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  • il y a 1 jour
À un an des élections européennes, comment réagir à gauche face à un courant qui depuis plusieurs mois donne systématiquement la majorité à des partis conservateurs et eurosceptiques. Analyse et propositions avec les eurodéputé.e.s Michèle Rivasi (Verts-ALE), Virginie Rozière (S et D) et Patrick Le Hyaric (GUE-GVN). Débat animé par Jean-Jacques Régibier.

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00:00...
00:11Bonjour et bienvenue dans ce débat depuis le Parlement européen de Strasbourg.
00:15À un an des élections européennes, comment intéresser un peu tout le monde,
00:19et les électeurs spécialement évidemment au débat européen ?
00:22Nous avons eu plusieurs élections en Europe au cours des derniers mois
00:26qui montrent que cette question est assez urgente finalement
00:29et qu'elle va se poser forcément à tous les groupes, à tous les politiques,
00:33à tous les candidats, à tous les députés aussi, et spécialement à gauche.
00:38Je vous propose d'en parler.
00:40Michel Rivasi, vous êtes députée européenne vers Alliance Libre Europe.
00:43Virginie Rosière, bonjour à vous tous et toutes.
00:46Virginie Rosière, vous êtes députée socialiste et démocrate.
00:49Et Patrick Le Yaric, vous êtes députée gauche unitaire européenne, gauche verte nordique.
00:55Alors, bon, on ne va peut-être pas se faire mal, mais on va quand même rappeler quelques constats rapidement,
01:00si vous le voulez bien, sur les élections des derniers mois en Europe,
01:04qui ne sont pas les élections européennes, mais enfin, en tous les cas, on en reparlera tout à l'heure,
01:08où l'Europe a tout de même eu sa place dans les débats électoraux.
01:12Allemagne, c'était en septembre, c'était il y a six mois.
01:16Apparition, donc, d'un groupe quand même eurocob, pour la première fois,
01:20qui entre pour la première fois au Bundestag.
01:22L'Autriche, même chose, droite et extrême droite dans une campagne qui est marquée beaucoup,
01:28nous dit-on, par le rejet de l'immigration.
01:32Tchéquie, c'était en octobre, pareil, mais octobre 2017, donc il y a quelques mois également,
01:39un parti conservateur, pas très pro-européen.
01:43Slovénie, il n'y a pas longtemps, parti de droite en tête dans une élection
01:47dont l'enjeu a porté essentiellement aussi sur la crise migratoire.
01:50On ne va pas parler du Brexit, mais tout de même.
01:53Et puis l'Italie, l'Italie en mars, avec la victoire tout de même de 5 étoiles
01:58et de la Ligue, ex-Ligue du Nord, qui sont des partis eurosceptiques, voire xénophobes.
02:03D'extrême droite.
02:04Voilà, d'extrême droite, l'un des faits d'armes les plus immédiats,
02:08les plus récents qui est dans l'actualité.
02:10C'est la décision qui a été prise par le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini,
02:14d'interdire les ports italiens à ce navire d'Aquarius humanitaire chargé de 629 migrants.
02:22J'allais dire, comment...
02:24Parlons peut-être de l'Italie, tout simplement.
02:26Comment est-ce que vous analysez, en gros, sans rentrer dans le détail, bien sûr,
02:30de ces différents votes, mais ils font tout de même relativement groupe, j'allais dire.
02:34Ils sont récents.
02:36C'est des éléments sur lesquels on peut s'appuyer,
02:38les résultats sur lesquels on peut s'appuyer pour tenter de comprendre
02:41ce qui se passe aujourd'hui dans l'électorat européen.
02:44Comment est-ce que vous analysez un peu ces résultats,
02:46peut-être aussi spécialement par rapport au dernier qui concerne l'Italie, Michel Rivasi ?
02:51Eh bien, moi, je vais peut-être vous surprendre,
02:53mais les élections italiennes, pour moi, c'est une conséquence
02:56d'une non-politique européenne sur les migrants.
03:00Parce qu'on a laissé l'Italie toute seule, avec la Grèce, un peu l'Espagne,
03:05en disant, bon, eh bien, voilà, les premiers arrivants resteront en Italie.
03:09Les Dublinais, c'est là où ils vont demander l'asile.
03:12Et il y a eu plus de 700 000 migrants en Italie,
03:16avec une population qui voyait tous ces gens partout.
03:23Moi, je suis allée visiter, j'étais à Lampedusa,
03:26donc j'ai bien vu les problèmes qui se posaient.
03:27Il y a les hotspots, il y avait ces camps de réfugiés.
03:30Eh bien, les gens, ils ont voté, justement,
03:34ne nous laissons pas tout seuls, partageons.
03:37Et vous voyez que l'Europe n'a pas partagé,
03:40parce que les États n'ont pas voulu jouer la solidarité,
03:44accepter des quotas.
03:45Mais pour moi, c'est une des conséquences.
03:47Ce n'est pas le rejet de l'Europe,
03:49c'est le rejet de la politique européenne sur les migrants.
03:52Eh bien, ça, c'est une conséquence.
03:53Par contre, le Mouvement 5 étoiles,
03:54il travaille avec nous, au Parlement européen.
03:57C'est des gens, des fois, qui ont des positions très écolo,
03:59qui votent avec les écologistes.
04:01Mais sur les migrants, ça a été quelque chose qui a été terrible,
04:05parce qu'on les a laissés quand même tout seuls.
04:08Et une conséquence, c'est qu'ils se disent,
04:11les gens qui veulent trouver des solutions, c'est eux.
04:14Sauf que c'est l'extrême droite pour Salvini,
04:16et que ça, c'est catastrophique.
04:18Parce que ce n'est pas que...
04:20Si c'était que le problème des migrants en disant,
04:22voilà, on va vous provoquer pour ne pas accepter,
04:24par exemple, ce bateau qui transporte plus de 600 de réfugiés,
04:29mais c'est un parti xénophobe.
04:31Et on sait que l'Italie, quand on regarde le foot,
04:35ils ont eu des positions très racistes.
04:37Et ça, ça conforte là-dedans.
04:39C'est ça qui est dangereux.
04:41Voilà.
04:41Pour moi, c'est une des premières conséquences.
04:42On va reparler de cette question,
04:43parce que malgré tout se pose la question,
04:46on va en reparler tout à l'heure un peu plus en détail,
04:48de la raison pour laquelle,
04:50dans toutes les élections,
04:51pratiquement dans toutes celles dont on est en train de parler,
04:53les plus récentes qui étaient les élections législatives,
04:55qui ne mettaient pas directement l'Europe en cause,
04:58encore qu'il est toujours question de l'Europe,
05:01finalement, cette question des migrants arrive en tête,
05:03j'allais dire, des préoccupations.
