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00:22Abertura
00:31Abertura
00:32Tous les terrorismes ont une histoire et une préhistoire qui éclairent les attentats d'aujourd'hui.
00:42Il n'existe pas un mais des terrorismes.
00:44Il y a une telle hétérogénéité dans ce qu'on va qualifier de terrorisme qu'on ne peut vraiment pas
00:50utiliser le singulier.
00:51La racine du terrorisme fait penser immédiatement à la terreur.
00:55Mais au plus profond de la mécanique terroriste, finalement, il y a la peur, c'est-à-dire la capacité
01:01à imposer une menace et à incarner justement un danger permanent.
01:07Le terrorisme, c'est le stade ultime de la perversion.
01:10C'est tuer au nom de la vie, prétendument.
01:13C'est semer le malheur au nom du bonheur, prétendument.
01:17Les errements géopolitiques ont conduit à ce que le terrorisme devienne la nouvelle peste noire.
01:24Le terrorisme est non seulement une violence politique, c'est également une arme rhétorique utilisée par ceux qui le dénoncent
01:32pour priver les activistes de toute légitimité.
01:36Dans l'Antiquité et au Moyen-Âge, à l'âge classique, à une époque où le mot terrorisme n'existait
01:42pas, on faisait déjà un usage démesuré de la terreur.
01:47A l'image de la révolte juive déclenchée contre la domination romaine en Judée, par les zélotes, une organisation politico
01:56-religieuse.
02:13Au début de notre ère, les Romains dominaient le monde connu d'une main de fer.
02:19La première révolte juive contre l'occupation romaine éclate en 66 après Jésus-Christ en Judée.
02:27Un mouvement clandestin est au cœur du soulèvement, les zélotes ainsi nommées parce qu'ils avaient du zèle pour Dieu,
02:34tout en osant s'attaquer aux soldats romains.
02:38Ces attentats provoquent une violente répression romaine avec déportation, mise en esclavage et crucifixion.
02:46Malgré la répression, le soulèvement gagne toutes les villes juives.
02:51Ce mouvement clandestin serait l'un des ancêtres des organisations terroristes, mais aussi le premier mouvement de libération nationale.
03:04Les juifs n'ont jamais accepté la domination de Rome.
03:08Alors, vers l'année 6-7 après Jésus-Christ, un galiléen s'est révolté et a créé un mouvement qu
03:15'on appelle les zélotes.
03:17A l'intérieur du groupe des zélotes, il y avait une toute petite minorité qu'on connaît sous le nom
03:23de sikers.
03:24Sikers, ça signifie ceux qui utilisent le poignard.
03:27Et c'était des gens qui tuaient à coups de poignard, donc à la fois des Romains quand ils le
03:33pouvaient,
03:34et des juifs qu'ils considéraient comme non fidèles, non pieux, comme non respectueux des traditions.
03:40Et cette situation d'hostilité aux Romains a été aggravée par le fait que la Judée était une région qui
03:48était pauvre.
03:49Les juifs se révoltent contre l'État romain, refusent d'obéir, les Romains envoient des troupes à Jérusalem,
03:55et à ce moment-là, les juifs les pourchassent, les tuent, les massacrent.
04:00Il y a de véritables opérations de guérilla.
04:04Et ça a créé une situation explosive qui a amené à une véritable guerre en l'année 66.
04:13Le siège de Jérusalem a vu à l'intérieur de la ville elle-même des combats sanglants d'une cruauté
04:20énorme entre juifs eux-mêmes.
04:22Les zélotes voulant massacrer ceux qui n'étaient pas d'accord avec eux,
04:27la prise de la ville s'est terminée par la prise du temple.
04:30Et malheureusement, le temple a été incendié.
04:33Et à l'heure actuelle, on peut en voir seulement les fondations.
04:37C'est ce que les Israéliens, les Juifs actuels, appellent le mur des lamentations.
04:43Après la prise de Jérusalem, les zélotes ont occupé une petite citadelle dans le sud de la Judée,
04:51qui est la citadelle de Massada.
04:58Pendant la guerre d'indépendance qui a conduit à la création d'Israël en 1948,
05:04Abraham Stern, le fondateur de l'organisation terroriste anti-britannique, intitulée le Léhi,
05:12avait adopté comme pseudonyme Yair, emprunté au leader des zélotes à Massada.
05:19Aujourd'hui, les forces spéciales de l'armée israélienne prêtent toujours serment à Massada.
05:29Neuf siècles plus tard, la secte ismaélienne des Achachines voit le jour en 1090
05:36dans les montagnes du nord de l'Iran, à la fin du XIe siècle.
05:41Elle s'inscrit dans la guerre de succession qui bouleverse alors le monde musulman
05:46depuis la mort de Mahomet entre les sunnites et les chiites.
05:53Tandis que les partisans chiites de Fatima, la fille du prophète,
05:57sont en déclin au tournant du millénaire,
06:00face à la poussée de l'islam sunnite d'origine turque,
06:03la secte des Achachines va éliminer de nombreux dignitaires sunnites.
06:10On ne peut pas dire que les assassins soient des terroristes.
06:14Par contre, ils inventent avec leur manière de procéder un mythe,
06:19celui de l'attentat suicide, qui va être décliné par de nombreuses organisations terroristes
06:24et qui fait encore, qui fait partie de la symbolique de l'imaginaire du terroriste.
06:30Le mythe, c'est ce qui commence avec Marco Polo.
06:33Marco Polo revient, notamment, c'est dans son livre d'or, sur différentes anecdotes.
06:39L'une des anecdotes est cette histoire d'une secte
06:42qui serait installée dans une forteresse au fond de l'Empire perse, à Alamout,
06:47une secte qu'on appelle la secte nizarite,
06:50qui va exister à peu près pendant, je dirais, un siècle,
06:53entre le XIe et le XIIe siècle,
06:57une secte dont l'une des méthodes est d'envoyer des sicaires, des tueurs,
07:01au couteau pour se débarrasser d'adversaires avant tout religieux.
07:05Secte tenue par un homme qu'on appelle très mystérieusement le Vieux de la Montagne
07:10ou le Sage de la Montagne,
07:11qui enverrait depuis cette forteresse dans tout l'Orient et dans tout le Proche-Orient
07:17des assassins à sa solde pour exécuter tous ceux qui s'opposent à ses desseins.
