00:00Il a pu consulter les fiches de 680 000 personnes, une à une.
00:04Mais en fait, dans quel service un inspecteur des impôts a accès à 680 000 fiches de contribuables ?
00:08N'importe quelle personne qui travaille dans la cybersécurité dira que la base, c'est la détection.
00:14C'est être capable de détecter les intrusions et les comportements anormaux sur les systèmes de fichiers.
00:20Et sur les bases, c'est le plus sensible de l'État, ce n'est pas fait.
00:22Le minimum de prérequis n'est pas mis en place.
00:32Mais on vit dans un monde où les gens n'ont pas la moindre idée de tout ce que l
00:37'État est capable de faire, en tout cas de déployer.
00:39Et on nous dit souvent qu'il n'existe pas de surveillance de masse en France.
00:46Mais il faut définir ce que c'est la surveillance de masse.
00:49C'est quoi ?
00:50La surveillance de masse, c'est la capacité de collecte et d'analyse de données en grande quantité,
00:55dans l'objectif de cibler des personnes par la suite.
00:59Quand on parle de la Russie, quand on parle de la Chine, quand on parle de l'Iran,
01:03en dénonçant des États qui pratiqueraient la surveillance de masse sur leur population façon 1984,
01:12en réalité, la France est déjà dans cette pratique.
01:16Elle collecte massivement tous les jours des données par le billet d'algorithmes
01:20qui sont mis en place sur le trafic Internet.
01:23C'est encadré, non ?
01:24Mais bien sûr, non mais c'est encadré.
01:27C'est pour une interrogation.
01:28Non, c'est encadré.
01:30Tout est encadré.
01:31Un peu comme la consultation du tâche, c'est ça ?
01:33La reconnaissance faciale, c'est encadré ?
01:35Non, justement.
01:36Tu vois, non mais là, tu pointes le problème.
01:39C'est encadré, mais la problématique, c'est la dérive.
01:42J'ai fait une vidéo très récemment sur ma chaîne, justement,
01:44sur l'usage illégal de la reconnaissance faciale par les fonctionnaires de police sur le terrain,
01:48en lien avec le tâche.
01:49Juste pour encadrer deux minutes, c'est que tu as…
01:54C'est quoi le tâche ?
01:54Alors le tâche, c'est le traitement des antécédents judiciaires.
01:57C'est le fichier qui centralise les auteurs et les victimes dans le cadre de procédures judiciaires.
02:03Donc n'importe qui qui, un jour ou l'autre, a été entendu par la police dans le cadre d
02:07'une garde à vue
02:07ou d'une audition simple, ou qui a déposé plainte, est identifié dans ce fichier.
02:11Les mains courantes aussi ?
02:13Non, pas les mains courantes.
02:14C'est vraiment propre aux procédures judiciaires.
02:16Il y a des millions de personnes dans ce fichier.
02:18Ça dure combien de temps le tâche ?
02:20C'est 40 ans, en fonction du statut que tu peux avoir.
02:24Mais pour une personne prévenue, si elle a été condamnée,
02:27elle peut solliciter son effacement du tâche, mais il faut le justifier,
02:30il faut que ça soit motivé.
02:31Mais en tout cas, à vérifier, attention, je crois que c'est une quarantaine d'années pour le tâche.
02:35C'est énorme.
02:36C'est-à-dire que c'est un fichier centralisé qui est un véritable vivier de toute la population
02:43et énormément de personnes se trouvent dedans.
02:45Donc, systématiquement, quand une personne prévenue, ou en tout cas placée en garde à vue,
02:49fait l'objet d'une procédure et passe par un commissariat de police, par un service enquêteur,
02:54il fait l'objet d'une signalétique.
02:55Donc, on va prendre les empreintes, on va prendre les photos.
02:57Ces photos sont stockées au sein du fichier.
02:59Et a été déployé sur cet outil un outil de reconnaissance faciale pour les enquêteurs,
03:03dont le but est de faciliter de retrouver les personnes, par exemple, qui ne donneraient pas une bonne identité,
03:08qui changeraient très régulièrement, en tout cas, sans avoir à s'embêter à comparer les empreintes systématiquement.
