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00:06Música
00:30Tous les terrorismes ont une histoire et une préhistoire qui éclairent les attentats d'aujourd'hui.
00:42Comme Genus, le terrorisme a deux visages.
00:44Il a le visage du terrorisme de masse d'État pour terroriser sa propre population, comme dans les régimes totalitaires.
00:52Mais c'est aussi un moyen de frapper un État qu'on veut atteindre.
00:56La meilleure définition du terrorisme a été donnée autrefois par Raymond Aron.
01:01Il a dit « peut être considéré comme terroriste toute action dont les effets psychologiques dépassent de très loin les
01:10effets proprement physiques ».
01:12Le terrorisme est une violence politique, scénarisée et médiatisée, visant à pétrifier la société et à l'obliger à s
01:21'engager.
01:21Être terroriste, c'était animé par la certitude absolue que la peur que va secréter la violence va transformer l
01:32'avenir, transformer l'histoire.
01:33Le terrorisme est une violence de la mort.
02:05Les Etats confédéris do sud dos Etats-Unis
02:09haviam perdido a guerra de sécession.
02:11Bien que o esclavagem tenha sido abolido em 1865,
02:16esses Etats haviam conseguido imponer à toda a sociedade americana
02:19durante mais de um século, a superioridade blanca.
02:23Eles estavam vindo em fazendo regra a terror
02:26à força do lynchagem público de afro-americanos
02:29e de seus companheiros blancos.
02:31A quelques rares exceptions près,
02:34aucun de ces milliers de crimes n'aura été poursuivi.
02:37La plupart ont été perpétrés par une organisation terroriste,
02:42raciste et antisémite, le Ku Klux Klan.
02:46Le Ku Klux Klan, ce sont des groupes,
02:49pas forcément très organisés entre eux, malgré les apparences,
02:52qui veulent instiller la terreur.
02:56C'est vraiment des groupes de terreur.
02:58Et le but, c'est, au fond, d'empêcher que s'installent dans le quotidien
03:04les conséquences raciales de la guerre de sécession.
03:08Donc, ils ont deux obsessions.
03:11Maintenir le noir à sa place, c'est le vocabulaire qu'ils emploient,
03:15donc une place inférieure, une place de soumission,
03:19et empêcher le mélange des races.
03:25La dimension sexuelle, elle est très importante
03:29dans tous les actes du Ku Klux Klan et des groupes qui leur ressemblent.
03:33Il ne faut pas que les noirs aient accès aux femmes blanches.
03:37C'est aussi simple que cela.
03:40Et les méthodes, ce sont des méthodes de terreur.
03:43Il y a les costumes, si j'ose dire,
03:45ces espèces de chevaliers de l'apocalypse
03:47dans des grands bras blancs,
03:50qui leur permet d'ailleurs de ne pas être reconnus ensuite.
03:54Les croix enflammées, plantées devant les maisons des victimes.
03:58Et puis, toutes les violences,
04:01toutes les formes de torture et d'assassinat que l'on peut imaginer.
04:05Les victimes des lynchages du Ku Klux Klan,
04:08ce sont évidemment des noirs,
04:11systématiquement accusés d'insolence,
04:15de meurtre à la rigueur, de viol.
04:17Le viol d'une femme blanche, c'est vraiment l'argument de base.
04:23Ce sont aussi des blancs, en moindre nombre,
04:26à peu près un quart,
04:28qui, eux, sont des sympathisants de la cause des Noirs.
04:32Et on a compté, recensé, mais c'est très, très difficile à faire,
04:394873 victimes, je crois, entre 1882 et 1968.
04:44Il y en a eu bien avant et il y en a eu beaucoup après.
04:57L'idéologie suprémaciste, elle est plus vivante que jamais, aujourd'hui.
05:03Et elle concerne évidemment l'hostilité aux Noirs,
05:07mais aussi aux Juifs, aux Asiatiques, aux Latinos.
05:11Au printemps 2022, une loi fédérale a enfin qualifié
05:16le lynchage de crime au moment où le suprémacisme blanc
05:20fait un retour fracassant.
05:24De la terreur raciste à la terreur fasciste.
05:28En France, une organisation clandestine nationaliste,
05:31le Comité secret d'action révolutionnaire,
05:34surnommé La Cagoule, projetait de renverser la République.
06:02La Cagoule, projetait insurance en France,
06:08Au plus d'autres bit demoms
06:15A Cagoule, a estratégia de com a atentação revoltada, mas susceptível de ser attribuada aos comunistas ou à l'extrême
06:38-se.
06:38A Cagoule, a estratégia de com a atentação de la Cagoule, a estratégia de com a atentação de la Cagoule.
07:08deve ser fechado em frente.
07:09Bainville, grande figura de l'Action Française,
07:12se cede, e seus funerais são organizados.
07:16L'Action Française desfile,
07:18são os funerais muito clássicos.
07:20Arriba a voiture de Léon Blum,
07:22o dirigente socialista,
07:24agressado, vai ter dificuldade de se desgáter.
07:29Essa agressão
07:32permite às autoridades
07:34interdire a Ação Française,
07:36interdire a Ligue,
07:38em juillet 1936,
07:40interdire a Ligue,
07:42mas, sobre o pavê,
07:45um número de militantes,
07:47particularmente decididos,
07:49a encerrado.
07:50De L'Oncle
07:51vai passar a l'acto,
07:52no início de 1937,
07:55com a cometido seu primeiro assassinato político.
07:59É a execução de Dimitri Navachine,
08:02uma sorte de banquista
08:04ligada à a União Soviética.