07:22La première grande victime de la secte dite des Hachichides,
07:27c'est le propre grand vizir du sultan de l'époque, du sultan Selkoudjid, Nizam al-Mulk.
07:34Cette méthode les voit s'attaquer non seulement à des chrétiens,
07:38notamment dans l'Orient des croisades,
07:40mais également à l'ennemi sunnite lorsque celui-ci fait obstacle.
07:44À cet égard, il participe vraiment du conflit entre chiites et sunnites.
07:51La secte des Hachachines, avec plusieurs meurtres politiques à son actif,
07:56a légué un mot à l'histoire du crime, le mot assassin.
08:00L'inspirateur de cette secte politico-religieuse avait réussi à faire de ces châteaux
08:05des foyers intellectuels très prisés, fréquentés par les savants et les théologiens de l'époque,
08:12en même temps que les quartiers d'une armée de tueurs.
08:38Allez-y ! Allez-y ! Tout doucement !
08:47A primeira vez que o cristianismo é devenu a religião oficial,
09:04os empereiros, os rois e os princes têm tendência à assimiler todas as herésias
09:10à des crimes de lese majesté
09:12e a utilizado l'Inquisição
09:14para traquer os heréticos
09:15en ayant recorre à la terreur
09:17des bourreaux, des buchos
09:19e dos autodafés.
09:21L'Inquisição a feito de l'Espagne
09:23um état terrorista durante três siècles.
09:25Com os tribunais ecclésiastiques,
09:28um controle social generalizado
09:30se mete em place
09:31sobre as croyances,
09:32as deviations intelectuais,
09:34sobre a sexualidade,
09:35e também sobre as mulheres
09:37traitées como sorcières.
09:40L'Inquisição
09:41é uma estrutura
09:45ecclésial
09:46destinada a manter
09:49a Igreja
09:51em unidade
09:52e lutar contra
09:54toda a desviança,
09:56toda a dispersão.
09:58Na Espanha,
10:00da fim do XV e século
10:01e do começo do XVI e século,
10:04temos a obsessão
10:06de a puridade.
10:08a puridade.
10:10é lia ao sang.
10:12O povo é
10:14o novo povo élu
10:16e,
10:17para que ele
10:18seja ele,
10:19ele,
10:20devemos
10:20evitar
10:21toda
10:22de contaminação
10:24de sang.
10:25É o tema
10:26da limpiésia
10:27des sangrês,
10:28a puridade de sang
10:29que o Inquisição
10:30a,
10:31em 1478,
10:32a demanda
10:33de Isabel
10:33la catholique
10:34e,
10:35em acordo
10:35com o pape
10:36Sixte III,
10:38que é o but
10:39do combate
10:40de esta organização.
10:44Placêa
10:45sous l'autorité
10:45de l'État,
10:46a puridade
10:46de sang.
10:47Ela,
10:47ela,
10:48ela,
10:48ela,
10:48ela,
10:49ela,
10:49a implicação
10:49que,
10:50ela pode chamar
10:50entre guillemets
10:51genocidaire,
10:52pois,
10:52d'abord,
10:53ele,
10:54ele,
10:54ele,
10:54ele,
10:55ele,
10:56ele,
10:56ele,
10:58ele,
10:58ele,
10:59ele,
10:59ele,
10:59ele,
10:59ele,
11:00ele,
11:01ele,
11:02ele,
11:02ele,
11:03ele,
11:04ele,
11:04ele,
11:04ele,
11:04ele,
11:05ele,
11:07ele,
11:10que,
11:10com a connu
11:11les royaumes
11:11d'Espagne
11:12après les conversions
11:13de la fin
11:14du XVe siècle,
11:16il s'agit
11:17aussi
11:18d'éliminer
11:19les maurisques,
11:21ces musulmans
11:22convertis,
11:23eux aussi
11:24soupçonnés
11:25de troubler
11:26la pureté
11:27du sang
11:28du peuple
11:29par des réactualisations
11:30de rites
11:31musulmans.
11:33Il s'agit
11:34de lutter
11:34contre
11:35ceux qui blasphèment
11:37Dieu,
11:38ceux qui
11:39ont des comportements
11:41sexuels,
11:42bigamis,
11:43homosexualité.
11:49On a des chiffres
11:51qui sont invérifiables
11:52sur les trois siècles
11:54à peu près
11:54de durée
11:55de l'Inquisition.
11:56Ce serait autour
11:56de 40 000 exécutions.
11:58L'Inquisition,
11:59c'est l'État
12:00qui organise
12:02une terreur
12:04dans le peuple
12:05qu'il gouverne.
12:07Un État terroriste
12:11Le dernier bûcher
12:13est allumé
12:13à Séville
12:14en 1781.
12:17Napoléon
12:17envahit l'Espagne
12:18en 1808.
12:20Il met fin
12:20à l'Inquisition.
12:21La quête
12:22de la pureté
12:23de la race
12:23sera reprise
12:24par l'Allemagne nazie
12:25au XXe siècle.
12:26Et le décret
12:27de la Lambra
12:28qui avait permis
12:28l'expulsion
12:29des Juifs
12:30en 1492
12:31resta longtemps
12:33en vigueur
12:33jusqu'à la fin
12:34du siècle dernier.
12:35Il est abrogé
12:37en 1967.
12:41et le décret
12:41et le décret
12:46de la guerre
12:46Éspagne !
12:54L'Éspagne !
13:07La guerre
13:08est déjà reprise
13:08le décret
13:08de la guerre
13:10O XVIe século, a reforma protestante provoca em França
13:15huit guerras de religios successivas, onde católicos e protestantes
13:19se massacrem ao nome de Deus.
13:22Cada camp dispõe de partes, de armées e de places fortes.
13:26É nesse contexto que Catherine de Médicis e seu filho, o rei Charles IX,
13:32tentam de meter en scène o espectáculo royal d'une réconciliation religiosa
13:37en organisant le 18 août 1572 le mariage d'un prince protestant, Henri de Navarre,
13:45avec une princesse catholique, Marguerite, la sœur du roi.
