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Lundi, la chancelière allemande Angela Merkel et le nouveau président français, Emmanuel Macron, ont parlé de refonder l'Europe, en incluant la possibilité de changer les traités. Trois députés européens définissent leurs priorités et leur méthode. Avec Yannick Jadot (Verts-ALE), Guillaume Balas (Socialistes et Démocrates) et Patrick Le Hyaric (Gauche unitaire européenne-GVN). Débat animé par Jean-Jacques Régibier.
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00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:15Après le Brexit qui avait fait crâne un effet domineux dans toute l'Europe,
00:18après une politique chaotique sur la question des réfugiés,
00:22après aussi la montée des populismes et puis un certain nombre d'autres échecs
00:26qui ont attisé les mécontentements dans l'Europe,
00:28ont donné pas cher de l'Union Européenne,
00:30ça a été un petit peu l'actualité des derniers mois,
00:33critiqués de toutes parts, on ne voyait aucun signe qui donne l'impression
00:36que l'Europe avait l'intention de changer de cap.
00:39Alors aujourd'hui on entend de plus en plus, depuis quelques jours,
00:42on allait dire presque, parler de refondation de l'Europe,
00:46témoigné encore hier les propos qui ont été tenus entre Angela Merkel
00:49et le nouveau président de la République française Emmanuel Macron,
00:52relancer l'Europe, sur quelle base et comment,
00:55et comment adresser des messages qui soient clairs aux Européens,
00:59sachant que nous sommes à deux ans maintenant des prochaines élections européennes,
01:03c'est-à-dire que c'est bientôt.
01:04On en parle avec vous, Yannick Jadot, vous êtes député européen des Verts,
01:09Alliance Libre Europe, Guillaume Ballas, vous êtes aussi député européen,
01:13socialiste et démocrate, et Patrick Le Yarrick,
01:15de la gauche unitaire européenne, gauche verte de Nordie.
01:17Qu'est-ce que vous avez l'impression, comme ça, qu'on est en train de tourner un petit peu
01:21la page
01:22d'une Europe décriée par tout le monde ?
01:24On ne va pas dire qu'il y a un vent nouveau qui souffle sur l'Europe,
01:27mais est-ce que vous sentez une petite brise quand même se profiler, Guillaume Ballas, non ?
01:32Moi c'est un peu l'inverse.
01:33Depuis 6-8 mois, je trouve que les velléités qui avaient été celles,
01:36notamment de la Commission européenne et de Juncker au départ,
01:39de dire qu'il faut un peu réorienter l'Europe, un peu de social,
01:43faire une Europe plus proche des citoyens,
01:46c'est en train un peu de tomber, c'est-à-dire que tout ce qu'on peut lire comme
01:48texte,
01:49aujourd'hui, les décisions qui sont prises,
01:51je trouve qu'il y a une revanche au contraire des libéraux,
01:54une revanche des pro-marchés.
01:57Le livre blanc, notamment, présenté par Juncker, est quand même extrêmement vide.
02:01Il faut en reparler tout à l'heure, bien sûr.
02:02Extrêmement vide, et d'ailleurs je pense que c'est le moment de faire des contre-propositions.
02:05Et je trouve qu'on va voir, il ne faut pas faire de procès d'intention,
02:08mais hier, la paire Macron-Merkel,
02:12si l'ambiance visiblement était détendue et bonne, et c'est plutôt une bonne chose,
02:16s'inscrit quand même dans un moment où l'Allemagne a mis une pression maximale sur Macron
02:20dès le début de son élection, voire même avant son investiture.
02:23Et donc je n'ai pas bien compris encore quel était le sens de cette refonte,
02:27parce que c'est bien de prononcer ces mots, mais il faut savoir...
02:30Ça veut dire quoi ? Refondre des traités européens, pour le commun des Européens ?
02:34On se pose la question, c'est mystérieux pour l'instant, pour le moins.
02:37Absolument, c'est pour ça que je crois qu'il est très important maintenant
02:41que, notamment, tous les progressistes, les écologistes, la gauche,
02:45au Parlement européen et ailleurs, fassent des propositions ensemble.
02:48On ne peut pas être simplement dans la critique de ce qui est en train de se passer.
02:51Il est très important de donner des signes.
02:53C'est ce qu'on essaie de faire, notamment au sein du Progressive Caucus,
02:55où on va sortir une forte proposition, justement, pour contre-proposition à Juncker.
03:01Yannick Jadot, on a quand même l'impression, là, depuis très peu de temps,
03:04en réalité, que l'Europe revient un peu, quand même, au devant de la scène de l'actualité.
03:09Ce qui n'était pas le cas, ou en tous les cas, quand on en parlait,
03:11c'était dans des termes très, très mauvais.
03:13Là, on a l'impression, quand même, qu'on va parler d'Europe
03:15et que les problèmes européens vont être de nouveau dans l'actualité
03:18pour tout le monde et pour les Européens, tout simplement.
03:22Alors, l'Europe est au cœur des débats politiques de nos pays
03:26parce que, finalement, l'Europe incarne à tort ou à raison la mondialisation
03:32qui fait tomber beaucoup de repères, qui perturbe.
03:36Elle est incertaine, instable pour tout le monde.
03:38Il y a beaucoup de perdants.
03:40Il y a aussi des gagnants.
03:42Et donc, d'une certaine façon, l'Europe, le débat sur l'Europe,
03:45c'est le débat de la mondialisation pour les pays européens.
03:49Donc, à la fois, il y a toute la dernière offensive,
03:53y compris qui a abouti au Brexit,
03:55mais en même temps, quand on regarde ce qui se passe en Grande-Bretagne,
04:00le soleil se lève toujours à peu près à la même heure
04:03et ça n'a pas changé leur situation économique et sociale en mieux.
04:08Au contraire, ce qu'on voit, finalement, pour les nationalistes,
04:12c'est que le retour à une forme de souveraineté
04:16construit plus de soumission aux puissances économiques
04:19qu'une sorte de libération par rapport à ces puissances économiques.
04:24Qu'est-ce que demande le gouvernement britannique
04:25avec le soutien de l'extrême droite ?
04:27C'est du libre-échange avec l'Europe,
04:30du libre-échange avec les États-Unis.
