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  • il y a 37 minutes
Alexandre Guenoun, président de Kiro, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce lundi 28 septembre. Il s'est penché sur l'IA pour la biologie médicale, et notamment l'objectif de Kiro, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne sur BFM Business.
00:04Voilà Tech & Co, la quotidienne toujours à Marseille avec une entreprise marseillaise qu'on accueille sur le plateau.
00:10Donc je suis très heureux de recevoir Alexandre Guénoun.
00:13Bonsoir Alexandre.
00:14Bonjour François.
00:14Vous êtes le président de Quiro.
00:17On va parler de médecine avec vous, de biologie médicale notamment.
00:22Évidemment, si vous êtes sur la société marseillaise d'IA qui est appliquée à la biologie médicale, vous revendiquez plus
00:28de 3 millions d'utilisateurs quand même, 280 laboratoires hôpitaux et 1,4 milliard de résultats biologiques traités.
00:37Et vous allez nous expliquer un petit peu ce que vous faites et après on parlera de votre actualité.
00:41C'est quoi l'objectif de Quiro ?
00:43Alors merci déjà pour l'invitation.
00:45Effectivement, Quiro, on est une entreprise qui fait de l'IA pour la biologie médicale.
00:49Donc l'enjeu c'est, vous avez probablement déjà fait une prise de sang.
00:51La question qu'on se pose c'est comment on fait pour qu'on fasse la bonne prise de sang
00:54avec les bons examens au bon moment pour les bons patients.
00:57Donc il y a un enjeu, c'est d'abord effectivement de comprendre ces résultats et surtout de savoir qu
01:01'est-ce qui est important pour chacun.
01:02De plus en plus, on a tendance à voir qu'il y a beaucoup de gens qui font beaucoup, beaucoup
01:06d'examens avec énormément d'informations à l'intérieur, pas forcément très utiles.
01:11On ne sait pas forcément ce sont les bons examens pour les bonnes personnes et ça coûte aussi beaucoup, enfin
01:14assez cher.
01:16Et donc la question c'est effectivement...
01:16Et on sait que la sécurité sociale n'est pas forcément très en forme.
01:19Exactement. Et donc il y a cette question vraiment de comment on s'assure que chacun puisse bénéficier par rapport
01:24à son histoire, par rapport à ses résultats et à son historique,
01:27d'avoir les bons examens et on applique ça à la fois pour les professionnels de santé et pour les
01:31patients.
01:31D'accord. Concrètement, vous intervenez... Donnez-nous un scénario où vous intervenez pour qu'on comprenne bien ce que vous
01:38faites.
01:38Alors très concrètement, quand un patient va au laboratoire de biologie médicale...
01:42Faire une prise de sang, par exemple.
01:43Exactement. Donc le biologiste, lui, il fait son métier, c'est-à-dire à la fois de vérification des résultats,
01:48d'interprétation des résultats, de communication du compte rendu.
01:51Et nous, on arrive à ce moment-là. Donc on travaille avec les laboratoires en général ou avec les hôpitaux
01:55au moment où le compte rendu est communiqué auprès du patient.
01:58Et donc à ce moment-là, nous, on intervient et on travaille avec les laboratoires pour communiquer une bonne information
02:02aux patients, adaptée.
02:04Donc il va à la fois du diagnostic à la prévention en patient aussi par l'éducation du patient sur
02:08différents types de maladies, sur les examens et aussi sur la suite à donner par rapport à ses résultats.
02:13Et à partir de ce moment-là, effectivement, on va aider le patient à être mieux pris en charge, à
02:17savoir quand est-ce qu'il faut retourner au laboratoire, qu'est-ce qu'il faut faire à partir de
02:20ses résultats.
02:21Et puis pour le médecin, puisque le compte rendu est envoyé à la fois aux patients et aux médecins, pour
02:25le médecin, on va avoir une aide à la décision.
02:26Donc un outil, un dispositif médical qui va aider le médecin à savoir qu'est-ce qu'il doit prescrire
02:31pour le patient.
02:32Donc typiquement, on va regarder, on va regarder les examens.
02:34Il y en a aujourd'hui plus de 4000 qui existent dans les catalogues des laboratoires de biologie médicale.
02:38Pour vous donner un ordre de grandeur, quand on regarde le top 10 des examens, c'est déjà 50%
02:42des volumes.
