- il y a 2 jours
Avec Muriel Reus et Étienne Adeline
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-04-26##
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00:00Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui
00:19donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:21Aujourd'hui, je reçois Étienne Adeline, 26 ans, assistante de recherche en histoire du cinéma à l'université de Caen
00:28et membre du conseil d'administration de l'association Zéro Macho.
00:33Un engagement singulier et loin d'être anodin, Étienne fait partie de ces hommes qui choisissent de ne plus considérer
00:39la prostitution comme une réalité marginale ou une fatalité sociale,
00:42mais comme un système qui désengage directement en tant qu'homme.
00:46Mais avant d'aborder cette conversation, comme chaque semaine, mon édito est aujourd'hui, je vous propose de nous engager
00:52contre le système prostitutionnel.
00:55La prostitution est encore considérée comme une réalité marginale presque inévitable, une zone grise de nos sociétés, tolérée, parfois même
01:02rationalisée.
01:03Disons-le clairement, la prostitution n'est pas un angle mort, c'est un révélateur du rapport des hommes au
01:09corps des femmes,
01:10du rôle de l'argent dans la sexualité et de la manière dont une société organise ou accepte des rapports
01:16de domination.
01:17La prostitution existe parce qu'il existe une demande et cette demande est de manière écrasante masculine.
01:23En France, on estime que 15 à 20% des hommes y ont eu recours au moins une fois
01:28et qu'environ 40 000 personnes sont aujourd'hui en situation de prostitution.
01:32Mais derrière ces chiffres, regardons les trajectoires.
01:35La grande majorité des personnes prostituées sont des femmes en situation de vulnérabilité, précarité, isolement social, parcours migratoire, absence de
01:43droits, absence de ressources.
01:46Beaucoup sont étrangères, beaucoup sont sous emprise directe de réseaux de traite ou de proxénétisme.
01:51La violence n'est pas une exception dans ce système, elle en est une composante et même une dimension structurante.
01:57Les travaux institutionnels, notamment ceux de la MIPROF, montrent que les personnes prostituées sont très majoritairement exposées à des logiques
02:04d'emprise, de dépendance, de contrainte
02:05et à des violences même avant d'entrer dans la prostitution et tout au long de leur parcours.
02:10La prostitution est un espace où la violence se concentre, se répète et se banalise.
02:15Alors soyons lucides et surtout soyons honnêtes.
02:18Le récit d'un choix individuel ne tient pas.
02:20On ne choisit pas librement quand on n'a pas l'alternative, quand on est dépendante.
02:24Il faut en moyenne près de 7 tentatives pour sortir de ce système.
02:27La prostitution ne permet pas la liberté de choix.
02:31En France, la loi de 2016 a marqué un basculement important.
02:34L'achat d'actes sexuels est pénalisé, le délit de racolage passif abrogé.
02:39La loi reconnaît la personne prostituée comme victime d'un système d'exploitation sexuelle
02:43et non comme une personne libre dans le cadre d'un simple échange marchand.
02:47Un choix abolitionniste qui a permis de rompre avec une vieille hypocrisie française,
02:52tolérer le système tout en laissant peser la honte sur les femmes.
02:55Mais une loi n'existe pas seulement par son vote, elle existe par son application.
02:59Or, cette loi, dont on vient de fêter les 10 ans, reste trop peu appliquée.
03:04La pénalisation des acheteurs demeure limitée,
03:06comme si au fond, on hésitait encore à considérer l'acheteur comme un délinquant.
03:10Un homme qui paie pour disposer du corps d'une femme n'est pas un consommateur,
03:14c'est un acteur du système.
03:16Un prostituteur, pour reprendre des termes employés par certains collectifs comme Zéro Macho.
03:20Autour de nous, les choix sont différents.
03:22L'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique ont fait le choix du réglementarisme,
03:27considérer la prostitution comme une activité légale, encadrée, administrée.
03:31Sur le papier, ce modèle promet des droits, de la protection, de la transparence.
03:36Mais les faits contredisent cette promesse.
03:38En Allemagne, où la prostitution est légale depuis plus de 20 ans,
03:42on estime entre 300 000 et 400 000 le nombre de personnes prostituées
03:45pour seulement 30 000 à 40 000 enregistrées officiellement.
