Passer au playerPasser au contenu principal
Dans cet extrait de l'émission sur la chaîne Le Média, Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée nationale, livre une analyse sans filtre sur les fractures internes de la gauche, de la Nupès au Nouveau Front Populaire.
Elle dénonce le manque de clarté de certains alliés sur l'antiracisme, l'islamophobie et les violences policières, pointant du doigt un système de respectabilité médiatique au détriment des quartiers populaires.
Elle revient également sur la constitutionnalisation du droit à l'avortement et l'impact politique d'une socialisation inversée portée par la jeunesse.
#Panot #lfi #mélenchon #Gauche #politique

00:00 Intro
00:37 Mathilde Panot
08:35 Outro

Pensez à réduire la qualité de la vidéo.

Réponses au quiz de fin :
/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
/!\

/!\

/!\
/!\

Comment s'appelle souvent la gauche opposée à la France Insoumise ?
➡ La gauche non-mélenchoniste.

Sur quel type de personnes les fractures de gauche se font-elles ?
➡ Les personnes racisées.

Quel auteur a écrit le livre La France est-elle de droite ?
➡ Vincent Tiberi.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00C'est agréable en fait de ne pas passer son temps à critiquer les camarades avec qui tu mènes la
00:06lutte, à baver les uns sur les autres, à faire des complots les uns sur les autres, ce qu'ils
00:10ne cessent de faire.
00:11Et puis peut-être qu'en conseil qu'il faudrait leur rappeler, comme il s'appelle souvent la gauche non
00:18-mélenchoniste, détester Mélenchon et la France Insoumise, ce n'est pas un programme.
00:22Et donc un petit conseil pour eux, il ferait mieux d'arrêter de parler de nous, d'arrêter de parler
00:26sans cesse de Jean-Luc Mélenchon et puis peut-être de commencer à faire des propositions au pays.
00:37Il y a toujours un petit côté où on se demande si certains sont vraiment candidats à gauche pour gagner
00:42ou s'ils y vont juste, comme tu l'as dit tout à l'heure.
00:46Avant, en 2022, il disait non, mais ce n'est pas la bonne élection. La bonne élection, c'est 2027.
00:50J'ai l'impression qu'en faisant un peu de science politique, est-ce qu'ils y vont uniquement pour
00:57les législatives, pour avoir l'exposition médiatique qui va avec ?
01:03Il y a un petit côté, je ne sais pas s'il y a un problème de sincérité politique dans
01:07la chose, de dire non, on peut gagner sur cette ligne-là, sur cet agenda-là, alors que l'idée,
01:13c'est plutôt d'exploiter la campagne comme outil pour législative.
01:17Il y en a, c'est une campagne de notoriété. Il y en a d'autres qui, effectivement, ne pensent
01:20déjà qu'aux législatives et aux places, aux législatives, en se disant déjà que les présidentielles, c'est perdu.
01:27Donc ça, c'est évident qu'il y en a beaucoup qui font ça. Et par ailleurs, je trouve que
01:32ça donne un spectacle un peu lamentable, en fait, quand on regarde la manière dont ils sont tous en train
01:38de se pouiller entre eux.
01:41Et nous, quand même, dans la grande force, quand Jean-Luc Mélenchon dit « nous, c'est carré, on a
01:46un programme, une équipe et un seul candidat », en fait, même, c'est agréable.
01:52C'est pas juste que c'est carré et que nous, on est en ordre de bataille alors que les
01:56autres sont aux fraises en train de faire je ne sais quoi.
01:59C'est que c'est agréable, en fait, de ne pas passer son temps à critiquer les camarades avec qui
02:05tu mènes la lutte, à baver les uns sur les autres, à faire des complots les uns sur les autres,
02:10ce qu'ils ne cessent de faire.
02:11Et puis peut-être que, quand même, en conseil qu'il faudrait leur rappeler, comme il s'appelle souvent la
02:17gauche non-mélenchoniste, détester Mélenchon et la France insoumise, ce n'est pas un programme.