04:32Ils veulent mettre en place du dumping fiscal
04:33pour attirer de manière scandaleuse les entreprises
04:37et ils veulent protéger la city.
04:38Donc, y compris, c'est à l'inverse de tout le discours des extrêmes-droites.
04:42Et en même temps, puisqu'il y a les élections en France,
04:46les élections en Allemagne,
04:48c'est quand même deux gros pays de l'Union européenne
04:51où le débat sur l'Europe est fondamental.
04:54Donc, on a à la fois, comme le dit Guillaume Ballas,
04:57une commission européenne qui prétend intégrer ces débats,
05:01mais pour dire à la fin, finalement,
05:04il y a le débat entre ceux qui sont pour la société ouverte,
05:07donc le libre-échange, donc la dérégulation
05:10ou les identitaristes
05:13ou ceux qui sont pour l'isolationnisme, les nationalistes.
05:17Mais en même temps, je crois qu'après le Brexit,
05:20même Angela Merkel a compris que le statu quo n'était plus tenable.
05:24Donc, le grand sujet d'aujourd'hui,
05:27c'est est-ce qu'effectivement l'élection en France
05:29et l'élection en Allemagne
05:31vont donner l'espace sur la question sociale ?
05:36On sait que c'est un enjeu absolument majeur
05:38que l'Europe soit utile du point de vue d'aujourd'hui.
05:40On va en parler en détail de ces questions.
05:42Est-ce que l'Europe va être une zone d'investissement
05:45et enfin, on va de nouveau créer des emplois utiles
05:49sur la transition énergétique ?
05:51Est-ce que l'Europe va arrêter d'être
05:52cette petite mondialisation libérale,
05:55austéritaire et technocratique
05:56que les Européens ont raison de détester,
05:58mais qui ne doit, selon moi,
06:00pas nous faire revenir sur l'ambition énorme
06:04qu'on doit avoir sur l'Europe
06:05pour peser face à Trump et à Poutine, par exemple ?
06:08Patrick Royaric, sur cette remontée un petit peu
06:11du débat européen, y compris en France,
06:15bon, on est ici dans une ambiance évidemment européenne,
06:17mais vous êtes tous les trois Français,
06:20députés européens mais Français,
06:22y compris en France,
06:22on sent que cette question de l'Europe
06:25est de nouveau encore une fois à l'ordre du jour
06:28alors que ce n'était plus vraiment le cas
06:29au cours des précédents mois,
06:31comme on disait tout à l'heure.
06:32Moi, je trouve qu'on a sorti depuis quelques semaines
06:36beaucoup la trousse à maquillage.
06:39Et une chose est de parler de l'Europe,
06:41mais ce qui est le plus important,
06:43c'est de parler des politiques européennes,
06:45des choix politiques qu'on va faire.
06:47La question n'est pas de savoir
06:49si on est pour ou contre.
06:50D'ailleurs, le mot Europe est un concept géographique.
06:54Personne n'est contre ça.
06:55Et personne n'est contre la solidarité européenne de jour,
06:58mis à part quelques souverainistes
07:00à droite, à gauche.
07:02Mais la question fondamentale qui est posée aujourd'hui,
07:07c'est de répondre aux aspirations populaires,
07:09de répondre aux défis mondiaux,
07:11aux défis de santé,
07:12aux défis de transition environnementale,
07:15aux défis d'emploi,
07:17aux défis de progrès social.
07:19Or, on s'est détourné de ce qu'il y avait de bien
07:22dans le traité de Rome,
07:24c'est-à-dire les enjeux de solidarité
07:27entre peuples, entre États,
07:29les enjeux de protection sociale,
07:31les enjeux d'harmonisation sociale.
07:33On s'est détourné de tout cela.
07:35Et donc, on devrait faire porter le débat
07:38sur les choix politiques qu'on a à faire.
07:41Et non pas sur le fait qu'au nom d'un concept
07:44un peu neutre qui s'appelle Europe,
07:46eh bien, on peut nous imposer n'importe quelle politique.
07:50Par exemple, il était bizarre
07:53qu'un commissaire européen,
07:55se rendant au bureau national du Parti socialiste,
07:59disait des choses très bien
08:00au sein du bureau national du Parti socialiste
08:03pour la gauche,
08:04mais de retour ici,
08:06disait au président de la République,
08:08mais faites attention,
08:09vous devez respecter les critères.
08:11Bon, certes, il est dans son travail,
08:13dans ses missions,
08:14mais dire cela aboutit au fait
08:18qu'on ne sort pas des politiques
08:20de restriction de crédit, etc.
08:21Alors que c'est ce qu'il faudrait faire aujourd'hui.
08:24Peut-être qu'on va avoir un peu plus de croissance,
08:26peut-être qu'on va pouvoir créer un peu plus d'emplois,
08:29peut-être qu'on pourrait donner un peu d'avenir,
08:32un peu de formation et d'avenir,
08:34de travail aux jeunes,
08:37peut-être qu'on pourrait relancer
08:38de nouvelles activités,
08:39peut-être qu'on pourrait s'engager
08:40dans un projet de transition environnementale
08:43créateur d'emplois.
08:45Donc c'est ça qu'il faudrait mettre sur la table.
08:47Et donc il faut un débat public,
08:49un débat dans les peuples.
08:51Parce que si ça reste entre nous
08:53dans les institutions,
08:55malheureusement,
08:56ça restera trop loin des gens.
08:57On n'en aura pas pris.
08:58On peut en dire deux mots d'ailleurs
09:00de ce que pensent les gens.
09:01L'Eurobaromètre,
09:01je ne sais pas si vous l'avez vu,
09:03est sorti,
09:04le dernier Eurobaromètre
09:05est sorti sur un peu
09:06l'état de l'opinion,
09:07par rapport aux questions européennes.
09:09On voit que les préoccupations des gens,
09:11c'est un, chômage,
09:12deux, environnement,
09:14c'est valable pour la France également,
09:15lutte contre le terrorisme bien sûr,
09:17et puis lutte contre l'évasion fiscale.
09:19Prenons ce premier point
09:20qui est central,
09:21et vous en parlez en filigrane,
09:23mais entrons un peu plus précisément
09:25dans cette question-là,
09:26puisque à l'intérieur d'un groupe
09:27dont vos groupes font partie,
09:29on parlait tout à l'heure
09:30de Progressive Caucus,
09:31vous en parlez,
09:32l'économie de relance et de solidarité,
09:34c'est bien de ça
09:34dont il est question à l'heure actuelle.