08:07L'organização
08:08vai perpétrer um segundo assassinato,
08:11alguns meses depois,
08:12em juin 1937.
08:14É o assassinato dos irmãos Rosselli,
08:16médiatisés à l'époque,
08:18à cause, évidemment,
08:19de l'importance
08:20qu'ont joué
08:20les Rosselli
08:21dans l'histoire de l'antifascismo.
08:23...
08:26On en arrive à une troisième action
08:29contre la Confédération Générale
08:32du patronat français.
08:33Cette fois-ci,
08:34c'est de faire en sorte
08:35que cet attentat
08:37soit attribué, évidemment,
08:39à d'autres.
08:40Soit par des anarchistes,
08:41soit par des communistes,
08:42etc., etc.
08:44pour développer,
08:45ce qui va être d'ailleurs
08:46par la suite,
08:47une forme de stratégie
08:48de l'attention.
08:49Les autorités sont sur les dents.
08:51Elles vont conduire
08:52une perquisition
08:53parmi d'autres
08:54que les perquisitions
08:55chez un individu,
08:56Aristide Cor,
08:57et Aristide Cor
08:59a gardé chez lui
09:01la liste
09:03des membres de Lausanne,
09:05une liste au surplus
09:07décodée.
09:08Ça signifie aussi
09:09mettre la main
09:11sur un certain nombre
09:12de dépôts d'armes.
09:14Et là, pour le coup,
09:15Eugène Deloncle
09:16commence à être
09:17dans la ligne de Myrne.
09:18Mais Lausanne
09:19n'a pas dit son dernier mot.
09:20Parce que,
09:21toujours obsédée
09:22par la question
09:23du complot communiste,
09:25elle est convaincue
09:26qu'il va avoir lieu
09:26en octobre 1937
09:29et elle va mettre
09:30sur pied
09:31une forme
09:32de tentative de putsch.
09:33Les militants
09:34qui devaient venir
09:35ne sont pas forcément venus.
09:37À 5 heures du matin,
09:38tout est terminé.
09:39Et cette affaire,
09:41comme dirait l'autre,
09:42fait pchit.
09:43Les Cagoulins
09:44se divisent
09:45sous l'occupation
09:45entre les partisans
09:47d'un régime fascisant
09:48qui accompagne Pétain
09:50et les nationalistes
09:51anti-allemands
09:52qui rejoignent
09:53la résistance.
09:54Le docteur Martin,
09:56qui dirigeait
09:56les services
09:57de renseignement
09:57de la Cagoule,
09:59est condamné
09:59à la libération.
10:00Une peine
10:01qu'il n'exécutera jamais,
10:03mais partisan
10:04de l'Algérie française,
10:05il sera l'un
10:06des instigateurs
10:07du putsch
10:08des généraux
10:09à Alger
10:10en 1961.
10:16Serge,
10:17regardez Clément.
10:18Car pour Clément,
10:19c'était la première fois.
10:38la décolonisation
10:39de l'Algérie
10:39aura donné lieu
10:40à un bain de sang.
10:41Le FLN déclenche
10:43une guerre terrible
10:44de libération nationale
10:45en 1954.
10:47Les gouvernements
10:48de la 4ème République
10:49répliquent
10:50par une guerre sale,
10:52souvent hors la loi.
10:53Vous avez compris ?
10:56Un coup d'État
10:58ramène en 1958
10:59de De Gaulle au pouvoir
11:01comme le sauveur
11:02de la République
11:03et terrible malentendu,
11:05le sauveur
11:06de l'Algérie française.
11:07De Gaulle s'est engagé
11:08en faveur
11:09d'un référendum
11:10d'autodétermination
11:11ouvrant la porte
11:12à l'indépendance.
11:14Cette annonce,
11:15ajoutée au rappel disciplinaire
11:17à Paris du Général Massu,
11:18provoque la naissance
11:20d'une organisation
11:20d'extrême droite
11:21qui, pendant 14 mois,
11:23va mener
11:24une guerre terroriste
11:25qui fera 2 200 morts
11:27en Algérie
11:28et 71 en métropole.
11:30L'OAS
11:33apparaît après
11:34les barricades d'Alger
11:35en janvier 1960.
11:38Pour protester
11:39contre la politique algérienne
11:41du Général De Gaulle
11:42qui a proclamé
11:43en septembre 59
11:44le droit
11:44à l'audoté
11:45des réterminations,
11:46la direction
11:47du Front National français
11:48en cheville
11:48avec un certain nombre
11:49d'officiers
11:51de l'état-major
11:52du Général Massu,
11:53décide
11:53de faire
11:54une manifestation
11:56insurrectionnelle.
11:57Et il y a des échanges
11:59de coups de feu.
12:0014 gendarmes mobiles
12:01sont tués
12:02et puis vous avez
12:036 manifestants
12:03qui sont tués.
12:04Vous avez 2 activistes
12:07impliqués
12:08dans l'affaire
12:08des barricades
12:09de janvier 1960
12:10qui sont Jean-Jacques
12:10Fusigny
12:11qui est un étudiant
12:12en médecine
12:12et Pierre Lagayard
12:14qui est un avocat
12:15officier de réserve.
12:16Il crée
12:17une organisation
12:18appelée organisation
12:20de l'armée secrète
12:21OAS.
12:22Il commence à poser
12:23du plastique,
12:24etc.
12:25Mais le gros morceau,
12:27ce sera le putsch d'Alger
12:29d'avril 1961
12:30où 4 généraux
12:32prennent la tête
12:33d'une entreprise militaire
12:35assez bizarre
12:36parce qu'ils pensent
12:38gagner la guerre d'Algérie
12:39en quelques mois.