05:05La campagne s'impose sur des thèmes comme ceux-là.
05:07Je vous propose d'en reparler tout à l'heure,
05:09Virginie Rosière,
05:10votre réaction un petit peu par rapport à ça,
05:12ces derniers résultats des élections en Europe,
05:14qui doivent quand même nous interpeller,
05:16compte tenu du fait que les élections européennes ont lieu bientôt.
05:18En fait, je pense que c'est...
05:21On va se dégager, effectivement,
05:23une réaction xénophobe, raciste,
05:25dans plusieurs scrutins, malheureusement,
05:27en Autriche, en Italie, au travers du résultat de la Ligue.
05:30Mais je pense qu'il faut voir que tout ça est aussi combiné
05:32à une période de crise économique et d'austérité
05:36dans laquelle on a fortement réduit les services publics,
05:41les mécanismes de solidarité dans les différents pays européens
05:44et où on a difficilement,
05:46en tout cas, on n'a pas suffisamment remis en place
05:48de la solidarité européenne.
05:50Donc vous avez des citoyens qui se retrouvent fragilisés
05:53dans ce qui les sécurise dans leur quotidien
05:55et qui, en même temps, voient que les gouvernements
05:59se retrouvent en face de populations nouvellement arrivées
06:02qui sont facilement désignées comme les responsables,
06:04les boucs émissaires.
06:05On sait que c'est des ressorts qui marchent très bien.
06:07C'est des ressorts qui ont été massivement utilisés
06:08au moment du Brexit aussi.
06:10Mais en fait, ça permet de détourner l'attention aussi
06:12des vraies causes.
06:13Et du coup, ça, quelque part, précipite la disqualification
06:18ou le discrédit des mouvements politiques qui étaient en place.
06:20Et on a à la fois une volonté de protection
06:23qui peut être facilement détournée dans un rejet des migrants
06:28et, en même temps, une volonté de rompre avec des politiques
06:31qui n'ont pas amené suffisamment de sécurisation,
06:34suffisamment de solidarité et qui, en plus,
06:36étaient vécues comme un déclassement
06:38et un accroissement des inégalités.
06:41Et du coup, une volonté de rompre
06:42avec les anciens mouvements politiques.
06:44Donc, sur les prochaines élections,
06:47la difficulté, ça va être d'arriver à faire vivre
06:49sur les enjeux européens, en montrant que
06:51les problèmes existent peut-être parce que l'Union européenne
06:53tarde à trouver les solutions,
06:55comme sur la question de l'accueil des migrants,
06:56mais que la solution viendra aussi par l'Europe.
06:59On va y revenir, bien sûr.
07:00Patrick Luiaric, votre évaluation de cette situation
07:04des dernières élections en Europe,
07:05est-ce qu'il y a un repli nationaliste,
07:08disons-le clairement ?
07:09Comment vous voyez les choses exactement ?
07:11Il y a sûrement une demande de respect par les peuples
07:17de leurs choix, de leurs aspirations,
07:22ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
07:23Ce qui se passe est le révélateur d'une crise assez profonde,
07:26c'est-à-dire, d'une part, quand les peuples ont été consultés,
07:30jamais ça n'a été respecté.
07:34Secondement, avec la crise financière de 2008,
07:38ce qui a été imposé partout,
07:40ça a été des politiques d'austérité,
07:42parfois très violentes,
07:44notamment dans les pays du Sud,
07:47en Italie notamment,
07:49parce que quand M. Berlusconi a refusé
07:52un petit peu un certain nombre d'injonctions
07:54venues de la Commission européenne,
07:56il s'est fait débarquer.
07:58Quand l'Italie a voulu mettre en place,
08:01sous M. Renzi,
08:02un plan qu'on a appelé
08:05Notre Mastrom,
08:07ils ont été rembarrés,
08:08on leur a dit à la place,
08:09vous aurez le développement de Frontex,
08:12c'est-à-dire, on n'a même pas respecté là,
08:14pour le coup, le gouvernement.
08:17Donc, ces choix-là,
08:18ajoutés au fait que
08:20l'Italie, la Grèce, Malte,
08:23un petit peu l'Espagne,
08:24ont porté le fardeau de l'entrée,
08:28non seulement ils portent le fardeau
08:30total de l'entrée des exilés,
08:33mais en plus de ça,
08:34quand un pays ne veut pas de ses exilés,
08:37on les ramène au pays en question,
08:41alors qu'en France,
08:43alors qu'on se réclame
08:44de beaucoup de belles valeurs,
08:46on a accueilli très peu de réfugiés,
08:50très peu d'exilés,
08:52et donc tout ceci a concentré
08:54une multitude de problèmes
08:55et de rejets.
08:58L'Italie n'est pas un pays
09:00qui, traditionnellement,
09:02refusait la construction européenne.
09:04C'était le pays qui...
09:05Pas plus que l'Eutriche, d'ailleurs.
09:06Donc, c'est le révélateur
09:07d'une multitude de crises
09:10comme ça qui s'enchevêtent,
09:11qui s'entremêlent,
09:13et surtout un manque de vision
09:15des dirigeants européens.
09:16Les dirigeants européens,
09:17ce sont quand même ceux
09:20qui pourraient,
09:21le plus et le mieux,
09:23d'une part, faire de la pédagogie
09:24et d'autre part,
09:26anticiper l'entrelacement
09:28des crises dans lesquelles nous sommes.
09:29Et ils ne le font pas.
09:31Alors, Michel Rivasi,
09:32comment est-ce que vous allez faire ?
09:34Est-ce que vous avez envie
09:36d'inverser la tendance, tout simplement ?
09:37Oui.
09:38Est-ce que vous avez envie
09:38de faire qu'on passe à autre chose
09:41que cette situation
09:42un peu défensive,
09:43un peu négative,
09:45sur laquelle vous vous trouvez,
09:46notamment élu de gauche,
09:48dans cette situation,
09:49face effectivement
09:50à ce qui semble être
09:51quand même, à l'heure actuelle,
09:52une tendance en Europe
09:53à chaque fois qu'il y a des élections ?
09:54Comment faire pour renverser la tendance ?
09:57Sachant qu'on entend bien
09:57ce que vous dites les uns les autres,
09:58mais pour l'instant,
10:00il semblerait que les électeurs
10:01ne l'entendent pas plus que ça.
