00:00Europe 1.
00:01Pascal Pro et vous.
00:03Il est 16h17 et nous sommes avec Stanislas Gonon, délégué national du syndicat de police alliance.
00:08Et nous sommes avec Maxime, 17 ans, qui est dans le puits de Dôme.
00:11Bonjour Maxime.
00:12Bonjour Monsieur Pro.
00:13Et merci Maxime, vous êtes lycéen ?
00:16Exactement, en classe de terminale.
00:18Vous êtes... Alors aujourd'hui, les terminales ce n'est plus S, ce n'est plus non, plus A, B,
00:23C, D, ça c'était de mon temps.
00:25On dit comment aujourd'hui ?
00:27Aujourd'hui, on fonctionne par spécialité, et en terminale...
00:31C'est encore un truc de... Vraiment, celui qui a inventé cette espèce de spécialité avec des emplois du temps
00:39gruyère...
00:39On ne le remercie pas.
00:40C'est vraiment... Je vous assure...
00:41On remercierait Monsieur Blanquer.
00:43Non mais c'est invraisemblable. Je ne peux pas vous dire autre chose.
00:47Pour les gens qui ont 60 ans comme moi, c'est invraisemblable.
00:53Je ne peux pas vous dire autre chose.
00:54Il y avait un système qui marchait à peu près, qui était même plutôt bon lorsqu'on était...
00:58Cette affaire de spécialité, on ne comprend rien.
01:00Et c'est un vrai casse-tête pour les chefs d'établissement pour faire les emplois du temps.
01:03C'est l'enfer contre...
01:05Mon chef d'établissement est vraiment très en colère des fois parce qu'il est...
01:08Il ne comprend pas comment faire un...
01:10Alors c'est quoi le principe d'ailleurs ?
01:11En fait, le SP, vous avez le choix entre trois SP à partir de la première.
01:16Vous abandonnez une SP à partir de la terminale, mais la SP compte co-F8.
01:21Celle que vous gardez en terminale compte co-F16 pour le bac au contrôle continu.
01:25Co-F16 ?
01:26Co-F16.
01:26Vous avez quand même un tronc commun avec les matières comme philo, histoire.
01:31Mais après...
01:31Et après, en fait, c'est plusieurs combinaisons.
01:33En seconde, les élèves choisissent HLP, SVT...
01:37HLP, c'est quoi ?
01:39C'est histoire, politique, littérature, c'est ça ?
01:41Non, mais parlez HLP, vous parlez...
01:42Non, mais je ne sais pas, vous voyez, monsieur Pro...
01:43Non, mais voilà, il y a plusieurs combinaisons...
01:46Mais pourquoi vous êtes au courant de tout ça, c'est précisément ?
01:47Mais parce que j'ai été professeur, cher Pascal.
01:49Mais je suis d'accord avec vous, mais HLP...
01:51Oui.
01:52Et voilà, donc il y a plusieurs, il y a anglais AMC, anglais littérature, il y a mathématiques, ASVT...
01:57Mais on ne peut pas mettre tout le monde en tronc commun, c'est pas possible.
02:00Il y a un tronc commun, mais autour de ça, il y a des spécialités.
02:02Et pourquoi ?
02:03Mais vous me demandez, moi aussi, moi je suis contre ça.
02:05Il n'y avait pas de spécialité quand j'étais en terminale, on passait tous, il y avait des options
02:09peut-être ?
02:09En fait, je pense que monsieur Blanquer a voulu calquer sur le modèle anglo-saxon, en fait.
02:14Et il fonctionne comme ça, ils ont...
02:16En fait, ils ne sont pas dans le même tronc commun à partir du lycée,
02:20et ils ont des matières précises, donc il a voulu faire ça.
02:23Mais c'est un bordel.
02:23Bon, c'est quoi vos spécialités, Maxime ?
02:26Moi, c'est la spécialité HLP, donc c'est Humanité, Littérature, Philosophie,
02:30et HGGSP, c'est Histoire, Géopolitique et Sciences Politiques.
02:33D'accord.
02:34Donc c'est un profil très littéraire, quoi.
02:36Oui, bah tant mieux.
02:37Et c'est bien, la culture générale, c'est important.
02:39Donc co-f-16 au bac.
02:41Bon, c'est les spécialités qu'a préférées également notre ami Olivier Guenet.
02:47Toujours le mot gentil.
02:49C'est pas le mot gentil, je dis que vous les avez préférés.
02:51Vous êtes bloqueur ou pas bloqueur ?
02:53Non, moi je ne suis pas bloqueur, monsieur Pro,
02:56et d'ailleurs c'est un peu énervant pour moi,
02:58parce que la rectrice a fermé mon établissement, établissement privé.
03:02Je voulais vraiment que je porte tout le fardeau du péché, lundi et mardi.
03:07Et pourquoi elle a fermé, puisque c'est privé ?
03:10Parce qu'en fait c'est privé sous contrat.