09:36Ça veut dire quoi concrètement ?
09:37Qu'est-ce qu'on peut dire concrètement aux gens
09:40à l'heure actuelle pour leur dire
09:41qu'il faut que l'Europe se dirige
09:43vers cette économie de relance et de solidarité
09:45dont vous parliez tous là ?
09:46D'abord, il y a un premier point,
09:48c'est que moi je considère aujourd'hui
09:50qu'il y a la concurrence
09:50entre trois forces politiques
09:52au sein de l'Europe.
09:52Il y a les nationalistes,
09:53ça a été très bien expliqué.
09:55Il y a les libéraux,
09:56aujourd'hui les forces libérales,
09:57qui sont très puissantes
09:58et qui ne sont pas du tout avachées
09:59comme on le pense,
09:59qui sont en train de gagner
10:00à peu près partout en Europe
10:01et qui d'ailleurs souvent
10:02sont plus efficaces face aux nationalistes,
10:05malheureusement on peut le constater
10:06encore en Allemagne,
10:07que la troisième composante,
10:09qui est la composante
10:09de progrès social et écologique.
10:11Et le problème,
10:12c'est que cette composante
10:13de progrès social et écologique
10:14aujourd'hui,
10:15elle est affaiblie,
10:16elle est divisée,
10:17elle est en sale état,
10:19or elle est absolument essentielle
10:20car il n'y a qu'elle
10:21qui pourra porter notamment
10:22les enjeux que vous venez
10:23là d'indiquer,
10:25c'est-à-dire de considérer
10:26que nous sommes dans une période
10:27de déflation longue
10:28et moi je pense que ça continue,
10:30conjoncturellement ça pourra
10:31peut-être aller un petit peu mieux,
10:32c'est possible, ça arrive,
10:33mais structurellement
10:33nous sommes là-dedans
10:34et donc il y a un besoin
10:35aujourd'hui d'intervention publique
10:37et de relance extrêmement puissant
10:39mais évidemment pas à l'ancienne,
10:41c'est-à-dire qu'il faut se tourner
10:42vers les activités de demain
10:44comme Yannick Jadot le disait
10:45et notamment sur la question
10:47des emplois
10:48dans la transition énergétique,
10:49dans la transition écologique
10:50de manière globale.
10:51C'est du bon sens,
10:53or aujourd'hui
10:54qu'est-ce que l'on peut constater ?
10:55C'est qu'on nous met
10:56à chaque fois
10:57des barrières la contre
10:58et il y a une bataille essentielle
10:59qui va commencer,
11:00c'est que la Commission
11:01propose une directive service
11:02qui est la libéralisation absolue
11:04de tous les services aujourd'hui
11:06qui va mettre le feu en réalité
11:10à la question européenne
11:11parce que les gens
11:12vont être extrêmement angoissés
11:14par cette directive
11:15puisqu'il n'y aura plus
11:15aucune forme de régulation
11:16notamment par les États-nations
11:18sur la question du marché intérieur.
11:19C'est la plus mauvaise des solutions.
11:21Continuer la libéralisation
11:23aujourd'hui des activités économiques,
11:25c'est tuer l'Europe.
11:26Il faut au contraire
11:27réinvestir l'idée
11:28d'une puissance publique européenne
11:30capable d'investir dans l'avenir
11:32et dans les activités nouvelles.
11:34Je crois qu'aujourd'hui,
11:35c'est essentiel.
11:36C'est le bon sens
11:36et pourtant,
11:37on voit bien qu'on a des forces
11:38très hostiles en face.
11:39Vous êtes d'accord avec ça,
11:40bien sûr ?
11:40Et que faire ?
11:41Que faire ?
11:42La Banque Centrale Européenne
11:44sort tous les mois
11:4660 milliards d'euros
11:48pour racheter des dettes
11:49sur le marché secondaire.
11:5260% de cet argent
11:54d'ailleurs va faire l'Allemagne,
11:55ce qui montre bien
11:56qu'il n'y a plus d'enjeu
11:57au niveau de cette création monétaire,
11:59il n'y a plus d'enjeu
12:00de solidarité.
12:01Mais on donne de l'argent
12:02aux banques,
12:03on rachète des dettes
12:05et finalement,
12:06ça participe
12:07d'une bulle financière
12:08et bancaire
12:08et ne finance pas l'économie.
12:10Ce qu'on avait proposé
12:11pendant l'élection présidentielle,
12:13c'est justement
12:13que ce qu'on appelle
12:14le quantitative easing,
12:16donc c'est de la création monétaire
12:20européenne,
12:21plutôt que d'aller
12:22vers du rachat de dettes,
12:24aille vers le financement
12:25direct de l'économie
12:27et là,
12:27c'est des dizaines
12:28et des dizaines
12:29de milliards d'euros,
12:30les mêmes qui existent.
12:32Il ne s'agit pas
12:32de réinventer,
12:33les mêmes qui existent
12:34qui vont vers l'économie réelle.
12:36Si on arrivait
12:37à mettre ça
12:37sur à la fois
12:38effectivement
12:39la transition énergétique,
12:40l'Europe dépense
12:42un milliard d'euros
12:43par jour
12:43vis-à-vis
12:44des pays
12:46dont on importe
12:47le pétrole et le gaz,
12:48la Russie
12:49et les pétro-monarchies
12:50du Golfe.
12:51Reconnaissons
12:51qu'on serait plus indépendant
12:53ou moins dépendant
12:53de ces pays-là,
12:54on se sentirait mieux,
12:56y compris,
12:56ça nous éviterait
12:57quelques complaisances.
12:58Mais c'est
12:59des secteurs
13:01qui sont extrêmement
13:02créateurs d'emplois
13:03sur tous les territoires
13:04parce que c'est
13:05de l'aménagement local.
13:07Le deuxième secteur
13:08important,
13:09c'est évidemment aussi
13:09l'économie numérique.
13:11On ne va pas passer
13:12d'être une colonie américaine
13:13aujourd'hui
13:14à une colonie chinoise
13:15demain.
13:15Il faut qu'on ait
13:16une puissance européenne
13:17de ce point de vue-là.
