujourd'hui
00:49:11bon ben on l'a encore vu
00:49:12aux élections municipales
00:49:13il y a aussi énormément
00:49:15de fractures territoriales
00:49:16en France
00:49:17il y a des problématiques spécifiques
00:49:19il y a aussi
00:49:20bon ben voilà
00:49:21la métropolisation
00:49:22quand on regarde
00:49:23parce que
00:49:24quand on projette aussi
00:49:25la gauche sur les territoires
00:49:27c'est quand même très très frappant
00:49:28c'est-à-dire de voir
00:49:29en gros
00:49:29il y a une dénationalisation
00:49:32du vote de gauche
00:49:33le vote de gauche
00:49:34regardez aux municipales
00:49:35les grandes villes sont à gauche
00:49:37globalement
00:49:38il n'y a pratiquement plus
00:49:39que les grandes villes
00:49:40d'ailleurs
00:49:40au passage
00:49:41c'est-à-dire que
00:49:41la droite a beaucoup progressé
00:49:44dans les villes moyennes
00:49:44on ne l'a pas beaucoup dit
00:49:45aux dernières élections municipales
00:49:46mais très clairement
00:49:47et en gros
00:49:48il y a aussi
00:49:50du déclassement territorial
00:49:51partout
00:49:52qui produit structurellement
00:49:54du vote d'extrême droite
00:49:55mais vraiment
00:49:56c'est-à-dire qu'en fait
00:49:57en gros
00:49:57et ça
00:49:58ça c'est un énorme problème aussi
00:50:00c'est-à-dire que
00:50:01imaginons par exemple
00:50:03imaginons que la gauche
00:50:04arrive au pouvoir
00:50:05tu disais tout à l'heure
00:50:06qu'il faudrait qu'elle traite
00:50:07les questions
00:50:08d'inégalité territoriale
00:50:09après sans doute
00:50:10mais j'ai-dire
00:50:11il y a un enjeu
00:50:12de l'aménagement du territoire
00:50:13en France aujourd'hui
00:50:15parce que c'est vrai aussi
00:50:16que les services publics
00:50:17quand dans un territoire
00:50:18il n'y a plus du tout
00:50:18de services publics
00:50:19plus de trains
00:50:19plus d'écoles
00:50:20plus de bars
00:50:21etc.
00:50:22voilà
00:50:23ça
00:50:23ça devient impossible
00:50:26de fédérer
00:50:27pour la gauche
00:50:28quand finalement
00:50:29le seul rapport
00:50:30qu'on a à la communauté nationale
00:50:31c'est de regarder ces news
00:50:32parce que parfois
00:50:33c'est ça
00:50:34et donc du coup
00:50:35on a l'impression
00:50:36d'importer dans son territoire
00:50:37tout est imaginaire
00:50:39raciste
00:50:40etc.
00:50:40donc
00:50:41bon
00:50:42il faut faire attention
00:50:42parce que les fractures
00:50:43territoriales
00:50:44elles existent quand même
00:50:45énormément
00:50:45donc il ne faut pas non plus
00:50:47on peut les dépasser
00:50:49mais il faut
00:50:49il faut les prendre en compte
00:50:51et aussi
00:50:52il faut avoir un discours
00:50:53quand même
00:50:54aussi
00:50:55qui soit adapté
00:50:56à certains territoires
00:50:57qui connaissent des problématiques spécifiques
00:50:59moi je pense en fait
00:51:00alors t'évoquais tout à l'heure
00:51:01le papier de Pierre Gilbert
00:51:02et Clara Deville
00:51:02au fond
00:51:03qui montrent très bien
00:51:04qu'à rebours justement
00:51:04de cette petite musique
00:51:05comme quoi les aspirations
00:51:06de ces différents segments
00:51:07des classes populaires
00:51:09seraient irrémédiablement différents
00:51:10bah non en fait
00:51:11les gens aspirent à bien des égards
00:51:12à des choses communes
00:51:13la présence de services publics
00:51:15dans les quartiers
