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  • il y a 1 semaine
Branle-bas de combat au sein de la diplomatie européenne ! Dès cette semaine de rentrée s'est tenue une réunion informelle des Ministres des Affaires étrangères des 27 avec un agenda chargé... Russie et Ukraine, Iran, mais aussi l'Allemagne et la France qui avancent leurs pions sur un chantier sensible : réformer la diplomatie européenne ! Alors que la voix de l'Europe est souvent peu audible, et l'autorité de l'estonienne Kaja Kallas, la Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères, contestée, le couple franco-allemand et d'autres acteurs réclament une réforme radicale au nom de l'efficacité. Faut-il s'en réjouir ou s'en inquiéter ? Caroline de Camaret et Thibault Henocque ouvrent le débat dans Ici l'Europe, avec les eurodéputées Marie Toussaint (France, Les Verts) et Isabel Wiseler-Lima (Luxembourg, PPE).

Première partie : Caroline de Camaret reçoit François-Xavier Bellamy, vice-président du groupe du parti populaire européen (PPE).
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputées Marie Toussaint (France, Les Verts) et Isabel Wiseler-Lima (Luxembourg, PPE).

Ici, l'Europe
Chaque semaine, LCP Assemblée nationale, Public Sénat et France24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : Covid-19, questions migratoires, « Green deal », Brexit ou encore souveraineté digitale. Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Une demi-heure d'information pour mieux comprendre les enjeux européens.

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Transcription
00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:17Bonjour à tous et merci de nous rejoindre sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:22Ici l'Europe fait sa rentrée après un été caniculaire et dense au regard de l'actualité européenne.
00:27Une rentrée pour le moins morose.
00:30Nous allons en effet nous pencher sur l'état de la diplomatie européenne en grande crise.
00:35Et puis tout de suite, nous allons parler de l'ensemble de cette actualité européenne en compagnie de François-Xavier
00:41Bellamy.
00:42Bonjour Monsieur Bellamy.
00:43Bonjour, bien repris.
00:44Je rappelle que vous êtes le vice-président des Républicains et député européen dans le Parti populaire européen.
00:50ancien professeur agrégé de philosophie et tête de liste, les Républicains aux élections européennes
00:57qui vous avaient été réélus en 2024 avec 7,2% des votes, soit 6 députés dans votre groupe.
01:04Alors j'ai envie de commencer quand même par les questions internationales.
01:07Et plus spécifiquement la Russie accusée par l'Allemagne d'avoir piloté des drones
01:13pour organiser un attentat sur un aéroport à Leipzig.
01:17La Russie qui est aussi présente au G20 et les Européens n'en sont pas très contents
01:22puisqu'ils considèrent que c'est très prématuré.
01:24Qu'est-ce que vous pensez ?
01:26Mais il y a aujourd'hui la confirmation à travers ce qui s'est passé à Leipzig
01:30de ce que nous savons, de ce que nous voyons sur d'autres terrains,
01:33de ce que nous avons vu dans d'autres pays européens.
01:35La Russie cherche à tester l'Europe, elle cherche à tester l'OTAN
01:39et c'est une situation qu'il faut prendre très au sérieux
01:42parce qu'on n'empêche pas la guerre, on n'empêche pas la menace et le conflit
01:46dans la faiblesse et la vulnérabilité.
01:48Et c'est la raison pour laquelle nous avons le devoir de renforcer nos forces armées nationales
01:52et de le faire ensemble au plan européen.
01:55C'est pour cette raison-là que j'ai porté par exemple le projet européen
01:58pour l'industrie de défense, EDIP, qui est rentré maintenant en application,
02:02qui permet que notre industrie de défense soit consolidée un peu partout en Europe
02:06et en France en particulier.
02:07C'est l'un des grands atouts, c'est aussi l'une des grandes responsabilités de la France
02:11de faire en sorte que demain l'Europe soit mieux défendue, mieux protégée
02:15et qu'ainsi elle dissuade de manière beaucoup plus forte toute perspective d'agression.
02:19Faut-il reparler aux Russes et en particulier quand les Américains les invitent à un G20
02:25à la surprise de tous ?
02:26Je pense qu'on ne peut pas faire comme si rien ne s'était passé, comme si rien ne se
02:30passait.
02:31La Russie est aujourd'hui encore, avec la décision de Vladimir Poutine d'attaquer l'Ukraine
02:36de manière unilatérale, en train de mener une guerre contre le peuple ukrainien,
02:41contre les civils ukrainiens.
02:43Et je voudrais dire que dans les moments dramatiques que nous aurons vécu cet été,
02:46il y a ces nouvelles atroces qui nous parviennent d'Ukraine de manière répétée,
02:51ces nouvelles de bombardements contre des populations civiles, contre des enfants,
02:55contre des familles, dans des lieux où il n'y a pas d'infrastructures militaires,
02:59pas d'objectifs militaires.
03:01Cette situation-là, elle est intolérable.
03:03Bien sûr qu'à moyen long terme, nous ne pouvons qu'espérer renouer avec le peuple russe
03:08et retrouver des relations d'amitié avec le peuple russe.
03:11Mais aujourd'hui, remettre le régime de Vladimir Poutine au rang des pays
03:16avec lesquels nous aurions des relations normales,
03:18ce serait en fait une forme de trahison de ce qui constitue, je crois, l'âme, l'esprit,
03:25l'intérêt, la sécurité de l'Europe et aussi les engagements qu'elle doit tenir
03:28pour pouvoir se faire respecter.
03:31François-Xavier Bellamy, comme chaque semaine, nous vous livrons quelques infos, morceaux choisis.
03:36C'est l'Europe, en bref, avec Florine Osfater.
03:43L'Islande ne reprendra pas les négociations d'adhésion à l'Union européenne.
03:47C'est ce qu'ont décidé 52,8% des Islandais lors d'un référendum consultatif le 29 août dernier.
03:53Cette île de 400 000 habitants, sans armée, avait déposé sa candidature en 2009
03:57avant de suspendre le processus quatre ans plus tard.
04:00Malgré les menaces de Donald Trump sur le Groenland et le danger russe,
04:04les partisans du nom l'ont emporté.
04:05Ils ont agité le drapeau rouge sur une perte de souveraineté dans le secteur crucial de la pêche
04:10qui représente 40% des exportations.
04:13C'est une première pour une intelligence artificielle.
04:16ChatGPT a été classé comme moteur de recherche par la Commission européenne
04:20qui le soumet désormais aux règles strictes du Digital Services Act de 2024.