10:02Mais ils ne l'entendent pas
10:03parce qu'ils se sentent méprisés.
10:08Quand vous voyez
10:09que l'Europe proposait
10:11une prospérité
10:12pour tout le monde,
10:13vous voyez,
10:14une protection sociale,
10:16sanitaire,
10:17sur le bifosate,
10:18la commission en pesticides,
10:19là on en parle beaucoup,
10:21ils pensaient
10:22que l'Europe
10:22serait l'avenir.
10:23Et là,
10:24ils ne voient
10:24que les aspects négatifs.
10:27Pourquoi ?
10:28Parce qu'on a joué
10:28le libéralisme
10:29à tout prix.
10:30Et ça,
10:31si vous voulez,
10:32moi je suis très pro-européenne
10:34puisqu'on voit
10:34que la migration,
10:36c'est qu'au niveau de l'Europe
10:37qu'on pourra le résoudre.
10:38Quand on voit
10:38la protection sanitaire,
10:40c'est qu'au niveau de l'Europe
10:41qu'on pourra le résoudre.
10:42On le voit bien
10:42sur la pollution de l'air,
10:43la pollution de l'eau,
10:44etc.
10:45Donc,
10:45nous,
10:46il faut qu'on ait
10:47une démarche pro-européenne
10:49mais en remettant en question
10:51ce libéralisme forcené,
10:53cette mondialisation
10:54qui ne va
10:55qu'augmenter
10:56la compétitivité,
10:57mais la compétitivité,
10:58ça profite à qui ?
11:00C'est toujours
11:00le moins-disant,
11:01c'est-à-dire
11:02qu'il faut diminuer
11:03les salaires,
11:03c'est-à-dire
11:04que les conditions de travail
11:05vont se dégrader,
11:06etc.
11:07pour qu'il y ait
11:07plus de rentabilité
11:08mais pour une minorité.
11:10Et ça,
11:10c'est un peu
11:11l'optique Macron.
11:13Macron,
11:14lui,
11:14c'est déréglementation,
11:15il faut déréglementer.
11:17On est pour,
11:18il dit,
11:19une Europe de protection,
11:20mais une protection
11:21pour les lobbies,
11:22oui,
11:22ça c'est vrai,
11:23une protection pour les lobbies,
11:24pour une minorité.
11:25Et puis,
11:26de l'autre côté,
11:26on a des gens qui disent
11:27« Ah non,
11:28mais cette Europe-là,
11:29on n'en veut pas,
11:29etc. »
11:30Et on tombe dans le populisme
11:31et le nationalisme.
11:33Donc nous,
11:33c'est la troisième fois.
11:34C'est le résultat
11:34le plus visible pour l'instant.
11:36C'est parce que les gens,
11:38vous savez,
11:38quand ils sont méprisés
11:39par une élite,
11:41ils se disent
11:41« Comment essayer
11:43de faire entendre notre voix ? »
11:44Eh bien,
11:44on essaie de la faire entendre
11:46par des extrêmes.
11:47Et ça,
11:48en Italie,
11:49c'est exactement ça
11:50parce que,
11:51historiquement,
11:51l'Italie était très pro-européenne.
11:53Puis quand on voit
11:54la situation des gens,
11:55eh bien,
11:55leur retraite diminue,
11:57c'est très difficile
11:58pour les jeunes
11:58d'avoir un boulot.
12:00Vous voyez bien
12:00que les entreprises,
12:01elles délocalisent,
12:02vous voyez,
12:03pour diminuer.
12:03On l'a vu aussi
12:04sur les travailleurs détachés.
12:05Donc,
12:05les gens se disent
12:06« Mais ce n'est pas ça
12:07notre avenir pour le futur. »
12:09Mais nous,
12:10en tant qu'écologiste,
12:11moi,
12:11j'y crois énormément,
12:12l'Europe.
12:13Je vois bien tous les sujets.
12:14C'est qu'il faut une harmonisation
12:16sur le plan européen,
12:16mais par le haut.
12:18Et donc,
12:18il faut réenchanter l'Europe.
12:20Mais il faut leur dire
12:21que cette Europe libérale
12:22à la Macron
12:22ou cette Europe
12:25forteresse,
12:25où on va clôturer,
12:28où on va construire
12:29des murs,
12:29tout ça,
12:30ce n'est pas l'avenir
12:31parce que ça va conduire
12:32à une guerre commerciale,
12:33à une guerre,
12:34peut-être même physique
12:36au niveau des gens.
12:37Donc,
12:37voilà.
12:38Moi,
12:38je suis vraiment
12:39pour un discours
12:40en disant
12:41« Transformons l'Europe ».
12:42Mais pour ça,
12:43il faut qu'ils nous entendent
12:44parce que si on n'a pas
12:45une majorité au Parlement,
12:47vous voyez,
12:47pour cette Europe
12:48de transformation,
12:49on n'aura pas
12:50un président
12:50de la Commission européenne
12:51qui sera issu
12:52de cette mouvance-là.
12:53Si on a encore
12:54les conservateurs,
12:55comme on a
12:56à l'heure actuelle,
12:56eh bien,
12:57ils sont pour
12:58« Laissez-nous faire,
12:59on est une minorité,
13:01on a l'argent,
13:02on sait penser pour vous,
13:03ce mépris,
13:05ce nini ».
13:06Et alors là,
13:07vous voyez,
13:07il y a déjà
13:08un arc-alpin
13:08qui est en train
13:09de bouger
13:10sur le nationalisme.
13:11Là,
13:11ça va être pire
13:12parce que ça va être
13:13un refus de l'Europe
13:14de l'ensemble des peuples.
13:15Donc là,
13:16on a une ouverture
13:17à faire,
13:18tous ensemble,
13:19parce qu'on est quand même
13:20sur des points communs,
13:22mais il faut réenchanter
13:23cette Europe,
13:24il faut vraiment
13:25se bagarrer
13:26pour qu'au Parlement,
13:27il y ait une majorité
13:28vraiment progressiste
13:29qui remette en question
13:30ce modèle hyper-libéral.
13:31– Virginie Rozière,
13:33l'Europe,
13:33oui,
13:34l'Europe,
13:34mais pas celle-là.
13:36C'est ce que vous allez
13:37essayer de faire passer,
13:38ça ne va pas être si simple.
13:39– Ça va être toute la difficulté
13:39de cette campagne des européennes
13:41où on voit bien
13:41qu'on a un intérêt réciproque,
13:43bien compris d'ailleurs,
13:44entre ceux qui vous disent
13:45« L'Europe ne va pas,
13:46il ne faut plus d'Europe,
13:47il faut la détruire,
13:47il faut la supprimer ».