03:13Donc quand c'est privé sous contrat, en fait c'est toujours l'académie qui gère.
03:18Mais je suis d'accord avec vous, mais votre lycée n'était pas bloqué ?
03:21Donc elle a fermé un lycée qui n'était pas bloqué, la rectrice ?
03:25Exactement.
03:26Mais enfin, là pardonnez-moi, j'ai du mal à comprendre,
03:30parce qu'elle avait peur, je sais qu'à Angoulême par exemple,
03:33j'ai cité le cas d'Angoulême, le lycée Saint-Paul d'Angoulême,
03:37vendredi et aujourd'hui également,
03:39il se trouve que je le connais un tout petit peu ce lycée,
03:41il est fermé parce qu'ils avaient peur d'intrusion du public.
03:45Donc les cours sont en visio, et c'est le privé.
03:48Et le lycée Saint-Paul d'Angoulême, il est particulièrement connu pour une raison simple,
03:52c'est que François Mitterrand, il a fait ses études il y a quelques années.
03:55Ah oui, d'accord.
03:56Bien sûr.
03:57Bon, et je pense que là c'est dans le même cas,
03:59j'imagine que la rectrice avait peur de l'intrusion de jeunes gens dans votre lycée.
04:04J'imagine parce que nous par exemple sur les réseaux sociaux,
04:06en fait il y a eu un groupe qui s'est créé avec 400 personnes
04:09qui voulaient faire le blocus,
04:11sauf que le jour J, aux alentours de 7h15,
04:14en fait ils ont commencé à s'attrouper devant l'entrée.
04:17Et est-ce que vous savez ce qui s'est passé ?
04:18En fait il y a notre directeur et le responsable de l'internat
04:21qui les ont rattrapées, ces quelques personnes par la peau du cou,
04:25et qui les ont ramenées à l'arrêt de tramway qui était 400 mètres plus loin.
04:30Et du coup il n'y a pas eu de blocus.
04:32Mais là les 400 personnes, c'était des 400 personnes extérieures à votre établissement ?
04:36Il y en avait certaines qui étaient dans notre établissement.
04:41Ah il y en a à l'intérieur de l'établissement qui voulaient bloquer ?
04:43Dans le privé ?
04:44Oui, dans le privé.
04:45Mais il faut les virer, il faut aller voir leurs parents,
04:48il faut aller leur dire aller ailleurs, aller dans le public,
04:51dans ces cas-là si vous ne voulez pas...
04:53Pourquoi voulaient-ils vous bloquer dans le privé ?
04:56Mais parce qu'il y a un moteur qui est la fainéantise,
05:00et aussi la jouissance du confort.
05:03De dire, ah ben j'ai envie de sécher, donc je vais me...
05:06Je pense que les enjeux sont parfois différents dans le privé.
05:08Pourquoi ? Parce que les parents qui mettent les enfants dans le privé,
05:11c'est une exigence.
05:12Parfois c'est pour des motifs religieux, mais c'est aujourd'hui très rare.
05:15C'est parce que précisément tu travailles mieux, disons-le,
05:18t'as plus d'exigence dans le privé, mais surtout ça coûte de l'argent.
05:23C'est payant, donc les parents, si leurs enfants demandent de bloquer
05:27alors que les parents payent, bon je sais que les parents ont parfois démissionné,
05:31mais quelle génération ?
05:33C'est assez incompréhensible, mais c'est pour dire aussi que des fois,
05:37on se pose la question, mais où sont les adultes ?
05:40Où sont-ils quand il s'agit d'apprendre à la jeunesse,
05:43plutôt tendre la main, plutôt que jeter des pierres,
05:45ou jeter des cocktails Molotov ?
05:47Où ils sont quand leurs enfants brûlent des poubelles ?
05:51Alors que vous voyez, notre directeur, il en a pris deux, trois, et c'est terminé.
05:55Il a raison votre directeur.
05:56Maxime, vous habitez dans quelle ville du Puy-de-Dôme, vous pouvez le dire ?
05:58À Clermont-Ferrand.
06:00Clermont-Ferrand.
06:00Et le Puy-de-Dôme, c'est Chamalière également, c'est la ville de Chamalière.
06:03C'est Valérie jusqu'à un destin, exactement.
06:05Bien sûr, à 17 ans.
06:06Vous avez des frères et sœurs, Maxime ?
06:08J'ai une petite sœur.
06:10Quel âge elle a ?
06:11Elle est en troisième, elle a 14 ans.
06:13Bon, et manifestement, vos parents vous accompagnent plutôt dans les études,
06:18ils sont assez présents, sans doute, vous parlez comme un génome.
06:21C'est la chance d'avoir des parents qui sont quand même assez présents.
06:23Et j'aime, disons, faire fructifier, disons, la chance qu'on m'a donnée.
06:29Pas comme, par exemple, les personnes à Henri IV qui se permettent de monter une barricade
06:34alors que ce sont des bourgeois, des bourgeois.
