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00:04Música
00:34Tous les terrorismes ont une histoire et une préhistoire qui éclairent les attentats d'aujourd'hui.
00:42Je crois que le terrorisme ça consiste à infliger le plus de souffrance possible en un temps record sans prévenir
00:51à des êtres humains innocents et sans défense.
00:56Le terrorisme est non seulement une violence politique, c'est également une arme rhétorique utilisée par ceux qui le dénoncent
01:04pour priver les activistes de toute légitimité.
01:08Le terrorisme c'est le stade ultime de la perversion, c'est tuer au nom de la vie, prétendument, c
01:14'est semer le malheur au nom du bonheur, prétendument.
01:17L'année 1979 est une année charnière pour le monde.
01:23L'académicien franco-libanais Amine Malouf l'a décrite comme l'année du grand retournement.
01:30Désormais, disait-il, c'est le conservatisme qui se proclame révolutionnaire,
01:35tandis que les tenants du progressisme n'auront plus d'autre but que la conservation des acquis.
01:42Il visait à la fois le début de l'offensive planétaire ultralibérale de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan,
01:49mais aussi le retour en force du religieux dans le monde.
01:531979, entre l'Iran, l'Afghanistan et l'Arabie Saoudite,
01:58avec le concours de l'Union soviétique et des États-Unis, se fabrique un nouvel islamisme radical.
02:05C'est très rare d'avoir des années comme 1979, en fait, dans l'histoire,
02:10où plusieurs événements s'enchaînent, s'influencent mutuellement,
02:15donc la révolution iranienne, surtout le retour de Khomeini en Iran,
02:20et l'invasion russe de l'Afghanistan,
02:24et la prise d'otages de la grande mosquée à l'Amec.
02:27Ces trois événements sont, d'une certaine façon, interconnectés.
02:37Le 1er février 1979, l'Ayatollah Romini est de retour à Téhéran,
02:44après une année ininterrompue de manifestations hostiles
02:47qui toutes réclamaient le retour d'exil du chef de l'opposition religieuse.
02:53Le 11, l'Iran devient une république islamique.
02:58Cette victoire est celle des chiites.
03:01Cette minorité de l'islam est majoritaire en Iran.
03:04Sunnites et chiites sont comme catholiques et protestants en Europe au XVIe siècle.
03:10Le clergé chiite vient de prendre le pouvoir dans un pays
03:14qui, à l'époque, comprenait 38 millions d'habitants,
03:17au cœur du Moyen-Orient pétrolier,
03:19et à la tête d'une révolution théologique
03:22qui va bouleverser la totalité du monde arabo-musulman.
03:35Cette révolution s'est fondée sur ce qu'on pourrait appeler,
03:39pour la première fois, vraisemblablement dans l'histoire de l'islam,
03:44le martyr comme idéologie fondatrice d'un mouvement de protestation.
03:53Dans les manifestations qui ont entraîné la chute du Shah,
03:57la foule conduite par les mollas affrontait les tirs à balles réelles
04:02de l'armée en charge de la répression.
04:05Les linceuls ensanglantés des morts s'affichaient sur les façades des immeubles.
04:10Le sacrifice était permanent dans toutes les avenues des villes iraniennes.
04:15Ces sacrifices ont permis le renversement du régime.
04:19Ils vont permettre aux chiites iraniens d'enseigner le martyr
04:23à l'ensemble du monde musulman.
04:28Lors de la cérémonie de la Shoura,
04:30qui commémore le massacre de l'imam Hussein et de sa famille,
04:34les fidèles s'auto-flagellent.
04:43Ali Shariati aura été un idéologue du martyr qui vantait le sacrifice.
04:48Ce sociologue et philosophe iranien,
04:51qui dans les années 70 à Téhéran
04:53aura été une vedette des prêches du vendredi
04:56dans une mosquée du nord de Téhéran,
04:59a croisé Jean-Paul Sartre, traduit Frantz Fanon,
05:02et milité au FLN algérien.
05:04Il défendait le principe d'une théocratie,
05:08c'est-à-dire d'un gouvernement par les religieux.
05:11Il aurait été assassiné par la police politique du Shah en 1977.
05:17Son message se réduisait à quelques thèmes mobilisateurs,
05:23à savoir, on n'a pas besoin du marxisme ou du communisme,
05:27on n'a pas besoin d'idéologie révolutionnaire,
05:29puisque l'islam est une idéologie révolutionnaire.
05:31Il faisait une sorte d'amalgame
05:34entre l'islam et ce qu'on pourrait appeler
05:37une sorte de communisme messianique et eschatologique,
05:41qui a eu un rôle fondamental dans la mobilisation des jeunes.
05:47Les idéologues, comme Sherati, ont pris le dessus sur Khomeini
05:51pour vraiment l'amener à créer une république islamique chiite.
05:59Il n'y avait pas de place pour une opposition plutôt laïque,
06:04pour une opposition plurielle.
06:06Donc, en effet, il y avait une guerre idéologique,
06:09à un moment donné, une lutte d'influence idéologique,
06:14en Iran qui a viré vers un islamisme,
06:18une nouvelle forme d'islamisme chiite,
06:20et un État contrôlé par les religieux.
06:24Une année après, il y a Saddam Hussein qui envahit l'Iran,
06:29qui pense que le régime est tellement affaibli
06:33qu'il peut prendre le contrôle des Provences arabes de l'Iran.
06:39Et non.
06:40Et pourquoi non ?
06:41Parce que les Iraniens ont trouvé une arme de guerre
06:45rédoutable, horrible, mais très efficace.
06:49La mort par le martyr, entre guillemets.
06:51Je me souviens encore de ces images
06:53où il y a des jeunes Iraniens
06:54qui se jettent sous le char ennemi
06:57et avec un culte de martyr à Téhéran,
07:01où, partout sur le mur, des immeubles à Téhéran,
07:05on trouve des fresques de jeunes Iraniens
07:08qui sont morts en se sacrifiant.
07:15Cet sentiment de responsabilité collective des chiites
07:19est utilisé pour créer un mouvement de martyr,
07:23à savoir de sacrifier sa vie dans une guerre.
07:28On sait d'avance qu'on va mourir.
07:30On sait d'avance qu'on va peut-être perdre.
07:32Eh bien, on va aller mourir.
07:34Il y a comme ce qu'il appelait un désir ardent de mourir,
07:38de mort sacrée.
07:41Dans la guerre entre l'Iran et l'Irak,
07:43qui fera 800 000 morts,
07:45le régime de Roménie va opposer
07:47à l'armement irakien fourni par la France
07:50et la Grande-Bretagne,
07:51le culte du sacrifice.
07:54Un jeune enfant de 13 ans se jette le 30 octobre 1980
07:58sous un char irakien avec une grenade.
08:03Le chiisme encourage et sanctifie ce mode d'action.
08:07Il a donné l'exemple et cet exemple a été mis en exergue
08:11par tous les mollards.