02:42Donc il y a un vrai enjeu de savoir qu'est-ce que je dois faire pour ce patient-là.
02:45Et donc là, on va l'aider.
02:46Et on va l'aider à savoir pour ce patient-là, par rapport à d'autres patients, par rapport aux
02:50recommandations de bonne pratique, voilà les examens qui vont être pertinents.
02:53Si je résume un peu ce que vous venez d'expliquer, c'est que finalement, je fais une prise de
02:57sang, je vais avoir un résultat long comme le bras.
03:01On ne comprend rien.
03:02Enfin, je veux dire, il faut simplement suivre un petit peu pour voir si les chiffres qui sont là sont
03:08dans la moyenne ou pas du document.
03:11Vous, vous allez interpréter tout ça et nous faire quelque chose de plus digeste et de compréhensible, à la fois
03:17pour nous, patients, qui ne sommes pas médecins,
03:19et quelque chose de beaucoup plus poussé pour le médecin.
03:21Pour résumer, c'est ça.
03:22C'est exactement ça.
03:23Et c'est surtout, au-delà des simples résultats, vous parliez des résultats qui sont normaux ou anormaux.
03:27En fait, on va souvent regarder ce qui est en gras ou avec la petite étoile.
03:30Le problème, c'est que ça, ce n'est pas forcément ce qui est pertinent.
03:33Parce que ce n'est pas parce que c'est en gras que ça veut dire que ce n'est
03:34pas grave ou que c'est grave.
03:35Et ce n'est pas parce que ce n'est pas un résultat qui est en gras qu'il ne
03:38faut pas regarder non plus.
03:39Donc, il y a un vrai enjeu aussi de comprendre qu'est-ce que le résultat signifie et comment je
03:43le compare par rapport aux autres examens et aussi à ceux d'autres patients.
03:46D'où l'important, justement, d'avoir une base qui permet d'avoir beaucoup d'informations pour pouvoir comparer beaucoup
03:51de patients.
03:53Tout ça, vous le faites avec l'IA.
03:54Comment ça marche, en fait ?
03:56Vous recevez un document, des analyses.
03:59Qu'est-ce qui se passe ?
03:59Il y a plusieurs étapes.
04:01Mais effectivement, déjà, le premier point, c'est qu'on va essayer de comprendre l'information.
04:03Par rapport à Chagipiti, qui va regarder l'information et qui va prendre votre résultat à un instant T, nous,
04:09on a en général l'historique du patient aussi.
04:11C'est-à-dire qu'on va regarder ça par rapport à votre histoire, par rapport à ce qui s
04:13'est passé avant et parfois plusieurs années auparavant, pour voir justement cette évolution.
04:18Ce n'est pas qu'une question de qu'est-ce qui se passe à un instant T.
04:21Parce que ça peut rester dans les normes, mais si ça continue à diminuer au fur et à mesure, il
04:24peut y avoir un enjeu pour nous.
04:25Mais, excusez-moi, mais Chagipiti peut le faire aussi.
04:27Si je le nourris avec de précédents examens, il va pouvoir aussi me faire cette analyse, non ?
04:33Alors, beaucoup moins facilement, parce que d'abord, il y a un risque de structuration de la donnée.
04:37Il n'a pas forcément accès à tous les résultats, au-delà des aspects aussi de protection des données dont
04:41on pourra parler.
04:43Donc, il y a déjà, premièrement, cet enjeu-là.
04:45Mais après, Chagipiti n'est pas fait pour prendre en considération la longue finalité et surtout le contexte du patient.
04:49Ce qui compte à un moment donné pour Chagipiti, c'est quelle est la question que je vais poser à
04:52Chagipiti ?
04:53Si vous n'êtes pas médecin, est-ce que vous allez poser forcément la bonne question ?
04:56Est-ce que vous allez savoir qu'est-ce qu'il faut demander à l'IA ?
04:59Et puis, quelles sont les informations avec lesquelles il faut nourrir cette intelligence artificielle ?
05:03Ça, c'est un vrai sujet.
05:04Et ça, pour nous, le patient, il ne doit pas se préoccuper de ça.
05:07On a tendance à dire que chez Kiro, on passe du software à the service.
05:10Donc, l'idée de pouvoir avoir un logiciel comme un service a changé vraiment cette dynamique pour pouvoir faire un
05:15service à the software.
05:16Nous, à la fin, l'idée, ce n'est pas forcément que vous utilisez un logiciel.
