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Sebastian Roché, sociologue et directeur de recherche au CNRS, est invité sur France Culture pour parler de la gestion politique et policière du mouvement lycéen.

Pour changer le système
Réclamer le RIC constituant : https://www.mouvement-constituant-populaire.fr/
Changer de banque: https://www.lanef.com/ https://change-de-banque.org/particulier/
Passer à l'action militante: https://extinctionrebellion.fr/ https://ripostealimentaire.fr/
Changer de travail : https://jobs.makesense.org/fr

Sources
Roché https://www.youtube.com/watch?v=C5k6YPb7e6Q
Musique https://www.youtube.com/watch?v=39PVEaSytpo

Réponses au quiz de fin :

/!\ Description à ne pas lire avant d'avoir vu la vidéo entièrement
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Quel est le procédé normal d'une interpellation par la police ?
On interpelle une personne quand on a des choses à lui reprocher, on la met ensuite en garde à vue, puis on consigne ce qu'on a à lui reprocher. On l'envoie enfin au bureau du procureur qui, lui, décidera s'il faut la poursuivre.

Pourquoi peut-on dire que les personnes interpellées sont pour la plupart irréprochables ?
Le nombre de gardes à vue est bien inférieur au nombre d'interpellations.

Combien de pillages de magasins y a-t-il eu lors des émeutes de 2023 ?
1 000.