08:15À Beyrouth, en 1983,
08:18des terroristes du Hezbollah
08:20vont s'attaquer aux contingents français et américains
08:23avec des attaques suicides.
08:25Des sacrifiés au volant de camions
08:28précipitent des tonnes d'explosifs
08:30contre les cantonnements.
08:32En Palestine, lors de la deuxième intifada
08:35à partir de 2000,
08:36les brigades des martyrs d'El-Aqsa,
08:38proches du Fata,
08:40vont eux aussi avoir recours
08:41à l'attentat suicide.
08:43Ces attentats suicides
08:45ont quand même changé la face du monde.
08:48Sans cette culte du martyr
08:50et des attentats suicides,
08:51on n'aura pas eu le 11 septembre,
08:54on n'aura pas eu les attentats terribles
08:56de Daesh et tout ça.
08:58Donc cette révolution doctrinaire
09:00qui était très, très inspirée
09:02par les chiétons errants
09:03a eu des conséquences mondiales.
09:41L'Afghanistan avait été autrefois surnommé
09:44la Suisse de l'Asie,
09:45un pays bordé à l'ouest
09:47par l'Iran de Roménie,
09:48à l'est par le Pakistan islamisé
09:51et au nord, enfin,
09:52par les républiques musulmanes
09:54de ce qui s'appelle encore
09:56l'Union soviétique.
09:59Ce pays a été brutalement précipité
10:02au cœur de la guerre froide
10:03entre l'Est et l'Ouest.
10:05L'ancien président,
10:07le général Daoud,
10:08un non-aligné,
10:09était un protégé de Moscou.
10:11En 1978,
10:13les soviétiques changent de casting.
10:15Daoud est éliminé,
10:17Taraki, un communiste,
10:18prend le pouvoir,
10:19mais il ne fait toujours pas l'affaire.
10:21Il est assassiné au cours d'une réunion
10:23par son premier ministre, Amin,
10:25le 14 septembre 1979.
10:30Des maquilles anticommunistes
10:32se multiplient alors
10:33dans les vallées et les montagnes.
10:35Le 27 décembre 1979,
10:39Brezhnev lance l'armée rouge
10:40dans une guerre de type impérialiste.
10:42Elle va durer 9 ans.
10:44Les blindés soviétiques
10:45escortent des convois
10:47qui acheminent des armes,
10:48des munitions,
10:49des fournitures
10:49pour les bases russes,
10:51convoient tous vulnérables
10:53aux embuscades meurtrières
10:55des Moudjahidines.
10:59Les soviétiques décident
11:01de mettre fin au désordre
11:03en prenant Kaboul.
11:04Un commando du KGB
11:06est spécialement chargé
11:08d'exécuter Amin.
11:09Il est remplacé
11:10par Babrak Karmal,
11:12série shakespearienne.
11:14Les résistants afghans
11:16l'avaient surnommé
11:16le cœur et le cerveau
11:18de l'épopée afghane.
11:20Abdullah Azam,
11:21ce théoricien en charge
11:23de la propagation
11:23de la foi musulmane,
11:25se revendique
11:26comme un djihadiste
11:27hostile au terrorisme.
11:30De son expérience
11:31sur le terrain,
11:32il fait du djihad
11:33une obligation individuelle
11:35pour l'ensemble
11:36des musulmans.
11:38Les djihads,
11:41dans la tradition,
11:43de la propagation sunnite
11:45étaient surtout
11:46de faire,
11:47il y avait les grands djihads,
11:48c'était de faire
11:49un grand effort
11:52sur soi-même
11:53pour devenir
11:54un meilleur musulman,
11:56un meilleur être humain.
11:57Les petits djihads
11:59étaient la guerre,
12:01mais surtout
12:02la guerre
12:03contre une guerre
12:04de défense.
12:05Abd al-Aizam balaie tout ça,
12:07il dit, voilà,
12:09le vrai djihad,
12:10c'est le petit djihad,
12:11c'est le combat,
12:12et ce n'est pas uniquement
12:13les afghans
12:14qui doivent combattre,
12:16c'est une obligation
12:18pour tous les musulmans
12:19du monde.
12:20C'est comme ça
12:20qu'il a voulu atterrir
12:22des combattants étrangers,
12:24notamment des arabes
12:25ou Afghanistan,
12:26pour combattre
12:27l'Union soviétique.
12:28Et ce détournement
12:29ou cette transformation
12:30du concept djihad
12:32a des conséquences
12:33jusqu'à aujourd'hui.
12:34Sans Abd al-Aizam,
12:36il n'y aura
12:36zéro justification
12:37pour des jeunes européens
12:39ou des jeunes français
12:40de combattre
12:42avec Daesh
12:42en Irak et en Syrie,
12:43parce qu'avant,
12:45dans la jurisprudence islamique,
12:47c'était l'affaire
12:48des Syriens
12:49ou des Irakiens,
12:51mais surtout
12:51pas des Européens.
12:52Abd al-Aizam,
12:53c'est vraiment
12:54le père
12:54du djihadisme moderne
12:56ou du djihadisme tout court.
12:58C'est le personnage
13:01qui fait
13:01toute la révolution
13:03doctrinale,
13:04qui détourne
13:04le concept clé
13:05de l'islam,
13:06qui avait une énorme
13:08crédibilité
13:08au sein des extrémistes
13:10déjà à l'époque.
13:11Alors Abd al-Aizam
13:12lui-même était modéré.
13:13Il a toujours interdit
13:14les exécutions,
13:16les attaques
13:16contre les civils.
13:17Le discours d'Abd al-Aizam
13:19à ses troupes
13:19était très simple.
13:20Vous n'êtes pas là
13:20pour créer un état islamique
13:21en Afghanistan.
13:22Ça, c'est le problème
13:22des Afghans.
13:23Vous êtes là
13:24pour faire le djihad
13:26et soit pour mourir
13:27en martyr,
13:29soit pour revenir
13:30transformer
13:31et vous consacrer
13:32exclusivement
13:33au djihad mondial,
13:35au djihad global.
13:36Voilà, c'était ça
13:36l'histoire.
13:37Il dit, vous n'êtes pas
13:37en Afghanistan
13:38pour devenir afghan.
13:39Donc laissez les Afghans
13:40faire leur truc.
13:41Vous êtes en Afghanistan
13:42pour vivre une expérience mystique,
13:46mais également pour acquérir
13:47un professionnalisme militaire
13:49qui servira ailleurs.
13:51Le Saoudien Ben Laden
13:53fait ses classes
13:54auprès du leader idéologique
13:56Abdullah Azam
13:57qui a créé le bureau
13:58des services
13:59chargé de l'intégration
14:01des combattants volontaires.
14:03Azam meurt
14:04dans un attentat mystérieux
14:05en 1989.
14:07Le djihadiste Ben Laden
14:09va devenir un terroriste
14:11engagé auprès des talibans.
14:12Il est soupçonné
14:14d'avoir organisé
14:15les attentats
14:16contre les ambassades américaines
14:18au Kenya
14:18et en Tanzanie.
