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  • il y a 11 heures
Décryptage et réactions au discours de la chancelière allemande mardi devant le Parlement européen, avec les eurodéputé.e.s Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy ( Socialistes et démocrates ) et Patrick Le Hyaric ( GUE-GVN ).

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Transcription
00:00...
00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:15La chancelière allemande Angela Merkel est venue expliquer sa vision de l'Europe devant le Parlement européen.
00:20On parlait avec vous, les députés.
00:22Quelle analyse ? Est-ce que vous faites un petit peu de ces propos ?
00:25Qu'est-ce que vous en avez retenu ? Est-ce que ça vous a intéressé, tout simplement ?
00:28On en parle avec vous, Christine Robodalone, bonne fois.
00:30Vous êtes députée européenne, socialiste et démocrate.
00:33Bonjour, merci d'être avec nous.
00:34Et Patrick Le Yaric, vous êtes députée gauche unitaire européenne, gauche verte nordique.
00:40Bonjour et merci également d'être là.
00:42Alors, peut-être juste une impression comme ça.
00:45Vous avez appris des choses dans ce qu'a dit Angela Merkel.
00:47Ça a été audacieux.
00:49Au contraire, c'est un discours qui manquait de souffle.
00:51Il y a eu des nouveautés où vous saviez déjà tout.
00:54Comment est-ce que vous avez reçu ce discours et ces explications ?
00:57Rien de neuf.
00:59Elle a beaucoup appuyé sur la question de l'armée européenne.
01:02Oui.
01:03Et c'était en réponse à ce qu'avait indiqué Emmanuel Macron face à Donald Trump.
01:07Mais là où j'aurais aimé qu'elle ait, à un moment donné, un temps de lucidité,
01:11c'était pour considérer qu'elle a agi comme chancelière allemande
01:15pour l'Allemagne au sein de l'Union européenne et pas en tant qu'européenne.
01:19Quand on voit comment il a fallu rattraper de manière très compliquée la situation de la Grèce
01:25pour qu'elle soit maintenue dans la zone euro, sur la question...
01:28On n'a pas entendu parler de la Grèce.
01:29Enfin, un tout petit peu.
01:30Il y a eu des interventions dessus.
01:32Mais malheureusement, on n'a pas pu tous prendre la parole.
01:36Et le président Tajani a un choix de prise de parole qui est assez particulier.
01:40Ce n'est pas la première fois qu'on a un chef d'État ou de gouvernement présent.
01:42Et où il fait quand même un temps de parole assez curieux.
01:47Mais donc, sur ça, elle n'en parle pas.
01:50Sur la politique d'austérité de l'Union européenne, elle n'en parle pas.
01:53Et elle ne met en avant que des belles phrases.
01:57Mais concrètement, qu'est-ce qu'elle a fait comme européenne ?
02:00Autant Helmut Kohl avait avancé sur un certain nombre d'éléments,
02:04autant elle, rien, rien.
02:07Elle a surtout protégé l'Allemagne.
02:09Alors c'est une question que je vous poserai tout à l'heure,
02:11mais vous avez déjà commencé à y répondre.
02:12De quoi elle n'a pas parlé et dont on aurait aimé qu'on parle,
02:15parce que c'est effectivement fondamental.
02:16Budget européen.
02:17Alors on va y revenir dans deux secondes.
02:19Simplement, votre réaction également, vous, Patrick Lari ?
02:21Des choses intéressantes ?
02:23Des choses qui vous ont surprise ou pas du tout ?
02:25C'est-à-dire que ce qu'il faut redire,
02:28c'est que tous les chefs d'État et de gouvernement
02:30viennent devant le Parlement européen.
02:33Et le sujet de leur exposé, en général,
02:36c'est la vision qu'ils ont de la construction européenne
02:39et de l'Union européenne.
02:40Or là, on n'a eu strictement aucune vision,
02:44puisqu'elle a parlé soit de coups partis,
02:47soit de choses de très court terme,
02:49comme si elle gérait un Conseil général.
02:52Et donc, il n'y a aucune vision de l'Europe,
02:54au moment où précisément,
02:56beaucoup de gens, partout,
02:59s'interrogent sur l'avenir de cette construction européenne,
03:02qui est aujourd'hui aux prises,
03:04avec beaucoup de tensions internes,
03:05et surtout avec une pression externe,
03:08notamment des États-Unis,
03:10qu'on est en train de vivre,
03:12les attaques de M. Trump contre l'industrie automobile allemande,
03:16contre le vin français depuis quelques heures.