13:19Troisième secteur,
13:19la santé.
13:20Le secteur de la santé
13:22est un secteur
13:22extrêmement menaçé
13:23en Europe
13:24du fait des vieillissements
13:25de population
13:26et des vieillissements
13:27des personnels,
13:28du fait des nouveaux besoins.
13:29Là aussi,
13:30c'est extrêmement
13:31créateur d'emplois
13:32et de protection
13:33des Européennes
13:34et des Européens.
13:36Il y a le projet
13:37d'une communauté européenne
13:39des énergies renouvelables.
13:41En 1952,
13:42on avait fait
13:42la communauté européenne
13:44du charbon
13:44et de l'acier.
13:45C'était pour notre
13:46indépendance énergétique
13:47et reconstruire l'industrie.
13:49On a le même enjeu,
13:50mais sur d'autres énergies.
13:53Et puis enfin,
13:53si on investit,
13:55ça nous permet
13:56de rediscuter
13:57avec les pays
13:57d'Europe de l'Est
13:58sur la directive
13:59des travailleurs détachés
14:00pour éviter
14:01le dumping social.
14:02Ça nous permet
14:04de réconcilier
14:05le Nord
14:05et le Sud
14:06de l'Europe
14:06et qu'on arrête
14:07d'humilier
14:07les peuples du Sud
14:08autour de la régression
14:11économique
14:11et de la régression sociale.
14:13Ça nous permet
14:13de remettre
14:14de la solidarité
14:15dans nos sociétés
14:17et ça nous permet
14:18de rediscuter
14:18de la solidarité
14:19aux frontières de l'Europe.
14:21Donc,
14:21c'est vraiment...
14:22Il y a un moment,
14:23il faut que l'Europe,
14:23elle soit...
14:24Si l'Europe...
14:25Imaginez,
14:26effectivement,
14:27Macron est allé voir
14:28Merkel hier.
14:30Il a tenu
14:30le même discours
14:31qu'Hollande
14:31il y a cinq ans.
14:32Quasiment jour pour jour.
14:33C'est,
14:34on va refonder,
14:35on va faire plein de trucs,
14:36mais avant,
14:37on a bien compris
14:37qu'il fallait
14:38qu'on fasse la démonstration
14:39qu'on peut être aussi
14:41austéritaire que...
14:42Il a tenu le même discours.
14:43Imaginez qu'Hollande
14:44est tenue il y a cinq ans
14:45face à Merkel,
14:46qu'il ait dit
14:47investissement,
14:48investissement,
14:49renégociation des traités.
14:50Si l'Europe
14:50avait créé des emplois
14:52plutôt que d'en détruire
14:53ces cinq dernières années,
14:54je peux vous dire
14:55que le débat sur l'Europe
14:55aujourd'hui,
14:56ce ne serait pas le même.
14:57Donc,
14:57c'est pas...
14:58Bien sûr qu'il faudra
14:59changer à un moment
14:59les traités,
15:00mais choisir l'investissement,
15:02on peut le faire demain.
15:03Patrick,
15:04il y a une analyse
15:05que vous partagez
15:06et comment faire
15:07pour la faire avancer,
15:07on a eu.
15:08Oui, parce que là,
15:09dans ce que vient de dire
15:10Yannick,
15:11il y a quelque chose
15:11d'extrêmement important
15:12dans la rencontre
15:14qu'il y a eu hier soir
15:14parce qu'au fond,
15:16Mme Merkel,
15:16elle a dit à peu près
15:19oui en apparence
15:20à ce qu'a dit
15:21le nouveau président
15:22de la République,
15:22mais surtout,
15:24elle attend deux choses.
15:26Est-ce qu'on va respecter
15:27les règles budgétaires,
15:29c'est-à-dire les réductions
15:30de crédits publics annoncés
15:32et deuxièmement,
15:33la réforme de ce qu'ils appellent
15:34la réforme du marché du travail ?
15:36Ça, c'est la contrepartie.
15:37Mais ce sont des contreparties
15:39qui nous emmènent
15:40dans l'impasse.
15:41Par exemple,
15:42le gouvernement portugais,
15:43le gouvernement de gauche portugais,
15:46lui, il fait,
15:48dans un cadre quand même
15:49qui est contraint,
15:50il fait l'inverse de cela
15:51puisqu'il tente de sortir
15:53des politiques d'austérité
15:54et au bout du bout,
15:56ils ont une politique de relance
15:58et comme on dit parfois,
15:59de croissance,
16:00c'est-à-dire de redéploiement.
16:02Donc on voit bien
16:03que ce n'est pas le bon chemin.
16:05Et le chemin aujourd'hui,
16:08je crois,
16:09c'est d'associer les citoyens,
16:11les peuples,
16:12dans un débat
16:13sur les moyens
16:15de résoudre des contradictions
16:17auxquelles on est confronté.
16:19On sait bien
16:19qu'on n'arrivera pas
16:20le premier jour
16:21tous d'accord.
16:22On a des contradictions objectives,
16:24même entre peuples,
16:25entre citoyens.
16:26Mais par exemple,
16:27dans un cas comme Whirlpool,
16:29qui a fait beaucoup
16:31l'objet de beaucoup de débats,
16:33mais sans aborder
16:35la question de fonds.
16:36Whirlpool,
16:37bon,
16:37est une entreprise privée.
16:38On dit,
16:38on ne peut pas grand-chose
16:39dans le cadre actuel
16:40contre une entreprise privée
16:42de surcroît
16:43à capitaux nord-américains
16:44pour aller en Pologne.
16:45Mais il y a au moins
16:46des choses
16:47qu'on pourrait dire et faire.
16:49Les fonds publics
16:51dont bénéficie cette entreprise,
16:52elle doit les rembourser.
16:54Puisque non seulement
16:55pour faire fonctionner
16:55une entreprise,
16:56ils ont des fonds publics,
16:57mais ils ont des installations publiques.
17:00Il faut des routes,
17:01il faut des trains,
17:02il faut un prix de l'énergie
17:04extrêmement bas
17:05comme nous le faisons.
17:07Secondement,
17:07elle va dans une zone franche
17:08en Pologne.