13:50Pour marquer leur adhésion à cette paix, il y a une sorte de regroupement dans Paris
13:58de l'élite militaire protestante, tandis que les nobles catholiques
14:06sont venus, eux aussi, pour ne pas laisser place vide
14:11et donner, en quelque sorte, eux aussi, leur adhésion à cette paix.
14:16Mais, le 22 août, le chef historique du protestantisme, Colligny,
14:23sortant du conseil qui s'était tenu au Louvre,
14:27est blessé d'une arc-busade, une action que l'on peut qualifier de terroriste.
14:36Et c'est là où on rentre dans le mystère de la Saint-Barthélemy.
14:41Qu'est-ce qui s'est passé ?
14:43Il y aurait eu des conseils qui se seraient tenus dans la nuit du 23 au 24,
14:47en urgence, pour prendre la décision d'anticiper,
14:52sur un coup d'État protestant, dans cette ville de Paris.
14:58On sait que vers 3, 4, 5 heures du matin, des commandos armés se répandent dans la capitale.
15:06Un des premiers va, à rue de Bettisi, tuer l'amiral de Colligny
15:10et conduit par le duc de Guise.
15:15Un deuxième problème se pose.
15:17Pourquoi la ville entre-t-elle en sédition
15:22et se livre-t-elle à ce qu'on peut appeler un pogrom ?
15:27Un pogrom anti-protestant,
15:29pour lequel on a des chiffres problématiques
15:33qui sont d'entre 2 500 et 4 000 morts.
15:36Si l'on fait en plus le total des morts qu'il va y avoir en province,
15:40on arrivera à 9 ou 10 000 morts étalés sur plusieurs mois.
15:49Ceux qui sont trouvés là sont tués.
15:53Les cadavres traînés à la Seine,
15:56ou traînés vivants et assommés dans la Seine,
15:59après avoir été jetés depuis les rives ou les ponts.
16:04De grands rituels de tuerie
16:07qui assimilent ces protestants parisiens
16:10à des bêtes, une sorte de déshumanisation de soi,
16:14c'est une âme animale.
16:16Et donc, ces cadavres sont lacérés,
16:20sont émasculés, éviscérés.
16:24On est là devant une immense tuerie,
16:27un grand drame, il faut le dire.
16:30La Saint-Barthélemy, c'est un acte de terreur absolue.
16:36Peu de temps après la Saint-Barthélemy, le roi Charles IX meurt.
16:40Son frère lui succède avec le titre de Henri III.
16:44Bien que fervent catholique,
16:46celui-ci décide de faire assassiner le duc de Guise,
16:50le chef des ultra-catholiques, à l'origine du massacre.
16:53En principe, Henri III ne craint rien.
16:56Sa mort entraînerait ipso facto le changement de dynastie.
17:00Henri de Navarre, le protestant, deviendrait roi.
17:03Un pur cauchemar pour les catholiques.
17:06Cela n'empêche pas un moine aveuglé par la haine
17:09d'assassiner Henri III.
17:11Et Henri de Navarre devient effectivement Henri IV
17:14grâce à un enragé catholique.
17:17L'assassinat du roi, du roi très chrétien, du roi de France.
17:20Henri III a donc une portée pour l'histoire de France
17:24tout à fait exceptionnelle.
17:25C'est un changement de dynastie.
17:27C'est l'arrivée au pouvoir d'un roi de France protestant.
17:30Donc le résultat immédiat du régicide, c'est le contraire
17:33de ce que voulaient les catholiques les plus intransigeants.
17:35C'est de mettre sur le trône, non pas un prince catholique,
17:38mais le prince protestant qu'il ne voulait surtout pas avoir
17:41comme roi de France.
17:43Henri IV, prince protestant, qui se convertit, se reconvertit,
17:48finit donc par devenir un roi parfaitement catholique
17:51après 1593.
17:53C'est un prince qui négocie au cas par cas
17:56le ralliement des villes, le ralliement des princes
17:58et des grands seigneurs, même si ça peut lui coûter très cher.
18:01Et on aboutit à un règlement en 1598 avec l'édit de Nantes
18:05et à un édit de pacification qui est pour une première fois
18:09finalement accepté par la majorité de la population
18:12et appliqué pendant plusieurs décennies.
18:15Henri IV est assassiné à son tour en 1610
18:19par quelqu'un qui est François Ravaillac,
18:23qui est un catholique très dévot,
18:25qui est persuadé que Henri IV n'est pas un vrai catholique,
18:29qu'au fond de lui, il est resté protestant,
18:31que c'est un hypocrite.
18:32Et donc la mort du roi apparaît comme une catastrophe
18:35pour l'immense majorité de la population.
18:38Avec l'édit de Nantes de 1598,
18:41le grand oeuvre de Henri IV,
18:43la tolérance religieuse va s'imposer
18:45et mettre fin aux guerres de religion.
18:48Tout changera à nouveau en 1685
18:51lorsque Louis XIV va abolir cet édit.
18:54La majorité des protestants devra alors quitter la France.
18:58Le 23 août 1789,
19:00la veille de l'anniversaire de la Saint-Barthélemy,
19:03Mirabeau, devant les États généraux,
19:05fait inscrire la liberté religieuse
19:07à l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme.
19:12La France s'est mise en mouvement,
19:14ne pourra plus l'arrêter.
19:15Les révolutionnaires étaient encore favorables
19:18à une monarchie constitutionnelle
19:20jusqu'à ce que le roi cherche à s'enfuir.
19:23La monarchie est condamnée
19:25et la guerre est aux portes.
19:49Pour faire face à l'insurrection vendéenne,
19:52à la révolte fédéraliste
19:54et à la guerre extérieure,
19:56la Convention nationale suspend la nouvelle constitution
19:59et met le 5 octobre 1793
20:02la terreur à l'ordre du jour.
20:05Un gouvernement révolutionnaire est mis en place
20:08qui s'appuie sur le comité de salut public,
20:11le comité de sûreté générale
20:13et les tribunaux d'exception
20:15dans lesquels les droits de la défense
20:16ne sont plus respectés.
20:19C'est ce que les termidoriens
20:21appelleront la dictature robespierriste.
20:24Toutes les révolutions aux difficultés
20:26adopteront des dispositifs similaires
20:29et les mêmes causes
20:30produiront les mêmes effets.