04:25OpenAI, maison mère de ChatGPT, a donc quatre mois pour évaluer et garantir la sécurité
04:30de ses 159 millions d'utilisateurs européens.
04:33Dans le viseur, la diffusion de contenus illicites, les ingérences et la désinformation dans les élections,
04:38mais aussi l'impact sur la santé mentale des utilisateurs.
04:42Santé tout court, la Commission a décidé de suspendre temporairement les importations de viande bovine
04:46en provenance du Brésil.
04:48Et ce, quelques mois seulement après l'entrée en vigueur de l'accord contesté de libre-échange
04:52avec les pays du Mercosur.
04:54La porte-parole de la Commission européenne explique.
04:57« Nous avons des règles qui interdisent l'utilisation d'antibiotiques pour la croissance des animaux.
05:06Ce sont des règles que nos partenaires doivent respecter également. »
05:11Même si les quotas entre les quatre pays ne sont pas encore répartis,
05:14l'accord autorise l'exportation de 99 000 tonnes de viande bovine du Mercosur.
05:20François-Xavier Perrami, l'Union européenne a suspendu les importations de volailles et de bœuf brésiliens,
05:26d'œufs et de miel.
05:27La Commission européenne estime que le Brésil n'a pas donné de garantie suffisante
05:33sur l'utilisation abusive d'antibiotiques dans l'élevage.
05:36Est-ce qu'on fait bien ?
05:38La Commission européenne, d'une certaine manière,
05:40elle finit par reconnaître la légitimité du combat que nous avons mené
05:44pendant des années contre cet accord avec le Mercosur.
05:47Non pas que nous soyons contre le commerce international,
05:50mais nous avons la certitude que nous n'avons pas le droit,
05:53après avoir imposé des règles toujours plus contraignantes aux agriculteurs qui produisent chez nous,
05:57d'accepter, d'importer ensuite des produits du monde entier
06:01qui ne respectent aucune de nos règles
06:03et de supprimer les droits de douane pour que ces produits puissent inonder nos marchés.
06:07C'est de la santé des Européens qu'on parle.
06:09Mais c'est aussi bien sûr de la possibilité pour notre agriculture
06:12de continuer de produire sur notre sol.
06:15Nous avons besoin de cette sécurité alimentaire
06:17et d'une certaine manière, en montrant si rapidement après la mise en œuvre provisoire du Mercosur
06:23que le Brésil n'est pas conforme.
06:25L'un des plus grands pays du Mercosur, le plus grand pays agricole de ce bloc,
06:29n'est pas capable de simplement garantir la fiabilité de ses productions sur le plan sanitaire.
06:37Bien la Commission européenne, même si cette mesure est probablement temporaire,
06:40montre que nous avions raison de tirer la sonnette d'alarme.
06:43Parlons quand même de cet été.
06:45Les Européens, les Français ont souffert de la canicule.
06:49Mais plusieurs organisations non gouvernementales considèrent que vous êtes parmi les eurodéputés français,
06:54François-Xavier Berlami, qui s'est le plus opposé au texte de régulation climatique.
06:59En 2025, vous avez voté un paquet Omnibus qui vise à alléger l'obligation de plan de transition climatique
07:07pour les entreprises, les multinationales.
07:11Elles représentent 20% des émissions de CO2.
07:13Mais ce qui représente l'essentiel des émissions de CO2 dans le monde aujourd'hui,
07:17ce n'est pas l'Europe qui représente moins de 10% des émissions,
07:20ce n'est pas la France qui représente moins de 2% des émissions.
07:23Ce qui représente l'essentiel des émissions de CO2,
07:25c'est la production qui se fait dans d'autres pays qu'en Europe.
07:28Je pense à la Chine, parce que chaque année, elle fait un nouveau record d'utilisation du charbon.
07:33Je pense à l'Asie en général, je pense à l'Inde, je pense aux États-Unis.
07:37Et notre grande responsabilité comme Européens,
07:39elle n'est pas d'abord dans ce que nous produisons,
07:41elle est d'abord dans ce que nous importons.
07:43Et en disant ça, je ne dis pas que nous ne sommes pas responsables,
07:45mais je dis que notre premier devoir, si nous voulons protéger la planète,
07:49c'est d'importer moins et de produire chez nous.
07:52C'est de donner moins de parts de marché sur notre sol à des productions importées,
07:56on parlait du Mercosur, qui ne respectent aucune de nos règles.
07:59Et la condition pour cela, c'est de rendre à nos entreprises la liberté de produire.
08:04Et c'est pour ça qu'effectivement...
08:05La liberté, mais quand vous pensez à un géant pétrogazier comme Total Energy,
08:091% des émissions mondiales tout de même,
08:12autant que la France, qui n'intègre pas dans son plan de vigilance
08:16les émissions de ses clients et la justice française,
08:18vient de le pénaliser pour cela.
08:20Mais c'est ça qui est absolument stupéfiant.
08:22Tous les pays du monde aujourd'hui utilisent des énergies fossiles.
08:26Personne n'en est complètement sorti.
08:28Et donc, tant qu'on utilise des énergies fossiles,
08:30il y a des gens qui les extraient pour pouvoir nous les fournir.
08:33Et de fait, les Français, aujourd'hui, ils vont à la pompe à essence
08:37pour faire rouler leur voiture.
08:39Mais les industries ont besoin aussi de ces énergies pour continuer de travailler.
08:42Il faut électrifier nos usages.
08:44Il faut, pour ça, défendre ce contre quoi nous nous sommes battus
08:48avec tant d'organisations écologistes et tant d'élus de gauche
08:54ou de l'écologie politique, nous nous sommes battus contre ces organisations
08:58pour défendre le nucléaire qui était de manière complètement climato-sceptique
09:02attaquée par ces forces-là.
09:03Ce n'est pas une solution d'urgence, le nucléaire.
09:04Mais pendant qu'on travaille avec ces énergies fossiles,
09:07c'est une chance pour la France d'avoir un acteur pétrolier international
09:11capable de nous fournir de l'énergie dont nous avons besoin
09:14tout en investissant massivement, comme le fait Total aujourd'hui,
09:18dans les énergies renouvelables.
09:19Je ne dis pas ça parce que je défends Total.
09:21Mais ce n'est pas du greenwashing un peu, ce n'est pas de...
09:24Allez, regardez les plans d'investissement Total, vous verrez si c'est du greenwashing.