17:09Eh bien,
17:10pourquoi il n'y aurait pas
17:11un débat sur le fait
17:12de savoir
17:13si dès lors qu'on va
17:14dans une zone franche
17:15et qu'on fait mourir
17:17ici un territoire
17:18et des familles entières,
17:20le différentiel d'impôt
17:22entre la zone franche
17:23et ce qui devait payer
17:25à Amiens,
17:25est-ce que ça ne doit pas
17:27revenir
17:27sur Amiens
17:28de telle sorte
17:29que cette entreprise
17:30puisse être reprise
17:31soit par les salariés eux-mêmes,
17:33soit par une autre entreprise ?
17:35Parce qu'il n'est pas vrai
17:36qu'on n'aura plus besoin
17:37d'électroménagers
17:39fabriqués en France demain.
17:41Donc,
17:41il y a bien des choses
17:42aujourd'hui
17:43à mettre sur la table
17:45qui soient un peu différentes
17:47du théâtre devant des caméras,
17:50le temps d'une campagne électorale.
17:51Il faut bien maintenant
17:52aborder les questions.
17:54Or,
17:54dans les questions,
17:56le fait qu'on ait ces distorsions,
17:58ces différentiels de concurrence
18:00énormes en matière sociale,
18:02en matière fiscale,
18:03dès lors qu'on ne fait pas
18:04l'harmonisation fiscale
18:05et l'harmonisation sociale,
18:08continuera à provoquer
18:09des problèmes comme cela.
18:11Or,
18:12pourquoi on ne discute pas,
18:13par exemple,
18:14moi,
18:14je ne demande pas
18:16d'appliquer des propositions
18:18ultra-radicales,
18:19mais au moins,
18:20mettons en débat
18:21la question
18:22d'un socle minimal
18:23d'impôt sur les sociétés
18:25pour arrêter
18:26cette concurrence ?
18:27Débattons des moyens
18:29avec un calendrier,
18:31avec un temps.
18:31On sait bien
18:32qu'on va mettre
18:32beaucoup de temps
18:33sur la progressivité
18:35des salaires
18:36dans certaines zones
18:38parce que Whirlpool
18:39ne fera pas
18:39moins de profits.
18:41C'est d'ailleurs
18:41pour en faire plus
18:42qu'elle se délocalise.
18:44Pourquoi on n'inverse
18:45pas la logique
18:46et on dit
18:46mais puisque vous allez
18:47améliorer vos profits,
18:49contribuez
18:50à l'Europe sociale
18:51en augmentant
18:52les salaires
18:52que vous payez déjà
18:54parce qu'il y a déjà
18:54des salariés Whirlpool
18:56en Pologne,
18:56bien évidemment,
18:58contribuez
18:58à augmenter
19:00petit à petit
19:00les salaires là-bas.
19:02Donc,
19:02il y a quand même
19:03des chantiers énormes
19:04mais ça nécessite
19:05ce débat public
19:06et ça nécessite
19:07que les syndicats
19:08et les associations...
19:10Est-ce que ça ne veut pas dire
19:11que la démocratisation
19:13de l'Europe
19:13mais réelle
19:15entre dans les faits
19:16et comment est-ce
19:17qu'elle peut entrer,
19:17je crois que vous l'appelez
19:18tous de vos voeux,
19:19cette démocratisation
19:21comme une des clés
19:21de toutes les questions
19:23européennes à l'heure actuelle
19:24et non pas simplement
19:25comme un élément
19:27en plus
19:27par rapport
19:28au fonctionnement
19:29de l'Europe
19:29mais comme un élément
19:30de base,
19:31un élément clé,
19:32démocratisation de l'Europe,
19:33du débat européen.
19:34Comment y arriver ?
19:36Est-ce que c'est
19:36un de vos objectifs ?
19:37Moi, je suis frappé
19:38quand même par une chose,
19:38je vais répondre
19:39à votre question
19:39mais sur le fait
19:40que sur les contenus
19:41aujourd'hui,
19:42il y a des contradictions
19:43et Patrick Le Yaric
19:44a raison,
19:45entre nations,
19:45parfois entre sensibilité
19:46politique
19:47y compris progressiste.
19:48Néanmoins,
19:49moi, je suis frappé
19:49du fait que
19:50oui, c'est vrai,
19:52mais je suis quand même
19:53frappé du fait
19:53que tout ce qu'on a dit là,
19:55nous le partageons.
19:55C'est-à-dire qu'il y a
19:57un programme
20:00qui n'est pas si minimum
20:01que ça,
20:02qui peut aujourd'hui
20:03réunir très largement
20:04non seulement
20:04les progressistes français
20:06mais au-delà.
20:07Moi, j'en suis absolument
20:08convaincu.
20:09Simplement,
20:09la force de mener
20:10ce débat...
20:10On va essayer déjà
20:11avec les progressistes français,
20:12non ?
20:12Oui, on va essayer,
20:13mais ça serait intéressant.
20:14On ne dévie pas.
20:15On ne dévie pas.
20:16Ça serait intéressant,
20:17je tiens.
20:17Ça serait intéressant,
20:18je tiens,
20:18mais je pense que ça passe
20:19aussi justement
20:20par des actions européennes.
20:21Les deux sont liés.
20:22On ne peut pas séparer
20:23en réalité les deux
20:25parce que si nous ne sommes
20:26pas rassemblés et unis
20:28par rapport aux deux forces
20:29que j'évoquais tout à l'heure,
20:30c'est-à-dire les forces
20:30nationalistes
20:31et les forces du marché libéral
20:33et leur incarnation politique,
20:34alors nous ne savons pas
20:36résister
20:37et nous sommes donc
20:37envoyés à nos contradictions.
20:39D'où, évidemment,
20:40la question de la démocratie
20:41que nous devons porter.
20:42Nous, il n'y a que nous
20:43qui la porterons en réalité.
20:44Les libéraux n'ont pas
20:45réellement besoin de démocratie,
20:46j'allais dire,
20:48aujourd'hui,
20:48de représentation des peuples.
20:50Alors après,
20:50il y a des débats.
20:51C'est vrai qu'on a porté
20:52avec Yannick pendant la campagne
20:54le fait qu'avoir
20:56une démocratisation aujourd'hui
20:57de la zone euro
20:57puisque la monnaie
20:58aujourd'hui a été
20:59un transfert partagé
21:00mais qu'il n'y a pas
21:01de maîtrise des peuples
21:02sur les politiques publiques
21:03qui accompagnent cette monnaie.