20:33Et ce mot de terreur
20:36dissimule une variété d'expériences
20:38depuis 1789.
20:40Le mot est venu après la chose.
20:43Après la fin de la terreur,
20:45quand on commence à réfléchir
20:46à ce qui s'est passé
20:48et surtout à essayer de comprendre
20:50quelque chose qui est apparu
20:52comme très énigmatique
20:53pour les contemporains.
20:54Comment une révolution faite au nom
20:57de la liberté et de l'égalité
21:00contre le despotisme
21:01a pu se transformer
21:03en une explosion de violence,
21:06d'arbitraire et d'injustice
21:08pendant quelques mois
21:09de 1793-1994.
21:11Au fond, en 1789,
21:13il y a deux personnages
21:15qui se distinguent.
21:16Marat d'un côté,
21:18qui dès le mois de septembre 89,
21:20va jour après jour
21:21réclamer des têtes.
21:22Et puis Brissot,
21:24qui n'était pas du tout
21:24un ami de Marat,
21:26va se faire l'apologiste
21:28de mesures d'exception.
21:30Il va donc inspirer cette idée
21:33que qui veut la fin,
21:35veut les moyens.
21:36Le premier acte de la terreur,
21:37ce sont les massacres,
21:39des prisons,
21:40en septembre 1792.
21:44Sans doute,
21:44c'est une conjonction
21:45à la fois de sentiments de peur
21:47à l'annonce d'un assaut imminent
21:50des forces prussiennes et autrichiennes
21:52contre Paris.
21:54À partir du printemps 1993,
21:56la mise en place
21:57d'un tribunal révolutionnaire
21:59inaugure la terreur judiciaire.
22:03Et le tribunal révolutionnaire
22:05est sciemment créé
22:07comme un moyen d'intimidation
22:09et aussi, il faut le reconnaître,
22:12comme un moyen d'éviter
22:13les violences dans la rue.
22:15Et c'est la célèbre phrase de Danton,
22:17« Soyons terribles »,
22:18pour éviter que le peuple ne le soit.
22:21C'est véritablement au printemps 1794
22:24que la terreur va s'emballer.
22:27Là, la logique est celle de l'élimination.
22:30Le fait d'être déféré
22:32devant le tribunal révolutionnaire
22:33équivaut à une condamnation à mort.
22:39Et c'est là qu'on a commencé
22:40à expérimenter des guillotines simultanées,
22:44c'est-à-dire fonctionnant
22:45avec un unique mécanisme
22:46qui permettrait de trancher
22:48cinq ou six têtes à la fois.
22:51Et où aussi, on a commencé
22:53à se préoccuper de la détention
22:54de tous ces gens qui allaient arriver.
22:56Il ne faut pas oublier
22:57qu'il y avait en France,
22:59à ce moment-là,
22:59à peu près 500 000 suspects.
23:02La terreur s'est développée
23:04avec pour argument
23:06que les circonstances
23:08nécessitaient de rompre
23:10momentanément
23:11avec les principes de la révolution.
23:13Et finalement,
23:14tous ces moyens rhétoriques,
23:16violences, politiques,
23:19employant sciemment la terreur
23:21comme un moyen
23:21pour briser l'opposition,
23:24va se fonder dans
23:25ce qui peut passer
23:27pour le premier régime
23:28de l'histoire
23:30fondée explicitement
23:31sur la terreur,
23:33que sera la dictature robespierriste
23:35pendant quelques mois
23:36de 1794
23:38jusqu'à sa chute.
23:41En juillet 1794,
23:44Robespierre est renversé
23:45par une partie
23:46du comité de salut public
23:47alliée aux députés
23:48de la Convention.
23:50Blessé lors de sa capture,
23:52il est guillotiné
23:52le 28 juillet 1794
23:54avec ses partisans.
23:56Mais c'est la mort
23:57de Robespierre
23:58qui va conduire
23:59à l'invention
23:59du mot terroriste
24:01et terrorisme
24:02et à l'invention
24:03surtout du concept
24:05qui depuis lors
24:06nous sert
24:07à expliquer
24:08des actes commis
24:09soit par l'État
24:10contre sa propre population,
24:12soit par des groupes
24:13révolutionnaires ou non
24:14contre les États.
24:16Le terrorisme d'État
24:18est né en France
24:20avec toutes ses déclinaisons,
24:22la terreur
24:23comme système politique,
24:24le terrorisme
24:25comme pratique
24:26avec des terroristes
24:28qui s'attaquent à l'État.
24:49de l'État
25:12A CIDADE NO BRASIL
25:49A CIDADE NO BRASIL
26:12A CIDADE NO BRASIL
26:29A CIDADE NO BRASIL
26:36A CIDADE NO BRASIL
27:02A CIDADE NO BRASIL
27:32A CIDADE NO BRASIL
27:59A FOUCHÉ
28:00A CIDADE NO BRASIL
28:57A CIDADE NO BRASIL
29:00A LOGER, comme on dit, carbone
29:02Et il a été arrêté à la mi-janvier
29:05Bonaparte refusait toujours de croire
29:09A la version que lui donnait son ministre de la police
29:13Et sans doute a-t-il profité de cet attentat
29:17Tout en comprenant qu'il venait bien du côté royaliste
29:20Pour éliminer ce qui restait de l'extrême gauche jacobine
29:25Bref, toute une série d'exécutions
29:27Accompagnées de déportations
29:29De plus d'une centaine de militants d'extrême gauche
29:33En un mois, l'enquête policière est bouclée
29:36Elle a permis l'arrestation des terroristes
29:38La police de Fouché a jeté les bases
29:41De ce qui deviendra la police scientifique
29:46Moins d'un siècle plus tard
29:48Tous ceux qui incarnaient l'autorité
29:51Comme le tsar, les rois, les présidents, les ministres
29:54Les industriels, bâtisseurs d'empires
29:56Tous deviennent des cibles
29:58A la fin du XIXe siècle et au début du XXe
30:01Leurs meurtriers poursuivent le vain espoir de tuer le pouvoir
30:06Face à l'extrême violence de la révolution industrielle
30:10De la fin du XIXe siècle
30:12Le nihilisme sacrificiel prôné en Russie par Sergei Nechev
30:17Et la stratégie de la propagande par le fait
30:19Adoptée par tous les anarchistes
30:21Feront déferler sur le monde
30:23Une vague de meurtres politiques
30:26Nechev c'est quelqu'un qui s'inscrit tout à fait
30:30Dans la deuxième partie du XIXe siècle en Russie
30:32Nechev est parfaitement représentatif de ce courant
30:36Qu'on a appelé très rapidement populiste
30:39Et à cette époque, il rencontre Bakounine
30:41Celui qui exerce quand même une grande influence
30:44A l'époque sur le socialisme en Russie
30:46Bakounine est dans un premier temps
30:50Manifestement assez émerveillé
30:52Par ce jeune révolutionnaire
30:55De cette rencontre sort un texte
30:58Sergei Nechev est l'auteur du catéchisme du révolutionnaire
31:02Nechev dans ce texte dit
31:04D'abord, et le répète à plusieurs reprises
31:06Le révolutionnaire est un homme perdu
31:09C'est-à-dire qu'on ne s'engache pas impunément
31:11Dans un combat révolutionnaire
31:13Il y a un avant et un après
31:14Et une fois qu'on y est
31:16On ne peut pas faire retour en arrière
31:19Pourquoi ?