09:27La vérité, c'est qu'aujourd'hui, tous ceux qui veulent fragiliser
09:30l'économie européenne le font au profit de l'économie asiatique,
09:35de l'économie chinoise, de l'économie américaine,
09:37qui sont beaucoup plus nocives.
09:39Tout ce que nous ferons contre les producteurs français,
09:43industriels, agricoles, contre ceux qui sont capables de continuer
09:46de nous fournir ce dont nous avons besoin, nous le ferons aussi contre la cause de la planète.
09:51Parlons d'une autre crise, Ceuta, l'enclave espagnole en Afrique du Nord,
09:57qui a plongé le pays, l'Espagne, dans la crise,
10:02avec 80 000 migrants en situation irrégulière fin juillet,
10:0610 000 qui sont toujours sur place, bloqués.
10:09Les Européens, au lieu de faire preuve de solidarité,
10:12comme ils l'avaient fait par le passé, peut-être,
10:13dans des grandes crises migratoires, eh bien, ont pointé du doigt cette Espagne.
10:18Est-ce que c'est parce qu'elle est dirigée par le social-démocrate Pedro Sanchez ?
10:21Est-ce qu'il est responsable et coupable plus que les autres ?
10:23Il est parfaitement responsable.
10:25Ce n'est pas l'enclave de Ceuta qui a plongé l'Espagne dans la crise.
10:28C'est le gouvernement socialiste espagnol.
10:30Et quand Pedro Sanchez dit, il y a quelques mois,
10:32qu'il va régulariser un million d'étrangers en situation irrégulière sur son sol,
10:38quand il dit publiquement qu'il veut faire en sorte
10:41que ceux qui sont rentrés ou restés illégalement en Espagne,
10:44donc en Europe, puissent recevoir des papiers,
10:47qu'est-ce qu'il fait en réalité ?
10:48Il envoie un message au monde entier.
10:50Et moi, je comprends que ce message soit reçu.
10:52Et je comprends tous ceux qui, sur le continent africain,
10:54se disent, je veux pouvoir tenter ma chance,
10:57je vais utiliser cette voie d'accès qui m'est offerte par un gouvernement
11:00qui décide en réalité de récompenser l'illégalité.
11:031 million de personnes, c'est aussi le bilan de Giorgia Meloni en Italie,
11:07cette régularisation sur 4 années.
11:09C'est tout à fait inexact.
11:10D'une droite radicale.
11:12Mais Giorgia Meloni n'a pas régularisé,
11:14elle a délivré des titres de séjour.
11:17D'abord, une première fois régularisé, 500 000.
11:20Elle n'a jamais régularisé.
11:22Elle a délivré des titres de séjour.
11:24Et évidemment, on peut être d'accord ou pas
11:26avec la politique migratoire de Giorgia Meloni,
11:28mais il y a une différence majeure entre délivrer des titres de séjour,
11:31c'est-à-dire permettre à des gens de rentrer légalement dans votre pays
11:34et légaliser des gens qui sont rentrés illégalement.
11:37Si je me suis battu pour porter le règlement retour au Parlement européen,
11:40c'est pour que l'Europe sorte de l'impuissance actuelle.
11:43Et je pense aujourd'hui aux habitants de Ceuta
11:45qui sont directement victimes de cette situation.
11:47Nous la connaissons aussi en France.
11:48Je pense par exemple à Mayotte
11:49ou à des territoires qui sont singulièrement marqués
11:52par l'impact de l'immigration illégale,
11:54mais qui fait aussi des drames humains
11:56chez tous ceux qui sont victimes de l'Eldorado
11:58qui leur est promis par les réseaux de passeurs,
12:00qui sont aujourd'hui les mafias les plus dangereuses du monde.
12:03Eldorado qui en fait ressemble à la fin, à un enfer.
12:07Parce que les gens qui sont attirés par cette promesse
12:09d'une Europe qui leur tendrait les bras
12:10se retrouvent à la fin dans une situation infiniment précaire
12:13dans nos villes et dans nos pays
12:14où nous n'avons évidemment pas les moyens de les accueillir.
12:17Alors revenons à Giorgia Meloni
12:18qui dirige donc un gouvernement de coalition
12:20entre la droite et la droite plus radicale.
12:23Elle a été la première à dénoncer la négligence supposée
12:26de l'Espagne lors de la crise de Ceuta justement en juillet.
12:28À son arrivée au pouvoir en Italie en 2022,
12:31elle a promis une ligne dure sur l'immigration.
12:33La réalité est beaucoup plus complexe.
12:36On voit des montées de violences anti-migrants en Italie.
12:39Un centre à l'extérieur des frontières de l'Union Européenne
12:41en Albanie qui ne marche pas bien
12:43puisqu'il est vide.
12:45Attention, ce centre n'a rien à voir avec ce que le règlement retour veut faire.
12:51Ce centre, il est fait pour externaliser le traitement des demandes d'asile.
12:54C'est-à-dire que si vous arrivez en Italie et que vous demandez l'asile,
12:57vous êtes théoriquement susceptible d'être conduit dans ce centre en Albanie
13:01pour attendre l'issue de la procédure.
13:02Ça ne fonctionne pas notamment parce que la justice italienne
13:05n'a pas laissé se poursuivre, en tous les cas,
13:08à opposer beaucoup de contradictions à cette mise en œuvre.
13:13Parce qu'il n'était contraire aux engagements humanitaires de l'Italie.
13:15Mais ce que nous allons faire ici avec le règlement retour,
13:17c'est complètement différent.
13:18Ce n'est pas externaliser des gens qui demandent l'asile,
13:21mais c'est expulser en dehors des frontières de l'Europe
13:24des gens qui, par exemple, ont été déboutés du droit d'asile,
13:27qui en tous les cas sont illégalement présents sur le sol européen.
13:31Aujourd'hui, en Europe, moins de 20% des décisions de retour
13:34sont réellement exécutées.
13:36Est-ce qu'il faut s'arrêter là et dire c'est parfait, tout est correct ?
13:39La France a dit qu'elle ne suivrait pas et notamment parce que...
13:41Emmanuel Macron a dit qu'il ne suivrait pas.
13:42Emmanuel Macron, pardon.
13:43Emmanuel Macron ne sera plus là dans quelques mois
13:45et on aura, j'espère, un président de la République
13:47qui mettra en œuvre cette politique qui est attendue aujourd'hui
13:50par tous les citoyens d'Europe.