03:49Cela veut dire que même légalisé, ce système continue de prospérer
03:53dans des zones d'ombre, de contraintes et de violences.
03:56A l'inverse, d'autres pays visent le démantèlement du système prostitutionnel.
04:00C'est le cas de la Suède, pionnaire en la matière, de la Norvège et de l'Islande.
04:05Là, le message est clair.
04:06Il est juridique et politique.
04:08L'achat d'un acte sexuel est une infraction, un acte sanctionné.
04:11Surtout, ces pays ne se sont pas contentés d'égiférer.
04:14Ils ont inscrit cette interdiction dans un projet plus large.
04:17Éducation à l'égalité, transformation des normes sociales, responsabilisation des hommes.
04:21Le corps des femmes n'est pas à vendre parce que des hommes ont les moyens de payer.
04:26Dans un état de droit, la loi pose une frontière.
04:28Elle dit ce qui est acceptable, ce qui ne l'est pas.
04:31Encore faut-il que la loi soit appliquée.
04:33Encore faut-il passer du principe à l'application.
04:35La liberté du corps des femmes ne se proclame pas.
04:38Elle ne se négocie pas.
04:39Elle s'impose.
04:41La force de l'engagement, Muriel Reus.
04:44Aujourd'hui dans la force de l'engagement, je donne la parole à Étienne Adeline,
04:48membre du conseil d'administration de Zéro Macho, un collectif d'hommes
04:51qui porte une ligne très claire.
04:53La prostitution n'est pas une réalité marginale ni une fatalité sociale.
04:57C'est un système structuré qui repose massivement sur une demande masculine
05:02et qui traverse toute la société.
05:03Bonjour Étienne.
05:04Bonjour, merci pour l'accueil.
05:05Alors, vous êtes un homme, évidemment, jeune, 26 ans, engagé au sein de Zéro Macho
05:11et membre du conseil d'administration.
05:13Qu'est-ce qui, dans votre parcours, vous a conduit à vous positionner sur ce sujet ?
05:17À quel moment vous avez considéré que cela vous regardait personnellement ?
05:21Déjà, il y a un aspect d'éducation.
05:23Mes parents m'ont toujours parlé de la prostitution comme une forme de domination.
05:28Cela n'a pas traversé mon parcours militant dans mes plus jeunes années,
05:32mais je suis arrivé à l'université.
05:34Le mouvement MeToo est aussi apparu sur la scène internationale.
05:38Il a pris de l'ampleur.
05:39Il y a eu une libération de la parole des femmes qui subissent des violences sexuelles,
05:45conjugales, des viols et qui font système.
05:48Et pourtant, les grandes oubliées du mouvement MeToo,
05:54les survivantes qui ont pourtant parlé,
05:57notamment à partir de la loi de 2016,
06:02sont complètement invisibilisées.
06:07Voilà.
06:09Et elles sont invisibilisées alors que la prostitution est présente partout dans la société.
06:14Dans la rue, dans les discussions, dans les œuvres culturelles.
06:16Moi, je travaille en cinéma, dans beaucoup de films.
06:20On aborde le sujet de la prostitution.
06:22Et souvent, on glamourise la prostitution, on l'érotise.
06:26Et en fait, si on commence à s'y intéresser un peu,
06:28on s'aperçoit que c'est un sujet de prédation
06:32qui met à disposition le corps des femmes,
06:35en très grande majorité.
06:35À 85%, ce sont des femmes.
06:39Et ça profite toujours au même.
06:41C'est des hommes qui organisent les réseaux.
06:43Et c'est une très grande majorité de clients qui sont des hommes,
06:49quasi la totalité.
06:50La totalité, oui, pratiquement.
06:51Et donc, en tant qu'homme, on a une responsabilité aussi.
06:53Et donc, c'est le rôle de Zéro Macho de se former là-dessus,
06:56de faire de la sensibilisation publique,
06:59d'alerter les élus, la justice, la police.
07:02Et voilà, en tant qu'homme dans Zéro Macho,
07:04c'est un peu le travail qu'on fait.
07:06Donc, des hommes engagés.
07:07Alors, vous décrivez la prostitution
07:08comme un système d'exploitation économique racialisé et sexiste.