12:40Après l'échec de ce putsch,
12:42le général Schall
12:43et le général Zeller
12:44se rendent
12:45et puis Salan
12:46et le général Jouot
12:47décident de passer
12:49dans la clandestinité.
12:50Et Salan
12:51va devenir
12:51le chef nominal
12:52de l'OS.
12:56Les gens de l'OS
12:57ont vu
12:58que le terrorisme
12:59avait profité
13:00au FLN.
13:01Le FLN a pratiqué
13:02un terrorisme de masse
13:04loin des appareils
13:05photos et des caméras,
13:06dans le bled,
13:07mais des choses
13:08absolument épouvantables,
13:09des villages entiers massacrés.
13:11Un certain nombre de gens,
13:13Algérie française,
13:14se disent
13:14si ça a marché
13:15pour le FLN,
13:17ça va marcher pour nous.
13:18Ils finissent par avoir
13:19le même objectif
13:20que le FLN,
13:22c'est-à-dire
13:23la séparation
13:24de ce qu'à l'époque
13:25on appelait
13:25les communautés,
13:26les Européens d'un côté,
13:28les musulmans de l'autre.
13:29C'est ce que le FLN
13:29n'a pas arrêté de faire.
13:31L'OS croit réussir
13:33en pratiquant
13:33le même séparatisme,
13:35ce qui ne va pas
13:36sans heure
13:36parce qu'à l'intérieur
13:37de l'OS,
13:38un certain nombre de gens
13:39disent
13:40mais non,
13:40on s'est battus
13:41pour une Algérie française,
13:42on s'est battus
13:43pour que les musulmans
13:44aient les mêmes droits
13:46que les français,
13:47ce n'est pas ce qu'on veut.
13:48Mais enfin,
13:49cette logique-là
13:49finit par l'emporter
13:50parce qu'on va vers le chaos.
13:52Une des innovations
13:53de l'OS,
13:54c'est ce qu'on a appelé
13:55les plastiquages.
13:56Et ça va venir
13:57en métropole.
13:58Ça va déboucher
13:59sur un drame.
14:00En février 1962,
14:04un petit groupe d'étudiants
14:05prennent comme cible
14:06André Malraux,
14:07qui est le ministre
14:07des Affaires Culturelles,
14:08met un pain plastique
14:09sur le rebord de la fenêtre.
14:12Mais comme
14:12ils n'ont pas bien préparé
14:14leur attentat,
14:15eh bien,
14:16c'est pas la fenêtre
14:17de Malraux
14:18qui est à l'étage d'au-dessus,
14:19c'est la fenêtre
14:20de l'appartement
14:21des concierges.
14:22Et Delphi Dornard,
14:23la fille des concierges,
14:26qui,
14:26il y a quatre ans,
14:28elle perd un œil
14:29et une image terrible
14:31et publiée par les journaux.
14:32On voit cette petite gamine
14:33avec le sang sur le visage
14:35et l'opinion publique métropolitaine
14:37va se renverser complètement
14:39contre l'OS.
14:40C'est-à-dire qu'on oublie
14:41l'EFLN,
14:43l'ennemi devient l'OAS,
14:45OAS assassin.
14:48Battus,
14:49les tueurs de l'OAS
14:50vont s'acharner
14:51jusqu'en 1965
14:53contre la personne
14:54de De Gaulle.
14:56La fin de la guerre d'Algérie,
14:57c'est aussi la fin
14:58de l'après-guerre.
14:59La fin des colonies
15:00et le début
15:01de la guerre ultra-froide
15:02entre les Etats-Unis
15:04et l'Union soviétique.
15:05C'est aussi le début
15:06d'une nouvelle époque
15:07à l'instigation
15:08d'un nouvel acteur planétaire,
15:10la jeunesse.
15:35Les générations nées dans l'après-guerre,
15:37submergent les universités de la planète
15:40et tentent d'inventer un nouveau monde
15:42en musique.
15:43Tandis que les Etats-Unis
15:45violentent le Vietnam
15:46et sa population,
15:48cette longue guerre dévastatrice
15:50et meurtrière
15:51va fermenter toutes les révoltes étudiantes.
15:54Des groupes radicaux vont en déduire
15:57que le vieux monde était à l'agonie
15:59et ils déclenchent une nouvelle vague terroriste
16:01pendant deux décennies
16:03en Europe, aux Etats-Unis, au Japon,
16:05en Amérique latine et au Moyen-Orient.
16:28Les clés.
16:44Merde !
16:56À partir des années 60,
16:58les terroristes latino-américains,
17:00leurs homologues palestiniens
17:02comme les organisations anticapitalistes européennes,
17:05ont fait de la prise d'otages
17:07leur mode d'action privilégié.
17:10La prise d'otages est toujours
17:12la mise en scène dramatique d'un chantage.
17:14Ce spectacle macabre a profité
17:16du formidable développement des médias.
17:19Avec la prise d'otages,
17:20tous les terroristes sont devenus
17:22les metteurs en scène de la terreur.
17:27À partir des années 70,
17:30on voit émerger d'abord en Amérique latine,
17:33ainsi que dans le Proche-Orient,
17:36puis dans un deuxième temps en Europe,
17:38des campagnes de prise d'otages
17:39de plus en plus élaborées.
17:41C'est d'abord en Amérique latine
17:43que la pratique des otages
17:46renaît, entre guillemets,
17:47et surtout est théorisée.
17:49Un groupe venu du Ruguay,
17:52le groupe qu'on appelle les Tupamaros,
17:55va théoriser la pratique politique des otages
17:59avec un enjeu très simple.
18:01Il s'agit d'une part d'affirmer
18:05la légitimité de sa violence face à l'État.
18:09Ça passe bien évidemment par un lexique spécifique.
18:12On ne parle pas d'otages, mais de prisonniers du peuple.
18:15On ne parle pas de cash pour des otages,
18:17mais de prison du peuple.
18:18Et ces prisonniers du peuple
18:20sont jugés par des tribunaux populaires.
18:23Donc c'est une manière d'affirmer une légitimité nouvelle,
18:27une légitimité face à la dictature uruguayenne.
18:31Les Tupamaros vont théoriser cette pratique
18:34avec toutefois un sens assez important.
18:37Il ne s'agit pas d'exécuter des otages.
18:39Il s'agit de négocier et de faire pression.
18:42C'est un dialogue qu'on ouvre
18:44avec des autorités qui contestent
18:46jusqu'à votre existence.
18:48Il ne s'agit pas d'exécuter.
18:50Il s'agit de faire plier l'État.
18:53Ce modèle, d'ailleurs, va être, par la suite,
18:56copié par la plupart des grands groupes
18:58d'extrême-gauche terroristes en Europe.
19:00Que ce soit en France, avec Action Directe,
19:03que ce soit en Allemagne,
19:05avec la fraction armée rouge ou le mouvement du 22 juin,
19:08que ce soit en Italie, avec les Brigades Rouges.
19:10Il y a la construction progressive d'une stratégie terroriste
19:13qui, en fait, est une stratégie de spectacularisation
19:16de la violence.
19:18Par exemple, en 1972,
19:19quand ils font le premier enlèvement éclair,
19:22Sequestro Lampo,
19:24il s'agit d'un ingénieur de Siemens,
19:25Hidalgo Macchiarini,
19:27qui est enlevé par un commando des Brigades Rouges.
19:30Donc, en 1972,
19:31ils l'enferment dans un fourgon.
19:33Ils prennent une photo
19:34avec des mitraillettes braquées sur la tempe,
19:37un panneau, un écriteau aussi,
19:39qui synthétise.
19:40Il y a la marque, le logo des Brigades Rouges.
19:43Et après, ils le relâchent.
19:44Ça dure peut-être deux minutes.
19:45Après, ils repartent.
19:46Le but était de faire la photo
19:48afin de produire une image marquante
19:50pour apparaître comme étant un parti armé
19:54à l'avant-garde des luttes du proletariat.
19:56C'est un autre modèle,
19:57une autre forme de prise d'otages.
20:00Comment prendre des otages quand on n'a pas de terre ?
20:02C'est toute la question qui se pose au terrorisme
20:05dans le Proche-Orient et notamment au terrorisme palestinien.
20:08La plupart des groupes palestiniens
20:10vont, là aussi, développer une pratique spécifique
20:14qui va être le détournement d'avions.
20:16Le détournement d'avions,
20:18c'est une prise d'otages sans territoire spécifique.
20:22À ce jeu, cette fois,
20:24ce sont principalement les grandes centrales palestiniennes
20:27qui sont à la manœuvre.
20:28C'est le Front Populaire de la Libération de la Palestine,
20:32et à l'intérieur, un personnage qui s'appelle Wadi Haddad.
20:36Wadi Haddad est le grand stratège ou théoricien
20:40des grands détournements d'avions des années 70.
20:44Celui qu'on appelle le Skyjack Sunday
20:46voit le détournement de cinq avions
20:49qui aboutissent dans un désert jordanien
20:52devant un public de journalistes conviés pour l'occasion.
20:57On organise l'explosion de ces grands avions,
20:59tandis que la plupart des passagers et de l'équipage
21:04sont considérés comme otages
21:06et sont libérés après négociation.
21:12On va dire que, néanmoins,
21:14la prise d'otages la plus importante
21:17et l'une des plus significatives
21:19est la prise d'otages qui a lieu
21:21lors des Jeux Olympiques à Munich.
21:22L'affaire de Munich est une affaire essentielle.
21:25Il s'agit donc à l'origine d'une prise d'otages
21:27faite avec une relative violence,
21:29il y a d'emblée des assassinats,
21:32mais une prise d'otages qui est censée montrer
21:34dans un des lieux les plus emblématiques de l'histoire,
21:38et en s'attaquant à une communauté,
21:41les athlètes israéliens,
21:43et qui est censée internationaliser la question palestinienne,
21:46montrer devant le public quasiment du monde entier
21:50et devant plusieurs milliers de journalistes
21:53le problème palestinien.
21:56Lors de cette prise d'otages
21:57et lors d'une tentative de libération
21:59menée par des forces de police allemandes
22:02qui ne sont pas préparées à ce type de situation,
22:05l'opération se termine par un bain de sang et un drame.
22:17Une question posée au lendemain de cette prise d'otages,
22:21comment se préparer à ces situations nouvelles ?
22:24Le pays qui intervient est le pays dont les citoyens
22:29ont été pris en otages.
22:30C'est l'option qui a été choisie, on va dire,
22:34en dépit de toute discussion,
22:37par le gouvernement israélien
22:39lors de la prise d'otages d'NTB.
22:42La prise d'otages aboutit en Ouganda,
22:45sur l'aéroport d'NTB.
22:46L'avion, donc, avec une majorité de citoyens israéliens,
22:49est arrêté.
22:50Qui peut intervenir ?
22:51Le gouvernement ougandais,
22:53le gouvernement Didi Amin Dada,
22:55affiche clairement son intérêt
22:57et son soutien aux Palestiniens.
22:59Les Israéliens décident d'intervenir manu militari,
23:03d'une manière extrêmement efficace,
23:05en l'espace d'une heure et demie,
23:08la situation est réglée.
23:16Une autre forme de prise d'otages,
23:18où l'enjeu est avant tout un enjeu de communication,
23:21l'affaire Aldo Moro.
23:23Cette affaire est, pour l'Italie,
23:25un véritable traumatisme.
23:50Les brigades rouges enlèvent Aldo Moro,
23:53l'homme qui devait devenir le chef du gouvernement,
23:56l'homme qui devait négocier le compromis historique
23:59entre les communistes et la démocratie chrétienne.
24:02L'homme qui, finalement,
24:03devait transformer la vie politique italienne.
24:06Il est enlevé par les brigades rouges,
24:08qui vont jouer à un jeu de négociations extrêmement complexe entre, d'un côté,
24:15l'État italien, les différents partis, à commencer par la démocratie chrétienne,
24:19le parti d'Aldo Moro, mais également la famille d'Aldo Moro,
24:24ainsi que les différentes forces politiques.
24:27Le jeu est complexe parce que c'est Aldo Moro lui-même
24:30qui écrit des lettres dans sa prison à ses amis politiques,
24:35qui écrit des lettres à sa famille où il propose des solutions,
24:39où il négocie lui-même sa libération, en vain.
24:43C'est le point d'orgue d'une stratégie qui est une stratégie médiatique.
24:47C'est-à-dire que dès le début, le 16 mars,
24:49quand il y a l'enlèvement d'Aldo Moro,
24:51ça a été montré que ça n'avait été choisi pas par hasard
24:53parce qu'Aldo Moro allait à la messe avec un seul agent d'escorte.
24:59Donc, il aurait pu être enlevé à ce moment-là.
25:01Et ils ont choisi un moment où il y avait cinq agents d'escorte,
25:05deux voitures blindés, etc.
25:07Donc, un moment où on allait créer une image spectaculaire.
25:11Et effectivement, ça a été un vrai traumatisme.
25:14Donc, ils ont assassiné comme ça de manière très rapide.
25:17Il y en a un qui a eu le temps de tirer une balle,
25:18mais sinon, ils ont tous été liquidés.
25:20Et Moro n'a eu aucune égratignure.
25:22Enfin, ça a donné l'image de la puissance par excellence.
25:26C'était vraiment la concrétisation du mot d'ordre des Brigades Rouges
25:29frappée au cœur de l'État.
25:31Et ensuite, pendant la séquestration qui a duré 55 jours,
25:35les Brigades Rouges ont manipulé aussi l'image de Moro.
25:38Et puis, donc, l'utilisation de l'image aussi de Moro au sens propre.
25:42Par exemple, il y a cette image absolument incroyable de Moro dans sa captivité
25:46avec le drapeau des Brigades Rouges derrière lui,
25:50qui tient la une du journal Repubblica, sur lequel est marqué
25:53« Moro assassinato ? »
25:55C'est-à-dire, est-ce que Moro est encore vivant ?
25:58Et la réponse aux Brigades Rouges, c'est d'envoyer ce Polaroïd avec Moro,
26:02oui, vivant, mais vraiment en sursis, l'épée de Damoclès,
26:05donc mettant sous pression l'entièreté du système politique italien.
26:09Pour certains, ils étaient horrifiés par la cruauté de l'acte.
26:13Et en 79-80, ils ont continué sur cette série d'homicides.
26:18Et en 79, par exemple, en janvier 1979,
26:21les Brigades Rouges assassinent Guido Rossa,
26:24qui est un ouvrier syndicaliste, membre du Parti communiste à Gênes,
26:28ça a déclenché des manifestations énormes, des manifestations d'ouvriers,
26:32véritablement d'ouvriers, pas des gens téléguidés par le Parti communiste.
26:35Et à partir du moment où il y a des grandes manifestations de dissensions,
26:39de dissensus, d'opposition aux terroristes qui viennent, y compris de la gauche,
26:43eh bien, il devient le programme politique du terrorisme tombe de lui-même.
26:47Et dans ce cas-là, le terrorisme est de plus en plus assimilé à une banque de criminels.
27:20Entre 1969 et 1980, des attentats aveugles, très meurtriers,
27:27jamais revendiqués dans les banques, les gares et les trains,
27:31ont été commis par des néo-fascistes italiens
27:34pour alimenter la stratégie de la tension
27:37au profit de divers marionnettistes de la droite italienne,
27:41hostiles à toute participation au pouvoir du Parti communiste italien.
27:46Comme Giulio Andreotti, qui fut notamment sept fois président du Conseil depuis la fin de la guerre.
27:52Des membres des services secrets italiens ont participé à plusieurs tentatives,
27:56de faux, mais aussi de vraies tentatives de push,
28:00tous destinés à rendre séduisantes des solutions autoritaires.
28:07Le terrorisme d'extrême droite commence effectivement l'année 1969
28:12avec sans doute l'attentat le plus célèbre, le plus violent d'ailleurs,
28:20celui de Pierre de Saint-Fontane à la Banque de l'Agriculture,
28:24où il y a 17 morts et une centaine de blessés.
28:28C'est l'attentat le plus important de l'année 1969.
