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Débat avec les députées européennes Marie-Christine Revault d'Allonnes-Bonnefoy (Socialistes et démocrates) et Marie-Pierre Vieu (GUE-GVN), animé par Jean-Jacques Régibier, journaliste.
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00:10Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement Européen de Strasbourg monté de
00:15l'extrême droite en Europe. Je vous propose de faire une sorte d'état des lieux, d'en rechercher
00:19les causes également et de nous dire évidemment comment réagir selon vous. Christine Revaud-Dallon,
00:24Bonnefoy, vous êtes députée européenne socialiste-démocrate, merci d'être là, et Marie-Pierre Vieux,
00:30bonjour, vous êtes députée européenne gauche unitaire européenne gauche verte nordique. Alors l'extrême droite
00:36se renforce en Europe, on va essayer de passer un peu au crible toutes ces phrases qu'on entend qui
00:41circulent à l'heure actuelle. Alors il y a un certain nombre de constats qui sont là pour nous le
00:45dire
00:45tout de même, notamment les résultats de plusieurs élections depuis un an dans l'Union Européenne,
00:49et puis récemment des manifestations xénophobes dont on a entendu parler, comme celles auxquelles
00:55on y en assistait à Chemise ou à Cotton en Aix-Allemagne de l'Est. Est-ce que vous, vous
01:01constatez aussi ce phénomène-là ou est-ce que c'est quelque chose qu'on a tendance à booster,
01:06à avancer de manière un peu trop rapide ? Est-ce qu'il y a vraiment ce phénomène-là
01:11en Europe à l'heure actuelle ? On commence avec vous, Christine Revaud-Dallon.
01:14Il y a une certitude, c'est le résultat des élections. Et on voit en Suède, même si on a
01:20tous été
01:21soulagés de voir qu'ils n'étaient qu'en troisième position, ils ont progressé. En Autriche, ils sont
01:26au pouvoir avec la droite. En Italie, ils sont au pouvoir avec les cinq étoiles. Donc non seulement
01:33ils progressent, mais maintenant ils accèdent au gouvernement européen et donc ils accèdent aux
01:39décisions européennes au Conseil. Donc c'est plus que préoccupant. Ça devient quelque chose
01:44que certains banalisent ou que certains ne dénoncent pas. Et moi, j'ai été horrifiée
01:50et je continue à être scandalisée de voir que les autres chefs d'État et de gouvernement
01:55européens n'aient pas dit « Non, l'Autriche ne peut pas avoir la présidence du Conseil pendant
02:00six mois parce qu'il y a l'extrême droite dans ce gouvernement ». Souvenez-vous, quand
02:04Jörg Haider avait gagné les élections en Autriche, c'était fin des années 90, début
02:092000, tous les chefs d'État et de gouvernement avaient dit « Jamais, Jörg Haider ne présidera
02:14le Conseil ». Là, tout le monde dit « Non, mais on va quand même laisser faire ». Donc
02:19il y a une vraie responsabilité d'un certain nombre de chefs d'État et de gouvernement sur
02:23la question. Après, sur la montée de cette extrême droite, elle est là. Pourquoi ? Peut-être
02:29parce que…
02:29On va en parler du pourquoi après. Je veux simplement qu'on revienne à Marie-Pierre Vieux
02:34avec vous aussi sur cette question de constat. C'est ce qu'on est en train de dire là.
02:37Ce n'est pas la première fois que l'extrême droite progresse en Europe et c'est la première
02:42fois qu'elle accède à ce niveau-là dans des pays aussi importants que ceux de l'université
02:47à la tête de l'État. Donc on est dans des États qui ont un rôle au Conseil, on l
02:53'a
02:53dit, en Europe aujourd'hui. C'est quand même ça le phénomène nouveau. C'est aussi
02:56quelque chose que vous constatez. Il y a quand même un changement qualitatif.
02:59– Oui, il y a un changement qualitatif d'un point de vue électoral et politique, ce
03:04qu'on vient de donner. Je pense que l'Allemagne quand même est très symbolique de cette évolution-là.