13:51On va en parler, mais parce que notamment,
13:52on peut les expulser vers des pays avec lesquels ils n'ont aucun lien.
13:56L'Ouganda, le Rwanda.
13:58Est-ce que c'est favorable à...
14:00Est-ce que c'est humanitaire d'abord ?
14:02Est-ce qu'ils ont un lien avec la France
14:03s'ils y sont présents de manière illégale ?
14:05Et qu'est-ce que ça peut donner de les emprisonner
14:09dans des pays où ils n'ont aucun lien ?
14:11Ce n'est pas un emprisonnement,
14:12c'est simplement une manière de reconduire hors de nos frontières
14:14des personnes qui s'y sont introduites de manière illégale.
14:18Il n'y a que l'Europe qui est dans cette situation d'impuissance.
14:20Vous ne rentrez pas illégalement en Chine, au Japon, aux États-Unis.
14:25Vous ne rentrez pas illégalement dans un pays africain.
14:27Les pays qui nous entourent, ils ont des frontières,
14:29ils les font respecter, c'est normal.
14:31Ce n'est pas seulement leur droit, c'est leur devoir,
14:33c'est leur responsabilité.
14:34Maintenant, il faut qu'il soit très clair
14:35que si vous arrivez illégalement
14:37ou si vous restez illégalement sur le sol européen,
14:39vous n'avez aucune chance de vous y établir durablement.
14:42Et ce jour-là, il n'y aura plus de passeurs,
14:44il n'y aura plus de morts en mer Méditerranée
14:46et on retrouvera un monde en ordre
14:47où on pourra retrouver aussi partout dans le monde
14:51la responsabilité d'offrir des perspectives d'avenir
14:53à une jeunesse qui la cherche.
14:55Vous avez porté justement au Parlement européen
14:57ce règlement retour à cette occasion,
15:00mis en place une alliance alternative
15:02entre le Parti populaire européen,
15:04donc votre parti, les Républicains, etc.
15:06et les groupes plus à l'extrême droite,
15:08les Patriotes, le Rassemblement national.
15:11Il n'y a plus de cordon sanitaire des votes
15:13comme il y avait à une époque.
15:14Il n'y a jamais eu de cordon sanitaire des votes,
15:16je vous rassure.
15:16En tout cas, il y avait une grande majorité
15:17au centre entre le PPE jusqu'au vert, justement.
15:22Jusqu'où l'alliance entre la droite
15:24et la droite radicale, le Rassemblement national ?
15:28Est-ce qu'elle est souhaitable au national aussi ?
15:30Mais vous savez, la question,
15:31il faut la poser à nos collègues macronistes,
15:33il faut la poser à nos collègues socialistes.
15:36Moi, j'aurais rêvé que le règlement retour
15:38soit voté par tout le Parlement européen.
15:41Parce que je pense que le sujet de la lutte
15:43contre l'immigration illégale,
15:44c'est un sujet qui devrait nous réunir.
15:46Parce que je pense qu'on peut débattre
15:47autant qu'on voudra de
15:48est-ce qu'il faut plus ou moins d'immigration illégale ?
15:51Moi, je pense qu'il en faut beaucoup moins.
15:52Mais je comprends que cette question
15:54puisse animer la discussion
15:56dans le pluralisme démocratique.
15:57En revanche, tous les gens qui défendent
15:59en permanence l'état de droit,
16:00je pense à nos collègues macronistes
16:02ou à la gauche qui s'indignent
16:04dès qu'ils détectent une atteinte
16:06à l'état de droit et à raison.
16:08Mais comment se peut-il
16:09qu'alors, ils aient choisi de protéger
16:11l'état de non-droit
16:12que nous connaissons aujourd'hui
16:13en matière d'immigration ?
16:15Est-ce que vous souhaitez une alliance
16:18pérenne, droite-extrême-droite
16:19au Parlement européen ?
16:21Et est-ce qu'au national,
16:22vous pensez que les Républicains
16:24doivent faire alliance
16:24avec le Rassemblement national ?
16:25Je défends la candidature
16:27de Bruno Rotaillot en France.
16:29Je continue là de me battre
16:30pour son élection.
16:31Aujourd'hui, Marine Le Pen est candidate.
16:32Je ne me reconnais pas dans sa candidature
16:34pour de nombreuses raisons.
16:35Quand elle lance sa campagne
16:36en disant qu'elle renouvelle
16:37sa promesse de garantir
16:39la retraite à 60 ou 62 ans
16:41pour les Français,
16:42mais c'est une folie.
16:43On a appris au moment
16:44où je vous parle aujourd'hui même
16:46que la France empruntée
16:48a des taux d'intérêt
16:49qui sont records
16:50depuis la crise financière de 2008.
16:53Dans cette situation-là,
16:54promettre que nous allons
16:55continuer d'endetter le pays
16:57pour payer les retraites,
16:58ce qui est surtout le sujet
17:00sur lequel nous devrions éviter
17:01de piller nos petits-enfants,
17:03et bien cette promesse-là,
17:05elle me paraît être
17:07incroyablement dangereuse
17:08pour l'avenir de la France,
17:09mais aussi pour la stabilité
17:10de l'Europe dans son ensemble.
17:12Merci François-Xavier Bellamy
17:13d'avoir été notre invité aujourd'hui.
17:15Vous restez avec nous, bien sûr.
17:17C'est le moment du débat.
17:19Débat qui concerne
17:20la diplomatie européenne
17:22à réformer ou pas
17:23et dans quel sens.
17:24C'est tout de suite
17:25avec mes camarades
17:25des chaînes parlementaires.
17:33Bienvenue au Parlement européen
17:35à Bruxelles.
17:35Brant le bas de combat
17:36dans la diplomatie européenne.
17:39Une réunion informelle
17:41des ministres des Affaires étrangères
17:42dès la semaine de rentrée
17:44entendent émettre les 27
17:46en ordre de bataille
17:47sur les grands dossiers internationaux.
17:49Mais la diplomatie européenne
17:51se pose des questions existentielles.
17:53À quoi sert-elle vraiment ?
17:55Pourquoi semble-t-elle
17:56si inaudible ?
17:58L'autorité de l'estionienne
18:00Kayakalas,
18:01la haute représentante de l'UE
18:03pour les affaires étrangères,
18:05est contestée.
18:06Le couple franco-allemand
18:07et d'autres acteurs, d'ailleurs,
18:09réclament une réforme radicale
18:12au nom de l'efficacité.