07:13Qu'est-ce que ça veut dire
07:16de la manière dont notre société organise
07:18ces rapports de domination ?
07:20Et en quoi cela dépasse la seule question de la sexualité ?
07:23Eh bien, en fait, la prostitution,
07:26c'est le miroir grossissant
07:26des rapports de domination dans notre société.
07:29Elle est à l'intersection, effectivement,
07:30de domination sexiste, raciste, classiste.
07:33Elle est héritée d'un héritage colonialiste.
07:36Et, en fait, elle est imposée par des structures.
07:40Donc, ça peut être des structures morales, religieuses.
07:43C'est un peu ce à quoi se sont attaqués
07:46les féministes des années 70.
07:47Aujourd'hui, le capitalisme, le libéralisme,
07:54la prostitution s'inscrit dans ces systèmes-là
07:58où on déshumanise les êtres humains.
08:01Il y a une marchandisation du corps des êtres humains
08:04et notamment des plus démunis.
08:08Et tout devient un marché économique, en fait.
08:12Et donc, c'est une bonne représentation de la société.
08:17Et alors, évidemment, la prostitution,
08:19on ne tient pas sans une demande masculine.
08:21Alors, vous qui êtes un homme,
08:22on va se poser la question frontalement
08:23dans ce collectif qui est un collectif d'hommes.
08:25Qu'est-ce que les hommes viennent chercher
08:26quand ils paient pour un acte sexuel ?
08:28Est-ce qu'ils viennent chercher de la domination,
08:30de la rassurance de viridité ?
08:31Est-ce qu'ils en ont conscience ou pas ?
08:34Alors, est-ce qu'ils en ont conscience ou pas ?
08:37Je ne sais pas.
08:38Certains en ont conscience.
08:38Je peux vous lire un passage parce qu'on a sorti un livre
08:43pour les 10 ans de la loi
08:44qui s'appelle « Des bordels au forum, paroles d'hommes ».
08:47En fait, on a analysé des forums où des hommes
08:51parlent de leurs actes de prostitution
08:57d'hommes qui fréquentent les salons de massage parisiens
09:00qui sont en fait des salons de prostitution.
09:02Il y en a 426 dans Paris.
09:04Et donc, sur ce forum,
09:05ils ont une parole complètement libre,
09:09anonymisée,
09:09et ils s'échangent des conseils sur les salons,
09:12les femmes, les pratiques.
09:14Et donc, je voulais une petite station
09:15parce que c'est assez édifiant.
09:19C'est un certain William G qui dit
09:21« Aucune petite fille asiatique ne se lève un jour
09:23en se disant que le travail de ses rêves
09:25serait de bosser 6 jours par semaine
09:27dans un pays qui n'est pas le sien,
09:28exploiter dans un salon à banlie de queue
09:30de vieux monsieur blanc,
09:31voire de se faire ramonner la chatte
09:32et le cul plusieurs fois par jour,
09:33tout ça pour un pouvoir misérable.
09:35Donc, en tant que client,
09:36on y va en tout égoïsme lubrique
09:37et en toute connaissance de cause.
09:39Si vous cherchez une conscience
09:40et que vous êtes sur ce forum,
09:41il y a comme qui dirait un antagonisme. »
09:44J'ai pris une phrase choc, un peu,
09:47avec « La parole est libérée »,
09:49on voit des mots très violents,
09:52une complète déshéminisation des femmes.
09:56Et voilà, certains en ont conscience.
09:58Lui, en tout cas, il a l'air d'en avoir conscience.
10:01Ça ne le déculpabilise pas, en quelque sorte,
10:03mais il en a conscience.
10:04Cet homme-là, apparemment,
10:06contribue beaucoup au forum.
10:08Donc, en fait, je pense qu'il y a un problème
10:10aussi d'éducation, mais on pourra en reparler.
10:12Bien sûr.
10:13Alors, on entend aussi souvent des récits,
10:15notamment maintenant avec le masculinisme,
10:17qui prend de plus en plus ampleur dans notre société,
10:18en France et ailleurs, d'ailleurs,
10:20qui évoquent la solitude, la défresse affective,
10:22le besoin sexuel.