03:14Et en mettant la photo dans cet outil de reconnaissance faciale, qui est déployé par une boîte privée,
03:20ça va sortir les probabilités de personnes déjà enregistrées otages les plus fortes, sur 200 résultats.
03:28Et en fait, les journalistes, à vérifier, je crois que c'est Disclose ou Street Press, je ne sais plus,
03:34je pense que ta communauté va jeter un œil.
03:39En tout cas, un de ces deux médias alternatifs a mené une enquête et a interrogé des jeunes,
03:46en tout cas dans la rue, qui faisaient l'objet régulier de contrôles de police.
03:50Et la question, c'était pourquoi ils étaient pris en photo sur le terrain.
03:53Et on a une vidéo d'un contrôle dans un reportage avec les motards de la police,
04:00où l'officier de police prend une photo du jeune, hop, on le voit l'enregistrer otage,
04:07paf, paf, paf, comparaison, ça ressort identité.
04:09Mais le problème, c'est que c'est illégal.
04:11C'est totalement illégal.
04:13Pourquoi ? Parce que la France, aujourd'hui, ne pratique pas, en tout cas de manière légale et officielle,
04:18la reconnaissance faciale.
04:21La vidéosurveillance algorithmique n'est pas couplée à la reconnaissance faciale.
04:24C'est le dernier rubicon à ne pas franchir, en tout cas dans le contrôle de l'espace public.
04:30Et on a le ministère de l'Intérieur, on a la patronne de la DGSI actuelle,
04:39qui était à l'époque la patronne de la direction départementale de la sécurité publique,
04:45qui avait interdit strictement aux agents l'usage de cet outil de reconnaissance faciale
04:51dans le cadre de contrôle d'identité.
04:53Le seul cadre qui était autorisé, c'était lors d'une vérification au commissariat
04:58dans le cadre d'une procédure.
05:00En réalité, les fonctionnaires de police sur le terrain, pour gagner du temps,
05:04ont pris l'habitude de prendre tout le monde en photo, de comparer à la base
05:07si l'identité était bonne, si la personne n'était connue ou pas connue déjà du tâche,
05:11et puis après, emballer, se peser.
05:13Et donc, on a des directives qui sont très claires.
05:16C'est interdit de l'utiliser dans le cadre de contrôle d'identité sur la voie publique.
05:20C'est une limite à ne pas franchir.
05:24La loi ne l'autorise pas, et pourtant, on a des fonctionnaires de police qui le font.
05:29Suite à l'enquête qui a été publiée, le ministre de l'Intérieur a été interrogé
05:33et a dit non, non, non, ça ne se fait absolument pas.
05:35C'est à Nunes ?
05:36Nunes, oui. C'était au printemps.
05:40Donc, il a affirmé publiquement que ça ne se faisait pas, que c'était déjà interdit.
05:44Sauf que les témoignages circulent.
05:46On voit parfaitement les fonctionnaires de police utiliser la reconnaissance faciale à travers le tâche.
05:51C'est Nunes ou Nunes ?
05:53Non, c'est Nunes.
05:53Nunes, c'est pas Nunes.
05:54Non.
05:55En portugais, on dit Nunes.
05:56Hein ?
05:57En portugais, on dit Nunes.
05:58Oui, mais c'est pour ça que je te dis oui.
06:00Mais c'est Nunes.
06:04Et à partir de là, à partir du moment où on commence à avoir des dérives sur ces outils
06:09qui sont techniquement encadrés, qui n'ont pas été autorisés par le Parlement,
06:14ça n'a pas été débattu.
06:15C'est-à-dire que la reconnaissance faciale, à partir du moment où on va commencer à envisager de la
06:19mettre en place,
06:19ça doit faire l'objet d'un débat public.
06:21En tout cas, moi, je serai un de ses premiers opposants, comme de très nombreuses personnes
06:24qui défendent le droit à la vie privée.
06:26On ne peut pas autoriser ce type de pratique dans notre pays aujourd'hui,
06:29parce que c'est la porte ouverte à un fichage généralisé.
06:32Question Internet.
06:33Est-ce que pour réellement protéger les gens,
06:36faudrait-il pas faire péter ces bases de données et mettre en taux ceux qui organisent la surveillance de masse
06:43?
06:43Tu sais ce qui est intéressant ?