21:04Quand il y a des politiques publiques,
21:06ce qu'il disait tout à l'heure
21:06sur le quantitative easing
21:07qui est aujourd'hui,
21:09j'allais dire,
21:10complètement indépendant
21:11de ce que veulent les peuples
21:12en réalité
21:13puisque c'est des choix autonomes
21:14faits par la Banque centrale européenne
21:15avec l'accord des gouvernements.
21:18Eh bien, c'est vrai
21:18qu'une assemblée parlementaire
21:19par exemple de la zone euro,
21:20après on peut discuter
21:21de sa composition,
21:22de son rôle,
21:23mais par exemple
21:23sur la fiscalité,
21:25sur l'impôt sur les sociétés,
21:27elle pourrait être extrêmement utile.
21:28Eh bien là, on voit
21:29qu'il peut y avoir des convergences
21:30qui sont des convergences utiles.
21:32Il y a d'autres sujets
21:37sur lesquels la démocratisation
21:38peut fortement avancer
21:40et d'ailleurs,
21:41y compris la Cour européenne de justice
21:43nous donne raison.
21:44On s'est battus tous
21:45pour faire une grande pétition européenne
21:48contre le TAFTA,
21:49l'initiative citoyenne européenne.
21:51On s'était battus
21:52pour que les citoyens
21:53aient cette capacité d'interpellation
21:55des institutions européennes
21:57pour les obliger à prendre en compte
21:58des sujets
21:58qu'elles ne voudraient pas forcément.
22:00La Commission avait rejeté
22:01d'un revers de main
22:02les...
22:03à l'époque,
22:04quand ça avait été rejeté,
22:04il y avait déjà 3 millions de signatures.
22:06Eh bien la Cour européenne de justice
22:08vient de contester
22:09la volonté de la Commission européenne
22:12de négocier des traités
22:13sans les citoyens
22:14parce qu'elle sait bien
22:15qu'elle le fait souvent
22:16contre les citoyens.
22:19Deuxième décision
22:19de la Cour de justice,
22:21y compris la qui va
22:21contre la Commission européenne,
22:23elle pensait que
22:25ces accords de libre-échange
22:26avec le Canada
22:27ou avec les États-Unis,
22:28CETA, TAFTA,
22:30devaient se faire
22:31dans les processus
22:32de ratification
22:33sans les parlements nationaux.
22:35Pourtant,
22:36on sait à quel point
22:36ces accords de libre-échange
22:37ont un impact énorme
22:39sur notre souveraineté démocratique,
22:41y compris à l'échelle nationale.
22:43Eh bien là encore,
22:44la Commission européenne
22:45vient de perdre
22:46contre la Cour européenne
22:48de justice.
22:49Donc on a...
22:50Il y a aussi
22:51un espace
22:52à occuper
22:53et il y a aussi
22:54l'espace
22:54du Parlement européen.
22:56La réalité,
22:57c'est que
22:57souvent,
22:58le Parlement européen
22:59et tous les trois
23:00autour de la table,
23:01nous le regrettons,
23:02n'assument pas
23:02ses responsabilités.
23:04Quand le budget européen
23:06sur certains sujets
23:07est profondément réduit,
23:10le Parlement européen
23:11pourrait rejeter.
23:12Il y a plein de sujets
23:13sur lesquels
23:13le Parlement européen
23:14n'est pas obligé
23:15de s'aligner
23:16sur la grande coalition
23:17des sociolibéraux
23:19et des chrétiens démocrates.
23:20Donc c'est aussi
23:22la responsabilité
23:23du Parlement européen
23:24d'assumer
23:25son rôle
23:26de contre-pouvoir
23:28et de défense
23:29de l'intérêt
23:30général européen.
23:32Donc il y a
23:32aussi des espaces
23:34qu'on pourrait mieux
23:34occuper,
23:36mais à un moment donné,
23:37si vous voulez,
23:38quelle que soit
23:38la démocratisation
23:40des politiques,
23:41à un moment donné,
23:43s'ils sont des élus
23:43qui mettent en place
23:45des politiques
23:46que moi,
23:47je conteste,
23:48s'ils ont la majorité
23:49dans les élections,
23:50c'est aussi
23:51la démocratie
23:52qui s'exprime.
23:52Je peux le regretter.
23:53Mais si on me dit
23:56que les peuples européens
23:56ne sont pas contents
23:57des politiques libérales
23:58et austéritaires,
23:59il va falloir
24:00à un moment donné aussi
24:01qu'on s'explique
24:02avec les citoyens européens
24:03pourquoi ils votent
24:03pour des gouvernements
24:04qui imposent ces politiques.
24:06C'est aussi notre capacité
24:07à convaincre
24:08les citoyens européens
24:09que l'Europe
24:10peut être
24:11un beau projet
24:12de civilisation,
24:13un beau projet
24:13de mobilité
24:14pour les jeunes
24:15et les moins jeunes,
24:16un projet
24:16de solidarité,
24:18un projet
24:19des droits humains,
24:19un projet de la protection
24:20de l'environnement
24:21et que jusqu'à maintenant,
24:23malheureusement,
24:23ce que nous représentons
24:25comme idée,
24:26reconnaissons-le aussi,
24:26est minoritaire
24:27dans ce Parlement européen.
24:29Patrick Leyari,
24:30qu'est-ce qu'on disait
24:31tout à l'heure,
24:32deux ans élections européennes,
24:33donc c'est bientôt
24:34sur quoi vous allez
24:36les uns et les autres
24:37accrocher
24:37pour convaincre
24:39les électeurs,
24:40justement ?
24:41Moi, je ne suis pas
24:42en permanence
24:43dans les élections.
24:44Je ne raisonne pas
24:45du tout comme ça.
24:46Je crois qu'il faut
24:47raisonner du point de vue
24:48de l'intérêt
24:51immédiat des gens,
24:52c'est-à-dire
24:52que pouvons-nous régler
24:54immédiatement
24:55pour améliorer
24:56un temps soit peu
24:57leur sort ?
24:58Ça, c'est une question
25:01extrêmement importante.
25:02C'est ce qui mordent en plus.
