00:00Good morning business, parole de politique.
00:04Bonjour Agnès Pannier-Runacher.
00:05Bonjour.
00:06Vous êtes députée EPR du Pas-de-Calais, ancienne ministre de la Transition écologique.
00:09Sébastien Lecornu a annoncé hier la reconduction des aides ciblées jusqu'en décembre.
00:14Alors, est-ce qu'il fallait freiner la grogne sociale, quitte à subventionner le thermique ?
00:19Que pense l'ancienne ministre de l'Écologie que vous êtes ?
00:22Ancienne ministre de l'Énergie, ancienne ministre de l'Industrie,
00:25je pense que c'est important d'avoir l'ensemble de la vision.
00:28Moi, ce que je pense, c'est que Sébastien Lecornu a fait une chose importante.
00:31Il faut aider les Français à un moment qui est difficile.
00:35Mais l'argent, il doit venir aux Français.
00:37L'argent, il ne doit pas subventionner les énergies fossiles.
00:40Et les aides qui sont données, c'est de l'argent qui vient aux Français,
00:44qui va dans la poche des Français, mais qui n'est pas directement prise sur le prix du fossile.
00:50Parce que là, c'est un jeu de vase communiquant.
00:54Si vous baissez la TVA, si vous baissez les taxes,
00:57Donc cet argent, il vient du surplus que l'État se fait par les taxes ?
01:02Il n'y a pas de surplus aujourd'hui sur les taxes.
01:04Vous le savez, comme la consommation a baissé,
01:06en fait, les recettes de taxes sont en train de diminuer.
01:10Mais ce qui est important pour les Français,
01:12c'est de pouvoir payer leur carburant et d'avoir l'argent directement.
01:15C'est donc un coup de pouce supplémentaire, alors qu'on a des difficultés à boucler le budget.
01:18On peut se le permettre ?
01:20Mais je pense qu'il y a des Français qui ne peuvent pas se permettre
01:23de payer ce niveau de prix du carburant.
01:25Ce n'est pas le cas de tous les Français.
01:27Mais une partie des Français aujourd'hui, moi je le vois,
01:29je suis sur un territoire où vous avez des communes qui sont relativement pauvres
01:36par rapport à la moyenne française.
01:38Les gens viennent me voir en disant qu'ils ont du mal à payer leur carburant.
01:42Et après, ils font des efforts.
01:44Après, ils font des efforts.
01:45Donc, c'est normal qu'on essaye de les aider.
01:49Et moi, j'invite aussi les entreprises à faire en sorte,
01:52elles ont dans les dispositifs à leur portée,
01:56la possibilité de proposer une aide carburant
01:59qui bénéficie d'un crédit d'impôt.
02:01Ça, on n'en parle pas assez.
02:03Et ce genre de dispositif,
02:06l'organisation du travail aussi pour...
02:08Vous appelez en tout cas les chefs d'entreprise à se saisir de cette opportunité ?
02:10Je les appelle à se saisir de ce sujet
02:12parce qu'au moment où les salariés sont en difficulté,
02:16en faire un objet du dialogue social,
02:18utiliser les dispositifs qui existent,
02:21du type crédit d'impôt qui peut aider à soulager les salariés
02:24et qui permettent de mettre de la sérénité dans l'entreprise,
02:28s'interroger sur la manière d'organiser le travail dans l'entreprise
02:33pour faire en sorte que peut-être des gens bénéficient plus de télétravail
02:37pour éviter de dépenser de l'argent.
02:39Évidemment, ce n'est pas tous les métiers,
02:41ce n'est pas toutes les fonctions.
02:42Tout ça, ça contribue à aider.
02:44Mais je ne suis pas pour une aide générale
02:47qui bénéficierait à tout le monde
02:48parce qu'en fait, une aide générale, ça coûte très cher.
02:52Ça bénéficie à des gens qui n'en ont pas nécessairement besoin
02:54ou à des frontaliers qui traverseront la frontière
02:57en se frottant les mains en disant
02:58« Tiens, c'est moins cher côté français ».
03:00Et ce n'est pas suffisant pour les gens
03:03qui sont confrontés à la difficulté.
03:04Donc, on saupoudre
03:06au lieu de concentrer les aides
03:08sur ceux qui en ont le plus besoin.
03:09Donc là, vous concentrez.
03:10Il va aussi falloir faire des économies dans ce budget.
03:14Ces baisses de dépenses, on a du mal à les voir,
03:16à part sur les retraités.
03:18C'est là qu'il faut aller chercher 6 milliards sur les retraités ?
03:21Alors moi, je n'ai pas la maquette budgétaire.
03:24Donc, je ne vais pas commenter un budget
03:26que nous n'avons pas en main.
03:27Ce que je sais aujourd'hui,
03:29c'est que le budget est très difficile
03:32à mettre en place
03:33compte tenu de l'augmentation des taux d'intérêt
03:36qui ont pour conséquence
03:38d'augmenter le coût de notre dette
03:39et donc de grignoter
03:41les marges de manœuvre du budget français.
03:44Une fois qu'on a dit ça,
03:46la deuxième chose,
03:47c'est que ce budget ne sera pas un bon budget.
03:49On en est tous conscients.
03:51Mais empêcher ce budget d'être adopté
03:54va coûter encore plus cher.
03:56Et puis, la troisième chose qu'on sait,
03:57c'est que ce budget,
03:58il n'a pas vocation à durer.
03:59Il y a des présidentielles.
04:01C'est un budget réversible,
04:02a dit...
04:03C'est un budget qui va nécessairement
04:05être remis en cause.
04:07Et c'est logique.
04:08C'est la logique de la politique
04:10par le futur président
04:12ou président de la République.