06:38Et vous, vous êtes d'un milieu favorisé, vous diriez ça, Maxime ?
06:41Moi, j'irais plutôt, oui, plutôt favorisé.
06:44C'est pour ça que je ne me prends pas pour un soucastro ou un pseudo-révolutionnaire.
06:49Mais non, à 17 ans, en tout cas, vous avez des références que des gens que je connais
06:53qui ont 50 ans ou 40 ans n'ont pas.
06:5550 ou 40 ans, mais 30 ou 40 ans.
06:57J'ai beaucoup aimé le dernier livre de Génie Bastier sur Régis Debray.
07:01Ah ben, vous avez lu à 17 ans déjà le livre de Génie Bastier ?
07:06Je l'ai lu ce week-end.
07:07On l'a reçu vendredi.
07:09Mais j'aime beaucoup Génie Bastier, je la trouve très clairvoyante.
07:12Alors voilà, écoutez, Maxime, c'est vous qui nous avez contacté, Maxime ?
07:16Oui, c'est moi-même, oui.
07:18Voilà, un jeune homme qui fait plaisir à écouter.
07:20Et qui, voilà, tout n'est pas perdu quand on entend Maxime.
07:25Mais vous sortez quand même un peu, vous êtes un peu jeune de temps en temps.
07:29Vous êtes un peu fun de temps en temps quand même.
07:31Oui, j'ai une vie aussi, monsieur Proulx.
07:33Il y a un petit quotidien.
07:34Non, mais c'est vrai, il n'y a pas que, il faut aussi, il faut bien que jeunesse se
07:37passe.
07:37Ah ben, surtout.
07:38Mais bien sûr.
07:38Mais bon, ce n'est pas parce qu'il faut que jeunesse se passe
07:41qu'il ne faut pas travailler et avoir cette oisifeté.
07:45C'est bon.
07:47Bon, excusez-moi.
07:50Vous avez une fiancée quand même, Maxime ?
07:52Vous sortez un peu ?
07:52Vous avez une fiancée, une petite abouance ?
07:55Non, non, non, non.
07:56Non, pas encore.
07:57Pas encore, sérieux.
07:58Est-ce que je suis prêt à être un peu coincé ?
08:01Vous êtes un peu coincé ?
08:02Alors, mais non, peut-être.
08:03Bon, vous n'êtes pas...
08:05Ben, je n'en sais rien, je ne vous connais pas,
08:06mais on va vous envoyer Olivier Guénet qui va vous décoincer.
08:09Non, surtout pas.
08:09C'est un décoinceur.
08:13Bon, en tout cas, merci de nous avoir appelés.
08:18Merci beaucoup d'avoir pris mon appel.
08:19Mais non, mais voilà, jeune homme...
08:23Ça vous aimez.
08:23Mais voilà, jeune homme, c'est plus agréable,
08:26si tu es prof, d'avoir Maxime en face de toi
08:30que quelqu'un qui te crie dessus, qui n'écoute pas.
08:34Ça vous aimait, qui n'aimerait pas ?
08:36Non, mais ce n'est pas une denrée rare non plus
08:37d'avoir un jeune qui s'exprime bien, qui est poli,
08:40qui...
08:41C'est un peu ce que vous dites, là, en sous-texte, non ?
08:43Ben, ce n'est pas qu'en sous-texte, c'est en sur-texte.
08:45En sous-texte.
08:47Oui, ça, quand je vois les jeunes gens que j'entends,
08:51il y en a un quand même qui explique sur TikTok
08:53qu'il ne peut pas dormir en classe.
08:55Les profs l'engueulent quand ils dorment.
08:56C'est vrai.
08:57Non, mais vous avez entendu ça ?
08:58Non, je n'ai pas vu.
08:59Ah, il dit, voilà, ça ne va pas du tout,
09:00parce que les profs...
09:01Non, c'est une vidéo drôle, je pense qu'il y a beaucoup tourné.
09:03Ah non, pas du tout.
09:04Non, non, il dit...
09:05Mais non, ils sont plusieurs.
09:08Mais justement, je veux bien que vous l'envoyez,
09:11il dit, non, non, les profs, ils ne sont pas contents.
09:13Quand on est parfois un peu fatigué, on fait 12 heures par jour.
09:15Donc, 12 heures de cours par jour, on est fatigué.
09:18Et quand on dort...
09:19Tous les élèves ne dorment pas en classe, peut-être.
09:22Non ?
09:22Non, mais de plus en plus, oui.
09:23Oui, ça, c'est sûr qu'il y en a même qui dorment dans la vie, je pense.
09:26C'est 16h26.
09:28A tout de suite.
09:29Vous réagissez avec Pascal Procom.
09:30Maxime, appelez-nous 01820 39 21 au standard de repas.
09:35Le numéro est non surtaxé sur WhatsApp.
09:3701 80 20 39 21.
09:39Excellente après-midi avec Pascal Procom sur Europe 1.