13:48Et puis ceux qui vous disent
13:49« Si vous êtes pour l'Europe,
13:51vous êtes pour l'Europe
13:51telle qu'elle est aujourd'hui
13:52et vous êtes pour l'Europe
13:53que moi je continue,
13:55je perpétue »,
13:55qui est la position,
13:56effectivement,
13:56comme le disait Michel
13:57de Macron.
13:59Il se fait le champion
14:01des pro-européens,
14:02très bien,
14:02mais pour quel projet européen ?
14:04Celui qui est aujourd'hui,
14:06moi j'aimerais bien savoir,
14:06par exemple,
14:07à la fin du mois,
14:08quelle va être la position
14:09de la France
14:10sur justement
14:11l'accueil des réfugiés.
14:12Le Parlement européen,
14:14ici, on a dit
14:14« On ne peut pas continuer
14:15à faire peser
14:16la responsabilité
14:17de l'accueil
14:18sur les pays d'entrée,
14:20donc sur l'Italie
14:20et la Grèce. »
14:21Ça dure ce débat en plus,
14:22ça dure depuis longtemps.
14:23C'est insupportable,
14:24on ne peut pas laisser ça
14:25comme ça,
14:26on a besoin
14:26de mettre de la solidarité
14:29dans cette responsabilité
14:30humanitaire
14:30qui est la nôtre,
14:31d'accueillir les réfugiés
14:32qui viennent en Europe.
14:33Et ceux qui vous disent
14:34« On va fermer les frontières
14:35et il n'arrivera plus personne »
14:36sont des monteurs.
14:37Les mouvements de population
14:38font partie
14:39de l'histoire de l'humanité,
14:40font partie de l'histoire de l'Europe,
14:42on peut faire tout ce qu'on veut,
14:43mais de toute façon,
14:44ça fait partie des choses
14:45avec lesquelles nous devons faire.
14:47Et après tout,
14:48500 millions d'Européens,
14:49on peut bien accueillir
14:50aujourd'hui les réfugiés
14:51qui arrivent sur notre sol,
14:52d'autres pays
14:53plus proches des zones de crise,
14:55on prenne une part
14:56beaucoup plus importante.
14:57Donc on en est tout à fait capable,
14:59simplement c'est une question
15:00de volonté politique
15:00pour mettre des moyens décents,
15:02pour les accueillir
15:03de manière décente
15:03et pour faire en sorte justement
15:04que les troubles à l'ordre public
15:06tels qu'on peut en voir
15:07quand on a des camps
15:10qui s'inscèlent,
15:10qui s'inscèlent
15:11de manière totalement,
15:14quand on a des conditions terribles,
15:16soit qu'on ne se produise pas,
15:18qu'on mette à l'abri correctement
15:19les réfugiés.
15:20Mais moi je voudrais savoir
15:22ce que dit la France,
15:23est-ce qu'elle dit
15:23qu'il faut effectivement
15:24partager la responsabilité,
15:27mettre en place de la solidarité
15:28dans cette responsabilité
15:29ou est-ce que,
15:29comme on en a l'impression,
15:31elle dit,
15:31on va faire ça uniquement
15:33de manière dérogatoire,
15:35mais la règle reste
15:36que les réfugiés
15:38résident dans le pays
15:39où ils sont entrés
15:39dans l'Union européenne.
15:40Parce que pour l'instant,
15:41la position de la France,
15:42c'est ça.
15:43Donc moi je voudrais
15:44qu'on y voit clair,
15:45parce que c'est facile
15:45de dire que c'est
15:46le droit international
15:48et le droit européen
15:48et que la solution
15:49doit être européenne,
15:50mais que fait la France
15:50pour mettre en place
15:51une solution européenne ?
15:52De la même manière,
15:53sur le budget européen,
15:54parce que si on veut
15:55mettre en place
15:55justement de la solidarité européenne
15:57et des moyens communs
15:58pour accueillir,
15:58il faut qu'on ait
15:59un budget européen.
16:03paradoxalement,
16:03le projet de budget
16:04pluriannuel
16:05qui a été présenté
16:06pour mettre en place
16:06des vraies politiques européennes,
16:08pour faire en quelque sorte
16:09ce que les gouvernements disent,
16:12le cadre financier pluriannuel
16:14est un budget en diminution
16:15qui nous a été présenté.
16:17Et on est là
16:17dans toute la contradiction
16:18des États membres
16:19et là encore une fois,
16:20le gouvernement français
16:21ne fait pas exception,
16:22qui demande beaucoup
16:23à l'Union européenne,
16:24mais lui donne encore moins
16:25pour faire ce qu'il lui demande.
16:26Donc moi aussi,
16:27je voudrais savoir
16:27quelle va être demain
16:28la position française
16:29sur le budget européen.
16:31Est-ce qu'on sera prêt
16:31à y mettre correctement
16:32les moyens ?
16:33Vous êtes d'accord avec ça,
16:34Patrick Lugary,
16:34que la politique européenne
16:36et la politique nationale,
16:37ça va forcément un peu,
16:39parlons de la campagne française là,
16:41ça va forcément un peu
16:42être à l'ordre du jour ?
16:43Il y a forcément
16:45une imbrication
16:45puisque souvent,
16:47on décline
16:48des choix européens
16:50dans le droit national,
16:51mais autour de la table
16:52au Conseil européen,
16:54il y a le chef
16:55de l'État français
16:56qui pèse quand même
16:58beaucoup.
17:00Et donc,
17:01ce qu'il montre
17:03comme exemple
17:03là-dessus,
17:05notamment avec la dernière loi
17:06Asile et Immigration,
17:09va totalement
17:10à l'encontre précisément
17:12des valeurs
17:12qu'on prétend défendre.
17:15Et c'est ce qui explique
17:16d'ailleurs
17:17que pendant que
17:18les Italiens refusent
17:19l'Aquarius,
17:20la France regarde
17:21ses chaussures
17:22parce qu'ils ne veulent pas
17:24rentrer dans ce débat,
17:25parce que dès lors
17:25qu'ils rentreraient
17:26dans ce débat,
17:27il serait mis à nu
17:29un certain nombre
17:29de problèmes
17:30dont cette question.
17:34Le pays d'accueil
17:35supporte tout le poids
17:36et nous-mêmes,
17:37nous ramenons
17:39des gens en Italie
17:39et d'ailleurs,
17:40on les empêche
17:41de rentrer,
17:41notamment dans les Alpes.
17:42Bien sûr.