00:51:16en fait les services publics
00:51:17il y en aurait besoin
00:51:17aussi la question du transport
00:51:19alors ça peut être la bagnole
00:51:20versus les transports en commun
00:51:22mais il y a une aspiration aussi
00:51:23quand même
00:51:24être une classe populaire rurale
00:51:25ou urbaine
00:51:27c'est souvent en fait
00:51:28passer beaucoup de temps
00:51:28dans les transports
00:51:29donc il y a des aspirations
00:51:30de ce point de vue là
00:51:30la santé, l'école
00:51:31mais la vérité
00:51:33c'est qu'en fait
00:51:33qui mène des luttes
00:51:34en fait sur ces enjeux là
00:51:35qui rassemblent
00:51:36ces différentes fractions
00:51:37des classes populaires
00:51:38personne en fait
00:51:38personne n'est en capacité
00:51:39de le faire
00:51:40un peu les syndicats
00:51:41il faut le dire quand même
00:51:42sur des enjeux de santé
00:51:43la poste, l'école, etc
00:51:45mais c'est faible
00:51:46donc il y a besoin
00:51:47d'expérience, de vie en commun
00:51:49ce qu'avait réussi
00:51:50à certains égards
00:51:50le mouvement des gilets jaunes
00:51:51à un moment
00:51:53le mouvement c'était aussi
00:51:54une France périurbaine
00:51:56et à quelques endroits
00:51:58en fait des quartiers
00:51:58qui se rassemblaient
00:51:59qui se rendaient compte
00:52:00mais il n'y a pas
00:52:01beaucoup d'endroits
00:52:01pour se rendre compte
00:52:02qu'en fait
00:52:02on n'est pas si différents
00:52:03et donc derrière
00:52:04la télé, les réseaux, etc
00:52:07polarisent
00:52:07mais il y a un travail
00:52:08organisationnel à mener
00:52:09c'est pas impossible
00:52:10au regard des aspirations
00:52:11subjectives réelles des gens
00:52:12il y a un point
00:52:13qu'évoquait Rémi Lefebvre
00:52:14sur lequel j'aurais aussi
00:52:15aimé vous entendre
00:52:16vous parliez
00:52:17d'un électorat du RN
00:52:18bien accroché
00:52:19et en même temps
00:52:20d'une réorientation
00:52:22un petit peu avec
00:52:23Jordan Bardella
00:52:24sur le plan économique
00:52:25puisque vous évoquiez
00:52:27les retraites
00:52:27Marine Leutmann
00:52:28a elle-même d'ailleurs
00:52:29hier ou avant-hier
00:52:30parlé d'ouverture
00:52:32vers la capitalisation
00:52:33ce qu'elle avait jamais
00:52:34fait aussi clairement
00:52:35donc quel que soit
00:52:36le candidat
00:52:36on voit les dîners
00:52:38avec le MEDEF
00:52:39d'ailleurs se multiplier
00:52:40est-ce que
00:52:42ce changement-là
00:52:43pour vous
00:52:43peut participer
00:52:44à une possibilité
00:52:46pour la gauche
00:52:47d'aller rattraper
00:52:49quelques électeurs ?
00:52:51Moi en fait
00:52:51ils sont déjà
00:52:52dans une stratégie
00:52:52de second tour
00:52:53ce qui est intelligent
00:52:55de toute façon
00:52:55ils sont quasiment assurés
00:52:56d'être au deuxième tour
00:52:57et ils sont en train
00:52:58de jouer
00:52:59la droite
00:53:00l'union des droites
00:53:01et le fait est
00:53:02que tout indique
00:53:03aujourd'hui
00:53:04on le voit très clairement
00:53:04par par exemple
00:53:05la base électorale
00:53:06de Zemmour
00:53:07qui est très bourgeoise
00:53:08il y a un processus
00:53:09on pourrait dire
00:53:10presque de fascisation
00:53:12ou de radicalisation
00:53:13ou d'extrême droitisation
00:53:14d'une partie de la bourgeoisie
00:53:15en France
00:53:16alors a fortiori
00:53:18les personnes âgées
00:53:19etc.