03:10Ça a été un choc, y compris parce que l'Allemagne pèse beaucoup sur la construction européenne.
03:16– On vient de le voir également avec la Suède. Et je trouve que ce qui est nouveau
03:22aussi, au-delà de ces montées électorales et de ces majorités, c'est que l'extrême-droite
03:29imprègne donc tout le débat politique et tire la droite vers son extrême.
03:33– Alors ça, on va parler également, oui.
03:34– Et donc je pense que ça bouleverse aussi les recompositions dans les pays.
03:39C'est-à-dire qu'on a de plus en plus maintenant une droite qui idéologiquement va chercher
03:45sur les terrains de l'extrême-droite et n'hésite pas à banaliser l'extrême-droite
03:49pour des alliances électorales. Et c'est extrêmement préoccupant.
03:53– Et alors, on va procéder par étapes. À quoi est-ce que vous attribuez cette montée
03:58de l'extrême-droite ? Est-ce que c'est à la politique de l'Union européenne, tout simplement,
04:02la politique elle-même ? Ou est-ce qu'à votre avis, il y a d'autres facteurs qui entrent
04:06en ligne
04:06de compte ? Parce que le phénomène, il est effectivement attesté, vous le confirmez
04:10là. Mais quelles sont les causes principales de cette montée quasiment inexorable ?
04:14– Alors, la question, c'est est-ce que c'est à cause de la politique de l'Union européenne
04:18ou est-ce que c'est à cause de l'absence de concrétisation de politique européenne ? Parce
04:24que par exemple, sur la question des réfugiés, ça a été l'objet de la campagne en Suède.
04:28– On va en parler aussi en détail. – Franchement, la vérité, c'est l'Union européenne,
04:33le Parlement européen a fait le job. On a voté nos propositions pour mettre en place
04:38une politique de relocalisation, pour revoir le principe de Dublin, pour faire en sorte
04:43que tous les pays soient solidaires pour accueillir les réfugiés et pour revoir l'Agence européenne
04:48d'asile. Sauf que le texte n'est toujours pas abouti et toujours pas applicable au sein
04:52de l'Union européenne parce que le Conseil n'a pas donné son accord. Et donc, sur tous ces
04:57sujets-là, c'est vrai, l'Union européenne n'a pas fait de politique. Ce n'est pas
05:02à cause de la politique de l'Union européenne, c'est à cause de l'absence de politique de
05:06l'Union européenne. Et ce n'est pas à cause de la démocratie européenne du Parlement
05:09européen où nous, nous votons des textes et nous en adoptons un certain nombre qui sont
05:14importants sur la question des valeurs, mais précisément parce qu'il n'y en a pas.
05:17Donc l'extrême-droite, elle s'appuie sur ce vide constant et qui n'est pas du fait
05:24des représentants des citoyens européens au Parlement européen, mais du fait du Conseil
05:29qui ne fait rien.
05:31Bien sûr. Alors, bien entendu, ce qu'on essaie sans arrêt de faire comprendre, ce n'est pas
05:36la première fois qu'on en parle, bien sûr, à savoir comment fonctionnent en réalité
05:39les institutions européennes pour qu'on en arrive au mécanisme que vous êtes en train
05:42d'écrire. En même temps, les gens voient largement, on parle de la question de l'immigration,
05:46on va en reparler dans quelques instants, mais en gros, les gens voient très largement
05:50les choses. C'est, l'Union européenne ne fait pas grand-chose, il ne fait rien, quand
05:54ils font des trucs, ce n'est pas bien.