31:20Parce que la science de la révolution
31:22C'est la science de la destruction
31:24Pour la première fois
31:26En opposition avec ce qui se pratiquait en Russie à l'époque
31:29La destruction est présentée
31:31Comme le devoir du révolutionnaire
31:33Il fonde sa société secrète
31:35La vindicte du peuple
31:36La société de la hache
31:37Et là, il est responsable de l'assassinat
31:42D'un étudiant
31:44Ivanov
31:45Alors Nechev l'a soupçonné
31:48De vouloir trahir
31:49C'est ce qui a notamment inspiré
31:52Le roman de Dostoevsky
31:54Les démons
31:54Qui raconte notamment
31:56L'assassinat d'Ivanov
31:59Et qui met en scène
32:00Le groupe de Nechev
32:03Nechev est incarcéré
32:05Dans la forteresse Pierre et Paul
32:06Mais il paraît qu'en prison aussi
32:08Il était actif
32:10Et il a même préparé un attentat
32:12Contre Alexandre II
32:13De sa prison
32:14Et Nechev
32:15Ça représente la voie de la conspiration
32:18Donc une société secrète
32:21Extrêmement organisée
32:23Et qui pilote
32:24Qui pilote
32:25Et qui exclut ses membres
32:26On peut dire en quelque sorte
32:27Que la voie anarchiste en Russie
32:29C'est la branche aînée de la révolution
32:31Et puis la voie bolchevique
32:34Elle s'est opposée à celle-ci
32:36Tout en étant proche
32:38Puisqu'on peut dire en quelque sorte
32:40Qu'anarchisme et bolchevisme
32:43Ce sont deux branches
32:46Sœurs
32:47De la révolution en Russie
32:49Puisqu'il sait bien
32:52L'histoire de deux frères
32:53Vladimir Ulyanov
32:55Dit Lénine
32:56Avait un frère
32:57Donc Alexandre Ulyanov
32:59Qui était lui
33:00Un anarchiste
33:01Qui a participé
33:02À une tentative d'attentat
33:04Contre Alexandre III
33:05À la suite
33:06De laquelle
33:06Il fut arrêté
33:07Pendu
33:10Le catéchisme de la révolution
33:12De Netshaef
33:13A influencé en 1879
33:16La création d'une nouvelle
33:18Organisation terroriste
33:20La volonté du peuple
33:21Narodnaya Volia
33:23En russe
33:24Conçue comme une machine
33:25À traquer
33:26Et à tuer
33:27Le tsar Alexandre II
33:29Sofia Perotskaya
33:31La fille de l'ancien
33:32Gouverneur militaire
33:33De Saint-Pétersbourg
33:35Dirige avec succès
33:36La sixième tentative
33:38D'assassinat
33:39Le 13 mars 1881
33:42Le terrorisme
33:44Dans le sens propre du terme
33:46A fini par
33:47Tuer l'un des souverains
33:49Les plus puissants
33:50D'Europe
33:50L'attentat réussi
33:52Contre le tsar Alexandre II
33:54En 1881
33:55Il va ouvrir
33:57La voie
33:57Aux anarchistes
33:59Ce sont les attentats
34:00Contre Sadi Carnot
34:01En 1894
34:02Puis l'attentat
34:04Contre l'impératrice Sissi
34:05En 1898
34:07C'est l'attentat
34:08Contre le roi d'Italie
34:09Imbert Ier
34:10En 1900
34:11Le roi d'Espagne
34:12Alphonse XIII
34:13En 1902
34:14C'est l'attentat
34:16Qui provoque la mort
34:17Du premier ministre
34:19Espagnol
34:20C'est l'attentat
34:22Enfin
34:22Qui aboutit à la mort
34:23Du président américain
34:25McKinley
34:25En 1901
34:28Mais c'est surtout
34:29En France
34:30Qu'on va voir
34:31Ces attentats
34:31Se développer
34:32D'une manière
34:33Beaucoup plus récurrente
34:34Autour de différentes figures
34:36Et avec ces figures
34:38Une radicalisation
34:40Croissante
34:40Des modes d'action
34:41Première figure importante
34:43Celle de Ravachol
34:45Ravachol
34:46Qui se veut
34:47Le vengeur
34:48D'un groupe
34:49D'anarchistes
34:50Qui avait été
34:51Entre guillemets
34:52Inquiété
34:52Puis arrêté
34:53Et brutalisé
34:54Par la police
34:55Condamné
34:56A la prison
34:57A perpétuité
34:58Pour ces attentats terroristes
35:00Qui n'ont pas fait de mort
35:01Mais surtout
35:02Il est exécuté
35:03Dans un deuxième temps
35:04Pour avoir
35:05Assassiné
35:05Un ermite
35:06Il se trouve
35:08Rapidement
35:08Des vengeurs
35:09Qui sont fascinés
35:10Par ce personnage
35:11Comme Auguste Vaillant
35:12Qui lance une bombe
35:14A l'intérieur
35:14De l'Assemblée nationale
35:15On trouve
35:16Un cordonnier
35:17Comme Léotier
35:18Qui décide
35:19D'assassiner
35:20Un bourgeois
35:21Au hasard
35:21Le personnage
35:23Qui va faire passer
35:24Le terrorisme
35:25De l'attentat
35:27Contre les puissants
35:28A la terreur
35:29C'est-à-dire
35:30A l'attentat
35:31Qui peut viser
35:32Tout le monde
35:32Et n'importe qui
35:33Ou c'est le public
35:35Qui devient une cible
35:36C'est
35:37Émile Henry
35:38Lors de son premier
35:40Et peut-être unique
35:42Attentat
35:42En 1894
35:44Vise
35:45Le public
35:46D'un café
35:47Boulevard des Capucines
35:49C'est surtout
35:50Le premier attentat
35:51A l'aveugle
35:52Par quelqu'un
35:53Qui, lors de son procès
35:54Et contrairement
35:56A ses prédécesseurs
35:57Revendique son geste
35:58Et se présente
35:59Comme un terroriste
36:00Niant
36:01A ses juges
36:02La faculté
36:03Ou la capacité
36:04De le juger
36:08Cet anarchisme
36:09Qui, en France
36:11Fait souche
36:12Se répand
36:13Un petit peu partout