14:22Avant Abdullah Azam,
14:24il y avait Saïd Doub.
14:26Cet intellectuel participe
14:27à l'aile révolutionnaire
14:29des frères musulmans,
14:30une confrérie sunnite
14:32créée en Égypte
14:33en 1928.
14:35Les objectifs
14:35de cette société secrète
14:37sont à la fois
14:38la renaissance islamique,
14:40la dénonciation
14:41de l'Occident,
14:42la charia
14:43et la conquête
14:44du pouvoir.
14:47En 1952,
14:49K'toub soutient
14:50le putsch
14:51des officiers libres
14:52qui fait de Nasser
14:53leur haïs.
14:55En 1954,
14:58Nasser rompt
14:58avec les frères.
15:00Il fait arrêter
15:00tous les islamistes.
15:02K'toub est condamné
15:03à 15 ans
15:03de travaux forcés.
15:04Il sort de prison
15:06avant terme.
15:06Nasser lui propose
15:08de le nommer
15:09ministre de l'éducation.
15:10Il refuse.
15:12Nasser lui suggère
15:13de faire appel.
15:14Il serait gracié.
15:16K'toub refuse.
15:17Il choisit le martyr.
15:19Il est pendu
15:19au Caire
15:20en 1966.
15:22Depuis,
15:22il inspire
15:23les djihadistes.
15:26Saïd Koutt
15:27a fait ses études
15:28aux États-Unis
15:29qui est revenu
15:30dans les années 50.
15:31Il est revenu dégoûter
15:32la société occidentale,
15:35corrompue,
15:36aux mœurs légères.
15:37Saïd Koutt
15:38a totalement
15:39rejeté
15:40le modèle occidental
15:41et surtout,
15:43il a constaté,
15:45ou il a fait un constat
15:46qui a influencé
15:48tout le monde.
15:49Il disait
15:50que tous les gouvernements
15:52du monde arabe
15:53et musulman
15:54n'étaient pas
15:55des vrais musulmans.
15:57Ce n'étaient pas
15:57du tout
15:58des vrais musulmans.
15:58Ce n'étaient pas
15:59des hypocrites
16:00vendus à l'Occident.
16:02Et sa conclusion,
16:03c'était qu'il fallait
16:04se libérer
16:05de tous ces dirigeants
16:07dans le monde arabe
16:09et dans le monde musulman
16:10parce que c'était
16:11des traîtres
16:12à l'islam.
16:13Donc,
16:13il a appelé
16:14toutes les populations
16:15musulmanes
16:15de se soulever
16:16contre leur gouvernement
16:17dans une forme
16:18de djihad
16:19violent.
16:20Et lui,
16:21réellement préparé
16:22le terrain
16:23au djihadisme,
16:24au djihadisme
16:24qu'on connu après,
16:25soit Ben Laden
16:26ou Daesh,
16:28cette coupe,
16:28il est vénéré
16:29par les djihadistes
16:31comme un
16:32de leurs ancêtres
16:33très importants.
16:35Lorsque Ktoub
16:37dénonce
16:37tous les gouvernements
16:38arabo-musulmans
16:39comme infidèles
16:40et corrompus
16:41et appelle
16:42tous les musulmans
16:43à les balayer,
16:44il annonce
16:45l'avenir.
16:46L'attentat
16:46contre Sadat
16:47en 1981
16:48est l'oeuvre
16:49du djihad
16:50islamique
16:51égyptien
16:51dirigé
16:52par un colonel
16:54de l'armée.
16:54Le président Sadat
16:55est touché,
16:56deux balles
16:57aux côtés
16:57droits
16:57et aux bras.
16:57Sadat
16:58était un ancien
16:59proche
16:59des frères musulmans.
17:00Il était accusé
17:01de les avoir trahis.
17:02Il lui reprochait
17:03également
17:04les accords
17:05de Kem David
17:05avec Israël
17:07qui avait pourtant
17:07permis la restitution
17:09du désert
17:09du Sinaï.
17:11Cette menace
17:12d'attentat
17:12était connue
17:13de Sadat
17:13lui-même,
17:14ce qui avait
17:15entraîné
17:15l'arrestation
17:16préventive
17:17de 1500
17:17personnes
17:18sans pour autant
17:19réussir à identifier
17:20la cellule terroriste.
17:25Donc il y avait
17:25cette idée
17:26que l'islam
17:28était en marche.
17:29Et Saïd Koudb
17:30est celui
17:31qui dit
17:31non,
17:32c'est trop tard.
17:33Il faut qu'on se purifie
17:35nous-mêmes
17:35avant cette victoire
17:37parce que ça sera
17:37une fausse victoire.
17:38Ce qui caractérise
17:39profondément
17:40la pensée
17:40de Saïd Koudb
17:41c'est son pessimisme.
17:43Saïd Koudb
17:44ne croit pas
17:44que l'islam
17:45va reprendre le pouvoir.
17:46Il ne croit pas
17:46qu'il y aura
17:47une société juste
17:48musulmane
17:48qui va s'établir
17:49parce qu'il pense
17:51que les sociétés musulmanes
17:53ne sont plus musulmanes.
17:55Donc il se marginalise
17:57par rapport
17:57au mouvement
17:57des frères musulmans
17:58qui était un mouvement
18:00de conquête
18:00du pouvoir politique.
18:01Saïd Koudb
18:02pense que
18:02le verre est dans le fruit.
18:04C'est-à-dire
18:04qu'à l'intérieur
18:04même des sociétés musulmanes
18:06on a perdu
18:06parce qu'on est retourné
18:08à la situation
18:09d'ignorance
18:10d'avant
18:10à l'époque du prophète.
18:11C'est ça
18:11qui est fondamental
18:12chez Saïd Koudb.
18:15Et il pense
18:16que ce qui attend
18:17maintenant
18:17les musulmans
18:19ce sont des années
18:20de contraintes,
18:25de défaites
18:27qu'on va passer
18:28par l'obscurité.
18:29Seule une petite communauté
18:30de purs
18:31survivra
18:32mais qu'on n'est jamais sûr
18:33d'être parmi les purs.
18:34Saïd Koudb
18:35n'est pas un terroriste.
18:36Il n'a jamais soutenu
18:37les attentats,
18:39il n'a jamais
18:40encouragé qui que ce soit
18:41à mettre des bombes
18:43sur le marché
18:44par exemple,
18:45de même qu'Abdoul Azam.
18:47Ce ne sont pas des terroristes,
18:49ce sont des djihadistes,
18:50c'est-à-dire qu'ils pensent
18:51qu'effectivement
18:52la voie du salut
18:53c'est le djihad
18:54mais qu'il doit commencer
18:55comme un devoir religieux
18:56individuel.
18:57On a un film
18:58qu'on trouve
18:58sur Internet
19:00qui s'appelle
19:01Khoraba.