25:03Moi, je verrais bien
25:05un système,
25:05alors c'est peut-être
25:06compliqué à faire,
25:07mais moi,
25:08je verrais bien
25:09un système
25:09où on pourrait
25:11lancer
25:13à plusieurs peut-être,
25:15en associant
25:15des associations,
25:17des syndicats,
25:18des organisations
25:19non gouvernementales
25:20qui sont dans l'action
25:21sur une série de questions,
25:23notamment le libre-échange,
25:26pour leur dire
25:29écrivons ensemble
25:30un autre projet,
25:32voire commençons
25:33à écrire ensemble
25:35un brouillon de traités.
25:37On a deux ans
25:39pour le faire
25:40et quel chemin
25:42on prend
25:43pour une Europe solidaire,
25:44une Europe sociale,
25:45une Europe environnementale,
25:46une Europe féministe,
25:48une Europe antiraciste,
25:49en quelque sorte
25:50une Europe
25:50qui porterait
25:51l'humanisme
25:52et le progrès.
25:53Moi,
25:53je verrais bien
25:54un processus
25:56comme ça
25:56qu'on lancerait
25:57dans chaque pays européen,
25:59en commençant,
26:00je crois,
26:00par le niveau
26:01peut-être pas
26:02des collectivités,
26:03mais au moins
26:04le niveau régional,
26:06puis faire après
26:07des États généraux nationaux
26:09pour aboutir
26:10à des États généraux
26:11de la refondation
26:13progressiste
26:13et démocratique européenne.
26:15Alors,
26:15juste un mot
26:16pour terminer.
26:17On l'a dit,
26:17vous êtes tous
26:19les uns les autres,
26:20bien sûr,
26:20députés européens,
26:21mais vous avez tous
26:21été impliqués
26:23et vous continuez
26:23à l'être,
26:24bien sûr,
26:24dans les deux élections,
26:25la présidentielle
26:26et les législatives.
26:27Est-ce que
26:28ce que vous envoyez
26:30en se tenter,
26:31c'est-à-dire
26:31après les résultats
26:32de la présidentielle
26:33et avant
26:34les législatives,
26:35est-ce que
26:36quelle réflexion
26:38ce qui vient
26:38de se passer
26:39en France
26:39vous a apporté,
26:41qu'est-ce que ça
26:42a nourri chez vous
26:42comme réflexion
26:43sur la situation
26:44de l'Europe
26:44en général ?
26:45Est-ce qu'il y a eu
26:46des choses
26:48qui vous ont fait
26:48un peu bouger,
26:49qui vous ont fait
26:50penser un peu
26:50les choses différemment
26:51ou quelques mots
26:51simplement ?
26:52Moi,
26:52je crois qu'il y a
26:54une très grande peur
26:55notamment,
26:55je vais parler
26:56un petit peu cash,
26:57mais des milieux
26:58dirigeants européens
26:59qui,
27:00devant la poussée
27:01nationaliste,
27:01se réinventent.
27:02Et je pense que
27:03ce qui se passe en France
27:04notamment avec
27:05Emmanuel Macron,
27:05à qui je ne jette pas
27:06la pierre
27:06et qui a des qualités,
27:07en tout cas,
27:07il faudra qu'il en fasse
27:08la démonstration,
27:09c'est qu'il incarne
27:10cela,
27:11c'est-à-dire un rajeunissement
27:12aujourd'hui,
27:13une nouvelle formule
27:14pour qu'un peu
27:15ça continue comme avant.
27:17Et donc,
27:17la question qui se pose
27:19à la gauche,
27:20aux écologistes,
27:22c'est de savoir
27:23comment y répondre
27:24et il est certain
27:25que moi,
27:25je suis persuadé
27:26aujourd'hui
27:26qu'en termes programmatiques,
27:27on a plein de choses
27:28en commun
27:28qui peuvent nous y amener,
27:30simplement,
27:30il faut construire.
27:31Et donc,
27:32il va falloir,
27:34notamment dans la perspective
27:34de ces deux ans
27:35pour arriver jusqu'aux élections
27:37européennes,
27:38savoir franchir les frontières,
27:39franchir les frontières
27:40nationales,
27:41est-ce qu'on est capable
27:42de discuter avec d'autres
27:43dans d'autres pays
27:44pour construire
27:45notamment peut-être
27:46des listes communes,
27:46enfin voir comment on fait,
27:47et franchir les frontières
27:48entre nous qui existent,
27:50de tradition,
27:51de sensibilité,
27:52pour voir si nous sommes
27:53en capacité de se rassembler.
27:54Ce n'est pas pour survivre nous,
27:55parce que ça,
27:56ça n'intéresse personne,
27:57mais c'est vraiment
27:57au profit aujourd'hui
27:58des populations
27:58qu'il faut se poser la question.
27:59– Éric Jadot.
28:01– Le second tour
28:03de l'élection en France,
28:04on peut se réjouir
28:05que Marine Le Pen
28:07soit sous 40%,
28:09parce que c'était un nom
28:10dans ce qu'on lui donnait.
28:11Imaginez 40%
28:12de l'extrême droite
28:13en Allemagne,
28:13ce serait un choc
28:17démocratique,
28:17public,
28:18à l'échelle mondiale.
28:19Mais c'est en France
28:20et ça ne veut pas dire moins.
28:23Donc elle est à 35%,
28:24tant mieux,
28:25les Français ont marqué,
28:27mais elle fait quand même
28:28deux fois plus de voix
28:29qu'en 2002,
28:29que son père a fait en 2002.
28:31donc de toute façon,
28:33si on ne répond pas
28:34aux défis du moment,
28:36le chômage,
28:37les inégalités,
28:38la précarité,
28:40les défis environnementaux,
28:41la santé,
28:42qui sont là pour demain,
28:44mais qui sont déjà là aujourd'hui,
28:45dont on souffre déjà aujourd'hui.
28:47Si on ne répond pas
28:49à un besoin
28:51d'un projet de civilisation,
28:53pas dans un relativisme
28:56de civilisation,
28:57de dire,
28:57c'est quoi une civilisation ?
28:59C'est ce que disait Patrick tout à l'heure.
29:00C'est autour de l'humanisme,
29:01autour de la solidarité,
29:03autour du respect de la diversité,
29:05autour de la lutte contre le racisme,
29:06autour des droits humains,
29:07autour de l'État de droit
29:08et de la démocratie.