05:55Ils ont raison. D'abord, moi, je crois que l'extrême-droite progresse, et pas seulement
05:58en Europe, parce que ce phénomène, il est aussi visible ailleurs, qu'on regarde du côté
06:03de l'Amérique latine ou autre part, de toute manière, un durcissement politique très
06:07fort. Moi, je crois qu'il naît des carences, des politiques nationales, et notamment de
06:14tout le social et des protections sociales, et il n'est également d'un déficit de
06:19l'Union européenne. Mais là, en effet, je pense qu'il faut regarder de près, c'est
06:25que, si on écoute Juncker d'ailleurs ce matin, on en est toujours là, le constat réel des
06:33politiques de l'Union européenne, c'est un chômage très grand, très prégnant, plus
06:38de 20% dans beaucoup de pays. C'est une intégration européenne des derniers pays
06:44qui ne se fait pas sur un mode d'égalité et d'un horizon commun. C'est de la pauvreté,
06:50de la précarité. Et donc, il me semble que cette question de montée de l'extrême-droite,
06:56des populismes en général d'ailleurs, elle nous interpelle sur le fait que tout à la fois,
07:02il est besoin de construire plus d'Europe. La solution n'est pas le Brexit ou un repliement
07:08nationaliste et raciste. Mais qu'en même temps, il est besoin de construire une Europe
07:13sur d'autres bases de fondation que les bases de libre-échange d'aujourd'hui, parce que
07:20je crois qu'il y a quand même des choses à voir. Et la difficulté qu'on a, et ça
07:25tombe
07:26bien, on est toutes les deux de gauche, c'est que dans ce qu'on entend dans la petite musique
07:31qui se dessine et notamment qui est en train d'accompagner le lancement des élections
07:36européennes, on voit bien ce qu'est l'extrême-droite. J'ai inclus deux dans Orban. On voit bien
07:44le discours de Macron et des libéraux. Mais on a du mal à voir quelle autre perspective
07:50entre les deux. On va y revenir sur cette question précise, extrêmement importante, effectivement.
07:54Christine Vaudelonne, hier Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, a expliqué, lui
08:00clairement, que c'était la politique libérale et conservatrice de l'Union européenne
08:04qui était la cause, clairement, de cette montée des nationalismes. Alors on va peut-être
08:10faire tout de même un point, on ne va pas faire de sémantique trop sophistiquée, mais
08:14c'est important dans ces moments-là de nommer les choses. On parle d'extrême-droite,
08:19on parle de nationalisme, on vient d'employer le terme, on parle d'europhobie, on parle
08:23de populisme. Est-ce que tout ça, ça se vaut ? Et est-ce qu'il faut quand même
08:26faire des nuances ? Et je reviendrai à ma question sur Oskadi Tsipras hier.
08:30Comment vous voyez les choses ? Moi, je pense qu'il y a tous ceux qui utilisent le fait
08:38que l'Europe n'avance sur rien pour, eux, monter et se mettre en avant. Alors, on peut
08:45les traiter de nationalistes. Le terme populiste, je ne l'aime pas, parce que le peuple appartient
08:49à personne et certainement pas à des partis d'extrême-droite qui, en réalité, les utilisent.
08:53Et qui sont employés, c'est-à-dire. Oui, ils les utilisent, mais ils ne les représentent
08:58pas. Et on revoit dans toutes les villes Front National, enfin Rassemblement National
09:02maintenant en France, qu'ils ne font absolument rien pour les personnes les plus précaires.
09:06Donc, ils ne s'intéressent pas au peuple, c'est simplement leur outil pour gagner des
09:11électeurs. Et c'est bien malheureux. Mais ce qui est important de voir, c'est qu'il y a
09:16une espèce de convergence quand même, même s'ils ne partagent pas les visions européennes,
09:22mais une convergence dans le fait qu'on s'intéresse copolitique libérale et copolitique d'extrême-droite
09:28pour considérer qu'il n'y a que ça dans le champ européen. Alors qu'il y a, parce
09:32que l'Europe est un niveau politique, comme en France, où il y a des visions politiques
09:38différentes, de gauche, écologiste, de droite, d'extrême-droite. Et on a le devoir
09:45de démontrer aux citoyens européens, aux citoyens français, qu'ils ont le choix
09:50et qu'il y a des propositions différentes et que c'est à eux de choisir et de ne pas
09:53s'enfermer dans deux propositions qui sont les deux faces d'une même pièce, libéral ou
10:02europhobe. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. On a beaucoup d'autres choses à offrir
10:06et dans ce qui se passe au Parlement européen, on se rend bien compte que ce ne sont pas eux
10:10qui font les propositions les plus progressistes, mais c'est bien la gauche et l'ensemble de la gauche.