02:22Et donc, en petit conseil pour eux, il ferait mieux d'arrêter de parler de nous, d'arrêter de parler
02:26sans cesse de Jean-Luc Mélenchon et puis peut-être de commencer à faire des propositions au pays.
02:32Pour parler de ces anciens alliés du nouveau Front populaire, de la NUPES, de l'extérieur, on a l'impression
02:40que ça s'est fracturé toujours sur des sujets qui touchent les personnes racisées ou qui sont en lien en
02:44tout cas avec des personnes racisées,
02:46que ce soit la cause palestinienne, les violences policières que certains alliés à gauche ont beaucoup utilisé pour créer un
02:56clivage.
02:57Comment tu l'expliques ? Parce que, de l'extérieur, j'ai posé la même question à quasiment tous les
03:02responsables politiques qu'on a eus sur le frontail.
03:05Déjà, je trouve ça vraiment intéressant comme analyse, parce que je trouve ça juste et ça permet de dépasser ce
03:12qui est généralement dit sur NUPES, NFP,
03:15c'est-à-dire, en gros, la France insoumise était méchante et on parle trop fort et voilà pourquoi ça
03:20s'est brisé.
03:22Donc, c'est juste. Alors, comment on l'explique ?
03:25À mon avis, il y a quand même beaucoup de choses. La première chose, c'est que je pense qu
03:28'il y a beaucoup de ces formations politiques qui ne sont pas au clair sur ces questions-là.
03:32D'ailleurs, on en reparlera peut-être, mais on voit, certains ne veulent pas utiliser le terme d'islamophobie, ne
03:39sont pas au clair sur l'antiracisme.
03:41On le voit très, très bien en ce moment avec certains.
03:44On n'a pas parlé de la BD de l'Efford Challenge.
03:48Il y a une question, je pense aussi, d'être pris dans un système de respectabilité, de plaire à l
03:54'officialité médiatique,
03:56d'avoir peur de prendre des positions et de tenir bon sur des principes.
04:02Nous, quand même, le gros avantage qu'on a maintenant, c'est que certes, on nous a fait toutes les
04:08polémiques du monde,
04:09mais au moins, nous, on sait tenir un rapport de force et on n'a pas peur de prendre une
04:13position sur ce qu'elle nous coûterait ou pas.
04:16Enfin, je veux dire, on prend des positions quand on pense qu'elles sont justes, quand elles correspondent à nos
04:20principes,
04:21quand elles aident des luttes, y compris.
04:24Donc ça, je pense que ça, c'est une grosse force qu'on a et que d'autres n'ont
04:28pas.
04:29Et puis, y compris parce que, bon, nous, on est assez homogènes, politiquement,
04:32et y compris tout ce dont on disait, dans lequel on a avancé au fur et à mesure,
04:37sur violences policières, islamophobie, antiracisme, sur lequel, bon, on a toujours tous des progrès à faire,
04:43mais n'empêche qu'on avance beaucoup, y compris programmatiquement.
04:47Bon, ben, nous, on a avancé tous ensemble.
04:49Dans d'autres parties, en fait, il y en a une petite partie qui vont dire islamophobie,
04:54et puis l'autre partie va contredire ça.
04:56Donc, je pense qu'il y a aussi une forme d'homogénéité politique chez nous.
05:01Et puis après, je pense qu'on nous fait subir, à nous, la France insoumise,
05:07ce qu'on fait subir aux habitants des quartiers populaires, en fait.
05:10Il y a une forme de mépris qui est insupportable.
05:14Enfin, il faut quand même voir, c'est des formations politiques qui, par exemple,
05:19pour certaines d'entre elles, vont être aux côtés des agriculteurs quand ils manifestent,
05:22avec un gouvernement qui dit, face à la souffrance, on n'envoie pas des CRS.
05:26Mais quand il y a des jeunes qui se mobilisent en disant,
05:30on refuse qu'ils puissent nous arriver, comme c'est arrivé à Naël,
05:33et malheureusement à beaucoup d'autres jeunes,
05:35c'est-à-dire qu'on puisse juste nous mettre une balle dans la tête,