17:43On pénalise
17:44ceux qui le font.
17:44Juste, je voulais...
17:45Michel Révisy.
17:46Je suis allée à Menton
17:47à 6h30 du matin
17:49voir ce qui se passait
17:50à Menton
17:51à la police aux frontières.
17:52Eh bien,
17:53on avait tous
17:55les migrants
17:55qui venaient d'Italie
17:57ont noté leur nom,
17:58etc.
17:59Et hop,
17:59ils repartaient
18:00dans l'autre sens
18:01en disant
18:01on applique
18:02la réglementation
18:02du plat.
18:03Ils ont eu leur empreinte,
18:04etc.
18:04Rentrez de vous arriver.
18:05Et sur les mineurs,
18:06c'est scandaleux
18:07ce qu'on fait en France.
18:08Sur les mineurs,
18:09ils modifient
18:10la date de naissance
18:12pour qu'ils soient
18:12considérés comme adultes
18:13et pas mineurs
18:14parce qu'au niveau
18:15des mineurs,
18:16on a une réglementation
18:17française qui dit
18:17qu'il faut qu'ils soient
18:19accueillis dans des foyers,
18:19etc.
18:21La France a été condamnée
18:22à plusieurs reprises.
18:23Et elle a été condamnée
18:24et le préfet a été condamné
18:25quatre fois là-dessus
18:26parce que c'était
18:27une responsabilité
18:28du département.
18:29Donc,
18:30manque de solidarité
18:31et puis,
18:32l'enjeu aussi,
18:34c'est le dérèglement
18:35climatique.
18:36Vous ne pouvez pas dire
18:37à l'heure actuelle,
18:38on veut être
18:39et on voit M. Macron
18:40en disant
18:40le combat contre le climat
18:42c'est la priorité.
18:43On voit qu'on finance
18:44les énergies fossiles.
18:46On voit qu'il y a
18:46de plus en plus de gens
18:47qui ne peuvent pas vivre
18:48en Afrique
18:48parce que c'est la sécheresse,
18:50etc.
18:51C'est pour ça qu'on pourra même,
18:52vous allez mettre des murs,
18:53vous allez mettre des fils
18:54de fer barbelés,
18:55les gens passeront.
18:56Et,
18:57moi je reviens du Kenya.
18:59Kenya,
18:59un camp,
19:00400 000 personnes
19:01à Dada.
19:02il y a des gens
19:03qui sont du Sud-Soudan,
19:05qui sont d'Erythrée,
19:06ils sont accueillis
19:07maintenant en Ouganda.
19:08En Ouganda,
19:08on leur dit
19:09on vous donne une terre
19:10et vous pouvez construire
19:11votre maison.
19:11Ça fait un boom économique.
19:13Donc,
19:14ça veut dire
19:14qu'il faut arrêter
19:15de penser
19:16que le migrant
19:17c'est l'étranger,
19:18vous voyez,
19:18c'est le terroriste
19:19comme dit
19:20le Front National.
19:21Le migrant,
19:22ça peut apporter
19:23mais seulement,
19:23il faut que ça soit
19:25régulé,
19:25il faut que ça soit pensé,
19:26il faut qu'on fasse
19:27de la formation,
19:28de l'intégration
19:29et ça,
19:30c'est ça l'avenir.
19:31On ne pourra plus,
19:32moi je trouve que
19:33ce qui manque
19:33et c'est ce que tu dis,
19:35on a des gouvernements
19:36qui voient à court terme.
19:38Si on veut diriger
19:39l'Europe,
19:40il faut voir à long terme
19:41et le problème,
19:42que ça soit
19:42de la migration,
19:43du dérèglement climatique,
19:44de la protection
19:45de la santé,
19:46c'est l'avenir.
19:47Donc,
19:47il faut se projeter
19:48et si on le fait,
19:50les gens suivent.
19:51Par contre,
19:51si on leur dit
19:52l'étranger,
19:53c'est le méchant,
19:54alors eux-mêmes,
19:55déjà qu'ils sont anxieux
19:56et inquiets pour l'avenir,
19:58eh bien,
19:58ils le prennent comme tel,
19:59c'est le bouc émissaire.
20:00Virginie Rosière,
20:01tout ce qu'on dit là,
20:01d'accord,
20:02mais comment on fait
20:03pour imposer
20:04des thèmes de campagne ?
20:05Parce qu'on s'aperçoit
20:06que tout ce qu'on dit là
20:09ne s'impose pas,
20:10clairement,
20:11dans les élections
20:13précédentes,
20:14comme les thèmes
20:14où chacun va pouvoir,
20:16j'allais dire,
20:16loyalement,
20:17présenter ses arguments.
20:18Ce n'est pas
20:19ce qui se profile.
20:20On s'est aperçu
20:21dans les grandes élections
20:22auxquelles on faisait référence
20:23il y a quelques mille,
20:23y compris les élections
20:24au Royaume-Uni,
20:25qu'en réalité,
20:26à un moment donné,
20:26un thème s'impose
20:27qui peut paraître
20:28totalement marginal.
20:29Souvent, effectivement,
20:30les questions
20:30qui touchent sur
20:32l'avenue des étrangers
20:32ou l'avenue des réfugiés,
20:33des migrants, etc.,
20:35qui ne sont pas forcément
20:36le thème central
20:37et fondamental
20:37parce que,
20:38rappelons-le quand même,
20:39l'Europe n'accueille pas
20:40des masses de réfugiés
20:41et tout le monde le sait.
20:42Dans des proportions
20:43bien moindres
20:43que les pays du Moyen-Orient,
20:45par exemple,
20:46en Afrique.
20:46Donc,
20:47comment est-ce que vous
20:48maîtrisez
20:48ces thèmes de campagne ?
20:50Comment vous allez
20:50vous y prendre
20:51pour essayer de le faire ?
20:52Essayer de faire
20:54que finalement,
20:54ces thèmes ne vous soient
20:55pas imposés
20:56d'une manière
20:57un peu passive
20:58et que vous soyez obligés
20:59de vous engager
21:00sur des chemins
21:00qui ne sont pas
21:01forcément les vôtres.
21:02D'une part,
21:02ces thèmes-là,
21:03il ne faut pas en avoir peur.
21:04Oui, oui, voilà.
21:05On les prend pour le corps.
21:06Et surtout,
21:07il faut porter
21:07des propositions claires.
21:09C'est-à-dire,
21:09on ne peut pas être
21:09dans le double discours
21:10en disant d'un côté
21:11oui, on est humaniste
21:12et de l'autre,
21:12en faisant le contraire.