19:02Et Khoraba
19:02c'est le nom
19:03d'un achid,
19:04c'est-à-dire
19:05de ces psalmodis
19:06qui vont devenir
19:07extrêmement populaires
19:08parmi les djihadistes
19:10plus tard.
19:11Alors ça se passe
19:12à la fin des années 60
19:13probablement
19:14au moment
19:15où ces groupes
19:16étaient condamnés
19:16à mort
19:17et c'est un groupe
19:18de frères musulmans
19:19derrière des cages
19:20dans le tribunal
19:20qui sont condamnés
19:22à mort.
19:22Et à ce moment-là
19:23un d'entre eux
19:24se lève
19:25et se met à chanter
19:26à capella
19:27ce Nachid Khoraba.
19:29Khoraba
19:31Khoraba
19:32Khoraba
19:33Khoraba
19:34Khoraba
19:36Khoraba
19:36Khoraba
19:37c'est-à-dire
19:38les étrangers
19:39et c'est-à-dire
19:39nous sommes étrangers
19:40à ce monde.
19:41Nous sommes étrangers
19:42et nous allons vers la mort,
19:44etc.
19:45Dans ce texte,
19:47vous avez l'idée
19:47que les radicaux
19:48ne font pas partie
19:49de la société
19:50et que leur pureté
19:51les amène à la mort.
19:52Donc ici,
19:55par l'État égyptien,
19:57soit à la mort choisie
19:57dans le martyr.
20:00Então há uma généalogie, eu diria, do djihad, que é profondamente mortifére,
20:07que é profondamente fascinada por o martyre e que é profondamente pessimista.
20:16O djihadismo vai fermentar no chodron afghan.
20:20O ministro da Defesa americana vem soutenir os combateiros anticommunistas
20:25e compartilhar com eles a fé em Deus.
20:30Zbigniew Brzezinski é arrivado nos bagagens do presidente Carter
20:33como conseiller à a seguridade nacional, como sua estratégia em chefe.
20:39Sua principal adversária é o comunismo.
20:41Sua estratégia consiste a s'appuyer sobre todas as religiosas
20:45contra o que ele vai chamar o o empire do mal.
20:48Nós sabemos da sua confiança profunda em Deus
20:52e estamos confiados em que sua luta vai succeder.
20:56Viva aí, tchê mongta pata-está, tchê tchê os homusulmanes.
21:10Viva aí, tchê tchê os homusulmanes.
21:14Viva aí, tchê tchê os homusulmanes.
21:29Tchê tchê os homusulmanes.
21:36Tchê tchê os homusulmanes.
21:44Tchê tchê os homusulmanes.
21:53Frank Anderson de la CIA orchestre l'opération Cyclone.
21:58Aucun soldat américain sur le sol afghan.
22:01Les armes sont toutes de fabrication soviétique,
22:04d'autant plus facilement qu'elles sont rachetées au monde communiste.
22:09Ce qui n'empêche pas la livraison de missiles très modernes,
22:13des Stinger, qui vont massacrer les hélicoptères russes.
22:17L'Arabie saoudite verse des milliards
22:20et les services secrets pakistanais prennent en charge la logistique
22:24et notamment la formation de 100 000 moudjahidines
22:28entre 1978 et la fin de la décennie.
22:54Aux Etats-Unis, il y a un point de vue qui s'établit
22:58et dont Brzezinski deviendra plus tard le théoricien,
23:01c'est que le communisme et l'athéisme, c'est le mal
23:07et que la religion, c'est bien.
23:11L'Amérique est une nation bonne, positive,
23:16croyante, aimée de Dieu
23:18et l'URSS est une nation athée, communiste,
23:24qui incarne le mal.
23:25Et Brzezinski est celui, ou l'un de ceux en tout cas,
23:29les plus en pointe pour tenter d'utiliser les religions
23:34dans la lutte contre l'URSS et les satellites ou alliés de l'URSS.
23:40C'est pour ça qu'au Moyen-Orient,
23:43les pays laïques, voire même athées,
23:48les pays qui dépendent du Parti Basse,
23:50l'Irak, la Syrie ou alors l'Algérie,
23:55l'Égypte de Nasser sont considérés comme des ennemis
23:58et que les Américains, même avant Brzezinski,
24:01s'appuient sur les pays du Golfe,
24:05l'Arabie Saoudite, les pays croyants.
24:08Pour eux, l'islam n'est pas une menace,
24:10les gens qui croient en Dieu ne peuvent pas être mauvais
24:13ou pas être tout mauvais.
24:15L'émergence de Solidarność, le lien entre le Vatican,
24:20les prêtres polonais et la CIA,
24:23c'est déjà en germe dans les analyses de Brzezinski.
24:27Et évidemment, là où ça apparaît le plus fortement,
24:30c'est en Afghanistan.
24:32Au moment de la guerre soviétique en Afghanistan,
24:37c'est Brzezinski qui pousse à s'appuyer
24:39sur des groupes, des milices qui sont musulmanes,
24:45qu'on ne qualifie pas à l'époque d'islamistes,
24:49mais ce sont des croyants qui disent lutter pour leur foi
24:52contre l'URSS athée.
24:57Et donc, à partir de Brzezinski,
24:58il y aura cette politique justement
24:59de soutenir ces groupes, ces tribus,
25:03voire de les entraîner,
25:04de leur fournir des armes.
25:06Et ça jouera un rôle très important
25:08dans, finalement, le départ de l'URSS en 1989.
25:13L'Occident voulait à un tel prix
25:15battre l'Union soviétique
25:16que, spécialement les Américains,
25:18ont soutenu les éléments les plus rétrogrades,
25:22les plus extrémistes de la société afghane, d'abord,
25:26donc de gens qui, jusqu'à aujourd'hui, nous hantent.
25:29Donc, par exemple,
25:31le réseau Haqqani,
25:32qui gouverne en large partie l'Afghanistan aujourd'hui,
25:35était déjà présent à l'époque.
25:38Et l'Occident savait très bien
25:39que c'était des extrémistes rétrogrades
25:42qui respectaient nullement le droit de femme,
25:46qui voulaient établir un système
25:50conservateur extrémiste,
25:52déjà côté afghan.
25:54Et ensuite, l'Occident,
25:56elle a soutenu,
25:58ou indirectement soutenu,
26:00les Afghans,
26:02ce qu'on appelait les Afghans arabes,
26:04donc les combattants arabes,
26:08appelés par l'Arabie soudite
26:10de combattre en Afghanistan.
26:13Et là, c'est clairement
26:15qu'on a fait de grandes erreurs stratégiques.
26:18Les Américains n'ont peut-être jamais eu
26:20de contact direct avec Ben Laden,
26:22mais ils ont laissé faire,
26:23ils ont laissé livrer des armes
26:26par les Pakistans,
26:27à ces combattants arabes
26:28qui ont créé le djihadisme.
26:31Et pendant la guerre,
26:33les Occidentaux étaient vraiment
26:34nullement regardant
26:37qui étaient réellement
26:38ces combattants
26:39pour la liberté des Moudjahdines.
26:42Mais c'était évident
26:43que c'était vraiment
26:44les éléments les plus extrémistes
26:45qui étaient présents en Afghanistan.
26:48Pour les dirigeants américains,
26:50le djihad en Afghanistan
26:51faisait partie de la guerre froide
26:53entre l'Est et l'Ouest.
26:54La défaite soviétique
26:55était clairement
26:56le seul objectif recherché
26:58par Washington.
26:59Cette guerre
27:00aura fait un million de morts
27:02et tué 15 000 soldats russes.
27:04Lorsque les soldats
27:05de l'armée rouge
27:05battent en retraite en 1989,
27:08les différentes factions
27:09de Moudjahdines se combattent,
27:11détruisant encore plus
27:12un pays déjà en ruine,
27:14tandis que les Américains
27:15mettent fin
27:16à l'opération Cyclone
27:17et abandonnent l'Afghanistan
27:19à ses démons.
27:21Face au vide,
27:22les talibans
27:23prennent le pouvoir
27:24une première fois
27:24en 1996.
27:27Lorsqu'on interrogeait
27:28Brzezinski
27:29sur le terrorisme
27:31qui avait pu fermenter
27:33durant la guerre
27:34en Afghanistan,
27:34il répondait
27:35que la chute
27:36du régime soviétique
27:37n'avait pas de prix.
27:39Qu'est-ce qui est
27:40le plus important,
27:41disait-il,
27:42pour l'histoire du monde ?
27:43Les talibans
27:44ou la chute
27:45de l'Empire soviétique ?
27:46Quelques excités islamistes
27:49ou la libération
27:50de l'Europe centrale
27:51et la fin de la guerre froide ?
27:53L'année 1979
27:55ne s'achève pas
27:57dans les montagnes afghanes
27:58qui vont meurtrir
28:00les troupes soviétiques,
28:01mais en Arabie saoudite,
28:03dans la capitale
28:04du sunnisme musulman,
28:06contestée à son tour.
28:24Après l'Iran
28:25et l'Afghanistan,
28:26c'est en Arabie saoudite
28:27que se poursuit
28:28la fabrication
28:29du nouveau djihadisme,
28:30avec la prise en otage
28:32des lieux saints
28:33dans la capitale
28:34de l'Islam.
28:40Un commando terroriste
28:43de 250 fondamentalistes,
28:45dirigé par un ancien caporal
28:47de la garde nationale saoudienne
28:49et composé
28:50de nombreux étudiants
28:51de l'université islamique,
28:53tous se réclamant
28:55du wahhabisme le plus pur.
28:57Le mercredi 28 novembre,
29:00les médias diffusent
29:01des images
29:01des militaires saoudiens
29:03à côté de la Kaaba,
29:05l'endroit le plus sacré
29:06de l'Islam,
29:07puisqu'il abrite
29:08une pierre noire
29:09contemporaine,
29:10selon Mahomet,
29:12d'Adam et Ève.
29:13Après le tournage
29:14de ces images,
29:15la famille royale
29:16se résout
29:17à faire appel
29:17à une aide technique
29:18extérieure.
29:19Le GIGN français
29:21est sollicité.
29:24Un jour,
29:26je reçois un coup de téléphone
29:27de mon directeur
29:28me disant
29:29qu'on est convoqués
29:30à la présidence.
29:31J'avais entendu parler
29:33de la prise d'otage
29:35à la Mecque.
29:35Mahomet est né là-bas,
29:37la religion musulmane
29:39a été créée là-bas.
29:40Donc, à partir du moment
29:41où il y avait une prise d'otage
29:42sur la grande mosquée,
29:44c'est tout le monde musulman
29:46qui était touché.
29:47C'était la grande mosquée
29:48qui était prise en otage.
29:49C'était le symbole
29:50du monde musulman
29:52qui était prisonnier
29:53de gens
29:54qui contestaient
29:55le pouvoir saoudien
29:57sur la grande mosquée
30:00et sur la Kaaba.
30:02La prise d'otage
30:03a été faite
30:04par un ancien caporal
30:05de la garde nationale
30:06pour destituer le roi
30:09et toute la famille
30:11des Saouds
30:13qui étaient considérés
30:16comme étant d'abord
30:18vendus à l'Occident
30:19mais également
30:21ne respectant plus
30:22les préceptes de la religion.
30:24Ces mouvements
30:25étaient dirigés
30:26en particulier
30:27par quelqu'un
30:29qui sera présenté
30:30comme étant
30:31un envoyé
30:33du prophète
30:34qui était le Mahdi
30:35et qui était
30:37en fait
30:39quelqu'un
30:40qui,
30:40un peu comme Jésus-Christ,
30:41l'a représenté
30:42pour la religion catholique,
30:44le représentant de Dieu
30:45qui devait être envoyé
30:47pour sauver
30:48la religion.
30:50La quantité
30:52de personnel
30:53qu'a perdu
30:53l'armée saoudienne
30:54a fait
30:55qu'une panique
30:58générale
30:59s'est faite
31:00au niveau
31:01du gouvernement
31:01qui réalisait
31:03qu'il ne pourrait plus,
31:04il n'était plus
31:05en mesure
31:06de monter une opération.
31:07C'est ce qui les a conduits
31:09à demander
31:10au gouvernement français,
31:11en particulier
31:12au président
31:13Giscard d'Estaing,
31:14l'aide de l'État français
31:15à travers le GIGN.
31:17Ce qui fait que
31:18il me dit
31:19vous allez faire comment ?
31:21J'avais vu le bâtiment,
31:22je savais
31:23qu'ils étaient
31:24dans les bâtiments
31:25réfugiés
31:26dans les souterrains,
31:27les sous-sols
31:27de la Grande Mosquée.
31:28Et je lui dis
31:29je vais faire
31:29comme les taupes.
31:31Il me dit
31:31comment ça ?
31:33Je dis
31:33je vais les enfumer.
31:34Un système
31:38fondé sur
31:39l'utilisation
31:40du chlorobenzène
31:42qui est utilisé
31:43en maintien de l'ordre
31:43mais sur un taux
31:45de saturation
31:45beaucoup plus important
31:46avec de la poudre
31:48de CB.
31:49Et cette poudre,
31:51quand vous en mettez
31:5210 grammes,
31:5210 grammes,
31:53ça n'a l'air rien du tout,
31:54vous soufflez
31:54et ces 10 grammes
31:56font que ça devient
31:57irrespirable
31:58et qu'on est obligé
31:59de sortir.
32:01J'avais calculé
32:02qu'il fallait
32:03300 kilos
32:04de CB pur.
32:05Il fallait
32:06pied à pied
32:08saturer
32:08toutes les pièces
32:09qui étaient prises
32:11d'assaut.
32:12Mais il fallait
32:13surtout convaincre
32:14les Saoudiens
32:17de l'efficacité
32:19du dispositif.