28:31Les enquêtes vont montrer que ces attentats,
28:33qui ont été faits par l'extrême droite,
28:34mais qui étaient des attentats que l'on attribuait à l'extrême gauche,
28:39il y avait une volonté très particulière de créer un État de peur dans le pays
28:44et un réflexe d'ordre
28:46pour pouvoir déplacer le curseur politique vers la droite.
28:51C'est pour ça qu'on l'a appelé le massacre d'État,
28:54parce qu'il y a une volonté politique particulière
28:56qui est une volonté politique qui implique effectivement l'extrême droite italienne,
29:03les néofascistes italiens,
29:04mais aussi une partie de l'appareil politique de la droite italienne.
29:09C'est elle qui instrumentalise l'extrême droite.
29:12Pourquoi en 1969 ?
29:13Parce qu'effectivement il y a une crise politique en Italie
29:17qui est liée à une montée de la contestation ouvrière,
29:22sur laquelle les groupes d'extrême gauche se greffent,
29:24mais c'est quand même très dominé quand même par les syndicats traditionnels.
29:30Et effectivement il y a cette possibilité qu'il y ait un déplacement
29:34d'un gouvernement de centre-droit,
29:36que ce gouvernement se déplace vers le centre-gauche
29:38qui s'incarnerait au travers de l'image d'Alno Moro,
29:42le chef de la gauche de la démocratie chrétienne,
29:45qui est assez ouvert sur le plan social.
29:47On découvrira effectivement plus tard que cette série d'attentats,
29:51c'est pour empêcher ce passage du centre-droit au centre-gauche.
29:56C'est pour ça que l'attentat de Milan, celui de Piazza Fontana,
30:00c'est un anarchiste, Pietro Valpreta, qui est arrêté,
30:04et qui est accusé d'avoir mis la bombe.
30:06Il va d'ailleurs passer presque trois ans en prison,
30:11parce qu'entre-temps il va y avoir des enquêtes qui sont faites,
30:14et puis progressivement, ces magistrats italiens vont tirer un fil,
30:18qui est celui de l'extrême-droite, et découvrir et prouver et démontrer
30:22que ces attentats avaient été faits par l'extrême-droite.
30:27Il y a donc des groupes qui veulent s'emparer de Rome,
30:34avec des groupes d'extrême-droite.
30:36Il y a une tentative de coup d'état militaire, mais très minoritaire,
30:39le coup d'état du prince Borges.
30:40Là, carrément, c'est l'extrême-droite qui apparaît à visage découvert.
30:46Et puis il y a deux nouvelles tentatives qui vont avoir lieu, en 1973 et 1974,
30:52où il y a des petits morceaux de l'armée
30:56qui seraient susceptibles d'y participer,
30:59mais il y a toujours au cœur de ça les services secrets italiens.
31:03Derrière ces tentatives, ce vieux fond lié à l'OTAN,
31:12de cette guerre froide qui perdure.
31:17La crainte d'une invasion par le pacte de Varsovie,
31:20elle est très...
31:22Cette crainte, elle naît très tôt.
31:25L'Italie a une frontière avec la Yougosavie.
31:30Tout le bloc de l'Est, en 1948, est gelé.
31:35Il est aux mains des Soviétiques.
31:37Donc cette peur, elle existe.
31:39Donc les stratèges du Pentagone vont imaginer, à ce moment-là,
31:46un système de résistance intérieure,
31:49par une organisation clandestine liée à l'OTAN.
31:52En Italie, ça s'appelait Gladio.
31:55Et le terme global pour l'Europe, c'était « stay behind », être derrière.
31:59C'est-à-dire de mettre en place des réseaux
32:03qui pourront construire une résistance intérieure très puissante,
32:09des réseaux en hommes, des caches d'armes,
32:16vraiment de mettre en place tout un...
32:18de préparer un système de résistance.
32:20Et donc le « stay behind » italien va être constitué,
32:25alors avec certaines sections des forces armées,
32:29certaines sections des carabiniers,
32:31c'est-à-dire des forces classiques,
32:33et puis on va constituer des groupes clandestins.
32:39Et effectivement, ces groupes clandestins,
32:41on va les pêcher dans les organisations d'extrême droite renaissantes
32:46et ce qui restait de l'ancien fascisme.
32:51Ça a été un choix, c'est un choix politique.
32:54Et puis le 2 août 1980, c'est l'attentat de la gare de Bologne,
32:59le plus meurtrier de l'histoire italienne.
33:0285 morts, plus de 200 blessés.
33:04La tension est toujours forte dans le pays,
33:07le Parti communiste toujours puissant électoralement.
33:11Pour la France, la plus droitière de l'écheclier italien,
33:14la tentation du chaos reste une option.
33:18Pendant les années de plomb, entre 1969 et 1980,
33:24on dénombre au total 690 attentats,
33:28faisant 362 morts d'origine fasciste
33:32et 128 morts attribuées à l'extrême gauche.
33:35En Amérique latine, le terrorisme d'État prend la forme
33:39d'un gigantesque massacre coordonné à l'échelle continentale,
33:44faisant disparaître ainsi des milliers de personnes.
33:47Parmi les techniques utilisées,
33:49l'immersion des corps torturés en pleine mer.
34:13Parmi les premières galáctiques
34:18des corps corps de la liberté de l'écheclier
34:21des corps corps de l'écheclier
34:23O que está escrito no mais ancestral da história, o cadáver do inimigo se devolve, se devolve para que os
34:31cidadãos possam continuar a vida, fazer o luto, devolver os corpos.
34:38Uma aliança anticommunista, antiguévarista, antigauchista vai prender em seus cerfs durante 10 anos, a partir de 1977, toda a América
34:48Latina.