00:53:20et donc ils sont en train
00:53:21de basculer
00:53:21et très clairement
00:53:23c'est plutôt Bardella
00:53:23que Mélenchon
00:53:24voilà le discours
00:53:25qui est en train
00:53:26de s'imposer
00:53:27et une des réflexions
00:53:29qu'il faudra accueillir
00:53:30à un moment
00:53:30c'est justement
00:53:33ce dialogue là
00:53:34et peut-être que la cible
00:53:35davantage que les classes
00:53:36populaires rurales
00:53:37c'est peut-être
00:53:38ces électeurs
00:53:40c'est la bourgeoisie
00:53:41intellectuelle de droite
00:53:42pour le dire comme ça
00:53:43qui existe peut-être un peu
00:53:45pour savoir
00:53:46s'ils préfèrent véritablement
00:53:47les faire voter Mélenchon
00:53:48deuxième tour
00:53:48ça me paraît hors de portée
00:53:50est-ce qu'ils sont prêts
00:53:51à voter Bardella
00:53:51c'est ça un peu
00:53:53à mon avis
00:53:53une des questions
00:53:54pour le second tour
00:53:56bon les expériences étrangères
00:53:58avec Mélanie
00:53:59par exemple
00:53:59ou Trump
00:54:00indiquent plutôt que oui
00:54:00en fait
00:54:01donc la stratégie du RN
00:54:03semble pas délirante
00:54:05me semble-t-il
00:54:05en perspective
00:54:06en vue du second tour
00:54:07on reviendra
00:54:08sur cette question
00:54:09du second tour
00:54:10dans quelques instants
00:54:11on arrive déjà
00:54:12ça passe très très vite
00:54:13presque à la fin
00:54:14de notre débat
00:54:16donc on évoquait
00:54:18vous évoquiez
00:54:19l'installation
00:54:20à la fois dans les sondages
00:54:21et puis dans le paysage
00:54:22en général du RN
00:54:23au second tour
00:54:25et régulièrement présenté
00:54:27comme victorieux
00:54:28en 2027
00:54:29est-ce que cet état de fait
00:54:31médiatico-sondagier
00:54:33politique là
00:54:34peut être
00:54:36mobilisateur
00:54:37à gauche
00:54:38créer une forme
00:54:39de sursaut
00:54:40ou au contraire
00:54:41un peu démoraliser
00:54:43les troupes
00:54:43de votre point de vue
00:54:44comment vous le
00:54:45déjà c'est vraiment frappant
00:54:47tu l'as dit tout à l'heure
00:54:49la course de chevaux
00:54:50est en train de polluer
00:54:51cette campagne
00:54:51parce qu'en fait
00:54:52en gros
00:54:52on est tous
00:54:53il n'y a aucun projet
00:54:54et en fait
00:54:55c'est vrai aussi
00:54:55nous-mêmes
00:54:56dans nos commentaires
00:54:57on parle déjà
00:54:58des stratégies
00:54:59parce qu'en fait
00:54:59comme à chaque fois
00:55:01ou c'est davantage
00:55:02le problème
00:55:02c'est que plus le champ
00:55:03politique est fracturé
00:55:05et atomisé
00:55:05plus en fait
00:55:06on est là-dedans
00:55:07plus on est dans
00:55:08les sondages
00:55:09parce que
00:55:09la question de
00:55:10qui va être au premier tour
00:55:11qui va être au deuxième tour
00:55:13tout ça
00:55:14ça domine très clairement
00:55:16et ça domine aussi
00:55:18pas simplement les commentaires
00:55:19mais le jeu politique lui-même
00:55:21voilà
00:55:21ça me permet de dire ça
00:55:22parce que
00:55:24c'est très frappant en fait
00:55:25on risque d'être prisonnier
00:55:27dans ça
00:55:27et du coup
00:55:28votre question c'était
00:55:29c'était
00:55:29est-ce que
00:55:30cet effet là justement
00:55:31ce paysage
00:55:32qui peut paraître figé
00:55:33avec un RN présenté
00:55:34victorieux
00:55:35quoi qu'il arrive
00:55:36est-ce que
00:55:37ça a potentiellement
00:55:38sur l'électorat de gauche
00:55:39en effet
00:55:40qui peut être
00:55:41mobilisateur
00:55:42celui d'un sursaut
00:55:43comme ça
00:55:43le problème
00:55:44c'est
00:55:45c'est le problème
00:55:46qui s'installe aussi
00:55:47beaucoup dans le discours
00:55:48politique et médiatique
00:55:50c'est
00:55:51c'est que
00:55:51cette élection
00:55:53présidentielle
00:55:54elle est focalisée
