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  • il y a 19 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00A la une ce soir évidemment la menace russe sur la France et l'Europe.
00:06Jusqu'où Vladimir Poutine peut-il aller dans la guerre hybride qu'il est en train de mener ?
00:11La situation est grave et la menace russe plus élevée.
00:15Ce sont les mots d'Emmanuel Macron aujourd'hui à la sortie d'une réunion de plus de deux heures
00:20entouré des chefs de parti et des patrons des services de renseignement.
00:24Le gouvernement a voulu aussi évidemment afficher sa mobilisation face aux conséquences énergétiques du conflit au Moyen-Orient.
00:30Alors de quoi le président a-t-il peur aujourd'hui ? Que devons-nous craindre sur le plan sécuritaire
00:37?
00:37Et en ce qui concerne l'envolée des prix de l'essence, on va y consacrer ces trois prochaines heures
00:42avec nos invités lors de notre débat politique et aussi au travers de notre long format.
00:47Des équipes de ligne rouge vous le retrouverez en dernière partie de soirée à partir de 23h30
00:52consacrée sur ces sites sensibles qui seraient susceptibles d'être visés aujourd'hui par Moscou.
00:58Ce sera à 23h30.
00:59Mais d'abord, donc, je suis entourée d'Ulysse Gosset, Didier-François, Serguez-Girneuf.
01:03Bonsoir.
01:04Bonsoir.
01:04Et notre premier invité, c'est Alain Bauer.
01:06Bonsoir Alain Bauer.
01:08Bonsoir.
01:08Bienvenue sur ce plateau, professeur émérite de criminologie,
01:12conservateur national des arts et métiers, fondateur du pôle sécurité, défense, renseignement
01:16et auteur évidemment aussi de la vérité sur le système Epstein aux éditions First.
01:23On va écouter tout d'abord un extrait de cette conférence de presse du président de la République
01:26qui a pris la parole longuement et qui a dit beaucoup de choses importantes ce soir.
01:30Écoutons.
01:32Ces dernières semaines, la menace en particulier, la menace hybride russe à l'égard des Européens
01:40et de la France s'est intensifiée.
01:42Je veux ici dire que la nature de l'agressivité russe et de ces menaces en Europe change.
01:48Alain Bauer, est-ce qu'on peut dire ce soir que la France est encore en paix ?
01:53Tant qu'elle n'est pas en guerre, elle est en paix.
01:56Ce n'est pas elle qui a déclenché la guerre.
01:58Elle n'est pas participante à la guerre.
01:59Elle supporte un pays qui a été agressé en y mettant les formes,
02:05en choisissant d'être toujours en dessous du passage à l'acte.
02:11On l'a vu dans un débat qui a commencé il y a très longtemps d'ailleurs
02:14sur l'interdiction du survol de l'Ukraine pour protéger le pays
02:20contre les attaques russes, position et posture que pas plus la France
02:25que l'Alliance Atlantique ou les autres pays en capacité.
02:28n'ont jamais décidé d'assumer, ce qui explique la difficulté qu'il y a à l'Ukraine de résister.
02:35Alors, contre les drones, même si de ce point de vue-là, elle est très en avance sur l'ensemble
02:40des autres pays,
02:41de l'Alliance Atlantique, États-Unis y compris, mais sur les missiles.
02:46Donc, nous en sommes restés systématiquement à une posture défensive, moyennement protectrice,
02:53sans jamais aller au-delà.
02:55D'abord parce que l'état de nos armées, après 40 ans de dividendes de la paix, est à l
03:03'os
03:03et que la reconstruction d'une armée, c'est des investissements, des surinvestissements,
03:08une capacité à commander, une capacité à s'adapter, des vraies start-up qui ont des vraies commandes.
03:13Alors, on a les vraies start-up, mais on n'a pas les vraies commandes.
03:15Bref, tout ceci amène à dire que la France n'est pas en guerre et n'est pas en situation
03:20de mener une guerre
03:22si elle le décidait.
03:24Par contre, elle serait probablement en situation de se défendre le jour où elle serait attaquée,
03:29c'est-à-dire au-dessus de la ligne rouge.
03:31Pour l'instant, Vladimir Poutine, il côtoie la ligne rouge, il teste, il regarde,
03:35il se rend compte que le morceau le plus dur, sur le coin, il avait raison d'ailleurs, c'est
03:40l'Ukraine.
03:40C'est-à-dire qu'il dit l'Ukraine, c'est comme nous, c'est vrai.
03:43L'Ukraine est aussi résistante, aussi résiliente, aussi capable de se défendre et de supporter que la Russie.
03:52Par contre, il se dit que derrière l'Ukraine, les autres sont mous ou plus tendres.
03:56Ils testent donc notre capacité à répondre.
03:58Mais ça, on aurait pu le dire il y a déjà trois mois.
04:01Est-ce que là, il se passe quelque chose malgré tout ?
04:04La pénétration massive du test, la pénétration du test, le nombre de tests,
04:10ce que les services de renseignement perçoivent, vérifient,
04:16les sabotages, les tentatives d'élimination, encore il y a quelques jours,
04:23dans des pays occidentaux, sur d'anciens dissidents russes ou soviétiques,
04:30d'ailleurs, parce qu'il y a plusieurs strates historiques, y compris des très anciens,
04:34sont des sujets qu'il ne faut pas du tout prendre.
04:36Non, non, il y a une augmentation en quantité et en intensité
04:40et sur l'ensemble de la façade des pays soutenant l'Ukraine.
04:43Mais du coup, quand va-t-on arrêter de parler de guerre hybride ?
04:47Pourquoi ne parle-t-on pas de guerre tout court ?
04:50Parce qu'il n'y a pas d'affrontement.
04:52Parce qu'il n'y a pas d'affrontement.
04:53C'est pour montrer la diversité des opérations de guerre
04:56quand il n'y a pas vraiment la guerre.
04:57D'affrontement direct.
04:58Mais toutes les guerres sont hybrides, il n'y a pas de guerre pas hybride.
05:00Disons qu'il y a des degrés d'intensité de la guerre.
05:04Là, on est dans les prémices de la guerre avec des opérations
05:06qui sont de la désinformation.
05:08La dépêche d'Ems, c'était de la désinformation.
05:10Louis XI faisait de la désinformation pour liquider le Duc de Bourgogne.
05:14Il n'y a pas de nouveauté, à part la technologie.
05:16Et puis le fait que désormais, on a aussi Internet,
05:18on peut aussi faire de la désinformation massive
05:21et pas seulement enfumer des diplomates ou des généraux.
05:28Voilà, il y a une intensification, un élargissement du champ de la guerre.
05:33Mais toutes les guerres sont toujours hybrides.
05:34Et vous nous direz évidemment quelle forme cela peut prendre.
05:37On va vraiment prendre le temps.
05:39Parce qu'il y a beaucoup de choses qui ont été dites aujourd'hui
05:41de la part du président de la République.
05:42Mais peut-être un mot aussi quand même sur l'événement, ce qui s'est passé.
05:46Ça s'est passé dans l'équivalent de la Situation Room aux Etats-Unis.
05:49Les patrons des services de renseignement, les chefs de parti, ça a duré quasiment trois heures.
05:55Quel est le signe de cette réunion ? Quel est le message envoyé aujourd'hui ?
05:58Le premier message, c'est que la menace est sérieuse et le risque est important.
06:02Et il était... Moi, je trouve que c'est vraiment bien.
06:05Et ça prouve que notre démocratie est une démocratie quand même relativement mûre.
06:10Là-dessus, on se plaint suffisamment souvent du fait que ça ne marche pas bien.
06:14Je trouve que c'est bien que l'appareil d'État et le chef de l'État, le chef de
06:18gouvernement,
06:19donnent aux chefs des partis, alors qu'on est quand même dans une année électorale,
06:23c'est fondamental pour les Français d'avoir un débat sain,
06:26donnent à l'ensemble des partis, d'extrême-gauche à l'extrême-droite,
06:30les éléments des services de renseignement qui sont les éléments partagés avec nos alliés européens.
06:35Pourquoi ? Parce que sinon, il y a un doute.
06:38On ne peut pas dire est-ce qu'ils vont utiliser... Est-ce que le gouvernement utilise la menace russe
06:43pour faire peur à tout le monde et d'un point de vue politique ?
06:46Pas du tout. Là, je pense que c'est très bien que de la bouche des spécialistes,
06:51du directeur général de la sécurité extérieure, de la DGSI, du directeur du renseignement militaire,
06:57et de leurs spécialistes, que les chefs de partis aient les briefings qu'a le président,
07:03et que c'est ceux qu'ils auraient si eux étaient élus.
07:05Donc ils ont des informations secrets défense ?
07:07Ils ont des informations secrets défense qui sont déclassifiées à la décision du chef de l'État
07:11et des dirigeants des services.
07:13Mais vous savez, moi je trouve que c'est vrai.
07:16Nous, on l'a régulièrement pour faire notre travail.