10:14Vous y avez fait allusion toutes les deux, sur justement dans cette conjoncture, qui
10:20est quand même une conjoncture où on a des élections dans quelques mois, des élections
10:22européennes. Ce qui est important effectivement, et on a l'impression que ça se joue absolument
10:28maintenant, c'est non pas le moment du vote qui aura lieu dans quelques mois, c'est le
10:32moment où on réussit à imposer le thème de campagne finalement. Sachant que plus ça
10:36va, plus les campagnes électorales sont simples. Et on fait en dernière instance que les gens
10:43ont choisi sur une question. Dans ce débat-là, on est en train de voir ce que vous êtes
10:49en train de, mais vous allez nous le réexpliquer en détail, ce que vous êtes en train d'expliquer,
10:54ce à quoi vous faisiez allusion, c'est que le thème de l'élection européenne, si on
10:58écoute effectivement ce qu'a dit hier Victor Orban, le Premier ministre hongrois, ça va
11:04être pour ou contre les migrants. Vous êtes en train de le dire, vous le disiez à l'instant,
11:08il n'y a pas que ça, l'Europe c'est énormément de choses. Qu'est-ce que vous voyez
11:13se préfigurer
11:14effectivement dans la manière dont ce thème principal des élections européennes, donc
11:22du choix finalement derrière l'instant des électeurs, de la manière dont va être obligé,
11:26contraint ce choix, est en train de se produire à l'heure actuelle.
11:29D'abord, je crois que vous avez raison quand vous dites qu'actuellement on est face à
11:36une répartition entre les gens qui ne veulent plus de l'Europe et qui cherchent un repli
11:42identitaire avec le fait que l'expérience du Brexit montre que s'affranchir de l'Europe
11:48n'est qu'il ne faut pas s'affranchir du libéralisme, au contraire. Et ceux qui veulent pousser encore
11:56plus loin la déréglementation. Moi, dans le discours de Macron, on voit bien la politique
12:03qui mène en France et donc voilà. Et je crois que l'enjeu de l'Europe, c'est tout à
12:09la fois
12:10ne pas s'en tenir simplement un enjeu national, ça ne peut pas être un référendum par rapport à
12:14Macron simplement, une campagne française, mais à la fois poser des actes nationalement
12:23et s'inscrire dans l'Europe où l'on veut. Moi, je crois que si on veut tenir d'abord
12:29le bon niveau de campagne, il faut qu'il y ait débat. Il faut ensuite que le débat
12:34ne soit pas un débat de peur ou on va sur le terrain des autres. Et on vient de citer,
12:41par exemple, le problème de l'immigration. Moi, je crois que le problème de l'Europe
12:46n'est pas un problème identitaire. Le problème de l'Europe, c'est le problème de l'égalité,
12:52c'est le problème de l'écologie, c'est le problème d'une démocratie avancée avec des
12:57coopérations, c'est le problème de maintenir des zones de protection et de redistribution
13:04sociale et je pense aux services publics. Et puis, parce que je crois que c'est ce
13:11qu'on doit nous aider à faire monter dans le débat, c'est le problème de la gauche.
13:16Et là, je n'en parle pas qu'en termes électoraux, c'est-à-dire qu'on voit bien
13:20les sondages. Et y compris hier, au travers de ce que dit Cypras,
13:25celui d'appel, en gros, à faire franc face au risque d'extrême droite.
13:30Mais il faut pousser ce débat, faire franc autour de quelle politique ?
13:34Faire franc pour faire quoi en Europe ? Et donc, je crois que...
13:38Alors, je ne vais pas plus développer que ça, mais dans le problème de la gauche,
13:42qui ne sera pas qu'aux européennes, en France, il sera après les européennes aussi,
13:46il y a cette idée que je crois que l'extrême droite a d'autant plus grandi,
13:52pas que l'extrême droite, qu'à un certain moment, tout ce qui faisait les thèmes fondateurs
13:58et les batailles de la gauche de manière séculaire,
14:02quelque part, elles n'ont plus prise sur la réalité et on a passé suffisamment à les réinventer.