03:19Et donc, il n'y a strictement pas de vision,
03:23il n'y a rien d'enthousiasme dans ce qu'elle propose,
03:27parce qu'elle n'a fait aucune critique ou autocritique
03:31ou aucune opinion sur les politiques d'austérité
03:34qui sont à l'œuvre.
03:35Le seul sujet nouveau qu'on nous resserre maintenant,
03:38de manière accélérée,
03:40c'est la mise en place d'une armée européenne,
03:44complément de l'OTAN.
03:45Alors, parlons-en peut-être tout de suite,
03:47parce que c'est un point de fixation,
03:49on voit bien que tout le monde en parle,
03:50aujourd'hui évidemment,
03:51au-delà de la question de la défense de l'Europe,
03:54à proprement parler,
03:55qui est évidemment importante,
03:57il y a cette question,
03:58en quoi c'est aujourd'hui un point de fixation
04:01d'autres questions européennes,
04:03cette question de la défense ?
04:04Comment vous voyez cette chose-là ?
04:05C'est un point de fixation pour eux,
04:08c'est-à-dire, il y a un processus
04:09qui est engagé aujourd'hui dans l'industrie de l'armement
04:12pour faire des armements communs
04:14entre la France et l'Allemagne,
04:17dans les chars, dans le drone,
04:19dans l'avion, dans le futur avion,
04:21de combat.
04:22Ça n'empêche pas d'ailleurs
04:23certains pays européens
04:24d'acheter leur matériel militaire aux États-Unis.
04:27La Belgique vient de le faire.
04:28Voilà, comme quoi tout est relatif,
04:31comme dit l'autre,
04:32mais avec insistance, on nous propose ça.
04:34Mais c'est surtout la question
04:35de complément à l'OTAN,
04:36parce que d'un côté,
04:38on nous dit qu'il faut une autonomie
04:41dans la défense,
04:42il faut une orientation politique
04:45en matière de défense,
04:46mais d'un autre côté,
04:47on nous dit que c'est intégré,
04:49encore plus intégré et complémentaire à l'OTAN.
04:51Mais contre qui ?
04:52Contre la Chine ?
04:54Contre la Russie ?
04:55Contre les pays du Sud ?
04:56Emmanuel Macron a cité la Russie
04:59au 11 novembre.
05:00Il a cité la Russie,
05:02mais ce dont il ne discute pas,
05:05c'est qu'aujourd'hui,
05:07on est entré dans une nouvelle course
05:11au surarmement,
05:12dont le surarmement nucléaire
05:15et d'autres technologies,
05:17notamment dans le cyberespace.
05:19Et c'est extrêmement dangereux,
05:21puisque si le président américain
05:25met à exécution sa menace
05:28de déchirer le traité Reagan-Gorbachev
05:30de 1987 sur les missiles
05:32de moyenne portée,
05:33c'est ici, sur le continent européen,
05:36qu'ils seront implantés.
05:37Pas en Allemagne comme hier,
05:39mais vraisemblablement dans les pays
05:41qui bordent la Russie
05:42et qui ne sont pas très loin de la Chine
05:44et qui d'ailleurs sont les soutiens
05:47des États-Unis au sein de l'Union européenne.
05:49Christine Ronald,
05:50vous en parliez également
05:51sur cette question
05:52de la défense européenne
05:54et de la manière dont elle l'a abordée hier,
05:57comme on vient de le dire.
05:59Comment vous voyez les choses ?
06:00Moi, ce que je vois,
06:01c'est que ça apparaît comme un faux nez.
06:02C'est-à-dire qu'elle a reparlé
06:04de l'armée européenne,
06:05pas la défense européenne,
06:07que la presse ne parle que de ça,
06:09qu'il ne parle que du rapport
06:10avec Donald Trump
06:11et qu'en attendant, nous,
06:13les sujets sur lesquels on a besoin
06:15que les États membres se décident,
06:17c'est sur la question du budget européen,
06:19c'est sur la question des ressources propres.
06:22Normalement, l'Allemagne était censée avancer
06:24sur enfin la mise en place d'une taxe
06:26sur les entreprises du numérique,
06:28les GAFA, Google, Facebook, etc.
06:30Elle a envoyé ça à l'international.
06:32Et en réalité, rien.
06:33Et elle n'a pas eu le courage
06:35de le dire devant nous.