10:24Alors, bien sûr, ce sont des représentations installées,
10:26ce sont des stéréotypes qui construisent l'idée
10:29d'homme à la marge.
10:30Et vous, vous dites un peu l'inverse.
10:31Vous dites que ce sont des hommes insérés,
10:33parfois pères de famille.
10:34Ça fait d'ailleurs référence à l'affaire Pellicot,
10:37à ce procès de Mazan.
10:38On a découvert des hommes ordinaires,
10:41socialement intégrés,
10:41capables de participer à des agressions sexuelles,
10:43à des viols, d'ailleurs.
10:44Est-ce que c'est difficile d'accepter la banalisation des auteurs ?
10:52Comment vous vivez, vous, cette banalisation de ces hommes
10:55qui ont recours à des actes tarifés ?
10:58Alors, déjà, je reviens sur, effectivement,
11:01la défense un peu de ces hommes
11:03qui font passer le paiement d'actes sexuels
11:08pour une soi-disant nature masculine,
11:10donc avec un côté assez biologique.
11:12Ils ont pas le terme se soulager,
11:15pulsions, besoins irrépressibles.
11:17Mais il n'y a jamais de question du désir,
11:20du plaisir, de découverte, du partage.
11:23Et c'est un peu...
11:24Il n'y a pas de non non plus.
11:26Peut-être que...
11:28À l'heure où les mentalités changent,
11:31qu'il y a une libération...
11:33Comment dire ?
11:34Une affirmation des femmes,
11:35de leurs droits, etc.
11:37Il y a un côté...
11:39Une représentation archaïque des relations.
11:42Et donc, c'est difficile aussi
11:46de se remettre en question.
11:47Et je parle pour tous les hommes,
11:49moi le premier,
11:50faire son examen de conscience,
11:52individuellement et collectivement.
11:55Et voilà.
11:56Et donc, il y a un système qui protège aussi ça.
11:59Mais vous avez fait le parallèle
12:01avec les viols de Gisèle Pellicot.
12:03C'est le même type d'hommes, effectivement.
12:06C'est des hommes de toute classe sociale,
12:08de tous les âges,
12:12qui sont là pour soumettre, en fait,
12:14les femmes,
12:15que ce soit de façon sédatée,
12:16comme Gisèle Pellicot,
12:18ou de façon dissociée,
12:19comme dans la prostitution.
12:21Donc c'est ça qui est à remettre en cause.
12:23C'est un gros travail.
12:24Il y a un début de changement de mentalité.
12:27Il faut l'intensifier.
12:28Il faut que les médias en parlent.
12:29Et c'est important qu'on fasse cette émission
12:30aujourd'hui pour ça.
12:31Alors, vous avez publié ce livre,
12:33Zéro Machaud et Bordel au Forum,
12:35Parole d'Homme.
12:36On va revenir un peu sur ces échanges,
12:39de ce qu'ils révèlent.
12:40Et on en parle juste après la pause.
12:42Retrouvez la force de l'engagement.
12:44Avec AJP, épargne, retraite,
12:47assurance emprunteur,
12:48prévoyance, santé.
12:51Sud Radio, la force de l'engagement.
12:5415h, 15h30.
12:56Muriel Rius.
12:57Donnez la parole à celles et ceux
12:58qui font bouger la société.
13:00C'est sur Sud Radio,
13:01et c'est la force de l'engagement.
13:02Aujourd'hui, avec Étienne Adeline,
13:04nous nous engageons collectivement
13:06contre la banalisation de la prostitution
13:08et ce qu'elle révèle des rapports de pouvoir
13:10entre les femmes et les hommes.
13:12Alors, dans ce livre,
13:13Des bordels au Forum,
13:14Parole d'Homme,
13:15publié aux éditions La Trêve,
13:17il y a un phénomène paradoxal,
13:19parce que, évidemment,
13:20moi, j'ai lu ce livre
13:20et j'étais très étonnée
13:21de certains propos.
13:24Certains hommes cherchent
13:25à être perçus
13:26dans ce cadre prostitutionnel
13:28comme de bons amants.
13:30On lit plein de phrases,
13:32il faut que je la fasse jouir,
13:34c'est très important pour moi
13:35qu'elle prenne du plaisir.