14:08Et donc, je crois que ce qui est important aujourd'hui, c'est faire grandir ça dans la campagne.
14:16C'est-à-dire qu'on veut répondre aux défis écologiques.
14:18En Europe, en effet, pour répondre aux défis écologiques et au réchauffement climatique,
14:23on ne peut pas s'en tenir aux limites de la France.
14:25Qui est un thème d'opinion important aujourd'hui.
14:28Comment on y répond ? En posant la question des mesures qui vont du glyphosate aux questions énergétiques,
14:37en passant par la redistribution sociale.
14:39Et je crois qu'il faut prendre des choses comme ça.
14:41Je reviens à ce qu'on disait il y a quelques instants sur l'immigration.
14:44Ça veut dire que vous allez dire clairement aux gens,
14:46ce n'est pas le thème principal de campagne sur l'Europe.
14:49Il y a des questions européennes qui sont beaucoup plus importantes que celles-ci.
14:53sachant qu'il n'y a pas eu en plus concernant l'immigration des choses,
14:56il n'y a pas les chiffres incroyables.
15:00Donc on est un peu dans du déni de réalité là.
15:02Vous allez tenter ça d'imposer d'autres thèmes de débat.
15:06Parce que c'est ça qui va être déterminant.
15:09C'est de quoi on parle ?
15:11Absolument. Déjà j'aimerais, et merci beaucoup de faire ce débat,
15:15parce que je suis très agacée d'entendre ceux qui mettent tous les pro-européens d'un côté,
15:20et les anti-européens de l'autre, et puis on ferme le débat.
15:22Et en fait, c'est la politique libérale.
15:25Et je suis tout à fait d'accord avec ce qu'a dit Alexis Tsipras hier.
15:29C'est la politique libérale menée constamment au niveau européen
15:32par ceux qui dirigent l'Union européenne qui ont fait monter l'extrême droite.
15:36Et une autre Europe est possible où il y a les questions de droits sociaux,
15:42parce que c'est vrai, Marie-Pierre a raison sur cette question-là.
15:45Alors même qu'un certain nombre de chefs d'État, je me souviens de l'époque de François Mitterrand,
15:49Mario Soares, Felipe Gonzales avaient dit, Jacques Delors, il faut qu'il y ait un pilier des droits sociaux.
15:54On est en 2018, on n'en a toujours pas le début d'un commencement de rien du tout.
16:00Donc les Européens, ils ont toujours pas de protection sociale harmonisée,
16:04pas de droit au chômage harmonisé.
16:06Tout ce qui est la protection sociale n'existe pas partout en Europe,
16:09et c'est une concurrence de travailleurs entre travailleurs, c'est insupportable.
16:13La question écologique, effectivement, est un point majeur aussi,
16:17sur lequel on doit absolument faire des propositions fortes.
16:21Et pour l'instant, aujourd'hui, on a la droite au Parlement européen et au Conseil
16:25qui ne veut pas en entendre parler, mais c'est pas grave, on continue à avancer.
16:28Et sur le glyphosate, on a mis en place notre commission spéciale, donc on avance.
16:32Et la question des réfugiés est une question indispensable.
16:36Et pour moi, c'est pas un problème.
16:37C'est quelque chose, c'est une question de solidarité qu'on doit vraiment porter.
16:41Et je suis fière qu'on continue à avancer, à faire des propositions.
16:45Et il y a un certain nombre de maires de gauche qui font leur travail d'accueil.
16:50Et ça se passe bien dans ces communes.
16:52Donc ce n'est pas un problème.
16:53Et il faut le dire haut et fort et pas avoir peur de répondre à Salvini
16:57et à toute cette extrême droite qui explique que les migrants, c'est les maux.
17:02Ils profitent des réfugiés qui arrivent sur leur territoire,
17:06qui n'ont pas de papier pour les esclavagiser.
17:09C'est-à-dire qu'ils les font travailler sans contrat et ça les arrange.