32:27La grande mosquée
32:28a été effectivement
32:29libérée
32:29par l'utilisation
32:31des gaz
32:31qui a obligé
32:33le Mahdi
32:34et tous ces hommes
32:35à sortir
32:36et qui font d'ailleurs
32:37que dans les photos
32:38qu'on a de l'époque,
32:39on voit bien
32:39qu'ils ont
32:40les yeux tout rouges,
32:41qu'on voit bien
32:42l'efficacité
32:44du CB
32:45tel qu'il a été
32:46utilisé
32:47au cours
32:47de l'opération.
32:48Il a été tué
32:49à peu près
32:49selon les chiffres
32:51qui ont été donnés
32:52environ 130 hommes
32:54je crois
32:56du commando
32:58et il en est resté
33:0165 vivants
33:02qui ont été
33:02faits prisonniers
33:03et qui ont été
33:04décapités
33:05un mois après.
33:11Le régime saoudien
33:13reprend le contrôle
33:14de la Mecque
33:14au soir du 4 décembre
33:161979,
33:1815 jours après
33:19le début
33:20de la prise d'otages.
33:21Les survivants
33:22du commando terroriste
33:23sont en majorité
33:24saoudien.
33:25Ils seront exécutés
33:26sans jugement.
33:28Il apparaît rapidement
33:29que ce commando
33:30est issu
33:30d'un réseau clandestin
33:32actif au sein
33:33du royaume
33:33et dirigé
33:34par Juleman
33:35Al-Ottabi
33:37le leader
33:37du groupe terroriste.
33:40Les princes
33:41ont dû négocier
33:42avec les théologiens
33:43du wahhabisme
33:44la version ultra
33:45de la religion musulmane
33:46qui en ont profité
33:48pour obtenir
33:49des concessions
33:50sur la doctrine religieuse
33:51qui depuis fait écho
33:53au discours
33:54des insurgés.
33:55La monarchie saoudienne
33:57est sous
33:59deux pressions
34:00énormes
34:01dans cette année
34:021979.
34:04De l'un côté,
34:07la prise d'otages
34:08à la Mecque,
34:08donc la grande mosquée
34:09de la Mecque,
34:11le simple et simple
34:12de l'islam
34:13est prise
34:14par des extrémistes.
34:17Et de deux côtés,
34:18de l'autre côté,
34:19vous avez
34:19la révolution uranienne
34:21qui
34:24met en question
34:26le leadership saoudienne,
34:28le rôle
34:29des saoudiens
34:30comme
34:30leader
34:32du monde musulman,
34:34comme
34:34vrai souverain
34:35islamique,
34:37comme gardien
34:38de l'usant
34:39de l'islam.
34:42Donc la monarchie
34:43saoudienne
34:44se trouve
34:44dans une situation
34:46très délicate,
34:47pression intérieure.
34:49Donc qu'est-ce
34:49qu'ils font
34:49les saoudiens ?
34:50Elles essayent
34:51de créer
34:52plus de supports
34:53intérieurs,
34:54déjà,
34:54donc,
34:56elles font
34:56des compromis
34:57avec
34:58des extrémistes
34:59non-violents,
35:00mais religieux,
35:02saoudiens
35:02qui étaient
35:03plutôt en opposition.
35:06Ils leur disent,
35:07écoutez,
35:08si vous nous supportez
35:10comme monarchie,
35:11on vous donne
35:12déjà des postes
35:13très importants.
35:14Et deuxièmement,
35:16on va vous donner
35:17beaucoup d'argent.
35:19Et on va généralement
35:20donner beaucoup
35:21d'argent
35:21pour l'étranger,
35:23pour promouvoir
35:26l'islam saoudien
35:29à l'étranger,
35:32spécialement en vue
35:33du danger iranien,
35:35pour garder
35:37comme monarchie
35:38le rôle
35:40de vrais défendeurs
35:41et vrais représentants
35:43de l'islam.
35:43L'arabie des Soudites
35:44et des Soudiens
35:45ont toujours dit
35:46que nous sommes
35:47les seuls
35:48pays vraiment islamiques.
35:49On n'a pas besoin
35:50de constitution.
35:51La constitution,
35:51c'est le Coran.
35:54On est gardien
35:55des deux lieux saintes
35:56de l'islam.
35:58Donc,
36:00la concurrence
36:01iranienne
36:02n'était pas bienvenue.
36:03Nous dirons,
36:04avec une stratégie
36:05très, très, très
36:06long terme,
36:07aujourd'hui,
36:08des zones
36:09d'influence
36:09très importantes
36:10au Liban,
36:11en Syrie,
36:12en Irak
36:12et au Yémen.
36:14Donc,
36:14l'arabie des Soudites
36:14se sont encerclés,
36:16très encerclés.
36:241979,
36:26c'est le début
36:26de la fin
36:27pour la superpuissance
36:28communiste
36:28qui avait résisté
36:30à la guerre froide
36:31mais qui ne se remettra
36:32pas des dix années
36:33de guerre
36:34en Afghanistan.
36:35L'URSS va imploser
36:36et sera autodissoute
36:38douze ans plus tard.
36:401979,
36:42c'est la disparition
36:43du nationalisme arabe.
36:45Il est balayé
36:46par le nouveau djihadisme
36:47inspiré
36:48par le culte
36:49du martyr.
36:50La tentative
36:51laïque
36:52a fait long feu.
36:53La question
36:53palestinienne
36:54est la principale
36:55victime
36:56de cet effacement.
36:581979,
36:59c'est le retour
37:00des guerres
37:01de religion.
37:01Les affrontements
37:03entre chiites
37:04et sunnites,
37:05entre iraniens
37:06et saoudiens,
37:07entre hindous
37:08et musulmans
37:08engendrent chaque jour
37:10des saints
37:11barthélémy
37:11et des orgies
37:13de sang.
37:151979,
37:16c'est la mise
37:17en place
37:17d'une internationale
37:18djihadiste
37:20constituée
37:20par les arabes
37:21qui ont participé
37:22à la guerre
37:23contre les russes,
37:24surnommée
37:25les afghans
37:26et qui se sont répandus
37:27dans le monde
37:28arabo-musulman
37:29en Algérie,
37:30en Bosnie,
37:31en Tchétchénie,
37:32en Syrie,
37:33au Yémen.
37:351979,
37:37c'est le début
37:38de la croisade
37:38contre l'Occident,
37:39le nom donné
37:40au rejet
37:41de la civilisation
37:42démocratique,
37:43du parlementarisme,
37:44de la séparation
37:45du politique
37:46et du religieux
37:47et de la liberté
37:48d'expression.
37:511979,
37:53voit la naissance
37:54de grandes centrales
37:54terroristes planétaires
37:56avec Al-Qaïda
37:57à la suite
37:58de l'attentat
37:59contre le World Trade Center
38:00de New York
38:01puis plus tard
38:02avec l'État islamique.
38:27Ils ont vraiment fait ça.