13:37Qu'est-ce que cela dit,
13:38le rapport des hommes
13:38à eux-mêmes aujourd'hui ?
13:40Est-ce que c'est une masculinité
13:42qui cherche à se rassurer
13:44en allant à Paris, par exemple,
13:45dans ces salons de massage ?
13:49Moi, ce qui me marque,
13:51c'est que c'est un plaisir,
13:54enfin, en tout cas,
13:56une représentation de la sexualité
13:57qui est individuelle
13:59et qui est centrée sur l'homme,
14:01en fait, sur eux-mêmes.
14:02Donc, c'est vrai qu'ils sont vantards,
14:04ils ont l'impression
14:04d'être des excellents coups.
14:09Voilà.
14:10Parce qu'en fait,
14:11on est tous construits, peut-être,
14:13et c'est ça qu'on s'attache
14:15à déconstruire,
14:15que les femmes auraient
14:17des besoins moindres,
14:20qu'il y a une ignorance,
14:21en fait,
14:23de ces désirs partagés.
14:26Et alors,
14:28d'où ça vient ?
14:30Ça dépend un peu des générations.
14:31Il y a aussi une question de tabou
14:34pour l'ancienne génération,
14:36où la sexualité,
14:37on n'en parlait pas.
14:38Avec la nouvelle génération,
14:39il y a la pornographie qui arrive.
14:41Donc, il n'y a toujours pas...
14:42Qui est vraiment là, d'ailleurs.
14:43Oui, qui arrive, évidemment,
14:44qui est présente.
14:46On a des nouvelles générations
14:47qui se construisent avec la pornographie,
14:48où on voit, en fait,
14:51des femmes qui sont
14:53en demande de soumission.
14:56Et donc,
14:56il y a un décalage
14:57entre la réalité
15:02d'échanges,
15:03de rencontres,
15:04de plaisirs partagés,
15:05avec, c'est vrai,
15:06que c'est ces paroles d'hommes
15:07qui sont choquantes
15:11par les mots qu'ils emploient
15:12et la façon dont ils voient les femmes.
15:13En fait, ce qu'il y a un désir
15:15de plaisir partagé
15:16dans cette volonté
15:17de faire jouir les femmes
15:18qui sont, en fait,
15:19des femmes prostituées,
15:21dans un système prostitutionnel.
15:22Donc, je vais payer pour un acte.
15:24On pourrait penser que c'est un acte...
15:26Je paye pour un acte
15:26pour assouvir mon propre désir.
15:28Et en même temps,
15:28je fantasme sur l'idée
15:30également de donner du plaisir
15:32aux femmes que je vais rémunérer.
15:33Enfin, moi, je trouve ça
15:35totalement paradoxal.
15:36Alors, la France a fait le choix
15:37en 2016 de pénaliser les clients.
15:39Dans les faits,
15:40la loi reste très peu appliquée.
15:42Ça traduit quoi ?
15:43Un manque de moyens,
15:44un manque de volonté politique
15:46à considérer ces hommes
15:47comme des délinquants.
15:48Et puis, alors,
15:49dans votre collectif,
15:50vous proposez une solution
15:51qui serait une verbalisation systématique
15:53comme en cas de sécurité outiaire,
15:55en fait,
15:56comme en cas de flag,
15:57des délits quoi,
15:59de flag.
16:00J'interpelle quelqu'un
16:01sur la voie publique
16:02en train de sortir
16:03d'un salon de massage.
16:04Nous allons le verbaliser.
16:06Les forces de police
16:06pourraient le verbaliser.
16:07Ça vous paraît possible ça ?
16:08Alors déjà, juste,
16:10vous me posiez la question,
16:11est-ce que c'est un manque
16:11de volonté politique
16:12ou un manque de moyens ?
16:13Je dirais que c'est les deux.
16:14En fait,
16:16la loi est très très peu appliquée.
16:19Il y a 11 000 prostitueurs
16:21qui ont été verbalisés
16:22en 10 ans
16:24et seulement 1250 poursuivis
16:26pour recours
16:27à la prostitution sur mineurs.