05:39lorsque l'on est dans une voiture, quoi, ou même lorsqu'on tente de nous arrêter, voilà.
05:46Quand il y a des habitants des Outre-mer qui demandent juste l'accès à l'eau,
05:49et qu'on leur envoie le GIGN et le RAID, comme ça a été fait en Guadeloupe,
05:53qu'on va gazer directement des soignants et des patients en Martinique,
05:58au moment des manifestations, au moment du Covid.
06:02Bon, mais même pendant les Gilets jaunes, par ailleurs.
06:06Donc tout ça, enfin...
06:07Les Gilets jaunes, c'était quelque chose qu'on disait,
06:09c'était la première fois qu'on voyait des gens traités comme des habitants des Quartiers Populaires.
06:12Exactement. Donc je pense que c'est un peu nous traiter comme ça,
06:15c'est-à-dire que dans l'entre-deux-tours, on est très sympathique quand on n'y est pas
06:18pour essayer d'avoir nos voix. Là, on est sympathique avec nous.
06:21Et puis le reste du temps, il y a une forme de mépris qui est insupportable.
06:24Et puis je pense que nous aussi, la force qu'on a, qui est différente pour le coup d'autres,
06:29c'est que nous, on a quand même un lien constant qui est beaucoup plus fort
06:32avec les luttes, les collectifs, bref, tous ceux qui font aussi la vie démocratique du pays,
06:39qui fait qu'on est plus en phase aussi sur tous ces sujets-là.
06:45Moi, quelque chose qui me parle particulièrement, c'est ce dont parle Vincent Tibéry dans son livre
06:51La France est-elle de droite ? Il dit pour la première fois, on observe une socialisation à l'envers.
06:56En fait, il dit pendant des années, pendant des décennies, la socialisation,
07:00elle se faisait du haut vers le bas, c'est-à-dire des générations les plus âgées vers la jeunesse.
07:05Un professeur dans une école, des grands-parents ou des parents dans une famille, etc.
07:10Il dit pour la première fois, on voit l'inverse.
07:11Et l'exemple parfait, c'est ce qu'on a réussi à faire avec les associations féministes,
07:16c'est l'inscription de l'avortement dans la Constitution.
07:19Pourquoi ? Depuis 50 ans que l'avortement est légalisé en France,
07:23il n'y a jamais eu de vote favorable du Sénat.
07:26Donc, pour changer la Constitution, il faut voter dans les mêmes termes, Assemblée, Sénat.
07:31Or, c'était impossible, puisque en 50 ans, il n'y a jamais eu de vote favorable du Sénat.
07:35Donc, ce que faisaient les lois, c'est qu'elles allaient à l'Assemblée,
07:38au Sénat, ils votaient contre, et puis le dernier mois, aller à l'Assemblée, qu'ils votaient pour.
07:42Et d'ailleurs, avant que nous, on arrive à faire voter pour la première fois dans notre niche parlementaire,
07:46en septembre, il y avait eu une tentative au Sénat, et cette tentative avait échoué.
07:50Alors, pourquoi est-ce qu'en février d'après, au Sénat,
07:55la constitutionnalisation du droit à l'avortement a été votée ?
07:57Eh bien, ça, c'est des sénateurs et sénatrices qui racontent que leurs filles, petites filles, nièces,
08:02sont venues les voir, et leur ont dit, je ne viendrai plus jamais de voir à Noël,
08:06je ne viendrai plus jamais de voir aux vacances, bref, je ne viendrai plus jamais de voir
08:08si tu ne votes pas en faveur du droit des femmes à disposer de leur corps.
08:12Et du coup, ça a fonctionné, et ça a même continué le processus,
08:15puisqu'il y a encore plus de votes au Congrès, quand on a rassemblé Assemblée et Sénat,
08:19que le cumul des votes qui avaient vraiment eu lieu à l'Assemblée et au Sénat.
08:23Et donc, s'il y a des jeunes qui nous écoutent, allez parler à vos grands-parents.
08:26Parce que nous, les grands-parents, on ne les touche pas.
08:29Souvent, ils sont touchés par la télé ou autre.
08:32Et en fait, cette socialisation inversée, on va la voir dans les votes aussi, j'en suis certaine.
09:11Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations