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  • il y a 32 minutes
Lundi 5 octobre 2026, retrouvez John Plassard (Associé et responsable de la stratégie d'investissement, Banque Cité Gestion) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:01Générique
00:09Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la séance, les enjeux de cette semaine et
00:16le lundi,
00:16c'est John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement pour la banque Cité Gestion.
00:22Bonjour John.
00:24Bonjour Pauline.
00:25Et bienvenue dans un monde, John, je le disais en intro, où l'euro a chuté de près de 1
00:31% face au dollar, son plus bas niveau en 17 mois,
00:35à cause du risque politique global de la zone euro, John, à 1,1160.
00:40Pourquoi la devise a-t-elle autant chuté dans les détails ?
00:46Écoutez, d'abord, vous l'avez dit très justement, lorsqu'on a une devise qui baisse par rapport à une
00:51autre,
00:52on se dit que c'est peut-être le dollar qui monte, puisque c'est une par rapport à l
00:56'autre.
00:56Et là, on voit qu'on a une chose un peu différente depuis quelques semaines,
01:01parce qu'on a une prime de risque qui est propre à la zone euro.
01:05Et ça, c'est très important, c'est un changement total.
01:08Vous vous souvenez, on parlait de prime de risque sur le Moyen-Orient, prime de risque géopolitique.
01:12Là, on parle de la prime de risque sur la zone euro,
01:15puisqu'il y a cette crainte d'une fragmentation financière européenne.
01:20Et c'est très important.
01:21Alors, bien évidemment, au cœur de cette tempête, vous avez la France.
01:27Oui, c'est ça.
01:28Avec, je ne vais pas le répéter, mais on a quand même un déficit qui est difficile à réduire,
01:33une dette très élevée, un parlement bloqué,
01:35et puis les présidentielles, bien évidemment, en 2027.
01:39On est dans une situation où ce n'est pas seulement la France.
01:44Elle est au cœur, mais vous l'avez dit, il y a une autre chose qui arrive,
01:48c'est l'Espagne, qui est aussi au cœur des tourments,
01:54puisqu'il y a une nouvelle élection où on ne connaît bien évidemment pas l'issue,
01:59le 29 novembre.
02:01Alors, c'est difficile à comparer l'Espagne et la France.
02:04Pourquoi ?
02:04Et ça paraît bizarre aujourd'hui quand on le dit,
02:06mais l'économie espagnole est beaucoup plus dynamique que l'économie française,
02:12mais ça ajoute une échéance politique dans la périphérie
02:18et puis ça élargit le doute sur la capacité de la zone euro
02:21à conserver un cap budgétaire et politique stable.
02:24Et on peut, cerise sur le gâteau, dire que l'année prochaine,
02:27on a des élections en Italie.
02:29Et rajouter une deuxième cerise sur le gâteau
02:34en disant que dans toutes les élections qu'on a eues en Allemagne,
02:37c'est l'AFD, l'extrême droite,
02:40qui est nettement au-dessus du parti politique en place.
02:43Donc, on est vraiment ici dans une question de,
02:48et je m'excuse, je me répète, Pauline,
02:51mais dans une question de crise,
02:54et on peut le dire,
02:56et de risques propres,
02:59primes de risques propres à la zone euro
03:01qui vient d'arriver, malgré qu'on le savait.
03:04Avant, on ne disait pas ça,
03:05on disait, bon, l'Europe, la valorisation est un peu moins chère,
03:08donc c'est sympa,
03:09bon, on connaît qu'il y a quelques risques,
03:11mais là, on est vraiment dans une prime de risque
03:14qui est très importante.
03:15Oui, une prime de risque,
03:16vous le disiez, John,
03:17globale à cette zone euro
03:18avec tous ces changements politiques qui arrivent,
03:22l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne,
03:25et puis évidemment la France,
03:26avec ces élections, vous le disiez,
03:28dans quelques mois seulement.
03:31Et puis, John, est-ce qu'on parle aussi
03:32d'une prime de risque sur ces rendements obligataires ?
03:35Alors, les rendements obligataires se stabilisent,
03:38je pense aux 10 ans américains, par exemple,
03:40qui évoluent sur ces niveaux à 5,25,
03:42voilà, en revanche,
03:44le rendement français à 10 ans,
03:46lui, il continue de se tendre,
03:47c'est d'ailleurs un des seuls rendements
03:49de la zone euro qui continue de se tendre,
03:51il flirte avec les 5%,
03:53alors il n'a pas encore dépassé ce seuil,
03:55si je ne dis pas de bêtises,
03:57est-ce que le spread franco-allemand
03:59a 150 points de base, John ?