06:36Et c'est son ministre des Finances
06:38qui a expliqué qu'ils allaient avoir besoin de temps.
06:41Donc, encore une fois,
06:42à chaque fois qu'il est question
06:44de ce qu'on peut faire aujourd'hui,
06:46concrètement, pour les Européens,
06:48pas de réponse,
06:49mais des faunées,
06:50c'est-à-dire des perspectives
06:51beaucoup plus éloignées
06:52où il n'y aura pas de traduction immédiate.
06:54Parce que l'ensemble des États européens
06:56ne sont pas prêts à cette armée européenne.
06:58Mais ça permet de détourner des vrais sujets.
07:01Et le premier sujet,
07:02c'est vraiment une question de budget
07:04pour pouvoir mettre en place
07:05des politiques européennes
07:06qui concernent les Européens.
07:09Question sociale.
07:10Oui, pardon.
07:10Je pondère un peu ça
07:13parce qu'il y a quand même
07:17des actes concrets
07:18qui sont en train de se passer
07:19et qui ont à voir
07:21avec le budget européen.
07:24Par exemple,
07:26si on réduit les crédits sociaux,
07:28si on crédit le Fonds européen
07:29d'aide aux plus démunis
07:32pour transférer à Frontex
07:35ou pour ces 13 milliards
07:36du Fonds de défense européen,
07:38c'est qu'il risque quand même
07:39d'y avoir des conséquences
07:40dans le budget aujourd'hui.
07:45Pour revenir sur les questions...
07:47Alors, sur les questions,
07:49d'autres questions qui ont été abordées,
07:50on va les prendre un petit peu en vrac comme ça.
07:51La question des réfugiés
07:52qui est quand même une question prégnante
07:55depuis un certain nombre d'années ici
07:58qui concerne l'Europe.
08:00La question migratoire,
08:01comment est-ce qu'elle en a parlé ?
08:03Qu'est-ce que vous avez retenu ?
08:04Là aussi...
08:05Encore une fois,
08:05est-ce qu'il y a du nouveau ?
08:06Est-ce qu'il y a un...
08:07Du nouveau, non.
08:08Quand elle dit qu'il faut
08:09qu'il y ait une politique européenne
08:10d'accueil des réfugiés,
08:11bah ok.
08:12Alors, dans ce cas,
08:13pourquoi vous ne délivrez pas enfin
08:15la proposition du Conseil
08:17sur les textes que nous avons votés
08:18au Parlement européen
08:19pour accueillir les réfugiés,
08:21pour avoir une agence européenne d'asile,
08:23pour revoir le règlement Dublin
08:25qui ne donne pas de solidarité
08:27d'un État proche de la Méditerranée
08:28et des autres ?
08:29Là-dessus, encore une fois,
08:30pas de réponse.
08:31Angela Merkel a fait une chose de positive,
08:35c'est quand elle a accueilli les réfugiés,
08:36mais à un moment donné,
08:38pour son pays,
08:40il était possible
08:41et il était nécessaire
08:43qu'elle accueille ses réfugiés.
08:44Mais elle ne l'a pas fait
08:45dans une démarche européenne.
08:47Elle ne l'a pas fait
08:48en demandant à l'ensemble
08:49de ses collègues
08:50de travailler pour mettre en place
08:52ce mécanisme européen.
08:54Et quand, à un moment donné,
08:55elle s'est rendue compte
08:56qu'elle était allée trop loin
08:57et qu'elle a imposé un accord
08:59avec la Turquie pour que la Turquie
09:01garde les réfugiés
09:02et ne permette pas
09:04de traverser la frontière,
09:05à chaque fois,
09:06c'est avec une prise en compte
09:08allemande
09:08et pas du tout
09:09une prise en compte européenne.
09:10En même temps,
09:11l'Allemagne l'a fait.
09:12Oui, parce qu'à ce moment-là,
09:14c'était intéressant
09:16économiquement pour l'Allemagne.
09:17Oui.
09:17Voilà.
09:18Mais elle ne l'a pas fait
09:19et elle peut encore le faire.
09:21Il n'est pas trop tard.
09:22Elle n'est pas encore partie.
09:23Elle est toujours chancelière.