07:18Et parce que c'est important de le savoir, de savoir où on en est.
07:21Typiquement, on sait que depuis le 15 août, on a une augmentation majeure des opérations russes
07:27qui sont justement ce qu'on appelle en dessous du seuil.
07:29Pourquoi on dit que ce n'est pas la guerre ?
07:30Parce que la guerre, c'est l'affrontement pour détruire l'autre.
07:33Aujourd'hui, pour les militaires, vous savez, on a la compétition.
07:37Après la compétition, on a la confrontation et après, on passera à la guerre.
07:42Là, on est dans un stade qui est justement juste en dessous de la guerre,
07:46où Vladimir Routine a compris que la profondeur stratégique de l'Ukraine, c'est l'Europe.
07:51Et que les Ukrainiens, comme le disait Alain Moher, sont des durs à cuire.
07:55Et que nous, on sera peut-être un peu plus tendres,
07:56parce qu'il y a des élections, des enjeux en Allemagne, on le voit avec l'AFD, etc.
07:59Et donc, il faut qu'il nous fasse lâcher le soutien à l'Ukraine.
08:02Et donc, il a décidé, depuis le 15 août, on voit une augmentation du nombre de drones,
08:06du nombre d'attaques.
08:07On a eu un avirus qui a tiré sur un hélicoptère, en mer Baltique.
08:12On est sur des choses où on voit tous les jours, tous les jours, monter en puissance les provocations.
08:19Donc, quelle peut être l'étape d'après ?
08:22Qu'est-ce que craint aujourd'hui le président de la République pour la France ?
08:26Il craint qu'on passe au-dessus du seuil.
08:27Mais comment ça se manifesterait ?
08:29Et qu'est-ce qui ferait qu'on passerait au-dessus du seuil ?
08:31Toutes les guerres précédentes ont commencé par un incident mineur et isolé
08:35qui a déclenché un effet en chaîne que personne n'a réussi à maîtriser,
08:40y compris, probablement, le générateur immédiat qui, tout d'un coup,
08:45ayant joué à l'apprenti sorcier, a vu arriver Frankenstein.
08:48Et donc, le débat qui existe aujourd'hui, c'est...
08:51Vladimir Poutine a eu une occasion exceptionnelle
08:54que lui a présentée sur un plateau Donald Trump en Corée,
08:57de trouver la solution de la fin de la guerre.
09:01Tout était prêt pour qu'il y ait une signature, un accord,
09:05y compris par le gel, la finlandisation, la neutralisation du petit bout de nom basse
09:10qui lui permet de dire, j'ai gagné.
09:13J'ai gagné parce que l'intégration des éléments ukrainiens dans la République russe
09:20est réalisés.
09:21Ce que j'ai dit au début est arrivé à la fin
09:23et le petit bout de nom basse, il n'est peut-être pas totalement à moi,
09:26mais il n'est plus totalement à eux, et la question est résolue.
09:29Il l'a rejeté parce qu'à un moment donné,
09:32nul ne sait pourquoi, et un jour les historiens nous le raconteront,
09:35il s'est passé quelque chose dans sa tête.
09:38Ensuite, il y a eu ce débat sur,
09:39je vais quand même arriver à faire céder les Ukrainiens,
09:42parce qu'il ne va plus y avoir assez de missiles,
09:44parce que...
09:44Et en fait, non, ça ne marche pas.
09:46Et donc, on est dans cette phase qu'a très bien expliqué Didier,
09:50qui est qu'il faut taper sur ceux qui permettent aux Ukrainiens de tenir.
09:55Alors, sur les drones, ils n'ont besoin de personne,
09:57mais par contre, vous avez pu noter que sur l'ensemble des missiles
09:59qui ont été envoyés au cours des derniers jours, aucun,
10:01j'ai dit bien, aucun n'a été intercepté, aucun,
10:04parce qu'il n'y a plus d'intercepteurs.
10:05Il n'y en a plus parce qu'il n'y en a plus là,
10:07il n'y en a plus parce qu'il n'y en a plus au Moyen-Orient non plus,
10:09il n'y en a plus nulle part,
10:10il reste le stock minimum aux États-Unis
10:14qui pose un problème d'ailleurs à Donald Trump
10:16sur le fait qu'il ne peut pas soutenir l'Arabie saoudite contre les Houthis
10:19parce qu'il n'en a plus les moyens en termes de munitions.
10:23Et donc, tous ces éléments-là cumulés disent à Donald Trump,
10:26j'ai eu une opportunité.
10:27Vous voyez, et pendant qu'on regarde ça,
10:29Vladimir Poutine, on rate d'autres éléments.
10:32Pendant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai,
10:35au milieu de nulle part,
10:36alors qu'il n'y avait aucun débat,
10:38l'un des principaux responsables de la doctrine stratégique chinoise
10:43est venu à la télévision et disant,
10:45à propos, on voulait vous dire,
10:46pour Taïwan, on a déjà trop attendu,
10:48c'est maintenant.
10:51Maintenant.
10:51C'est-à-dire que même les Chinois se disent,
10:53en fait, comme les Russes,
10:55et ils sont dans la même relation
10:56que les Allemands et les Autrichiens
10:58lors du précédent, du premier conflit mondial,
11:01ils ne peuvent pas laisser tomber les Russes,
11:02ils ne veulent pas non plus se laisser entraîner trop loin,
11:05c'est pour ça que le seuil nucléaire
11:07n'est pas à l'ordre du jour.
11:08Par contre, le seuil conventionnel,
11:10il est naturellement là,
11:11les provocations sont naturellement là
11:13et elles vont s'intensifier
11:14jusqu'au moment où quelqu'un va craquer,
11:17craquer dans un sens qui va donner raison à Poutine.
11:19Vous voyez, nous sommes en fait agressés,
11:21ce qui ment comme un arracheur de dents,
11:22mais comme tous les autres d'ailleurs,
11:24ou craquer en disant,
11:25bon, maintenant, il y en a marre,
11:26nous n'allons pas mourir pour Kiev,
11:29pas plus qu'on allait mourir pour Danzig.
11:31Sauf que là, ce que disait,
11:32alors le président, il a répondu en partie à cela,
11:35en disant, plus que jamais,
11:36il faut continuer le soutien à l'Ukraine.
11:38Mais je suis désolée,
11:39sans vouloir être nombriliste,
11:41il dit aussi des choses
11:41qui concernent directement la France.
11:43Il parle d'attaques potentielles
11:45dans nos villes et nos capitales.
11:47Donc, à quoi fait-il référence exactement ?
11:50Je veux dire, quand on dit
11:52qu'il y a des informations secrets défense
11:54qui ont été données aujourd'hui
11:55aux chefs de parti,
11:57de quelles informations on peut parler ?
11:59De quoi s'agit-il ?
12:01Est-ce qu'on a vu des cartes ?
12:02Est-ce qu'on a vu des mouvements
12:03qui pourraient nous indiquer
12:05qu'il pourrait se passer quelque chose
12:06dans les jours qui viennent ?
12:07On parle de quoi, concrètement, Alain Bauer ?
12:09Quand on parle de potentielles attaques
12:10sur nos villes et nos capitales ?
12:13D'abord, de choses qui ont déjà eu lieu.
12:14Vous avez eu une attaque ratée,
12:16mais pas très loin, à Leipzig,
12:18contre un avion devant l'aéroport,
12:20des survols d'aéroport.
12:21Avec un drone ?
12:22Il y en a trois.
12:23Mais il y en a eu plusieurs.
12:24Et ça, ça a été un tournant, selon vous,
12:26pour les patrons des renseignements,
12:27notamment français ?
12:28C'est un tournant,
12:28parce que ce n'est pas un drôle
12:29qu'a survolé l'aéroport.
12:30C'est un drone qui avait pour mission
12:31de faire exploser un avion
12:32sur un aéroport allemand.
12:34Des tentatives d'assassinat,
12:36y compris du dirigeant de Rheinmetall,
12:38qui n'est pas un russe dissident,
12:40mais un allemand qui dirige
12:41une très importante entreprise
12:43de réarmement allemand,
12:45et puis pas n'importe laquelle,
12:46sont des faits acquis
12:47pour le renseignement allemand.
12:49Donc, quand tout le monde met en commun
12:50tout ce qu'il sait dans les Pays-Baltes,
12:53mais aussi en Norvège, en Suède,
12:55qui est un sujet extrêmement important.
12:57En Bulgarie, en Italie.
12:58Et ailleurs,
13:02les dépôts de munitions
13:03qui explosent
13:04ne sont pas un fait du hasard.
13:06Les attaques contre le réseau ferré
13:08ne sont pas un fait du hasard.
13:09Donc, au bout d'un moment,
13:10tous les services d'enseignement
13:11font leur métier,
13:12ils prennent tout ce qu'ils savent,
13:13ils papotent avec leurs alliés
13:15pour partager ce qu'ils savent,
13:16et au bout d'un moment,
13:17ils disent,
13:17ah oui, quand même,
13:18ce qui apparaît
13:19comme des petits points isolés
13:21devient une logique
13:22et un processus coordonné.
13:24Ensuite, ils essayent
13:24d'identifier
13:25à qui profite le crime ?
13:27Vous savez,
13:27la criminologie,
13:27c'est assez idiot.
13:29À qui profite le crime ?
13:30Et quand à qui profite le crime
13:31apparaît comme assez clairement,
13:32dans tous les cas de figure,
13:34comme allant vers un seul
13:35et unique opérateur,
13:38on dit,
13:39bon, ben voilà,
13:39c'est ça qui se passe.
13:40Et effectivement,
13:41je suis d'accord avec Didier,
13:42c'est un immense progrès
13:43qui a été lancé
13:44depuis les années 80,
13:46d'ailleurs,
13:47par Michel Rocard,
13:47c'est ma minute
13:48d'autosatisfaction,
13:49quand il a décidé
13:50que le renseignement,
13:51ça devait être démocratique,
13:52ça devait être contrôlé,
13:52ça devait être partagé,
13:53ça devait être visible,
13:55on devait lui donner
13:56une logique,
13:56un plan,
13:57et que l'intérieur
13:58et l'extérieur,
13:59c'était désormais la même chose
14:00qui s'appelait
14:00la sécurité globale,
14:02eh bien,
14:02nous sommes allés presque au bout
14:04d'un processus
14:05qui ressemble beaucoup
14:05à un processus britannique,
14:06d'ailleurs,
14:07puisque c'est comme ça
14:07que Winston Churchill
14:08avait réussi à allier
14:10la nation britannique
14:11autour de lui
14:12durant la Deuxième Guerre mondiale,
14:14c'est nous sommes devenus
14:15une nation adulte
14:16en termes de partage
14:17du renseignement essentiel,
14:19et évidemment,
14:20c'est pas ici
14:20qu'on va détailler
14:22si l'attaque aura lieu
14:24devant le siège de BFM,
14:26par exemple,
14:26qui est un site stratégique
14:28majeur aussi.
14:28– Il fait partie
14:29des sites stratégiques aussi majeurs.
14:31– Pour vous donner des idées.
14:33– Le président a parlé
14:34d'infrastructures critiques.
14:36– Voilà.
14:36– Infrastructures critiques,
14:37c'est le terme qu'il faut employer,
14:38et la vraie nouveauté aujourd'hui,
14:40c'est pas vraiment
14:41les informations
14:41qu'il a communiquées,
14:42parce qu'elles sont connues
14:44des services de renseignement
14:45et des experts,
14:45mais la nouveauté,
14:47c'est qu'il en parle
14:49aux chefs des partis,
14:51et ça ne vient pas
14:52n'importe quand.
14:54On est dans une crise
14:56énergétique,
14:57sociale,
14:58politique,
14:59et donc le président
15:00a choisi ce moment-là,
15:01assez grave,
15:02pour informer
15:03les chefs de partis,
15:04et il a mis au point
15:06une idée
15:07qui est importante
15:07dans le contexte,
15:08c'est de lancer
15:09un plan de révision
15:10de la protection
15:12de toutes les infrastructures critiques.
15:13Vous demandez
15:14qu'est-ce que ça peut être
15:14une attaque
15:15contre la France ?
15:16Ça peut être une attaque
15:17contre un barrage,
15:19une usine de production
15:20d'énergie,
15:21une centrale nucléaire,
15:23un hôpital,
15:24et je cite souvent
15:26l'exemple qui est important
15:27pour l'année prochaine,
15:28il va y avoir
15:29un exercice,
15:30une simulation
15:32d'un blackout total
15:33de la France,
15:34là où,
15:35par une attaque cyber,
15:36toutes les installations
15:37électriques seraient
15:39finalement aveuglées,
15:40et la France
15:40n'aurait plus
15:41d'électricité.
15:42Dans ce cas-là,
15:43qu'est-ce qu'on fait ?
15:43Qu'est-ce qui se passe ?
15:44C'est-à-dire qu'on veut
15:46donner aux chefs
15:47des partis
15:47et aux Français
15:49la notion
15:49de la menace
15:50celle qu'elle est
15:50et en quoi concrètement
15:52ça pourrait nous affecter.
15:53Mais on est bien d'accord
15:54que si Emmanuel Macron
15:55tient cette réunion
15:56aujourd'hui,
15:57c'est qu'on y est là,
15:59on y est dans cette réalité
16:00possible.
16:01On est dans une...
16:01Qu'est-ce qu'il va continuer
16:02à dire ?
16:03On soutient l'Ukraine.
16:03Ce qui est nouveau,
16:04c'est que jusqu'à présent,
16:06il y avait des actes isolés,
16:08des drones,
16:09une fois par là,
16:10par là.
16:10Maintenant,
16:10on est dans une campagne
16:11et il y a une accélération.
16:13Et la France
16:14n'est pas d'ailleurs
16:15en première ligne.
16:16En première ligne,
16:17vous avez les Pays-Baltes,
16:18vous avez la Pologne
16:18et puis vous avez l'Allemagne
16:20avec le fameux drone
16:21de Lebsi
16:21qui voulait frapper
16:23un avion.
16:23Là-dessus,
16:24on a un son d'Emmanuel Macron.
16:25Je voudrais qu'on l'écoute
16:26parce qu'on sent quand même
16:27que ça a été
16:28un événement important
16:30pour les dirigeants
16:31et aussi patrons
16:32des services de renseignement.
16:34Ces dernières semaines,
16:37la menace en particulier,
16:38la menace hybride russe
16:40à l'égard des Européens
16:42et de la France
16:42s'est intensifiée.
16:44Ce qui se passe à Leipzig
16:46peut se passer
16:47dans toute autre ville européenne.
16:50Les intrusions de drones
16:51dans l'espace aérien
16:52de plusieurs pays,
16:54d'ailleurs avec une réelle profondeur
16:57dans l'action russe,
16:58nous montrent que nul
16:59n'est à l'abri.
17:00Nous devons tous être vigilants,
17:02en action,
17:04conscients que de telles manœuvres
17:05et de telles attaques
17:06sont possibles
17:06dans nos villes
17:08et nos capitales
17:08et sur les emprises
17:09les plus sensibles
17:10et donc tout faire
17:11pour prévoir,
17:13planifier,
17:14nous protéger
17:15et rester extrêmement vigilants.
17:18Donc pour bien comprendre,
17:19ça veut dire que
17:19si l'attitude de la France
17:21reste la même
17:22à l'égard de l'Ukraine,
17:23ce qui s'est passé
17:24à l'aéroport de l'Apshys
17:25pourrait se passer
17:26sur le tarmac
17:27d'un aéroport parisien.
17:30– Bien sûr,
17:31c'est très exactement ça.
17:32Alors peut-être pas
17:33plus batterie
17:34que Charles de Gaulle,
17:35on va dire,
17:36pour donner des éléments
17:37parce que c'est plutôt,
17:38là c'était plutôt du fret,
17:40mais il suffit
17:40qu'un drone
17:41survole
17:42les aéroports parisien
17:43pour qu'il n'y ait plus
17:43de trafic aérien.
17:44Il suffit
17:45qu'une cyberattaque
17:46mette à bas
17:47le contrôle aérien européen.
17:49Je rappelle que la France
17:49est le nœud
17:50de l'ensemble
17:51du trafic aérien
17:52en Europe
17:52pour qu'il n'y ait plus
17:53de trafic aérien
17:54en Europe.
17:55Vous avez vu
17:55ce qui s'est passé,
17:56on ne sait pas très bien
17:57si c'est un incident
17:57ou autre chose
17:59en Grande-Bretagne
18:00l'autre jour
18:01à Eastrow
18:02et à Gatwick
18:03il y avait zéro avion
18:06pendant 48 heures.
18:07Donc le système
18:08est tellement intégré
18:09qu'il est extraordinairement
18:11fragile.
18:12Vous avez un outil
18:12en France remarquable
18:13qui est le secrétaire général
18:14à la défense
18:15et désormais
18:15la sécurité nationale
18:16qui fait par exemple
18:18depuis de très nombreuses années
18:19le recensement
18:20et la liste
18:20des opérateurs
18:21d'importance vitale,
18:22les OIV.
18:22Ce qui donne déjà
18:24une idée assez précise
18:25des sites sensibles
18:27et stratégiques
18:28qui sont chacun obligés
18:29d'avoir des plans
18:30etc.
18:31Rappelons en quelques mots
18:32quels sont ces sites.
18:34L'eau,
18:34l'électricité,
18:35les transports,
18:36les dépôts de médicaments,
18:38les centres de production
18:39par exemple de munitions
18:40beaucoup ont été survolés
18:41et puis les sites
18:42d'importance militaire
18:43stratégique
18:44qui eux font l'objet
18:45d'un classement
18:46et d'une gestion
18:48toujours par le même
18:49secrétaire général
18:49mais qui n'est pas
18:50exactement la même.
18:51La plupart des autres
18:52sont des sites civils
18:53ou mixtes.
18:55Mais là-dessus
18:55Emmanuel Macron dit
18:56à partir de maintenant
18:57vigilance renforcée.
18:58On est d'accord ?
18:59Ça fait partie des annonces.
19:00Je vais vous donner un exemple.
19:01On a un petit problème
19:01sur...
19:02Alors la liste est évidemment
19:03secrète
19:03pour des raisons bien évidentes
19:05mais la loi en France
19:06fait que normalement
19:09ces organismes vitaux
19:11doivent être plus durs
19:13sur leur capacité
19:14propre de défense cyber
19:16mais aujourd'hui
19:17il y a le problème
19:18de la menace drone.
19:19Je prends un exemple.
19:19En France,
19:20aucune entreprise
19:21française civile
19:22n'a le droit
19:23d'abattre des drones
19:23parce que s'ils tombent
19:24quelque part, etc.
19:25et que ça fait des dégâts, etc.
19:27Donc on est en train
19:27de travailler là aujourd'hui
19:28à mettre en place
19:30des structures de formation
19:32et le cadre législatif
19:33qui permettraient
19:34de pouvoir faire
19:34de l'interception de drones
19:35au-dessus de ces entreprises
19:37parce que si...
19:38Typiquement,
19:39ça c'est un vrai problème.
19:40On est en temps de paix
19:41donc on n'a pas prévu
19:42et on est organisé
19:45pour le temps de paix
19:46grâce à Dieu
19:47mais on n'a pas prévu
19:49comment ces entreprises
19:50peuvent prendre en charge
19:52la lutte anti-drone
19:53et l'interception
19:54ou le brouillage
19:55de drones
19:56qui survoleraient
19:56les emprises civiles
19:59mais d'un stérévito.
20:00Bon,
20:00vous pouvez bien imaginer
20:01une centrale nucléaire
20:03en éteint
20:03que...
20:04Voilà,
20:04même si on n'a pas
20:05la liste officielle,
20:06on a aujourd'hui
20:07ce problème-là.
20:08Donc on est bien obligé
20:09de travailler,
20:09d'organiser.
20:10Ce n'est pas un débat
20:11en l'air,
20:12ce n'est pas de l'idéologie,
20:13c'est comment on organise
20:15la défense civile,
20:17la cohésion nationale
20:18et la capacité de tenir.
20:20Un exemple tout bête,
20:21parce qu'on se parle
20:23entre nous,
20:24les Finlandais ont été
20:25obligés d'arrêter
20:25une partie de leur vol.
20:26Pourquoi ?
20:27Parce qu'il y avait
20:27des attaques GPS.
20:29Les Russes brouillent
20:30le GPS.
20:31Un avion,
20:31quand il se pose,
20:32il a besoin du GPS
20:33pour se poser.
20:34La Finer,
20:35qui est la compagnie nationale
20:36équivalent d'Air France
20:37en Finlande,
20:38a été obligée
20:39d'arrêter
20:39pendant plusieurs semaines
20:40l'arrêt des vols
20:43à Tartou,
20:44qui est une ville
20:45importante pour eux
20:45parce qu'elle est
20:46sur la frontière.
20:47Donc vous voyez bien
20:47qu'on a cette multiplication
20:48de petits incidents.
20:49Entre 2024
20:51et 2025,
20:52les services
20:53de renseignement
20:53occidentaux
20:54ont montré
20:55qu'il y avait
20:56les incidents
20:57de sabotage
20:58et d'intervention
20:58de ce type
20:59ont été multipliés
20:59par 4
21:00de venants
21:02attribuables
21:03aux Russes.
21:04Sachant qu'on a même
21:05sur les derniers éléments
21:07que les Russes
21:08et les Polonais
21:09ont sorti,
21:10on a identifié
21:11une unité particulière,
21:13la fameuse unité
21:132955 du Garou
21:15qui a,
21:16puisqu'il y a plusieurs
21:17de ces hommes
21:17dont on a même
21:18les noms
21:20et les identités.
21:21Donc on ne sait pas
21:22simplement
21:22à qui profite le crime,
21:23ça va bien plus loin
21:24que ça.
21:25On a carrément
21:26identifié
21:27un certain nombre
21:27d'opérateurs
21:28du renseignement
21:29militaire russe
21:30qui étaient derrière
21:31ces sabotages.
21:32Donc menace
21:33accrue indéniablement,
21:34hybride parce qu'elle
21:35prend plusieurs formes,
21:37quand on dit
21:38hybride,
21:38non ?
21:39Non mais parce que
21:39les gens...
21:40Non mais c'est important,
21:42les mots valises
21:44ont ceci de formidable,
21:45c'est qu'une fois
21:45qu'ils sont là,
21:46ils sont là,
21:46Ah mais si vous voulez,
21:47moi on arrête
21:47de parler de guerre hybride,
21:48on dit guerre tout lourd en fait.
21:51Nous ne sommes pas en guerre,
21:52c'est bien la difficulté du moment.
21:53Mais parce que je pense
21:54que les gens qui nous regardent
21:55entendent parler...
21:56Attendez,
21:56les gens entendent parler
21:57de guerre hybride,
21:58d'ingérence,
21:59de cyberattaque.
22:00Je pense que c'est important...
22:01Tout ça fait partie
22:02de nouvelles formes
22:03de conflits
22:04juste en dessous
22:06de la guerre
22:06telle que nous la concevons.
22:08Classique.
22:09Mais sauf que,
22:10est-ce que vous imaginez
22:11c'est quoi les scénarios
22:12d'ici dix ans ?
22:13Vous imaginez vous
22:14une confrontation directe
22:16aujourd'hui avec les Russes
22:17ou vous pensez
22:18que c'est impossible ?
22:19La confrontation,
22:19on est dedans.
22:20En fait,
22:21pour que vous sachiez,
22:21je vais vous redonner
22:22la définition des militaires.
22:24Les militaires,
22:24ils voient les choses
22:25de quatre...
22:26Il y a quatre façons de croire.
22:27Il y a, en fait,
22:28au départ,
22:28la compétition.
22:29C'est le monde normal
22:29où on est en compétition,
22:31c'est économique, etc.
22:32Voilà.
22:32On s'espionne beaucoup.
22:34Après,
22:35il y a la contestation.
22:35C'est-à-dire que là,
22:36quand on commence
22:36dans des zones grises
22:37ou dans des zones
22:38qui sont, pour le coup,
22:39des zones publiques,
22:41en haute mer...
22:41Prenons le Niger,
22:42prenons le Mali.
22:43Là,
22:44on est en contestation
22:45où on essaie
22:46de se gratouiller.
22:48La confrontation,
22:48on est passé
22:49de cette contestation
22:51là à la confrontation.
22:53C'est quand on commence
22:54à utiliser
22:55des actes de sabotage,
22:57de la guerre informationnelle...
22:59De l'espionnage.
22:59L'espionnage,
23:00c'est tout le temps.
23:01Mais oui.
23:03De l'élimination individuelle.
23:04De l'élimination individuelle,
23:06des assassinats,
23:07où on a eu en France,
23:07rappelez-vous,
23:09un jeune russe
23:10arrêté
23:10parce qu'il a fait péter
23:11sa bombe.
23:12Donc là,
23:13on est dans la confrontation.
23:13Là,
23:14on est dans ce qu'on appelle
23:15la confrontation
23:16qui vient avant l'affrontement.
23:17Ce qu'on veut éviter,
23:18c'est l'affrontement.
23:19Là,
23:19on engage le gabarit,
23:20c'est-à-dire que l'affrontement,
23:21c'est le jour
23:22où il y aura un problème
23:22sur une frontière
23:23et que nos amis polonais,
23:25allemands ou baltes
23:27ou roumains
23:27seront obligés d'intervenir
23:29et que nous,
23:29par solidarité,
23:30parce qu'on ne peut pas penser
23:32qu'il se passerait
23:33quelque chose de militaire
23:34hors de nos frontières
23:35et que nous,
23:36on resterait derrière le Rhin
23:37en se disant
23:37« Ouh là là,
23:37ça ne nous touche pas.
23:38On est tranquille.
23:39On a les mêmes économies.
23:40On a la même monnaie.
23:42On a la même électricité.
23:47– Qu'est-ce qui fait dire
23:49à Emmanuel Macron aujourd'hui
23:50que la menace
23:51est plus sérieuse
23:52et que la confrontation
23:53se rapproche ?
23:55– Il y a une chose
23:56qui est nouvelle aujourd'hui
23:57de la part d'Emmanuel Macron,
23:59une nouvelle chose
24:00qu'il a dite,
24:01c'est que cela ne peut pas
24:02rester sans réponse.
24:04Et la question
24:04qui est posée
24:05aux autorités françaises,
24:06au-delà de l'information
24:06des partis et des citoyens,
24:08c'est est-ce qu'on envisage
24:09une riposte ?
24:10Et quelle riposte ?
24:12Et par exemple,
24:13est-ce qu'on peut,
24:14au niveau français,
24:15lancer des cyberattaques
24:17contre ceux qui nous attaquent,
24:19c'est-à-dire contre la Russie ?
24:20Sur ce plateau,
24:21il y avait un général
24:21en fin d'après-midi
24:22qui a dit
24:22mais on l'a déjà fait
24:23et on se doit de le faire
24:25pour bien montrer aux Russes
24:26qu'ils ne peuvent pas
24:28continuer à nous attaquer
24:29sans qu'il y ait de réponse.
24:30Mais c'est la première fois
24:31qu'on entend le président
24:32de la République dire
24:32cela ne peut pas rester
24:33sans réponse.
24:34C'est-à-dire qu'on atteint
24:35un niveau de tension
24:36qui est rare
24:37parce que la guerre hybride,
24:38ce même général,
24:39disait que déjà en 2024,
24:42ils donnaient des cours
24:43aux officiers de l'OTAN
24:45pour leur expliquer
24:45ce que c'était.
24:47Lui, on est dedans.
24:48Donc quand on est dedans
24:49et quand on est attaqué
24:50en permanence,
24:51est-ce qu'à un moment donné
24:52on riposte au risque
24:53là de tomber
24:54au-delà du seuil
24:56qui est actuellement atteint ?
24:58Et alors, Calamboer,
24:59qu'est-ce que ça veut dire
24:59lorsque le président dit
25:01que ça ne restera pas
25:01sans réponse ?
25:02Quelle peut être la réponse ?
25:03Qu'est-ce qu'on est en mesure
25:04de faire ?
25:05Écoutez, on fait des tas de choses.
25:07Le seul président de la République
25:07qui s'est cru autorisé
25:08à écrire dans un livre
25:09qu'il n'aurait pas dû écrire
25:10s'appelle François Hollande
25:12que je recommande de lire,
25:14franchement, non,
25:15mais qui est intéressant
25:17du point de vue de...
25:18Dans un pays qui a supprimé
25:19la peine de mort,
25:20j'ai donné instruction
25:21de liquider physiquement
25:22des terroristes.
25:24Je ne fais pas de moraline,
25:25donc ce n'est pas mon sujet
25:26de savoir si c'est bien ou mal.
25:28Légalement, il y a un sujet.
25:29Mais voilà.
25:30Mais la question
25:31est exactement la même.
25:34On n'en parlera certainement
25:35pas ici.
25:36Et effectivement,
25:36on n'a pas attendu
25:37cette semaine pour le faire.
25:38C'est Jean-Yves Le Drian
25:39qui le premier a expliqué
25:40que la cyber-guerre,
25:42ce n'était pas seulement
25:42de la cyber-défense,
25:43mais qu'il y avait
25:44une dimension offensive,
25:46alors que jusque-là,
25:47on se défendait
25:48mais on n'attaquait jamais.
25:49Je cite le moment
25:50où on a créé
25:51l'espace cyber-militaire
25:53de nouvelle génération.
25:54Donc, en la matière,
25:56on n'a pas attendu
25:57cette semaine
25:57pour faire ce qu'il fallait faire
25:59le moment où il fallait le faire,
26:00y compris dans des opérations
26:02décrites par François Hollande
26:04sur lesquelles
26:04je ne m'étendrai pas.
26:05Il fallait faire ce qu'il fallait faire.
26:07Eh bien,
26:07c'est tout ce qu'on ne va pas
26:08discuter sur votre plateau.
26:09Non, par exemple.
26:09Non, mais par exemple,
26:10si la Pologne
26:11est attaquée par la Russie...
26:13Ça, c'est autre chose.
26:14Ça, c'est de l'ambiguïté stratégique.
26:15Il faut préserver l'ambiguïté
26:16pour ne pas donner
26:17à l'adversaire des informations.
26:18Au moment où...
26:19Mais comme l'a dit Didier,
26:21je rappelle qu'on est alliés
26:22dans une alliance atlantique
26:24dans laquelle il y a
26:25un article 5
26:26qui ne nous impose rien
26:28mais nous oblige beaucoup
26:29et sur lequel, en général,
26:31une attaque massive
26:32contre la Pologne.
26:33Plus grande force conventionnelle
26:34de l'OTAN aujourd'hui,
26:35je le précise quand même.
26:37Je ne pense pas
26:38que c'est là
26:38que ça se passera
26:38mais on peut...
26:39Le corridor de Souwalki,
26:41un gros incident naval,
26:43un avion abattu par erreur
26:45et ce n'est pas la première fois.
26:46Je rappelle qu'un avion malaisien
26:48a été abattu
26:49par les dissidents ukrainiens,
26:52d'ailleurs.
26:52Enfin, russes.
26:54C'était les russes.
26:55Non, non, je sais
26:56mais officiellement,
26:57la batterie...
26:57Oui, oui,
26:57la batterie officielle.
26:58La batterie de l'Uk.
26:59Il y a eu 370 morts,
27:02il me semblait que...
27:02Et essentiellement des Hollandais.
27:03Donc, vous ne pouvez pas
27:04me dire ce que fera la France
27:06si la France répond ?
27:07Non, non, non.
27:07Tout ce que je peux vous dire
27:08et Didier me le confirmera
27:10sans doute mieux que moi,
27:11c'est d'abord que la France
27:12ne fera pas rien,
27:14ce qui est la bonne nouvelle.
27:15Mais elle a les moyens
27:15de ne pas rien faire ?
27:17Oui, bien sûr, évidemment.
27:18Elle a tout ce qu'il faut
27:19pour ne pas rien faire,
27:20on est d'accord ?
27:21Oui, en dessous du seuil.
27:22Et qu'est-ce que serait
27:23ne rien faire,
27:23ne pas rien faire ?
27:24Puisqu'il faut...
27:25Mais là, le président
27:25républicain a dit aujourd'hui
27:26que cela ne peut paraisser
27:27sans répondre.
27:29Ça veut dire que la réponse,
27:30elle a déjà...
27:33Les cyberattaques,
27:34on peut répondre
27:35par des cyberattaques.
27:35On peut lancer, par exemple,
27:37des attaques
27:37contre des institutions russes.
27:40Mais ça, ça n'a pas déjà commencé ?
27:42C'est une guerre cyber-cibles ?
27:43Bien sûr que si.
27:43C'est ce que disent
27:44les salles de renseignement
27:45ouvertement,
27:46quasiment ouvertement maintenant.
27:47Sauf que là,
27:47on avait le sentiment...
27:48Mais un avocat ne veut pas
27:48dévoiler les cibles
27:50parce qu'on ne donne pas
27:51à l'ennemi les renseignements.
27:52Il a raison.
27:53Mais sans dévoiler à l'ennemi
27:55l'opération précise
27:57et le déroulé de l'opération,
27:58vous pouvez nous expliquer
27:59en gros quels peuvent être
28:00les différents scénarii
28:02de riposte.
28:02On va vous expliquer une chose.
28:04D'abord, la première chose,
28:05c'est justement,
28:06encore une fois,
28:07d'éviter d'arriver
28:08à l'affrontement,
28:09d'éviter d'arriver
28:11au stade.
28:12Notre but, à nous,
28:12c'est d'empêcher la guerre.
28:14C'est simple.
28:15D'empêcher la guerre
28:15parce qu'elle nous intéresse...
28:16Ah, Sargé et Géon-Neuf
28:17n'est pas d'accord.
28:17C'est fini, ça.
28:18Non, non, non.
28:19C'est ce que vous retenez
28:20de cette prise de parole ?
28:21Non, mais c'est intéressant.
28:26On a déjà dépassé
28:28cette ligne.
28:29Ça veut dire qu'on a compris
28:30que les Russes poussent
28:32et que les Russes,
28:33en fait,
28:33le caractère russe,
28:34si vous faites les gentils,
28:35ça veut dire que vous les prévenez,
28:38vous les mettez en garde,
28:39vous leur dites que nous,
28:41nous pouvons répondre, etc.
28:42Eux, ils comprennent ça
28:43comme une faiblesse.
28:44Et donc, en fait,
28:45les Russes ne comprennent
28:46que la force.
28:47Et c'est malheureusement ça.
28:48Et on est arrivé à ce seuil
28:50où il faudra peut-être aussi frapper.
28:54Frapper ne veut dire
28:55envoyer des chars sur la Moscova.
28:58Mais, bien évidemment,
29:00répondre au niveau de la menace
29:03et des actions russes.
29:04Mais ce qui est important pour moi
29:06dans cette réunion aujourd'hui,
29:08c'est que tout ça,
29:09le président Macron
29:10et les gens autour de lui,
29:11ils le savaient déjà.
29:12Et donc, en fait,
29:13ce n'est pas la nouveauté.
29:14La nouveauté,
29:15c'est qu'il a convoqué
29:16ceux qui participent
29:18à l'élection présidentielle
29:19en leur disant
29:20« Écoutez,
29:21vous avez commencé
29:22à donner des interviews,
29:23vous allez commencer
29:24les chamailleries,
29:25les petits mots
29:26qui fâchent.
29:28L'un de vous a dit
29:29que Poutine est un meilleur
29:30des hommes,
29:32amateur de la paix, etc. »
29:34Et donc,
29:34on va vous donner
29:35l'idée réelle
29:37du monde réel.
29:39Votre monde
29:39était un tout petit peu
29:40le monde de biseunours.
29:42Parmi vous,
29:43il y aura...
29:43Entre nous,
29:44si les partis politiques
29:44et leurs dirigeants
29:45ne savaient pas déjà
29:46la gravité de la situation,
29:47c'est à désespérer.
29:49C'est à se demander
29:49qui va diriger la France
29:51de demain.
29:51C'est ça le problème.
29:52Je pense qu'à cet égard,
29:54je pense qu'il y a des conseillers
29:55dans les états-majors
29:56qui informent,
29:57peut-être pas dans tous les partis,
29:58mais il y en a certains
29:59que je connais
30:00qui informent
30:00et qui savent
30:01et qui ont des conseillers militaires.
30:03Ne soyons pas complètement...
30:04Ce n'est pas un monde
30:04de biseunours
30:05de la politique française.
30:07Est-ce qu'il n'y avait pas
30:07une volonté aussi,
30:08peut-être,
30:09de faire passer un message
30:10à Moscou ?
30:11Après tout,
30:12la Russie joue aussi
30:13sur l'instabilité politique
30:14en France.
30:16Si la menace s'accentue aussi
30:18en direction de l'Europe
30:19et de la France,
30:20c'est parce qu'il y a aussi
30:20une situation politique
30:21qui n'est pas anodine.
30:23Est-ce qu'il y a aussi
30:23peut-être une volonté
30:24de faire passer un message
30:25à Poutine
30:26sur la mobilisation,
30:29l'anticipation,
30:30la préparation ?
30:31Non ?
30:31Si ça se termine
30:32par un gouvernement
30:33du Nord-Nationale
30:34et tout le monde s'aligne
30:35avec Winston Churchill
30:36comme Premier ministre
30:38et le principal dirigeant
30:39travailliste
30:39comme vice-premier ministre
30:40le temps de la guerre
30:41puis qu'ils se remettent
30:42sur la figure
30:43aux élections suivantes.
30:44D'ailleurs,
30:44c'est le travailliste
30:44qui gagne.
30:45Je rappelle qu'on n'est jamais
30:46tout à fait prophète
30:47en son pays.
30:49Bien sûr,
30:49mais on n'en est
30:50certainement pas là.
30:51Non, je pense que le message
30:52il est très national.
30:53Oui, il est national.
30:54Il est très européen aussi,
30:55d'ailleurs, probablement.
30:56Il est très ukrainien.
30:57Et puis, il met aussi
30:58devant leur responsabilité
30:59une partie de ceux
31:00qui savent beaucoup de choses
31:02sur la réalité,
31:03y compris dans les partis politiques.
31:04Pas tous.
31:05Il ne faut pas surestimer
31:07le niveau de compétence
31:08des partis politiques
31:09pour en rencontrer
31:10un certain nombre
31:10hors plateau.
31:12Parfois, on peut être
31:12un peu surpris.
31:14Mais sur le fond,
31:16c'est aussi leur dire
31:16vous ne pouviez pas ignorer,
31:18vous ne pouvez pas continuer
31:19de faire semblant
31:20comme si ça n'existait pas.
31:22Voilà.
31:23Ça n'empêche rien
31:24et je ne pense pas
31:24que ça va peser massivement
31:25sur les postures
31:27des uns et des autres.
31:29mais il se trouve
31:30qu'en la matière,
31:32le fait de rendre
31:33cette réunion publique
31:34de cette manière-là
31:35est un élément
31:37extrêmement important.
31:38Et puis, il y a un deuxième événement,
31:39c'est que pendant ce temps-là,
31:40il y a aussi un problème social.
31:42Bien sûr.
31:42Ce n'est pas le sujet
31:43de la soirée.
31:44Mais si, si aussi.
31:45Il n'existe pas.
31:47On ne peut pas faire
31:48comme s'il n'existait pas.
31:49Et le fait de remettre
31:51à un autre niveau
31:52le risque souverain
31:53par rapport au risque social
31:55est aussi de bonne politique.
31:57On parlera aussi évidemment
31:58de la crise sociale.
32:00En tout cas,
32:00ce qu'on a compris,
32:01c'est que les conséquences
32:02sur les prix énergétiques,
32:04ça, ça va durer.
32:05Ça va durer longtemps.
32:06C'est aussi le message
32:07qu'a voulu faire passer
32:08le président de la République
32:09en insistant bien
32:10sur le fait
32:10que ça n'était pas lié
32:12à des décisions prises
32:12sur le plan intérieur,
32:14mais à des conflits internationaux.
32:15Mais le message,
32:17encore une fois,
32:17aujourd'hui,
32:18c'était de dire
32:18les services de renseignement
32:19font le job
32:20ou la menace
32:22va monter en gravité.
32:24Les deux ?
32:25Les deux.
32:25D'abord,
32:26parce que ce n'est pas lui
32:26qui dit
32:27que ce sont les services
32:28qui font leur travail
32:29et qui le font remarquablement bien.
32:30Et en termes de collecte,
32:32ce qui a toujours été le cas,
32:32et en termes d'analyse
32:33où ça s'est énormément amélioré,
32:35je ne sais pas si Didier
32:36a le même point de vue que moi,
32:37mais pour avoir beaucoup
32:40de gens qui sont désormais
32:41dans le service,
32:42je les ai eus comme étudiants.
32:43Et franchement,
32:43je trouve que le niveau
32:44s'est considérablement amélioré,
32:46notamment grâce
32:46à des institutions
32:47comme l'Académie du renseignement
32:48et quelques autres,
32:50le travail inter-service,
32:51il y a vraiment
32:52un niveau qualitatif
32:56extrêmement important
32:57et même impressionnant
32:58des services
32:59qui sont beaucoup plus
33:00anticipateurs qu'avant
33:01et pas seulement réactifs,
33:03ils sont proactifs,
33:04donc c'est plutôt
33:04une bonne nouvelle.
33:05Le fait que ce soit eux
33:05qui le disent,
33:06ce n'est quand même pas si mal
33:07parce que ça ne se fait pas
33:08si souvent.
33:09Je pense qu'il y a assez peu
33:10d'exemples
33:11où ce sont les patrons
33:12des services
33:13qui donnent la ligne
33:14et pas le ministre de l'Intérieur,
33:15le ministre de la Défense,
33:17les politiques pures.
33:18Donc c'est un renforcement
33:19de ce n'est pas moi
33:20qui vous le dis,
33:21c'est le réel
33:21et le retour du réel
33:22c'est toujours très brutal.
33:24Et puis le troisième élément
33:26c'est qu'il va être
33:27très très difficile
33:27grâce à vous,
33:28c'est-à-dire les journalistes,
33:29les experts,
33:30ceux qui vont interroger
33:31les candidats,
33:32de leur dire
33:32non mais vous ne pouvez pas
33:33continuer à dire que
33:35d'abord vous savez,
33:37est-ce que vous pensez
33:38qu'ils vous ont menti ?
33:39Ça va être très très compliqué
33:40et ensuite
33:41qu'est-ce que vous allez faire
33:42maintenant que vous savez
33:43puisque vous n'êtes plus
33:43dans la posture idéale
33:45de le gentil Vladimir
33:48lui est prêt à la paix
33:49depuis toujours
33:50et il est juste incompris.
33:52Ça ne marche plus.
33:52À cause,
33:53non pas de la posture russe
33:55historique sur
33:56c'est à nous
33:57mais sur les attaques
33:59nombreuses
34:00qui ont lieu,
34:01le nombre d'attaques,
34:01la nature des attaques,
34:03l'ampleur des attaques
34:04et le fait
34:05qu'on a passé un seuil
34:07en quantité
34:07et en gravité.
34:09J'ai bien compris
34:09que vous ne pouviez pas
34:11dire aujourd'hui
34:12quelle serait la nature
34:13de la riposte française
34:14européenne
34:15mais jusqu'à présent
34:15elles font quelle forme ?
34:16On peut le dire justement.
34:18Le problème c'est que
34:19on ne parle pas
34:20de la même chose.
34:21Vous parlez de la riposte
34:22à une agression
34:23d'un déboulé de char
34:24qui traverserait une frontière.
34:25Non, pas forcément.
34:27C'est pour ça que
34:28j'essaye de faire
34:29un petit peu de pédagogie
34:30et de séparer les deux choses.
34:32Le déboulé de char,
34:34on ne peut pas y répondre
34:34tout de suite
34:34parce que ça serait
34:35une question de solidarité.
34:36on irait.
34:37La réponse
34:38elle est écrite.
34:39On est dans une guerre
34:40des drones aujourd'hui.
34:40C'est ça la grande différence.
34:42Les chars
34:42ça n'a plus d'importance
34:43aujourd'hui.
34:44C'est la guerre des drones
34:45qui est aujourd'hui
34:46en train de se faire
34:47en Ukraine et en Russie.
34:50Les sons terminés Didier.
34:52Une déboulée de char
34:53comme dit Didier.
34:54Allez Didier,
34:54on s'est terminé.
34:56On n'est pas dans un autre monde.
34:57Justement,
34:57une menace
34:58n'enlève pas l'autre.
34:59C'est bien ça le problème.
35:00Ce serait tellement simple
35:02et ça serait tellement beau.
35:03Donc la question
35:04elle ne se pose pas
35:05en ces termes-là.
35:05La question elle se pose
35:06en deux termes.
35:07S'il y avait
35:08la question
35:08du déboulé de char
35:09entre guillemets
35:10qui se pourrait se faire
35:11par le billet
35:12de petits groupes
35:14de type Donbass
35:16sur les Pays-Balques
35:18le corridor de souveraineté
35:18où en ce moment
35:19il y a 9000 hommes
35:20de mobilisés
35:21qui sont en exercice
35:22Bélorusse.
35:23C'est un des sujets
35:24qui est regardé
35:24et ça c'est en cours
35:26et ils y sont
35:27avec du char
35:27et avec du char lourd.
35:28Il y a 9000 mecs
35:29sur ce corridor
35:30en ce moment même
35:30pendant la prochaine semaine.
35:32Donc ça explique aussi
35:33pourquoi on monte un petit peu
35:35en gamme sur cette question-là
35:36se poserait la question
35:37qui est prévue
35:38depuis la revue nationale stratégique
35:40de l'engagement majeur
35:42en dehors de nos frontières
35:43au niveau d'une division
35:44aux côtés de nos alliés.
35:45C'est ce dont on a parlé.
35:47Concrètement.
35:47C'est ce qu'on en a parlé
35:49je rappelle sur ce plateau
35:51à plusieurs reprises
35:51c'est ce qu'il nous a annoncé
35:53le chef d'état-major des armées
35:54et ça fait les gorges chaude
35:55parce qu'il a dit
35:57la réalité des prix
35:58que donc notre réponse
36:02en cas de problème
36:04serait la capacité
36:05d'engager l'équivalent
36:06de 30 000 hommes
36:08aux côtés de nos alliés européens
36:09en dehors des territoires
36:11nationals français
36:11pour soutenir
36:13face à une agression
36:15de cette nature
36:15pour éviter d'arriver
36:17à ce niveau-là
36:20qui est l'affrontement
36:21pour éviter la guerre.
36:22Aux frontières de l'Ukraine ?
36:24Non !
36:24Aux frontières de la Pologne
36:26de la Lituanie
36:29de la Roumanie
36:30de l'Union européenne.
36:31Didier, une information
36:32quand même qui est importante
36:33qu'a révélée aujourd'hui
36:34l'Elysée
36:36c'est qu'il va y avoir
36:37au printemps prochain
36:38pardon, en octobre prochain
36:40octobre-novembre
36:41des manœuvres européennes
36:43de membres de la coalition
36:45des volontaires
36:46c'est-à-dire les pays
36:47qui soutiennent l'Ukraine
36:48dont la France
36:48la Grande-Bretagne
36:49l'Allemagne
36:50la Pologne
36:51l'Italie
36:51des manœuvres
36:52qui vont être
36:53à la frontière russe
36:55finalement.
36:55C'est aussi pour ça
36:56que Poutine
36:57intensifie sa campagne
36:59parce qu'il a bien compris
37:00que l'Europe
37:01quand vous demandez
37:02qu'est-ce que peut faire l'Europe
37:03ou qu'est-ce que peut faire la France
37:04mais là collectivement
37:05cette fameuse coalition
37:06des volontaires
37:07dont on entend parler
37:08depuis des mois
37:08et on se demande
37:09qu'est-ce qu'elle fait
37:10ou qu'est-ce qu'elle pourrait faire
37:11et bien là
37:12elle va faire des manœuvres
37:13pour la première fois
37:14de façon groupée
37:15et ça c'est un symbole
37:16très important.
37:16Et c'était ma question
37:17effectivement
37:18pourquoi une intensification ?
37:19Allez-y Didier
37:20décédé à l'heure
37:21parce que comme on est toujours
37:22obsédé par ce coup d'après
37:24on oublie ce qu'on fait maintenant
37:26d'accord ?
37:26Donc ça, ça serait
37:27le coup d'après
37:27l'affrontement
37:29ce qu'on veut éviter
37:29c'est l'affrontement
37:30pour éviter l'affrontement
37:31il faut être fort
37:31et comme le disait Sergueï
37:33il faut montrer aux Russes
37:34qu'on est capable
37:34de répondre
37:35à un certain nombre
37:36de leurs actions indirectes
37:37et on le fait
37:38je vous prends un exemple
37:40tout bête
37:40vous pensez que
37:41les missiles Scalp
37:42ou Tom Chardot
37:43qui peuvent s'abattre
37:44sur un certain nombre
37:45de cibles en Russie
37:46tirées par les Ukrainiens
37:48peuvent être tirées
37:49comme ça
37:49sans ciblage ?
37:50Donc voilà
37:51la question de monter
37:52en gamme par exemple
37:53sur la capacité du ciblage
37:54qui continue à nous péter
37:55les rouleaux
37:56et à nous faire chier
37:57à nous balancer du drone
37:58et bien c'est une réponse
37:59qui est en dessous
38:00de l'affrontement
38:01qui leur montre
38:02qu'on n'est pas prêt
38:03à se laisser marcher
38:04sur les pieds
38:04et qui rentre dans le cadre
38:06de la confrontation
38:08puisque nous voulons
38:09éviter l'affrontement
38:10on peut parfaitement
38:11faire des choses
38:12en montrant
38:13une certaine fermeté
38:14voire un peu
38:16voire même
38:17sérieusement
38:18en aidant nos partenaires
38:19à pouvoir riposter
38:20de manière efficace
38:22et ça
38:22les Russes
38:23savent parfaitement le dire
38:23on n'a pas besoin
38:24de faire une conférence
38:24de presse
38:25parce qu'ils savent
38:26d'où vient le missile
38:26ils savent par où
38:27il est passé
38:27et ils savent
38:28qui l'a fait
38:28voilà c'est tout
38:29certains responsables
38:30politiques ont parlé
38:31pour qualifier
38:32de cette guerre hybride
38:33menée par les Russes
38:34contre l'Europe
38:35et la France
38:35de terrorisme d'état
38:36est-ce que le terme
38:37est approprié selon vous ?