36:14En Europe
36:15Voir même dans le monde
36:16Dès 1886
36:17Les ouvriers américains
36:19Tentent de contester
36:20L'évolution
36:22De la société
36:23Comme de la politique américaine
36:24Et manifestent
36:26L'une des grandes manifestations
36:27De 1886
36:29Et la manifestation
36:30Qui se déroule à Chicago
36:31De High Market Square
36:32Cette manifestation
36:34Va donner lieu
36:35A des affrontements
36:36Et pour
36:38Cinq militants anarchistes
36:40A une arrestation
36:41Et à une condamnation
36:42A mort
36:42Les anarchistes
36:44Eux-mêmes
36:45Ont conclu que
36:46Cette mode
36:48Cette manière
36:48De lutter
36:49Le terrorisme
36:51Ne fonctionne pas
36:52Le premier
36:52A formuler ça
36:53C'est Kropotkin
36:54Qui
36:55Dès 1891
36:57A dit
36:59Un édifice
37:00Aussi ancien
37:01Que l'Etat
37:01Ne peut pas être abattu
37:03Avec
37:03Quelques bâtons
37:05De dynamite
37:06Une exception
37:08Dans cette série
37:09D'attentats
37:09François Joseph
37:10L'héritier
37:11De l'Empire austro-hongrois
37:13Est assassiné
37:14Avec son épouse
37:15Le 28 juin
37:161914
37:18À Sarajevo
37:19Les régicides
37:20Sont souvent
37:21Sans effet
37:22Cet assassinat
37:23Par un nationaliste
37:24Serbe
37:25Aura à l'inverse
37:26Des conséquences
37:27Planétaires
37:28Le jeune nationaliste
37:30Gavrilo Principe
37:31Ne sait pas
37:32Que son geste
37:33Par le jeu
37:34Des alliances
37:34Va déclencher
37:36La première guerre mondiale
37:37Dont l'Empire austro-hongrois
37:39Ne se remettra pas
37:44Après la grande guerre
37:46Et ses 20 millions de morts
37:47Le monde n'est plus le même
37:49Tous les peuples
37:50Sont meurtris
37:51Tous les empires
37:52Ont implosé
37:53Des pays
37:54Sont redessinés
37:55Des peuples
37:57Se libèrent
37:57Les militaires turcs
37:59En ont profité
38:00Pour organiser
38:01Le premier génocide
38:02Du siècle
38:03Celui des Arméniens
38:08La révolution industrielle
38:10Poursuit son remodelage
38:12Du monde
38:12Avec les avions
38:13Et les automobiles
38:14Le pétrole
38:15Et l'hydroélectricité
38:17Le cinéma
38:18Et la radio
38:19Les bolcheviques
38:21Ont pris le pouvoir
38:22En Russie
38:22Et le communisme
38:23S'affirme alors
38:24Comme une nouvelle
38:25Espérance planétaire
38:50La révolution russe
38:52D'octobre 1917
38:53Reprend la terreur d'état
38:55Là où la révolution française
38:57L'avait laissée
38:58Dans le plus grand pays du monde
39:00En superficie
39:01L'un des plus pauvres aussi
39:02Dans un empire effondré
39:04Où les morts
39:05Se comptent par millions
39:06Victimes de famines
39:08D'épidémies
39:09Aux prises avec une multitude
39:11De guerres civiles
39:12La terreur
39:13Est partout
39:15Lorsque
39:15La révolution d'octobre
39:17Eclat
39:17Et les bolcheviques
39:18Prennent le pouvoir
39:19Le pays se trouve
39:20A la veille
39:21D'un effondrement
39:23Reste à Petrograd
39:24De quoi nourrir
39:25La ville
39:26Pendant un jour
39:27La ville est menacée de famine
39:29Et la menace de la famine
39:30Va dévaler sur tout le pays
39:37A cela s'ajoute
39:38La lutte politique
39:41Entre les camps opposés
39:42C'est-à-dire d'un côté
39:43Les bolcheviques
39:44Qui ont pris le pouvoir
39:45Mais dont
39:45La majorité des dirigeants
39:47Pensent qu'ils vont le perdre très vite
39:48En 1920
39:51Éclatera dans une région
39:53Proche de l'Oural
39:55Une révolte paysanne
39:56Contre les réquisitions
39:58De récolte
39:59Auxquelles le gouvernement
40:00Bolchevique
40:01A décidé de recourir
40:02A partir de mai 1918
40:04Pour nourrir la population
40:05Et l'armée
40:12La vente normale
40:14De produits agricoles
40:16De blé essentiellement
40:17Par les paysans
40:18Est totalement bloquée
40:20Dans la mesure
40:20Où les paysans
40:21Reçoivent pour ce qu'ils vendent
40:22Des billets
40:23Avec lesquels
40:24Ils ne peuvent rien acheter
40:24Une révolte
40:25Qui va occuper
40:27Un territoire
40:28D'à peu près
40:29Deux fois comme la France
40:30C'est-à-dire
40:30Près d'un million
40:31De kilomètres carrés
40:33Dans cette région
40:35Lorsque les paysans
40:37Saisissent un communiste
40:39Ils ont deux moyens
40:41D'engager une discussion
40:41Avec lui
40:42Premièrement
40:43Soit si c'est l'hiver
40:44De le déshabiller
40:44De le laisser tout nu
40:45Par moins 30
40:47Auquel cas
40:47Evidemment
40:48Il ne dure pas
40:48Très très longtemps
40:50Mais
40:50Pour beaucoup d'entre eux
40:51Ce traitement ne suffit pas
40:52Donc ils préfèrent
40:53Le traiter de façon plus détaillée
40:54En lui coupant le nez
40:55Coupant les oreilles
40:57Crever les yeux
40:58Ouvrir le ventre
40:59Enlever les intestins
41:00Jeter tout par terre
41:01Et remplacer les intestins
41:03Dans le ventre
41:03Par un petit écriteau
41:04Sur lequel est écrit
41:06Réquisition terminée
41:07Et 2000 communistes
41:08Seront ainsi liquidés
41:09Dans la région d'Ishim
41:11A ce moment-là