17:12C'est comme ça que ça se passe.
17:13Et c'est insupportable.
17:15Donc cette question de l'immigration doit être dans le débat.
17:19A la place qui est la sienne.
17:20A la place qui est la sienne, une place humaine.
17:23C'est des hommes et des femmes qui ont dû quitter leur pays.
17:26Pas de gaieté de cohère.
17:27Est-ce que vous, vous quitteriez votre maison, votre chez-vous comme ça par
17:33« allez, je vais changer de pays ».
17:35Non.
17:36Donc il faut avoir ce côté humain et solidaire.
17:38C'est important ces clarifications parce qu'il y a eu des troubles même à gauche.
17:42On va redire un mot quand même.
17:43Oui, oui, bien sûr.
17:44Parce que D-Linkais est un groupe qui fait partie de la GUE.
17:48Sarah Wackenclach qui a semé le trouble quand même, il faut le dire, dans la gauche européenne.
17:53En juste titre, elle a semé le trouble.
17:54Voilà.
17:55Redites-nous un mot et la manière dont vous avez mis cette séquence.
17:59Par rapport, pour en finir, sur la question de l'immigration.
18:01Non.
18:02Je pense que c'est dû au repositionnement stratégique d'une partie de D-Link
18:08qui sont passées d'une position d'une gauche dite classique
18:12à une position plus populiste.
18:14Et je pense que leur manière de prendre le débat en Allemagne,
18:20c'est un peu de contourner, mais alors de la manière le pire, le débat sur l'immigration.
18:27Moi, pour prolonger ce débat, je crois que c'est une question humaine,
18:32c'est une question politique à part entière.
18:34Parce qu'à un certain moment, les migrations ne vont pas s'arrêter.
18:37Elles ne vont pas s'arrêter pour des raisons climatiques.
18:40Elles ne vont pas s'arrêter non plus simplement en aidant les pays.
18:44Parce qu'on sait qu'une partie de l'aide, et il faut aider ces pays à se développer,
18:48développer une nouvelle immigration qui ne sera pas de la même nature
18:51en termes de catégorie sociale.
18:53Et puis on est sur du long terme aussi.
18:54Mais qu'on est sur du long terme, qu'on est sur une mondialisation.
18:57Et qu'à cette échelle-là, la question, elle est de protéger les populations.
19:03Et la question, elle est de permettre à chacun de vivre.
19:06Et donc, de ce point de vue-là, quand même, ce qui s'est dit ce matin,
19:11notamment au travers des annonces de Juncker et ce qu'on voit comme élément budgétaire qui arrive,
19:16c'est-à-dire les postes budgétaires qui grandissent Frontex,
19:22la question de la réforme du droit d'asile avec le fait qu'on va être sur une logique
19:26quand même de plus en plus technique et sécuritaire.
19:31Là, ça nous met idéologiquement à la remorque justement de l'extrême droite.
19:36Et je crois que c'est exactement le contraire qu'il va falloir faire.
19:40Et l'autre point que je voulais donner, c'est que je pense vraiment que pour toute une partie de
19:45nos concitoyens,
19:46mais une grande majorité, l'Europe aujourd'hui est vécue comme quelque chose de négatif.
19:54Vous n'avez qu'à voir. D'ailleurs, nos gouvernants se cachent derrière l'Europe.
19:58Quand Macron voulait casser le statut des cheminots, il disait sa faute à l'Europe,
20:01alors que ce n'était pas la faute à l'Europe, ce choix-là particulier.
20:04Et donc, je crois que vraiment, dans ce qu'on va travailler,
20:09il y a quand même le besoin, tout à l'heure j'ai utilisé le terme refondation,
20:13c'est pénible, refondation, réorientation, on les a tellement utilisés
20:16qu'on a l'impression que c'est la boîte en Pandore qu'on ouvre à chaque fois et que
20:21c'est inopérant.
20:22Mais ceci dit, il y a un certain nombre de traités et d'orientation européenne
20:26qu'il va falloir remettre sur table.