04:13Vous l'avez dit,
04:14il n'y a pas de majorité.
04:15Ça va être très compliqué.
04:16Le PS a présenté un contre-budget hier
04:18où il y a 40 milliards
04:19de recettes nouvelles proposées
04:21avec la taxe Zuckman,
04:22taxe sur les géants du numérique,
04:24taxe sur les très hauts héritages.
04:26Ça ne va pas vraiment dans le sens
04:27de ce que va proposer le gouvernement.
04:31Mais moi, je dis au Parti Socialiste,
04:34est-ce que vous préférez
04:35rentrer dans une discussion
04:37où on risque de mettre la France
04:40en difficulté
04:41parce qu'on n'aura pas de budget ?
04:42Ou est-ce que vous ne trouvez pas
04:44qu'il serait plus intelligent
04:46de gagner l'élection ?
04:47Je veux dire,
04:48chacun aura ses candidats
04:49et que le meilleur gagne.
04:50Et là, vous aurez la possibilité
04:53de passer un budget
04:54selon les préférences que vous avez
04:57et probablement,
04:59si une élection législative se suit,
05:02avec une majorité.
05:03Sauf que les plus allants aujourd'hui,
05:05c'est le Rassemblement national
05:06parce qu'on croit comprendre
05:08qu'il pourrait s'abstenir,
05:09ne pas censurer le gouvernement.
05:11Et on lit même dans la presse ce matin,
05:13dans les échos,
05:14Cécile Cornudet qui nous dit
05:15qu'il y aurait des discussions
05:16avec le Rassemblement national.
05:17C'est acceptable pour vous ?
05:19Mais le sujet,
05:20il ne se pose pas dans ces termes.
05:21Le sujet, c'est d'aider les Français.
05:23Le sujet, c'est d'avoir un pays
05:24qui soit stable.
05:25Le sujet, c'est de faire preuve
05:26de responsabilité.
05:27Nous, nous sommes dit
05:28que nous voulons un budget
05:31au 1er janvier
05:32pour ne pas mettre en difficulté
05:34les Français.
05:35Nous n'allons pas arriver
05:36avec des caisses de propositions
05:38alors que nous avons une vision
05:40pour la France
05:41à partir de 2027.
05:43Aujourd'hui, le sujet,
05:44c'est d'aider un gouvernement
05:45qui a du mal à boucler
05:47à un budget,
05:48à passer son budget,
05:50à faire en sorte
05:51qu'il soit le moins mauvais possible.
05:52Moi, je ne crois pas
05:53à l'augmentation des taxes
05:55parce que c'est une manière facile
05:57en réalité
05:57d'aller chercher des recettes
05:59au moment où nous devons
06:00baisser les dépenses.
06:01Donc, il faut faire
06:03de la réelle politique.
06:03On n'augmentera pas les taxes
06:05aujourd'hui alors que nous sommes
06:06un des pays les plus taxés
06:07en Europe.
06:08Les gens ne supportent plus l'impôt
06:10et il faut entendre cette parole.
06:12Mais les entreprises,
06:13elles, elles vont être
06:14mises à contribution quand même
06:15parce qu'il y aura quand même
06:15un peu une reconduction
06:16Vous avez la copie du budget ?
06:18Il y aura une reconduction
06:19de la taxe.
06:19Vous avez une copie du budget ?
06:21Moi, je n'ai pas la copie du budget.
06:23Il dit qu'elle va être adéluée
06:23mais qu'il y aura quand même
06:24cette taxe.
06:25Mais ce n'est pas une augmentation
06:26de 26 milliards.
06:27C'est une reconduction.
06:28C'est une stabilité des taxes.
06:30Moi, je n'ai pas vu le budget.
06:31Je sais que le Premier ministre
06:33a dit qu'il ne fallait pas
06:33augmenter les taxes.
06:34Ce point de vue,
06:35je le partage
06:37et je le soutiens.
06:37C'est une réaction rapide
06:38à ce qu'a dit Gabriel Attal.
06:39La dissolution a flingué
06:41l'économie française.
06:43Votre réaction là-dessus ?
06:44Je crois en tout cas
06:45que sur le terrain,
06:47on voit bien
06:47que la dissolution
06:48a été une rupture
06:49dans la stabilité politique.
06:51Elle a créé du doute,
06:52de la perte de confiance
06:53et que ça,
06:54c'est jamais bon
06:55pour l'économie.
06:58Ce qui a aussi flingué
06:59l'économie française,
07:00c'est ce que fait Trump
07:00aujourd'hui.
07:02Je veux dire,
07:03le président des États-Unis
07:05a d'abord imposé
07:06des taxes douanières
07:07au monde entier,
07:08ce qui est en train
07:09de ralentir très fortement
07:10la croissance économique,
07:11de mettre toute la planète
07:12en difficulté.
07:13Et la deuxième lame,
07:14c'est l'attaque de l'Iran
07:15qui fait exploser
07:16les prix du pétrole.
07:17Il a sorti
07:19le dentifrice du tube,
07:20il ne sait plus très bien
07:21comment on le remet.
07:22Et c'est tout le monde
07:23qui paye aujourd'hui.
07:24Moi, je pense que Trump
07:24devrait financer les Français
07:26et leur carburant.
07:27Merci Agnès Pannier-Runacher,
07:29députée EPR du Pas-de-Calais,
07:30ancienne ministre
07:31de la transition écologique,
07:33de l'industrie
07:34et j'oublie un portefeuille.
07:37L'énergie, la qualité.
07:38De l'énergie, exactement.
07:40C'est une interview
07:41à retrouver en podcast
07:41et en replay
07:42sur l'application BFM Business.
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