41:12La terreur blanche
41:13S'appuie sur le fait
41:14Que vous avez tout un corps
41:16Essentiellement un corps d'officier
41:17Et d'anciens grands propriétaires
41:19Qui de leur point de vue
41:20Ont été volés par les paysans
41:22Qui ont mis la main sur leur terre
41:23Et la terreur rouge
41:25S'appuie sur
41:26D'abord sur
41:27Au point de départ
41:27C'est la terreur paysanne
41:29Qui
41:30Les paysans envahissant
41:31Les propriétés
41:32Des grandes propriétés
41:33Cette terreur repose donc
41:34Sur une base sociale
41:37Dont à un moment donné
41:39Qui commence elle
41:40Par exercer la terreur
41:41Contre les autres
41:42La terreur vient d'abord
41:43D'en bas
41:45La terreur rouge
41:46S'appuie sur un organisme
41:48Créé en décembre 1916
41:49S'appelle la Tchéca
41:50La Tchéca a comme fonction
41:52D'écraser
41:53Toute manifestation
41:55Dite contre-révolutionnaire
41:56Ou réellement contre-révolutionnaire
41:59Et la Tchéca
42:00D'un côté
42:01Aba systématiquement
42:03Tous ceux qui peuvent être
42:04Conservés comme des ennemis du régime
42:06Par centaines
42:07Voir ici ou là par milliers
42:09On donne souvent comme chiffre
42:10Des pertes de la guerre civile
42:1112 millions de morts
42:14Dans une guerre civile
42:15Celui qui est perdant
42:17Disparait
42:17Si les bolcheviques sont perdants
42:19Ils savent très bien
42:20Qu'ils seront tous pendus
42:22Si les blancs sont perdants
42:23Ils devront quitter la Russie
42:25Ils seront ou pendus
42:27Ou fusillés
42:28Donc comme c'est une guerre
42:30Où le perdant sait
42:31Qu'il va être éliminé
42:33Il n'y a aucun frein
42:35Au combat
42:36A la lutte
42:37Le terrorisme devient
42:38Une politique d'état
42:41On peut dire que ça devient
42:42Le cas à partir
42:43Des procès truqués
42:44Organisés à partir de 1928-1929
42:47Pour des motifs truqués
42:48Comme le dit la philosophe
42:50Anna Arendt
42:51La terreur est l'essence
42:53De la domination totalitaire
42:55Dans le cas de la Russie soviétique
42:57Elle devient permanente
42:59A partir des années 20
43:01Le 20ème siècle
43:02Aura vu la multiplication
43:04Des régimes totalitaires
43:05A commencer par les deux
43:07Principaux despotismes du siècle
43:09La dictature communiste en Russie
43:12Et le régime nazi en Allemagne
43:13Avec chacun une conception terroriste
43:16De la politique
43:17Lorsque le parti se substitue au peuple
43:20Et que toutes les libertés
43:22Sont suspendues
43:24Le NKVD en Russie
43:26La Gestapo et la SS en Allemagne
43:28Auront été les bras armés
43:30Du totalitarisme
43:39Les nazis se considèrent
43:41D'abord et avant tout
43:42Comme des victimes
43:42Considèrent que
43:43La guerre menée
43:45Contre l'Allemagne
43:46Et contre les Allemands
43:47Est permanente
43:47Et depuis des millénaires
43:49La première guerre mondiale
43:50N'est qu'un paroxysme
43:52De ce déchaînement de violence
43:54Contre l'Allemagne
43:55Et contre cela
43:56Il faut répondre
43:57Par la violence
43:58Contre les communistes
44:00Contre les juifs
44:01Contre les sociodémocrates
44:03Contre tous les ennemis
44:04Supposés de l'Allemagne
44:06Les SA
44:07C'est la continuation
44:09De la guerre
44:10Par d'autres moyens
44:11Dans l'espace civil
44:12Leur seul nom déjà
44:14Section d'assaut
44:15Est inspiré
44:16Des unités spéciales
44:18De nettoyeurs de tranchées
44:19Pendant la première guerre mondiale
44:21Qui allaient vider
44:22Les tranchées ennemies
44:23À l'arme blanche
44:24C'est une importation
44:25Dans l'espace civil
44:26De la violence de guerre
44:28De la première guerre mondiale
44:29La mission des SA
44:31Elle est triple
44:32C'est d'abord
44:33Affirmer
44:34La domination nazie
44:35Dans la rue
44:38Dominer l'espace
44:39Et occuper le terrain
44:42Contre les communistes
44:44Et contre les sociodémocrates
44:45Contre les syndicalistes
44:46Qui sont refoulés
44:47La deuxième mission
44:49C'est la destruction
44:50Des locaux
44:52Et des réunions
44:53De l'ennemi
44:54Les SA arrivent
44:55Détruisent tout
44:57Cassent tout
44:57Et la troisième mission
44:59C'est un usage
45:00De la violence létale
45:02Meurtrière
45:03À l'égard de l'ennemi
45:04Qu'il s'agit de détruire
45:05Et d'intimider
45:07Et ça c'est quelque chose
45:08Qui est assez courant
45:10Dans l'arsenal nazi
45:12Jusqu'en 1923
45:13Tous les partis politiques
45:15Y compris les sociodémocrates
45:16Y compris la droite bourgeoise
45:18Ont leur milice
45:19Paramilitaire en Allemagne
45:21Dès le début
45:22Des années 20
45:23Ceux qui sont
45:24Les plus violents
45:25Ce sont les nazis
45:26On estime que
45:27Entre 1919
45:28Et 1923
45:29On a à peu près
45:30380 morts
45:32Politiques
45:33Morts violentes
45:34Les 4-5ème
45:36De ces morts violentes
45:37Sont dues
45:38À l'activité des nazis
45:40I've been expecting this
46:10Merci à vous
46:15Le 30 janvier 1933, Hitler é nomeado chancelista.