18:14Oui, en question,
18:14le service européen
18:16pour l'action extérieure,
18:18SEAE,
18:19qui déploie notamment
18:20des diplomates européens
18:21dans le monde.
18:21Cet organe diplomatique
18:23créé en 2011
18:24était censé
18:25donner une voix à l'Europe.
18:27Mais il est pris en étau
18:28entre la commission
18:29où la présidente
18:30von der Leyen
18:30veut rayonner
18:31à l'international
18:32et le conseil
18:33composé des 27 chefs d'État,
18:35souvent jaloux
18:36de leurs prérogatives diplomatiques.
18:39Ces derniers mois
18:39ont encore montré
18:40les difficultés
18:41pour Kayakalas
18:42à s'imposer
18:43sur certains dossiers.
18:44S'il a été à la manœuvre
18:45pour faire passer
18:46les paquets de sanctions
18:47contre la Russie,
18:49elle est moins audible
18:50sur le conflit entre Israël
18:51et ses voisins,
18:52l'Iran ou encore
18:53les États-Unis
18:53de Donald Trump.
18:55Mais est-ce réellement
18:55de sa faute
18:56ou de celle
18:57des leaders européens
18:58qui rivalisent
18:58d'injonctions contradictoires ?
19:00Alors, pour tenter
19:01d'y répondre,
19:01nous sommes en bonne compagnie.
19:03Isabelle Wiesler-Lima,
19:04bonjour.
19:05Bonjour.
19:05députée luxembourgeoise,
19:07membre du Parti Populaire Européen,
19:09c'est la droite mainstream,
19:10le PPE de l'hémicycle,
19:12partie de la présidente
19:13d'ailleurs von der Leyen.
19:14Et puis Marie Toussaint,
19:15bonjour.
19:16Bonjour.
19:16Vous siégez pour la France
19:17au sien du groupe des Verts,
19:19dont vous êtes la vice-présidente
19:21au Parlement européen.
19:22D'ailleurs,
19:23comment vous qualifieriez,
19:24si vous aviez à le faire,
19:25cette diplomatie européenne
19:27en quelques mots ?
19:29Malheureusement,
19:29j'ai envie de dire,
19:30je la qualifierais
19:31d'erratique.
19:32Et d'erratique
19:33à deux égards.
19:34D'abord,
19:34on a,
19:35et vous l'avez un peu mentionné,
19:36cette multiplicité
19:38de têtes,
19:39d'organes,
19:39de voix
19:40et de blocage aussi
19:41du fait des 27 Etats membres.
19:43Et puis,
19:44erratique aussi
19:44parce qu'on peine
19:45à discerner,
19:46à détecter
19:47une politique cohérente
19:48entre la politique diplomatique
19:50au sens pur,
19:51au sens propre,
19:52la politique commerciale,
19:53la politique d'aide au développement.
19:55Tout ça ne fait pas tellement sens.
19:56Donc, malheureusement,
19:57on a besoin
19:58de construire cette Europe-là.
20:00C'est ce à quoi on aspire,
20:02ce à quoi on essaye
20:02de travailler.
20:03Isabelle Wiesler-Lima,
20:04c'est vrai qu'on a l'impression
20:05d'une forme de décalage
20:06entre un monde bouillonnant
20:07qui va très vite,
20:08qui impose des décisions
20:08fortes et rapides
20:09et puis une diplomatie européenne
20:11qui patine souvent.
20:12Vous partagez ce constat,
20:13il y a un problème d'efficacité ?
20:15Il y a un problème d'efficacité,
20:17ça c'est sûr,
20:17mais on a quand même
20:18une politique étrangère
20:20de l'Union européenne
20:21et il faut que nous soyons conscients
20:23des limites qu'on a.
20:25Moi, je suis pour
20:27beaucoup plus,
20:28beaucoup plus d'efficacité,
20:29qu'on soit beaucoup plus à même
20:31de prendre des décisions communes.
20:33Je pense que quand on parle
20:35de la majorité qualifiée,
20:37il faut aller au moins
20:39pour certains points
20:40dans cette direction-là.
20:41On ne peut pas continuer
20:42à être les otages
20:45d'un veto,
20:46c'est humiliant
20:46pour l'Union européenne,
20:49mais il faut aussi
20:49qu'on soit conscients
20:50qu'on a 27 pays
20:52et c'est la réalité
20:53de l'Union européenne.
20:54Il faut donc
20:55qu'on compose avec ça.
20:55Il ne faut pas qu'on soit
20:56non plus trop critique.
20:58Il faut qu'on se donne
20:59les moyens
21:00d'être efficace.
21:01Il faut réformer
21:04pour l'efficacité,
21:05pas pour changer
21:06un organigramme.
21:07Un organigramme
21:08ne rembassera jamais
21:09à une volonté politique,
21:10mais il faut vraiment
21:13qu'on soit aussi conscient
21:14qu'il y a ces 27 États.
21:16Alors prenons un cas concret
21:18et même très stratégique,
21:19celui de nos rapports
21:20avec la Russie,
21:21avec l'Allemagne.
21:22Ce n'est pas n'importe qui,
21:23le chancelier Mertz
21:24qui attribue
21:25une attaque de drones
21:26à la Russie
21:27sur l'aéroport
21:28de Leipzig.
21:30D'ailleurs,
21:30Kaya Kalas,
21:31la haute représentante,
21:32parle d'un terrorisme
21:33soutenu par un État.
21:34Au fil des quatre ans
21:36de guerre
21:37entre la Russie
21:38et l'Ukraine
21:38et des sommets,
21:39on a essayé
21:40d'accorder les 27
21:41sur des sanctions.
21:42Est-ce qu'on est efficace
21:44face à des situations
21:45de crise comme celle-là ?
21:47Je trouve qu'au contraire,
21:48l'Ukraine est presque
21:49un contre-exemple
21:50de l'inefficacité
21:51de l'Union européenne
21:52en matière diplomatique.
21:53Sur l'Ukraine,
21:54il y a eu,
21:55on pourra y revenir
21:55plus dans le détail,
21:56mais des décisions
21:57qui ont été prises
21:58relativement rapidement,
21:59une capacité à dépasser
22:01des dissensus
22:02avec un veto quand même
22:04posé par la Hongrie
22:04de Viktor Orban
22:05pendant très longtemps
22:05qui montre
22:06qu'on a besoin
22:07justement de sortir
22:08du mécanisme actuel
22:09où un État,
22:10n'importe lequel,
22:10peut bloquer tous les autres.