00:55:55autour de
00:55:56qui va être le candidat
00:55:57face à l'extrême droite
00:55:57au deuxième tour
00:55:58tu le disais à l'instant
00:55:59Julien
00:55:59l'idée que
00:56:01l'extrême droite
00:56:01va être au deuxième tour
00:56:02est quasiment
00:56:03une donnée intangible
00:56:04c'est-à-dire qu'en fait
00:56:05j'ai le cas en 2022
00:56:06quasiment
00:56:06ouais
00:56:07mais sauf que
00:56:08là
00:56:09sauf que là
00:56:10il y a une deuxième idée
00:56:11qui s'installe
00:56:12c'est qu'ils vont gagner
00:56:13il y a la prophétie
00:56:15de la victoire
00:56:16qui s'installe
00:56:16et donc du coup
00:56:17il ne faut pas simplement
00:56:17il n'y a pas seulement
00:56:18une place au deuxième tour
00:56:19mais il faut trouver
00:56:20une place
00:56:21il faut au deuxième tour
00:56:22quelqu'un qui peut
00:56:23battre l'extrême droite
00:56:24et donc ça
00:56:25effectivement
00:56:25c'est ce qui risque
00:56:26de polluer
00:56:27les discours à gauche
00:56:28au premier tour
00:56:29parce que
00:56:31à gauche
00:56:32l'idée ça va être
00:56:32quel est le bon candidat
00:56:34pour battre l'extrême droite
00:56:35au deuxième tour
00:56:35voilà
00:56:36et effectivement
00:56:38là on a un très bon début
00:56:40de campagne
00:56:40de Mélenchon
00:56:41parce que
00:56:42la gauche
00:56:43dite non-mélenchoniste
00:56:44est catastrophique
00:56:46donc du coup
00:56:46et qu'il est très bon
00:56:47par ailleurs
00:56:48donc il progresse
00:56:49mais concrètement
00:56:52s'il n'y a pas un candidat
00:56:54autre candidat
00:56:55de gauche
00:56:55de Mélenchon
00:56:56il va y avoir
00:56:56un vrai risque
00:56:57très clair
00:56:58pour les électeurs
00:56:59de gauche
00:56:59c'est de voter
00:57:00pour le candidat
00:57:01du bloc central
00:57:02dès le premier tour
00:57:02moi je pense que
00:57:03cette question là
00:57:04va se poser
00:57:05très très clairement
00:57:06si en plus
00:57:07Mélenchon
00:57:08parce que je trouve
00:57:09Philippe plutôt que Mélenchon
00:57:11voilà
00:57:11Philippe plutôt que Mélenchon
00:57:12c'est des choses
00:57:13parce que
00:57:14en plus
00:57:15là Mélenchon
00:57:16démarre très fort
00:57:17ce qui n'est pas forcément
00:57:18bon pour lui
00:57:19au passage
00:57:19parce que
00:57:20s'il installe trop vite
00:57:21l'idée qu'il va tuer
00:57:23le jeu du premier tour
00:57:25il risque de créer
00:57:26une contre-mobilisation
00:57:27autour de lui
00:57:28d'ailleurs
00:57:28vous observez bien
00:57:29ce que n'arrête pas
00:57:30de dire Wauquiez
00:57:31ou Darmanin
00:57:32c'est Mélenchon
00:57:33va être au deuxième tour
00:57:34pour forcer l'union
00:57:35du premier
00:57:35donc attention
00:57:37moi je pense que
00:57:38l'idée que
00:57:40tous les voix de gauche
00:57:41au premier tour
00:57:41se portent sur Mélenchon
00:57:43n'est pas du tout acquise
00:57:44il peut y avoir
00:57:44une partie de vote utile
00:57:46comme il y avait eu
00:57:47en 2022
00:57:47mais très clairement
00:57:49il y a une partie
00:57:50des électeurs de gauche
00:57:50qui ne vont pas voter
00:57:51Mélenchon au premier tour
00:57:53donc ça c'est
00:57:53et s'il n'y a pas
00:57:55donc de candidats
00:57:56de gauche non-mélenchoniste
00:57:57où est-ce qu'ils vont aller
00:57:58ils risquent d'aller
00:58:00sur Edouard Philippe
00:58:01ou je ne sais pas
00:58:01ou Gabriel Attal
00:58:02donc concrètement
00:58:05pour répondre à votre question
00:58:07si à gauche
00:58:08pour les électeurs de gauche
00:58:09la question c'est
00:58:10il faut battre
00:58:11l'extrême droite
00:58:12ça peut se faire
00:58:14contre
00:58:14enfin
00:58:15ça peut jouer
00:58:16contre la gauche
00:58:16de premier tour
00:58:17en fait
00:58:17globalement
00:58:18Julien Zalpin
00:58:19vous en pensez quoi ?