46:19Mas o Partido nazi não tem a majoridade absoluta.
46:23Hitler dissouta o Reichstag.
46:25O SA terrorista as opções a coups de assassinatos,
46:2857 mortes durante a nova campanha legislativa.
46:32Uma campanha de tanto favorável aos nazis que o Reichstag brilhe.
46:37O incendio é atribuído sem convidá-lo a um jovem comunista irlandês
46:42e arreter sobre os lugares, 4 mil comunistas serão raflados.
46:47A violência de o SA, essa violência voluntária terrorista,
46:53ela foi utilizada antes de 1933,
46:56para intimidar os inimigos e para segurizar o espaço político.
47:00Depois de 1933, ela se tornou contraproducente,
47:03pois o novo poder foi afirmar a respeito, a responsabilidade, etc.
47:09Os conservadores e os generos de l'armée,
47:13os soutenidos de Hitler,
47:15querem eliminar a sa que eles acusam de fomentar um putz.
47:20Hitler, que precisa de l'armée para invadir a Europa,
47:23tranche no vivo.
47:24Na noite do 29 ao 30 juin 1934,
47:27ele vai, ele mesmo, participar da liquidação de Ernst Röhm
47:31e de l'état-major des SA dans l'hôtel Anselbauer.
47:35Essa purge fera plus de 200 victimes.
47:37La scénografia de cette nuit des longs couteaux,
47:40ela é absolutamente improbable,
47:41porque a gente tem um governo de grande puissance europeia,
47:45no cœur do XXe século,
47:46que embarque en imperméable,
47:48chapeau mou e arma à la main,
47:51na un hotel,
47:52para presidir à l'assassinat
47:54de alguns de seus companheiros de primeira heure.
47:56Então, é uma purge violenta,
47:58uma purge que pertence ao registro do gangstérismo.
48:01Il y a plusieurs enjeux dans la nuit des longs couteaux,
48:04le 30 juin 1934,
48:05mais un des enjeux,
48:07c'est de domestiquer la violence,
48:09de discipliner la violence,
48:10et de la faire passer d'un pôle SA
48:13beaucoup trop nombreux,
48:14ils sont 3 millions à ce moment-là,
48:16beaucoup trop désordonné,
48:18beaucoup trop chaotique,
48:19à un pôle SS,
48:21beaucoup plus réduit,
48:23on a environ 50 000 SS à ce moment-là,
48:26beaucoup plus structuré,
48:27et qui, lui, incarne
48:29ce que les nazis appelaient premièrement
48:32l'antisémitisme de raison,
48:33je cite,
48:34c'est-à-dire une violence rationnellement maîtrisée,
48:37mais disons que la violence
48:39rentre dans les casernes,
48:41elle rentre dans les casernes de la SS,
48:43elle se clôt derrière les barbelés
48:45des camps de concentration.
48:55La nuit de cristal,
48:56c'est un moment très spécifique
48:58et très complexe.
48:59C'est un moment où les nazis
49:01sont, à leurs yeux,
49:04submergés par les juifs.
49:06Parce que l'Autriche vient d'être annexée,
49:09parce que les sudètes en Tchécoslovaquie
49:11viennent d'être annexées,
49:12et il y a, de fait,
49:14malgré la politique antisémite des nazis
49:15qui a poussé beaucoup de juifs à l'exil jusque-là,
49:18il y a désormais plus de juifs
49:20sous juridiction allemande qu'auparavant.
49:22Et c'est un moment où l'usage de la terreur
49:25va intervenir pour faire un coup de pression physique
49:30très violent à l'égard de la population juive allemande
49:33pour leur dire,
49:35maintenant, il faut vraiment partir.
49:39Avec cette autorisation de frapper et de détruire,
49:42les SA, là, peuvent s'en donner à cœur joie
49:45dans cette nuit du 9 au 10 novembre,
49:47qui est marquée, comme le dit le nom,
49:49la nuit de cristal,
49:51qui est marquée par des destructions de vitrines,
49:54la destruction d'environ 8000 commerces,
49:57d'environ 250 lieux de culte,
50:00donc des synagogues,
50:01et un nombre de morts qui n'est pas pleinement établi,
50:04mais qui dépasse largement la centaine de morts.
50:08Après le déchaînement de la terreur SA,
50:11c'est la SS qui arrête 30 000 juifs
50:14et qui place, pour la première fois de l'histoire du Troisième Reich,
50:1930 000 juifs escalités en camp de concentration.
50:22C'est la première fois.
50:23La terreur, Adolf Hitler en avait fait un principe absolu.
50:27La terreur est la méthode la plus efficace en politique, disait-il.
50:32La nuit de cristal, c'est le prélude à la Shoah,
50:35à l'extermination des juifs d'Europe.
50:38Comme le dit le lendemain matin l'éditorial du Washington Post américain,
50:42c'est une Saint-Barthélemy contemporaine.
50:45Pour les juifs, la machine de mort s'est mise en route,
50:49comme le compte à rebours de la Deuxième Guerre mondiale,
50:52avait été déclenchée à Munich,
50:54quelques semaines auparavant,
50:56lorsque la Tchécoslovaquie avait été abandonnée.
51:05Dans le prochain épisode,
51:07l'explosion de toutes les formes de terroristes
51:09sur tous les continents,
51:11depuis les complots, les prises d'otages,
51:14jusqu'au détournement d'avions,
51:15du début du XXe siècle à la fin des années 70.
51:33Sous-titrage Société Radio-Canada
51:36Sous-titrage Société Radio-Canada

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