20:29Et c'est vrai que hier, Cyprus, alors avec les difficultés qu'il a,
20:32Cyprus, parce qu'il est quand même en échec dans son propre pays.
20:37Et en même temps, on comprend aussi pourquoi.
20:39Parce que le rapport de force ne lui a pas permis de...
20:41Mais il utilise le terme d'anti-austérité.
20:44Moi, je pense que c'est quand même un terme sur lequel il nous faut continuer à travailler.
20:48Et est-ce que le coup de semence, on va dire, c'est-à-dire le vote,
20:53lors de cette session au Parlement européen, pour remettre dans le bon sens la Hongrie,
20:59en tous les cas, le fait remarquer que Orban, discours d'Orban ou pas discours d'Orban,
21:04ça ne change pas grand-chose.
21:05Est-ce que ce vote du Parlement qui a eu lieu cette semaine
21:09a de l'importance tout de même par rapport à la manière dont, précisément,
21:14il pourrait mettre par un coup d'arrêt, mais en tous les cas, donner une indication,
21:19donner un indice intéressant sur ce dont on ne veut pas en Europe à l'heure actuelle, tout simplement.
21:25La Hongrie est entrée dans l'Union européenne en 2004.
21:28Elle est entrée parce qu'elle respectait les droits fondamentaux pour en être dans l'Union européenne
21:32pour respecter les droits.
21:34Et après 2004, les droits fondamentaux, ils sont toujours là.
21:37Et la Hongrie doit toujours les respecter.
21:39Et ce n'est pas les Hongrois, ce n'est pas la Hongrie,
21:41c'est le gouvernement d'Orban qui ne les respecte plus.
21:45Et ce que nous avons voté aujourd'hui avec une majorité des deux tiers,
21:48et là où c'est historique, c'est que dans la droite conservatrice,
21:52il y en a eu un certain nombre de courageux qui ont voté avec nous
21:56pour dire que ce gouvernement, pour protéger les Hongrois,
22:00on vote cette résolution pour qu'il y ait l'article 7 contre ce gouvernement,
22:03mais pour protéger les Hongrois.
22:05Parce que ce sont les Hongrois qui sont victimes de l'absence de droit,
22:08qui sont victimes de l'absence de liberté de la presse.
22:10Et c'est pour eux, et c'est d'abord pour eux qu'on a fait ce vote.
22:14Et je salue, ce n'est pas souvent que je salue des députés de la droite conservatrice,
22:19mais ceux qui ont eu le courage de le faire pour nous permettre
22:21d'avoir cette majorité des deux tiers.
22:23Et c'est en ça que c'est historique.
22:25Parce que jusqu'à présent, ils restaient solidaires de ce gouvernement,
22:29quel qu'ils fassent.
22:30Et ça démontre que par le vote, donc par cette démocratie européenne,
22:34on peut rappeler que les droits fondamentaux, c'est sacré en eux.
22:38Ça peut être tout de même un coup d'arrêt, malgré tout,
22:41dans cette espèce d'ascension irrésistible des termes dont on parlait tout à l'heure.
22:45Voilà. Mais il ne faut jamais lâcher.
22:47Et toutes les violations de droits fondamentaux doivent être condamnées.
22:51On l'a déjà fait sur la Pologne.
22:53On attend que le Conseil se prononce, parce que là, il ne l'a pas fait.
22:57Pologne, Hongrie et tous les pays qu'ils ne respecteront pas.
23:00Et encore une fois, ce n'est pas contre les peuples de ces pays.
23:03C'est contre leur gouvernement.
23:05Et il faut vraiment bien faire la distinction.
23:07On reparlera de ces questions-là, évidemment fondamentales,
23:10à de nombreuses reprises d'ici le mois de mai.
23:13Simplement un petit mot.
23:14Votre état d'esprit, là, en septembre, à la reprise de cette saison,
23:18pas n'importe laquelle, vous le disiez tout à l'heure,
23:19puisque les élections sont au bout.
23:22On entend des choses diverses ici au Parlement européen.
23:25On a entendu des députés dire que l'Europe, c'est en train de mourir, etc.