22:11Mais globalement,
22:12ça a marché.
22:13On a d'autres exemples.
22:14C'est ce que dit
22:16M. Alvarez.
22:16Le ministre des Affaires
22:17étrangères d'Espagne,
22:19il est en train
22:20d'insister sur l'idée
22:21que la première réforme
22:22à faire,
22:22c'est d'essayer
22:23d'éviter cette loi
22:24des vétos
22:24sur la diplomatie.
22:25Bien sûr.
22:26Ça, c'est une évidence.
22:26On a besoin
22:27d'approfondissement
22:27de l'Union européenne
22:28en même temps
22:29que de la construction
22:30de sa diplomatie
22:31et de son armée
22:31si possible commune.
22:33Mais les États
22:33ne sont pas tout à fait
22:34d'accord avec ça.
22:36Isabelle Wiesler-Lima,
22:37il y a quand même
22:37des dysfonctionnements.
22:38Restons sur la Russie.
22:40On se rappelle
22:40qu'en novembre 2025,
22:42au moment où
22:43les États-Unis
22:44commençaient à négocier
22:46avec Vladimir Poutine,
22:48c'est non pas
22:49la haute représentante
22:50Kaya Kalas
22:51qui se rend aux États-Unis,
22:53mais la chef de cabinet
22:54de la présidente
22:55von der Leyen
22:56qui va discuter
22:56avec l'administration
22:57américaine.
22:58Est-ce que là,
22:59il n'y a pas un problème ?
23:00Moi, je crois
23:01qu'on est beaucoup
23:03trop souvent
23:04en train de critiquer
23:06l'Union européenne
23:07d'une certaine manière
23:08et aussi de mettre
23:10le focus
23:10sur des problèmes
23:13entre personnalités.
23:15Alors que nous devons
23:17absolument trouver
23:18le moyen de faire avancer.
23:20Je suis très contente
23:21de ce que vous avez dit
23:21parce que je crois
23:22qu'effectivement,
23:23quand on voit l'Ukraine,
23:24quand ça devient urgent,
23:25quand ça devient critique,
23:26quand ça devient vraiment
23:27quand c'est existentiel,
23:29à ce moment-là,
23:30nous arrivons
23:31à être européens,
23:33à prendre les décisions
23:34qu'il faut.
23:35Et il faut aller
23:35dans cette direction-là.
23:36La Russie qui tape
23:37l'Allemagne,
23:38c'est existentiel
23:39et on va prendre
23:40les bonnes décisions ?
23:41Absolument.
23:42Moi, je suis d'avis
23:44que c'est plus qu'urgent
23:46que nous ayons
23:47une politique ferme,
23:49décidée
23:49et anticipative
23:51par rapport
23:52à la Russie.
23:54On ne peut pas continuer
23:55à simplement réagir
23:57à des attaques.
23:58Il faut que nous
24:00trouvions le moyen
24:01d'avoir une politique
24:02très claire
24:03face à la Russie.
24:05Nous devons être
24:05beaucoup plus strictes
24:07et beaucoup plus déterminés.
24:09Nous faisons déjà beaucoup,
24:11vraiment beaucoup.
24:12Les sanctions sont là
24:13et nous n'avons plus
24:14la Hongrie
24:15qui bloque en ce moment.
24:16Il y en a d'autres.
24:17mais je suis convaincue
24:19qu'en ce moment,
24:20nous sommes à un moment
24:21où l'Union européenne
24:22peut avancer
24:23et peut avoir
24:24une politique commune
24:25face à la Russie.
24:26Leipzig,
24:28cet attentat
24:28qu'il y a eu,
24:30doit fonctionner
24:31comme un déclencheur
24:32vers quelque chose
24:33de vraiment décidé
24:34de la part
24:35de l'Union européenne.
24:37Vous diriez la même chose ?
24:39En tout cas,
24:40ce qui s'est passé,
24:40est-ce que c'est existentiel ?
24:41Oui.
24:44Si ce que dit Frédéric Mech,
24:45que j'imagine bien informé
24:46et ne pas dire les choses
24:47au hasard,
24:48est vrai,
24:49c'est-à-dire que c'est la Russie
24:49qui a diligenté
24:51un attentat,
24:51heureusement,
24:52qui n'a pas été mené à bien,
24:54mais sur le territoire européen,
24:56on passe une nouvelle phase
24:57dans le conflit,
24:58c'est effectivement
24:59extrêmement grave
25:00et il faut que tout le monde
25:01s'en rende compte
25:02et il faut qu'on continue
25:03à avancer.
25:04On a pris beaucoup de décisions.
25:05Bon, il a fallu un peu de temps
25:06pour que...
25:08Nous, on l'a dénoncé
25:09depuis longtemps,
25:09mais pour que la majorité européenne
25:11réalise que la dépendance
25:12extrême à la Russie
25:13en matière énergétique notamment,
25:15mais pas que,
25:15était assez problématique.
25:16Il faut qu'on continue
25:17dans cette voie.
25:18Je rappelle qu'on fait toujours
25:19du commerce d'uranium
25:20et d'uranium enrichi
25:21avec la Russie.
25:22Donc, on a commencé
25:23à traiter du pétrole,
25:24on a traité du gaz.
25:25Bon, voilà,
25:26il y a encore des choses à faire,
25:27mais bien sûr,
25:28il faut avancer et durcir.
25:29Et je pense que ça montre
25:30ce besoin d'une politique cohérente.
25:32C'est-à-dire que ce n'est pas seulement
25:33une question d'armée
25:34ou de représentation diplomatique.
25:36Derrière, c'est quoi
25:37nos liens commerciaux ?
25:38Comment est-ce qu'on régule
25:39les réseaux sociaux,
25:40les fake news, l'information ?
25:41Comment est-ce qu'on met en place
25:42une politique aussi
25:44d'échange entre les peuples
25:45qui permet de tisser la paix
25:46et de soutenir l'état de droit,
25:47la démocratie, etc.
25:48dans les pays tiers ?
25:49Ça montre qu'il y a ce besoin
25:50de politique intégrée.
25:51Alors, si vous me le permettez,
25:53on parle maintenant
25:54de l'Apsiche,
25:55de cet attentat.
25:56Mais depuis des mois
25:57et des mois et des mois,
25:59on a ces petites nouvelles
26:00entre les lignes
26:01dans les journaux télévisés,
26:04dans les journaux
26:05d'avions qui font
26:08de l'espionnage en Bretagne.