21:13Donc, portons des propositions
21:15en conformité avec nos valeurs
21:16mais je pense que c'est
21:16ce qu'on fait tous
21:17ici autour de la table
21:18et soyons clairs
21:19sur notre discours.
21:21Moi, j'ai l'impression aussi
21:22qu'on a des dirigeants politiques
21:23qui du coup se disent
21:24il faut suivre l'opinion
21:25donc ils reprennent
21:26les mots du Front National
21:29aujourd'hui.
21:29Moi, je suis choquée
21:30de voir dans le vocabulaire
21:32du gouvernement
21:33une rhétorique
21:34qui était celle
21:35du Front National
21:35et qui l'est toujours
21:36mais qui était
21:38critiquée comme étant
21:38celle du Front National
21:39il y a quelques années.
21:40Mais donc,
21:40imposons aussi
21:41nos propres thèmes.
21:42Simplement,
21:42ceux d'une Europe
21:44qui met en place
21:46une véritable solidarité
21:47en disant que
21:48si on veut obtenir
21:50la protection
21:50sur notre santé
21:52si on veut
21:54maintenir
21:54la capacité
21:55à avoir accès
21:56par exemple
21:57à une alimentation saine
21:58à ne pas s'empoisonner
21:58quand nous mangeons
22:00à avoir des conditions
22:01de travail
22:02qui soient correctes
22:04qui soient respectueuses
22:05de la dignité humaine
22:06c'est des choses
22:07qu'on ne pourra imposer
22:08à l'échelle du monde
22:09que de manière
22:11coordonnée
22:12au plan européen
22:13mais ça veut dire
22:14dégager une majorité politique
22:15qui porte ce projet européen là.
22:16Aujourd'hui ce projet
22:17il est minoritaire
22:18c'est pour ça
22:18qu'on a tant de difficultés
22:19même si à force de combat
22:21on arrive
22:21à avoir quelques avancées
22:23mais elles sont insuffisantes
22:24et elles sont trop lentes
22:25si on veut accélérer
22:26le mouvement
22:27effectivement
22:27il faut donner
22:29à ce projet là
22:30les moyens d'exister
22:31mais encore une fois
22:32si on veut
22:34être audible
22:35je pense qu'on a intérêt
22:36à se rassembler
22:37entre ceux qui portent
22:38malgré
22:39en dépit de nos nuances
22:41qui portent
22:42un projet
22:43au fond
22:44de même nature
22:44qui est un projet
22:45de solidarité
22:45un projet respectueux
22:46de la nature
22:47de l'environnement
22:47et de l'humain
22:48et ce sera le défi
22:49pour nous
22:50parce que
22:51moi je vois venir aussi
22:53sur l'après 2019
22:55on l'imagine tous
22:57une montée potentielle
22:58de l'extrême droite
22:59parce qu'arrêtons
23:00de les appeler des europhobes
23:01ce sont des gens
23:02d'extrême droite
23:03et une droite
23:04conservatrice
23:05qui le devient
23:05de plus en plus
23:06qui s'éloigne beaucoup
23:07de la démocratie chrétienne
23:08pour devenir une droite
23:09extrêmement dure
23:10et demain
23:12je ne suis pas sûre
23:13que le compromis
23:14qui se dégage
23:15se fera
23:15entre les représentants
23:16pro-européens
23:17mais pro-européens
23:19pour une Europe sociale
23:20et écologique
23:21et puis
23:21les représentants
23:22d'une Europe libérale
23:24et dérégulatrice
23:25mais peut-être
23:25entre des conservateurs
23:27et l'extrême droite
23:28et si on va empêcher ça
23:29on doit aussi
23:31arriver à convaincre
23:32les électeurs
23:32de nous permettre
23:33de faire contrepoids
23:34et de porter ce projet
23:34alternatif
23:35vous l'avez dit
23:35ce sera difficile
23:37mais je pense que
23:38comme dans beaucoup
23:38de cas c'est l'union
23:40qui fait la force
23:41c'est pour ça que moi
23:41j'appelle vraiment
23:42au rassemblement
23:43de toutes les forces
23:44pro-européennes de gauche
23:45pour porter un projet commun
23:46Se rassembler
23:47Patrick Luyaric
23:48vous êtes d'accord avec ça
23:49et j'allais dire
23:49on fait comment
23:50une fois qu'on a dit ça ?
23:52Il faut d'abord
23:54une volonté
23:55puis ensuite
23:56il faut peut-être
23:58que les électrices
23:58et les électeurs
23:59des différentes forces politiques
24:01de gauche
24:02et de l'écologie
24:04parlent
24:05se fassent entendre
24:06parce que
24:09dans le cas
24:09des élections européennes
24:11le débat
24:12ne peut pas être
24:14celui de savoir
24:15quels seront
24:16les 10 premiers
24:16sur la liste
24:17ou les 4 premiers
24:18sur la liste
24:19ça a son importance
24:20certes
24:21mais du point de vue
24:22de l'intérêt général
24:23ça n'a pas
24:23beaucoup d'importance
24:24or quand on est
24:26dans une situation
24:26comme celle-ci
24:28de montée
24:29de force
24:30de droite
24:31extrémisée
24:32et d'extrême droite
24:33il y a quand même
24:35péril en la demeure
24:38dans certains cauchemars
24:40on peut penser
24:40qu'ici
24:41jusqu'au milieu
24:42de l'hémicycle
24:43ça peut être
24:44demain
24:45de l'extrême droite
24:46et une autre partie
24:48de la droite
24:49et après
24:49les forces de gauche
24:50de l'ensemble
24:51de l'Union européenne
24:52quelles qu'elles soient
24:53peuvent se trouver
24:55évidemment
24:55et peuvent se reclasser
24:57entre elles
24:58c'est un jeu
25:00qui ne sert pas
25:02les peuples
25:02s'il n'y a pas
25:04la diversité
25:05de la gauche
25:05bien plus forte
25:07qu'elle n'est aujourd'hui
25:08et bien
25:08il y a du mouron
25:09à se faire
25:11pour les droits humains
25:12les droits sociaux
25:13pour l'environnement
25:14on voit bien
25:15déjà aujourd'hui
25:16dans le rapport
25:17de force
25:17tel qu'il existe
25:18on voit bien
25:19qui est à l'oeuvre
25:20qui tire les ficelles
25:21par derrière
25:22quand on a réglé
25:23un problème
25:23je reviens au glyphosate
25:24quand on a réglé
25:25une question
25:26comme celle-là
25:27et bien
25:27tout de suite après
25:28on essaye de passer
25:29l'éponge sur le tableau
25:31et les gouvernements
25:32nationaux
25:33essayent de s'en arranger
25:34etc.