09:24Elle pourrait très bien
09:25taper du poing sur la table
09:26en disant,
09:26bon, maintenant,
09:27ces textes qui ont été adoptés
09:28au Parlement européen,
09:29il faut que nous-mêmes
09:29nous prenions nos responsabilités
09:31et nous les adoptions
09:32et qu'elle entre réellement
09:33dans un bras de fer
09:34avec l'Autriche,
09:35avec son collègue
09:36Premier ministre autrichien
09:38en lui disant,
09:39ça suffit maintenant
09:39et il faut le valider.
09:40Bien sûr,
09:41ça ne se produira pas.
09:42Mais la réalité,
09:43c'est qu'elle a sa part
09:44de responsabilité.
09:45On le disait
09:46à propos des questions
09:47de défense,
09:48mais là,
09:48des questions de migration
09:49également,
09:50dont on sait que ça va être,
09:51qu'on le veuille ou non,
09:52une partie du débat,
09:53notamment dans le cadre
09:55de la campagne
09:55des élections européennes.
09:56Est-ce que là,
09:57elle a été convaincante
09:58ou pas, Patrick ?
09:59Est-ce que vous pensez
10:00qu'il y a des éléments
10:01de ce qui ont été dit
10:02ou pas du tout,
10:03qui sont en mesure
10:04de changer ou de poser
10:07le problème
10:07de manière correcte
10:08ou de manière convaincante ?
10:10Convaincante, non,
10:11parce que d'abord,
10:12il y a ce qu'a vient
10:13de dire Christine,
10:14d'autre part,
10:15elle a beaucoup insisté
10:17sur le fait
10:18que c'est Frontex
10:19qui ferait le travail,
10:21c'est-à-dire que Frontex,
10:22c'est quand même
10:23les barrières
10:24autour de l'Union européenne
10:28et qu'on le veuille ou non,
10:30c'est contraire
10:31aux valeurs mêmes
10:32de l'Union européenne.
10:34L'Union européenne
10:34a toujours été,
10:35et l'Europe en général,
10:36a toujours été
10:37un continent
10:39traversé
10:39par des migrations,
10:41par des apports
10:42de savoir-faire,
10:44des apports scientifiques,
10:45des apports culturels
10:46d'autres peuples.
10:48Ça a toujours été le cas.
10:50Et aujourd'hui,
10:51érigé ces barrières-là,
10:52alors que tout le monde
10:53sait très bien
10:54qu'on n'est pas sorti
10:56de cela.
10:57il y a certes
10:58les migrations
11:00dues
11:00à la mal-vie,
11:03à la misère,
11:03à la pauvreté,
11:05les migrations dues
11:06à la guerre
11:07et au terrorisme,
11:08et les migrations climatiques
11:09dont on n'a pas fini
11:10de parler,
11:11parce que ces modifications
11:12climatiques
11:13vont créer
11:14des conditions objectives
11:15où des gens
11:15ne pourront plus vivre
11:17à l'endroit
11:18où leurs parents
11:19sont aujourd'hui.
11:20– C'est une question climatique.
11:21– Elle a très peu parlé,
11:23juste pour l'évoquer,
11:24mais il n'y a pas,
11:27si on veut,
11:28mis à part,
11:29je crois,
11:30le système d'asile européen,
11:33mis à part ça,
11:34il n'y a rien aujourd'hui
11:35de concret
11:36qui ferait bouger
11:37les lignes.
11:38D'ailleurs,
11:39c'est paradoxal,
11:40parce que pour les questions
11:42de défense et d'armée,
11:44je crois qu'il y a
11:45un accord entre neuf pays,
11:46donc c'est un accord restreint,
11:48mais pour les migrations,
11:50on n'est pas capable
11:51d'isoler les pays
11:53qui n'en veulent absolument pas,
11:54et de faire un accord aussi,
11:56même à quelques pays,
11:57pour montrer l'exemple.
11:58C'est tout le paradoxe
12:00de la situation
12:01qu'il nous impose aujourd'hui.
12:03– Autre point peu abordé,
12:05évasif,
12:06c'est l'évasion fiscale,
12:07c'est le cas de le dire.
12:08– Oui,
12:09très évasif.
12:10– Qui est encore une fois
12:11une question prégnante,
12:12une question importante,
12:14une question qui concerne
12:15les citoyens,
12:16on le voit partout,
12:17dans tous les pays
12:18à l'heure actuelle,
12:18et de ça,
12:19il n'en a pas non plus
12:20été énormément question.