26:12Nous avons les pays limitrophes
26:16qui sont tout le temps
26:17survolés par des avions.
26:19Nous avons, il y a tous les jours,
26:22des actions hybrides
26:24contre l'Union européenne,
26:26contre les pays de l'Union européenne.
26:27Nous ne pouvons tout simplement pas
26:29continuer à faire
26:32comme si c'était quelque chose
26:33que nous devions accepter.
26:36Alors, justement,
26:37dans cette note franco-allemande
26:38de projet de grande réforme
26:40dont vous parlez,
26:41il y a cette idée
26:42alors que Kaya Kalas,
26:45elle pourrait chapeauter
26:46davantage de commissaires
26:48pour qu'on mette un petit peu
26:49les compétences
26:50et les leviers diplomatiques
26:52qu'on puisse les actionner
26:54plus facilement,
26:55qu'elle chapeaute par exemple
26:56un petit peu les questions
26:58d'aide au développement
26:59d'humanitaire
27:00et aussi les questions économiques
27:03et puis qu'elle s'intéresse
27:04au commerce, etc.
27:05Et que tout ça soit ensemble
27:07pour qu'elle soit plus efficace
27:08dans ses négociations
27:09et inversement,
27:11qu'on rapatrie
27:12tout son service
27:13d'action extérieure
27:14dans la Commission européenne.
27:16Qu'est-ce que vous pensez
27:17de cette espèce d'équilibre
27:19qu'on est en train
27:20d'essayer de chercher ?
27:21Je pense, encore une fois,
27:23que la fragmentation actuelle
27:24est assez nuisible
27:25et qu'il faut à minima
27:26plus de coordination.
27:27J'ai une petite inquiétude
27:28tout de même parce qu'au même moment
27:30où Frédéric Schmerz
27:31présente avec la France
27:32cette proposition-là,
27:34il propose aussi
27:34divisé par deux
27:35le nombre de fonctionnaires
27:36européens.
27:36Donc là, j'aimerais bien
27:38avoir des explications
27:38sur où est-ce qu'il veut couper
27:40pour voir est-ce que ce n'est pas
27:41dans ce service de diplomatie
27:43et je comprends
27:44les inquiétudes
27:45des fonctionnaires du SEAE
27:47que je peux partager.
27:48Voilà, donc il ne faut pas
27:50lâcher la proie pour l'ombre.
27:51Il faudrait faire attention à ça.
27:52Maintenant, avoir une politique
27:53plus intégrée, c'est important.
27:55Je rappelle que l'aide au développement
27:57ne doit pas être par exemple
27:58conditionnée à la question migratoire.
27:59Enfin, il y a quand même
28:00des choses sur lesquelles
28:01il faut être assez clair.
28:02Et puis, je termine en disant
28:04que ça ne réglera pas la question
28:05si on a toujours
28:05ces 27 États membres,
28:07cette règle de l'unanimité
28:08qui fait que n'importe qui
28:09peut bloquer tous les autres.
28:10Et donc, il ne faut pas seulement
28:12réharmoniser les services,
28:13il faut aussi,
28:13et je pense que c'est ce qu'on
28:14essaye de dire toutes les deux,
28:15même avec des opinions
28:16politiques différentes,
28:17mais il faut aussi,
28:18et d'abord, faire émerger
28:19une volonté politique commune
28:20qui sera ce qui permettra
28:21de faire rouler le tout.
28:22Je veux dire,
28:22si jamais il y avait
28:24cette volonté politique commune,
28:25derrière, les services suivraient.
28:26Isabelle Wiesler-Hima,
28:27est-ce qu'il faut tout rapatrier
28:28finalement sur le giron
28:29de la Commission,
28:30de la cohérence,
28:31du fait d'actionner
28:32tous les leviers ?
28:34C'est finalement la situation
28:36qui précédait la création
28:37de ce service extérieur
28:38en 2011 ?
28:39Nous avons,
28:40avec le service extérieur,
28:42nous avons cette construction
28:43qui est une construction
28:44typiquement européenne.
28:45Nous essayons de ménager
28:48d'un côté l'Union
28:49et de l'autre côté les États.
28:51Et le service extérieur
28:53est justement entre les deux.
28:55Il est entre la Commission
28:56et entre le Conseil.
28:59Aller plus vers la Commission,
29:01c'est en fait aussi le mettre,
29:04comment dire,
29:05presque aussi plus sous le contrôle
29:06de notre Parlement européen.
29:08Mais il faut être réaliste
29:10et c'est ça le plus important.
29:12C'est l'efficacité toujours
29:13qui doit compter.
29:14Donc, quelle que soit la réforme
29:16qui soit faite,
29:17elle doit être faite
29:18dans le sens de l'efficacité.
29:20Il faut bien être conscient
29:21que si les décisions
29:23qui seraient prises
29:25au niveau du service extérieur
29:27qui seraient plus reliées
29:30à la Commission,
29:31si les 27 États se rebifent,
29:34parce qu'il n'y a pas
29:34que ces pays comme l'était
29:38la Hongrie à un moment donné,
29:41s'ils ne jouent pas le jeu,
29:43eh bien, on va se retrouver
29:45avec les mêmes blocages.
29:46Donc, il faut vraiment trouver
29:48un équilibre
29:50qui nous permette
29:51d'être efficace.
29:52Quel qu'il soit,
29:53il faut qu'il soit fait,
29:55non pas une réforme maquillage,
29:57mais vraiment une réforme
29:59qui aille dans le sens
30:00de l'efficacité.
30:00Parce que vous avez souligné,
30:02Marie Toussaint,
30:03qu'il y a quand même des terrains
30:04où on est très mauvais.
30:06J'ai envie de dire,
30:06la commissaire Switsa
30:08qui se rend en Israël
30:09et fait une conférence de presse
30:10aux côtés du ministre
30:11des Affaires étrangères israéliens
30:12qui vient de couper tout lien
30:14avec la haute représentante,
30:16donc notre chef de la diplomatie,
30:18pour sa remarque
30:19qui n'était pas à son goût
30:21sur Israël et l'Apartheid.
30:24On a aussi reproché
30:26à la présidente de Van der Leyen,
30:28donc de la commission,
30:29d'être beaucoup trop alignée
30:31au tout début du conflit
30:32sur Israël.
30:33Et donc, les chefs d'État
30:34ont dit le contraire d'elle,
30:35etc.