00:58:21Non
00:58:21c'est assez juste
00:58:22malgré tout
00:58:23pour répondre à votre question
00:58:25oui il y aura
00:58:26une mobilisation
00:58:26face au danger
00:58:27de l'arrivée
00:58:28de l'extrême droite
00:58:28au pouvoir
00:58:28on l'a vu en juin 2024
00:58:30au fond certains ont avancé
00:58:31que les quartiers populaires
00:58:32avaient sauvé la république
00:58:33puisque la victoire du NFP
00:58:35c'est aussi une remobilisation
00:58:37d'abstentionnistes
00:58:38qui ne votaient pas
00:58:39et donc qui a aussi un peu
00:58:40alimenté cette stratégie
00:58:41du quatrième bloc
00:58:43et donc oui il y aura
00:58:43un effet de surmobilisation
00:58:45et moi je pense qu'il y aura
00:58:46une participation forte
00:58:47à cette présidentielle
00:58:49est-ce que ce sera suffisant ?
00:58:50ça c'est pas certain
00:58:52et oui il y aura
00:58:53ces comportements stratèges là
00:58:55malgré tout
00:58:55ça renvoie à la discussion
00:58:56qu'on avait sur Glucksmann
00:58:57au début
00:58:58je ne suis pas du tout certain
00:59:00que aussi bien
00:59:01un candidat de centre-gauche
00:59:02que de centre-droit
00:59:03ait un espace politique
00:59:04qui lui permette
00:59:05d'exister
00:59:06au regard de la force
00:59:07qui a aujourd'hui
00:59:08commencé à accumuler
00:59:10Mélenchon
00:59:10et la France Insoumise
00:59:11autour de lui
00:59:11qui a cette dynamique
00:59:15une dernière question
00:59:15sur la question
00:59:17du second tour
00:59:17pour les Insoumises
00:59:18parce que c'est vrai
00:59:18qu'on se pose la question
00:59:19de comment gagnerait-il
00:59:21un second tour
00:59:21tout simplement
00:59:23est-ce que
00:59:23le député Antoine Lomand
00:59:25parle de stratégie du drapeau
00:59:26donc il dit en gros
00:59:27une fois qu'on est qualifié
00:59:28au second tour
00:59:29s'il y a un duel
00:59:30RN et les filles
00:59:31les deux vont revendiquer
00:59:32la République
00:59:32parce qu'en gros
00:59:33il y aura aussi
00:59:34un discours de front républicain
00:59:35contre les filles
00:59:35côté RN
00:59:36on s'en doute
00:59:37maintenant
00:59:39est-ce que
00:59:40d'un côté
00:59:40la République de l'Ordre
00:59:42contre la République
00:59:43sociale finalement
00:59:44est-ce qu'on y croyait
00:59:45cette hypothèse ?
00:59:46En fait
00:59:46moi je l'ai déjà dit
00:59:48précédemment
00:59:48dans d'autres médias
00:59:49je suis très très sceptique
00:59:50sur la capacité
00:59:51de Mélenchon
00:59:52à aller chercher
00:59:53des électeurs
00:59:55de droite modérés
00:59:56ou même des centristes
00:59:56ou des macronistes
00:59:57franchement
00:59:58bon là on avait eu
00:59:58un débat
00:59:59avec Manuel Severa Marzal
01:00:00par exemple
01:00:01très clairement
01:00:01l'enquête
01:00:02de la fondation
01:00:02Jean Jaurès
01:00:03d'Antoine Brissiel
01:00:04démontre que
01:00:05il y a une telle
01:00:06droitisation
01:00:06de l'électorat macroniste
01:00:07qu'en fait
01:00:08en gros
01:00:08objectivement
01:00:09il ne votera pas
01:00:10et les filles
01:00:11et donc il faut quand même
01:00:13rappeler quelque chose
01:00:14aujourd'hui
01:00:15vous avez à peu près
01:00:16un bon
01:00:1735%
01:00:18de l'électorat
01:00:19Rennes
01:00:19si vous ajoutez
01:00:21Retailleau
01:00:21et Zemmour
01:00:22qui représentent
01:00:23un vrai segment
01:00:23on est déjà quasiment
01:00:24à 50%
01:00:26on est à un peu plus
01:00:27de 45%
01:00:28donc ils ont déjà
01:00:29c'est énorme
01:00:32donc moi je crois
01:00:33que
01:00:35l'hypothèse
01:00:36où une victoire
01:00:36de Mélenchon
01:00:37est possible
01:00:37au deuxième tour
01:00:38c'est
01:00:39les abstentionnistes
01:00:41c'est l'armée
01:00:42de réserve
01:00:43des abstentionnistes