25:34parce qu'il y a
25:35une pression forte
25:36des millions économiques
25:37et donc
25:38ça pose la question
25:39pour intéresser les gens
25:42quel contenu
25:43de la construction européenne
25:44c'est
25:45quels intérêts
25:46elle sert
25:47et elle protège quoi
25:48on ne peut pas nous dire
25:49qu'elle protège
25:49quand les gens
25:50ils se sentent
25:51de plus en plus fragilisés
25:52quand on signe
25:53on n'a jamais signé
25:54d'autant de traités
25:55de libre-échange
25:56c'est les portes
25:57et les fenêtres ouvertes
25:58est-ce que c'est
25:59on dit
25:59maintenant on a inventé
26:01ce mot pilier social
26:02de l'Europe
26:02mais en France
26:04on ne
26:04qui peut défendre
26:06un pilier social
26:07alors qu'on détruit
26:08le socle social
26:11que nous avions
26:11les droits sociaux
26:13que nous avions
26:14et on peut comme ça
26:15multiplier les exemples
26:16donc si on n'a pas
26:18une Europe
26:18qui se met clairement
26:20au service
26:21du monde du travail
26:23des retraités
26:24au service d'un autre
26:25avenir pour la jeunesse
26:26il y a quand même
26:28beaucoup d'inquiétudes
26:29à avoir
26:30et je crois
26:30qu'il faudrait
26:31un débat
26:32autour de ça
26:33Périllon Ladmer
26:33Michel Rivasi
26:34quel est le scénario
26:36que vous faites
26:36vous quand même
26:37bien sûr
26:38vous y pensez
26:39des résultats
26:40de ce que pourrait être
26:41ce panorama
26:42après les élections européennes
26:43dans un angle
26:44comment voyez les choses
26:45on ne vous demande pas
26:47de faire des pronostics
26:47mais voir comment
26:49sur la base
26:50de ce que vous analysez
26:51moi j'entends rassembler
26:55j'y crois pas
26:57j'y crois pas
26:58parce que je trouve
26:59que ces élections européennes
27:01les gens doivent avoir
27:02le choix
27:03de plusieurs projets
27:05il y a plein de choses
27:06qui nous rassemblent
27:07ici
27:08et que ensuite
27:09il va falloir changer
27:11la majorité
27:12de ce parlement
27:12il va falloir changer
27:13la majorité
27:14de la commission
27:14mais il faut laisser
27:16le choix aux gens
27:17par rapport
27:18à des axes prioritaires
27:20de chacun d'entre nous
27:22et on a
27:23vous voyez
27:24c'est vrai que moi
27:25je pense
27:25pour moi
27:26c'est l'écologie politique
27:27qui est capitale
27:28et que dans l'écologie politique
27:30bien sûr
27:30qu'on y met la migration
27:31bien sûr
27:32qu'on y met la solidarité
27:33bien sûr
27:33qu'on met l'harmonisation
27:35fiscale
27:35sociale
27:36etc
27:36mais vous voyez
27:37c'est
27:38tout doit être
27:40décliné
27:41en fonction
27:41de qu'est-ce qu'on veut
27:43sur le bien-être
27:44des gens
27:45et la sauvegarde
27:46de la planète
27:48la démocratie sociale
27:49vous voyez bien
27:51qu'elle
27:51elle sait pas où elle est
27:53alors d'un coup
27:54elle était très sur le social
27:55après sur le libéral
27:56maintenant elle est très
27:57sur le libéral
27:58et d'ailleurs
27:59on voit comment elle recule
28:00parce qu'elle apporte
28:01pas ce que les gens pensent
28:02donc moi
28:02d'un point de vue stratégique
28:04je pense que
28:05il peut y avoir
28:06plusieurs
28:08parties
28:08ou des parties
28:09qui se rassemblent
28:10mais il faut quand même
28:11qu'il y ait un éventail
28:12parce qu'il faut faire
28:13voter les gens
28:14voyez moi
28:15ma hantise
28:15c'est que de plus en plus
28:16de gens
28:17ne font plus confiance
28:18aux politiques
28:18et disent
28:19à quoi ça sert
28:20de voter
28:20on va plus voter
28:22donc ceux-là
28:22il faut les remobiliser
28:23et donc il faut
28:24qu'il y ait une diversité
28:25qu'ensuite
28:26au niveau
28:27quand on va être réélu
28:29qu'on se dise
28:30voilà
28:31là il faut s'unir
28:32parce que
28:32il y a l'enjeu
28:33du président de la commission
28:34il y a l'enjeu
28:35si vous voulez
28:36au niveau de
28:37et bien si
28:38parce que de la majorité
28:39des pays
28:40après
28:40on a à l'heure actuelle
28:42des chefs de gouvernement
28:43qui suivent
28:44si vous voulez
28:45les sondages
28:46ce qui est fait
28:47dans les autres pays
28:48et qui vont
28:49dans le sens
28:50de l'isolement
28:52du fait
28:53du nationalisme
28:54etc
28:55si on a
28:56on a des petits
28:57chefs d'état
28:58on a des petits seigneurs
28:59qui ne voient pas
29:01si vous voulez
29:01cette vision
29:02et ce chapeau global
29:03de comment s'en sortir
29:04tous ensemble
29:05voilà
29:05c'est pour ça que
29:06moi je ne suis pas
29:07pour le rassemblement
29:08de la gauche
29:10je trouve que
29:11les élections européennes
29:12c'est des élections
29:13à la proportionnelle
29:14absolue
29:14et que là
29:16il faut tenir des discours
29:17quitte à avoir
29:18des choses communes
29:19mais c'est pour ça
29:19qu'on est ensemble ici
29:20mais on risque du coup
29:22peut-être quand même
29:22d'avoir un éparpillement
29:24à gauche
29:25tout simplement
29:26c'est à dire
29:27est-ce qu'un groupe
29:29lui-même
29:29puisse les écologistes
29:31qui s'en sortent
29:32toujours bien
29:33j'allais dire
29:33les élections européennes
29:34parce qu'ils sont
29:35clairement identifiés
29:36etc
29:36est-ce que ça va suffire
29:37mais le problème
29:40des élections européennes
29:41n'est pas trop
29:43l'éparpillement
29:44c'est le problème
29:45c'est que l'électorat
29:46qui aurait le plus intérêt
29:48à aller voter
29:48ne va pas voter
29:50et nous tous ici
29:51plus ceux qui ne sont pas là
29:52on fait tous
29:53tout mouillé quand même
29:55on fait 25 à 26%
29:57des voix
29:57voilà
29:58donc plus on ira diviser
30:00plus on va dégoûter
30:02des gens
30:03des gens qui disent
30:03mais on n'a pas une force
30:05et ça dans chacun
30:07des créneaux
30:07et malheureusement
30:09ce que je dis
30:10n'est pas une bonne chose
30:11mais malheureusement
30:11si la force écologiste
30:13recule de trop
30:14si la force
30:15qui était anciennement
30:16le front de gauche
30:17recule de trop
30:18si les forces
30:19de la social-démocratie
30:21voire du social-libéral
30:22reculent de trop
30:24on va se trouver
30:25dans une situation
30:25extrêmement difficile
30:26et on ne va pas
30:28mobiliser les électrices
30:29et les électeurs
30:29et oui mais je ne suis pas sûre
30:30que 1 plus 100
30:311 plus 100 égale 3
30:32c'est pour ça que
30:34ça peut être moins
30:35ça peut être plus
30:36on peut créer une dynamique
30:37et bien moi je me suis née
30:38à Valence
30:38un exemple concret
30:40on était partis ensemble
30:41on a fait moins
30:42que quand on est partis séparés
30:43on a fusionné après
30:44où ?