38:39je rappelle que
38:40le terrorisme
38:41est un terme
38:42indéterminé
38:43utilisé n'importe comment
38:44par à peu près
38:44n'importe qui
38:45on est toujours
38:45le terrorisme
38:46de quelqu'un d'autre
38:47et donc pour l'instant
38:48c'est une guerre
38:49la Russie a déclenché
38:50une guerre
38:51qui s'appelle
38:51l'opération spéciale
38:52mais dans ce temps
38:52ils bafouillent maintenant
38:53ils arrivent à dire guerre
38:55à plusieurs reprises
38:56à plusieurs reprises
38:57voilà c'est une guerre
38:59dans une guerre
39:00à peu près tout est permis
39:01contrairement à ce que
39:01tout le monde raconte
39:03les lois de la guerre
39:04ne sont que des conventions
39:05à géométrie variable
39:07et extrêmement élastiques
39:10on essaye de faire
39:11le moins de dégâts possibles
39:12les Russes en font beaucoup
39:14sur des cibles civiles
39:15les Ukrainiens
39:17sont plutôt orientés
39:18sur des cibles stratégiques
39:20dont certaines
39:21ne sont pas purement militaires
39:22c'est-à-dire la destruction
39:23des entrepôts
39:24de l'Amazon russe
39:26Wildberries
39:27Wildberries
39:28c'est un sujet
39:29même plutôt intéressant
39:31d'un point de vue conceptuel
39:32parce que
39:33de manière militaire
39:34en Occident
39:35on n'a jamais imaginé
39:36bombarder Amazon
39:37le fait de bombarder Amazon
39:38qui est une idée ukrainienne
39:40est extrêmement intéressant
39:41parce que ça montre
39:42le changement
39:43des réseaux de distribution
39:44et les habitudes
39:46qui sont prises
39:47le fait qu'on puisse
39:47quasiment plus utiliser
39:48Internet
39:49et les applications
39:50mobiles
39:51les apps
39:52à Moscou
39:53et pas seulement
39:54à Moscou
39:54sont des éléments
39:55qui perturbent totalement
39:56la vie des russes
39:58sans détruire
39:59des logements
39:59des immeubles
40:00et des hôpitaux
40:01vous voyez
40:01c'est pas la même guerre
40:02et bien faire tout ça
40:03c'est une réponse adaptée
40:06le président de la république
40:07a mis en parallèle
40:08évidemment le conflit
40:09en Ukraine
40:09et aussi la situation
40:11Moyen-Orient
40:12la guerre contre l'Iran
40:13et là
40:13ses conséquences
40:14sur les prix énergétiques
40:15on avait le sentiment
40:16qu'il parlait
40:17même si ce sont
40:17deux terrains
40:18deux conflits différents
40:19de deux guerres
40:21éternelles
40:21qui se profilent
40:22en fait
40:22sans solution diplomatique
40:24en Moyen-Orient
40:25la guerre éternelle
40:26est éternelle
40:27en Ukraine
40:28pas encore
40:29guerre sans calmer un peu
40:31non
40:32les guerres éternelles
40:33on a pour l'instant
40:34à part le Moyen-Orient
40:35pas grand chose d'autre
40:37il y a beaucoup
40:38de guérillas
40:39de conflits
40:40locaux
40:41certains étant
40:41effectivement très anciens
40:43non mais il y avait
40:43un côté quand même
40:44ça va durer très longtemps
40:45à ceux qui pensaient
40:46qu'on peut encore
40:46discuter avec Vladimir Poutine
40:48la preuve est qu'on ne peut pas
40:50non il y avait une forme
40:51d'aveu d'impuissance
40:52dans la parole
40:53du président de la république
40:54moi je n'ai pas senti ça
40:56comme ça
40:57chacun sait que
40:58je ne suis pas
40:59le plus grand laudateur
41:00des activités
41:01du président de la république
41:01mais aujourd'hui
41:02j'ai plutôt
41:03c'est un peu quand même
41:04parce qu'en fait
41:04en gros
41:05ce qu'il a voulu
41:06passer comme message
41:07c'est que
41:08Hormuz
41:09ce n'est pas la France
41:09qui a choisi ça
41:10et ce n'est pas la France
41:11qui possède les clés
41:12de règlement de ce conflit
41:14le règlement de ce conflit
41:15ce sont les Etats-Unis
41:16et l'Israël
41:16qui ont attaqué l'Iran
41:17et c'est eux
41:18qui doivent régler ce conflit
41:20et d'ailleurs
41:20en fait
41:22peut-être l'idée aussi
41:24c'est que
41:24il ne faut pas
41:24parce qu'il y a un certain
41:25nombre de responsables politiques
41:27qui ont dit
41:27c'est l'Ukraine
41:28qui est responsable
41:29de la crise mondiale
41:29de pétrole
41:31ce qui est faux
41:32en fait
41:32la crise mondiale
41:33vient d'Hormuz
41:34d'abord et avant tout
41:35l'Ukraine participe à ça
41:37un tout petit peu
41:38mais même
41:39en fait
41:40c'est une contre-idée
41:41parce que
41:42quand les Ukrainiens
41:43ont détruit
41:43par exemple
41:44les capacités de raffinerie
41:46du coup
41:46les Russes
41:47se sont retrouvés
41:47avec le pétrole brut
41:48qu'ils ne peuvent pas
41:50raffiner
41:50et donc du coup
41:51ils ont exporté
41:52plus de pétrole brut
41:53en régulant
41:55la crise mondiale
41:56il y a des sujets
41:57mondaires
41:58qui sont le diesel
41:59de l'un côté
41:59le gaz naturel
42:00liquéfié de l'autre
42:01le problème
42:02c'est que dans un marché mondial
42:03dès qu'il y a un bout
42:04de truc qui dysfonctionne
42:05l'effet sur les prix
42:07est majeur
42:07de la même manière
42:08que quand le prix
42:09de l'électricité nucléaire
42:10est calculé
42:11à partir du prix
42:12des énergies fossiles
42:14quand on se demande
42:15comment ça a pu arriver
42:15à la tête de quelqu'un
42:16parce qu'un énarque
42:17polytechnicien
42:18en mal d'activité
42:20l'après-midi
42:21a dû trouver ça
42:21à défaut d'autre chose
42:22on sent bien
42:23qu'il y a des difficultés
42:24aux Etats-Unis
42:24qui sont exportateurs
42:25de pétrole
42:26le prix du pétrole
42:27est tellement élevé
42:28qu'ils ne comprennent pas
42:29pourquoi il est aussi élevé
42:30alors qu'ils en surproduisent
42:32et qu'ils en exportent
42:33simplement parce que
42:33le marché est mondial
42:35et qu'ils ont créé
42:36les conditions
42:37de ce problème
42:37le vrai sujet aujourd'hui
42:39c'est que la Chine
42:39recommence à acheter
42:40du pétrole
42:42pendant 6 mois
42:42elle n'en a pas acheté
42:44elle a tenu les prix
42:45parce que son grand problème
42:47est la stabilité du monde
42:48dans le chaos général
42:49parce que
42:50c'est l'usine du monde
42:52et qu'eux
42:52ils ont besoin
42:53que tout fonctionne
42:53et que par ailleurs
42:54le coeur du problème
42:56du pétrole aujourd'hui
42:56c'est ni l'Europe
42:57ni les Etats-Unis
42:58c'est l'Asie
42:59c'est en Asie
42:59où on en manque le plus
43:01c'est là où le prix du pétrole
43:02en Asie et Indo-Pacifique
43:04c'est là où le prix
43:05augmente le plus
43:06parce que la Chine
43:06a recommencé à acheter
43:08massivement du pétrole
43:09du pétrole russe
43:10le problème c'est
43:12qui n'est pas
43:12totalement formaté
43:14au niveau de qualité
43:15pour ça que le pétrole
43:16du Venezuela
43:17est trop lourd
43:18qui est quand même
43:18très important aujourd'hui
43:21trop lourd
43:22et difficile à raffiner
43:23donc tout ceci
43:24perturbe totalement
43:25les marchés
43:26nous on est victime
43:27du gaz naturel
43:28liquéfié
43:28à cause de Babel Mandèbe
43:29et des engrais
43:30et des phosphates
43:31c'est à la partie agricole
43:32donc personne ne parle
43:33comme si ça n'avait
43:34aucune incidence
43:35dont nous payerons le prix
43:36dans les prochains jours
43:37donc il y a vraiment
43:38une interconnection
43:39la globalisation
43:40elle est face à nous
43:41sauf que ce n'est pas
43:41la globalisation
43:42sur l'engagement
43:43c'est la globalisation
43:44désastreuse
43:45Alain sur le rôle
43:46de la France
43:46il y a quand même
43:47un élément nouveau
43:47aujourd'hui
43:48c'est que le président
43:49de la République
43:49a annoncé
43:50qu'il avait parlé
43:51avec l'Arabie Saoudite
43:52avec le prince héritier
43:53en disant
43:54l'Arabie Saoudite
43:55étant attaquée
43:56elle-même
43:57par les outils
43:57mettant en péril
43:59la fourniture de pétrole
44:01par le pipeline
44:02de Yambou
44:02la France
44:03aujourd'hui
44:04dit nous sommes prêts
44:05à aider l'Arabie Saoudite
44:06avec nos moyens militaires
44:08c'est très important
44:09parce que vous vous souvenez
44:10quand il y a eu
44:10la guerre en Iran
44:11la France avait dit
44:12à Donald Trump
44:13si on veut rétablir
44:15le passage
44:16des pétroliers
44:17nous sommes prêts
44:18à avoir une escorte militaire
44:19à condition que la guerre
44:20s'arrête
44:21ça ne s'est jamais produit
44:22aujourd'hui
44:22c'est le deuxième
44:23des trois
44:24avec le mandat
44:24qui est touché
44:25et qui bloque
44:26encore une fois
44:27un peu plus
44:28la circulation
44:29des pétroliers
44:29la France dit
44:30on est prêts
44:31à engager nos moyens
44:32avec l'Arabie Saoudite
44:33c'est un changement
44:34et c'est important
44:35de le rappeler
44:36suite au refus
44:37des Etats-Unis
44:38de faire de même
44:38je précise quand même
44:39qu'il y a
44:40un petit codicil
44:41à cette jolie histoire
44:43autant nous l'avons fait
44:44avec Abu Dhabi
44:45parce que nous avons
44:45un pacte
44:48mutuel de défense
44:49autant avec l'Arabie Saoudite
44:50nous n'en avons jamais eu
44:51au contraire
44:51même ça s'est plutôt mal passé
44:53le fait que Donald Trump
44:54ait refusé d'aider
44:55l'Arabie Saoudite
44:55ouvre effectivement
44:56une perspective
44:57dont il faudra voir
44:58les limites
44:59parce que je ne pense pas
45:00qu'on va circuler
45:00dans le D3
45:01allez merci beaucoup
45:02Alain Bauer
45:03d'avoir été avec nous
45:04d'avoir regardé cette vidéo
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