#roché #politique #manif #genZ #extrait #ethiqueettac

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Si on regarde le nombre d'interpellations, il y a plus d'interpellations face à des lycéens qui bloquent des
00:05lycées
00:05qu'il y en a eu pendant les émeutes de 2023 suite à la mort de Naël.
00:08Donc il faut bien se rendre compte de ça.
00:11Dans le bilan du Sénat des émeutes de 2023, il y a 1000 pillages de magasins.
00:15Là, il n'y a pas de pillages de magasins.
00:17Il n'y a aucun commissariat qui ont été attaqués.
00:26Jean Lémarie vient d'évoquer les réponses possibles du gouvernement.
00:28La réponse policière est-elle une réponse ?
00:32Oui, la réponse policière, le maintien de l'ordre, c'est de la politique.
00:39Dans toutes les activités de police, c'est celle qui est le plus directement pilotée par l'exécutif.
00:44Le ministre de l'Intérieur est à la manœuvre.
00:46Son directeur de cabinet suit tous les incidents.
00:49Tout lui remonte.
00:50C'est lui qui fixe les modalités d'intervention.
00:52On a entendu sur TF1 Laurent Nunez garantir à l'extrême droite
00:58qu'il n'y avait aucune retenue dans l'usage des armes intermédiaires,
01:02c'est-à-dire des LBD et des grenades.
01:05Donc vraiment, le cadre en France, on a une police centralisée, police et gendarmerie,
01:09le cadre, c'est celui-là.
01:11Donc c'est de la politique en action.
01:13Je trouve que les réseaux sociaux en la matière, comme dans beaucoup d'autres choses,
01:17ont tout changé.
01:17C'est-à-dire que la prolifération de petites vidéos non contextualisées,
01:23on ne comprend pas ce qui se passe, bref,
01:25qui veulent démontrer une chose ou son contraire,
01:28ont également rendu la question encore plus explosive.
01:31Vous ne trouvez pas ?
01:32Alors, on appelle ça, dans la sociologie de la police,
01:36la nouvelle visibilité policière.
01:38Avant, il n'y avait que les policiers, en fait, qui étaient témoins
01:41et qui pouvaient parler devant un magistrat
01:43et dont la parole prévalait sur celle des autres.
01:46On était dans la phase d'avant les médias sociaux.
01:49Et puis, maintenant, on a des petits fragments.
01:51Mais ce qu'on voit, c'est qu'on a tellement de petits fragments
01:54qu'on peut reconstituer des scènes complexes.
01:56C'est par exemple ce que fait Index, qui travaille pour des tribunaux
01:59et qui reconstitue en 3D les situations.
02:02Par exemple, comme le tir de grenade lacrymogène
02:06qui, à Marseille, en 2018, avait tué une dame dans son appartement.
02:10Donc on a aujourd'hui cette capacité.
02:12Et ce qui est intéressant, c'est de voir que le ministre de l'Intérieur
02:15fait comme si ça n'existait pas.
02:17Il nous dit qu'il n'y a pas de violence policière
02:19ou le Premier ministre également.
02:21Alors qu'on a les grenades explosives lancées en cloche
02:25qui sont filmées.
02:27Alors qu'on a les tirs de LBD ou les tirs au lance-grenade
02:30qui sont filmés dans des positions complètement non réglementaires.
02:33Donc c'est intéressant de voir cette documentation.
02:35Et c'est intéressant de voir que le pouvoir ne comprend pas
02:37ou ne semble pas comprendre que tout le monde peut voir.
02:40Mais Sébastien Rocher, ça fait longtemps que je lis vos travaux.
02:44Et j'ai l'impression qu'au fil des années,
02:46vous êtes devenu de plus en plus critique
02:49de l'attitude de la police.
02:52Est-ce vous qui avez changé ?
02:53Est-ce la police qui a changé ?
02:55Alors, pour ce qui me concerne, je préfère laisser d'autres répondre.
02:59Mais non, je veux dire, la fonction...
03:01Est-ce que le maintien de l'ordre est de plus en plus dur en fond ?
03:05Oui. En fait, la gestion des foules, la police des foules
03:08a complètement changé entre les années 2010 et aujourd'hui.
03:15Dans la décennie 2000-2010, on est dans la fin de la période de pacification
03:21des méthodes de gestion des foules.
03:23On est à l'apogée de ce qu'on a appelé la mise à distance.
03:27C'est-à-dire qu'en fait, la police absorbe les coups, absorbe la colère.
03:32Elle met en place des unités professionnalisées,
03:35CRS, gendarmes mobiles,
03:36et elle utilise peu les LBD.
03:40Elle utilise toujours un petit peu les grenades.
03:42Et aujourd'hui, on a basculé où c'est le tout venant de la police urbaine
03:46qui est en maintien de l'ordre.
03:47Ce ne sont plus les professionnels qui sont en première ligne
03:49où les tirs de LBD sont multipliés.
03:52C'est-à-dire quoi ? Ils sont mal formés ?
03:55Oui, alors on a en fait des gens peu, pas formés à la gestion des foules.
03:58Les BAC, c'est des gens qui font du saute dessus,
04:00qui arrêtent des criminels.
04:01On les envoie en gestion des foules avec leur LBD.
04:05Donc, qu'est-ce qu'ils font ?
04:06Ils font ce qu'ils savent faire.
04:07Et on leur demande de faire beaucoup d'interpellations
04:09pour que le ministre puisse venir présenter des chiffres.
04:12Justement, j'allais vous demander à quoi ça sert les interpellations ?