01:00:43qui pensant
01:00:44que la victoire
01:00:45de Mélenchon
01:00:45est possible
01:00:46au deuxième tour
01:00:46là va voter
01:00:48et attention
01:00:50on n'en a pas
01:00:50beaucoup parlé
01:00:51sur cette fameuse
01:00:52quatrième bloc
01:00:53des abstentionnistes
01:00:55tout le monde
01:00:56n'est pas d'accord
01:00:57notre collègue
01:00:58Tristan Haute
01:00:59est plutôt sur
01:00:59cette option
01:01:00qu'il y a des réserves
01:01:01mais Luc Rouban
01:01:02avec pas mal
01:01:03d'arguments
01:01:04démontre que
01:01:05les abstentionnistes
01:01:06il y a beaucoup
01:01:07beaucoup de réserves
01:01:07aussi à l'extrême droite
01:01:08et ce qu'on a vu
01:01:09aux dernières élections
01:01:10municipales
01:01:10c'est que
01:01:11l'extrême droite
01:01:12se mobilise aussi
01:01:13beaucoup
01:01:14à droite
01:01:15et à l'extrême droite
01:01:16donc voilà
01:01:16moi j'avoue
01:01:17que pour l'instant
01:01:20je suis très sceptique
01:01:21sur la capacité
01:01:22de Jean-Luc
01:01:23je pense que
01:01:23Jean-Luc Mélenchon
01:01:24très clairement
01:01:25peut être au deuxième tour
01:01:26voilà
01:01:26et là
01:01:27les dernières semaines
01:01:28vont vraiment
01:01:29accrédit
01:01:30cette hypothèse
01:01:31je ne vois pas du tout
01:01:33les conditions
01:01:34de possibilité
01:01:34d'une victoire
01:01:35de Mélenchon
01:01:35au deuxième
01:01:36sauf un miracle
01:01:37du côté des abstentionnistes
01:01:39et la stratégie
01:01:40du drapeau
01:01:40oui d'accord
01:01:41mais enfin
01:01:42qu'on le veuille
01:01:43que
01:01:43LFI conteste cette thèse
01:01:45mais Mélenchon
01:01:47est aujourd'hui
01:01:47puissamment repoussoir
01:01:49c'est incontestable
01:01:51il peut être
01:01:52il va corriger son image
01:01:53dans les mois qui viennent
01:01:55il va gagner quelques points
01:01:56mais il ne va pas corriger
01:01:58il ne peut pas annuler
01:01:59annuler cet effet repoussoir
01:02:01qui est quand même
01:02:02structurel dans l'opinion
01:02:03à son égard
01:02:04et un dernier mot
01:02:06peut être
01:02:06votre point de vue
01:02:07sur cette question là
01:02:08et aussi pour finir
01:02:09sur le revers de ça
01:02:12la qualification potentielle
01:02:13d'un candidat
01:02:14du centre gauche
01:02:15ou du centre droit
01:02:17face à l'extrême droite
01:02:18parce que ça
01:02:19on en parle peu
01:02:19mais est-ce que c'est une hypothèse
01:02:20qui serait valide
01:02:21est-ce que les électeurs de gauche
01:02:22seraient une nouvelle fois
01:02:24susceptibles
01:02:24du coup la troisième
01:02:26d'aller voter
01:02:27pour un candidat
01:02:28de ce type là
01:02:30oui alors pour rebondir
01:02:31d'abord sur les hypothèses
01:02:32de second tour
01:02:33moi je pense qu'on est encore loin
01:02:34de l'élection
01:02:35et une campagne
01:02:36c'est une question de dynamique
01:02:37et le recentrage
01:02:38il a déjà commencé
01:02:39d'une certaine façon
01:02:40de la part de Mélenchon
01:02:41alors peut-être qu'on part
01:02:42de trop loin
01:02:42c'est un peu l'argument
01:02:44que tu avances
01:02:47malgré tout
01:02:47la stratégie du drapeau
01:02:48elle est intéressante
01:02:48elle est intéressante
01:02:50parce qu'elle résonne
01:02:50là aussi
01:02:51je me parlais de reparler
01:02:52de fond
01:02:52parce qu'au fond
01:02:53c'est quand même
01:02:53ce que font aussi
01:02:54les insoumis
01:02:54ce qui n'est pas inintéressant
01:02:55face à la course de chevaux
01:02:57ça résonne
01:02:58avec les aspirations profondes
01:02:59des habitants
01:03:00des quartiers populaires
01:03:01je me permets de dire
01:03:01qu'un tiers
01:03:03des français
01:03:04ont des ascendances
01:03:05immigrées
01:03:06issues de l'immigration
01:03:07etc.