30:36C'est un dossier
30:37qui fait ressortir
30:38des divisions profondes
30:39entre les États membres
30:40et qui tourne un peu
30:41à la cacophonie.
30:43Oui, puis il y a
30:43d'autres endroits du monde
30:44qui sont complètement ignorés,
30:45le Soudan, le Congo,
30:47enfin bon,
30:47on pourrait développer
30:49plus encore
30:50sur les incohérences,
30:51mais oui,
30:51et sur la question d'Israël,
30:53il y a eu des antécédents
30:54avec des commissaires eux-mêmes.
30:56Donc voilà,
30:57il y a un vrai sujet,
30:58une difficulté
30:59à avoir une voie unique.
31:00C'est pour ça
31:00que je parlais d'Ukraine
31:01comme de contre-exemple.
31:02Sur l'Ukraine,
31:03il y a eu quelque part
31:03une espèce d'accord européen
31:05qui a permis d'avancer
31:06et c'est quand il n'y a pas
31:07d'accord entre les États
31:11rien alors qu'il y a
31:12des situations
31:14particulièrement inadmissibles
31:15dans le monde
31:15et qui portent atteinte
31:17alors aux valeurs européennes,
31:19je ne parle pas de monétaires,
31:20ça peut être en ligne du compte,
31:22mais surtout aux valeurs européennes
31:23de paix, de solidarité.
31:24Il y a quelque chose
31:25qui ne tourne pas rond
31:25et dont on n'arrive pas
31:28à accoucher.
31:28Isabelle Wiesler-Limas,
31:29le service d'action extérieure,
31:30on l'a dit,
31:31c'est aussi un réseau diplomatique.
31:32On ne sait pas trop
31:33dans cette réforme
31:34ce que deviendrait ce réseau.
31:35On peut constater
31:36que l'influence européenne
31:38est plutôt en recul
31:39dans de nombreuses régions
31:41du monde.
31:41On pense notamment
31:42à l'Afrique
31:42où c'est la Chine
31:43qui gagne du terrain.
31:45Est-ce qu'il faut
31:46maintenir ce réseau,
31:47maintenir cette influence ?
31:48C'est un enjeu
31:48de cette réforme ?
31:50Maintenir l'influence,
31:51absolument.
31:52Je crois que c'est là
31:53où nous avons
31:54un réel atout
31:55et nos services
31:59qui fonctionnent
32:00vraiment comme
32:01des ambassades
32:01de l'Union européenne
32:03un peu partout
32:04dans le monde
32:05font un travail formidable.
32:07Nous faisons souvent
32:08des missions,
32:09le Parlement européen
32:10fait souvent des missions,
32:11à l'étranger,
32:12dans les pays tiers.
32:13Et je dois dire
32:14que je suis toujours
32:15en admiration
32:16par le travail
32:17fait par nos ambassadeurs
32:20de l'Union européenne.
32:21Et il ne faut surtout pas
32:22que cette influence-là
32:25diminue
32:26et qu'on touche
32:27à ce réseau.
32:28Ça, c'est ma conviction profonde.
32:30Pour terminer,
32:31quand même,
32:32notons que l'Islande
32:33a été tentée
32:34de rentrer dans l'Union européenne,
32:36de reprendre
32:36ses négociations d'adhésion
32:38parce qu'elle avait eu peur
32:39de des déclarations
32:39de Donald Trump,
32:41notamment concernant
32:42le Groenland,
32:42de l'instabilité mondiale,
32:44donc pour des raisons
32:45géopolitiques.
32:46Mais alors,
32:47pas finalement suffisamment peur
32:49puisqu'elle a voté non.
32:51On ne fait plus tellement envie.
32:52Notre diplomatie,
32:53notre bouclier,
32:54en quelque sorte,
32:55géopolitique,
32:56ne fait pas envie.
32:57Il y a une question
32:58de souveraineté
32:58et d'identité
33:00du Groenland
33:01qui entre en jeu.
33:02il y a des questions
33:03aussi économiques
33:04et écologiques.
33:05Et je pense qu'en termes
33:05diplomatiques,
33:06il faut aussi penser à ça.
33:07De la même manière
33:08qu'on pille,
33:09par exemple,
33:09les côtes sénégalaises
33:10et que ça pose
33:10des vraies questions
33:11de relations diplomatiques
33:12derrière
33:12et qu'il faudrait en sortir,
33:14on a des pêcheurs
33:16qui se sont beaucoup battus
33:18pour maintenir leurs droits
33:18face aux mastodontes
33:19de la pêche industrielle
33:21et qui ont peur
33:22des mastodontes
33:22de la pêche en Europe.
33:23Et dans ce cas-là,
33:24il faudrait aussi changer
33:25la politique de la pêche
33:26en Europe
33:26pour soutenir plus
33:27les petits pêcheurs
33:27que les gros
33:28qui pourraient venir pêcher.
33:30Un mot,
33:31Isabelle Wiesler-Lima,
33:32sur cette décision
33:33des Islandais.
33:34Ça dit quelque chose
33:35de l'influence européenne
33:36du moment ?
33:36Vous savez,
33:37le vote a été très étroit.
33:40En fait,
33:40la population est divisée.
33:41C'est presque un 50-50.
33:44C'est comme ça.
33:44C'est la démocratie.
33:45Le nom a gagné.
33:48Mais je ne pense pas
33:49qu'il y ait un vrai refus
33:50de l'Union européenne.
33:51Vous savez,
33:51je n'ai pas pu
33:52ne pas penser
33:53à la Grande-Bretagne
33:54quand j'ai vu ce vote.
33:56Aujourd'hui,
33:57le vote en Grande-Bretagne,
33:58je pense.
33:59J'imagine qu'il serait différent.
34:01Il y aurait un autre problème
34:03qui surviendrait.
34:03Il surviendrait le même problème
34:05de manière pressante
34:06pour l'Islande
34:07comme il l'a été
34:08pour le Grönland.
34:10Je suppose que le vote
34:10serait différent.
34:12Merci à vous
34:12d'avoir été
34:14sur ce plateau
34:15et bien finalement
34:16très clair
34:17sur cette diplomatie européenne
34:19un peu embrouillée
34:19quand même.
34:20Merci à tous
34:21et bonne suite de programmes
34:23sur nos chaînes.
34:23Sous-titrage Société Radio-Canada
34:26Sous-titrage Société Radio-Canada
34:33Sous-titrage Société Radio-Canada
34:34Sous-titrage Société Radio-Canada
34:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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