04:01C'est du jamais vu depuis 15 ans,
04:03depuis 2011,
04:04est-ce que c'est inquiétant ?
04:06Est-ce que la BCE pourrait-elle agir
04:09et mettre en place, justement,
04:11les outils dont elle dispose pour ?
04:15Alors, pour répondre à votre première question,
04:17évidemment, c'est inquiétant,
04:19au-delà de 5%,
04:21150 points de base,
04:22alors il faut quand même rappeler une chose,
04:23parce que souvent,
04:24on fait la comparaison avec l'Italie en 2011,
04:27on était au-delà des 200 points,
04:29donc ce n'est pas comparable,
04:30on est quand même à remettre l'économie
04:33où elle est,
04:34et on sait que le potentiel de croissance français
04:37est assez énorme,
04:38même s'il est mal canalisé aujourd'hui.
04:40Alors, ça, c'est la première des choses,
04:42alors oui, c'est inquiétant,
04:43oui, ça reflète ce qui est en train
04:44de se passer aujourd'hui,
04:46oui, ça reflète les derniers sondages
04:48qui mettent un parti d'extrême
04:51au pouvoir l'année prochaine,
04:53en l'occurrence,
04:54aujourd'hui, selon les statistiques,
04:55ce serait Marine Le Pen,
04:57et selon les sondages,
04:59mais l'autre chose,
05:00c'est qu'évidemment,
05:01on se dit toujours,
05:02et on se souvient en 2012,
05:04lorsque la BCE dit
05:06« whatever it takes »,
05:07« on va tout faire pour sauver la zone euro »,
05:09eh bien, il y a ce fameux,
05:12et j'imagine que c'est ça
05:13dont vous,
05:15ce que vous pensiez,
05:16Pauline,
05:17c'est le fameux TPI,
05:18l'instrument de transmission,
05:21évidemment,
05:22destiné à empêcher
05:23une crise de dette
05:25injustifiée,
05:26c'est dans les termes,
05:27dans un pays de la zone euro,
05:28il y a quand même un problème là-dessus,
05:30parce qu'en fait,
05:33le pays qui est sauvé
05:35par ce TPI,
05:36eh bien,
05:38potentiel,
05:38doit respecter
05:39le cadre budgétaire européen,
05:41et puis présenter
05:42une dette soutenable.
05:44Alors,
05:44lorsque je vous dis ça,
05:46est-ce que la France,
05:47aujourd'hui,
05:47est qualifiable,
05:48théoriquement,
05:49pour le TPI ?
05:50Non,
05:50elle ne l'est pas.
05:52Donc,
05:52on est dans une situation
05:53où malgré,
05:54eh bien,
05:56la zone,
05:57la BCE,
05:58qui est toujours prête
05:59à intervenir là-dessus,
06:00elle ne pourrait pas intervenir.
06:01Alors,
06:01il y aura certainement
06:02d'autres mécanismes
06:03qui seront mis en place,
06:05mais pour l'instant,
06:06c'est très difficile.
06:07Et c'est ça le problème,
06:08parce que les investisseurs,
06:10pas mal de hedge funds
06:11qui travaillent
06:13et sur la baisse,
06:15vous savez qu'il y a
06:16des agences de dotation
06:17qui se réunissent bientôt
06:18et qui pourraient mettre
06:20encore plus de pression
06:21sur la France,
06:22et évidemment,
06:22les hedge funds
06:23tardent dessus
06:24parce qu'ils veulent
06:25que ça aille plus loin
06:26et que,
06:26d'une certaine manière,
06:27ça déborde.
06:28Mais,
06:28je dirais,
06:29pour répondre très clairement
06:31à votre question,
06:32c'est qu'aujourd'hui,
06:33ce qui se passe,
06:34le spread
06:34et puis le 10 ans,
06:36par exemple,
06:36français qui monte très fortement,
06:38eh bien,
06:39ça reflète exactement
06:40la situation politique,
06:42française et économique aussi,
06:44puisqu'on a vu
06:44que les projections économiques
06:45étaient de 0,5%
06:47cette année,
06:48voire en dessous.