30:45à Valence
30:46oui mais ça dépend
30:47chaque situation est
30:48à quoi ?
30:50mais là
30:51oui mais c'est autre chose
30:53c'était le même discours
30:53non c'était le même discours
30:54rassemble-nous pour faire plus
30:57ici à Chibarim
30:58ils ont gagné dans l'autre sens
30:59ça dépend de la dynamique
31:00que tu arrives à créer
31:01là la difficulté
31:03elle est effectivement
31:04que tout ça soit
31:05c'est la question
31:06de l'offre politique
31:07pour nos concitoyens
31:08et d'arriver aussi
31:09à montrer l'utilité
31:11du Parlement
31:12mais ça c'est ce qu'on fait
31:12quand on se retrouve ici
31:14mais c'est quelque chose
31:14qui fait défaut
31:16moi j'entends tellement souvent
31:18le Parlement
31:18mais où après tout
31:19vous n'avez pas beaucoup de pouvoir
31:20vous ne savez pas grand chose
31:21alors que ce n'est pas vrai
31:22on arrive à force de bataille
31:23à force de combat politique
31:25dans cette assemblée
31:26à faire bouger les lignes
31:27on l'a fait
31:28sur la lutte contre l'évasion fiscale
31:29le chantier est en cours
31:31il n'est pas achevé
31:32mais on a quand même fait plus
31:33c'est les états qui bloquent
31:34oui bien sûr
31:34c'est les états qui bloquent
31:35c'est le Parlement qui pousse
31:36et on a fait plus en 4 ans
31:37que tout ce qu'il y avait pu se faire
31:39pendant les 10 années précédentes
31:40sur la protection des lanceurs d'alerte
31:41j'espère qu'on va arriver
31:42à avoir un texte
31:42avant la fin du mandat
31:43on a pu faire barrage aussi
31:45encore une fois
31:45en rassemblant
31:46toutes les forces de gauche
31:48à une tentative de dérégulation
31:49du marché des services
31:50avec le retour du premier polonais
31:51on a fait échec
31:52à cette proposition
31:52et on a réussi
31:53à sauver l'Union Européenne
31:55d'un nouveau coup
31:56dans le dumping social
31:57donc quand on se mobilise
31:58dans ce Parlement
31:59on arrive à changer
31:59la cour des choses
32:00et c'est ça qu'il faut arriver
32:01à faire participer
32:01à nos électeurs
32:02c'est que nous pouvons porter
32:04des propositions
32:05qui auront un effet
32:06sur le résultat
32:07il nous reste
32:07on a essayé de le faire
32:08pendant 4 ans
32:09il nous reste un an
32:11on dit les états blocs
32:13en vérité
32:14c'est pas l'État
32:15c'est le gouvernement
32:17le chef de l'État
32:18si en France
32:19on est dans la situation
32:20que disent les sondages
32:21aujourd'hui
32:22le parti du président
32:23de la République
32:25le parti de l'extrême droite
32:27et ensuite
32:28le parti républicain
32:30vous voyez bien
32:31que ça laisse
32:32les mains libres
32:33à notre président
32:33de la République
32:34à la table du Conseil
32:35si nous sommes capables
32:37de renverser ça
32:38et de créer les conditions
32:40d'une gauche
32:40aux alentours de 50%
32:41on n'est plus
32:42dans le même scénario
32:44or on n'en est pas là
32:45aujourd'hui
32:46loin de là
32:47non à ce que non
32:47voilà
32:47oui mais là
32:48ça c'est pas des élections
32:49européennes
32:50là tu parles du national
32:51voilà
32:51on
32:52on
32:52mais si
32:53ce sont des élections
32:54européennes
32:54parce que
32:54vous venez de dire
32:56c'est les états
32:56qui bloquent
32:57notre chef d'état
32:58il n'ira pas
33:00au Conseil européen
33:01avec un
33:02par exemple
33:02vous parlez
33:03des migrations
33:03il ne va pas
33:04venir sur la base
33:05de la résolution
33:06du parlement européen
33:07mais sur la base
33:08de sa propre loi
33:09c'est ce qu'il va défendre
33:10et donc on dira
33:11dans
33:12je ne sais pas
33:12quand
33:12dans trois ans
33:14notre état
33:15il l'a bloqué
33:16comme les autres
33:16mais il l'a bloqué
33:17parce que lui-même
33:18dans son propre pays
33:19il a un rapport de force
33:20qui lui permet
33:21de faire ça
33:22voilà
33:23on va
33:24arrêter pour l'instant
33:25tous les cas
33:26là je suis en train
33:27de m'apercevoir
33:28que le débat
33:28des élections
33:29est parti
33:30donc on va le poursuivre
33:31bien sûr
33:32sur l'humanité
33:33et sur l'humanité.fr
33:34on va être Europe
33:36pendant un an
33:36je crois qu'on peut le dire
33:38merci à vous
33:39d'avoir participé
33:40à ce débat
33:41c'est qui est le premier
33:42mais on va en avoir d'autres
33:43dans les douze mois qui viennent
33:44et merci à vous
33:45qui nous avez suivis
33:46à bientôt
33:47au revoir
33:51Sous-titrage Société Radio-Canada
33:52Sous-titrage Société Radio-Canada

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