12:21– Il n'en a pas été question,
12:23elle n'a pas parlé
12:24de la façon
12:25dont on pouvait aussi taxer,
12:27et puis on aurait pu aussi
12:28l'entendre parler
12:29du Cum-Ex-File,
12:30quand même,
12:31qui se passe en Allemagne.
12:33– Bien sûr.
12:33– Absolument rien
12:34sur ces sujets-là,
12:35et c'est toujours
12:36le même déroulement,
12:39c'est-à-dire
12:39des grandes visions,
12:40mais quand il est question
12:41de mettre en place
12:42tout ce qui va pouvoir
12:43permettre
12:44d'arrêter
12:46ces scandales fiscaux
12:48et qui pèsent
12:49sur la situation
12:50des Européens,
12:51il n'y a plus personne.
12:53Donc,
12:53c'est Angela Merkel
12:54telle qu'on l'a toujours connue.
12:56– On se demande
12:57sur quoi,
12:58sachant quand même
12:59Angela Merkel,
13:00c'est quand même
13:02la responsable
13:03du plus grand pays,
13:04du plus fort pays européen,
13:06on se demande,
13:07on voit mal
13:08dans quelle,
13:09c'est ce que vous disiez
13:10tout à l'heure,
13:10dans quelle nouvelle voie
13:12et comment on va pouvoir
13:14à l'heure actuelle
13:15défendre une Europe
13:16différente
13:16face à une Europe
13:17qui est attaquée,
13:18vous le disiez tout à l'heure,
13:19elle est attaquée
13:20par les États-Unis
13:21par exemple à l'heure actuelle.
13:21On ne voit pas
13:22une résistance forte,
13:23claire et nette
13:24par rapport
13:24à ce qui se profile
13:25à l'heure actuelle.
13:26– Il y a des intérêts
13:27contradictoires,
13:28ce sont des contradictions
13:30intracapitalistes,
13:30c'est-à-dire
13:31la bataille
13:32des États-Unis
13:34contre l'Union européenne,
13:35peut-être la construction européenne
13:36dans le cas
13:37de l'automobile
13:38contre l'Allemagne,
13:39contre son propre pays.
13:42La bataille
13:42qu'il y a
13:43autour de la taxation
13:44justement
13:44des géants du numérique.
13:46Aujourd'hui,
13:46les États-Unis
13:47sont en train
13:48de faire pression
13:49pour qu'il n'y ait pas
13:50de tactation
13:51au nom de,
13:52on ne sait quoi,
13:53au nom d'une sorte
13:54d'égalité.
13:55Or,
13:55il n'y a aucune égalité
13:56de concurrence
13:57dans l'affaire
13:57puisque tous ces groupes,
13:59à part les Chinois
14:00qui vont petit à petit
14:02prendre de l'ampleur,
14:03tous ces groupes
14:03pour l'instant
14:04sont sur nos territoires
14:06et sont utilisés
14:07par nos concitoyens,
14:08sont nord-américains.
14:11Or,
14:13on emploie,
14:14par exemple,
14:14le président
14:14de la République française
14:15emploie le mot
14:16de souveraineté européenne.
14:17Mais si on veut
14:18une souveraineté européenne,
14:20il faut faire deux choses.
14:21Il faut d'abord
14:22leur demander
14:23de payer leurs tribus
14:24et d'autre part
14:25de créer les conditions
14:27que nous aussi,
14:28on est à la fois
14:28une politique industrielle
14:30et une politique
14:31de construction
14:32dans la coopération
14:33de grandes entreprises
14:35du numérique.
14:35Or,
14:36ce n'est pas du tout
14:36le cas.
14:37en ce sens-là,
14:38c'était un peu,
14:39je répète,
14:41un exposé
14:42d'assez courte vue,
14:44assez le commun.
14:46Ça ne va pas
14:47très loin.
14:48De même,
14:48sur les enjeux
14:49de transition environnementale,
14:51de mobilité,
14:52de transport,
14:53il y avait très peu
14:55de...
14:56Il n'y avait rien,
14:57autant dire rien,
14:59autour des enjeux
15:00de sortie
15:03ou pas
15:03de l'austérité.
15:05Elles refusent
15:05à employer ce mot-là.
15:07De son point de vue,
15:08peut-être,
15:09on peut comprendre.
15:10Ceci dit,
15:10on voit bien
15:11que ce qui est appliqué
15:12au peuple aujourd'hui
15:13est totalement inefficace.
15:14Ça craque de partout.