06:45C'est qu'on ne met pas en place tout l'arsenal pour lutter contre ça.
06:48Je vais donner un exemple.
06:51Le fait de ne pas assurer la sécurité du traitement d'une base de données,
06:55en tout cas de ne pas mettre tout en œuvre pour réussir à le sécuriser.
07:00C'est comme mettre le Louvre avec le mot de passe pour les caméras avec marqué Louvre.
07:03C'est 5 ans de prison pour pénal.
07:0545 000 euros d'amende.
07:08C'est-à-dire qu'un responsable d'un traitement de données,
07:12s'il se fait poutrer les données, pourrait être pénalement responsable.
07:14C'est jamais appliqué.
07:16Tout ce qu'on a derrière, c'est l'ACNIL et des bonnes intentions.
07:20La réalité, c'est que personne n'en a strictement rien à foutre
07:22parce que c'est intégré comme un risque cyber.
07:24Aujourd'hui, les boîtes sont couvertes par les assurances.
07:27Elles se font voler des données.
07:28Elles envoient un mot d'excuse.
07:29On responsabilise le client en disant
07:30« Surtout, soyez attentifs parce qu'on s'est fait voler vos données.
07:33Ce serait bien que vous soyez vigilants sur les mails que vous pourrez recevoir
07:36ou toutes les tentatives d'usurpation d'identité. »
07:40Mais soyez assurés que nous prenons au sérieux la sécurité de vos données personnelles.
07:44À un moment donné, on se fout de la gueule du monde
07:46parce que sur 2026, sur Fuite Info,
07:50aujourd'hui, à l'heure où je te parle et je te parle même pas encore des fuites
07:54qu'on n'a peut-être pas référencées,
07:56on est à 686 fuites de données.
08:0065% sont confirmés.
08:03Le reste sont revendiqués
08:04et seront peut-être confirmés par la suite par les entreprises
08:07quand elles auront peut-être déterminé
08:10qu'effectivement, elles se sont fait voler des données.
08:13Depuis 2025, ce sont 730 millions de personnes
08:18qui se sont fait voler leurs données.
08:21Alors, 730 millions, ça ne représente pas l'intégralité des Français
08:23parce qu'en fait, tu t'es fait peut-être voler 10 fois tes données.
08:2715 fois, 20 fois.
08:29Mais si on individualise, on arrive à 730 millions de personnes.
08:339 Français sur 10
08:35ont vu leurs données partir dans la nature.
08:39Et tout le monde s'en fout.
08:42On a un État qui, finalement, vient nous voir
08:45parce que c'est scandaleux,
08:47parce qu'on a paumé des données fiscales de 680 000 personnes,
08:50nous dire, on est désolé.
08:53Ah oui, mais comment ça s'est produit ?
08:55Ah ben, un identifiant, et puis connexion,
08:57et puis ensuite, il a pu consulter, pardon,
09:00c'est 680 000 personnes.
09:01Il a pu consulter les fiches de 680 000 personnes,
09:04une à une.
09:05Mais en fait, dans quel service un inspecteur des impôts
09:07a accès à 680 000 fiches de contribuables ?
09:10À quel moment ça ne détecte pas ?
09:11À quel moment les comportements intrusifs,
09:13comme ça, et problématiques ne sont pas détectés ?
09:15N'importe quelle personne qui travaille
09:17dans la cybersécurité
09:19dira que la base, c'est la détection.
09:21C'est être capable de détecter les intrusions
09:23et les comportements anormaux sur les systèmes de fichiers.
09:27Et sur les bases,
09:28c'est le plus sensible de l'État,
09:28ce n'est pas fait.
09:30Le minimum de prérequis n'est pas mis en place.
09:33Parce que que Jean-Michel se fasse pomper son mot de passe
09:36et son identifiant de connexion à la base de la DGFIP,
09:39c'est une chose.
09:41Parce qu'il l'a utilisé pour aller commander un sextoy.
09:43OK, pas de problème.
09:44Mais est-ce que pour autant,
09:47il y avait par exemple de la double authentification ?
09:49Ah oui, mais en fait,
09:50ce n'est pas mis en place partout.
09:51Ah ben, on va le faire.
09:54Et c'est comme ça toutes les semaines,
09:55tous les mois.