01:03:07et donc de dire
01:03:08nous sommes aussi la France
01:03:09et c'est hyper important
01:03:11et la violence
01:03:12au fond de ce que c'est
01:03:13précisément
01:03:13d'être un héritier
01:03:14de l'immigration
01:03:15en France
01:03:15et qu'en permanence
01:03:16on vous envoie
01:03:17à votre extranéité
01:03:19et votre non-francité
01:03:20et donc d'affirmer
01:03:21face au RN ça
01:03:23moi je pense que c'est
01:03:23très puissant
01:03:24au fond
01:03:24et qu'il y a un récit
01:03:26un discours
01:03:26qui est un vrai discours
01:03:28présidentiel
01:03:28un projet
01:03:29d'une certaine façon
01:03:29et c'est important
01:03:31malgré tout
01:03:31ce ne sera peut-être pas
01:03:32suffisant
01:03:32pour assurer ce recentrage
01:03:34mais je pense que
01:03:35la ligne rouge
01:03:35c'est beaucoup la question
01:03:36de l'antisémitisme
01:03:37et moi je pense
01:03:38dans quelle mesure
01:03:39il ne faudrait pas
01:03:40organiser un grand colloque
01:03:41un grand rassemblement
01:03:42sur l'antisémitisme
01:03:43pour montrer et réaffirmer
01:03:44au fond
01:03:44que le véritable antisémitisme
01:03:46il est à gauche
01:03:47historiquement
01:03:48et par ce travail
01:03:50le vrai antisémitisme
01:03:51il est à gauche
01:03:52c'est à droite
01:03:53oui la véritable lutte
01:03:54contre l'antisémitisme
01:03:56mais c'est effectivement
01:03:57c'est du mec
01:04:00la véritable lutte
01:04:01et l'engagement
01:04:02voilà
01:04:02pour réaffirmer
01:04:04en fait
01:04:04ces engagements là
01:04:05pour justement
01:04:06désarçonner potentiellement
01:04:08tous les arguments
01:04:08qui vont survenir ensuite
01:04:09pour ne pas aller voter
01:04:10Mélenchon
01:04:11même en se bouchant
01:04:11le dé moi je pense
01:04:12que l'histoire
01:04:13n'est pas encore écrite
01:04:15et bien on arrive au terme
01:04:16le temps passe vite
01:04:17de ce débat
01:04:18il me reste à vous remercier
01:04:20l'un et l'autre
01:04:21merci Julien Talpin
01:04:22merci Rémi Lefebvre
01:04:24d'avoir été avec nous
01:04:24ce matin
01:04:25merci à toi aussi Cyprien
01:04:26et merci à toute l'équipe
01:04:28qui est en régie
01:04:29sans qui rien ne serait possible
01:04:31j'en profite
01:04:32pour vous dire
01:04:33de ne pas louper
01:04:34dès la semaine prochaine
01:04:35la dernière émission
01:04:36de la saison de Saïra
01:04:37ce sera avec Benoît Hamon
01:04:38c'est mercredi à partir
01:04:40de 18h
01:04:41et dès ce matin
01:04:42à 10h30
01:04:43vous pourrez retrouver
01:04:44l'international
01:04:45avec Théo Bourriot
01:04:47d'ici là
01:04:48merci encore à vous
01:04:49de nous avoir suivis
01:04:51pendant cette émission
01:04:52mais aussi pendant
01:04:53cette première saison
01:04:54on se retrouve très bientôt
01:04:56et d'ici là
01:04:56n'oubliez pas
01:04:57lisez l'humain
01:04:58regardez nos vidéos
01:04:59n'hésitez pas à vous sub
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