05:18C'est que vous ayez le résultat de l'action que vous souhaitiez avoir au moment où vous avez démarré
05:23la prise en charge.
05:24C'est-à-dire, c'est quoi le bon médecin ? C'est quoi le bon examen ?
05:26Vers quel laboratoire je dois me tourner ?
05:28Comment je peux être mieux pris en charge ?
05:29Et c'est toutes ces actions-là qui vont compter à la fin pour le patient.
05:33On voit aujourd'hui que la tech arrive à faire des choses dans la médecine.
05:37Je pense souvent que le cas d'Apple avec son Apple Watch,
05:40qui arrive à détecter des anomalies cardiaques qui peuvent sauver des vies.
05:45Le nombre de témoignages de personnes dont la vie a été sauvée grâce à une Apple Watch est quand même
05:50assez impressionnant.
05:51Est-ce que vous arrivez à détecter des pathologies que même les médecins ne voient pas ?
05:56Détecter des pathologies, c'est un peu compliqué parce que l'histoire du patient est complexe.
06:01Et même le médecin n'a pas forcément arrivé à détecter des pathologies à partir d'une prise de sang.
06:04Oui, mais vous voyez des indicateurs avec votre IA que peut-être le médecin, lui, ne voit pas ou n
06:11'a pas eu le temps d'intégrer.
06:13Tout à fait. Effectivement, on est en dispositif médical marqué CE.
06:16Ça veut dire qu'on a dû passer par un certain nombre de tests et de validations,
06:19à la fois d'un point de vue qualité, d'un point de vue technique et d'un point de
06:21vue médical,
06:22pour justement montrer la pertinence et la performance du dispositif par rapport à des médecins.
06:27Pour justement mieux les aider à mieux prescrire.
06:29Et là, effectivement, on a vu sur certaines performances que non seulement on arrivait à être aussi performant
06:34pour éviter les examens qui étaient inutiles, mais aussi plus performant, quasiment deux fois plus performant que le médecin
06:39pour identifier les examens qu'il fallait faire et que le médecin a tendance à oublier.
06:44Demain, comment vous voyez votre métier qui va évoluer ?
06:47Et sans doute, est-ce que demain, on peut imaginer que finalement, quoi qu'il arrive, je vais me faire
06:54faire une prise de sang,
06:55non, automatiquement, j'ai votre résultat et je n'aurai même plus besoin d'aller chez le médecin.
06:59Est-ce que c'est un truc qui vous paraît faisable ou on aura toujours besoin d'un médecin ?
07:05Les métiers vont changer.
07:07Je viens d'une famille avec deux parents médecins, donc j'ai tendance à penser qu'on aura toujours besoin
07:10d'un médecin.
07:11Et je pense surtout que...
07:12Oui, faites attention en plus quand vous allez rentrer à la maison, après, si vous dites des bêtises.
07:16Ça fait quelques années que je fais attention.
07:17Je vous taquine là-dessus parce que c'est vrai qu'on voit que Chagipiti investit beaucoup d'argent dans
07:22la santé.
07:23On voit que certaines pathologies sont détectées, non pas par les médecins, mais par l'IA.
07:27Et on n'en est qu'au tout début.
07:29On en est à l'an zéro de tout ça.
07:31À l'an zéro et en plus avec une évolution où toutes les trois semaines, il y a une nouveauté.
07:34C'est exponentiel.
07:36Et c'est effectivement cette capacité, cette complexité-là qu'il faut qu'on arrive à gérer.
07:38Est-ce qu'un médecin, au bout de huit heures de consultation, il est fatigué, il commence à être exécrable,
07:43il ne sera moins dans une pédagogie que l'IA peut l'être ?
07:49Je pense qu'au médecin, on demande surtout aux médecins aujourd'hui d'être un sachant et de passer finalement
07:54moins de temps avec son patient.
07:56Ce qui est important aujourd'hui, c'est le temps médical.
07:57C'est le temps à comprendre le patient, ce que l'IA ne fera jamais.
08:00À la fin, il n'y a rien qui remplace une main pour poser la main sur l'épaule pour
08:03annoncer un diagnostic.
08:04Ça, c'est la réalité.
08:05C'est la réalité des médecins, ce qu'ils voient tous les jours.
08:08La complexité, c'est qu'aujourd'hui...
08:08Oui, mais Dieu merci, des diagnostics graves, on n'en annonce pas tous les jours.