23:30Ce qui n'est pas du tout l'impression qu'on a quand on parle ici.
23:33Quel est votre état d'esprit ?
23:34Comment vous voyez les choses ?
23:35Comment vous sentez les choses dans une année qui est quand même cruciale ?
23:39Oui, tout à fait.
23:41C'est-à-dire qu'on est à un moment charnière, on le voit bien.
23:43Et à tous les moments charnières, on peut tomber du bon côté comme du mauvais côté.
23:47Donc, il y a une tension, tout ça.
23:50Moi, je trouve qu'il se passe des choses intéressantes, y compris dans les sessions.
23:54Alors, chacun fait son panier comme il veut.
23:57Mais je regarde, si on met bout à bout ce qui s'est passé avec les routiers au mois de
24:01juin,
24:02et en lien avec les mobilisations sociales.
24:06Ce qui se passe sur cette session de rentrée, c'est pas rien quand même.
24:09Bon, je mets de côté la question des droits d'auteur, mais je la trouve importante.
24:13Oui, oui, bien sûr.
24:15Et d'autre part, Orban, ce que tu viens de dire et qui est un signal quand même,
24:20parce que si ça reste pas dans l'institution comme un fait de l'établissement,
24:25mais que c'est un message progressiste, c'est extrêmement important.
24:29Et donc, moi, je suis une révolutionnaire, donc positive.
24:35Je veux m'appuyer sur ce qui se met en mouvement pour le pousser.
24:39Et je crois qu'il y a une maturité, une conscience qui grandit.
24:42On voit bien le danger.
24:44Les premiers sondages sont mortifères.
24:47Quand on regarde à l'échelle européenne, justement, par la part que prendraient les extrêmes-droites,
24:53mais justement, ça doit soulever chez nous des leviers pour trouver des questions à traiter.
24:59Et il y en a des fortes.
25:00J'ai en tête quelque chose, mais je voulais le dire dans ce débat.
25:03Alors, excusez-moi, mais on parle de l'alimentation.
25:06Mais ouvrir un droit européen à l'alimentation pour tous,
25:12ça serait, par exemple, une grande bataille européenne, quoi.
25:15Et donc, je crois qu'il faut qu'on fasse une campagne
25:18et il faut qu'on pousse là-dessus, nous parlementaires,
25:21tant qu'on est encore là pour continuer.
25:23– Christine Rodallone, votre sentiment, votre impression.
25:27Alors, sachant que c'est…
25:28Encore une fois, on est dans une période, effectivement, on vient de le dire,
25:31on est dans une période charnière, cruciale et extrêmement importante.
25:35On n'est pas en train de débattre, là, sereinement, de choses tranquilles.
25:39– Non, non. – Il y a un peu le feu, tout de même.
25:41– Il y a le feu et c'est pour ça qu'on est surmobilisés
25:44et que, moi, mes batteries, elles sont rechargées à 300% pour mener la bataille
25:50et pour expliquer partout que l'Union européenne,
25:53ce n'est pas un choix entre la droite libérale et les europhobes.
25:58Il y a une voie d'espoir pour les Européens où on peut leur proposer des droits sociaux.
26:05Mais effectivement, tu as raison, le droit à l'alimentation est une alimentation saine
26:10et pas nous bourrer d'OGM et d'autres glyphosates, etc.
26:13et une société où on respecte les droits des femmes, des hommes, des enfants.
26:19Il y a énormément de choses à proposer, il y a un challenge énorme
26:23et surtout de pouvoir le faire diffuser.
26:25Et je remercie l'humanité de faire ce travail tout le temps,
26:29à chaque session, d'être présent au Parlement européen
26:32pour démontrer qu'une autre Europe est possible
26:34que celle qu'on entend tout le temps dans les grands médias.
26:36Et tu es bienvenue à la fête !
26:39Profitons-en pour le dire !
26:41Merci à vous deux, merci pour la haute tenue de ce débat tout à fait passionnant.
26:46A bientôt et merci à vous qui nous avez suivis.
26:49Au revoir et à bientôt également. Au revoir.