04:15Parce qu'on a évoqué le chiffre de 5000 interpellations de jeunes
04:19lors du premier jour de ces mobilisations lycéennes.
04:23Qu'est-ce qu'on en fait de ces 5000 jeunes ?
04:25Alors, on n'en fait rien, justement.
04:27Parce que normalement, une interpellation,
04:29ça se produit quand on a quelque chose à reprocher à quelqu'un.
04:32On va l'interpeller, on le place en garde à vue.
04:34Et puis, à ce moment-là, on consigne les choses qu'on lui reproche
04:38avant de le transférer vers le bureau du procureur
04:41qui, lui, va décider s'il y a une mise en examen.
04:43Mais là, ce qu'on voit, c'est qu'en fait,
04:45on capture des personnes qui sont des manifestants
04:49pour essayer de les sortir de la manifestation
04:52et la faire diminuer.
04:53Mais on ne va rien avoir à leur reprocher
04:55et les procureurs vont massivement faire sortir.
04:58Déjà, on voit que le nombre de gardes à vue
04:59est beaucoup plus faible que le nombre d'interpellations.
05:01Ça veut dire qu'en fait, on ne peut rien reprocher aux personnes
05:04dès la garde-vue.
05:05Et lorsqu'on examinera les preuves,
05:08on va encore voir une bonne moitié des personnes
05:10à qui on ne va rien reprocher.
05:12Donc, c'est un instrument de la communication politique.
05:14Le ministre ne veut pas dire, j'ai apaisé la situation.
05:17Il veut dire, j'ai une police forte
05:19et je peux vous contenir.
05:20On parlait des évolutions des pratiques policières.
05:23Est-ce que dans le même temps, on peut dire
05:25qu'il y a eu une forme d'ensauvagement des jeunes
05:28que les manifestations auxquelles on a assisté,
05:31non pas en totalité bien sûr,
05:33mais pour ce qui concerne ces petits groupes
05:36que vous évoquiez, sont plus violentes qu'hier ?
05:38Alors non.
05:39C'est la stratégie de communication du gouvernement
05:41puisqu'effectivement, l'ensauvagement,
05:43c'est le terme d'Emmanuel Macron.
05:46Retour aux origines ethniques,
05:48c'est celui de M. Retailleau.
05:49Donc là, il y a une sorte de victimisation de la police
05:53et puis d'accusations qui sont portées
05:55sur une jeunesse qui aurait perdu tous les repères.
05:57Bon, ce n'est pas ce qu'on va observer.
06:00Ce qu'on va observer,
06:02c'est si on regarde le nombre d'interpellations,
06:04il y a plus d'interpellations face à des lycéens
06:06qui bloquent des lycées
06:07qui en ont eu pendant les émeutes de 2023
06:09suite à la mort d'Onaëlle.
06:11Donc, il faut bien se rendre compte de ça.
06:13Dans le bilan du Sénat des émeutes de 2023,
06:16il y a 1000 pillages de magasins.
06:17Là, il n'y a pas de pillages de magasins.
06:19Il n'y a aucun commissariat qui a été attaqué.
06:22Donc, je comprends la stratégie de communication
06:24et c'est d'étouffer le mouvement du Premier ministre,
06:26mais ça ne recouvre pas du tout la réalité.
06:30On a un mouvement lycéen classique
06:32qui utilise des méthodes routinisées de blocage
06:34qui partent de leurs conditions de vie,
06:36de leur lieu de travail, entre guillemets,
06:38et qui ne sont absolument pas une menace pour la République.
06:41Pour le gouvernement, oui, parce qu'il est faible,
06:43mais absolument pas pour la République.
06:44Donc, l'explication d'un ensauvagement de la société
06:47est une justification de l'usage des armes,
06:51encore une fois, qu'aucun autre pays européen ne pratique.
06:53Votre mot de la fin, Sébastien Rocher,
06:56sur ces débats qui sont de plus en plus présents
07:00à chaque manifestation en France ?
07:04On a un maintien de l'ordre
07:07qui est devenu, qui a versé,
07:10on a un désapprentissage de la gestion des foules.
07:12On a eu un long processus d'apprentissage,
07:15d'autocontrôle de la police,
07:16de maîtrise de l'usage des armes,
07:18et là, on a un désapprentissage.
07:21Les règles professionnelles ne sont absolument pas respectées,
07:24elles sont toutes contenues dans le schéma national du maintien de l'ordre,
07:27mais on voit le port du masque est interdit,
07:29il est pratiqué,
07:30le port du numéro d'identification est une obligation,
07:35rappelé deux fois par le Conseil d'État,
07:37il n'est pas mis en place.
07:39La grenade qui a mutilé a été tirée en cloche
07:41alors qu'elle devait être tirée au ras du sol.
07:44Absolument rien se passe,
07:46les distances d'usage des armes sublétales ne sont pas respectées.
07:50Je m'arrête là,
07:51donc il y a vraiment un besoin de vous arrêter là.
07:54Vous arrêtez là parce qu'on n'a plus le temps.
07:56Pour ça, Sébastien Rocher,
07:58je rappelle le titre de votre dernier ouvrage,
08:00« La police contre la rue séchée grassée ».
08:04Jésus,
08:05je peux vous remerber à la côte,
08:06vous en avezому un besoin de vous arrêter là pour l'avenir de la violence.
08:22jésus,
08:22j'ai eu un besoin de vous arrêter là pour l'avenir de la mort.
08:26j'avais un besoin de vous arrêter là pour l'avenir de la mort.
08:36Abonnez-vous !

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