00:00Europe 1.
00:02Pascal Pro et vous.
00:04Nouvelle journée de mobilisation, pardonnez-moi,
00:08même si 96% des lycées et des universités sont ouverts.
00:12Aujourd'hui, nous sommes avec Baptiste Gilly, délégué national de l'Uni,
00:16et nous sommes avec Gérard Carrérou.
00:18Je vous propose d'écouter Ria de Rani, c'est le président de l'union syndicale lycéenne.
00:21Il était place de la Bastille.
00:23Les revendications doivent être entendues.
00:25Hier, M. Lecornu nous a fait du pipeau et de la flûte
00:28parce qu'il n'a aucunement répondu aux revendications des lycéens et lycéennes.
00:32Aucune mesure concrète à l'heure d'aujourd'hui.
00:35Alors oui, la mobilisation continuera et nous ne lâcherons rien
00:38parce que le rapport de force est de notre côté.
00:40Et je tiens à réaffirmer le soutien total de toutes nos organisations
00:44aux lycéens et lycéennes qui se mobilisent.
00:47Première intervention, Ria de Rani.
00:48Deuxième intervention, celle de Sabrine Karbak.
00:51J'espère que je le prononce bien.
00:53Elle est porte-parole de l'union étudiante.
00:55Nous sommes rejoints par tout le monde du travail,
00:58par les agriculteurs, par les pompiers, par les professeurs, par les enseignants
01:01et pour se battre pour nos conditions d'études.
01:04Hier, on a rencontré le ministre de l'Enseignement supérieur
01:06qui n'a rien à sous nous dire, aucun engagement
01:08qui nous dit qu'il va clarifier sur les questions de parcours sup.
01:11Mais on n'a pas besoin qu'on nous clarifie.
01:12On a besoin de mesures concrètes tout de suite maintenant.
01:15Tant qu'il n'y aura pas 10 milliards qui seront sur la table,
01:17on n'arrêtera pas de se mobiliser.
01:19Et d'ailleurs, j'appelle toutes et tous
01:21à rejoindre encore plus massivement les mobilisations,
01:24à rejoindre encore plus fortement les manifestations.
01:26Dès ce mardi, grandes manifestations sur tout le territoire
01:29qu'il faudra rejoindre largement.
01:31Quel est votre avis sur Parcoursup à l'Uni ?
01:35Sur Parcoursup, nous, on pense qu'effectivement, c'est perfectible.
01:38Il y a des problèmes à rééquilibrer,
01:40notamment la place non pas des étudiants de banlieue
01:42ou des étudiants de centre-ville,
01:43mais des étudiants de la France périphérique,
01:44qui sont les grands oubliés de cette plateforme.
01:46Mais globalement, c'est une plateforme qui fonctionne,
01:48qui permet de mettre en relation les universités,
01:50l'offre et la demande.
01:51C'est aussi simple que ça.
01:53Et surtout, c'est mieux que le système qu'on avait avant,
01:55qui faisait parfois recours au tirage au sort,
01:58alors que dans Parcoursup, c'est du tout.
02:00Qu'est-ce qui est contesté par Riyad Rani ou par Sabrine Karbach ?
02:04Cette plateforme en elle-même, selon eux,
02:06elle met en place un tri raciste et social,
02:08ce qui est totalement faux.
02:09Et au contraire, on se rend compte que cette plateforme,
02:11elle met aussi en avant, voire plus qu'avant,
02:14les étudiants des quartiers populaires
02:16et des banlieues sensibles.
02:18Donc voilà, c'est une revendication de plus
02:20pour s'opposer aux institutions.
02:23Mais en fait...
02:23Bon, je n'ai jamais été confronté à Parcoursup,
02:25ni lorsque j'étais évidemment étudiant.
02:27Et puis lorsque mes enfants étaient en âge d'aller à l'université,
02:32Parcoursup n'existait pas encore.
02:34Mais je vois beaucoup de gens qui parlent de stress,
02:36de pression, d'enfer,
02:37de choix qui ne sont pas respectés, etc.
02:40Ou c'est le douzième choix qui est validé,
02:44c'est ce que j'entends.
02:45Alors, je ne suis pas un spécialiste de Parcoursup,
02:47tout cela n'est pas vrai ?
02:49Ça dépend.
02:49En soi, si, effectivement, il y a une pression.
02:51Oui, faire des choix,
02:52faire des choix de son orientation,
02:54ça induit une pression.
02:54Parce que oui, on fait une décision,
02:56on prend une décision
02:57qui va avoir un impact machinalement
02:58sur les prochaines années et sur sa vie.
03:00Donc effectivement...
03:00Mais vous, par exemple,
03:01ce que vous aviez demandé, vous l'avez eu ?
03:03Oui, j'ai eu en partie.
03:03Après, forcément...
03:04Mais ça veut dire quoi en partie ?
03:05Vous aviez demandé quoi, par exemple,
03:07en sortir de Terminal ?
03:08Moi, par exemple, j'avais demandé les IEP et Sciences Po,
03:11puis ensuite des universités de droit.
03:13j'ai eu une université de droit à Nice,
03:15puisque je venais du Sud,
03:16j'ai eu celle de Aix,
03:17et ensuite j'ai été pris dans un des IEP,
03:19en l'occurrence Grenoble.
03:20Mais en réalité...
03:21Mais pour aller dans un IEP,
03:22il faut passer par Parcoursup ?
03:24Oui, exactement.
03:25On ne peut pas tenter le concours de Sciences Po Paris ?
03:28Si, justement.
03:28En réalité, Parcoursup oriente seulement les étudiants
03:31vers les concours quand il y en a,
03:33ou alors pour les universités,
03:35fait un classement selon le niveau.
03:36Et ça, en fait, eux ont une vision
03:38de l'université et de l'enseignement supérieur
03:39qui doit être ouverte à tous, aux quatre vents.
03:41Tout le monde doit pouvoir avoir sa place.
03:42Ce qui est en partie, depuis 50 ans,
03:44détruit l'université française.
03:45Et en fait, forcément,
03:46ça ne leur convient pas quand il y a une sélection.
03:47Oui, ils ne veulent pas de sélection.
03:48Ça, je comprends.