38:44Le djihadisme,
38:44il a beaucoup d'avenir.
38:46C'est-à-dire,
38:46là,
38:46on n'est déjà pas très lucide
38:47sur l'expansion
38:48du djihadisme.
38:50C'est-à-dire,
38:51il n'y a pas
38:51un seul pays
38:52au monde
38:53où il n'y a pas
38:55quelques sympathisants
38:56djihadistes.
38:57Donc,
38:57l'expansion
38:58du djihadisme
38:59était tellement énorme
39:00et ils n'ont pas
39:01fait grande chose
39:02contre.
39:03Donc,
39:05en fait,
39:07on a crié victoire
39:09quand Al-Qaïda
39:10a été détruit
39:11en Afghanistan
39:12suite à 2001.
39:13On a crié victoire
39:14quand Bin Laden
39:14est mort.
39:15On a crié victoire
39:16quand le pseudo-kalife
39:18était éliminé.
39:20Mais l'idéologie,
39:21en soi,
39:22n'était jamais
39:23si omniprésente.
39:24Ça se manifeste
39:25peut-être pas,
39:26toujours par les attentats,
39:27mais l'idéologie,
39:30elle est connue,
39:31elle est ancrée,
39:32elle est présente
39:33dans tellement de pays
39:35que ça va être
39:37un combat
39:37à longue haleine.
39:44La prévision
39:45d'Assiem-Eldi-Fraoui
39:46s'est révélée exacte.
39:48Le nombre d'attentats
39:50est au plus haut
39:51depuis 2004.
39:52Entre 1979
39:55et mai 2021,
39:58on a dénombré
39:5848 000 attentats islamistes
40:01ayant fait au total
40:02plus de 210 000 morts.
40:09Dans cette guerre de religion,
40:12les victimes sont à 82%
40:15des musulmans.
40:43Ce matin-là,
40:45les terroristes du Hamas
40:46et leurs associés
40:47déclenchent
40:48l'attentat
40:49le plus sanglant
40:50de l'histoire d'Israël.
40:5229 brèches
40:53sont ouvertes
40:54dans la barrière
40:55de sécurité.
40:56Plus de 2 000 terroristes
40:58s'engouffrent en Israël
41:00à pied,
41:01en parapente,
41:02en moto,
41:03en bulldozer
41:04et en voiture.
41:05Ils attaquent
41:06les kiboutts environnants,
41:08le festival de musique
41:09en cours
41:10et ils mitraillent
41:12tous les véhicules
41:13qui empruntent la route
41:14qui longent
41:15la bande de Gaza.
41:181160 personnes
41:20seront assassinées
41:22au cours
41:22de cette matinée.
41:24240 femmes,
41:26enfants
41:26et vieillards
41:27sont kidnappées
41:28et ramenées
41:29dans les souterrains
41:30du Hamas
41:31pour servir d'otages.
41:33Au pogrom
41:34a répondu
41:35un carnage guerrier
41:36faisant des dizaines
41:37de milliers
41:38de victimes
41:38à Gaza
41:39parmi
41:40les réfugiés
41:41palestiniens
41:42provoquant
41:43une tension
41:44politique
41:44et militaire
41:45dans tout
41:46le Moyen-Orient.
41:48Est-ce que
41:50c'est la pire
41:52catastrophe
41:52qui est connue
41:53Israël ?
41:54Le 7 octobre ?
41:56Oui.
41:57Oui,
41:58sans conteste.
42:00Là,
42:00c'est qu'on a eu
42:00un massacre
42:01d'une ampleur
42:02inouïe
42:04sur le territoire
42:06souveraine
42:06d'Israël,
42:08des gens
42:08qui n'ont pas
42:09été protégés
42:10par l'État
42:11qui ont été créés
42:12précisément pour ça,
42:13pour que des choses
42:14pareilles
42:15n'arrivent plus.
42:16Et donc,
42:17ça a été
42:18un choc,
42:19un traumatisme
42:20vraiment grave,
42:22profond,
42:23dont nous ne sommes
42:24pas encore sortis.
42:25On a créé
42:26les conditions
42:27pour que ça
42:28puisse se produire.
42:30Et,
42:30en clair,
42:32le Hamas
42:33est une
42:35organisation
42:35fondamentaliste
42:36terroriste
42:37qui s'est installée
42:38au pouvoir
42:39à Gaza,
42:40d'abord par des élections,
42:41ensuite par une guerre
42:42civile brutale
42:43en 2007
42:44qui a chassé
42:45le Fatah,
42:47l'autorité
42:48palestinienne,
42:49et qu'Israël,
42:51ensuite,
42:52a non seulement
42:53toléré,
42:55mais a favorisé
42:57par rapport
42:58à la concurrence
43:00de l'autorité
43:00palestinienne
43:01parce que
43:02cela servait
43:04les intérêts
43:07idéologiques
43:07de Netanyahou
43:09et de son camp.
43:11À plusieurs reprises,
43:12il a dit
43:12le Hamas
43:13c'est bon pour nous.
43:14Et,
43:15sous notre barbe,
43:17ils se sont armés,
43:19ils ont construit
43:20cette espèce
43:21de métro
43:22incroyable
43:23de plus de
43:24500 kilomètres
43:25de tunnel
43:26qui vont
43:27jusqu'à 80 mètres
43:29en profondeur
43:30ou peut passer
43:31une Jeep
43:32facilement.
43:33C'est un travaux
43:34gigantesque.
43:35En bref,
43:35ils ont construit
43:36une forteresse
43:37de terreur
43:39dont le Hamas
43:40était seul
43:43souverain.
43:44Ils chauffaient
43:46la frontière,
43:46ils lançaient
43:47des roquettes
43:47et on intervenait,
43:50on ripostait
43:51et puis on avait
43:51un cesseur de feu
43:52et ça allait commencer.
43:54C'était une espèce
43:55de routine
43:57mais qui était
43:58complètement
43:58dans les mains
43:59du Hamas.
43:59C'est ainsi
44:00que nous avons vécu
44:01jusqu'au 7 octobre
44:02et l'attaque
44:04du Hamas
44:04a réussi
44:05à nous prendre
44:06par surprise.
44:07Ce qui est extraordinaire
44:09étant donné
44:09que nous avons
44:10supposément
44:11les meilleurs
44:12services
44:13du monde,
44:15les meilleurs
44:15moyens technologiques
44:16et c'est précisément
44:18l'excellence
44:19de ces dispositifs
44:21technologiques
44:21humains
44:23qui nous a fait
44:25trébucher.
44:27Il n'y a pas
44:27pire terrorisme
44:28que le terrorisme
44:29religieux.
44:30C'est là
44:31qu'intervient
44:32la dimension
44:34purification
44:34de la terre.
44:36C'est-à-dire
44:36ces gens-là,
44:38il ne suffit pas
44:39de les éliminer,
44:41il faut les extirper
44:43pour purifier
44:44la terre
44:45de cette souillure.
