00:00Europe 1.
00:01Pascal Pro et vous.
00:02Il est 16h46 et c'est votre émission du lundi au vendredi.
00:06Nouvelle journée de mobilisation, nous en parlons.
00:08Nous écoutons régulièrement des interventions,
00:10parfois des jeunes
00:12engagés dans
00:13le combat idéologique, culturel.
00:16Et c'est vrai qu'hier, Louise Montagon,
00:18qui est responsable du syndicat
00:20uni à Bordeaux,
00:22Louise Montagon a fait
00:23crever l'écran. Parce que vous avez
00:25une jeune femme qui remet en place
00:27avec beaucoup d'autorité, beaucoup d'intelligence,
00:30qui un professeur,
00:32qui un élève
00:33qu'elle a en face d'elle. Et je vous propose
00:35de l'écouter face à un
00:37jeune, précisément des blocus.
00:40Vous dites que je souffle un peu sur les braises
00:42en attendant, moi j'asperge pas mes professeurs
00:43d'essence. Voilà. Donc,
00:45mais très bien pour vous, très bien.
00:47Et vous déresponsabilisez ce qu'ils font en disant
00:50mais on sait pas ce qui s'est passé,
00:51qu'est-ce qu'ils ont vécu. Rien ne justifie
00:54d'asperger son prof
00:55d'essence. C'est clair et net.
00:57Vous me traitez d'égoïste. Mais en fait,
00:59vous êtes une minorité extrêmement bruyante.
01:01Il y a beaucoup plus de lycéens qui ont simplement
01:03envie d'étudier et qui n'ont pas envie d'être bloqués.
01:05Qui pourtant portent vos revendications.
01:07Mais vous vous sentez tellement
01:09puissant que vous oubliez même que bloquer
01:11des établissements scolaires entiers, c'est
01:14illégal. Vous êtes dans l'illégalité
01:15la plus totale. Donc arrêtez de nous dire
01:17que nous, nous, ceux qui nous faisons
01:19les fervents défenseurs de l'ordre, on est égoïste
01:21parce que nous, on défend ceux qui
01:23veulent aller travailler. Ceux qui croient encore
01:25au goût de l'effort, au goût du
01:27mérite, au goût de l'excellence.
01:29Que vous leur arrachiez, excusez-moi.
01:32Là, vous allez me dire, mais c'est pas grave,
01:33on a les cours en distanciel. Mais vous, qui vous faites
01:35encore le porte-parole de la banlieue,
01:38comment est-ce qu'ils font en banlieue pour suivre
01:39leurs cours en distanciel quand ils ont des tout
01:41petits appartements, qu'il y a tous les petits frères,
01:43les petites sœurs qui font le chahut à côté
01:45et qu'ils n'ont pas d'ordinateur ?
01:46Il y a un papier très intéressant
01:49à lire dans le Figaro de
01:51Chantal Delsol. Je vous lis le titre
01:53« Les lycéens sont les victimes du mensonge
01:55égalitaire de l'école ».
01:57C'est vrai qu'on est un pays
01:59qui est traversé, Gérard Carreroux,
02:01et il faudrait des heures, bien sûr, pour en parler,
02:03depuis la Révolution française,
02:05liberté, égalité, fraternité.
02:06Et ce mot « égalité », il est
02:08au cœur de la société française.
02:12Égalité, égalitarisme,
02:13il y a une propension chez les Français
02:16à vouloir que tout le monde soit égal.
02:20Et c'est impossible, bien sûr.
02:22C'est pour ça que l'égalité passe avant
02:24même les autres, les deux autres
02:27de la devise « liberté, égalité, fraternité ».
02:30C'est l'égalité, tout, il y a quelques...
02:33Et c'est pour ça que j'ai toujours tendance,
02:35alors on va me dire que c'est parce que c'est mon âge
02:36et ma part d'histoire personnelle,
02:41mais j'ai toujours tendance à ramener ça
02:42aux origines. Et les origines, effectivement,
02:44c'est ce mouvement communiste
02:47aussi puissant.
02:49Quand vous avez, pendant tellement d'années,
02:51tellement de Français
02:53qui ont cru au communisme,
02:55ils ont cru, bonne foi pour beaucoup d'entre eux,
02:58ils ont cru que c'était la société idéale,
03:00la société où tout le monde aurait sa chance, etc.
03:03Eh bien, il en est resté
03:04des traces, plus que des traces.
03:06C'est massif comme poids
03:08sur la société française.
03:09Et quand je vous dis que les enfants
03:11de cette France communiste
03:13qui étaient à 30%,
03:15sont devenus la France socialiste
03:17de Mitterrand,
03:18c'est très exactement ça.
03:19Alors, c'est à la fois vrai,
03:20mais moi, j'ai vécu la fin du communisme
03:22en France, en tout cas,
03:23avec Georges Marchais,
03:24et on a vu s'éteindre
03:26au milieu des années 80.
03:28Et puis, on a vu ce grand courant
03:29social-démocrate,
03:31incarné d'abord par François Mitterrand,
03:33et ensuite par des gens
03:34comme Dominique Trotskane
03:35au lieu d'El Jospin.
03:36C'était une pensée de gauche,
03:37mais qui était sociale-démocrate,
03:39et qui était reprise ensuite
03:41par François Hollande.
03:42Là, on a quelque chose
03:43de beaucoup plus radical
03:44qui est en place
03:45avec la France insoumise,
03:46et ce retour
03:47à une forme de, oui,
03:49d'intégrisme
03:50de la pensée de gauche,
03:51d'extrême-gauche,
03:52qu'incarnait
03:53aujourd'hui
03:54M. Mélenchon.
03:56M. Mélenchon.