06:49Si on sort,
06:50on a parlé beaucoup
06:51de la France,
06:52de la zone euro,
06:53John,
06:53si on sort
06:54et qu'on part de continent
06:55pour aller jusqu'au Brésil,
06:57alors là aussi,
06:58justement,
06:58il y a une actu politique,
06:59vous allez nous en parler,
07:01c'est une surprise politique
07:03au Brésil
07:04avec Bolsonaro,
07:06mais fils,
07:06cette fois-ci.
07:08Oui,
07:09tout à fait,
07:09premier tour,
07:10un peu plus de 47%
07:12des voix
07:13contre un peu plus de 45%
07:14pour Lula,
07:16donc évidemment,
07:17on va avoir un deuxième tour
07:19qui sera dans trois semaines,
07:20mais c'est une surprise totale.
07:22Tout le monde disait
07:23exactement le contraire,
07:25que ce serait Lula
07:26qui aurait environ 48%
07:27et puis Bolsonaro 44%,
07:30donc on voit
07:30qu'il y a un changement ici,
07:32c'est un éclair
07:33qui est assez faible,
07:34mais ça renforce
07:36la probabilité
07:36d'une alternance
07:37au second tour
07:38qui sera à la fin du mois,
07:40le 25 octobre.
07:42Alors évidemment,
07:43la première conséquence,
07:44puisque c'est ce qui nous intéresse,
07:46c'est la conséquence boursière.
07:48Oui, c'est ça.
07:49Puisqu'on a vu
07:49que sur les futurs,
07:51sur l'indice brésilien,
07:53on est à près de 12% de hausse
07:54et puis on sait
07:56que c'est notamment
07:58les banques,
08:00les valeurs domestiques
08:01qui vont en bénéficier
08:03très certainement,
08:04mais est-ce qu'on est
08:06dans une situation
08:07où on va inverser
08:09totalement la tendance
08:11de la dette
08:12et de l'inflation
08:13au Brésil ?
08:14J'en suis pas sûr.
08:15Il y avait cet espoir
08:17d'une certaine partie
08:18de la population
08:19que Lula pourrait,
08:20en revenant au pouvoir,
08:21inverser la tendance économique.
08:23Ça ne l'a pas été.
08:24Donc,
08:25on va potentiellement
08:26aller choisir
08:27un ami de Milley.
08:30Et aussi,
08:30et ça,
08:31c'est très très important
08:32de le noter,
08:32il est assez proche
08:33de Donald Trump
08:34et ça changerait
08:36totalement
08:36s'il était élu.
08:37Eh bien,
08:38l'équation
08:39en Amérique latine,
08:41puisqu'on rappelle quand même
08:42que le Brésil
08:43est le plus grand
08:43pays d'Amérique latine
08:44qui,
08:45cette fois-ci,
08:46eh bien,
08:47irait plutôt
08:47vers les États-Unis.
08:48Alors,
08:48Lula était un défenseur
08:52du Brésil
08:53sans les Américains.
08:55Oui,
08:55on va suivre l'ouverture
08:56des marchés brésiliens.
08:58John,
08:58cet après-midi,
08:59pour l'instant,
08:59vous le disiez,
09:00sur les futurs,
09:01plus de 10% de hausse.
09:03On va regarder
09:04si tout ça
09:05se concrétise.
09:06Tout à l'heure,
09:07merci beaucoup,
09:08John.
09:08John Plassard,
09:08associé et responsable
09:10de la stratégie
09:10d'investissement
09:11pour la banque
09:12Cité-Gestion.
09:13Merci d'être avec nous
09:13tous les lundis.
09:15John,
09:15à suivre cette semaine,
09:17les marchés chinois
09:18sont toujours fermés
09:19jusqu'à mercredi inclus
09:21pour la Golden Week,
09:22la fête nationale.
09:23On va regarder
09:24l'ISM Service
09:25américain
09:26cet après-midi
09:27pour le mois de septembre.
09:29Et puis,
09:29cette semaine,
09:30on va suivre aussi
09:30les minutes de la Fed
09:32et le compte-rendu
09:33de la BCE
09:34sur les réunions
09:36passées au mois de septembre.
09:38Merci à tous
09:39de nous avoir suivis.
09:40On se retrouve ce soir
09:40à 17h30.
09:41Sous-titrage Société Radio-Canada
09:45Sous-titrage Société Radio-Canada

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