08:12Vous voyez ce que je veux dire ?
08:13Complètement, mais il faut du temps médical, il faut le temps d'expliquer, il faut le temps de prendre en
08:16charge, il faut le temps de coordonner aussi des parcours.
08:18Ça, c'est ce que fait effectivement un professionnel de santé.
08:21Et là, effectivement, le métier est en train de changer parce qu'on va pouvoir, avec de l'IA, dégager
08:23du temps médical.
08:24Il faut aussi voir aussi, ça c'est assez important, on a tendance à penser que l'IA va tout
08:28remplacer.
08:29Je suis assez convaincu que l'IA ne va remplacer que ce qui est en manque, ou du moins ce
08:32qui ne manque pas plutôt.
08:34Aujourd'hui, un médecin, la réalité, c'est qu'on manque de professionnels de santé.
08:38Donc même si vous avez une IA qui va être capable de pouvoir adapter ou proposer certains éléments,
08:43la réalité, c'est qu'on sera toujours en manque de médecin parce que la demande de soins va aller
08:46toujours beaucoup plus vite que l'offre de soins.
08:49Donc il y a cet enjeu-là aujourd'hui.
08:51Néanmoins, le métier de médecin, il va définitivement changer.
08:53Donc pour répondre à la question comment on voit effectivement le parcours,
08:55on voit effectivement que le médecin, il va pouvoir être partie prenante de ce parcours-là,
08:59mais on voit aussi que le patient, il va être beaucoup plus acteur de sa santé.
09:02Par exemple, vous allez récupérer un examen de biologie médicale,
09:05la question ça va être, ok, mais je ne veux pas récupérer un examen de biologie médicale.
09:08Moi, ce que je veux, c'est perdre du poids.
09:10Moi, ce que je veux, c'est éviter d'avoir une insuffisance rénale chronique dans 10 ans.
09:14Moi, ce que je veux, c'est potentiellement, si je sais que ma famille a des antécédents de telle ou
09:18telle pathologie,
09:19je veux éviter, je veux anticiper.
09:21Donc c'est la prévention à votre avis où l'IA peut être très forte.
09:24C'est la prise en charge. Vous prenez par exemple des patients qui ont typiquement des examens
09:29parce qu'ils sont sous GLP1, parce qu'ils ont besoin de perdre du poids, parce qu'ils ont un
09:33diabète, par exemple.
09:34Mais il y a une question de, je vais moins manger ?
09:36Il y a cette question de, est-ce que je vais avoir les bons nutriments qui vont être apportés au
09:40bon moment
09:41par rapport à moi, mon histoire et ce que j'ai envie de faire ?
09:44Et donc ça, c'est aussi quelque chose sur lequel on peut concrètement aider le patient
09:47de manière assez concrète en dehors du circuit médical classique.
09:51C'est intéressant parce que jeudi, je recevais NutriCheck, une boîte que vous devez connaître
09:54et qui se positionne aussi sur l'IA et les conseils qu'on peut donner en matière de nutrition et
10:00d'exercice physique.
10:01Donc on voit qu'il y a une nouvelle économie qui est en train de se créer sur ce sujet.
10:06Je pense qu'on ira même plus loin. Je pense que dans quelques années, on créera des compléments alimentaires
10:09qui seront dédiés pour vous spécifiquement parce que justement...
10:12Et qui ont été conçus par l'IA finalement, avec les bons nutriments qu'il nous faut à l'instant
10:18T.
10:18Et que vous allez absorber exactement.
10:19Oui. Est-ce que ça sera bon ? C'est une autre question.
10:23C'est là où on fera la différence entre la médecine et le charlatelisme.
10:26C'est effectivement qu'il va falloir qu'on soit capable de prouver et qu'on crée aussi un système
10:28autour de ça
10:29de vérification, de validation pour justement s'assurer que ce qu'on fait est positif pour le patient.
10:34En termes de gourmandise, je parlais du goût. Est-ce que ça va être bon ? Est-ce que ça
10:38sera mangeable ?
10:38C'est ça la question.
10:39Je ne sais pas si le goût du doliprane, on s'en rappelle tous.
10:41C'est vrai. Merci beaucoup Alexandre. Très intéressant.
10:46Merci beaucoup.
10:46Vous êtes le président de Quiro. Alexandre Guénoun donc sur le plateau de Tech & Co ici à Marseille.
10:51Merci beaucoup.

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