16:29Je rappelle que les prostituaires
16:31reçoivent plusieurs centaines
16:31de messages par jour,
16:33qu'il y a 15 000 mineurs
16:34exploités en France,
16:35que sur notre forum
16:36qui concerne,
16:37entre guillemets,
16:38seulement 426 salons,
16:39il y a 75 000 personnes
16:41qui sont inscrits,
16:4275 000 hommes qui sont inscrits.
16:43Donc, 11 000 prostitueurs
16:45verbalisés depuis 2016,
16:48la loi n'est carrément pas appliquée.
16:51Nous, on souhaite
16:52un renforcement de la loi,
16:54enfin, un renforcement de la loi,
16:55une application,
16:55ça c'est sûr,
16:57démantèlement de réseau,
16:59effectivement,
16:59pourquoi pas
17:03amender les clients
17:05directement sur place,
17:07vraiment donner des moyens
17:10que les politiques donnent
17:11des moyens à la justice aussi
17:12pour que les procès
17:14aillent plus vite.
17:16Et puis,
17:17étendre aussi
17:18le domaine,
17:19la loi, en fait.
17:20Là, la loi est parue
17:22il y a 10 ans,
17:23la prostitution a vachement changé,
17:24c'est un système
17:24qui s'adapte vachement bien
17:27à la société.
17:29Et donc,
17:30voilà,
17:32comment dire,
17:33permettre à ce que la loi
17:35s'applique aussi
17:36pour les actes sexuels
17:38en ligne.
17:39Enfin, voilà,
17:40il y a encore plein de choses
17:41à faire,
17:41et j'appelle le politique
17:42à s'en emparer.
17:43Alors, c'est aussi un problème
17:44de l'éducation,
17:45on le voit bien
17:45avec le modèle suédois.
17:48On voit bien
17:49que dans ces pays,
17:50on a choisi
17:51à la fois
17:52de dégiférer,
17:53mais on a aussi choisi
17:54d'éduquer très jeunes,
17:55les jeunes garçons,
17:56les jeunes filles
17:56dans les écoles
17:58pour leur montrer
17:59ses forces
18:00de représentation masculine.
18:02Quel est le poids
18:03de l'éducation
18:03pour vous
18:04dans ces dispositifs ?
18:06fondamental,
18:07c'est la clé de voûte.
18:08On ne peut pas
18:09pénaliser
18:09les clients,
18:11les prostitueurs,
18:12s'il n'y a pas
18:13une éducation avant.
18:14La Suède
18:16a fait passer
18:17sa loi abolitionniste
18:18de façon avant-gardiste
18:19à la toute fin
18:20des années 1990,
18:22mais après 50 ans
18:24d'éducation
18:25des jeunes
18:26à la sexualité,
18:27et ils continuent
18:29à éduquer.
18:29Et on voit
18:29que ça marche
18:30parce qu'en fait,
18:31en 15 ans,
18:33entre le début
18:35de la loi abolitionniste
18:36et 15 ans plus tard,
18:37la demande
18:38a diminué
18:38de moitié.
18:41Depuis
18:41quelques mois,
18:43les clients
18:44peuvent être pénalisés
18:45d'un mois de prison.
18:46Il y a une sensibilisation
18:47qui a été
18:49dans l'espace public
18:50qui a été
18:53développée,
18:53notamment
18:54lors des manifestations
18:55sportives
18:56où la prostitution
18:57se développe
18:57beaucoup plus.
18:58Donc,
18:58en fait,
18:59la loi marche
19:01et on avance
19:02et on change
19:02les mentalités
19:03et il faut qu'on
19:05fasse pareil
19:05en France,
19:05en fait.
19:06Alors vous,
19:06vous essayez
19:06de faire pareil
19:07parce que si
19:08mes informations
19:09sont bonnes,
19:09vous allez vous-même
19:10dans les rues,
19:11vous allez devant
19:12les salons de massage
19:12et vous parlez
19:13avec les gens
19:15qui sont là,
19:16les voisins.
19:17Comment ça se passe ?
19:18Alors c'est tous les samedis,
19:20on va devant un salon
19:25et puis on interpelle
19:26les passants
19:26pour les sensibiliser,
19:28pour leur dire
19:29ce qui est à l'intérieur.
19:29Il y en a plein
19:31qui ne voient pas
19:32cette devanture
19:33pourtant typique,
19:36des néons
19:37fermés
19:39avec des messages
19:40un peu codés
19:41sur le type
19:42de massage.