44:46Il faut y aller
44:49vraiment
44:49avec tous les moyens
44:50de l'éventrement
44:51des femmes
44:52enceintes,
44:52on arrache
44:53le bébé,
44:55on tue
44:56des nourrissons
44:57à bout portant,
44:58des scènes
44:59absolument hallucinantes.
45:00On a
45:02des phénomènes
45:03du même type,
45:06des juifs
45:07extrémistes
45:08religieux
45:10dont la tête
45:11est faite
45:11de la même manière.
45:12Et si vous lisez
45:13les textes
45:13des uns et des autres,
45:14vous voyez
45:14qu'ils sont
45:15parfaitement
45:15symétriques.
45:16le Hamas
45:17à sa manière
45:18a remis
45:19la question
45:19palestinienne
45:20sur la table.
45:22Tant qu'on ne traite pas
45:23la question
45:25de base,
45:26la question
45:26qui nous empoison
45:28la vie
45:28et de laquelle
45:30tout dépend,
45:31la question palestinienne,
45:32tant que ce cancer-là
45:33restera non traité,
45:35vous pouvez signer
45:36tous les accords
45:37du monde
45:37avec n'importe qui,
45:40rien ne sera réglé.
45:41Elias,
45:42quand il y a eu
45:43l'attentat du Hamas,
45:45t'as réagi comment ?
45:48J'ai réagi
45:49avec beaucoup
45:50beaucoup
45:50d'émotion
45:51et surtout
45:53d'incompréhension.
45:55Je pense
45:55qu'il avait
45:57chez le concepteur
45:59cette étape
46:00une volonté
46:02de traumatiser.
46:03Une volonté
46:04de traumatiser
46:05qui était due
46:07à une connaissance
46:08assez impressionnante
46:10des réactions
46:11éventuelles
46:12des Israéliens
46:13s'ils étaient
46:14attaqués
46:15de cette façon.
46:16C'est-à-dire
46:16que celui
46:17qui a conçu
46:17cette opération
46:18savait qu'il y avait
46:19une obsession
46:20de disparition
46:21chez les Israéliens
46:23et que ce type
46:24d'attaque
46:24ne pouvait faire naître
46:26qu'une conviction
46:27que malgré
46:29toute la suprématie
46:30militaire
46:30de l'armée israélienne,
46:32ils étaient menacés
46:34dans leur existence.
46:35Par contre,
46:36sur la réalité,
46:38s'il n'y a pas
46:39d'expulsion,
46:39s'il n'y a pas
46:40de Nakba,
46:41si le colon
46:41n'arrive pas
46:42aujourd'hui
46:42à renvoyer
46:43ceux qui restent
46:44des Palestiniens
46:45vers les pays
46:46arabes voisins.
46:48Nous sommes de fait
46:49dans un espace
46:50délimité
46:51qui couvre
46:53tout ce qu'était
46:54ce qu'on appelait
46:54la Palestine historique,
46:55celle du mandat britannique,
46:58où démographiquement,
47:00démographiquement,
47:01et ça on peut le voir,
47:02nous sommes
47:03à égalité de nombre.
47:06Vous avez
47:07grosso modo
47:087 millions
47:09et 7 millions.
47:10C'est la première fois
47:11dans son histoire
47:12qu'Israël
47:13n'apparaît plus
47:14aux yeux du monde
47:15comme attaqué.
47:16Jusqu'à présent,
47:17toutes les offensives
47:18israéliennes
47:19étaient perçues
47:20comme des guerres
47:21défensives.
47:22C'est fini.
47:52Sous-titrage ST' 501
48:06Depuis l'aube des temps,
48:08les hommes
48:08dans un environnement
48:10hostile
48:10affrontent
48:11effroi,
48:12épouvante,
48:13mais aussi
48:14la terreur
48:14que leur Dieu
48:15leur inspire.
48:17C'est Dieu
48:17que les hommes
48:18ont inventé
48:19et auquel
48:20il faut obéir
48:21pour essayer
48:22d'adoucir
48:22leurs décisions
48:23et leurs caprices
48:25supposées.
48:26La terreur
48:27est vieille
48:28comme le monde.
48:29Très vite,
48:29elle a été utilisée
48:30comme une technique
48:32de pouvoir,
48:33comme un moyen
48:34de domination
48:34et bientôt
48:35comme une politique
48:37lorsque la fin
48:38doit justifier
48:40les moyens.
48:41Le terrorisme
48:42en a découlé
48:43naturellement.
48:44Au premier siècle
48:45de notre ère,
48:46les Juifs
48:47de Judée
48:47s'insurgent
48:48contre la domination
48:50romaine.
48:50L'une des premières
48:52organisations terroristes
48:53de l'histoire
48:54voit le jour
48:55avec les zélotes.
48:57Leur technique
48:57consistait à utiliser
48:59des lames d'acier
49:00pour poignarder
49:01au milieu
49:02de la foule
49:02des soldats
49:03et des fonctionnaires
49:04romains.
49:05Car c'est une constante
49:07de l'histoire
49:07du terrorisme.
49:08Chaque attentat
49:09s'inspire
49:10de tous ceux
49:11qui l'ont précédé.
49:13L'attentat du Hamas
49:14contre les Israéliens
49:16le 7 octobre
49:172023
49:18s'inspire
49:19à la fois
49:19du bain de sang
49:20de la Saint-Barthélemy
49:22française
49:22de 1572
49:24lorsque les ultra-catholiques
49:27ont égorgé,
49:28défenestré,
49:29noyé
49:29les protestants
49:31rassemblés
49:31à Paris.
49:32Comme les concepteurs
49:33de l'attentat
49:34du Hamas
49:35en Israël
49:36trouvent
49:36dans les exécutions
49:38de masses staliniennes
49:39des années 30
49:40comme dans
49:41la nuit
49:42de cristal nazie
49:43et dans les pogroms polonais
49:45d'avant-guerre
49:46mais aussi
49:47dans les attentats
49:48à Kalachnikov
49:49plus récents
49:50du 13 novembre
49:52à Paris
49:53contre les terrasses
49:54des restaurants
49:54et contre les salles
49:56de concert
49:56des techniques
49:58et des procédures
49:59inspirantes.
50:01On assiste
50:02depuis les dernières décennies
50:04au retour
50:04des religions meurtrières
50:06spécialement
50:06avec le revival
50:08de l'islamisme radical.
50:10Il existe
50:11une multitude
50:12de définitions
50:13du terrorisme
50:14appellation utilisée
50:16pour tout
50:17et souvent
50:17n'importe quoi
50:18mais il en est une
50:20qui fait
50:21la vraie différence
50:22lorsque ce sont
50:23les civils
50:24qui sont visés
50:26en tant que tel.
50:27Notre série
50:28démontre
50:29que
50:29ces histoires
50:30barbares
50:31ne sont malheureusement
50:33pas prêtes
50:34à prendre fin.
51:01Sous-titrage Société Radio-Canada
51:06Sous-titrage Société Radio-Canada

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