34:48Essa aliança tem um nome de oiseo, Condor, não importa oiseo, o mais grande, o mais grande, o mais grande,
34:55o mais grande, o mais grande.
34:56Des jantes militares de extrema-droite ont pris o poder em set dos principais países da América Latina.
35:03Elas decidem de colocar em comuns os cidadãos de todos os marxistas do continente.
35:08Para des razões de segurança, cada opere em seu oiseo.
35:12Se les ordinateurs et les fonds sont nord-américains, la torture é ensaignée par des officiers français,
35:19ayant exercé leurs talents lors de la bataille d'Alger, como o general Paul Osares.
35:25Un certain nombre de grupos sud-américains se révoltent contra des dictatures
35:30qui entretiennent des liens concrets avec le fascismo, et en particulier d'ailleurs avec le nazisme.
35:36L'opération Condor va consister à éliminer le nombre des dirigeants de ces organisations d'extrême-gauche.
35:44On va les enlever, les torturer, les faire disparaître ou les exécuter.
35:50On peut considérer qu'à partir de 1977 et pendant dix ans, le bilan de l'opération Condor,
35:58ça va être 30 000 disparitions et 15 000 exécutions. C'est phénoménal.
36:13Avec la chute des régimes militaires, plusieurs procès ont eu lieu.
36:1730 ans après s'est tenu à Rome une sorte de Nuremberg des dictatures.
36:23Huit peines de prison à perpétuité ont été prononcées contre l'ancien président bolivien,
36:28le président du Pérou, des généraux et d'anciens ministres.
36:33L'Argentine a jugé seules les dirigeants de la jeune encore vivants.
36:38Quinze d'entre eux ont été condamnés à des peines de 20 à 25 ans d'emprisonnement.
36:45C'est un autre terrorisme d'État que pratique la République islamique d'Iran,
36:50qui privilégie les chantages, les prises d'otages et les assassinats,
36:55sans compter les pendaisons publiques, sans procès.
37:01La toute jeune république islamique d'Iran démarre en fanfare le 4 novembre 1979,
37:08avec une gigantesque prise d'otages, celle des diplomates de l'ambassade américaine à Téhéran.
37:14Ils seront libérés 444 jours plus tard, après paiement d'une rançon considérable par les États-Unis.
37:23La prise d'otages devient une industrie et un commerce avec l'organisation du djihad islamique affilié à l'Iran.
37:31Cette fois, il s'agit de l'enlèvement de journalistes français et américains travaillant au Liban dans les années 80.
37:38Ronald Reagan, pour faire libérer les otages américains au Liban,
37:42accepte de livrer clandestinement des armes à l'Iran.
37:45Le chantage est une autre spécialité de la diplomatie iranienne.
37:54Des attentats seront commis en France à plusieurs reprises
37:57pour obtenir du gouvernement français le remboursement du prêt consenti en 1974
38:03par le Shah, le prédécesseur de Roménie, pour construire des centrales nucléaires en Iran.
38:14En 1980, l'Irak envahit une partie de l'Iran.
38:18Les États-Unis et la France appuient Saddam Hussein.
38:25Parallèlement, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l'Italie
38:29s'interposent militairement à la demande des Nations Unies dans la guerre civile libanaise.
38:36Or, l'Iran a pris pied au Liban, où il a une succursale, le Hezbollah,
38:41qui joue déjà un rôle majeur dans la vie de ce pays.
38:46Le régime iranien veut expulser du Liban les États-Unis, surnommés le Grand Satan,
38:51et la France, surnommée le Petit Satan, qui gênent tous deux son emprise sur le pays.
39:00Le 23 octobre 1983, deux méga-attentats frappent les cantonnements militaires américains et français à Beyrouth,
39:08tuant 241 Marines américains et 48 paras français.
39:14Les auteurs sont au service de l'Iran.
39:17Tous les pays de la mission doivent renoncer et quittent le Liban.
39:23Une nouvelle organisation proche de l'Iran entre en scène à Paris,
39:27les FARL, la fraction armée révolutionnaire libanaise.
39:31Cette organisation a déjà assassiné à Paris un attaché militaire américain et un agent du Mossad israélien.
39:41La même équipe frappe le restaurant chez Goldenberg, faisant 6 morts et 22 blessés.
39:48Durant l'année 85-86, nouvelle vague d'attentats en France,
39:53exécutée par une autre équipe pro-iranienne, faisant 14 attentats sur deux ans,
40:00dont celui de la rue de Rennes.
40:02Ces attentats feront au total 13 morts et 350 blessés.
40:06Ils sont signés du comité de solidarité aux prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient,
40:13un prétenant du Hezbollah libanais, affilié lui aussi à l'Iran.
40:18Le contentieux franco-iranien sera finalement réglé en 1991,
40:24lors d'un voyage à Téhéran du ministre Roland Dumas, porteur d'un gros chèque avec intérêt.
40:30Le président Mitterrand, en 1990, doit gracier les tueurs qui avaient sévi en France.
40:38Cela faisait partie du deal final.
40:49Un attentat en direct.
40:52Des dizaines de journalistes sont à pied d'œuvre.
40:54Une heure auparavant, une explosion a endommagé un centre médical.
40:58Et puis, sous les objectifs des caméras, une seconde déflagration, cette fois-ci à l'extérieur.
41:04La panique est totale.
41:06Plusieurs personnes sont blessées par des projections,
41:09essentiellement des pompiers et des journalistes, mais aucun n'est sérieusement atteint.