29:09Si on n'est pas capable,
29:11dans ce moment-là,
29:12de répondre à ça,
29:14il ne faut pas se raconter d'histoire.
29:16Dans le schéma libéral,
29:18les inclus, les gagnants
29:19seront de moins en moins nombreux,
29:21les perdants de la mondialisation
29:23et les perdus de l'Union européenne
29:25seront de plus en plus nombreux,
29:26donc la bascule,
29:27elle va se faire.
29:28Donc, soit on est en capacité,
29:30et l'Europe est un outil indispensable
29:32pour sortir des crises,
29:34soit on est en capacité
29:35de produire de l'emploi
29:36qui a du sens,
29:37de produire de la solidarité
29:38entre les territoires
29:39et de reproduire
29:42du plaisir avec l'autre
29:44plutôt que du rejet
29:45ou de la haine.
29:46Et c'est comme ça
29:47qu'on battra tous les replis,
29:49les communautaristes
29:50et les identitaristes.
29:52Sinon, ça va être le bazar.
29:54Donc, convainquons.
29:56Convainquons,
29:57mais ce n'est pas dans deux ans,
29:58ce n'est pas pour la prochaine élection européenne,
29:59c'est demain,
30:00c'est aujourd'hui et demain.
30:01– Patrick Voyary,
30:02juste par rapport à cette question nationale,
30:05disons bilan,
30:07et la manière dont vos réflexions
30:10sur ce qui vient de se passer en France
30:11et ce qui va se passer
30:13dans les semaines qui vont venir,
30:15et la situation européenne,
30:18comment ça...
30:19ces deux choses-là ont marché ensemble.
30:21Vous avez réfléchi à ces questions-là ?
30:23– Moi, ce que je crains,
30:25c'est que nous avons quand même
30:26un président de la République
30:27et dans le gouvernement
30:28qui est en train de se former.
30:31La tendance, c'est quand même
30:33de continuer à pousser notre pays
30:38dans ce chemin entamé
30:40depuis maintenant quelques années,
30:41c'est-à-dire de nous conformer
30:43au canon européiste au sens politique,
30:48c'est-à-dire au sens du libéralisme européiste.
30:53Premièrement.
30:53Deuxièmement,
30:54il y a un très mauvais calcul,
30:55je crois, qui se fait.
30:57À force de ne pas respecter la diversité,
31:00à force de croire
31:01que c'est les systèmes de grande coalition
31:04qui vont nous emmener
31:07dans un hypothétique havre apaisant
31:12on va provoquer le pire.
31:15Parce que quand il y a
31:18des grandes coalitions,
31:20on empêche la diversité de s'exprimer
31:24et on empêche la confrontation
31:26et l'altérité,
31:28le mélange d'idées,
31:30le mélange d'opinions.
31:32Et chez nous,
31:33c'est ce qui va se passer.
31:34Et ça va se passer
31:37avec ce risque quand même grave.
31:40Nous, nous avons,
31:41participé activement
31:43à battre l'extrême droite
31:45pour le second tour
31:46de l'élection présidentielle.
31:48Mais il y a un mauvais goût
31:50quand même qui reste.
31:51C'est que les gens,
31:53au bout du bout,
31:54ils disent
31:54« mais on a été privés
31:56d'un débat contradictoire »
31:57parce que dès le début,
31:58on leur a dit
31:59« elle est tellement haute
32:00qu'on a dit à des électrices
32:02et des électeurs
32:03votez pour celui-là
32:04parce que vous empêcherez
32:07un second tour
32:08entre M. Fillon
32:09et Marine Le Pen,
32:10ce qui était le pire pour eux. »
32:11Et au second tour,
32:12donc, des électeurs de gauche
32:13ont été dès le premier tour,
32:14barré ça.
32:15Et au second tour,
32:16on a dû faire
32:17une nouvelle fois
32:18la même chose.
32:19Mais au bout du périple,
32:22contrairement à ce qu'on dit,
32:23on crée les conditions
32:24pour faire monter
32:25les forces populistes
32:27qui, eux,
32:28agissent comme un filet
32:29qui ramasse toutes les colères
32:32et emmèneront ces colères
32:33dans une impasse mortifère.
32:35Et donc, moi,
32:36je crois que ce qui est
32:37en train de se jouer là
32:38du point de vue
32:38du pluralisme politique,
32:40de la diversité,
32:41dire « on est tous d'accord
32:42et toute chose est égale par ailleurs »
32:44n'est pas du tout
32:45une bonne chose.
32:46Et c'est pour cela
32:47que les forces progressistes,
32:49les forces de l'écologie,
32:50l'écologie politique,
32:51les forces socialistes,
32:53les forces communistes,
32:56les syndicalistes,
32:57tout le mouvement associatif
32:59et ceux de la création culturelle
33:00doivent se retrouver
33:04pour discuter de cela.
33:05Je ne leur dis pas
33:06qu'on doit être d'accord,
33:07mais au moins qu'on discute de cela
33:09et voir comment on affronte
33:11ce problème.
33:12Parce que malheureusement,
33:15Guillaume a dit tout à l'heure,
33:17c'est une immense lessiveuse
33:19qui est à l'ouvrage
33:20parce que le ni-ni,
33:23le ni-droite-ni-gauche,
33:24le et-droite-et-gauche,
33:26ça ne modifie pas
33:27les structures de la société,
33:28ça ne modifie pas
33:29les structures de domination
33:30et d'exploitation.
33:31Au contraire,
33:33ça crée les conditions
33:34pour les faire accepter.
33:35Mais quand les gens
33:36seront encore demain
33:37plus dos au mur
33:39et quand il n'y aura pas
33:40de perspective à gauche
33:41parce qu'on aura tout détruit
33:42autour de soi,
33:43eh bien ce sera encore
33:44plus difficile
33:46et les gens seront encore
33:47plus en difficulté.
33:48Merci à vous,
33:49merci beaucoup
33:50d'avoir pris sur votre temps.
33:52Merci à vous
33:52qui nous avez suivis.
33:53Au revoir,
33:54à bientôt,
33:54on va voir.
34:05Au revoir,
34:06à bientôt.
34:06Au revoir.