15:16Et c'est pour une part
15:18cela qui est récupéré
15:19par les forces nationalistes
15:20et d'extrême droite
15:21et xénophobes.
15:22Et donc,
15:23il y a bien un problème.
15:24Il y a bien
15:24une réflexion
15:25à avoir de la part
15:27d'une grande partie
15:28de la droite
15:29et évidemment
15:29de l'ensemble
15:30des forces de gauche
15:31et progressistes,
15:32écologistes.
15:33Votre point de vue
15:34là-dessus,
15:36final,
15:37j'allais dire,
15:37sur cette question
15:38et sur les effets
15:39finalement politiques
15:40que peuvent avoir
15:41parce que ça compte
15:42tout de même
15:42l'intervention
15:43dans l'arène européenne
15:44d'Angela Merkel.
15:45Ce que vient de dire
15:46Patrick est très important.
15:47C'est-à-dire que
15:48la politique
15:49qu'a menée
15:50Angela Merkel,
15:51mais comme beaucoup
15:52de chefs d'État
15:52et de gouvernement
15:53et principalement
15:54de droite,
15:55de continuer
15:56sur cette politique
15:57où tout ce qui est mis
15:58en avant,
15:59c'est chacun
15:59chez soi
16:00et protégeant
16:01surtout
16:01les entreprises,
16:04etc.,
16:04a conduit
16:05à la montée
16:06de l'extrême droite
16:07et y compris
16:08en Allemagne
16:09où l'AFD
16:09est non seulement
16:10présent au Bundestag
16:11mais aussi
16:11dans les différentes
16:12régions allemandes.
16:13Il y a cette part
16:14de responsabilité là
16:16et à un moment donné,
16:16il faut qu'il y ait
16:17une prise de conscience.
16:18Et malheureusement,
16:19on le voit
16:20dans toutes les actions
16:21qu'elle pourrait mener
16:22aujourd'hui
16:22sur la question
16:23du budget européen
16:24où effectivement
16:25la question
16:26de la nouvelle défense
16:28européenne
16:29ne doit pas prendre
16:29sur les budgets
16:31européens
16:31qui servent
16:32aux Européens.
16:33La garantie jeune,
16:34notamment la politique
16:36agricole commune,
16:37la politique de cohésion,
16:38le FSE
16:38qui sont autant
16:39de politiques européennes
16:41importantes,
16:42rien.
16:42Sur la question
16:43de la taxe
16:44sur les transactions
16:45numériques,
16:46rien.
16:46Et on a appris
16:48aussi aujourd'hui
16:49que l'Allemagne
16:49s'était opposée
16:51à la proposition
16:52que nous avons votée
16:54au Parlement européen
16:55sur conciliation
16:56vie privée,
16:57vie familiale
16:57et sur le fait
16:58qu'il y ait
16:59un congé paternité
17:00parentale
17:00rémunéré
17:01à hauteur
17:02de 70% du revenu.
17:03L'Allemagne,
17:04après la France,
17:05vient de dire
17:05« Niet, ça coûte trop cher,
17:07on ne mettra rien ».
17:08Donc à chaque fois
17:09qu'elle pourrait engager
17:11des signaux
17:12pour montrer
17:13qu'elle se préoccupe
17:14de la situation
17:16des Allemands
17:17comme l'ensemble
17:18des Européens,
17:19c'est un non.
17:20Et ça,
17:21ce n'est plus possible
17:22et sa responsabilité
17:23comme celle
17:23de tous ceux
17:24qui ont participé
17:25à mettre de côté
17:28les Européens,
17:29on en paie les fruits
17:30aujourd'hui.
17:31Et comme Patrick le dit,
17:33on a besoin
17:33de montrer
17:34une autre Europe,
17:35une alternative,
17:35mais une alternative
17:36à gauche
17:37où on ne s'intéresse plus
17:38à comment vont faire
17:39les profits
17:40certains,
17:41les petits,
17:42enfin les grands
17:43mais qui sont
17:45minoritaires en Europe
17:45et comment on fait en sorte
17:47qu'on mette en avant
17:48tout ce qui peut être fait
17:49pour l'ensemble
17:51des peuples européens.
17:51Ce qui va être
17:52le thème
17:53d'un de nos prochains débats.
17:55Merci à vous,
17:56merci de nous avoir suivis
17:57et à bientôt,
17:58au revoir.
17:58Sous-titrage Société Radio-Canada
18:03Sous-titrage Société Radio-Canada

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