41:13Le bâtiment, visé par ce double attentat, abritait le planning familial.
41:17Des avortements y étaient régulièrement pratiqués.
41:20Les employés étaient au taux travail lorsque la première déflagration a secoué les murs.
41:24Les enquêteurs privilégient la piste d'un groupuscule anti-avortement.
41:27On les sait prêts à tout.
41:29Ces dernières années, ces militants fanatisés ont assassiné 5 médecins et employés de clinique.
41:34Leur seul tort, avoir pratiqué des avortements.
41:37Aux Etats-Unis, en fait, c'est ce qu'on appelle le terrorisme intérieur.
41:42Et ce terrorisme intérieur, il est à l'heure actuelle considéré par le département de la justice
41:48comme l'une des plus grandes menaces sur la sécurité aux Etats-Unis.
41:53Et c'est vrai que ça s'est développé depuis une cinquantaine d'années autour des questions de société
42:00et notamment l'avortement et en second rang, si j'ose dire, le mariage gay.
42:07Il y a une véritable stratégie qui a été, pendant toutes les années où l'avortement était pleinement légal aux
42:14Etats-Unis,
42:15de réduire le nombre de cliniques, de réduire le nombre de centres du planning familial,
42:23de réduire le nombre d'infirmiers et de médecins qui pratiquaient des avortements en leur faisant peur.
42:31Les premières victimes, ce sont quand même les femmes qui cherchent à avoir un avortement.
42:35Il y a eu beaucoup des piquets de grève, en quelque sorte, pratiqués en général par des militants très religieux,
42:42autour des cliniques pour dissuader les femmes d'entrer, pour les faire changer d'avis.
42:48En quelques dizaines d'années, c'est allé beaucoup plus loin.
42:51Meurtre, incendie, bombes déposées dans les cliniques, 11 personnes assassinées, 26 tentatives d'assassinat.
43:00Les victimes sont essentiellement des employés et des médecins.
43:05Et vous avez des médecins qui, par ailleurs, ont renoncé pour protéger leurs familles,
43:11puisque les familles sont également menacées.
43:14Et au-delà même des actes les plus graves, vous avez le harcèlement quotidien,
43:21les coups de fil au milieu de la nuit, les menaces de mort incessantes,
43:26les effractions dans les maisons, les menaces sur les familles entières.
43:30Donc c'est quelque chose, c'est une histoire très violente, cette histoire du terrorisme sociétal.
43:34Les pro-life disent qu'ils défendent la vie, la vie des enfants à naître, des fœtus innocents.
43:44Ce sont des gens qui se sentent habités par une mission, qui ont absolument totalement bonne conscience.
43:50Ils font l'œuvre du seigneur et en plus d'être pro-life, comme ils le disent,
43:55ils sont généralement pour le port d'armes et pour la peine de mort.
43:59Le fait de renvoyer le droit à l'avortement aux États, ça crée d'une certaine manière deux citoyennetés.
44:07Les femmes de Californie ont plus de droits que les femmes de l'Arkansas, par exemple.
44:13Les attaques contre les lieux identifiés comme des lieux gays, lesbiens, LGBT, c'est très ancien.
44:25D'abord, ça date de l'époque où l'homosexualité était illégale.
44:29Et puis même légalisée, ça n'a pas empêché des militants de s'attaquer.
44:35Aux États-Unis, malheureusement, l'acte le plus célèbre, c'est une fusillade terrifiante dans un club gay d'Orlando
44:42en 2010, où il y a eu 49 morts.
44:45À Oslo, le 25 juin 2022, en Norvège, un Iranien provoque une fusillade de masse dans un club gay et
44:53une discothèque faisant deux morts et 21 blessés.
44:57Il y a aussi un terrorisme anti-migrant, qualifié en général de crime de haine raciste.
45:03Ce terrorisme s'est développé avec le suprémacisme blanc.
45:07Cette haine est à l'origine de l'attentat anti-mexicain d'El Paso, au Texas, qui fit 23 morts
45:13et autant de blessés, le 3 août 2019.
45:16Aux États-Unis, en 2021, 61 tueries de masse ont fait 103 morts et 140 blessés.
45:26Les attentats terroristes d'extrême droite anti-musulmans de Chris Church, dans le sud de la Nouvelle-Zélande, le 15
45:33mars 2019, ont fait 51 morts et 49 blessés,
45:38lors d'une attaque contre deux mosquées, au nom du mythe du Grand Remplacement.
45:42Un héros nazi allemand suprémaciste pénètre dans un bar à Chicha, dans la ville d'Anao, et tue 11 personnes
45:51d'origine turque.
45:52Et toujours le terrorisme antisémite.
45:56Aux États-Unis, l'attaque de la synagogue de Pittsburgh le 27 octobre 2018, une tuerie qui fera 11 morts
46:03et 6 blessés.
46:04Un suprémaciste blanc est à l'origine de cette fusillade, le terroriste avant de tirer à crier « Tous les
46:11juifs doivent mourir ».
46:12En Allemagne, la police a recensé et surveille 12 700 néo-nazis.
46:18Le néo-nazi est un anticommuniste, homophobe, raciste et toujours suprémaciste blanc.
46:27Le troisième épisode de cette série sera consacré à la fabrique de l'islamisme radical en 1979,
46:35entre l'Iran, l'Afghanistan, l'Arabie saoudite, l'Union soviétique et les États-Unis d'Amérique.
46:41Le troisième épisode de la République, le troisième épisode de la République,
47:11Le troisième épisode de la République, le troisième épisode de la République,

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