19:43Donc on les interpelle
19:44et puis on parle
19:46avec eux.
19:46C'est hyper intéressant
19:47parce qu'en fonction
19:49de l'âge,
19:50en fonction du genre,
19:52en fonction
19:52de si la personne
19:53est seule
19:53ou en groupe,
19:54en fait,
19:54on a plein
19:55de réactions différentes.
19:57mais ça,
19:58c'est fondamental.
19:59Nous,
20:00on le fait
20:00sur les salons,
20:01il y a des associations
20:01qui le font
20:03pour d'autres sujets,
20:05pour les mineurs
20:06et il faut que l'éducation nationale
20:08s'en empare aussi.
20:09Alors vous,
20:09vous contestez
20:10l'expression
20:10travailleuse du sexe
20:12et vous contestez aussi
20:14le terme de client,
20:15vous préférez celui
20:16de prostitueur.
20:17C'est important
20:18ce choix de vocabulaire ?
20:19Fondamental,
20:20c'est le vocabulaire
20:20qui est le témoin
20:24de la société.
20:27Travailler du sexe,
20:27c'est un mot
20:29de propagande.
20:30Hérité des Pays-Bas
20:31qui sont un pays
20:32très réglementariste.
20:35Le travail du sexe,
20:37en fait,
20:37déjà,
20:37c'est ni un travail
20:38qui est pénalisé
20:39par le code du travail,
20:39qui rentre
20:40dans le code du travail,
20:41ni du sexe
20:42parce que le sexe,
20:43c'est du plaisir,
20:44c'est du désir,
20:44c'est du partage.
20:45Et puis,
20:47le travail du sexe,
20:48ça renvoie
20:49à un imaginaire
20:50d'entreprise
20:52où il y a
20:53des services,
20:54des prestations.
20:56Voilà.
20:57Bon,
20:58nous,
20:58on considère
20:58que le sexe,
21:00la sexualité
21:00n'est pas une entreprise
21:02sur laquelle
21:02il faut capitaliser.
21:04Donc,
21:04on emploie le mot
21:04prostitueur,
21:05on emploie le mot
21:05prostituée.
21:07On peut même
21:07employer le mot,
21:09comme certains
21:10emploient le mot pute,
21:10on peut employer
21:11le mot plus tard.
21:12Voilà,
21:12c'est un changement,
21:13c'est aussi comme ça
21:14que passe le changement
21:16de mentalité.
21:17Enfin,
21:17le changement des mots.
21:17Ah, vous,
21:17Étienne,
21:18on l'a dit tout à l'heure,
21:19vous avez 26 ans.
21:21Qu'est-ce que vous avez
21:21envie de dire
21:22aux jeunes
21:23de votre génération
21:24pour qu'ils partagent
21:26la même volonté,
21:27le même engagement ?
21:28Vous leur diriez quoi ?
21:30Ben,
21:32qu'on...
21:33Venez,
21:34venez chez Zéro Machin.
21:35Oui,
21:36alors,
21:36qui s'informent,
21:38qui s'engagent,
21:39qui discutent aussi
21:41autour d'eux,
21:42avec des hommes,
21:42avec des femmes,
21:43qui parlent
21:45et qui soient aussi
21:46ouverts
21:47à évoluer.
21:48Et je pense
21:49qu'on est tous
21:50gagnants
21:50à un monde égalitaire.
21:53Eh bien,
21:54merci,
21:54Étienne.
21:54On arrive au bout
21:55de cette conversation.
21:56La force de l'engagement,
21:58c'est chaque dimanche
21:59après-midi
22:00à 15h
22:00sur Sud Radio.
22:02Vous pouvez retrouver
22:02cette émission
22:03sur sudradio.fr
22:05et sur tous les podcasts.
22:06Je vous dis
22:07à dimanche prochain
22:08avec la même énergie
22:10et avec celles
22:11et ceux qui font bouger
22:12la société.
22:13Excellent dimanche
22:13à toutes et à toutes.
22:15C'était la force
22:16de l'engagement
22:17avec AJP,
22:19épargne,
22:19retraite,
22:20assurance emprunteur,
22:21prévoyance,
22:22santé.
22:23AJP !
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